Présidentielle : Retailleau cherche un second souffle
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue c'est Sens Public comme tous les jours à 18 heures et 22 heures sur public sénat on se retrouve pour 90 minutes et de débats avec un objectif donner du sens à l'actualité grâce à nos experts et aux journalistes de la rédaction de Public Sénat. Et voici le sommaire de ce 16 avril. Primaires ouvertes, fermées ou désignations directes de leurs présidents comme candidats à l'élection présidentielle, les adhérents du parti LR, les Républicains votent ce week Une victoire redonnerait-elle du souffle à Bruno Retailleau ?
Quel est le pouvoir de nuisance de son principal opposant interne ? Laurent Wauquiez, le bloc central peut-il réussir à désigner un seul champion pour garder ses chances d'accéder au second tour ? On en débat dans une minute.
Et puis, dans la seconde partie de notre émission, les dérives de l'État de droit en Israël après le vote le 30 mars dernier d'une loi instaurant la peine de mort pour terrorisme qui vise de facto les palestiniens. L'opposition dénonce un texte contraire à la philosophie des fondateurs de l'État hébreu. Nous ne sommes pas comme le Hamas, nous sommes l'opposé du Hamas.
Nous ne sommes pas venus au Moyen-Orient pour adopter la charia. Nous n'avons pas créé un état juif pour adopter les normes morales de l'islam radical. La démocratie israélienne est-elle en danger ?
Qui peut incarner une alternative à Benyamin Netanyahou lors des élections législatives l'automne prochain ? Que se passe-t-il en Cisjordanie depuis des semaines ? On répond à ces questions dans trois quarts d'heure.
Et comme tous les jours, vous pouvez participer à Sens Publique en scannant notre QR code. Je poserai vos questions à nos invités. On commence par ce vote interne chez LR.
Première étape d'un long chemin vers l'Elysée, forcément semé d'embûches. Clément Guillaumeau. Ils devront choisir ce week-end le mode de désignation de leur candidat à la présidentielle.
Les adhérents des Républicains ont le choix entre trois options, une primaire fermée, une primaire ouverte ou bien la désignation directe de leur président Bruno Retailleau. Seuls les adhérents du parti Les Républicains ayant renouvelé leur adhésion dans les trois premiers mois de l'année pourront participer au scrutin. Ils seront 76 653.
Un vote nécessaire pour le sénateur Roger Carucci. Moi je pense que c c'est bien qu'il y ait un vote des adhérents. Si c'est Bruno, Bruno entame sa campagne et puis nous verrons dans quelques mois où nous en sommes tous.
Parce que moi je ne suis pas hostile à l'idée de dire il faut un seul candidat au bout du bout mais encore faut il que les républicains aient un champion, que le champion se batte et on verra bien. Moi je pense que dans la rupture avec le macronisme un champion de droite c'est bien. La méthode bien qu'elle soit inscrite dans les statuts du parti voté par l l'ensemble des adhérents et dirigeants en 2025 ne fait pourtant pas l'unanimité chez les LR.
Je voterai blanc car c'est un choix de dupe qui est proposé. Laurent Wauquiez qui se dit plutôt favorable à une primaire ouverte largement au-delà de LR a vie partagée par de nombreux cadres du parti comme Michel Barnier ou Valérie Pécresse. David Lysnard, lui aussi en désaccord avec Bruno Rotaillot, a même claqué la porte du parti il y a quelques semaines.
Si le président des Républicains affirme ne pas exclure l'idée d'une primaire élargie. Il est loin d'y être favorable. Ceux qui sont pour l'idée de primaire, il n'y en a pas un qui sont d'accord sur le périmètre.
Certains disent jusqu'à Mme Coiffes. Simplement je dis qu'il faut vraiment présenter les idées. Moi, je veux présenter mon projet, ce que je veux pour pouvoir donner un treizième voire un quatorzième mois pour plus de pouvoir d'achat, ce que je veux pour faire en sorte qu'on fasse moins d'assistanat, ce que je veux pour que on contrôle enfin l'immigration, Enfin, une justice plus ferme.
Il faut qu'on se déploie sur le champ. Les adhérents sont appelés à voter électroniquement tout au long du week-end. Les résultats du scrutin devraient être connus dimanche à 19h.
Taillot qui cherche un second souffle, on en débat tout de suite. Valérie Lecable, bonsoir. Bonsoir Thomas Higues.
Bienvenue éditorialiste au Libre Journal. Jean Garrigue, bonsoir. Bienvenue historien, président de la Commission internationale d'histoire des des assemblées, vous publiez les avocats de la République, ceux qui l'ont construite, ceux qui la défendent.
C'est aux éditions Audit Jacob, Stéphane Zumstek, bonsoir. Et bienvenue, vous êtes directeur du département politique et opinion à l'Institut de sondage Ipsos BVA, et Tam Tranui, bonsoir Tam, bienvenue, directrice adjointe de l'information de Public Sénat et éditorialiste pour Sens public. C'est quoi l'enjeu pour Bruno Retailleau, Valérie Locable ?
C'est effectivement ce second souffle Ou est-ce que finalement, c'est pour la chronique d'une victoire annoncée ? Non, je pense que c'est de reprendre une vraie légitimité. Il faut se souvenir du Bruno Retailleau triomphant, qui avait été nommé ministre de l'Intérieur, d'abord sous Michel Barnier, puis qui était resté ensuite, François Bayrou, etc., et qui était monté très très haut dans les sondages dont on parlait tous les jours, et qui finalement, comme sur un malentendu par rapport à la nomination de Bruno Le Maire au ministère de la Défense, avec la quai à porte, est parti.
Et c'est vrai que depuis qu'il est parti du gouvernement, il n'est plus tout à fait la star qu'il avait été autrefois. Donc il est passé, il est redescendu à 10 % à peu près dans un sondage. Alors 10 10%, c'est un étiage où on existe encore, mais ce n'est pas suffisant pour pouvoir accéder vraiment à la présidentielle et avoir une chance de gagner au second tour.
Donc il a besoin d'être rewindé, vous savez, comme le lapin à Duracell, c'est-à-dire d'avoir une nouvelle, un nouveau son. C'est une fub générationnelle. Excusez-moi, je suis désolée.
Moi, elle me parle beaucoup et sur moi, beaucoup de nos téléspectateurs. Il faut qu'il se re-booste, qu'il se re légitime. D'ailleurs, c'est intéressant parce que vous parliez de 76 000 adhérents.
Il y en a eu 30 000 la semaine dernière, juste en une seule semaine. Et ce qu'on voit, c'est qu'il avait été élu par 98 000 personnes. Mais quand il est retombé un petit peu, un peu plus sous les radars qu'avant.
Le chiffre a diminué à 40 et quelques milles, et les 30 000 reviennent parce que...
Ils reviennent pour voter, quoi. Pour voter, c'est un parti où on vient pour voter. Donc, il a besoin de ce vote.
Est-ce qu'il a besoin, effectivement, Jean Garrick, d'être adoubé par les adhérents à l'air ? Alors qu'il l'a été, il n'y a pas si longtemps, largement, victoire à 75 % face à Laurent Wauquiez. Mais je crois devenir président.
Pour les raisons que vient d'évoquer Il a besoin d'être relégitimé, pas par les adhérents. Est-ce que c'est suffisant d'être relégitimé par les adhérents quand on voit à quel point il a des challengers dans son propre parti qui sont nombreux, à commencer par Laurent Wauquiez, mais bien d'autres. On a vu que David Lissnard était parti.
Moi, je pense que ce sera certes un événement, un moment plutôt positif pour lui, je le suppose, mais Il me semble que ça aurait été beaucoup plus intéressant d'avoir, par exemple, un appel aux sympathisants de la droite modérée, pour le relégitimer vraiment. Ce n'était pas possible, il fallait déjà en passer par là, mais je dirais qu'il ne faudra pas tirer trop de conclusions, me semble-t-il, de ce qui va se passer lors de ce vote. – Stéphane Zubsteng, il va falloir regarder la participation aussi, d'après ? – Bien sûr, bien Bien sûr, la participation qui sera importante parce que je pense que le suspense est relativement limité.
On peut prendre des risques mais a priori c'est l'option Bruno Retailleau candidat de FISC qui sera, je pense, mais on verra bien dimanche soir si j'ai raison. On ressortira la – La phrase. – Oui, ben non, s'il vous plaît, ne le faites pas.
Mais je pense qu'on le voit bien quand on écoute ce qu'a dit Roger Carucci à l'instant dans votre reportage. Le principal enjeu ensuite pour Bruno Retailleau, ça va être de faire la démonstration qu'il est, il l'est bel et bien candidat à l élection présidentielle et qu'il n'est pas juste candidat, qu'il ne vient pas juste de passer une épreuve de qualification avant un championnat comme il y a souvent dans les sports collectifs et que finalement c'est un tour normal. Il est normal que l'LR existe à un moment donné et je reprends les termes de Roger il sera notre candidat et au bout de quelques mois, on verra bien.
Si petit à petit se diffuse dans l'opinion auprès des sympathisants, auprès des militants de droite, l'idée qu'il a fait son job de porter l'étendard à un moment donné des LR, mais que finalement, seulement après, il faudra choisir quelqu'un d'autre, eh bien cette candidature ou cette précandidature sera démonétisée immédiatement. L'enjeu pour lui, on le sait tous, on l'a déjà dit, c'est d'essayer d'exister notamment dans les enquêtes d'opinion par rapport aux autres candidats Gabriel Attac dans quelques jours et Edouard Philippe qui pour l'instant fait la course en tête mais s'il n'y a pas cette capacité chez Bruno Rotaillot à faire la démonstration qu'il est absolument nécessaire que Allaire soit présent au premier tour de l'élection présidentielle, peu importe qu'il il soit ou pas présent, mais je pense que sa candidature s'essoufflera très vite. – Alors sur le spectre de la primaire, je veux bien vous donner la parole, je reste avec vous Stéphane Zubizek, parce que vous avez sondé avec saisie école d'ingénieurs pour le Cevipof, la Fondation Jean Jares et Le Monde.
L'hypothèse d'une question posée aux sympathisants du centre, de la droite et de Reconquête, vous êtes allé jusqu'à Reconquête et là il y a 70 % de ces sympathisants centre-droite Reconquête qui sont favorables à une Une primaire ouverte, finalement. Vous vouliez tester l'hypothèse Laurent Wauquiez ? C'est un peu ça, parce que c'est ce que propose Laurent Wauquiez, d'aller jusqu'à Saracnafo.
C'était de rendre un peu plus concret l'idée de, oui ou Ou non, les militants du centre, du centre-droit et de la droite veulent-ils ou ne veulent-ils pas une primaire pour désigner un candidat unique ? Alors sur le principe c'est oui, mais après quand on rentre dans le détail de cette enquête, vous avez près de trois quarts de ces sympathisants, quelles que soient les composantes, quelles que soient les parties, ex-Macroni, ou LR, qui sont favorables au principe même de la primaire. Mais quand ensuite vous demandez à ces mêmes personnes s'ils seraient favorables à une primaire, avec les trois parties du bloc macronien et LLR, première hypothèse, et autre hypothèse, avec ces mêmes parties plus se reconquêtent.
Vous voyez que, notamment parce qu'on parle des LR, l'avis des LR est beaucoup plus partagé. Oui pour une primaire, avec les autres partis, pas forcément, parce que les LR, ils suivent la vie politique, les militants, ils ont bien compris que s'il y a une primaire face à des candidats, à des écuries issues d'horizons ou de renaissances, a priori Bruno Rotaio ne passe pas pour favoris. Moi je pense que les candidats LR, ils veulent qu'LR soit présent dans cette campagne mais qui commencera pour eux dimanche soir dans quelques Après, ce sont aussi les premiers à se dire perdu pour perdu si les sondages ne décollent pas pour Bruno Retailleau.
Mais perdu pour perdu, autant qu'on choisisse un autre candidat. Ce que veulent les gens entre droite et la droite, c'est c'est que le centre-droit et la droite gagnent l'élection présidentielle. Mais cette primaire version Laurent Wauquiez, ce n'est pas le seul.
David Glissnard propose aussi d'Edouard Philippe à Sarah Knafow, grosso modo. C'est un peu de la politique fiction quand même, Valérie Lecambre. Est-ce que vous imaginez qu'elle puisse être organisée ?
Puisqu'on est en train de parler d'opinion et de sondage, les traits de Laurent Wauquiez auprès de l'opinion ne sont pas positifs. Il a une personnalité qui est jugée négativement et on ne le voit pas dans cette course-là. Aujourd'hui, Laurent Wauquiez, il sait qu'il n'est pas pour dire on va voter blanc.
C'est incroyable quand même. Je pense que Laurent Wauquiez est quelqu'un qui ne compte pas. Ce qui m'intéresse le plus, c'est que même au sein de LR, Bruno Retailleau n'est pas le candidat le plus facile, sans même parler d'élargir.
On sait qu'une Valérie Pécresse peut être résidente, on sait que Michel Barnier voudrait y aller, on sait qu'un Copé, il penche peut-être plutôt pour Edouard Philippe. Enfin, je veux dire que le consensus sur la personnalité de Bruno Retailleau, au sein même de LR, il est à la droite de LR Bruno Retailleau. Il ne représente pas tout LR.
Donc, si vous voulez, ce qui est intéressant...
Même s'il a un vote assez massif ce week-end pour que le président du parti soit le candidat. Les militants et les personnalités politiques ne sont pas forcément les mêmes. À partir du moment où il n'y a pas d'autre candidat, regardez, Lysnard, il n'est plus à LR, il est parti.
On n'a pas encore parlé de Xavier Bertrand, qui lui aussi n'est pas dans le jeu qu'il s'y était mis la dernière fois pour se faire écrabouiller, donc il n'y retournera pas non plus. Donc on voit bien, si vous voulez, ce qui est intéressant dans la candidature de Retailleau, c'est de tester si, oui ou non, les Français ont envie d'une vraie politique de droite assez proche de celle du RN, mais qui ne soit pas celle du RN. C'est ça la réponse à la question de Retailleau.
Parce que sinon, on voit bien qu'il n'y a pas d'adhésion très large. Les gens sont plus tentés, pour l'instant, ça peut changer, par une candidature Édouard Philippe au sein de la classe politique. Alors, je vous redonne la parole, Jean-Garing, mais Tam, vous n'êtes pas encore Vous disiez que Bruno Retailleau n'avait pas le profil le plus facile, c'est sans doute celui qui...
Le plus consensuel. Je trouve que c'est quelque chose qui se répète assez souvent. Très souvent, le candidat qui sort victorieux par rapport aux militants, même dans les primaires très souvent, est un candidat qui souvent représente quelque chose de pas toujours évident.
Je pense à Benoît Hamon quand ça avait été la gauche. On avait pensé à François Fillon, etc. Après il y a toujours une énorme difficulté à rassembler donc on sait aussi que l'un des débats au sein de la droite c'est toujours la même chose est-ce que la primaire n'est pas toujours une machine à perdre ?
Tiens justement cette cette capacité à aller au-delà de son socle de sympathisant. C'est exactement ce que disait Annie Gennevar ce matin sur notre antenne, la ministre de l'Agriculture qui pointe le risque de la division qui qui cantonnerait finalement ce camp de la droite et du centre à un rôle de spectateur. Ah, il faut incontestablement que LR puisse se désigner un candidat.
Maintenant, on sait aussi que la configuration politique de notre pays nous met en risque si nous ne parvenons pas à nous organiser pour éviter un duel de deuxième tour où nous serions absents. Donc, la responsabilité d'un candidat, les sera d'évaluer ses chances de rassembler autour de lui. Heller n'a jamais gagné tout seul.
Il faudra donc que le candidat fasse la démonstration qu'il est en capacité de rassembler. – Elle s'adresse de fait à Bruno Retailleau, là, Amy Gennevar. C'est son défi. – Je parlais tout à l'heure d'avoir le vote des sympathisants plus que des militants, même si c'est une étape obligatoire.
Parce qu'effectivement, on peut se demander si dans le champ même des Républicains, du Parti des Républicains, de ceux qui en sont proches, il est le mieux placé pour rassembler le peuple de droite et du centre droit. Je pense qu'il est exclu de...
Ils aimeraient bien aller chercher une partie de l'électorat du Rassemblement national et il n'est pas exclu qu'ils puissent le faire si jamais Jordan Bardella, par exemple...
Ça dépendra des dynamiques de Ça dépendra de la ligne de campagne. Mais disons qu'a priori, c'est à droite et au centre-droit qui peuvent aller chercher. Et là, est-ce que c'est...
Mais je rejoins ce qui était dit. Est-ce que c'est Bruno Retailleau qui est le mieux à même parce qu'il incarne quand même une ligne un peu dure est assez conservatrice, c'est le moins qu'on puisse dire, sur le plan sociétal, etc. Est-ce qu'il est le mieux placé ?
La question reste ouverte. On dirait qu'il y a un contre-exemple qui était Valérie Pécresse qui était d'une autre famille des LR et qui n'a pas très bien réussi. Le souvenir du fiasco est encore cuisant.
Mais les raisons sont assez différentes quand même. Elle a une campagne extrêmement compliquée. Le parti était extrêmement divisé.
Ils ne l'ont pas beaucoup aidé. Et je pense que c'était un peu une parenthèse. Mais c'est vrai que Valérie Pécresse, elle a fait une interview en disant n'oubliez pas les leçons de ceux qui nous est arrivé, d'être même pas à 5 % et de même pas pouvoir se faire rembourser ses frais de campagne et de lancer une campagne de souscription auprès des gens pour pouvoir payer les frais.
Vous vous rendez compte où ils en étaient ? Mais Moi, il me semble, et je rejoins Jean Garrigue là-dessus, que la seule possibilité pour Retailleau d'avoir un espace, c'est si Bardella, si c'était lui le Grotte-Nida, faisait une mauvaise campagne. Parce que là, on était en train de parler en coulisses, on vous raconte nos coulisses.
Mais j'adore, il faut toujours partager les discussions de coulisses avec des tests. On se disait, Jordan Bardella, il est quand même un peu jeune, alors on le dit depuis longtemps, mais comme il commence à voir pas mal de gens, ça commence à se voir un petit peu plus qu'avant. Et en tout cas sur les Et je pense que c'est un peu le pari de Bruno Rotaillot, c'est d'être présent à ce moment-là parce qu'il peut être le réceptacle de ces déçus-là.
Bon alors il y a quand même, vous avez balayé l'hypothèse Laurent Wauquiez bien rapidement quand même Valérie Le Cap, parce qu'il y à cette guerre ou cette guerre qui continue pour 2027 entre Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau et on vous la raconte avec Steve Jourdain tout de suite. Bonsoir Steve, bienvenue. Alors heureusement que vous êtes là parce que si on n'a pas tous suivi des derniers épisodes chez LR.
Qu'est-ce qu'il faut retenir ? Il faut retenir cette déclaration de Brune Retailleau hier à mon micro quand je lui dis, quand je lui rappelle que Laurent Wauquiez a prévu de voter blanc ce dimanche. Écoutez. peut m'embêter, m'en kikiner, plus il le fera.
Bon, mais peu importe, le chien à bois et la caravane passe. Voilà, il, c'est Laurent Wauquiez. Entre les deux hommes, le conflit dur depuis un an.
Tout commence, plus ou moins Thomas, avec une défaite très Lourdes pour Wauquiez à la présidence du parti. 75 % contre 25%. Une humiliation, ça a en tout cas été vécu comme tel dans les équipes de Laurent Wauquiez, même si le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes reste chef des députés à l'Assemblée.
Et donc aujourd'hui, ils s'opposent sur quoi ? Sur tout, surtout sur 2027, on va dire. Laurent Wauquiez réclame une grande primaire très large de Sarah Knaffot jusqu'à Gérald Darmanin.
Le problème, c'est qu'il disait exactement l'inverse. Il y a quelques mois, pour lui, la primaire avait abouti à mettre la droite en lambeau. Revirement total de Laurent Wauquiez.
En face, Brune Retailleau veut garder la main et passer par la case militant. Les tensions débordent même à l'Assemblée nationale. Cet hiver, Retailleau reprochait à Wauquiez de ne pas avoir eu le courage de censurer le gouvernement sur le budget.
Réponse un peu embarrassée du chef du groupe au Palais pour vous écouter. Si on ne s'était pas battu, les retraités étaient prévus pour être sacrifiés, donc il y a des éléments d'avancée. Pour autant, et c'est un constat qu'on partage totalement avec Bruno Retailleau, bien sûr que le budget est totalement imparfait.
Bien sûr qu'il ne correspond pas à ce qu'on voulait. Et on est très lucides que si on veut un budget de droite, il faudra une majorité de droite à l'Assemblée nationale. Et c'est pour ça qu'il faut le rassemblement de la droite en 2027, parce que sinon on n'y arrivera pas.
Vous nous écrivez une vraie guerre des chefs. C'est une Guéguerre, c'est une petite chamaillerie. Les grands duels de la droite, Giscard-Chaban, Chirac-Balladur avaient un peu plus d'enjeux.
Thomas, c'était une bataille pour le pouvoir. La droite pesait à elle seule jusqu'à 40 % dans les Aujourd'hui, les LR se battent d'abord pour leur survie. On rappelle, vous le mentionnez il y a quelques instants, qu'en 2022, Valérie Pécresse était moins de 5 % des voix.
Et puis regardez ce sondage Odoxa pour Public Sénat. C'était au mois de janvier, près de 63 % des Français, jugé alors le parti LR inutile à la vie politique française. Alors oui Thomas, comme dirait l'autre, la route est droite mais pour les LR, la pente vers l'Elysée est très très raide.
Merci beaucoup Steve. On va se concentrer un peu sur ce parti politique et son poids dans l'opinion et forcément je me tourne vers vous Stéphane Zumstegg, à quel point LR, Les Républicains est affaibli dans l'opinion aujourd'hui ? En tant que parti national c'est un parti affaibli comme le Parti Socialiste, affaibli après presque dix ans de macronisme Emmanuel Macron a fait énormément de mal en priorité à ces deux partis.
En fait les deux partis qui s'étaient partagés le pouvoir et qui étaient quelque part le plus proche géographiquement de ce centre si on peut l'appeler ça ou de ce en même temps d'Emmanuel Emmanuel Macron. C'est un parti, on a eu l'occasion d'en parler lors des municipales qui survit grâce à ces barons locaux, grâce à ces grandes villes, à ces villes moyennes évidemment à l'échelle nationale aujourd'hui qu'est-ce qu'il a ? Il a un réservoir de personnalités identifiées dans l'opinion alors qu'il soit, qu'elle, qu'il ou qu'elle soit candidate ou prétende ou pas être candidate à l'élection présidentielle.
Au moins il y a des porte-parole de ce parti, on sait qui est Jean-François Acopé, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand donc il y a une certaine richesse que l'on ne retrouve pas forcément médiatique en tout cas et de notoriété qu'on ne retrouve pas forcément au Parti Socialiste. Je pense que les Français peinent plus à identifier dits leaders socialistes voilà ce qui reste DLR aujourd'hui c'est un parti qui, depuis la nomination de mon point de vue depuis le jour de la nomination d'Edouard Philippe à Matignon donc opération de destruction des LR finalement les LR n'ont pas réussi à remettre la tête hors de l'eau. Pour l'instant non ils sont pris en étau et la situation elle a évolué au gré des résultats électoraux, des problèmes de l de l'instabilité gouvernementale, évidemment.
Mais c'est toujours un parti qui peine à faire la démonstration de son utilité. Je ne suis pas en train de dire que les LR ne sont pas inutiles. Le PS a, à un moment donné, récemment, avec le pacte de non censure, a fait la démonstration de son utilité, quoi que l'on pense de son choix stratégique.
Ce n'est pas le cas des LR, avec une ligne totalement illisible. C'était un peu le cas de Bruno Retailleau quand il était ministre. d'une certaine façon, à Beauvau, ministre de l'Intérieur.
Il incarnait surtout Bruno Rotailleau, c'est-à-dire la grande surprise de l'année à ce moment-là, le super-ministre, le ministre préféré des Français, en tout cas des Français qui soutenaient ces gouvernements, Bayrou puis Le Cornu, son capital politique, il s'est en grande partie évaporé lors de sa sortie totalement ratée du gouvernement, ce qui est à mon avis qu'il traînera longtemps, oui mais qu'il traîne pardon excusez-moi, oui mais qu'il traînera encore longtemps parce que l'électorat n'a pas compris ce que veut un électorat LR, c'est que les idées de LR sont au pouvoir. C'était le cas avec Retailleau, ça n'était plus après. – Vous l'avez évoqué, il y a quand même, Jean Garrigue, la force des élus ici au Sénat, c'est une évidence, on l'a vu avec les municipales, les présidences de région, mais alors est-ce que ça fait des bataillons pour une présidentielle ?
Pas forcément, si ça joue quand même. – Un réseau quand même d'élus, certes des notables, mais d'élus bien enracinés dans les terroirs dans la France profonde me font penser qu'il y a un vrai paradoxe avec l'ALR, parce qu'au fond, c'est peut-être le parti qui est le plus proche du centre de gravité idéologique des Français, du centre de gravité électorale des Français. Et vous avez un paradoxe, c'est qu'ils n'arrivent pas à être crédibles.
Et là, je me dis incarnation, parce que c'est un problème. Quand c c'était, si on compare avec la campagne de Nicolas Sarkozy qui l'a amenée au pouvoir en 2007, Nicolas Sarkozy a un an des élections. C'est le boss.
Alors il a un rival qui est Dominique De Villepin, mais tout le monde sait très bien que Dominique De est empêtré dans un certain nombre de problèmes, que Dominique Villepin n'a pas la fibre pour, à mon sens, et à l'époque, c'est ce que disaient les observateurs, pour être véritablement un candidat de son parti, il n'est pas suivi du tout par son parti alors que Nicolas Sarkozy d'une part écrasait le parti et d'autre part produisait cette valeur travail, ce karcher etc. Quelque chose qui incarnait véritablement leur politique. Donc je me dis qu'aujourd'hui les français sont toujours assez proches des idées qui sont celles des républicains mais qu'ils ne trouvent pas véritablement celui qui les incarne.
Moi je suis tout à fait d'accord avec cette analyse il faut redire quand même que les républicains ont le plus grand nombre de mairies dans ce pays et que les macronistes au bout de dix ans en ont eu extrêmement peu c'est absolument pas comparable donc on voit bien oui mais c'était déjà le cas pardon de nous interrompre c'est déjà le cas quand valérie pécresse était candidate à la présidentielle alors vous disiez elle n'a pas été aidée par le parti enfin il faut il faut emporter l'adhésion pour que c ce que je veux dire c'est que dans la france profonde les lr c'est un parti qui compte et sa partie qui se fait réélire ce sont des notables qui se font réélire et qui ont une durée dans le temps qui tient je suis d'accord sur la deuxième chose c'est à dire c'est le problème d'incarnation et tout a commencé quand même avec la primaire fillon sarkozy etc parce que jusque là ce que bruno retaillot essaye de faire aussi on l'a pas dit tout à l'heure c'est de refaire le fait que c'est le chef des lr qui va être le candidat à la présidence de la république parce qu'on l'a oublié mais c'est pas si ancien que ça c'était même pas une question le chef des lr était le candidat au président de la république et on se posait pas la question et c'est quand ils sont rentrés dans ces histoires de primaire où sarko a voulu revenir il n'a pas pu fillon ces histoires de veste etc que tout a commencé à se déglinguer alors on peut ajouter quand même que que ce soit le procès de nicolas sarkozy ça n'aide pas beaucoup non plus ce qui s'est passé à Paris, avec Rachida Dati, ça n'aide pas beaucoup non plus. Donc on est dans un vrai sujet d'incarnation et de succession. C'est-à-dire que depuis l'époque Sarkozy, il n'y a pas eu de figure aux républicain, il faut le dire comme ça, qui a été capable de s'imposer à son camp suffisamment clairement et suffisamment fortement pour embarquer son parti à l'élection présidentielle.
Mais je pense que dans sa structure et son fonctionnement, il ne demanderait que ça s'il y avait cette personne, en fait. Je trouve que le paradoxe, c'est que LR a eu quand même sa chance à un moment, notamment lorsque Michel Barnier a été appelé au pouvoir pour devenir Premier ministre. Ils le disaient tous, moins on est nombreux à l'Assemblée national et plus on est les rois du pétrole, au moment où ils ont réussi à avoir Michel Barnier.
Alors ça a duré 3 mois et demi, 4 mois. Donc il y a eu ce sujet, c'est que malgré cela, ils n'avaient pas réussi en fait à avoir aussi la base qui suffisait à créer des coalitions solides. Et je trouve que c'est quelque chose qu'on a retrouvé tout le long là, c'est qu'en fait les LR entre eux, ils n'arrivent jamais à se mettre d'accord.
On l'a dit x fois, les LR de l'Assemblée versus les LR du Sénat. Enfin il y a tout le temps des des lignes qui se combattent. Et même Bruno Retailleau, qui avait semblé incontesté tant qu'il prenait la lumière.
On est arrivé là sur des séquences où il y a eu plein de presse de parole qui ont été compliquées. La dernière quand même lors des municipales, sa prise de parole sur Nice, Éric Ciotti, etc. Ce sont des choses qui n'ont pas été comprises.
Et même là, il a réussi à fracturer ses propres amis, ses propres très proches politiques. Donc là-dessus, il faut quand même aussi arriver à à Navidi. Il y a encore beaucoup de thèmes dans ce débat.
Donc Valérie Lecap d'abord. Vous savez pourquoi ? Parce qu'il y en a un qui n'a pas voulu y aller, qui était Gérard Larcher.
Parce qu'il fallait avoir l'expérience qu'on lui a proposée à plusieurs reprises. Vous allez à Matignon. Mais c'est ça, il aurait peut-être réussi lui, c'est ça la question qu'on peut se poser aujourd'hui.
Il n'ira pas je crois là. Alors j'ai une question, c'est pas une colle, mais ce côté finance, je me tourne vers vous Jean-Garry, c'est sur vous que ça tombe, désolé. Mais la présentielle 2022, elle a coûté cher au LR.
Est-ce qu'ils se sont, je vais dire refait la cerise, c'est beaucoup trop trivial, est-ce que ça va mieux côté finance au sein du Parti des Républicains ? C'est une colle. Je suis...
Je suppose que, grâce à l'effet retaillot...
Il y a eu le vote pour la présidence. Il y a eu le vote pour la présidence. Je pense que ça s'est amélioré.
Je l'imagine. Mais franchement, je ne saurais pas vous donner...
En revanche, ce prochain avis TLR, on pose la question. En revanche, ce que je peux dire, c'est que...
Regardez comment s'y était pris aussi...
J'y reviens, Nicolas Sarkozy, parce que c'est quand même le dernier exemple de succès. Il s'y était pris quand même très différemment, parce qu'on nous disait que Bruno Retailleau, d'ailleurs c'est son calcul politique, c'est d'aller chercher des électeurs du côté du Rassemblement national. Mais pour faire ça, il faut se crédibiliser, il faut se donner véritablement une étoffe, et qu'est-ce qu'il a fait ?
Il nous a fait une erreur magistrale en partant du gouvernement au plus mauvais moment possible. Quand vous êtes à un ou deux ans d'une élection présidentielle, il faut éviter de faire des erreurs de ce type, parce que ça peut être quand même tragique. Alors, ces ambitions présidentielles Tam, elles secouent aussi le bloc central.
Vous savez ce que c'est qu'un égoïste Thomas ? Oui, je crois, oui. C'est quelqu'un qui ne pense pas à moi.
Et je peux vous dire qu'en ce En ce moment, dans le socle commun, c'est rempli de gens qui pensent qu'ils sont entourés d'égoïstes. C'est plein de capitaines d'équipes qui veulent faire cavalier seul, de gens qui ont surtout en commun leurs ambitions présidentielles. Gabriel Attal, Edouard Philippe, Brune Retailleau, dont on a largement parlé.
Côté face, il faut une candidature unique et la jouer collective. Côté pile, si c'est pas moi qui suis désignée, je vais faire un malheur. Bon allez, on commence par le côté collectif, le côté face.
Voilà, côté face, l'échappeau à plumes du bloc central ont mis en place un nouveau machin. Voilà, c'est un comité de liaison qui a réuni mercredi Franck Riester pour Renaissance, Marc Fénaud pour le MoDem, Christophe Béchut pour Horizon et Hervé Marseille de l'UDI pour discuter de comment converger vers une candidature commune sans trop s'entre-déchirer. Ils vont se revoir régulièrement, toutes les six semaines, objectif que tout n'implose pas alors que le grand bal des ambitions a débuté et on en a eu d'ailleurs un sacré aperçu cette semaine.
Oui, notamment au Parlement. Oui, les hémicycles de l'Assemblée comme dit Sénat avaient des airs de ring mais ceux qui ont mis les plus gros uppercuts sont censés être des alliés. Vous avez eu l'épisode notamment de l'extension du travail le 1er mai, une réforme qui est devenue d'autant plus éruptive que Gabriel Attal a voulu en faire un slogan présidentiel.
Ce à quoi lui a répondu Marc Fénaud, nous sommes législateurs, nous ne sommes pas élus pour faire des tribunes déclamatives ou des coups médiatiques. Au milieu de tout ça, c Sébastien Lecornu a tenté d'éteindre l'incendie par un recul tactique. Il s'est donc fait taxer hier au Sénat d'immobilisme par la droite furibarde et au passage, il a déclaré que lui, au moins, il n'était pas candidat à l'élection présidentielle et qu'il fait ce qui peut pourtenir la boutique jusqu'à l'année prochaine.
Bon, c'est pas le cas, évidemment, de Gabriel Attal. Qui se fait donc remarquer et dans l'hémicycle et dans les librairies. Là encore, une figure imposée dans la course à la présidentielle avec un livre personnel.
Ce qu'il faut, où l'on se dévoile, mais surtout ses idées et ses ambitions. Ça s'appelle un homme libre, où on découvre les bonnes feuilles dans le point cette semaine avec en exergue cette citation assez immodeste, il faut le dire, je pense savoir comment il faut présider la France. Alors si on pousse un peu plus loin dans l'entretien, il déclare, j'ai eu l'expérience de gouverner le pays, je pense aujourd'hui savoir comment il faut le présider, j'ai les idées claires pour la France.
Alors oui, c'est vrai qu'il a tout connu en mode avance rapide un Gabriel Attal, un an au compte public moins de 6 mois à l'éducation nationale 7 mois et 17 jours à Matignon c'est pas un homme libre c'est un homme pressé cette phrase où Gabriel Daniel Attal, avant de son expérience d'ailleurs, m'a rappelé aussi les conseils qu'il avait voulu donner à Michel Barnier lors de la passation de pouvoir inénarrable. À Matignon, Michel Barnier l'avait mouché avec ce ton grinçant qu'on lui Il connaît en lui disant qu'il n'avait que 8 mois d'expérience comme Premier ministre. On connaît la suite, finalement.
Michel Barnier, lui, n'a tenu que 4 mois, comme quoi l'expérience, par les temps qui courent. Effectivement. Gabriel Attal, combien de divisions dans l'opinion Stéphane Zumsteg ?
Il existe dans l'opinion. On parle de Bruno Retailleau, c'est le troisième candidat qui va s'autodéclarer, Bruno Retailleau, Edouard Philippe depuis bien longtemps. dans un premier temps, va apparaître légitime.
Ce n'est pas un intrus, ce n'est pas quelqu'un qui rajoute, de mon point de vue, de la division à la division. Il y a bien un moment...
Mais pour répondre à votre question, combien de divisions ? On le voit bien dans les mesures d'intention de vote. comme dans les mesures de potentiel électoral, oui, pour l'instant, il accuse un vrai retard sur celui qui fait la course en tête.
C'est Édouard Philippe. Mais c'est pour l'instant, évidemment, on en est à un an de la présidentielle. On ne va pas répéter le fait que plein de choses vont se se passer, évidemment.
Malgré tout, il part effectivement avec un handicap. Un handicap qui ne tient pas à sa personne parce que je pense qu'il a su d'ores et déjà, en termes d'image, s'affranchir du bilan d'Emmanuel Macron. Ce n'est pas le successeur d'Emmanuel Macron.
Ce n'est pas l'héritier, en tout cas d'Emmanuel Macron, ça je pense qu'il a d'ores et déjà réussi à le faire passer l'idée que ce n'était pas le clone d'Emmanuel Macron 10 ans après donc il ne souffrira pas de cela. En revanche maintenant se posera la question de dégager un espace politique. Là encore, est-ce qu'Edouard Philippe est le préféré de l'Ontario ?
Et que Macron ? Oui mais les espaces qui sont occupés, Edouard Philippe occupe déjà un espace. Bruno Rotailleau va occuper un espace pour Gabriel Attal, ça va être plus compliqué, parce que l'époque bénie du macronisme où il y avait des gens qui venaient du centre-gauche et du centre-droit, elle est révolue.
Moi, je doute de la perméabilité du centre-gauche, de ces gens qui ont voté massivement pour Emmanuel Macron en premier tour en 2017, à voter, va se promoncer à rejoindre un candidat issu de ce bloc central aujourd'hui. Les gens sont revenus au bercail quelque part, le clivage gauche droite s'est rétabli et le principal handicap finalement pour Gabriel Attal, c'est qu'il est étiqueté, considéré comme un candidat de droite, de centre-droit, certes, mais de droite. Et ça va être très, très compliqué.
C'était son opération qu'il a tenté il y a quelques jours. Je suis progressiste sur les questions sociétales et environnementales. On a compris le clin d'œil au centre-gauche.
En revanche, sur le régalien, je suis beaucoup plus ferme. Je pense que ce sera très compliqué pour lui de se faire sa place d'abord dans l'espace du centre et de la droite, déjà occupé face à Édouard Philippe. Ce sera aussi compliqué, pas impossible, mais compliqué d'essayer de récupérer ces gens sociodémocrates, écologistes, peu importe, des grands centres urbains qui avaient massivement voté Macron mais qui, à mon avis, ne souhaiteront pas voter pour quelqu'un qui vient de ce bloc central.
Pour l'instant, évidemment. Ce comité de liaison, vous en pensez quoi ? Votre expérience d'historien Jean Garrick, ça sert à quelque chose ?
Ce Je pense que ça ne sert à rien, si ce n'est à masquer précisément, là aussi, l'émergence de quelqu'un qui les rassemble tous. Qu'on le veuille ou non, Emmanuel Macron il avait à ce moment, à un moment, représenté cet espace et à droite et à gauche. Il avait réussi, mais je rejoins ce qui a été dit, à aller aussi au centre-gauche, ce que effectivement, je pense, Gabriel Attal, dans l'état actuel de les choses, est incapable de réaliser parce qu'au centre-gauche, on s'est quand même un peu reconstruit.
Il y a des candidats comme Raphaël Glucksmann et il y a surtout l'expérience des élections européennes où le candidat Glucksmann s'était installé au même niveau que la liste de macronistes, on va dire. Donc moi je pense que très franchement le pari est quand même très compliqué pour Gabriel Attal. Je pense aussi comme ça a été dit qu'il a une vraie image, qu'il s'est détaché effectivement de l'image d'Emmanuel Macron mais que son espace politique est plus restreint que celui d'Emmanuel Macron.
Donc ça fait quand même beaucoup de problèmes et puis il y a évidemment cette compétition avec Édouard Philippe et le fait quand même surprenant de voir à quel point Édouard Philippe a résisté à l'érosion que tout le monde lui prévoyait. Moi je trouve que ça reste quand même non pas un mystère mais un fait important. Alors vous faisiez l'un et l'autre référence à Emmanuel Macron 2017, on a eu la curiosité de chercher un un sondage d'un an avant avril 2016.
Il y avait pas mal d'hypothèses qui étaient testées. On a un sondage TNS-Sofres de ce mois d'avril avec un linge UP qui était prévu à 35 % au premier tour, Marine Le Pen à 26 et François Hollande à 13%. C'est intéressant parce que c'est à ce moment-là que, vu l'étillage de François Hollande, les sondeurs commencent à tester d'autres noms auprès de l'électorat socialiste et que le premier nom qui sort c'est celui d'Emmanuel Macron.
Est-ce que l'hypothèse du candidat surprise, c'est Valéry Lecable, ça fait partie des grands classiques de notre histoire politique où finalement c'est assez rare ? Est-ce que vous voyez dans cette configuration un candidat dont on ne parle pas ou quasiment pas aujourd'hui qui pourrait emporter la mise ? Dans tous ceux dont on a parlé jusqu'à maintenant, il n'y a pas de surprise.
On est d'accord. Gabriel Attal, on l'attend, on le connaît. Je voyais la photo des deux anciens premiers ministres, l'un d'un côté de l'autre, Edouard Philippe, Gabriel Attal.
C'est pour ça que moi, je veux bien qu'ils soient détachés d'Emmanuel Macron. Je vous fais confiance, les sondeurs, vous êtes beaucoup plus compétents. Mais dans l'esprit des gens, ils ont quand même vu, les deux l'un après l'autre, aux côtés d'Emmanuel Macron pendant des années.
Et il y a un petit air de ressemblance chez Gabriel Attal, rien que physiquement, d'AHJ, de tout ça, qui qui fait que je pense que dans l'esprit des gens, il reste un petit peu d'association quand même. On aurait fait ce débat en avril 2017. Je ne sais pas si on aurait parlé d'Emmanuel Macron autour de la table.
Peut-être qu'on aurait tout juste commencé à en parler. Emmanuel Macron, c'est très claire ça commence en juin un an avant l'élection présidentielle et moi je me souviens très bien au 14 juillet 2016 avec le banc et l'arrière-banc parce que je travaillais aux armées à l époque, et on ne parlait que d'Emmanuel Macron. C'était le sujet.
On n'est pas encore le 14 juillet. En avril, c'était tout juste émergent. Ça a démarré.
Mais on commençait...
Les gens commençaient à Cette leçon d'humidité collective, on l'a régulièrement sur ce plateau. Les gens commençaient à dire à France Hollande...
On fête de Jeanne d'Arc en mai 2016 où il fait un grand discours, où il se compare à Jeanne d'Arc et là on se dit...
Quand même quand même, l'homme providentiel est-ce que vous avez des signaux faibles d'une personnelle pardon Valérie des signaux faibles d'une personnelle vous n'allez pas vous le balancer forcément je dirai après je le savais non bien Bien sûr, non. Pour l'instant, non. Je dis bien pour l'instant.
Évidemment, ce qui s'est passé en 2016-2017 est assez remarquable de ce point de vue-là. Mais j'ajouterais quand même une chose. Évidemment, pour être élu président de la République, il faut énormément de chance.
C'est l'élection d'Emmanuel Macron au-delà de son talent, de son énergie d'avoir réussi à créer un mouvement d'avoir su parler aux Français à ce moment-là avec le « en même temps » ce qui est phénoménal en soi comme performance il est aussi servi par une chose l'impopularité chronique de François Hollande va l'empêcher de – Qui renonce, parce qu'on s'orientait vers une débâcle humiliante pour le président de la République. François Hollande ne peut pas, il aurait pu se représenter, mais il ne peut pas politiquement le faire, et il y a l'affaire Fillon. Parce que sans l'affaire Fillon, on ne va pas refaire l'histoire.
Je ne suis pas sûr qu'Emmanuel Macron, sans l'affaire Fillon, aurait été élu président de la République. – On voit bien qu'en ce moment, il y a cette histoire, Michel-Edouard Leclerc. – Oui, oui, bien sûr, mais quelle va être la surprise ? – On a eu quand même un certain nombre d'incidents, ils sont dans la guerre en Ukraine.
Est-ce qu'il n'y a – En 2022, ce n'est pas sûr. – Moi j'ai une surprise. Un nom que nous n'avons pas cité, mais c'est Gérald Darmanin dans cet Alors si moi j'en ai une aussi, je veux bien le lancer.
Non parce que Gérard Darmanin est quand même quelqu'un qui a fait juste à présent un parcours assez habile en n'ayant pas l'image d'un traître à Macron mais en suivant sa ligne une ligne d'une droite sociale populaire assez dur sur le régalien mine de rien moi je trouve qu'il ne s'est pas usé il n'a pas a été attaqué et tout le monde lui prend des programmes pour terminer sera notre dernier chapitre dernière surprise sera rapidement sébastien le cornu c'est à dire que alors qu'il vient de dire qu'il n'irait pas ce qui est une façon d'alimenter la conversation plus il dit qu'il n'ira pas plus il laisse la possibilité d'y aller en vérité pourquoi si on ne lui pose pas la question s'il dit je vais pas à la présidentielle c'est justement il devait pas venir à matignon non plus il voulait rester à la défense c'est celui qui ne veut pas mais qui surgit sérieusement si on est dans un scénario hypothétique du fait que edouard philippe n'arrive pas à tenir la distance et que l'hypothèse Retailleau ne prend pas dans l'opinion pour toutes les raisons qu'on a dites il n'est pas totalement exclu qu'un le corps nu qui a quand même un indice de popularité assez fort pour un premier ministre qui a que des difficultés en permanence puissent surgir au – C'est beau, ce dévouement, il y a quelques-uns à être prêts à se dévouer. Je voudrais qu'on parle quand même un peu, il nous reste 5 minutes d'idées, de programmes, écoutez le centriste Hervé Marseille qui était au micro d'Alexandre Poussard ce matin, non il y a quelques semaines, il appelle Édouard Philippe à travailler à un programme susceptible de rassembler la droite et le centre. À l'évidence, Édouard Philippe fait partie des tout premiers qui ont vocation à représenter l ensemble.
On voit bien qu'il a une avance et qu'il peut le faire. D'autres lui disputent cet avantage. Ils ne vont pas être nombreux au final.
Et c'est là où il va falloir, à l'automne, avant la fin de l trouver la méthode qu'ils vont départager les deux ou trois sur une base parce qu'il faut d'abord aussi parler du programme qui sera porté par celui qui va tous nous représenter Il faut aussi travailler sur les quelques idées fortes sur l'Europe, sur l'économie, sur le social qui seront portées par ce candidat. Vous vous souvenez de l'expression d'Edouard Philippe qui dit que mon programme sera un massif. Alors il l'a répété à l'occasion d'un déplacement dans le Finistère, sauf que Jean Garrigue...
On attend toujours. Le coup de massue ? Non, on perçoit que sur le terrain de la rigueur budgétaire, il y aura quelque chose.
Mais c'était déjà le cas pour François Fillon en 2017, par exemple. On perçoit que sur le régalien, il va durcir son discours par rapport à ce qu'il pouvait incarner. En tout cas, par rapport à ce que la Macronie incarne.
À part ça, pour l'instant, on n'a pas l'idée de ce que pourrait être son grand projet pour la France. Mais ça, c'est un véritable problème qui concerne d'ailleurs toutes les familles politiques. – Oui, mais Mais ça bascule sur quoi, une présidentielle ?
Restons sur Édouard Philippe. Trois idées qui vont imprimer dans l'opinion. Il va parler des déficits, du modèle social français.
Par exemple, c'était très intéressant, j'ai assisté à un truc, les Grecs, il n'y a pas longtemps. Donc il veut être dans la confrontation, c'est-à-dire que la partie sociale démocrate dit on va être dans la réconciliation, ils sont d'accord pour dire il y a un problème avec le modèle social français, il va falloir trouver une solution. Et Hollande, il dit on va réconcilier les gens et lui il dit non ça suffit, on va mettre les sujets sur la table et on va aller à la confrontation.
Donc il a des idées assez nettes là-dessus quand même par rapport à ce qui est en train de se passer. Deuxièmement, il a toujours dit qu'il donnerait pas trop rapidement son programme. Plus vous le donnez rapidement, plus vous vous faites des zingués, plus les autres vous piquent vos idées et plus c'est compliqué de tenir.
Donc on a vu qu'il a reculé son son agenda. Son meeting qui devait tenir le 12 avril sera la première quinzaine de juillet à Paris, mais entre temps ce qui est très intéressant c'est qu'il est en train de réfléchir vraiment à son positionnement parce qu'on voit bien qu'il est dans un grand écart, Edouard Philippe. Il est d'un côté le seul qui récupère 35 % du vote chez les socialistes, le seul à droite, c 'est le seul qui a ça et en même temps il a ce problème de neutraliser entre guillemets la candidature Retailleau et on attend un accord, on ne sait pas trop comment, ça va se faire par les sondages, qui sera devant l'autre, etc.
Comment est-ce que vous êtes en même temps dans un accord avec Retailleau et vous prenez 35 % des voix socialistes ? Donc il réfléchit à son positionnement, c'est pour ça qu'il a ralenti le jeu par rapport à l'urgence après-municipale. Il était sur une bonne trajectoire et je pense qu'il en a énormément sous le pied et qu'il attend le bon moment pour sortir ses convictions. – Stéphane Zumstek, il y a une question de tempo.
Qui dicte le tempo d'une campagne présidentielle ? Et ça passe notamment par le programme 2-3 idées. Il est fort.
Là c'est beaucoup trop tôt, clairement, pour sortir du bois ? – Très clairement. Les tempo, les tournements de campagne arrivent assez tard.
On parlait de Valérie Pécresse tout à l'heure, je crois que c'était son meeting de la Porte de Versailles. C'est là que les choses s'étaient mises à dérailler. D'ailleurs, elle n'avait pas été servie bien par les médias, ni par son propre camp évidemment.
Il y avait une sorte de lâchage complet de la candidate, juste parce que la prestation n'avait pas été très réussie. Non, ce sont les dynamiques de ralliement qui dictent une campagne. Ce sont les grands meetings, la façon dont ils sont exploités.
Ce sont les tribunes où vous êtes soutenu par 150 personnalités de la droite ou de la gauche, peu importe que vous le soyez. Mais c'est aussi parce que vous parliez du programme tout à l'heure. Moi, je me souviens de la campagne de François Hollande en 2012.
Il y a cette idée phare. On n'y est qui vont dicter le tempo. Mais tous les autres vont devoir prendre une vision sur la campagne.
L'enjeu de cette campagne, ça va être le modèle social français. C'est ça l'enjeu de la campagne. Ces idées, ils ne les trouveront pas dans le régalien et dans ce qu'il faut faire face à l'immigration.
Parce que tout le monde va parler de ça. – Comment gère ? – Merci beaucoup, merci à tous d'avoir participé à notre débat.
Jean Garrigue, votre livre « Les avocats de la République » publié aux éditions Odile Jacob et Valérie Lecambe, on vous lit dans le Libre journal, c'est ça. J'ai cru que je m'étais trompé tout à l'heure. Vous venez de changer le nom.
Libre journal, c'est bien ça. A très bientôt sur Public Sénat. C'est l'heure du second débat de ce sens publique direction israël après le vote
Bruno Retailleau