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interviewÉric Zemmour· 30 mai 2022 17 min

Eric Zemmour : La Seine-Saint-Denis n’est plus la France depuis longtemps

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Éric Zemmour

8h13, votre invité, Sonia Mabrouk, est le président de Reconquête et candidat au législatif dans la quatrième circonscription du VAR.

0:10
Présentateur

Bienvenue sur Europe 1 et bonjour Eric Zemmour.

0:12
Éric Zemmour

Bonjour Sonia Mabrouk.

0:13
Présentateur

Suite au chaos et au fiasco aux abords du Stade de France, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a incriminé des milliers de supporters britanniques munis de faux billets ou sans billets. Vous avez immédiatement et vivement réagi, contestant cette version. Est-ce que vous accusez le ministre de l'Intérieur de mentir ?

0:30
Éric Zemmour

Oui. Je l'accuse de mettre la poussière sous le tapis. Je l'accuse de ne... Vous savez, vous connaissez tous la célèbre formule de Peggy, il faut dire ce que l'on voit et surtout voir ce que l'on voit. Je l'accuse non seulement de ne pas dire ce qu'il voit, mais de ne pas voir ce qu'il voit. Il suffisait de voir 30 secondes les images des soi-disant supporters anglais pour voir qu'ils n'étaient ni anglais ni supporters. Et qu'en revanche, ils étaient banlieusards, pillards, voleurs et tutti quanti. Voilà, c'est tout. C'est simple. Vous savez, je crois que cette mésaventure de M.

Darmanin annonce le quinquennat qui vient, c'est-à-dire le quinquennat de l'avènement de racailles qui font la loi de plus en plus. Voilà, c'est tout.

1:22
Présentateur

Et il n'y avait pas de supporters anglais munis de faux billets ou sans billets ? Apparemment, selon le préfet de police, 30 à 40 000 personnes, soit Éric Zemmour, à peu près 50% quasiment de la capacité du Stade de France en plus.

1:34
Éric Zemmour

Écoutez, je n'ai pas les informations du préfet de police. Moi, je vois les images. Je vois ceux qui ont agressé, frappé, volé. Je vois les témoignages de la presse aussi étrangère parce que les médias français ont été d'une discrétion de violette. Maintenant, je vois qu'on fait le procès de la police après avoir fait le procès des supporters anglais. Tout ça pour ne pas dire tout simplement ce qui s'est passé. Enfin, tout ça est comique.

2:00
Présentateur

Qu'est-ce qui s'est passé ? Parce que vous semblez dire, Éric Zemmour, qu'il y aurait un laissé-faire de la part de l'exécutif jusqu'à Emmanuel Macron. Dites-nous, quel serait l'intérêt du pouvoir à laisser ainsi l'image de son pays terni aux yeux du monde, à laisser la France être la risée du monde entier ?

2:14
Éric Zemmour

Mais je ne dis pas qu'il y a un laissé-aller. Je dis simplement qu'Emmanuel Macron n'ose pas dire ce qui est. Ce qui est, c'est que Saint-Denis n'est pas Paris et que la Seine-Saint-Denis n'est plus la France depuis longtemps. Et que ça, on le voit. Le département de la Seine-Saint-Denis n'est pas français ? Le département de la Seine-Saint-Denis n'est plus en vérité un département français. Mais depuis longtemps. Alors je sais que je vais avoir les autorités, le conseil général de Seine-Saint-Denis qui va se plaindre. Je dis que dans des tas de... D'ailleurs, il y a des îlots encore français en Seine-Saint-Denis. Mais pour le reste, c'est des enclaves étrangères.

Je l'ai dit pendant toute la campagne. Et ces enclaves étrangères, d'ailleurs, ont largement voté à la présidentielle pour Jean-Luc Mélenchon. Il a appelé lui-même... Il a... comment dire... Annoncé lui-même l'avènement d'un nouveau peuple. Un nouveau tiers-état, dit-il. Un nouveau peuple. Qu'est-ce qu'il va faire ce nouveau peuple ? Il va remplacer l'ancien peuple. Ça me paraît d'une logique implacable.

3:20
Présentateur

Vous avez tweeté, je cite, « Pour notre sécurité comme pour notre image, nous aurions dû construire le stade de France en France. » Et vous nous dites ce matin, la Seine-Saint-Denis n'est pas en France. Le président du département de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, vise l'extrême droite, qu'il décrit comme mensongère et dégoûtante, qui se précipite une fois de plus sur son objet de haine favori, la Seine-Saint-Denis.

3:40
Éric Zemmour

Vous savez, il n'y a aucune haine. Il y a plutôt de la peine, plutôt de la tristesse, de voir la ville des rois, quand même, là où il y a la cathédrale, où sont enterrés tous les rois de France, devenir une enclave étrangère où on ne parle plus guerre français, où les gens ne sont plus habillés à la française, où les mœurs ne sont plus guerre françaises. et où l'ordre est maintenu, non pas par la police française, mais par des bandes de voyous, trafiquants de drogue, etc. C'est ça dans beaucoup de quartiers de la Seine-Saint-Denis.

D'ailleurs, on a très bien vu, quand il y a quelques années, les entreprises et l'État ont voulu installer, autour du Stade de France, d'ailleurs, c'était fait pour le Stade de France, pour faire une délocalisation, que les sièges sociaux quittent Paris pour aller en Seine-Saint-Denis. Qu'est-ce qui s'est passé ? Beaucoup de ces grandes entreprises sont revenues.

4:37
Présentateur

Et pourtant, Emmanuel Macron qualifie ce département de Californie parce qu'il y a des startups qui s'y installent, parce qu'il y a une volonté, un enthousiasme pour créer les boîtes et les mener à vous.

4:46
Éric Zemmour

Cher Sonia, j'allais justement vous dire. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il y a déjà eu des installations de grands groupes, etc. On a fait venir les salariés. Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Les salariés se faisaient raqueter, se faisaient voler dans le RER, à la sortie du RER, à la sortie du métro, ligne 13, puisque c'est la ligne 13 qui va à Saint-Denis. C'est ça qui s'est passé. Les gens étaient terrorisés. Et donc, beaucoup d'entreprises ont quitté Saint-Denis et la Seine-Saint-Denis parce que, justement, c'était impossible. Donc, la Californie, voyez-vous, moi je veux bien, c'est plutôt souvent le Bronx.

5:18
Présentateur

La police, vous en avez parlé. Jean-Luc Mélenchon affirme que le problème autour de ce chaos, de ces incidents, relève de la doctrine d'emploi des forces de l'ordre. Et du préfet, ça vous fait sourire, du préfet de police, Didier Allemand, il y voit un problème récurrent de maintien de l'ordre. Et de ce préfet en particulier qu'il vise.

5:34
Éric Zemmour

Pourquoi vous... Pourquoi soufflez-vous ? Je souris parce que c'est ce que je vous dis. C'est d'abord, on accuse les supporters anglais. Et puis, quand on voit que ça ne marche pas, on se retourne vers les policiers. Donc, non, le problème n'est ni les supporters anglais, ni les policiers. Le problème, c'est que la Seine-Saint-Denis est devenue largement une enclave étrangère. Et qu'il y a des bandes... Et qu'est-ce que vous faites alors, Éric Zemmour ? Vous l'arrayez de la carte de France ?

5:56
Présentateur

Quand vous nous dites ça, quelle solution ?

5:59
Éric Zemmour

Je l'ai dit pendant toute la présidentielle. La solution, elle est double. Elle est arrêt total des flux migratoires, pour qu'il n'y en ait plus de nouveaux qui arrivent. Parce que dans ces bandes, il y a aussi pas mal de minorités isolées, de clandestins, etc. Ce n'est pas seulement ceux qui sont là et qui sont nés ici. Il y en a beaucoup aussi de ceux-là. Et deuxièmement, une justice très ferme, avec, je l'ai dit pendant toute la présidentielle, rétablissement des peines planchées, avec expulsion des délinquants étrangers, avec déchéance de nationalité pour les binationaux qui font des délits ou des crimes.

6:37
Présentateur

Ce diagnostic de l'ensauvagement, Éric Zemmour, vous le posez depuis longtemps, vous l'avez posé à la présidentielle, et vos idées n'ont pas gagné. D'ailleurs, beaucoup de commentateurs et de politiques affirment que c'est l'échec d'idées totalement axées sur l'islamisation, le grand placement. Est-ce que c'est vous qui êtes dans l'erreur ? Ou est-ce que c'est une grande majorité de Français qui l'est, qui a voté pour Emmanuel Macron ?

6:57
Éric Zemmour

Alors, il faut distinguer. Je sais bien que beaucoup de commentateurs, beaucoup de journalistes, beaucoup de politiques, attendaient avec impatience mon échec pour pouvoir dire que les idées de défense de l'identité de la France étaient décidément surannées et qu'elles n'avaient aucun intérêt, et que les Français ne s'y intéresseraient pas. Je sais ça. Je pense que tous ces gens se trompent. Je ne vais pas refaire la chronologie de la campagne présidentielle.

7:30
Présentateur

Moi, je vous dis, est-ce que maintenant, à partir de maintenant, vous ne changez rien, rien à votre diagnostic politique, et je dirais même à votre diagnostic existentiel ?

7:39
Éric Zemmour

Écoutez, chère Sonia Mabrouk, je n'ai pas fait tout ça pour gagner une élection. Je veux dire, je n'ai pas fait tout ça, non pas que je ne voulais pas gagner cette élection, mais je n'ai pas fait tout ça par opportunisme. Je n'ai pas fait tout ça pour séduire les gens. Je me suis engagé à cette campagne présidentielle parce que j'avais certaines idées, certaines convictions qu'on me reprochait auparavant d'ailleurs, et parce que j'ai estimé qu'aucun des autres candidats ne les défendait. Et donc, je suis allé dans cette campagne pour défendre mes idées. Je pense, je continue de penser que j'ai raison et que l'avenir me donnera raison.

Je pense que, si vous voulez, si j'ai une minute pour développer, je pense que, parce que c'est votre deuxième partie de question, pour l'électorat d'Emmanuel Macron, l'électorat d'Emmanuel Macron, qu'est-ce que c'est ? Essentiellement, pas tous évidemment, mais essentiellement des gens plutôt âgés, qui vivent plutôt dans les métropoles, les fameux boomers, qui sont nés dans les années 45-46, et qui votent, qui ont voté massivement pour Emmanuel Macron, au premier tour comme au second tour. Qu'est-ce que ces gens-là ? Ces gens-là sont tout à fait respectables, évidemment, et ils ont fait l'élection.

Mais ces gens-là sont, ce n'est pas les offensés, que de dire qu'ils sont à la fin de leur vie. Et que, quand cette génération, qui est la plus nombreuse de l'histoire de France, il faut le rappeler, la démographie est essentielle, va disparaître, c'est-à-dire dans les 10 ans, dans les 15 ans à venir, nous allons nous retrouver avec quoi ? Avec l'opposition entre le nouveau peuple de Jean-Luc Mélenchon, C'est-à-dire, je rappelle...

9:12
Présentateur

Mais parlons-en, parce que, sur ce point, vous dites que le peuple de Jean-Luc Mélenchon, la France de Jean-Luc Mélenchon, est islamo-gauchiste. Mais Éric Zemmour, ne pas partager votre vision de la France, ça veut dire sa classe de fait, une partie des Français dans le camp de l'indigénisme et de l'islamo-gauchisme, de fait ?

9:26
Éric Zemmour

Ah non, ce n'est pas ne pas partager ma vision. Non, non, j'ai pas fait la démonstration, mais votre question m'y amène. Donc, qu'est-ce qu'il reste ? Il reste deux blocs. Le bloc que j'appelle effectivement islamo-gauchiste. Pourquoi je l'appelle comme ça ? Je l'appelle comme ça, parce qu'il est composé grande partie des lecteurs musulmans, 69% des musulmans ont voté Jean-Luc Mélenchon, et de gauchistes. Donc, si vous voulez, islamo-gauchistes. Les musulmans ont voté largement pour Jean-Luc Mélenchon, je vois toutes les études d'opinion. Mais savez-vous pourquoi ?

9:58
Présentateur

Certains vous disent que vous êtes la meilleure assurance vie de Jean-Luc Mélenchon. Beaucoup estiment que votre, je cite ce qu'ils disent, votre radicalité a nourri le vote communautaire vers Jean-Luc Mélenchon.

10:07
Éric Zemmour

Il y a toujours des excuses, c'est comme les supporters anglais, ça. Maintenant, c'est moi qui nourris le... Non, je rappelle qu'ils avaient voté aussi massivement pour Ségolène Royal contre Nicolas Sarkozy. Ils avaient voté massivement pour François Hollande contre Nicolas Sarkozy, parce qu'ils craignaient Nicolas Sarkozy. Et maintenant, c'est moi qui le craigne. Très bien, très bien, j'assume. Moi, je pense effectivement, si vous voulez, je continue ma démonstration, parce que vous m'interrompez, je ne peux pas continuer ma démonstration. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a, donc je dis, le peuple islamo-gauchiste. C'est factuel. Islamo, parce qu'il y a beaucoup de musulmans.

Gauchiste, parce qu'il y a beaucoup de gauchistes.

10:44
Présentateur

Vous dites que c'est factuel, mais moi je vous pousse et je vous interroge. Je ne comprends pas pourquoi vous les classez irrémédiablement.

10:49
Éric Zemmour

Mais parce que... Voter pour Jean-Luc Mélenchon,

10:51
Présentateur

c'est mettre forcément un vote islamo-gauchiste.

10:53
Éric Zemmour

Je vous répète, un, il y a des gauchistes, vous m'accordez ça au moins, des gens d'extrême-gauche, des gens qui qui veulent la déconstruction de l'histoire de France, qui sont des woke, comme ils disent aujourd'hui, des éveillés, qui veulent la déconstruction de toutes les structures traditionnelles. Ça, vous me l'accordez, il y a l'extrême-gauche. Il y a des étudiants, il y a des intellectuels prolétarisés, il y a des... Voilà, ça c'est une partie de l'électorat. Mélenchon, que vous ne pouvez pas me disputer.

Deuxièmement, il y a beaucoup, beaucoup de musulmans qui disent eux-mêmes, je lis les études d'opinion, qu'ils n'étaient pas forcément d'accord avec le programme socialiste, étatiste, économique de Jean-Luc Mélenchon, mais qu'ils ont voté Jean-Luc Mélenchon parce que c'est celui qui défendait le mieux l'islam. Il était le seul dirigeant de gauche à avoir manifesté contre l'islamophobie. Et peut-être par réaction à votre candidature, Éric Zemmour. Mais chère madame, mais chère Sonia Mabrouk, s'ils voulaient réagir, ils auraient pu voter pour Anne Hidalgo, qui me tapait dessus à bras raccourcis. Ils auraient pu voter pour Yannick Jadot, qui me traitait de juif de service.

Non, ils ont voté Jean-Luc Mélenchon, celui qui a manifesté contre l'islamophobie avec des imams, etc. C'est pas moi ça. Donc voilà.

12:06
Présentateur

Et maintenant, Éric Zemmour, dans la bataille des législatives, vous dites que vous ne changez pas votre diagnostic politique et même, je dirais, diagnostic civilisationnel. Vous portez vos couleurs. Le président du Rassemblement National, Jordan de Bardala, est venu dans le Var sur la circonscription que vous convoitez, la quatrième circonscription, pour soutenir le candidat du RN. Il ira aussi donner un meeting dans le Vaucluse, à Cavaillon, où se présente Sanislas Rigaud. Vous avez dénoncé cette stratégie. Voici ce que dit le RN. Acceptez votre autonomie, Éric Zemmour.

Et même Jordan de Bardala ironie sur le fait que vous n'êtes pas dieu et qu'ils ont bien le droit d'aller soutenir leur candidat. Que répondez-vous ?

12:38
Éric Zemmour

Je ne savais pas que je n'étais pas dieu. Écoutez, plaisanterie mise à part. Il y a des centaines de circonscriptions. Il y a des centaines de circonscriptions où c'est le candidat de Mélenchon, la NUPS, comme ils disent, qui peut gagner. Il y a des centaines de circonscriptions où c'est le candidat En Marche qui peut gagner. Non, non. Jordan Bardala vient dans des circonscriptions où moi, j'ai une chance sérieuse de gagner et de battre, entre parenthèses, le candidat du RN. Et pareil dans le Vaucluse. Vous savez, il y a deux stratégies.

Il y a eu la stratégie de Jean-Luc Mélenchon qui a, profitant de sa situation de force, de sa position de force, rassemblé toute la gauche et qui va permettre à la gauche rassembler autour de lui, à ses conditions. Vous voyez, je ne nie pas les rapports de force. Deux, faire un très bon résultat d'avoir 100, 150 députés. Et puis, il y a la stratégie de Marine Le Pen. Marine Le Pen n'a qu'un adversaire, manifestement, c'est reconquête. Voilà. C'est simple. Vous avez fait le deuil, maintenant. Mais bien sûr, mais j'avais fait le deuil avant. Les deux lignes irréconciliables sont tactées. Ah, vous le saviez depuis le début ? Non, mais je savais que Marine Le Pen ne voudrait pas un accord.

Je l'ai demandé.

13:58
Présentateur

Vous le saviez ? Vous saviez qu'elle n'allait pas répondre par la positive.

14:01
Éric Zemmour

Mais bien sûr, si vous voulez, j'ai bien compris. que son seul objectif dans cette campagne présidentielle, c'était de battre reconquête. Voilà. Maintenant, elle a réussi. Vous avez vu ce qu'elle dit ? Elle a atteint son objectif.

14:11
Présentateur

Elle gige que si elle n'est pas arrivée en tête à la présidentielle, c'est de votre faute parce que vous avez présenté votre candidature.

14:16
Éric Zemmour

Ben voyons, ben voyons. Et j'étais là aussi en 2012 et en 2017. Et puis, j'étais là aussi au débat face à Emmanuel Macron. Bien sûr. Je suis toujours là. D'ailleurs, c'est simple. Qu'est-ce que vous voulez dire ? Elle trouve des excuses à son échec ? Je vais vous dire, on ne va pas parler de toutes les missions de Marine Le Pen. Voilà. Marine Le Pen, manifestement, Marine Le Pen pense que je suis son seul adversaire. Moi, non. Moi, je n'ai pas présenté, pour répondre à Jordan Bardella, je n'ai pas présenté de candidat contre elle, ni contre Eric Ciotti, ni contre Nicolas Dupont-Aiméon.

14:48
Présentateur

Non, mais ce qui nous intéresse, c'est la stratégie Eric Zemmour. Si vous êtes élu député, est-ce que vous pourriez intégrer le groupe Rassemblement National ?

14:55
Éric Zemmour

Ah, mais je ne suis pas au Rassemblement National. Pardonnez-moi, je n'ai jamais été au Front National, jamais été au Rassemblement National. Je ne suis pas, contrairement à ce qu'elle croit, un dissident du Rassemblement National. Je suis indépendant. Donc, non, pas du tout. Marine Le Pen n'a pas souhaité avoir, je le répète, elle n'a pas voulu, elle n'a pas su faire ce grand rassemblement des droites que moi, j'aurais fait si j'avais été à sa place, comme Jean-Luc Mélenchon l'a fait.

Moi, j'aurais dit au Rassemblement National, moi, j'aurais dit à ceux de LR qui m'auraient soutenu comme Eric Ciotti, comme François-Xavier Bellamy, comme Nadine Morano, comme d'autres, j'aurais dit on fait un rassemblement en fonction du rapport de force, mais tout le monde pourra y gagner et on va arriver très fort et on sera la seule opposition à Emmanuel Macron. Marine Le Pen n'a pas su et n'a pas voulu le faire, donc elle va se retrouver avec 20 députés et c'est très bien, tant mieux pour elle. Mais non, c'est...

15:54
Présentateur

On note le mot autonomie. On va conclure, Eric Zemmour. Pour vous, la démographie fait l'histoire. Donc si je vous demande en guise de conclusion de vous projeter dans 20, 30, 40 ans, à quoi ressemblera la France ?

16:05
Éric Zemmour

La démographie, c'est le destin, disent les Américains. Donc la France, dans 20 ans, si je ne... si cette politique-là continue, ressemblera au mieux au Liban en grand, c'est-à-dire avec des peuples irréconciliables qui vivraient séparément et qui finiront par s'affronter.

16:26
Présentateur

Ça fait réagir, à comparaison entre le Liban, je le dis à chaque fois. Merci Eric Zemmour d'avoir été notre invité. Bonne journée à vous ainsi qu'à nos auditeurs. Merci.