La France sans gouvernement...jusqu'à quand ? #cdanslair 18.07.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:56OuverteRéponse partielle
Pourquoi le Nouveau Front populaire peine-t-il à s'entendre sur un candidat à Matignon ?
- 4:06OuverteRéponse directe
Pourquoi ne pas compter le nombre de députés pour désigner le Premier ministre ?
- 4:49OuverteRéponse partielle
LFI ne veut pas gouverner, mais si on lui propose Matignon, accepterait-elle ?
- 5:31OuverteRéponse directe
Cette formation va-t-elle imploser dans les semaines qui viennent ?
- 6:56OuverteRéponse directe
Est-ce que cette clarification est nécessaire pour bâtir une coalition ?
- 9:10OuverteRéponse directe
Le président est-il tenu de nommer le candidat désigné par le NFP ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32inconnuFait
« Les ministres ont démissionné. "Les affaires courantes vont suivre leur cours. Nous sommes en plein bourbier", dit M.Le Pen. »
- 3:23C.BarbierFait
« Entre un parti et un parti réformiste, ça ne peut pas bien se passer. Ca s'est mal passé entre les bolcheviks et les meincheviks. »
- 4:06C.RouxFait
« Pourquoi on ne compte pas le nombre de députés en disant que LFI a le plus de députés et que le Premier ministre sera de LFI? »
- 4:49L.HausalterFait
« LFI ne veut pas gouverner. J.-L.Mélenchon assure une stratégie présidentielle avec 2 facteurs qui peuvent l'aider, selon lui: le RN et le chaos. »
- 5:31C.RouxFait
« Cette formation va imploser dans les semaines qui viennent? »
- 6:56S.QuéménerFait
« La Nupes a tenu un an et demi et s'est fracassée après le 7 octobre. »
- 9:10C.RouxFait
« Le président de la République est-il tenu de passer ce fameux coup de téléphone à la personne qui sera désignée par le Nouveau Front populaire? »
- 9:50J.-P.DerosierFait
« Le gouvernement est responsable devant le Parlement, pas seulement devant l'Assemblée nationale. Il faudrait donc compter aussi le nombre de sénateurs. »
- 11:15C.RouxFait
« Dans ce bourbier, comme dit M.Le Pen, est-ce que c'est du Nouveau Front populaire que peut venir le début de quelque chose? »
- 17:05inconnuChiffre
« 73 % seraient en revanche opposés à un gouvernement du Nouveau Front populaire. »
- 19:04inconnuFait
« Le Nouveau Front populaire fait énormément de mal à la démocratie en ce moment. »
- 19:47S.QuéménerFait
« S'il n'y a pas de solution qui se détermine, on s'achemine vers un gouvernement technique. »
- 21:53C.RouxFait
« On ne peut pas se contenter d'aller au fil de l'eau et de faire ce qui a été décidé par le passé. »
- 22:30J.-P.DerosierFait
« Les affaires courantes, ce n'est pas une notion de jargon de journalistes ou de politiques. C'était présent dans la Constitution de la IVe République. »
- 26:02L.HausalterFait
« Un ministre est toujours au gouvernement jusqu'à ce qu'il y ait un autre gouvernement. »
- 26:46J.-P.DerosierFait
« On ne peut pas cumuler une fonction ministérielle avec un mandat parlementaire. »
- 27:28J.-P.DerosierFait
« G.Attal est toujours Premier ministre démissionnaire. Il n'est pas supposé pouvoir voter demain. »
- 28:48inconnuChiffre
« Un Français sur 2 considère que ce n'est pas forcément un problème si on n'a pas de Premier ministre à la rentrée. »
- 30:12J.-P.DerosierFait
« Les Français ont envoyé 3 messages très clairs. D'abord, ils ne veulent pas d'un gouvernement d'extrême droite. Deuxièmement, ils sont toujours là pour faire front républicain. Troisièmement, ils ne veulent plus de la majorité présidentielle sortante. »
- 33:44P.MoscoviciFait
« L'ignorance de la dette est une faute politique majeure. »
- 38:38J.-P.DerosierFait
« Il faut un budget sur la table le premier mardi d'octobre. »
- 40:39J.-P.DerosierFait
« Le rendez-vous du budget est primordial et indispensable. »
- 43:33C.BarbierFait
« Il y a eu 2 années de bonne gestion où les déficits ont diminué. L'emploi est reporté. »
- 45:00L.HausalterFait
« Tout texte qui était en instance devant l'Assemblée nationale tombe. »
- 51:42C.RouxFait
« Il faut tout faire pour éviter l'instabilité politique pendant les JO sur fond de menaces terroristes. »
- 54:38inconnuChiffre
« Des primes en cascade, jusqu'à 1900 euros, notamment pour les policiers et gendarmes mobilisés en Île-de-France. »
- 55:23G.DarmaninChiffre
« Nous avons prononcé 3922 entraves. »
- 1:04:02J.-P.DerosierFait
« Pendant 3 mois, après la cessation des fonctions, on continue à percevoir son indemnité de ministre. »
Temps de parole
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-Nouveau, Bref Sensations. ... - C.Roux: Bonsoir. Bienvenue dans "C dans l'air". Plus personne ne s'essaye désormais à promettre un scénario de sortie de crise rapide. Depuis hier, la France n'a plus de gouvernement. Les ministres ont démissionné. "Les affaires courantes vont suivre leur cours. Nous sommes en plein bourbier", dit M.Le Pen. Une échéance est dans tous les esprits: celle du budget qui doit être voté en octobre. La situation des finances publiques est préoccupante. D'ici là, la gauche aura peut-être réussi à s'entendre sur un candidat pour Matignon. D'ici là, le pôle central aura peut-être trouvé un moyen de créer des alliances pour réunir 289 députés. D'ici là, G.Darmanin ou G.Attal auront peut-être pris la main sur le camp présidentiel. Avec nous pour en parler,
C.Barbier, éditorialiste politique et conseiller de la rédaction de "Franc-Tireur". L.Hausalter, vous êtes journaliste politique au "Figaro". Voici votre dernier article. S.Quéméner, vous êtes rédactrice en chef à "La Tribune Dimanche". J.-P.Derosier, vous êtes constitutionnaliste et professeur de droit public à l'université de Lille. Bonsoir à tous les 4. Merci de participer à ce "C dans l'air". Je vais montrer les unes de la presse de gauche ce matin. Il y a une espèce de roue de la fortune avec les candidats potentiels à Matignon, dans "L'Humanité". C.Barbier, ça ne fait plus rire M.Tondelier, qui a poussé un coup de gueule. - C.Barbier: Elle fait partie des négociateurs. Elle est chef de parti. Ce sont les chefs de partis qui ont pris la main dès le dimanche soir du 2e tour pour dire: "Nous allons décider ensemble qui sera le Premier ministre." Le Front populaire a commis une erreur, de ne pas avoir prévu
avant qui serait le chef naturel qui emmènerait une équipe à Matignon. En 98, c'était clair. C'était L.Jospin. On s'aperçoit que l'alliance dite Front populaire était un accord électoral arithmétique qui a très bien fonctionné, et même doublement. Ils se sont réparti les places entre eux. Ils ont articulé le désistement républicain qui a profité à tout le monde sauf au RN. A part cet accord arithmétique, il n'y a pas de point commun. Ils ont des visions orthogonales opposées de la République, de la laïcité, de l'Europe, de l'atlantisme. Une partie de l'économie les sépare. Entre eux, il y a un groupe important qui ne veut pas gouverner: LFI. Ils sont dans une stratégie d'ingouvernabilité de la France, une stratégie de chaos. Entre un parti et un parti réformiste, ça ne peut pas bien se passer.
Ca s'est mal passé entre les bolcheviks et les meincheviks. - C.Roux: Ca se passe mal aussi parce qu'on a des questions de fond, mais des questions de personnes et d'influence au sein de cette gauche unie, de cet accord électoraliste avec le PS qui revendique une forme de leadership et LFI qui revendique une forme de leadership. Pourquoi on ne compte pas le nombre de députés en disant que LFI a le plus de députés et que le Premier ministre sera de LFI? - L.Hausalter: Avant les élections, c'était le principe plus ou moins posé. J.-L.Mélenchon était d'ailleurs ravi, lui qui comptait avoir plus de députés que le PS. Au-delà des questions de personnes et du jeu de chamboule-tout, de tir au pigeon qu'on a en ce moment, on lance des noms qui se font tous dégommer
les uns après les autres... LFI ne veut pas gouverner. J.-L.Mélenchon assure une stratégie présidentielle avec 2 facteurs qui peuvent l'aider, selon lui: le RN et le chaos. - C.Roux: Si on lui propose d'aller à Matignon, je ne suis pas sûre qu'il dise non. - L.Hausalter: Il est formaté pour une présidentielle. Il a la figure du tribun qui sait faire une campagne ultra personnalisée. Il a fait plus de 20 % la dernière fois. Effectivement, il y a un malentendu sur ce qu'est le Nouveau Front populaire. C'est une alliance pour gagner plus de sièges. Ca a bien marché. Mais le malentendu se dissipe sous nos yeux. Des forces veulent gouverner et des forces ne veulent pas. - C.Roux: Cette formation va imploser dans les semaines qui viennent?
Les divergences sont tellement frappantes que ça ne peut pas tenir dans la durée? - S.Quéméner: Ca va être compliqué. La Nupes a tenu un an et demi et s'est fracassée après le 7 octobre. On a un peu l'impression que c'est la même histoire qui se rejoue, mais pas sur les mêmes termes. Pourquoi on parle de M.Tondelier? Pourquoi son cri a été entendu? - C.Roux: "Je suis fatiguée. Je suis désolée de ce spectacle Qu'on donne aux Français et aux Françaises." - S.Quéméner: C'est l'une des négociatrices. Elle s'efforce depuis le début d'être dans la position de l'électeur de gauche qui a une aspiration. Elle se dit: "Il y a ces résultats du Nouveau Front populaire."
J.-L.Mélenchon dit à chaque fois: "On a gagné." Les électeurs attendent la 2e version. La suite, c'est ce qui se passe aujourd'hui. Il y a des désaccords importants sur le fond. Rien n'a été réglé par le programme. Et puis, il y a cette volonté de LFI d'écraser le PS. La plus mauvaise nouvelle pour LFI, c'est le score de R.Glucksmann aux européennes, qui a donné un peu d'air à la social-démocratie et qui a permis aux socialistes d'espérer. Dans l'accord électoral sur le nombre d'investitures,
ils en ont eu plus qu'en 2022. Toute l'histoire hégémonique qu'écrivait J.-L.Mélenchon depuis 2017 ne fonctionne plus. Il réinvente une nouvelle histoire. - C.Roux: Est-ce qu'il ne faut pas ça, cette clarification, pour arriver peut-être à bâtir une coalition, quelque chose qui rassemblerait, des communistes aux Républicains? Il ne faut pas cette crise ouverte au sein du Nouveau Front populaire? - S.Quéméner: E.Macron espérait que ça arriverait bien avant. Il ne pensait pas que le Nouveau Front populaire
allait se coaliser si vite après l'annonce de la dissolution. Ce qui est symptomatique, c'est qu'il y a une série de personnalités, dont L.Tubiana, qui ont signé une tribune dans "Le Monde" pour dire que le Nouveau Front populaire devait s'ouvrir dans l'idée d'une coalition qui part de la gauche. Aussitôt, LFI la traite de macroniste. Il faudrait que les socialistes arrivent à se détacher, mais c'est très dur parce que les électeurs veulent l'union de la gauche. - C.Roux: Question. - C.Barbier: Justement pour bloquer. LFI
sait que dès qu'il y aura un nom, il y aura une tentative. Il faut essayer de retarder le plus possible ce moment en essayant de faire porter le chapeau à E.Macron à la fin. S'il y a un nom, il peut être récusé par l'Elysée ou par une motion de censure à l'Assemblée nationale. C'est ce que veut provoquer LFI. Ils veulent montrer qu'il y a une légitimité populaire pour la gauche et que le système résiste. - C.Roux: Imaginons qu'ils finissent par s'entendre. M.Tondelier était prête à repartir dans les négociations ce matin.
Le président de la République est-il tenu de passer ce fameux coup de téléphone à la personne qui sera désignée par le Nouveau Front populaire? - J.-P.Derosier: Ca dépend de comment ils arrivent à s'entendre. Est-ce que c'est quelqu'un qui fait l'unanimité ou non? Vous avez posé une question fort intéressante tout à l'heure, et pertinente. Pourquoi on ne compte pas le nombre de députés? Je vais y répondre. Le gouvernement est responsable devant le Parlement, pas seulement devant l'Assemblée nationale. Il faudrait donc compter aussi le nombre de sénateurs. Immédiatement, un groupe est nettement en tête: le groupe socialiste. Deuxièmement, si on reste sur les députés, on voit qu'il y a un groupe qui, peut-être,
est plus nombreux que d'autres, LFI. Le centre n'est pas en position de rassembler et de créer un équilibre là où d'autres, comme les Verts, sont davantage en mesure de créer un équilibre. Il y a une 3e solution si on veut compter le nombre de députés: les faire voter. Soit on fait voter les députés et les sénateurs parce que le gouvernement est responsable devant le Parlement, soit on ne fait voter que les députés parce qu'ils sont en mesure de donner la confiance ou de voter une motion de censure. Si le candidat du Nouveau Front populaire est adoubé par un vote des députés et qu'il est nettement majoritaire, je vois mal E.Macron en position de ne pas l'appeler pour lui
demander quel gouvernement il entend composer. Si cette personnalité lui dit "je mets un LFI à l'Intérieur, à Bercy, un écolo à l'Environnement et un socialiste à l'Education nationale", peut-être qu'E.Macron lui dira qu'il a le sentiment que le gouvernement ne va pas véritablement avoir une vie longue et durable devant lui et va s'exposer à une motion de censure. Il va lui demander de réfléchir à un gouvernement qui s'ouvre un peu plus. Il faut entendre ce message des électeurs. Ils veulent l'union de la gauche. Ils n'ont pas voté que pour ça.
Il y a un camp qui l'a emporté dimanche 7 juillet: le front républicain. Les électeurs sont en attente d'une ouverture de ces blocs, pas d'un enfermement. D'une ouverture comme eux-mêmes l'ont fait... Des électeurs de LFI ont voté pour E.Borne dans le Calvados. Je ne suis pas sûr qu'ils adhèrent totalement aux idées d'E.Borne, et réciproquement. Les électeurs attendent précisément que LFI, Renaissance, les socialistes s'ouvrent, pas pour se renier, mais pour faire oeuvre de construction et de concession pour proposer un gouvernement... - C.Roux: Dans ce bourbier, comme dit M.Le Pen, est-ce que c'est du Nouveau Front populaire que peut venir le début de quelque chose?
On a revu à la baisse nos ambitions. Est-ce que c'est de là que peut venir une forme de consensus de vote, avec une personnalité? Ce serait le début de quelque chose qui obligerait à l'ouverture, au dialogue ou ce n'est pas de là que ça viendra? - C.Barbier: Il y a plein d'obstacles qui peuvent se proposer, notamment la certitude qu'il y aurait une motion de censure votée s'il y avait des ministres de LFI. Ca bloque beaucoup de jeux. Mais il faut passer par cette 1re cartouche qui viendra du Nouveau Front populaire pour explorer ensuite les autres solutions, des socialistes jusqu'à Horizons, de Renaissance jusqu'à LR... Toutes ces solutions ne peuvent venir qu'après. Il faut lever l'hypothèque d'un gouvernement Nouveau Front populaire. - C.Roux: Ils ont jusqu'à quand pour dire "on n'y est pas arrivé"? - C.Barbier: Il y a des dates qu'il semblent logiques dans le calendrier politique. La première, c'est demain. On s'inscrit dans les groupes avant 18h
quand on est député. Ils peuvent se dire qu'ils ont le consensus, qu'ils ont un candidat. - J.-P.Derosier: Et on aura un président de l'Assemblée nationale. - C.Roux: Ou une présidente. - C.Barbier: La seule chose qu'on sait, c'est que le RN sera dans l'opposition, avec E.Ciotti. Ca pourrait se débloquer du côté du Nouveau Front populaire. On pourrait tester l'hypothèse d'un gouvernement constitué ainsi. Si, jusqu'à début août, on se rend compte que ça ne fonctionne pas, si la table ronde permanente se brise, si les socialistes ne veulent plus discuter avec LFI, une 2e phase s'ouvre. La masse sera peut-être du côté de Renaissance, de personnalités divers gauche pour tenter un autre cocktail.
Ca nous emmène quand même vers la rentrée. - J.-P.Derosier: Un dernier nom a été proposé par le Nouveau Front populaire: L.Tubiana. Ca n'a pas encore été complètement écarté. Ca fait sens. Elle est en mesure de rassembler au-delà des blocs. - C.Barbier: Elle a été auditionner à distance par les Verts parce qu'elle était en vacances. Elle rentre de vacances. Est-ce qu'on aura un grand oral de L.Tubiana devant les députés du Nouveau Front populaire qui valideront ou non cette candidature et la proposeront officiellement au président de la République? Elle a présidé la convention citoyenne sur l'écologie. - C.Roux: Si son nom avait été écarté hier, c'est parce que c'était une fin
de non-recevoir de LFI. - C.Barbier: M.Bompard, dans la même interview, a dit: "Je mets mon veto à L.Tubiana. Ce n'est pas sérieux." Et il a dit: "Je demande au PS d'arrêter de mettre son veto sur nos propositions." - C.Roux: C'est une réalité qui n'a échappé à personne et qui incarne une bataille de lignes politiques au sein de l'ancienne majorité, en tout cas du camp présidentiel: G.Attal et G.Darmanin, l'un partisan d'un rapprochement avec la gauche, et l'autre d'une alliance
avec la droite. Les 2 sont officiellement démissionnaires mais toujours en poste et omniprésents dans les médias. - De Premier ministre à présidente groupe à l'Assemblée... G.Attal change de costume. Nouveau patron des députés macronistes sans s'accorder de répit. - G.Attal: Pendant que certains s'écharpent, on travaille sur le fond. L'enjeu, c'est de parler aux Français, de parler des Français, de proposer des mesures pour leur pouvoir d'achat, leur sécurité, les services publics...
Dans les prochains jours, on prendra une initiative politique. On fera des propositions pour un pacte d'action pour les Français. Les Français attendent qu'on agisse en dépassant les clivages. - Dépasser les clivages mais lesquels? La querelle continue entre G.Attal, ancien socialiste, partisan d'un rapprochement avec la gauche, G.Darmanin, issu de l'UMP de N.Sarkozy. Dans "Le Figaro", il soutient ceci. Tout en faisant la promotion de sa ligne politique. ... Une analyse que ne partage pas ce député apparenté Renaissance. - La demande d'autorité, ce n'est pas simplement une demande de droite. La demande pouvoir d'achat non plus. C'est une demande de l'ensemble des Français, de gauche comme de droite. Les sondages le confirment. - Les sondages, justement.
Près de 1 Français sur 2 serait favorable à une alliance entre le camp présidentiel et la gauche sans les insoumis. Même proportion en faveur d'un rapprochement avec la droite. 73 % seraient en revanche opposés à un gouvernement du Nouveau Front populaire. La gauche a-t-elle perdu en crédibilité? de l'Assemblée, toujours aucune proposition pour Matignon. - Il y a un point de blocage, il n'est pas du côté de LFI. S'il y a un point de blocage, il faut interroger le PS. Peut-être qu'il a l'impression de revivre quand F.Hollande dominait la gauche. Il faut sortir de cette attitude pour aboutir. - Nous portions le nom d'O.Faure dans les discussions. Nous avions pensé qu'il pouvait être un homme de compromis et d'union. Nous constatons que ça ne fait pas consensus. Nous avons proposé d'autres noms, des socialistes comme des non-socialistes. Si chacun fait des concessions, on peut avancer. - Cacophonie à gauche.
"L'Humanité" implore d'arrêter de jouer quand "Libération" moque "un Matignon pour les nuls". La patronne des Verts partage son ras-le-bol ce matin. - M.Tondelier: Je suis écoeurée, fatiguée. Ca fait 6 semaines qu'on y est. Je suis désolée du spectacle qu'on donne aux Français, en particulier à ceux qui nous ont élus. Le RN, ils sont avec du pop-corn. Chaque minute de ridicule qu'on offre, ça les régale. On est en train de fabriquer du vote RN. Ca ne sera pas la peine de venir me chercher avec ma veste verte pour faire un front républicain en 2027. - Le RN jubile quand la gauche se déchire. - M.Le Pen: Nous sommes en plein bourbier. On n'a pas beaucoup d'explications. Ca donne un sentiment aux Français qui est un peu terrifiant, d'une classe politique qui tourne sur elle-même, qui ne parle
que d'elle-même. Le Nouveau Front populaire fait énormément de mal à la démocratie en ce moment. - Dans les prochains jours, les postes à responsabilité de l'Assemblée, comme les vice-présidents ou la présidence de la commission des finances, vont être distribués. Le RN sera-t-il écarté? Les députés Renaissance ne soutiendront pas leur nomination cette fois-ci, contrairement à 2022. - C.Roux: Nous allons revenir sur ce qui pourrait se passer demain à l'Assemblée, avec des postes assez stratégiques qui seront discutés et votés. M.Le Pen, ce matin, a expliqué: "Ce sont les technocrates qui vont prendre le pouvoir." C'est le cas? C'est un risque ou c'est ce qui devrait nous rassurer?
- S.Quéméner: Je ne sais pas si on peut appeler ça un risque, mais c'est une éventualité. S'il n'y a pas de solution qui se détermine, on s'achemine vers un gouvernement technique, en sachant qu'on a une barrière fixée par la Constitution. Le président ne peut pas dissoudre avant un an, le 8 juillet 2025. Là, on partirait dans des moments compliqués. On parlera du budget tout à l'heure. Un certain nombre de décisions ne sont pas des décisions techniques. Rien n'est technique dans la politique française. La réponse de M.Le Pen ce matin est assez intéressante. Elle dit que les macronistes, c'était déjà un gouvernement technique. C'est difficile de remettre en cause une politique si on considère que c'était une politique uniquement technique. Il y a une contradiction.
Tout est fait pour qu'on n'en arrive pas là, mais ça peut être la suite logique du blocage à la rentrée scolaire. - C.Roux: Nous n'avons officiellement plus de gouvernement. - J.-P.Derosier: Si. - C.Roux: Un gouvernement démissionnaire. Ca s'est produit pendant 9 jours et ça pourrait durer au-delà... Question. - J.-P.Derosier: Tous sauf ceux qui relèvent des affaires courantes. - C.Roux: Merci de cette réponse. Vous êtes bien juriste. - J.-P.Derosier: Les affaires courantes, c'est la gestion quotidienne. Tout ce qui découle de ce qui a été décidé au préalable, l'application,
sans initiative politique. Les groupes de niveaux à l'école, c'est une décision politique. Mais ils ont été actés. Prendre des décisions de mise en oeuvre pour donner une application à cette initiative politique, ça relève des affaires courantes pour qu'à la rentrée, cela puisse avoir lieu. Le 2e aspect des affaires courantes, c'est ce qui relève de l'urgence. Souvent, l'urgence est imprévisible. C'est une décision qui doit être prise immédiatement, sans attendre que le prochain gouvernement soit renommé. - C.Roux: Dans un ministère comme l'Education nationale, le ministère de l'Intérieur, Matignon, des arbitrages, il y en a tous les jours. On ne peut pas se contenter d'aller au fil de l'eau et de faire ce qui a été décidé par le passé. L'urgence doit être invoquée régulièrement. - J.-P.Derosier: C'est sous le contrôle du juge, qui va vraisemblablement avoir beaucoup de contentieux à trancher. C'est le conseil d'Etat. C'est lui qui est compétent en la matière. Les affaires courantes, ce n'est pas une notion de jargon de journalistes ou de politiques. C'était présent dans la Constitution
de la IVe République et celle de la Ve République ne l'a pas reprise. C'est contrôlé par le juge et par le Conseil d'Etat. Il faut voir si ça s'inscrit dans la gestion des affaires courantes, en raison de la continuité des affaires en cours ou si c'est une question d'urgence. - C.Roux: A chaque fois qu'il y aura cet arbitrage à faire, le Conseil d'Etat sera saisi par le ministre lui-même? - J.-P.Derosier: Non. Le Conseil d'Etat sera saisi par des requérants. N'importe qui peut agir à condition qu'il ait un intérêt à agir,
qu'il soit concerné ou pas par la décision. Le Conseil d'Etat, comme son nom l'indique, a aussi un rôle de conseil de l'Etat. Il pourra être interrogé par le gouvernement sur certaines décisions... - C.Roux: Il va falloir choper le truc. Un gouvernement d'affaires courantes coûte tellement cher aux Français? - C.Barbier: Il peut coûter très cher à long terme. Tous les projets de loi reportés, les réformes avortées... C'est du retard qui est pris sur l'administration de l'Etat. On peut se consoler en se disant qu'on n'aura pas de hausse des impôts pendant quelque temps, pas de dépenses somptuaires des ministres, mais c'est une mauvaise affaire pour un pays
que d'être à l'arrêt de cette manière. L'acronyme pour définir les affaires courantes, c'est "Ubu". Ca veut dire usuel, banal, urgent. Ce n'est pas rassurant d'être placé sous l'égide Ubu. - C.Roux: Dans quels ministères ça va poser le plus de difficultés? - C.Barbier: Les ministères d'urgence. En matière d'Intérieur, de Défense... Le ministre qui doit décider quelque chose de fort, de juridiquement contestable, va se poser la question. Sa main peut trembler. Ensuite, des ministères vont être rattrapés par l'actualité. En ce moment, c'est les affectations de profs à l'Education nationale. Ce ministère a connu 4 ministres en 2 ans. Il est déjà déstabilisé.
Il y a les Affaires étrangères, même si c'est l'Elysée qui concentre beaucoup de pouvoirs. Il y a des décisions d'urgence en matière d'Affaires étrangères ou de Défense. Imaginez qu'il y ait une immense crise agricole à la rentrée parce que les agriculteurs seront mécontents ou à cause de la grêle. Est-ce qu'on aura encore le ministre de l'Agriculture, le Premier ministre, qui iront au devant des agriculteurs en colère? N'importe quel portefeuille peut être rattrapé par l'urgence. Ca sera aussi au Parlement de dire: "Attention, vous êtes démissionnaire, mais nous, l'Assemblée, on peut s'en occuper." - C.Roux: Je ne sais pas si vous avez pu croiser certains ministres démissionnaires. Ils ont vraiment envie de quitter leurs fonctions? Ils sont dans un entre-deux confortable, désagréable?
- L.Hausalter: C'est inconfortable. Beaucoup qui ont été réélus avaient envie d'aller à l'Assemblée nationale. Ils ont pris acte que ça ne se passait plus dans l'exécutif en ce moment. Il n'y a plus d'enjeux politiques dans les fonctions qui sont les leurs. G.Darmanin a dit: "Si on perd, au lendemain des législatives, vous ne me verrez plus." En réalité, il est toujours là. Il va faire les JO, sauf coup de théâtre. Il y a une situation juridique qui les coince. En France, un ministre est toujours au gouvernement jusqu'à ce qu'il y ait un autre gouvernement. Un Premier ministre est toujours Premier ministre jusqu'à ce qu'il y ait un prochain Premier ministre. Juridiquement, il ne peut pas y avoir de situation où il n'y a plus de gouvernement.
Le gouvernement a beau être démissionnaire, c'est toujours le gouvernement. Il restera le gouvernement jusqu'à ce qu'il y ait, par E.Macron, la nomination d'un Premier ministre et qu'ils forment ensuite tous les 2 leur future équipe. mais leur attitude a donné un signal. Le fait qu'ils pressent le président Macron de les libérer pour pouvoir aller à l'Assemblée nationale et pouvoir prendre part à la formation des groupes politiques et à la répartition des postes, ça donne un indice. On arrive sur un débat, même si on est en plein été, sur ce cumul qui, normalement, est dans les cumuls interdits par la Constitution, même si les juristes du gouvernement ont expliqué que dans la loi organique, on pouvait s'arranger. - J.-P.Derosier: La Constitution s'impose à l'égard des lois organiques, des lois ordinaires, des règlements des Assemblées et des autres textes. C'est l'un des articles les plus clairs: on ne peut pas cumuler une fonction ministérielle avec un mandat parlementaire. On a toujours un gouvernement. Il est injuste de dire qu'on n'a plus de gouvernement. Il y a toujours un gouvernement d'affaires courantes. G.Attal est toujours Premier ministre démissionnaire.
Il n'est pas supposé pouvoir voter demain. - C.Roux: Et il va le faire. - J.-P.Derosier: Je sais. J'en ai parfaitement conscience. Ce sera contredit par les faits. Ca l'a déjà été par le passé. A plusieurs reprises, notamment en 88, M.Rocard a présenté sa démission le 22 juin et il est allé à l'Assemblée pour voter pour L.Fabius. Il a été renommé le 24 juin. Il n'y a pas eu de contestation. Pourquoi? Parce que personne n'est compétent pour apprécier l'élection du président de l'Assemblée nationale. Le Conseil constitutionnel avait été saisi à l'époque, mais il avait décliné sa compétence. Demain, il faut voir ce qui se passe dans l'Hémicycle, s'il y a du remous. Je maintiens que c'est contraire à la Constitution. Le fait que ça va être contredit par les faits, tous les jours,
des chauffards roulent à 250 km/h sur l'autoroute... C'est interdit et ils ne sont pas pour autant rattrapés. - C.Roux: Ca pourrait être contesté, légalement. - J.-P.Derosier: Oui, mais on ne sait pas devant qui. - C.Roux: Je pense aux Français. Il y a un sondage Elabe intéressant. Un Français sur 2 considère que ce n'est pas forcément un problème si on n'a pas de Premier ministre à la rentrée. Ils expliquent qu'il vaut mieux prendre le temps d'avoir une équipe plutôt stable, donc cet entre-deux ne semble pas pour l'instant irriter les Français. - S.Quéméner: Il y a eu un moment d'accélération politique terrible entre le début du mois de juin et le second tour des législatives. On comprend ce sentiment, cette volonté de poser la question: combien de temps ça va durer? En 2022, souvenez-vous des premiers sondages après l'Assemblée à la proportionnelle élue sans majorité absolue.
Les Français avaient dit: "C'est ce qu'on veut." Ca a inquiété E.Macron. C'est l'une des raisons de la dissolution. Il sentait que les Français ne comprenaient plus ce qui se passait à l'Assemblée nationale. La question, c'est combien de temps les Français restent dans cette disposition? Certains pensent que ça installe quelque chose de délétère. Les Français sont allés voter 3 fois en 28 jours. C'est difficile de ne pas dire: "On tient compte de ce que vous avez décidé. On a toujours le même Premier ministre." Il y a une réserve sur la candidature de Y.Braun-Pivet à l'Assemblée nationale. Elle était déjà présidente de l'Assemblée nationale avant, donc c'est un obstacle pour elle. Il faut l'idée qu'il y a un changement. - C.Roux: Les Français ont voté pour un changement.
- J.-P.Derosier: Les Français ont envoyé 3 messages très clairs. D'abord, ils ne veulent pas d'un gouvernement d'extrême droite. Deuxièmement, ils sont toujours là pour faire front républicain. Troisièmement, ils ne veulent plus de la majorité présidentielle sortante. G.Attal a été très clair dans la campagne. En janvier, le président l'a nommé. Il a demandé aux Français de l'élire. Les Français ont dit non. - C.Roux: Il a parlé d'un "pacte d'action" sur TF1, hier soir.
"Nous allons faire des propositions pour limiter le rôle du Premier ministre démissionnaire et proposer une sortie de crise? - C.Barbier: Non, mais c'est le rôle du président du groupe Renaissance. Il a dit: "Je ne serai pas le prochain Premier ministre." Il a pris acte de cette défaite claire et nette. Dans la situation arithmétique de l'Assemblée nationale, pour composer cet arc-en-ciel qu'on cherche, pour être à l'abri d'une motion de censure, c'est l'un des éléments à la manoeuvre. G.Darmanin tend la main à la droite. L.Wauquiez a parlé d'un pacte législatif. Horizons commence à proposer une alliance qui irait de Renaissance à LR.
Les acteurs mettent des cartes sur la table pour voir ce qui pourrait faire un jeu d'atouts. Ca finira par aboutir. - C.Roux: Qu'est-ce qui vous rend si optimiste? - C.Barbier: Le point commun entre tous gens, c'est qu'ils ne veulent pas d'un gouvernement technique. Ils ne veulent pas d'un haut fonctionnaire, d'un retraité de la politique, avec lequel le président pourrait travailler comme avec un collaborateur qui prendrait des mesures nécessaires, donc impopulaires. Il n'aurait pas de majorité à l'Assemblée. Ca donnerait l'impression aux Français que les politiques sont devenus définitivement inutiles. Ce gouvernement de semi-immobilisme ne serait bon ni pour la France
ni pour les partis politiques. S'ils ne sont pas capables de résoudre l'équation parlementaire de 2024, comment pourraient-ils entraîner une majorité de la population à la présidentielle de 2027? Ils jouent tous leur crédibilité. - C.Roux: Ca veut dire que collectivement, ils ont intérêt à ce que la France sorte de cette situation inconfortable? - C.Barbier: Collectivement et chacun individuellement pour son destin. Ils ne peuvent pas être emportés par une crise de régime qui ressemblerait à celle de la IVe République.
Le personnel a été complètement changé. C'est ça qui les menace, mais ça passe par 2 préalables. D'abord, que cette hypothèque du Front populaire, avec des ministres LFI, soit levée. Il y aura une motion de censure tout de suite. 2e hypothèse à lever: la motion de censure. Aucun Premier ministre n'aura une majorité de 289 avec lui. Mais il y a des cocktails qui peuvent éviter d'avoir une motion de censure votée par 289 députés contre le gouvernement, c'est-à-dire une motion de censure
qui additionne le RN et les alliés d'E.Ciotti, et qui... Les motions de censure feront 210 voix, pas plus. - C.Roux: C'est peut-être le seul compte à rebours qui est enclenché: celui du budget. Il faudra, quoi qu'il arrive, voter un budget en octobre car les turpitudes de l'Assemblée ne changent rien à leur urgence de prendre des décisions et de rétablir peut-être l'équilibre. Nous avons rencontré P.Moscovici, le président de la Cour des comptes. - P.Moscovici: L'ignorance de la dette est une faute politique majeure. Que vous soyez de droite, de gauche, quel que soit votre programme, n'ignorez pas la question de la dette publique.
Il est impossible de conduire un programme politique quelconque qui puisse rendre service à nos concitoyens avec une dette publique qui continue d'augmenter jusqu'à 3600 milliards d'euros. Tout ce que vous voulez, si vous avez une telle charge de la dette... La principale source, c'est la dépense publique. Nous avons aussi le taux de dépense publique le plus élevé d'Europe. On parle de dépenses de santé. Elles croissent considérablement depuis des années. Je pense qu'elles peuvent être gérées mieux pour moins cher, sans dégrader la qualité des soins pour les Français. Il n'y a pas de tabou non plus. Le seul tabou, c'est la justice. On peut dépenser mieux sans toucher davantage ceux qui en ont le plus besoin.
C'est pourquoi je suis hostile à toute politique d'austérité. L'austérité, ça affaiblit l'Etat et paupérise les services publics. Ca mécontente le citoyen. Quand, dans la même semaine, la Commission européenne, le FMI, nous rappellent que nous avons des ajustements à faire, alors nous devons être conscients que notre crédibilité est en jeu et répondre non pas à une discipline qui vient de l'étranger, mais à un problème de crédibilité. Je suis inquiet, mais je ne suis pas alarmiste. Je ne dis pas que nous sommes un Etat en faillite, comme le disait F.Fillon.
Le prochain gouvernement, quelle que soit sa composition, l'une des premières tâches qu'il devra affronter, c'est d'aller négocier à Bruxelles, à la Commission européenne, un plan de moyen terme, parce que ce sont nos règles communes. La 2e chose à faire, c'est préparer, et vite, parce qu'il faut le présenter d'ici début octobre, un projet de loi de finances. Il faut un projet de loi de finances pour la Sécurité sociale qui tienne la route. Il doit répondre aux grandes aspirations des Français
qui permettent de financer les services publics, mais il faudra aussi entamer la voie du désendettement. Il y aura beaucoup de travail. - C.Roux: Il a fixé un cadre clair, pour le coup, le président de la Cour des comptes. - C.Barbier: Il a beau dire qu'il n'est pas alarmiste, il est assez glaçant. Il avait la reproduction de l'Ours blanc Pompon sur son bureau. Ca s'impose à tous les participants. Ca donne 2 impératifs. Il y a un impératif de révision de tous les programmes. Au Front populaire, à la droite extrême ou en Macronie, ceux qui ont promis un peu tout devront arrondir les angles.
Le 2e impératif est de s'entendre à l'Assemblée nationale. Ce budget n'entraîne pas par un 49-3 inévitable, une motion de censure qui ferait tomber le gouvernement et le budget. Le budget 2024 ne peut pas être adapté à la crise qui nous attend et aux exigences internationales. C'est embêtant. Ca pourrait faire un ministre de gouvernement technique si personne ne veut faire le boulot. - C.Roux: On ne lui a pas posé la question. Question. Ce gouvernement provisoire peut-il faire une proposition de budget? - J.-P.Derosier: C'est obligatoire. - L.Hausalter: Il faut un budget sur la table le premier mardi d'octobre. C'est prévu comme ça par les textes.
- J.-P.Derosier: Il est en train de le faire. - C.Roux: S'il y a un exercice qui est éminemment politique, c'est le budget. Quel budget peut satisfaire le Nouveau Front populaire et les LR? Certains veulent une rigueur budgétaire. D'autres veulent le Smic à 1600 euros. Comment est-ce possible? - S.Quéméner: Les données ont été posées sur la table par B.Le Maire. Il y a à la fois les économies qu'il a fallu faire pour 2024 mais il a déjà annoncé 20 milliards pour 2025. On voit qu'on s'achemine doucement vers un budget très dur. Il faut couper dans les dépenses publiques. Cette question a occupé une partie de 2024. Il y a eu les annonces de 10 milliards d'économies
supplémentaires en février. B.Le Maire a repris la parole la semaine dernière pour dire: "On va devoir geler 5 milliards de crédits dans les ministères." Il faut faire un budget pour 2025 encore plus dur. Personne n'aura envie d'endosser ces mauvaises nouvelles. Dans le débat tel qu'il a été posé pendant ces législatives, ce n'était pas vraiment le sujet. La question, c'était le pouvoir d'achat des Français... On n'a pas trouvé de solution évidente dans le programme des uns et des autres pour le déficit. Si on fait la continuité de ce qui a été fait, c'est la continuité de quoi? Le "quoi qu'il en coûte"?
Le bouclier énergétique? C'est ce qui s'est passé entre 2022 et 2024, qui n'est pas facilement lisible... C'est un grand saut dans le vide, cette question du budget. Ce sera la première question. Elle oriente tout. Si on pousse le raisonnement jusqu'au bout, qui aura envie d'aller à Matignon sans avoir les marges de manoeuvre nécessaires? - C.Roux: Nous avons une question raccord avec ce que vous dites. Vous voulez répondre? - J.-P.Derosier: Je ne le suis pas, en tout cas. - C.Roux: Sur la gestion et le rendez-vous du budget? - J.-P.Derosier: Le rendez-vous du budget est primordial et indispensable. Il y a des moyens constitutionnels. Il n'y en a qu'un qui permette de passer outre l'absence de vote du Parlement. C'est prévu par l'article 47-3 de la Constitution. C'est dans l'hypothèse où le Parlement ne se prononce pas. Ca ne veut pas dire approuver. S'il se prononce en rejetant, il s'est prononcé. S'il ne se prononce pas,
si les délais font qu'il n'arrive pas au vote... C'est comme ce qu'on avait vu sur la loi de la réforme des retraites. C'était une loi budgétaire puisqu'on est passé par la loi de financement. L'Assemblée nationale ne s'était pas prononcée. Pareil avec le budget ordinaire. Si le Parlement ne se prononce pas, si l'Assemblée ne se prononce pas... Le budget est mis en oeuvre par ordonnances. Si le Parlement se prononce, s'il rejette, on est coincés. Pourquoi? Il y a d'autres mécanismes, mais qui imposent
que le Parlement se prononce. Au moins, la partie recettes doit être votée. Dans l'hypothèse alarmiste, catastrophiste, où le Parlement s'est prononcé pour rejeter... Il y aurait une motion de censure et pas de budget... On est dans l'interruption du fonctionnement régulier des pouvoirs publics avec des menaces graves sur la sécurité de l'Etat. Plus de budget, plus de défense, plus de police, plus rien. Ca réunit les conditions d'un article de la Constitution qui confère les pleins pouvoirs au président de la République, l'article 16. - C.Roux: Ca peut fonctionner sur la partie budgétaire? - J.-P.Derosier: Non, oui...
Ca permet au président de prendre toutes les mesures. - C.Roux: Y compris de faire passer le budget? - J.-P.Derosier: Oui. A titre personnel, je ne crois pas que l'article 16 sera activé. Pourquoi? La menace de dire: "Si vous ne votez pas un budget dans les temps, je vais activer l'article 16... J'aurai des pouvoirs budgétaires et les autres pouvoirs." - C.Roux: Personne ne le souhaite. - J.-P.Derosier: A commencer par les Français. Les parlementaires, notamment les députés, ne veulent pas offrir ce cadeau au président. Ils vont donc se mettre d'accord sur un budget. - C.Barbier: L'article 16 serait difficile à justifier. Ni l'intégrité du territoire, s'il n'y a pas de budget... Les armées étrangères ne vont pas forcément nous envahir pour ça,
mais on est à la frontière de l'interprétation. Quand on regarde les 7 années écoulées, il y a eu 2 années de bonne gestion où les déficits ont diminué. L'emploi est reporté. C'est le début du macronisme. Il y a 3 années de gestion de crise avec les "gilets jaunes" et le covid avec le "quoi qu'il en coûte". Il y a 2 ans de tentatives de redressement où il y a une mauvaise surprise en 2023. Le déficit était plus élevé car les recettes ne sont pas entrées comme prévu par Bercy.
Il y a eu une erreur de calcul monumental. C'est ce qui plonge dans l'incertitude. Macron a dit qu'il fallait préserver les acquis économiques, réformer le régalien, et ça coûte de l'argent, embaucher des policiers, renforcer l'armée... Il veut aussi prendre en compte la justice sociale, demande à prendre en compte suite au vote des électeurs. C'est soit augmenter les impôts... Dans le dogme du macronisme, qui est de ne pas augmenter les impôts, une porte pourrait s'entrouvrir. - C.Roux: Que deviennent les textes qui étaient débattus à l'Assemblée nationale? Il y a la fin de vie, la taxation sur les achats d'actions, la loi de simplification de la vie des entreprises, le projet de loi d'orientation agricole... Que deviennent ces textes?
- L.Hausalter: Ils ont interrompu les travaux... - J.-P.Derosier: La règle est simple. Tout texte qui était en instance devant l'Assemblée nationale tombe. L'Assemblée nationale n'est plus. On change de législature. On recommence à zéro. Les textes en instance devant le Sénat, déposés d'abord devant le Sénat ou votés par l'Assemblée nationale, qui sont partis au Sénat, restent. - C.Barbier: Je crois que c'est le cas de la loi agricole qui a été sauvée in extremis. - J.-P.Derosier: Les textes peuvent être réinscrits à l'ordre du jour du Sénat d'abord et ensuite revenir à l'Assemblée nationale. Le Sénat est une assemblée permanente.< Tout ce qui est sur son "bureau", en instance chez lui, ne tombe jamais.
- C.Roux: Le Sénat va prendre un rôle particulier dans cette période? - J.-P.Derosier: Oui. Il en a déjà un depuis 2017. Notamment avec l'affaire Benalla et toute la cacophonie à laquelle on assiste depuis 2022, le Sénat a un rôle à jouer. G.Larcher dit que le Sénat ne dit jamais non par dogmatisme... Les parlementaires suivaient aveuglément le gouvernement... Au 2e quinquennat, une majorité introuvable ou quasi introuvable à l'Assemblée nationale.
Le Sénat a déjà joué un rôle. Le Sénat va devoir déployer ses efforts de diplomatie et de réflexion, ce qu'il sait faire, et apporter sa pierre à l'édifice. - C.Barbier: Au terme de ce jeu d'échecs incompréhensible, s'il y avait un Premier ministre LR qui tenterait sa chance, il viendrait du Sénat. On n'est pas à l'abri d'une motion de censure à l'Assemblée nationale. Il pourrait s'adosser à sa majorité au Sénat. Il resterait un peu à l'abri des jeux de présidentiables. Ca pourrait être une carte pour le président, si un semblant
de majorité relative se construit de Renaissance à LR ou des socialistes à LR. - C.Roux: Le Nouveau Front populaire discute. Les Ecologistes soutiennent A.Chassaigne. - C.Barbier: Pour la présidence de l'Assemblée nationale. Il y avait une hésitation entre C.Chatelain des Verts et A.Chassaigne, qui a la légitimité des vieux grognards de l'Assemblée nationale. C'est un parlementaire ancien et très apprécié. C'est un parlementaire qui sait faire l'unanimité en la construisant à la buvette d'abord et dans l'Hémicycle après. - C.Roux: Juste un mot... Demain...
On va parler du perchoir. Sur ce qui va se passer demain, faut-il en attendre autre chose qu'une répartition des postes? Il pourrait y avoir une clarification à la faveur de ces votes qui auront lieu à l'Assemblée, pas simplement pour la présidence mais aussi pour les questures, la présidence de la commission des finances? - L.Hausalter: C'est un indicateur politique. Rien que le fait que le NFP se mette d'accord sur un nom, c'est un indicateur important.
- J.-P.Derosier: Retrait et ajout, entre chaque tour... - C.Barbier: On peut changer de candidat. - J.-P.Derosier: Ce n'est pas la présidentielle. - L.Hausalter: Quelqu'un peut se présenter au 3e tour alors qu'il n'était pas présent aux 2 autres tours. Les tractations s'annoncent longues et fastidieuses. Ca peut se jouer à gauche parce que le NFP arrive à se mettre d'accord. Si quelqu'un a la majorité aux 2 premiers tours, au 3e tour, ils sont plus nombreux. A.Chassaigne aurait toutes ses chances. Des manoeuvres se trament entre l'Elysée, Matignon, le groupe de G.Attal, Les Républicains de la droite, voire le RN...
C'est pour voir si on ne peut pas contrecarrer un président de l'Assemblée nationale du NFP. Pourquoi? Si le Nouveau Front populaire décroche le perchoir, ça veut dire qu'ils sont les premiers. Si l'on suit cette logique démocratique, s'ils arrivent à être les premiers à avoir un nom commun pour Matignon, Matignon, c'est aussi eux. - C.Barbier: Après le 2e tour, A.Chassaigne étant en tête, les LR vont dire: "On veut bien se rallier à une candidature commune Renaissance, Horizons et LR, mais il faut changer la candidature car ça ne peut pas être Y.Braun-Pivet."
Les Républicains auront A.Genevard comme candidate. Elle a été vice-présidente de l'Assemblée nationale. C'est une personnalité équanime. Elle a géré beaucoup de crises. Il pourrait y avoir un retrait des votes RN qui ne présenteraient plus de candidat au 3e tour. - C.Roux: Ils auraient quoi, en échange? La commission des finances? - C.Barbier: Ils vont probablement se battre pour la questure. E.Ciotti s'y est accroché longtemps. - S.Quéméner: Ce qui est intéressant, c'est qu'E.Macron attend la structuration de l'Assemblée nationale. C'est exactement à ça qu'il pense, à cette élection, pour savoir qui montera au perchoir et qui sera la majorité. C'est pour ça qu'il attend ce moment avec une grande
impatience politique. - J.-P.Derosier: Le calcul arithmétique de C.Barbier est très bien, mais il faut prendre un autre groupe en considération, celui de C.de Courson, de Liot. Il peut rallier certains non-inscrits. Ils sont entre 20 et 30. S'ils se ralliaient au NFP, le NFP repasserait devant. Entre les 2 premiers tours, la suspension de séance ne sera pas longue, mais entre le 2e et le 3e, une nouvelle candidature avec retrait des anciennes peut émerger. Ca pourrait faire davantage consensus.
Ca pourrait rassembler. Cela pourrait permettre de passer devant d'autres qui ne veulent pas se rallier. - C.Roux: C'est le sujet qui peut mettre tout le monde d'accord. Il n'y en a pas beaucoup. Il faut tout faire pour éviter l'instabilité politique pendant les JO sur fond de menaces terroristes et de tensions sociales. A une semaine de la cérémonie d'ouverture, les yeux étaient rivés sur la Seine et sur une nageuse qui a tenu sa promesse. - C'est une promesse tenue... Sous les applaudissements de dizaines de Parisiens venus assister au spectacle, A.Hidalgo entre dans l'eau.
- A.Hidalgo: Elle est super. - Une baignade pour rassurer: à 9 jours du lancement des JO, la Seine est suffisamment propre. - A.Hidalgo: Elle est très douce. Il n'y a pas de vase. Elle est assez claire, malgré tout. Si on a eu du mauvais temps jusque-là... Elle est fraîche mais pas froide. C'était très agréable. Retrouvez ce rapport au fleuve qui est un élément de nature sauvage, c'est très important. - Avant le grand saut, la maire de Paris a dû faire des investissements colossaux, 1,4 milliard d'euros pour dépolluer la Seine. Ca valait bien aussi un plongeon de la ministre des Sports. - A.Oudéa-Castéra: Elle est douce! - Samedi, A.Oudéa-Castéra avait déjà testé la température avec un peu moins d'assurance et de supporters aux aguets. - A.Oudéa-Castéra: On l'attendait. Un énorme travail a été fait par un collectif de gens. On va y arriver. En plus, ça va bénéficier à tout le monde après.
- Il ne reste au président qu'à tenir sa parole. Il avait fait une promesse cet hiver. - E.Macron: Des engagements ont été pris. J'irai mais je ne vous dirai pas quand. Vous risqueriez d'être là! - Paris s'active. Dernières installations, derniers préparatifs avec toujours la même attention: écarter la moindre menace capable de faire dérailler la machine. Les menaces de grève, notamment. Dernière en date dans les aéroports parisiens, mais les collaborateurs ont obtenu gain de cause: 300 euros de prime versée en septembre. ... Des primes en cascade, jusqu'à 1900 euros, notamment pour les policiers et gendarmes mobilisés en Ile-de-France. 95 euros brut par jour travaillé pour les cheminots. Entre 600 et 1900 euros pour les éboueurs parisiens. Un coût de 400 millions d'euros pour les finances publiques mais selon la secrétaire générale de la CGT, certaines professions ne sont pas encore suffisamment payées. - S.Binet: Il faut que ça fasse tache d'huile. Dans le domaine de la sécurité, les conditions de travail sont difficiles et les salariés sont maltraités. Il y a plein d'entreprises de sécurité où il n'y a pas de négociation. Sans négociation, il y aura des grèves. Le patronat doit prendre ses responsabilités.
- Pas question pour le gouvernement de mettre en difficulté le dispositif de sécurité. La menace terroriste plane toujours sur les JO. Deux risques d'attentats ont été déjoués pendant le relais de la flamme. Des personnes soupçonnées d'être une menace pour la sécurité des épreuves ont déjà été écartées. - G.Darmanin: Nous avons prononcé 3922 entraves. Ca peut être des gens soupçonnés d'ingérence de la part d'un pays étranger. Nous faisons attention aux citoyens russes ou biélorusses, par exemple. Ca peut être des gens avec des casiers judiciaires. Ils ne pourront pas accéder aux épreuves des JO. Ca peut être des gens sous OQTF. - Un jeune néonazi de 18 ans projetant des actions violentes pendant la période des JO a été arrêté en Alsace et placé en garde à vue.
Il aurait proféré ces menaces sur une chaîne Telegram d'extrême droite. - C.Roux: On entre dans le money time. La pression sociale n'est pas totalement réglée avec les agents de sécurité qui réclament des primes. Il y a des craintes aussi sur la sécurité. - C.Barbier: Ce sont 2 dossiers différents. Les syndicats français ont cette tradition de pousser leurs avantages par ce chantage à la grève. Ca a aussi été compliqué par le jeu de la CGT qui a fait beaucoup
de politique en mettant la pression sur le Front populaire. Il y a eu un mélange des genres qui a faussé le débat. Ces hypothèques se lèvent dans les dernières lignes droites, à la dernière minute. On n'a pas la tradition des accords de objections où on tombe d'accord 6 mois avant. Je suis surpris de voir que les arrestations qui ont lieu, ce sont souvent des jeunes, parfois des mineurs, depuis quelques semaines. Ca veut dire que les adultes sont devenus raisonnables ou qu'ils sont passés sous les radars? Ca ne rassure pas. Heureusement, il y a tout ce qu'on ignore. C'est là que la police et les renseignements sont les plus efficaces. De toute façon, c'est trop tard. Tout est prêt. S'il y a eu des failles dans le système, pour l'organisation technique ou pour la sécurité, ce n'est pas
maintenant qu'on va réparer. - C.Roux: G.Darmanin a dit qu'il y avait eu des interpellations préventives de gens considérés comme représentant une menace terroriste. Ils ont été écartés. On ne sait pas exactement ce que ça veut dire. - C.Barbier: La privation de liberté, c'est compliqué. Empêcher quelqu'un d'aller dans une zone... Il y aura beaucoup de monde et beaucoup de chefs d'Etat et de gouvernement pour la cérémonie d'ouverture. Ca permet de faire des mesures exceptionnelles. - L.Hausalter: Ce sont des mesures administratives. On peut cribler une personne au regard de son passé. On peut interdire de circuler sur telle zone.
Il peut y avoir 2 scénarios. Ca peut tourner mal pour un attentat, un mouvement de foule, un drame quelconque... Là, ça deviendra un moment politique parce qu'il faudra rendre des comptes. On va se tourner vers les autorités en charge, le gouvernement démissionnaire. Soit les enjeux politiques se dissipent... Quand c'est une mauvaise nouvelle, on se tourne vers les responsables. Si ça se passe bien, on trouve que c'est normal. C'est ce qu'on demande aux dirigeants. On demande assez d'efforts aux gens qui habitent ou qui traversent la zone. C'est un moment de rayonnement, de joie, mais surtout, de possible apaisement, au sens où on va sortir de cette séquence politique très passionnelle
et très ramassée. Tout ça s'est joué en un mois. On a eu 3 soirées électorales en un mois. Ca permet d'enjamber jusqu'à la rentrée qui sera aussi politique, de toute évidence. - C.Roux: Vous vouliez ajouter quelque chose? - S.Quéméner: La question de la sécurité, c'est déjà passé. C'était le sujet d'il y a 3, 4 ou 6 mois. - C.Roux: Il y a eu encore une interpellation aujourd'hui. - S.Quéméner: Le sujet a dû être réglé en amont dans l'organisation, dans le criblage... Ce qui est sûr, c'est que c'est quand même une étape importante
pour E.Macron. C'est un moment de trêve pour lui, même s'il ne va pas gagner en popularité. C'est ce qui est censé rester de son 2e quinquennat, ces JO. C'est cette question. A.Hidalgo a parlé de la Seine polluée qui va dans les océans. Il dit qu'il a fait des décisions importantes d'un point de vue écologique. Ce qui se passe là, c'est important pour ça. C'est rare de rester si longtemps au pouvoir. Il a vu le lancement des JO et il va voir... - C.Roux: Il va se baigner dans la Seine? - S.Quéméner: C'est ce qu'il a prétendu, mais on n'a pas de nouvelles. - J.-P.Derosier: Il y a 2 aspects en matière de sécurité pour ce qui nous concerne. Premièrement, l'organisation de la sécurité des Français pendant l'événement, pour qu'ils puissent se déplacer sereinement, qu'il n'y ait pas de mouvement de foule, les procédures d'évacuation prévues... Tout ça est déjà organisé. Il y a aussi l'anticipation, le travail des services de renseignements. C'est tout ce que l'opinion publique ne sait pas. S'il y a des attentats terroristes qui se préparent...
Soit il y a un attentat qui se prépare et les services de renseignement sont au courant et ils vont empêcher qu'il y en ait un, soit ils ne l'ont pas vu, et de toute façon, c'est trop tard. C'est malheureux, mais c'est comme ça. Je suppose que c'est dans la première hypothèse qu'on se situe. Deux personnalités sont aux commandes et à la gestion de cette sécurité des JO: le préfet de Paris, L.Nunez et le préfet d'Ile-de-France, M.Guillaume. Eux ne sont pas des politiques. Ce n'est pas parce que le gouvernement est démissionnaire que les choses changent. Il y a des responsabilités politiques à prendre. Elles ont été prises. G.Darmanin est toujours le ministre de l'Intérieur. - C.Roux: Il faut s'y faire. Il est démissionnaire mais toujours présent. Nous revenons à vos questions.
Question. - C.Barbier: Certes. Elle a raison. Il y a 2 compétences majeures pour être à Matignon. D'abord, une connaissance de l'Etat et de l'administration. Comment fonctionne l'administration pour que les décisions soient prises? Il faut pouvoir affronter politiquement ce qui se passe à l'Assemblée nationale. Il faut faire de la politique. Les profils rassemblent rarement les 2. J.Bardella était le favori à un moment. Sur la partie politique, on ne se faisait pas de souci, mais son profil était léger sur la connaissance de l'appareil.
E.Borne, c'était l'inverse. Son parcours, en passant par diverses responsabilités, était un parcours de haut fonctionnaire quasiment complet, mais elle n'avait jamais été élue. Elle a dû faire ses preuves à l'Assemblée nationale. Il y a eu du bon et du moins bon. Des noms surgissent. Certains cochent des cases mais pas toutes. L.Tubiana a une faible connaissance du combat politique. - C.Roux: Question. - S.Quéméner: La question a été posée hier à G.Attal. Il a répondu que lui était rémunéré en tant que député, pas en tant que Premier ministre. Les ministres qui ne sont pas députés sont toujours rémunérés
par l'Etat en tant que ministres. - C.Roux: C'est lui qui choisit sa rémunération? Non? Il y a une règle? - J.-P.Derosier: Sans vouloir remettre en cause ce qu'a dit le Premier ministre, je pense qu'il continue à être rémunéré comme Premier ministre jusqu'à ce qu'il quitte Matignon et qu'il retrouve un nouvel emploi. Il reste Premier ministre. Il faut l'avoir en tête! - C.Roux: Il dit le contraire. - J.-P.Derosier: Ce n'est pas lui qui décide. - C.Roux: Il va dire qu'il ne veut pas de l'argent! - J.-P.Derosier: En revanche, il n'est pas supposé être rémunéré comme député. Il n'y a pas de cumul possible. S'il continue à percevoir sa rémunération de ministre... Il y a une règle pour ceux qui ne retrouvent pas un emploi immédiatement.
Pendant 3 mois, après la cessation des fonctions, on continue à percevoir son indemnité de ministre. - C.Roux: Question. - C.Barbier: Idéologiquement, son parcours, de plus en plus à gauche, pourrait l'inscrire dans l'idée d'être une candidate possible pour le Front populaire. Outre son âge, il y a aussi son échec cuisant à la dernière présidentielle. Désignée par une sorte de primaire très contestée... Ca s'est enlisé. Elle n'a même pas eu les 500 signatures nécessaires pour se présenter. C'est une forme de discrédit. - C.Roux: Question. On va manifester? - C.Barbier: Les grèves pourraient se déclencher
comme avant. Les gouvernements techniques prennent des mesures nécessaires. Ce n'est pas forcément les mesures les plus populaires. - C.Roux: Question. - J.-P.Derosier: Surtout pas. Il faut avoir en tête qu'E.Macron a perdu les élections. Il a perdu les élections! Sa légitimité, acquise dans des circonstances particulières en 2022, est remise en cause depuis le 7 juillet. Il a perdu les élections. Sa charge lui permet de rester président jusqu'à 2027, et il faut qu'il y reste pour assurer la continuité de l'Etat dans ce moment de crise.
Démissionner serait la pire des décisions qu'il puisse prendre. Il faut qu'il revienne à ce que la Constitution lui assigne, assurer par son arbitrage le fonctionnement régulier des pouvoirs publics sans prendre des initiatives. S'il invite les différents partis politiques à essayer de s'entendre, il est dans son rôle. - C.Roux: C'est ce qu'il a essayé de faire dans sa lettre? - J.-P.Derosier: Il a essayé de donner une ligne. - L.Hausalter: Il a donné des orientations politiques précises: plus de justice sociale, plus de régalien... Ce n'est pas tout à fait conforme à ce que devrait être un régime qui devient parlementaire. - C.Roux: C'est les cordons de la bourse? - C.Barbier: Oui. Ils ont à leur disposition des capacités de réception et des appartements.
C'est le réacteur nucléaire et financier de cette Assemblée. Ils sont plus Dans la politique politicienne que ne peut être un président ou une présidente qui est un peu au-dessus. - C.Roux: Question. - L.Hausalter: Il est à Strasbourg. Il y a moins de caméra qu'à Paris. C'est l'ouverture de la session du Parlement européen. Il compte sur son score aux européennes, 14 %, pour avoir une vie après. - C.Roux: Question. - S.Quéméner: Non. E.Macron espérait déjà avoir de meilleurs résultats aux européennes. Il espérait aussi un sursaut en sa faveur, peut-être
pas une majorité absolue, mais plus de députés. - C.Roux: Jean-Pierre fait référence au rendez-vous du budget. Question. - C.Barbier: Pas seulement à la rentrée. Pendant 10 ans, il faudra en faire. Faire des sacrifices ne veut pas dire qu'on arrête d'investir et de réformer d'autres politiques qui peuvent être favorables aux citoyens. - C.Roux: Merci à tous. Fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir vers 22h30. Vous pouvez aussi regarder "C dans l'air"
Gabriel Attal