Alain Bauer est l'invité d'Yves Calvi|LCI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 30 %Défensif 55 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Le parquet antiterroriste a qualifié l'acte de terroriste avec une connotation raciste. Que pensez-vous de cette qualification ?
- 0:41OuverteRéponse directe
Est-ce une première en France selon vous ?
- 2:09OuverteRéponse directe
Y a-t-il un lien avec d'autres événements similaires en France ou à l'étranger ?
- 3:36OuverteRéponse directe
Le parquet antiterroriste a-t-il été rapide à qualifier l'acte ?
- 4:20OuverteRéponse directe
Combien d'incriminations existe-t-il dans le code pénal français ?
- 5:04OuverteRéponse directe
L'auteur présumé était-il fiché S ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:20Chiffre
« Il y a 16000 incriminations dans le code pénal tout compris. »
- 11:05Fait
« On a commencé par envoyer la troupe pour tirer sur les gens. C'était ça le maintien de l'ordre. »
- 14:33Fait
« Les forces mobiles deviennent statiques. On les mène pour protéger les institutions et ne pas bouger. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Anna Bower, vous nous avez rejoint. Merci beaucoup. Merci d'être une fois de plus au rendez-vous. Professeur émérite, je le rappelle, de criminologie et auteur de Il faut sauver nos enfants par aux éditions First. Le maire de Trap dénonce un attentat à connotation raciste, probablement islamophobe. Il a tout dit. Bah, c'est surtout le parquet national antiterré qui a tout dit puisque c'est lui qui sait et qui peut. Je rappelle que le code pénal ne définit pas le terrorisme, qu'il ne le sait pas le définir. Personne ne le sait. Il y a 300 définitions contradictoires ou complémentaires euh dans le monde. Le parquet national antiterroriste définit ce qu'est ou n'est pas un acte terroriste ou ce que peut être ou pas. Il décide de se saisir ou pas. Et là il a indiqué un que c'était un acte
terroriste et deux qu'il y avait une connotation éventuelle de racisme islamophobie et cetera contre les personnes et cetera. Donc c'est lui qui définit les choses. Le le maire de Trappe a commenté euh la position du parquet antiterroriste. Ça veut dire que ce soir on peut pas se permettre de dire qu'on a affaire à un geste de fou, je veux dire de folie sans projection politique. Pas encore. D'accord. C'est l'enquête le dira. CIT cette capacité à déterminer le sort euh d'un acte criminel dans les 3 minutes qui suivent euh est une spécialité euh médiatique, parfois politique. C'est pas c'est c'est ni le travail de la criminologie, ni de l'enquête policière et encore moins de la justice. Et ce qui est important, c'est que autant habituellement on a des interprétations
politiques avant d'avoir l'interprétation judiciaire, là le parquet antiterroriste a été très vite à dire un c'est un acte terroriste et de cette connotation euh raciste xénophobe en raison d'une personne de sa religion réelle ou supposée et cetera et cetera. Voilà. Et donc le maire de Trappe est dans son bon droit de commenter une position du parquet antiteroriste qui n'est pas seulement une posture politique mais une analyse judiciaire. Bon, c'est une page qui se tourne ou c'est lié uniquement à cette à ce drame particulier ? Alors, on en a quasiment pas eu jusqu'à présent. Il y a même eu des moments où malgré des euh al Akbar et autres éléments, le parquet antitroriste n'a pas considéré que c'était un acte euh à caractère euh soit terroriste, soit
ayant une connotation dans ce cas précis islamophobe. C'est pas le mot qu'utilise le parc antitorisme, mais c'est l'état d'esprit. Euh et donc oui, c'est un événement. Il y a déjà eu des parcours euh de tueries de péripes meurtriers comme on dit hein, de de un couple qui avait fait ça dans un peu partout dans Paris. Euh un cas avec un bazooka pour des règlements de compte liés au narcotrafic dans le sud-est de la France. Donc on a déjà des phénomènes. C'est le premier sur le territoire national à ma connaissance. non pas d'attaque d'une mosquée euh ou d'assassinat d'un individu dans une mosquée ou d'agression euh ciblée, mais de périple meurtrier sur trois communes euh par quelqu'un euh
dans un véhicule et tirant euh alors je ne veux pas dire au hasard puisque visiblement les personnes étaient ciblées mais sur des personnes qu'il ne connaissaient pas et qu'il ne ciblaient pas spécifiquement pour leur rôle au sein d'une religion, d'un parcours politique, d'un couple de policiers. Voyez vraiment le hasard du du périple. Donc vous nous dites que ça enfin d'une certaine façon, vous le criminologue qui observez ça à longueur d'année euh et même à longueur de temps euh que c'est d'une certaine façon c'est une première en France. Oui, en France. Oui, oui, oui. Aux aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, euh au Québec, euh au Canada, on a toute une série d'événements qui ont précédé de la même manière qu'on a sur des attentats à caractère dit masculiniste.
Euh bref, on redécouvre régulièrement des choses qui se passaient ailleurs avec le secret espoir que ça ne va pas être importé euh chez nous. Euh on l'a euh récemment eu sur guillemets le racisme antiblanc qui pour la première fois a fait l'objet d'une incrimination judiciaire par un parcours d'enquête. Euh je ne discute pas de savoir si c'était une bonne idée ou pas et si le concept exist. Je me je me réfère simplement à la détermination judiciaire qui est la seule qui dans le cadre d'une enquête en cours est valable, y compris quand il y a une discussion entre le parquet les juges d'instruction et qu'à la fin le le dispositif judôt là-dessus qu'on va voir. Faut savoir qu'il y a 16000 incriminations dans le code pénal tout compris. Donc il y a un nombre de choix
à entrée multiple tout à fait considérable. 16000 ouai 16000 tout compris. Bon voilà, vous allez sur le le système, on a de la chance quand on est en liberté quoi. [rires] Et voilà ce ce quê. Donc une fois que l'enquête est ouverte là-dessus, après on peut requalifier les faits, on peut déqualifier les faits, on peut préciser les faits, désigner éventuellement des magistrats instructeurs qui eux sont totalement indépendants du reste du parcours, aller jusqu'à la fin du procès. Alors, il est vivant, l'auteur présumé, je rappelle qu'il est toujours présumé, même s'il a été interpellé. Euh on a toute une série d'éléments sur son parcours personnel. Or plutôt euh délinquant que militant politique connu pour voilà pas fiché du
tout et pas pas fichier S et pourtant des fichiers S, il y en a beaucoup. Euh et donc l'incrimination du parquet antiterorist, c'est une première sur ce type euh de périple meurtrier ne visant pas spécifiquement un imam, un curé, un policier ou un responsable politique. D'une façon générale, est-ce que vous estimez que le pays vit une crise de violence particulière ? Vous qui observez ça à l'é Oui. En matière d'homicile et de tentative, vous savez, je passe ma vie à raconter ça dans un immense silence. Euh mais bon, le rôle de l'académique est pas de faire de la politique. Après tout, nous on fait le communiquer fin janvier en disant "Vous savez, cette année, ça s'est quand même pas si bien passé que ça." Alors, en terme d'homicide, on est arrivé à un plus bas historique en 2012
avec 700, on est à plus de 1000. Ça fait 50 % d'augmentation en 13 ans, c'est quand même pas si mal. Mais en matière de tentative d'homicile, sujet qui n'était jamais traité avant, qui pourtant est enregistré dans les indicateurs statistiques des services de police gendarmerie, on est à 4000 le plus haut niveau des 50 dernières années et on peut pas savoir depuis 72 et avant on sait pas puisqu'il y avait pas d'appareil statistique. C'est plus simple. Euh voilà donc 2025 a été une année particulièrement mauvaise en matière de domicile et tentative. C'est l'indicateur de la violence d'une société parce que tout le reste évolue. Les gr sexuelles, il faut avoir des déclarations, faut qu'on s'en occupe, faut que mit tout arrive pour qu'on se dit "Ah oui, quand même les femmes sont
victimes de féminicide, un terme qui n'est jamais existé avant." Donc voilà, vous parliez de mon livre tout à l'heure sur la pédocriminalité. 5,5 millions de victimes vivantes en France et 160000 nouvelles par an, c'est le plus grand océan de criminalité française traité par personne. Personne. Il a fallu la loi intégrale cette année portée par des parlementaires contre ou sans le soutien du gouvernement avant qu'ils disent "Ah oui, l'affaire Liana Rosa, faudrait quand même s'en occuper pour que tout d'un coup on découvre la réalité et encore avec des amendements sur le thème où est faudrait qu'on fasse mais on n pas les moyens donc on va pas faire tout de suite" Voyez ce qui est quand même un truc un peu particulier mais sur le fond nous sommes dans un niveau de violence
homicide on a toujours très bien compté les morts en France depuis 1539 François 1er l'état civil voyez ça carré donc il y a un état d'homicide et de tentative, ce que j'appelle les homicidités qui est le plus élevé de notre histoire moderne. Euh, ils sont nombreux ces en période de paix. Ils sont nombreux. Population augmenté quand même. Mais oui, mais en en en l'augmentation dépasse largement l'augmentation dépasse largement celle de la population. Non, non, vous avez raison, on le calcule aussi par 100000 habitants. Vous avez raison. Alors là, je peux partir sur un très long développement très technique. Je renvoie tout ça à mes éci le mettre gentiment dans votre poche. Car nous n'avons aucun doute sur vos compétences. Mais c'est une très bonne question parce que souvent on a on est
l'augmentation, on prend pas en compte la démographie là malheureusement l'augmentation est très supérieur à la démographie. François Calfond ou dans ce que dit Alain Boer, je retiens il y a plein de choses à retenir mais j'en retiens une qui qui est significative à mes yeux. C'est la première partie de son propos. C'est-à-dire que là, on a l'addition d'un certain nombre de phénomènes qui existaient de manière disparate, c'est-à-dire un phénomène d'itinéraire criminel en France, de nature terroriste, le parquet qui le dit, euh et à nature raciste. Et évidemment, l'image qui nous vient tous, euh, tu as oublié Utoya en Norvège, pas cité, mais peu importe, mais l'image qui nous vient tous, c'est les États-Unis et je me disais quand même que c'est pas c'est significatif que ça vienne des
États-Unis d'une certaine manière parce que ça veut dire quoi ? Ça veut dire que aux États-Unis, chacun affiche son origine. On est afhroaméricain, on est italo-américain et c'est leur modèle entre guillemets d'une société patchwork. Et nous on on on se ventait euh on était si fier d'avoir une intégration. D'où que vous veniez, si vous décidez d'être français, que vous y conformez, vous êtes français et on a on va pas vous chercher sur des origines. Et bien ça aussi, c'est en train d'imploser hein. C'estd que et et de ce point de vue-là, après on verra hein, mais de ce point de vue-là c'est une version comment dire hypertrophiée et Dieu merci de comment dire très marginal mais il y a plus des casseurs comme dirait monsieur Zémour et madame Knafo.
Il y a des hordes araboom-musulmanes. Il y a plus vous, tu l'as dit tout à l'heure, finalement des malheureusement des meurtres à la suite d'une fête de village, il y a des francoide, j'en passe, c'est les meilleurs. C'estàd que c'est c'est les fondements mêmes de ce qui ce qui est notre creuset, de ce qui est de ce qu'on a appris tout petit à l'école, nos ancêtres les gaulois, hein, d'une certaine manière, on est tous des gaulois, c'est comme ça qu'on disait à l'époque, qui est en train d'exploser sous nos yeux et à une vitesse phénoménale moment au moment où nous parlons, je le précise hein, le président Macron s'entretient avec le procureur de la République. À tout moment, s'il prend la parole ou quand on le verra sortir, bien entendu, nous le vivrons ensemble sur LCI. Bon, sa
présence était nécessaire et normale ce soir, on est d'accord. Moi je pense que est tout à fait euh il m'arrive d'être très critique sur le fait et le non fait du président de la République. Il est là, il est là où il faut. Euh comment fait-on pour faire du maintien de l'ordre dans par non mais dans pareil circonstances et et je veux dire on a comme chacun a constaté nous nous tutoyons avec François Calfond car nous avons commencé notre vie comme syndicalistes étudiants et avec des manifestations il y a 40 ans ce qui vous amène au rang de grand anciens alors c'est pas 68 c'est 86 et voir d'une certaine complicité parce que si je comprends amitié même on peut dire oui on s'entend [rires] bien en tout cas ils étaient du même côté exactement moi je trouve que je suis non inscrit
politiquement Donc beaucoup moins engagé que que mais pour qui que j'aime beaucoup par de le préciser. Pardon ? Je dis tu ne l'ai plus parce que tu un recardien historique ça d'un point de vue conceptuel je n'ai pas je n'ai pas renié ma ma maison mais je suis plutôt dans une petite réserve protégée cet ensemble. Voilà d'ailleurs j'ai une pensée pour Jean-Paul qui nous a quitté aujourd'hui qui fut mon patron à Matignon comme directeur de cabinet de de Michel Rocard et qui s'est éteint cette nuit. Il se trouve que le maintien de l'ordre ça change tout le temps. Tout le temps. On a commencé par envoyer la troupe pour tirer sur les gens. C'était ça le maintien de l'ordre. Cit la gestion du chaos. Donc on tire et on passe à autre chose. Ensuite, on s'est dit "Ouais,
c'est pas si c'est pas top." Donc on a envoyé des gendarmes à cheval sabrer les manifestants. C'était pas top. Ensuite, peu à peu, on a décidé qu'il fallait spécialiser des unités de maintien de l'ordre pour les villes. Le grand concepteur de tout ça, c'est le baron qui au moment où il repense les villes et notamment Paris qui est une ville toute petite et hyper concentrée, dit "On va faire des grands boulevards à la fois pour faciliter la circulation et pour maîtriser la populace." Je cite dans une lettre à l'empereur l'empereur 3 [grognement] pas le 1. Euh et donc peu à peu, on a créé des unités suisséis CRS et gendarme mobile dont le principe fondateur est d'être mobile. Mobile. Oui. Oui. J'ai bien compris. Et donc ça marchait très bien parce qu'il y avait une sorte de relation avec
les serviteurs centraux des syndicats où chacun montrait ses muscles. Éventuellement on faisait un petit tournoi duel à heure fixe et à moment fixe pour montrer que chacun avait défendu les ouvriers et l'autre l'État. Et tout ça se terminait par un grenel, une négociation, une convention, un machin. La France est 1000 ans de Jacque. Ça ne s'est jamais bien passé parce que l'État ne négocie que quand le rapport de force existe et quand il y a un début de cas parce que là c'est sérieux. Avant on ne négocie jamais. Vous avez un très très long théorisation. On attend le craque. Ouais. On attend que on attend que ça casse parce que c'est sérieux. Autrement c'est pas vrai. Et donc c'est le problème de l'État en France. Il a jamais su faire ça, c'est son drame.
Mais c'est comme ça. La réalité c'est que jusqu'à 68, on a un maintien de l'ordre qui est habitué aux ouvriers mais pas aux étudiants. Non. Hm hm. 68 et Maurice Grimau définit une doctrine de maintien de l'ordre qui en fait est une déontologie du maintien de l'ordre. Ne tapez pas, ne frappez pas, ne blessez pas, ne tuez pas. Il y a bien six morts quand même en 68 mais ça n'est pas les forces de l'ordre qui tuent. Un commissaire est tué par un camion fou à Lyon. Euh il y a des accidents mais les forces de l'ordre en sortent plutôt grandi à cause de la lettre de Maurice Grima sur vous n'êtes pas là, vous êtes là pour défendre la manifestation, vous n'êtes pas là pour euh casser le manifestant. Ensuite arrive 86 et là il se passe un événement que nous avons vécu qui s'appelle la nébuleuse.
Jusque-là, service d'ordre central des syndicats, cordon de CRS et rien au milieu. Arrivent 300 collégiens et lycéens que personne n'a vu arriver d'un peu partout et surtout de banlieu et qui eux viennent montrer qu'ils sont aussi inquiets avec les étudiants à cause de la loi de vaquet sur la sélection à l'entrée de l'université. Personne ne sait d'où ils viennent. Ils sont totalement désorganisés, personne ne les manipule. Jean-Luc Mélenchon n'est pas caché dans un coin avec un déjà sénateur de l'ess il est déjà sénateur de l' avec une télécommande une télécommande. Voilà donc bref et donc il faut rénover le service d'ordre parce qu'il est dépassé à tel point d'ailleurs que rue Esnopeltri c'est dans le rapport de la commission d'enquête du Sénat le serviteur de centrale de l'UNF et les
gendarmes chargent ensemble des casseurs pour protéger les manifestants. Casseurs qui n'étaient pas tous que des casseurs d'ailleurs. Je ferme la parenthèse. Et donc peu à peu, on réforme le maintien de l'ordre. On supprime les plotons voltigeurs motorisés suite à la mort de Malik Kusekin par cette équipe de barbares à moto non préparé et non formé avec des bidules qui frappaient les gens. Donc c'est supprimé. Et la question est par quoi on les remplace ? C'est comment on intègre la mobilité du maintien de l'ordre par rapport au mobilité ? Et là, l'erreur qui est faite et c'est le drame du système, c'est que les forces mobiles deviennent statiques. On les mène pour protéger les institutions et ne pas bouger. Du coup, qui bouge ? Bah, les autres qui sont pas formés au maintien
de l'ordre. Et vous avez de plus en plus d'amateurs du maintien de l'ordre face à des amateurs de la manifestation collégien, lycéen et autres. Et ça c'est le deuxième drame. On ne réforme pas le maintien de l'ordre Pasi jusqu'au préfet l'allemand. Donc, personnellement, je dis le plus grand bien, même si ça ne me fait pas que des amis, parce que quand il arrive euh au moment de l'acte 2, 3, je sais plus, des gilets jaunes, il dit "Bah, on va recréer des bravemes, on va au contact et vous avez une courbe qui est terrible que je renvoie à tout le monde. La courbe des blessés avant le préfet l'allemand et après le préfet l'allemand, elle s'effondre." Donc le préfet l'allemand est pas aimable, il est pas diplomate, il dit des trucs qui dérangent mais enfin le préfet
en terme d'efficacité, il y a pas photo et nous n'avons rien compris. Je termine Char, je sais que c'est parfois long mais les profs c'est comme ça. Euh c'est que à un moment donné entre l'arrivée des gilets jaunes et maintenant nous avons zappé un moment qui s'appelle la génération Nail. Et regardez vous tous d'un coup, vous rappelez qu'il y a eu Oui. Les plus grandes émeutes que la France est connue, 1 milliard d'euros de dégâts, 50000 émeutiers dit le Sénat, 50000 10 jours de casse d'une génération qui se révolte et qui est celle qui est la fusion aujourd'hui d'à la fois les générations de lycéens et collégiens parce que c'était il y a 2 ans 3 ans maintenant d'une génération de gilets jaunes aigris et revanchard parce qu'ils n'ont pas obtenu ce qu'ils voulaient.
Deux gens qui viennent dire mais moi je veux des profs des toilettes enfin un truc normal. D'ailleurs, tout le monde vous dit les revendications sont parfaitement normales, mais personne ne sait y répondre. Et des gens qui en profitent, casseur habituel, black blocks venu d'un peu partout et les pilleurs qui n'arrivent sur le terrain qu'à la condition que la masse de manœuvre des manifestants soit suffisante et que les casseurs créent suffisamment de troubles. Le pireur en tant que tel n'est pas une formation structurée. Ils viennent juste profiter d'un effet d'obè et d'un moment particulier. Et un petit point particulier sur un sujet qui est peu traité, c'est les incendies de lycée et de collège et les agressions d'enseignants qui sont le fait de petitte main du narcotrafic desœuvrés
plupart exclu du système scolaire qui viennent se venger. Et donc c'est le mélange de tout ça qui n'est pas une convergence ni une coordination ni l'ultra match pro ou je ne sais pas quoi. juste un effet qui est que quand tu ne réponds pas à une revendication sociale, la réponse autoritaire ne sert à rien qu'à gagner du temps. Je vous ramène à l'actualité de de notre matinée de ce drame. Comment on lutte face à un homme seul avec son arme ? Je veux dire, qu'est-ce que'estce qu'on peut faire face à ce genre de situation là ? On est dans un coup de [raclement de gorge] renseignement qui est que il est connu pour des il serait connu pour des faits de délinquence pas plus important que d'autres. Euh, on va peut-être trouver demain matin euh 42 tweets, 50 messages Facebook, 12
Snapchat et je ne sais pas quoi. Ce qui est en général ce qui arrive, hein, le lendemain tout d'un coup 20 kg de truc vous arrivent euh qui n'avait pas été vu analyser ou étudier parce que la masse de ce qu'il faut étudier ou analyser amène à submerger le renseignement. c'est aujourd'hui on n' pas pas d'information, on en a trop et donc les outils d'analyse, de hiérarchisation sont dépassés et quand en plus vous avez des injonctions contradictoires. Ah faut vous occuper de la pédocriminalité. Ah, faut vous occuper du terrorisme. Ah, faut vous occuper des manifestations lycennes. Ah, faut vous occuper de l'ultra gauche. Ah, bah le pauvre mec est là tout seul, il s'occupe de ce qu'il peut en fonction de l'information qu'on lui donne. Il est très difficile aujourd'hui d'avoir des outils. Vous
savez qu'avant 2016, sur une décision de Bernard Casneu et Emmanuel V, il n'y avait pas d'école d'analyse du renseignement en France. Oui, pas non. Non, c'était pas la DGSE mais pas dans l'enseignement intérieur. Il a fallu entièrement recréer tout ça, le mettre en place interservice. C'estàd c'est un magnifique succès puisque avant 2016 attentat de Nice, il y a eu cinq opérations antithéoristes proactives. Le bon antithéoriste, c'est quand vous empêchez l'attentat, pas quand vous arrêtez les auteurs. Ça ça soulage mais ça règle pas les victimes. Depuis, il y en a eu 60. C'està-dire que vous avez changé tout en antitorisme mais on a rien changé sur le maintien de l'ordre. Bon, c'est un classique français si je comprends bien. Oui. Bienvenue au club. Oui, j'entends bien mais
c'est on on ferme la porte de l'écurie une fois que le cheval s'est échappé. Qu'est-ce qui c'est valable pour l'incendie aussi hein ? S'il y a pas une décision de Napoléon 1er pour une brigade de sapeur pompier de Paris, bah c'est juste après l'incendie de l'ambassade d'Autriche où il a failli griller comme les autres. Alors, je vais pas vous demander de nous faire ce soir Harlet le propos du président de la République si jamais il prend la parole, mais bon, sa présence est parfaitement logique. Est-ce que vous pensez qu'on attend quand même d'une façon générale, voilà, à un moment qu'il qu'il intervienne ou qu'il nous parle ce soir dans la continuité de de du drame de de cette matinée ? On attend pas un discours, mais on attend au moins quelques mots du président de la
République. On parlait tout à l'heure des réactions de tous les responsables politiques, les candidats à l'élection présidentielle en tête. Et euh le quand le président disait au fond aujourd'hui euh dans une dans un tweet que la France doit tenir et que la nation doit tenir, ben il faut qu'il nous dise comment la nation doit tenir face à ses attaques. Euh c'est à lui d'unir ou de tenter d'unir les Français. C'est encore son boulot. Il est là pour 6 mois, hein. Oui. Donc euh 6 mois exactement. Et dans cette France qui se déchire un peu plus chaque jour, quand même, il incarne il incarne une fonction. C'est plus Emmanuel Macron, ceux qui le détestent vont le voir partir dans 6 mois. Ceux qui l'aiment encore vont le regretter.
Mais sa fonction aujourd'hui, c'est toujours de tenter de rassembler, d'unir les Français et d'éviter justement ces fractures. Celle-là est la plus terrible. C'est effectivement un attentat raciste. Mais ce qui est très Non mais ce qui est très compliqué c'est que le président de la République est normalement là pour penser les PL PAN. Oui. Mais il est en fin de mandat 6 mois. Une partie de l'opinion le déteste comme a rarement été détesté un président de la République parce qu'il y a eu 10 ans et 10 ans c'est particulièrement long. disant c'est une première dans l'histoire de la 5e République en tout cas sans cohabitation et donc il n'est pas le mieux placé pour penser les PL et donc malheureusement dans la classe politique on ne voit personne d'autre
qui a suffisamment de personne en c'est pour ça que c'est la fonction et pour calmer pour apaiser c'est peut-être enfin puisque nous sommes dans une exception de de du de toute l'Europe d'être dans une monarchie républicaine la fonction du roi c'est aussi de penser les pl comme ça a été dit et comme il a loupé fait beaucoup de choses et que je ne suis pas un soir aussi tragique là pour faire de la polémique. Il est parti, c'était pas la fuite à Varen, c'était la fuite à Dubaï ou aux Émirats. Là, il est revenu, il repartira pas et c'est très bien qu'il soit à trappe avec Alibé auprès d'une population qui était terrifiée. On a eu vos euh vos vos interviews de d'habitants de trappe que j'ai vu vraiment sidérer par ce qui vient de
sidérer avant même d'être en colère. C'est la cération qui est souvent le cas juste après un attentat. Mais il faut pas sous-estimer toutes les colères. Celle-là vient se rajouter aux autres. Elle vient pas les supprimer. Et donc j'entends bien que le roi doit être tomaturge. Il doit il doit guérir il doit guérir les plai mais mais il faut qu'il se met dans cette chon. Donc sa place est très légitime. Sa parole aussi j'espère juste qu'elle sera mieux réglée que dimanche dernier. Voilà. Hm. Mais ce que vous avez mentionné tout à l'heure, vous avez listé euh Alain Ber la liste des euh des des difficultés et le le cocktail incroyable d'attente de la population. Vous n'avez pas mentionné, c'est mon travail ici, le les risques financiers, économiqu, comment répondre ? Non mais
oui, parce que il y a une agence de notation qui se prénonce ce soir à 23h. Comment répond, vous avez beaucoup de doutes sur le résultat, je crois. Non, assez peu. Comment répondre en même temps à des attentes aussi diversifiées ? Mais comme toujours, il y a le il y a le symbolique et le pratique. Il n'y a plus d'argent. Il n'y a plus d'argent. Mais il faut pas croire que ceux qui revendiquent ne le savent pas. Je vous explique que c'est pas qu'il y a plus d'argent là qu'il n'y en a pas ailleurs. C'est un débat vous savez où où est l'argent sujet qui existait avant l'élection présidentielle de 1981 parce que nous sommes dans enfin moi en tout cas un grand ancêtre. Je me rappelle de faut prendre l'argent là où qu'il est. Je cite George Marchet. Euh donc c'est pas
une nouveauté euh historique. Et deuxièmement, vous avez un sujet qui est le ruissellement n'ayant pas donné les résultats attendus, la politique du ruissellement ayant plutôt enrichi parce que patrimonialement la France s'est enrichi. Oui, ce que tous vos collègues disent puisque je lis votre journal avec attention et qu'en même temps il il signale à la fois l'enrichissement patrimonial du pays, l'écart grandissant entre pauvres et riches et le débat qui existe chez les pauvres sur le thème bah peut-être qu'on pourrait faire un peu plus redistributif et comme le drame de ce pays, c'est une redistribution sociale qui ne dit pas son nom avec une lâcheté politique qui n'a pas de limite vis-à-vis de la réalité de ce qu'on peut raconter aux gens. Quand le président
refuse la retraite à point par égoidité, faut aller jusque là, voyez, je peux me permettre, je suis pas commentateur politique ni journaliste, je suis dans ma relation. Il crée les conditions d'un drame sur la question des retraites. Il rate une réforme des retraites validé avec au moins un interlocuteur syndical avec un modèle qui est celui qui marche très bien Malakov Médéric Agir Carco H c'estàd tu joues sur les points tu ne te fermes pas sur cette question d'âge pivot machin et cetera parce que tu crées les conditions d'un dialogue social la posture qui est de ne jamais rien écouter convention citoyenne elle dit un truc on fait l'inverse. promesse machin, on fait l'inverse 15 jours après climatisation des lycées. Malheureusement, la mémoire collective
ne s'efface plus comme avant. Non seulement les réseaux sociaux ne permettent pas d'oublier ce qui s'est passé il y a 3 minutes, mais ça revient en boucle de manière permanente avec des algorithmes qui ne vous font plus rien oublier. Et c'est cette question-là qu'il faut traiter. Faut parler à des populations jeunes et perdues comme on doit parler à des populations jeunes et perdues et donc pas leur faire la leçon expliquer que le boulot est en face de la rue et perdre tout contact avec cette population qui demande juste qu'on les écoute, qu'on les entende. Je, il aurait fait des états généraux lycéens, il aurait fait un grenel, un ce que vous voulez, tout ce qu'on fait d'habitude. Même ça n'a pas été proposé et quand même le béabat du niveau minimal de la 4e République.
Je reviens à notre journée de demain et je vous pose la question à vous précisément. Est-ce que cette journée vous inquiète en terme notamment ? Ah, elle m'inquiète beaucoup à Orléan, point de fixation. Oui. Oui. Point de fixation dû au congrès du rassemblement national. Il y a cette non pas incroyable manifestation d'opposants aux idées du Rassembl national, mais à la participation d'un grand nombre de responsables politiques qui devraient en tant que démocrate dire "Vous avez le droit d'être contre le Rassemblement national mais il n'y a aucune raison d'empêcher un congrès d'un parti politique qui n'est pas interdit." Semble hein. Ouais. Alors je sais c'est choquant. C'est enfin c'est le principe parce qu'autrement faut interdire tous les congrès des gens qu'on a'aime pas. Ça
s'appelle la dictature. Oui, c'est ce que c'est ce que j'allais vous dire. Il y a un sujet quand même de que les gens qui aiment pas le RA nationale se réunissent pour dire qu'ils aiment pas le RA national, ses idées, qu'ils aiment pas qui vous voulez. C'est leur liberté et la manifestation doit être autorisée et contrôlée. Et ce que fait l'excellent, je dire, il y en a qui sont très bons, l'excellent préfet de la région et du département, Hugmutou. Après le problème c'est quand je dis qu'un mouvant ça une dizaine de jours entre les les phénomènes paroxistiques. On sait quand ça commence, on sait quand ça se termine. 17 octobre 5 novembre. Le 24 est l'espace du milieu pour pas perdre la mobilisation. C'est une pratique habituelle visant à dire on tient on on tient tout on fait bouillir
la marmite, on tient tout le monde au chaud et dans cet événement de bouillonnement bah vous avez des espaces plus durs que d'autres. Et moi j'étais en Goulem le 17 octobre. Il y avait 4000 personnes dans la rue, joyeux, sympathique et ce il y a pas eu de casse. C'est 10 % de la population d'Angoulem. Oui. Je veux dire, c'est ça. Vous vous rendez compte qu'il se passe un truc ? Il s'est rien passé, il y a rien eu de cassé. J'étais au salon du livre, j'ai signé des livres, j'ai rencontré des gens plutôt sympathiques de toute catégorie politique et vous en tirez comme conclusion. Le 24, il y a un risque concentré à Orléan pour des raisons extraordinairement symboliques et des microrépliques potentielles ailleurs. Il y en a eu le dimanche 18 et quand la question m'avait été posée par vos
collègues euh de bah ici d'ailleurs, j'ai dit le risque c'est celui de la réplique. Quand la question m'a été posée de savoir ce que je pensais 17 octobre, j'ai dit que ça serait pire que les gilets jaunes. Je pense que ça sera moins pire que le 17. Voilà. Par contre, je pense que le 5 novembre va être un moment particulier et si le gouvernement ne fait pas ce qu'il faut pour désamorcer la masse du mouvement social, il aura des casseurs et des pilleurs qui en profiteront. Or, cette masse là, elle n'est pas satisfaite par l'absence de réponse. C'est même pas la réponse. On peut être désaccord vous dit mais là, ce sera encadré par les syndicats, la quasi totalité des syndicats. Il y avait juste la CGT. Oui. Et quand vous avez quatre populations différentes,
plus la masse est importante, plus le casseur se noie dans la masse et euh fait bouger les policiers. Le moment est venu pour la police et la gendarmerie, les braves et autres de réapprendre la mobilité et la flexibilité. et le moment l'allemand s'il m'entend que je il me pris de l'excuser parce que c'est pas son genre d'être aussi mis en avant mais il était chez vous il y a quelques jours. Euh il y a ce moment de réorganisation des troupes pour les rendre beaucoup plus flexibles, beaucoup plus mobiles et cetera. Et puis il y a la deuxième question qui va être est-ce qu'il y aura énormément de monde ? Et s'il y a énormément de monde, le risque là va pas être en début de manif parce que tout le monde a compris que c'était un risque désormais euh d'aller d'arriver plus tôt
pour des cibles particulièrement symboliques et donc de commencer à casser en début et pas à la fin. Par contre, ça va être de gérer la question euh centrale de est-ce qu'on peut tout gérer en même temps dans des manifestants qui vont pas seulement être concentrés à Paris mais dans toute la France. Tout à l'heure, je rappelais, vous venez de répondre à la question que vous soulevez, la réponse est non. C'est pas bon. Ce qui ce qui est très particulier quand même, c'est que en fait le pouvoir est finissant. On est le pouvoir est quasiment en affaire courante et c'est une situation qu'on n'a pas connu. J'ai pas j'ai pas souvenir qu'à 6 mois d'une élection présidentielle ce soit aussi aussi tendu. Alan Berdorf pardon avait fait un un papier assez amusant parce que je
discutais avec lui du 3è tour social 2è tour de la présidentielle 3è tour social quel que soit le candidat ou la trè tour social a lieu avant avant le premier tour et ça c'est un phénomène totalement inédit. Oui Harley vous vouliez intervenir ? Parce que effectivement on jamais la grande difficulté pour le gouvernement c'est qu'il y a pas du tout de majorité donc on est dans pouvoir finissant les présidents. Vous avez vu quand même le projet de loi finance de la sécurité sociale rejeté à l'unanimité ou abstention de la bloc central et un seul modème courageux disant moi je vais quand même voter pour pour l'honneur pour l'honneur. Et auparavant il y avait eu 18 milliards de dépenses supplémentaires en plus. [rires] Oui absolument. Merci beaucoup Alan Baar
de nous avoir accompagné une fois de plus dans cette émission.