Daniel Cohn-Bendit face aux auditeurs
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 42 %Défensif 18 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:27OuverteRéponse directe
Pourquoi la double nationalité était-elle importante pour vous ?
- 2:28OuverteRéponse directe
Que pensez-vous du débat sur la déchéance de nationalité ?
- 6:20OuverteRéponse partielle
Si vous aviez 20 ans aujourd'hui, quels seraient vos axes pour une révolte de la jeunesse ?
- 8:14OuverteRéponse directe
Vos enfants portent quel regard sur vos combats à 18 ans ?
- 9:12OuverteRéponse directe
Pensez-vous à un possible rassemblement de la gauche comme en 1981 ?
- 11:10OuverteRéponse directe
Seriez-vous candidat à une primaire de gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:49Invité politiqueFait
« En fait que j'ai pris la double nationalité que très tard, c'est une anomalie parce qu'en fait je ne suis ni totalement français ni totalement allemand. »
- 2:41Invité politiqueFait
« Mais c'est complètement idiot, c'est complètement inutile. Je ne comprends pas. »
- 3:28Invité politiqueFait
« Parce que le terroriste français, là, le converti breton qui est l'artificier à Raqqa, lui, alors, il n'y aura jamais de déchéance. »
- 4:42Invité politiqueFait
« La gauche a perdu la tête, Daniel Cohn-Bendit, sur le sujet, là. En tout cas, Hollande et Valls. »
- 9:39Invité politiquePromesse
« Il faut que François Hollande se relégitime par une primaire ouverte. »
- 11:10Invité politiquePromesse
« Alors, il y a une chose, il y a trois semaines, j'ai dit ça, que je pourrais l'imaginer. »
- 12:51Invité politiqueFait
« Quand j'étais au Parlement européen, mais les lobbies ne m'empêchaient de rien. »
- 13:29Invité politiqueFait
« Je ne travaille pas du tout avec les énarques. Ça ne vous est jamais arrivé. »
- 15:41Invité politiqueFait
« Mme Merkel lui a répondu, M. Orban, j'ai trop longtemps vécu derrière des barbelés en Allemagne. Tant que je serai chancelière, il n'y aura pas de fermeture et de barbelés à les frontières allemandes. »
- 18:17Invité politiqueFait
« Refonder sur une fédéralisation de l'Europe. »
- 20:40Invité politiqueFait
« Il faut casser, par exemple, le scrutin majoritaire et mortel, moi, je suis pour la proportionnelle. »
- 24:28Invité politiqueFait
« Les syndicats français sont très faibles. Ils arrivent de temps en temps à mobiliser. »
- 31:05Invité politiqueFait
« EDF quand même est une entreprise qui va mal, Areva est une entreprise qui va mal. »
- 31:12Invité politiqueFait
« Pourquoi ? Parce qu'une entreprise, ça doit vendre, mais si les gens trouvent que la camelote est trop chère, on ne l'achète pas et c'est ça tout le problème du nucléaire aujourd'hui. »
- 33:37Invité politiqueFait
« Un politique de droite, Frédéric Lefebvre, qui n'est pas ma tasse de thé, propose l'allocation universelle. »
- 33:47Invité politiqueFait
« Madame Boutin, on en a parlé. »
- 35:02Invité politiqueFait
« La Commission européenne ne peut formuler aucune loi. Aucune. »
- 35:20Invité politiqueFait
« Vous pouvez dire que le Parlement européen, c'est tous des débiles, vous avez le droit. »
- 36:16Invité politiqueFait
« Le marché transatlantique, là, vous avez raison, c'est que la Commission ne veut pas publier, rendre public, en fait, les négociations. »
- 37:20Invité politiqueFait
« Si les gouvernements ne lui donnent pas ce pouvoir, elle ne peut rien. »
- 37:52Invité politiqueFait
« Et quand les décisions, par exemple sur le budget doivent être prises à l'unanimité, ça c'est un déni de démocratie. »
Temps de parole
- Daniel Cohn-Bendit65 %
- Invité12 %
- Présentateur11 %
- Invité 27 %
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France Inter. France Inter, le 18-20. Le 18-20 ce soir pour tourner, après l'avoir relu, la douloureuse page de l'année 2015, marquée de janvier à novembre par le terrorisme et toutes ses conséquences. Les attentats contre Charlie Hebdo, l'Hypercacher, le Bataclan, les cafés, restaurants de Paris, le Stade de France ont profondément modifié notre rapport à la réalité et continué d'imprégner le débat public. Dernier épisode en date, la déchéance de la nationalité. Alors qu'est-ce qu'on peut se souhaiter pour 2016 ? Comment vivre après tout ça ? Et sur quoi porter notre regard ? On en débat ensemble ce soir. Nicolas Demorand, le téléphone sonne.
01-45-24-7000, France Inter.fr et Twitter avec le hashtag Telson pour poser toutes vos questions à Daniel Cohn-Bendit que je salue, bonsoir. Bonsoir M. Demorand. Et merci d'être là pour cette rentrée de janvier 2016. Daniel nous appelle de Montpellier et c'est avec vous que nous ouvrons le bal. Bonsoir Daniel.
Oui, bonsoir. Merci de prendre mon appel. Merci pour vos émissions et les animateurs, toujours de très grande qualité. Et je suis très heureuse ce soir d'avoir une heure avec M. Cohn-Bendit que j'admire depuis 1968 pour son franc-parler et sa franchise devenue si rare en politique. Voilà. J'aimerais savoir en quoi il était très important pour M. Cohn-Bendit d'obtenir la double nationalité car je crois savoir qu'il l'a attendu très longtemps et comment il se sent concerné donc par le débat en ce moment sur la déchéance de nationalité.
Merci Daniel. Merci Daniel. Merci beaucoup pour cette question. Daniel Cohn-Bendit vous répond.
En fait que j'ai pris la double nationalité que très tard, c'est une anomalie parce qu'en fait je ne suis ni totalement français ni totalement allemand. C'est-à-dire ? Je suis de parents allemands, né en France. J'ai vécu jusqu'à l'âge de 14 ans en France, puis en Allemagne, puis en France, puis en Allemagne. Je suis donc le plus allemand des Français, le plus français des Allemands. Donc je trouvais à un moment logique. J'en avais marre qu'on me dise il est allemand, il est français. Les gens ne savent pas. J'ai la double nationalité. Je suis les deux. C'est très bien. Si je pouvais en avoir une troisième, par exemple la citoyenneté et la nationalité européenne, ça m'irait encore mieux.
Mais ça, ce n'est pas pour demain. Du coup, qu'est-ce que vous pensez de ce débat sur la déchéance de la nationalité ? Parce que vous êtes concerné puisque vous en avez deux.
Oui, enfin, je ne suis pas terroriste, on va me dire, donc je ne suis pas tout à fait concerné, c'est vrai. Mais c'est complètement idiot, c'est complètement inutile. Je ne comprends pas. Oui, vous avez des terroristes, vous les mettez en prison. De toute façon, ils vont en prison, ils ont la perpétuité, ils ne pourront plus jamais voter pendant les 40 prochaines années. Je ne vois pas où est le problème. Donc vous avez... Mais alors, si vous avez, par exemple, un terroriste algérien qui a la double nationalité, qui fait des attentats en Algérie, eh bien, les Alériens le remballent en France. Ah, on est malins.
Parce qu'ils disent, déchéance de la nationalité algérienne, hop, tu rentres en France. Un terroriste en France, hop, tu rentres en Algérie. Comme ça, ils vont se passer, les terroristes, maintenant. Enfin, c'est un jeu bête et méchant. Le terrorisme, c'est horrible. Le terrorisme, les terroristes, il faut les prendre. Il faut les mettre en prison. Il faut les condamner. Basta. Et puis de dire, il y a des... Parce que le terroriste français, là, le converti breton qui est l'artificier à Raqqa, lui, alors, il n'y aura jamais de déchéance. Je ne vois pas. D'où l'idée de faire la déchéance pour tous, maintenant. Oui, mais alors, il y a les accords. Pour justement lever cette hypothèque.
Il y a les accords internationaux de ne pas faire des apatries.
Alors, il paraît que c'est plus compliqué que ça, nous disait Cyril Graziani tout à l'heure.
Oui, quoi. Donc, on peut tout faire, mais ça change quoi ? Un terroriste est un terroriste. Il faut le condamner, voilà. Demain, si on suit l'opinion publique, moi, j'attends le premier sondage qui demande la peine de mort pour les terroristes. Il y en a combien ? Enfin, Dany, il ne faut pas exagir. Un terroriste, la peine de mort, ce n'est quand même pas si grave, non ? Donc, on met le petit doigt dans l'engrenage qu'on arrête avec ces choses.
C'est la boîte de Pandore, là.
C'est la boîte de Pandore. Et je crois que les Français sont les Français, sont les Français, sont les Français. Qu'ils aient la double, la triple ou la quadruple nationalité. D'ailleurs, les Américains s'en foutent complètement de la double nationalité. Vous pouvez avoir trois, quatre nationalités parce qu'ils disent, si vous êtes Américain, vous êtes d'abord Américain. Et puis, si vous êtes terroriste, on vous condamne. La gauche a perdu la tête, Daniel Cohn-Bendit, sur le sujet, là. En tout cas, Hollande et Valls. Et puis, ils disent n'importe quoi. Alors, Valls, par exemple, sur sa page Facebook, nous dit, l'Allemagne ne connaît pas la double nationalité.
Alors, je lui dis, manque de pot, moi, je suis gélula. Mais il y a pire. Monsieur Feckel, ministre du Commerce de son gouvernement, a la double nationalité. Donc, vous avez le Premier ministre qui dit sur sa page Facebook, les Allemands ne connaissent pas la double nationalité. Il a un ministre qui est franco-allemand. En fait, c'est du n'importe quoi. Il faut qu'ils aillent à l'école, ces gens, avant d'être au gouvernement.
C'est une mesure qui, vous l'avez décrite, comme inutile, grotesque, qu'il faut mieux enfermer, condamner, juger, mettre en prison les terroristes que les déchoirs de leur nationalité. Ça dit quelque chose de plus profond et de plus grave sur l'état de la démocratie française après 2015 ?
Oui, quand on ne sait pas ce qu'on peut faire, on fait n'importe quoi. C'est ça qui est... Alors, le terrorisme, c'est terrible. Et vraiment se poser la question, pourquoi des jeunes de banlieue, pourquoi des jeunes en arrivent à commettre des actes aussi horribles, à être des petits monstres et tout ça ? C'est quelque chose qui doit nous interpeller et qu'on n'a pas résolu en disant, ben voilà, ils ne sont plus français. Ils ne sont plus français, mais ils sont toujours terroristes. Ils ont toujours vécu en France. Ils sont toujours des produits de quelque chose qui n'a pas fonctionné dans cette belle France. Voilà ce qu'il faut se poser. C'est pour ça que c'est extrêmement dangereux.
Allez, retour.
Retour au standard. Antoine nous appelle de Paris. Bonsoir et bienvenue, Antoine.
Bonsoir, merci M. Demorand. Bonsoir M. Cohn-Bendit. Merci de prendre ma question. M. Cohn-Bendit, si vous aviez 20 ans aujourd'hui, quels seraient vos arguments et vos axes pour mener une révolte de la jeunesse ?
Merci Antoine. Vraiment, j'ai toujours refusé, depuis maintenant 35 ans, d'être le grand-père gâteux qui dit si j'avais 20 ans, voilà ce qu'il faut faire. Je n'en sais rien. Je n'ai pas 20 ans. Aujourd'hui, je veux mener les révoltes et les combats que je peux mener à mon âge. Du grand âge. 71 ans. Donc, en avril, j'aurai 72 ans. Mais vraiment, c'est impossible de savoir parce qu'une révolte à 20 ans se fait aussi parce que vous avez en vous ce que vous voulez, le mode de vie que vous espérez. Et c'est de cela, c'est comme ça qu'en 68, les jeunes se sont révoltés en fonction de leurs envies.
Et moi, je ne peux pas mettre dans la tête, dans le corps, dans les pulsions de mon fils qui a 25 ans, par exemple. Je discute souvent avec lui. Il vous dit quoi sans vouloir entrer dans l'intimité familiale ? Lui, il est beaucoup plus, disons, il est beaucoup plus recentré. De toute façon, il me dit, vous avez tout fait, donc moi, il faut que je fasse autre chose. Donc, il a fait des études de sciences économiques et tout ça. Mais lui, par exemple, sur ces histoires, toute cette génération, ils sont en couple multiculturel, biculturel. Lui, il est avec une jeune fille qui est d'enfant de réfugié d'Érythrée. Son frère, son grand frère est avec une d'origine marocaine.
Voilà, c'est ça, cette nouvelle génération. Ils vivent autrement cette réalité multiculturelle. Et quand on leur dit, oui, mais d'échéance, quoi ? Pour eux, c'est tout, ça fait partie. Bon, là, c'est en Allemagne, mais c'est la même chose en France. Ce sont des Françaises, des Français. Ils disent pas, ah, ils ont la double nationalité. Et se mettre le doigt sur cette différence, c'est extrêmement dangereux, parce que ça ne correspond pas non plus à la réalité.
Et vos enfants portent quoi comme regard sur vos propres combats à l'âge de 18 ans ? Vous avez dû avoir la conversation, j'imagine.
Oh, ben, ils disent, il y a des choses qu'ils comprennent pas. Par exemple ? Ben, par exemple, quand, alors bon, fumer les joints et tout ça, ça, c'est tout à fait normal. Alors, eux, ils ont dépassé ça depuis longtemps. Mais sur, par exemple, tout ce qu'on expliquait sur la libération sexuelle et tout ça, ils sont beaucoup plus, je dirais, recentrés. Ils sont beaucoup plus, ils se sont calmés là-dessus. Ils sont beaucoup plus couples, familles que l'on ne l'était, disons, dans les années 70.
Didier, bonsoir. Oui, bonsoir. Vous nous appelez des Yvelines et on vous écoute avec Daniel Cohn-Bendit.
Oui, absolument. Et je dis bonsoir, Danny.
Bonsoir.
J'ai 65 ans.
Et jeune.
Mais depuis, je me permets de te tutoyer parce qu'entre militants, on peut se tutoyer. Je te connais depuis mes 18 ans et j'avais 18 ans en 68. Et aujourd'hui, ce que je veux savoir, que penses-tu d'un possible rassemblement de la gauche, comme Mitterrand l'a fait en 80, c'est-à-dire, aujourd'hui, on pourrait, des socialistes mécontents du gouvernement, des écologistes, des communistes, des extrêmes-gauches. Voilà, je dois savoir ce que tu penses. Est-ce que c'est possible maintenant, aujourd'hui ?
Merci Didier pour cette question et Daniel Cohn-Bendit vous répond.
Alors, d'abord, on a un problème en France qui est cette foutue élection présidentielle. Dis donc, si, disons que tu as un candidat socialiste et un candidat à gauche de la gauche ou tout ça, ça veut dire que, de toute façon, il n'y aura pas de candidat de gauche au deuxième tour, quand on voit les choses. Donc, moi, je milite aujourd'hui pour une primaire des socialistes, des écolos, du front de gauche et tout ça. Primaire ouverte de gauche. Ouverte de gauche pour qu'on débattre, pour qu'on débattre, pour dire, voilà, quelles sont les orientations, quelles sont les orientations, les erreurs que nous avons commises, les choses qu'on ne voit mal, les compromis qu'on doit faire.
Et puis, alors, après, on verra qui sera. Il faut que François Hollande se relégitime par une primaire ouverte. Et après, comme ça, la situation sera peut-être, on pourra peut-être la sauver pour la gauche. Mais s'il n'y a pas ce genre de primaire, si Hollande s'impose avec son programme, parce que dans la primaire, il y aura un rééquilibrage du programme en fonction des résultats des primaires, et on ne peut pas laisser à la droite la primauté d'un débat démocratique. Eux, ils vont avoir un grand déballage démocratique entre Juppé, Sarko, Le Maire, NKM, je ne sais qui.
Et à gauche, ah non, c'est Hollande, il sait tout, il a tout, il a tout compris, il fait tout et tout ça, et tout le monde doit le suivre, sinon ça sera Marine Le Pen. Ça ne va pas fonctionner. Vous seriez candidat à une primaire de ce genre ? Alors, il y a une chose, il y a trois semaines, j'ai dit ça, que je pourrais l'imaginer. Mais il y a une chose qui m'a beaucoup frappé ces dernières semaines, c'est les résultats en Espagne. Et il faut un renouveau. Et l'Espagne, ce qui est intéressant, aussi bien chez les libéraux, citadanos, que à Podemos, c'était des nouvelles têtes. Et même le socialisme, c'est une nouvelle tête. Moi, je crois que la France a besoin d'un grand coup de balai.
Et on ne peut pas dire, oui, un grand coup de balai, d'ailleurs ça ne se fera pas, puisque Juppé, ce n'est pas une nouveauté non plus. Mais je veux dire, et moi, le grand coup de balai, c'est moi à 72 ans. Non, ça ne va pas, ça ne fonctionne pas. Donc là, il y a un véritable problème entre j'aurais envie d'aller à une primaire, mais je trouve qu'il faut un renouveau. Et donc, vous feriez un pas en arrière. Un pas en arrière, et je soutiendrais. Pour laisser les jeunes débattre ensemble. Oui, débattre ou poser les problèmes de la France d'aujourd'hui.
Pacom, bonsoir. Bonsoir. Vous nous appelez de Paris, onzième arrondissement, et nous vous écoutons.
Alors moi, j'aurais en fait deux questions en une. Qui serait, alors, premièrement, au niveau du Parlement européen, est-ce que Daniel, il arrive à peu près à faire ce qu'il veut, ou ça doit être très, très, très compliqué au niveau des lobbyistes ? Et deuxième question, par rapport justement à la réflexion qu'il vient d'avoir, comment dire, je pense qu'il bosse avec beaucoup d'énarques, de polytechniciens, qui sont en gros tous les mêmes gens, et qui ne se rendent plus compte de ce qu'est la vie réelle.
Alors, sur les deux questions, les lobbies et les énarques et les polytechniciens.
Alors d'abord, tu dois savoir que je ne suis plus au Parlement européen depuis un an et demi, ou deux ans même maintenant. Deuxièmement, quand j'étais au Parlement européen, mais les lobbies ne m'empêchaient de rien. Vraiment, si tu peux, il y a des parlementaires qui sont aux mains des lobbies, mais si tu es un député libre, et si tu es dans un groupe libre, comme était par exemple le groupe des écolos au Parlement européen, mais d'autres des libéraux, eh bien, on n'est pas du tout soumis aux lobbies, et on peut faire ce qu'on veut. Donc ça, c'est complètement, disons, c'est une erreur de croire que les lobbies ont la mainmise sur tous les députés européens.
Ils paralysent la totalité de la machine. Ils paralysent de la machine, donc. Deuxièmement, sur les énarques et les polytechniciens avec lesquels vous travaillez. Je ne travaille pas du tout avec les énarques. Ça ne vous est jamais arrivé. J'en connais pratiquement pas. J'ai toute ma vie politique. D'abord, je n'avais jamais de conseiller vraiment en communication. Je crois que je me débrouille seul pas mal. Et deuxièmement, j'avais des groupes de travail. Il y avait peut-être un énarque dedans, mais ils étaient ultra minoritaires. Ça aussi, c'est une image que tous les politiques sont entraînés par la même caste politique d'énarques.
Quand on regarde la photo d'un gouvernement, en ce moment, ce n'est pas entièrement faux. Mes camarades, je n'étais jamais au gouvernement. Non, mais ça, c'est vrai. Mais vous dites qu'il ne faut pas se laisser déborder par l'idée que tout le monde serait énarque. Aujourd'hui, de fait, on constate que...
Oui, dans la politique classique, c'est vrai. Mais la question m'était posée à moi. Et moi, je n'ai jamais été entouré par une majorité d'énarques. Puisqu'on est en Europe, on y reste avec Christian.
Bonsoir et bienvenue. Oui, bonsoir. Vous aviez lâché votre téléphone. Je vous ai pris par surprise.
Bon, merci. Alors, j'ai une remarque et deux questions.
C'est déjà cartésien.
Alors, non, mais je suis très surpris que dans le débat public, on ne parle plus du tout de l'Europe de l'Est. Je trouve ça dramatique. Et juste. On n'en parle qu'à l'occasion de séismes politiques, comme ceux survenus en Hongrie avec Orban, et très récemment avec Peace, Droits et Justice en Pologne. Et donc, j'aimerais savoir si ce populisme, selon la NKB, va se poursuivre. Est-ce que la Slovaquie, qui va présider le Conseil de l'Union Européenne à partir de l'été prochain, va y céder ? Est-ce que la République tchèque est aussi potentiellement sujet à ces catastrophes ? Donc, comment expliquer à la fois le désintérêt des politiques à l'Ouest pour les pays de l'Est ?
Il y a quand même 11 pays, 11 pays de l'Est dans l'Union Européenne. Et si, selon lui, ce populisme a des raisons précises, a des raisons précises que nous pourrions expliquer et peut-être tenter de guérir.
Merci pour l'ensemble de ces remarques et de ces questions. Daniel Cohn-Bendit.
D'abord, sur les populismes, c'est vrai qu'ils prennent, et l'exemple du Peace, enfin, des Kaczynski et Orban est tout à fait juste, et que la Tchécoslovaquie est... La Tchéquie, pardon, parce qu'ils ne sont plus Tchécoslovaquie, je fais toujours cette erreur. Il y a des vieillesses comme ça. Voilà, la Tchéquie est au bord d'y tomber. Mais vous savez, il y a le Danemark, il y a la Hollande. La Hollande, qui va présider l'Union Européenne, a une poussée vraiment populiste incroyable. D'ailleurs, je me demande ce que va faire la présidence hollandaise, parce qu'ils disent toujours non, non, non, etc.
Donc, mais, à l'Est, je crois que le communisme avait mis dans un grand bloc de glace toutes les pulsions d'un peuple, et avec la libération du communisme, eh bien, tout ce qui avait été frigorifié ressort à l'état pur. On voit ça, par exemple, dans les Länder de l'Est en Allemagne, où vous avez des mouvements populistes racistes réactionnaires qui sont très, très forts, alors qu'ils sont très faibles en tant que mouvements à l'Ouest de l'Allemagne. Donc, je crois qu'on peut l'expliquer comme cela.
Mais, par exemple, la Pologne, moi, je trouve extraordinaire que la Pologne, qui est quand même une société civile qui peut résister, ils ont en peu de temps mobilisé quand même des dizaines, des dizaines et des dizaines de milliers de personnes, des gens inconnus, un jeune type d'une quarantaine d'années qui, grâce à Internet, a mobilisé. Et donc, je crois qu'il y a... Ce qu'il faut aider, c'est le potentiel de résistance de la société civile, par exemple, en Pologne. Mais, c'est vrai qu'aujourd'hui, vous prenez les Pays-Bas, etc. Tous ces pays, surtout, surtout, s'avèrent populistes quand il s'agit des réfugiés.
Mais alors là, regardez un peu la Hollande, regardez le Danemark, regardez la France, regardez, et puis après, il ne vous reste que l'Allemagne, la Suède et l'Autriche. 2016, ça risque d'être une année difficile pour l'Europe, non ? C'est déjà, 2015 est une année extrêmement difficile. Là, ça se fissure à vitesse grand-vère. Il y a le Brexit, moi, je ne vois pas comment... Je veux dire, les Anglais vont voter pour la sortie de l'Union européenne. Alors, il y a deux possibilités, maintenant, on dit, ou là là, ça se fissure, ça se casse, ou alors, il y a un président en France, par exemple, M.
Hollande, je crois qu'il est toujours président, et Mme Merkel, qui prennent une initiative de relancer, de refonder l'Europe, de lui redonner un nouveau dynamisme. Sur quoi ? Refonder sur quoi ? Refonder sur une fédéralisation de l'Europe. De dire, aujourd'hui, on ne peut plus continuer comme ça, on ne peut plus continuer avec des décisions à l'unanimité, ça ne marche pas, il faut un véritable budget européen. Il y a un très bon interview, on n'a pas besoin d'être de gauche ou complètement fada comme moi pour dire ça. Prenez l'interview de M.
Lamassoure dans l'Opinion ce matin, où il dit, mais c'est quand même incroyable, on a 28 pays, on n'a pas de budget, les États étranglent l'Europe, et après, on dit, mais l'Europe ne peut pas. Un espace politique, quel qu'il soit, on peut l'appeler comme on le veut, une fédération, une fédération de l'Europe, les États-Unis de l'Europe, et bien, on ne peut fonctionner qu'avec un budget. Et on ne donne pas ce budget, on ne donne pas cette capacité à l'Europe de faire, et donc, à partir de là, on dit, et bien, l'Europe ne fonctionne pas. Donc, c'est par là qu'il faut relancer une Europe, une Europe de l'investissement, une Europe, justement, de l'accueil des réfugiés financés par l'Europe.
On peut donner des tas d'exemples, services civils européens. Mais il ne faut peut-être pas
prononcer le mot fédéralisme, non ? Pourquoi pas ? Il faut expliquer aux gens. Je ne sais pas si vous pose la question.
Moi, je vous donne un exemple. Vous avez maintenant des nouvelles régions en France. Prenez Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Oh là là, ça va mal, c'est ça. Bon. Eh bien, il y a environ 5 millions d'habitants, et ils ont maintenant, dans Soé, ils ont en progrès environ un budget de 5 milliards. Le Lande-de-Hesse, 5 millions d'habitants. Vous savez quel est le budget du Lande-de-Hesse ? 30 milliards. Donc, où vous faites de la France une vraie régionalisation, donc une fédération de la France et les régions peuvent se gouverner, ou c'est du baratin, ou c'est du bidon. Donc, voilà, et quand je dis qu'aujourd'hui, le fédéralisme, c'est plus de démocratie, c'est le contraire du centralisme.
Oui, mais enfin,
allez expliquer ça, Jacobin, quand même.
Les Jacobins pourraient quand même s'apercevoir que la France ne fonctionne pas, que tous les mois, moi, j'ouvre le journal allemand et ils me disent le chômage baisse et j'ouvre les journaux français et on me dit le chômage augmente, peut-être qu'on peut se poser le problème sur le jacobinisme. Mais alors, pourquoi ça reste si profondément ancré dans les cerveaux français ? Parce que les évolutions historiques mettent du temps, mettent du temps et qu'aujourd'hui, la France a besoin d'une véritable révolution culturelle, politique. Il faut casser, par exemple, le scrutin majoritaire et mortel, moi, je suis pour la proportionnelle.
Alors, on me dit, oui, mais il y aura Marine Le Pen avec 180 députés à l'Assemblée. c'est la vie. C'est comme ça. C'est la France. Ah, j'en suis pas joyeux, mais c'est comme ça. Donc, les autres forces politiques devront se coaliser, faire des compromis, des coalitions de gouvernement qui seront des vraies majorités. Richard, bonsoir.
Oui, bonsoir.
Nous vous écoutons.
Ben, écoutez, moi, en fait, c'est plus un témoignage qu'une question que j'ai formulée. D'abord, en fait, il se trouve que, par le hasard des choses et par la vie, j'ai 59 ans. J'ai toujours voté depuis mes 18 ans. J'ai toujours trouvé que c'était nécessaire, à défaut d'être suffisant, mais au moins nécessaire. Et pour la première fois de ma vie, en fait, je n'ai pas voté au regional. Alors, évidemment, j'ai subi l'opprobe de mes collègues, de mes amis, de mon entourage qui votaient. Et pourquoi je n'ai pas voté ?
Ben, tout simplement parce que je pense, évidemment, qu'on vit dans un état de démocratie aujourd'hui et qu'on n'est pas loin, effectivement, de ce que Nomschomsky appelait la manipulation des masses. D'ailleurs, en fait, sur les 9 propositions qu'il fait sur la manipulation des masses, je crois qu'on y est parfaitement là, aujourd'hui. Donc, moi, je n'ai pas envie d'être manipulé. Je pense, en fait, que ces élections sont une espèce de boufonnerie destinée à amuser le peuple, que la démocratie n'existe plus, que les politiques, les hommes et les femmes politiques de tous bords, M. Kohn-Bendit y compris, je suis désolé pour vous. Il va vous répondre. Je ne fais pas la peine
d'être désolé, vous savez, vous pouvez faire penser ce que vous voulez. Si vous vous emportez bien, eh bien, je suis content pour vous.
Alors, finissez, Richard. Donc, vous avez dit simulacre de démocratie et boufonnerie.
Oui, bien sûr, et puis, en fait, je pense que dès que les ordres de la République ont fait des appels, ils sont hâtés, effectivement, dans un milieu qui n'est plus le nôtre, qui n'est plus celui de la vie, qui n'est plus celui du quotidien.
Comment vous le savez, ça ?
Alors, Comment vous le savez ? Parce que j'en ai fréquenté.
Vous m'avez fréquenté, moi ?
Ah non, je ne vais pas fréquenter. Alors,
pourquoi vous me dites l'appel de la République ? Moi, je n'en ai rien à cirer.
Oui, mais bon, vous avez été élu. Mais j'ai été élu. Enfin,
c'est quand même terrible. J'ai été élu par des citoyens qui ont mis un bulletin de vote. Ils n'ont pas été manipulés. Je n'ai pas des milliards. Je n'aurais pas proposé des millions pour qu'ils votent pour moi. Enfin, vous avez le droit d'être très critique, mais quand on dit n'importe quoi, ce n'est pas tout à fait sérieux. Allez, finissez votre phrase, Richard.
Vous, vous avez la parole. Vous allez la conserver. Moi, j'ai deux minutes pour m'expliquer. Allez-y. Vous me laissez parler, si vous voulez. Allez-y, allez-y. Et après, hors antenne, vous répondez si vous voulez. OK ? Mais moi, vous m'avez terminé. Pourquoi hors antenne ? Non, parce que moi, je serai hors antenne. Donc, en fait, je pense que ce sont des gens qui ne me représentent plus, qui ne nous représentent plus. Moi, j'ai revu mon logiciel complètement. J'ai toujours voté absolument pas ce que je pense, effectivement, ni ce que j'espère et ni ce que je veux.
Pour autant, pour autant, quand on voit aujourd'hui, par exemple, cette espèce de mascarade des hommes politiques et des femmes politiques du PS qui se désistent en fonction des Républicains, enfin, plutôt de les Républicains, sur des programmes qui sont aux antipodes, alors qu'ils n'ont pas cessé de s'écharper pour manifester, en fait, un front républicain contre Marine Le Pen. Je me dis, mais pourquoi ? Du coup, finalement, il lui donne raison parce que, en fait, quand elle parle de l'UMPS, on y est à l'UMPS. Donc, voilà. Donc, moi, j'ai décidé aujourd'hui de ne plus voter et je crois que la seule action, effectivement, qui changera un peu d'être tout le monde, c'est l'action syndicale.
Moi, je suis syndicaliste, je le revendique et je pense, effectivement, c'est l'action syndicale. Voilà. Merci, Richard. Merci, Richard. Sur les syndicats, quand même,
sur les syndicats en France, il n'y a pas le taux le plus faible de syndicalisme dans le monde, c'est la France, pratiquement. J'exagère un peu, mais les syndicats français sont très faibles. Ils arrivent de temps en temps à mobiliser, donc il faudrait l'action syndicale, il faudrait que vous vous expliquiez pourquoi cette concurrence des fois un peu, disons, maladroite, pour ne pas être méchant, entre les syndicats, qui sera le plus radical, qui sera le plus machin, etc. Ça, ça me pose des problèmes. Mais deuxièmement, vous avez le droit de ne pas voter. Vraiment, c'est la liberté, c'est ça qui est fantastique dans notre démocratie.
Mais, de dire simplement, de dire que c'est simplement une mascarade, eh bien moi, je dis, vous savez, historiquement, si les socialistes et les communistes s'étaient mis d'accord en 1933 en Allemagne, Hitler ne serait pas passé. Il y a des moments, je ne dis pas que Marine Le Pen, c'est Hitler, pas du tout, je dis, il y a des moments où moi, je suis pour l'UMPS. Oui, je crois que ce sont des forces démocratiques qui doivent trouver une entente pour faire une coalition, une coalition pour faire une partie du chemin ensemble. C'est ma conception de la démocratie aujourd'hui. Et demain, il y aura d'autres coalitions entre le PS, les écologistes, entre je ne sais pas.
Voilà, c'est comme ça la démocratie. Et je trouve que d'aller chercher qu'il y ait un parti, une force politique qui détienne la vérité, je n'y crois pas. Et Chomsky, c'est très simple, c'est trop facile ce qu'il dit, mais ça c'est un autre débat, je vais vous bien prendre au mot, parce que Chomsky, en fait, il dégrade, mais dans sa conception de la démocratie, elle est très très élitaire. Très très élitaire. Parce qu'en fait, il dénature que tous ceux qui votent, on a le droit à ne pas voter, mais que tous ceux qui votent sont simplement des moutons. Et ça, je ne l'accepte pas. Charles nous appelle de Cannes.
Bonsoir Charles.
Bonsoir Nicolas Demorand, bonsoir Daniel Cohn-Bendit.
Bonsoir.
Ce matin, j'enlève l'année du zapping, l'année 2015. Et bon, je veux devenir journaliste, donc j'essaye de m'informer un temps soit autre. J'ai que 20 ans, donc je ne peux pas vraiment me rendre compte. Donc je vous pose la question simplement, à quel point 2015 a été une année importante sur l'échelle du Dany ?
Merci Charles pour cette question.
Ça a été une année particulière 2015 ? Bon, ça a été une année terrible, ça, tout le monde le dit. Ça a été une année importante parce que la COP21, quand même, nous a donné une possibilité de feuille de route qui est très importante si vraiment on veut s'attaquer au réchauffement, au réchauffement climatique, à la dégradation climatique. Donc c'est une année, ça c'était quand même maintenant le point de départ. C'était la bonne nouvelle de 2015. C'était la très bonne nouvelle en 2015. Il y a eu aussi en 2015, si vous voulez, quand même la fin de certains espoirs.
Disons, la Tunisie n'a pas complètement chaviré, même si c'est très compliqué et ça ne va pas très bien en Tunisie, mais quand même, comparé à ce qui s'est passé en Égypte ou en Libye, etc. Donc il y a quelques dilos comme ça, mais 2015 restera pour moi l'idée, disons, de la déchéance intellectuelle de beaucoup de politiques. Développée ? Je crois que ce qui me... Vous savez, il y a une personnalité. Je n'aurais jamais cru, moi, je n'ai jamais voté pour la droite allemande, mais quand même, la seule politique qui ait refusé de se laisser aller au populisme en ce qui concerne les réfugiés, c'est Mme Merkel. C'est Mme Merkel. Et je vais vous raconter une histoire, c'est un grand moment.
Il y a un sommet européen. M. Orban dit au sommet, vous savez, eh bien, moi, j'ai fermé mes frontières, les réfugiés, ce n'est pas mon problème, j'ai mis des barbelés à mes frontières et maintenant, les barbares ne rentrent pas chez moi et vous allez voir Mme Merkel, vous allez faire la même chose chez vous, c'est la seule possibilité de les arrêter. Et là-dessus, Mme Merkel lui a répondu, M. Orban, j'ai trop longtemps vécu derrière des barbelés en Allemagne. Tant que je serai chancelière, il n'y aura pas de fermeture et de barbelés à les frontières allemandes. Eh bien, ça, c'est un grand moment d'histoire.
C'est un moment où une personnalité politique, se rappelant d'où elle vient, a réussi à avoir une dimension humaniste qui est extraordinaire. Pour moi, ça restera le grand exemple. Un million de réfugiés en Allemagne et qu'on n'aille pas me dire que c'est facile pour les Allemands. C'est très compliqué, c'est très difficile à organiser. Ça crée de tas de problèmes, mais il y a une partie de l'association civile qui est formidable en Allemagne. Il y a des attentats contre les réfugiés, c'est horrible, mais au moins ça, ça restera pour moi aussi un grand moment.
Allez, on a dit juste un mot de la COP21 et repartons sur ces sujets. Bonsoir Mireille. Bienvenue, vous nous appelez de l'Isère.
Oui, je vous appelle de l'Isère. Je voulais avoir l'avis de M. Kohn-Mendit à propos donc de la politique nucléaire de la France et j'aurais voulu savoir s'il avait des arguments qui pourraient enfin convaincre nos dirigeants d'abandonner le nucléaire au profit des techniques d'énergie renouvelable comme a fait l'Allemagne.
Merci Mireille.
Daniel Kohn-Mendit vous répond. L'argument aujourd'hui le plus effectif est que c'est trop cher. C'est trop cher le nucléaire. La centrale, une centrale nucléaire coûte aujourd'hui environ entre 7 et 9 milliards une nouvelle centrale. Flamanville. Donc, si vous voulez renouveler le parc nucléaire français avec une trentaine de centrales dans les 15 prochaines années, ça vous fait 9 milliards, ça fera 10, disons, ça ferait 300 milliards. Personne ne les a. Donc, au lieu de sacrifier des milliards à une technologie du siècle passé, eh bien, vous avez raison, les économies d'énergie, le renouvelable, c'est quelque chose.
Et en plus, et c'est là où c'est difficile, il faudrait que la France se mette d'accord que l'Allemagne sorte du charbon et que la France sorte du nucléaire et qu'ensemble, ils mettent sur pied une communauté d'énergie renouvelable et d'économie d'énergie.
Vous pensez que c'est envisageable à court terme d'ici quelques années un schéma comme vous venez
de le décrire ? Oui, les Allemands sortent du charbon aujourd'hui et je crois que l'argument économique sera l'argument massue. D'ailleurs, vous voyez, l'Angleterre qui a fait des accords avec EDF, EDF quand même est une entreprise qui va mal, Areva est une entreprise qui va mal. Pourquoi ? Parce qu'une entreprise, ça doit vendre, mais si les gens trouvent que la camelote est trop chère, on ne l'achète pas et c'est ça tout le problème du nucléaire aujourd'hui.
Luc est en ligne au Standard. Bonsoir Luc, bienvenue.
Oui,
bonsoir. Nous vous écoutons.
Merci de prendre ma question. Je voulais juste dire à monsieur Cohn-Bendit que je me souviens de lui quand j'étais petit à la télé. Je suis plutôt un électeur de gauche mais ma famille était de droite mais je me souviens de mon père qui se marrait en voyant monsieur Cohn-Bendit engueuler le ministre de l'Intérieur qui était, je ne sais plus
qui à l'époque.
Qui était qui ? C'était qui encore le ministre de l'Intérieur ?
Oui, il y avait plusieurs.
Oh, ben c'est celui...
Combien vous en avez engueulé Danny Cohn-Bendit ? C'est plus affreux.
Enfin bon, je me souviens de ça. Mon père qui était plutôt un type de droite qui s'amusait à avoir ce jeune homme engueuler le ministre. Mais bon, ce n'est pas pour ça s'il vous plaît. Oui, je voulais parler actuellement de ce qui existe de plus en plus, c'est l'action citoyenne. Comme par exemple celle de... Excusez-moi. Celle de... de monsieur Rabhi, etc. qui sont des actions qui sont de plus en plus nombreuses et plus efficaces face à des politiques qui semblent plutôt pied-poing liées face à des contingentes financières, banquières, etc. Et puis souvent, ces politiques sont incompétentes, n'ont que des discours mais ne font pas d'actes.
Et je voulais savoir si monsieur Cohn-Bendit était optimiste quant à l'avenir d'une Europe qui soit fédérale, comme moi d'ailleurs, s'ils pensent que... Oui,
que l'action citoyenne pourrait y trouver sa place. Alors, Daniel Cohn-Bendit. Merci Luc.
Je trouve que tu as tout à fait raison que l'action, disons, civile, les initiatives civiles, les ONG et tout ça, c'est en fait la vie de la démocratie et qu'il y a des très très belles initiatives un peu partout. Donc, c'est vrai, en même temps, il faut arriver à ce que la structure politique, donc les politiques aussi changent. Moi, par exemple, il y a quelque chose que j'ai lu qui m'a fait plaisir. Un politique de droite, Frédéric Lefebvre, qui n'est pas ma tasse de thé, propose l'allocation universelle. C'était une proposition des écologistes, une femme de droite qui n'est pas ma tasse de thé, Madame Boutin, on en a parlé.
Je trouve que pour éradiquer la pauvreté, instaurer cette idée d'une allocation minimale, d'un revenu minimal universel, c'est une bonne idée. Des gens de droite, des gens de gauche, la CFDT dit c'est intéressant, eh bien, si un président essayait de mettre ce débat sur la table et de proposer des initiatives, ça serait peut-être une autre façon de trouver une unité nationale qui va au-delà, par exemple, de cette débile d'échéance de la nationalité.
Bonsoir Alain. Oui,
bonsoir.
Nous vous écoutons, bienvenue. Oui, bien sûr, c'est Kavestani qui vous souhaite une bonne année. Eh bien, écoutez, merci beaucoup.
Et moi aussi, bien entendu. Voilà, j'ai bien écouté, on a parlé de démocratie, on a parlé de réfugiés, on a parlé de tout ça, mais moi, je pourrais parler d'un autre sujet, c'est de la Commission européenne. Ben oui, c'est un gros truc, bien sûr. La Commission européenne, le pont des édits qui régissent à peu près tous nos moments dans cette Commission européenne. Ben oui.
Non, la Commission européenne propose, les gouvernements, conseils européens votent, et le Parlement européen vote. La Commission européenne ne peut formuler aucune loi. Aucune. ça passe par le Parlement européen. Alors, vous pouvez dire que le Parlement européen, c'est tous des débiles, vous avez le droit. Vous pouvez dire que les 28 des gouvernements, c'est tous des débiles, vous avez le droit. Mais ce n'est pas vrai que la Commission européenne peut d'elle-même formuler quoi que ce soit. Alors,
continuez Alain. Excusez-moi. Oui. Alors, donc... Votre idée, c'est quand même un déficit démocratique en Europe, si j'ai bien compris.
Oui, oui, oui, absolument. Moi, je pense qu'il y a beaucoup de choses qui nous sont eues, en particulier le grand marché transatlantique. Le TASTA. Donc, on ne parle pas trop peu parce que j'ai entendu seulement dans votre émission du 21-12 où il était question, justement, du marché transatlantique. J'avais voulu poser une question, mais malheureusement, je n'ai pas pu décrocher. Voilà, je n'ai pas pu vous atteindre.
Eh bien, écoutez, voilà, c'est fait ce soir. Vous avez un mot à dire, Daniel Colmetti.
Le marché transatlantique, là, vous avez raison, c'est que la Commission ne veut pas publier, rendre public, en fait, les négociations. Là, vous avez raison. Ce n'est pas normal. Vous avez raison, mais qu'à la fin, ce marché transatlantique doit être ratifié par les gouvernements, par les pays et par le Parlement européen. Donc, il faut mobiliser le Parlement européen. Alors, c'est toujours la même chose avec le parlementarisme. On ne peut pas dire que c'est bien, simplement, si ça va dans la bonne direction. si c'était le cas, on serait toujours déçus.
Non, mais c'est vrai, vous avez raison, le traité transatlantique, on en parle beaucoup au niveau européen, c'est beaucoup débattu au niveau européen, c'est peut-être un problème, disons, des médias nationaux de ne pas parler assez des débats qui ont lieu à Bruxelles. Parce que là, c'est vraiment au centre de la confrontation politique.
Vous disiez tout à l'heure que la Commission n'avait qu'un pouvoir de proposition. Quand elle est membre d'une Troïka qui intervient en Grèce, elle a un pouvoir d'imposition. Oui,
mais la Troïka, son pouvoir lui est donné par les gouvernements. Si les gouvernements ne lui donnent pas ce pouvoir, elle ne peut rien. Alors, le problème, c'est que les gouvernements disent, vous les Grecs, vous n'aurez les milliards que si vous faites ceci ou cela. Donc, en fait, il y a une délégation de pouvoir c'est comme, voilà, ça c'est vrai. Je ne dis pas que la Commission ce sont des innocents aux mains pleines. Je dis simplement qu'il faut voir que la responsabilité politique des décisions de l'Europe sont aux mains des gouvernements et du Parlement européen. Et quand les décisions, par exemple, sur le budget doivent être prises à l'unanimité, ça c'est un déni de démocratie.
Merci Daniel Cohn-Bendit, désormais binational, d'avoir été ce soir au micro de France Inter
en 68, si j'avais été binational, De Gaulle m'aurait déchu de ma nationalité.
Ben oui, et il n'y aurait pas eu de manif où on criait nous sommes tous des juifs. Il y aurait eu une double manif. Une double manif des deux côtés de la frontière. Merci Daniel Cohn-Bendit, le journal tout de suite.
Daniel Cohn-Bendit