Séparatisme: face aux discours démagogiques racistes : travailleurs ne nous laissons pas diviser
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:46OuverteRéponse directe
Nathalie Artaud, votre réaction sur ce qu'on vient d'entendre de la part d'Emmanuel Macron ?
- 1:40OuverteRéponse partielle
Quand le président annonce que tous les enfants, désormais à partir de 3 ans, seront scolarisés physiquement, en présentiel, pour éviter l'école à la maison.
- 2:10OuverteRéponse directe
Construire un islam à la française, est-ce que ça a du sens ?
- 2:30ComplaisanteRéponse directe
Une chose à dire ce soir.
- 2:55OuverteRéponse partielle
Est-ce que, sur le fond, Nathalie Artaud, c'est à l'État d'organiser la religion musulmane française ?
- 3:31OuverteRéponse directe
Par exemple, arrêter le financement par l'étranger de certaines mosquées ou de certains imams.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51Invité politiqueChiffre
« Je me dis que ce discours et ce déplacement pourraient être mis sur le compte de la future campagne présidentielle de 2022. »
- 1:18Invité politiqueFait
« Il veut rester dans la roue de Marine Le Pen. Il fait du racolage, y compris sur le terrain de la droite. »
- 1:34Invité politiqueFait
« Et moi, ça me choque parce que ça va retomber encore sur le dos des musulmans. »
- 1:56Invité politiqueFait
« Je ne crois pas une seconde que ce soit le but recherché. »
- 2:07Invité politiqueFait
« C'est que ça va dans le sens d'un certain nombre de préjugés, que ça va dans le sens des suspicions, des amalgames. »
- 2:15Invité politiqueFait
« Donc, écoutez, moi, j'ai cru comprendre quand même qu'il y avait la séparation de l'Église et de l'État, que ce n'était pas M. Macron qui allait construire l'islam. »
- 3:23Invité politiqueFait
« Tout ce qu'il a annoncé là n'avait absolument pas besoin d'un nouveau projet de loi. »
- 3:36Invité politiqueFait
« D'ailleurs, ils le disent qu'ils le contrôlent déjà. »
- 4:26Invité politiqueFait
« Mais pour vous, la loi, ça suffit pour les débusquer et pour les arrêter. »
- 4:44Invité politiqueFait
« Pourquoi, y compris ce fanatisme, pourquoi aujourd'hui attire, y compris un certain nombre de jeunes ? »
- 4:58Invité politiqueFait
« Il y a cette cristallisation de la haine. Il y a ce racisme aussi qui existe dans la société, où un tas de jeunes, de moins jeunes, se sentent rejetés, pas à leur place, marginalisés. »
- 5:55PrésentateurFait
« En colère contre quoi ? »
- 6:06Invité politiqueFait
« Ce qui dépend du gouvernement, ce qui dépend de l'État, eh bien, voilà, il ne le fait pas. »
- 6:35Invité politiqueChiffre
« Ce qui est dingue, ce qui est dingue, c'est qu'on n'a pas une place de plus en réanimation, c'est qu'on n'a pas une infirmière de plus. »
- 6:44Invité politiqueFait
« Le pire, c'est qu'on en a moins parce qu'on a toujours les 5 000 places en théorie. Mais en réalité, en fait... »
- 6:54Invité politiqueFait
« Ce n'est même pas vrai puisque aujourd'hui, même sur les 5 000 places en réanimation, il y en a plusieurs centaines qui ne pourraient pas fonctionner par manque de personnel. »
- 7:17Invité politiqueFait
« C'est que justement, les conditions de travail sont telles, les salaires sont tellement bas, il n'y a aucune reconnaissance. »
Temps de parole
- Nathalie Arthaud72 %
- Présentateur28 %
≈ 2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vendredi soir, première partie, ravie de vous retrouver. Merci à Nathalie Artaud d'être avec nous, porte-parole de Lutte Ouvrière. Cécile Rilac, vous êtes députée La République En Marche du Val d'Oise. Autre valoisien en face de vous, Rachid Temal, sénateur du Val d'Oise et porte-parole du Parti Socialiste. Et puis on est revu d'accueillir Gilles Platret, vous êtes vice-présidente des Républicains et maire de Chalon-sur-Saône. Alors, le discours présidentiel était particulièrement attendu. Même certains disaient qu'il n'y arriverait pas à le faire, ce discours. Il l'a fait sur le séparatisme islamiste et les mots ont bien été dits. Écoutez.
Ce à quoi nous devons nous attaquer, c'est le séparatisme islamiste. Nathalie Artaud, votre réaction sur ce qu'on vient d'entendre de la part d'Emmanuel Macron ?
Je me dis que ce discours et ce déplacement pourraient être mis sur le compte de la future campagne présidentielle de 2022. C'est purement électoraliste pour vous ? C'est purement électoraliste, évidemment. Il fallait absolument qu'il fasse ce discours. Il lui fallait un projet de loi sur l'islamisme radical. Alors, il a cherché ses mots. Il a hésité. Il a essayé de voir ce qui allait lui permettre de composer la base électorale la plus large. Mais ça ne sert qu'à ça. Voilà. Il veut rester dans la roue de Marine Le Pen. Il fait du racolage, y compris sur le terrain de la droite. Je vois que vous êtes en partie satisfait. Écoutez, certains de vos électeurs le seront sans doute aussi. Voilà.
Et c'est de la démagogie. Et moi, ça me choque parce que ça va retomber encore sur le dos des musulmans.
Mais par exemple, quand le président annonce que tous les enfants, désormais à partir de 3 ans, seront scolarisés physiquement, en présentiel, pour éviter l'école à la maison.
Non, mais moi, je ne vais pas discuter de tel ou tel... Ah ben si, parce qu'on va en parler, là ! Je ne crois pas une seconde que ce soit le but recherché. Il ne se pose même pas la question de l'efficacité de telle ou telle mesure. Encore une fois, ce qui compte, c'est la petite musique. C'est que ça va dans le sens d'un certain nombre de préjugés, que ça va dans le sens des suspicions, des amalgames.
Mais construire un islam à la française, est-ce que ça a du sens ?
C'est ça, la réalité. Donc, écoutez, moi, j'ai cru comprendre quand même qu'il y avait la séparation de l'Église et de l'État, que ce n'était pas M. Macron qui allait construire l'islam. Donc, non, mais tout ça, encore une fois, c'est la petite musique. Il lui fallait ces mots-là. Moi, j'ai une chose à dire ce soir. Une chose à dire. J'ai envie de m'adresser justement au monde du travail, à l'ensemble de ceux qui vont se retrouver demain matin, à 5h du matin, dans le RER, à tous ceux qui vont aller rejoindre les entreprises, les usines, etc. On va leur dire qu'on est de deux religions différentes, d'origines différentes, de nationalités différentes. Ne nous laissons pas diviser.
Ne nous laissons pas diviser.
Est-ce que, sur le fond, Nathalie Arthaud, c'est à l'État d'organiser, si on suit un peu ce que dit le président, la religion musulmane française ?
Écoutez, moi, je ne vais pas revenir sur ce que j'ai dit tout à l'heure. Moi, ce qui me frappe dans ce discours, c'est que la plupart des mesures n'avaient pas besoin de loi, en fait, pour être mise en œuvre. Voilà. Tout ce qu'il a annoncé là n'avait absolument pas besoin d'un nouveau projet de loi. En réalité, il y avait tous les outils pour faire ce qu'il avait envie de faire.
Par exemple, arrêter le financement par l'étranger de certaines mosquées ou de certaines imams.
Mais ils peuvent le contrôler. D'ailleurs, ils le disent qu'ils le contrôlent déjà. Donc, ils ont un tas de moyens, en réalité. Sauf que là, voilà, encore une fois, il lui fallait ce projet de loi. Il lui fallait parler de l'islam, de ses dérives, etc.
Dans les services publics, pas de signes extérieurs, pas de signes extérieurs religieux, y compris dans les missions, j'allais dire, déléguées. Par exemple, les compagnies de bus qui assurent des missions de services publics. Si une femme est au volant, elle n'est pas de voile. Ça vous choque, ça ?
Moi, il y a beaucoup de choses qui me choquent. Il y a beaucoup de choses qui me choquent. Et je ne suis pas naïve. Je sais aussi qu'il y a des militants de l'islam politique qui cherchent effectivement à utiliser le désarroi, la détresse, la marginalisation, la révolte, la colère, pour avoir une emprise plus grande et un pouvoir sur ce qu'ils prétendent être leur communauté. Donc, bien sûr qu'il y a des militants de l'islamisme politique. Mais pour vous, la loi, ça suffit pour les débusquer et pour les arrêter. Mais sur la base de quoi ils font recette ? Pourquoi, y compris ce fanatisme, pourquoi aujourd'hui attire, y compris un certain nombre de jeunes ?
Parce qu'en effet, la société, avec la crise, avec le chômage de masse, avec cette société qui se disloque, qui se déglingue, je dirais, par tous les bouts, eh bien, il y a tout ça. Il y a cette cristallisation de la haine. Il y a ce racisme aussi qui existe dans la société, où un tas de jeunes, de moins jeunes, se sentent rejetés, pas à leur place, marginalisés. Donc, c'est tout ça qu'il faut changer. Et moi, je pense que ça, on ne le changera pas si on ne change pas cette société. Si on ne change pas cette société qui fabrique, qui fabrique ces inégalités, cette misère, qui va de crise en crise. Mais bien sûr qu'ils en profitent.
Mais comme d'autres peuvent en profiter, dans plein d'autres pays, et comme à d'autres époques, d'autres fanatismes, d'autres pourraient en profiter.
Ça vous paraît très normal si Olivier Véran, dimanche, arrivait et disait, ben oui, à partir de demain, les bars, on les ferme, à Paris, à Lille, à Lyon, à Saint-Étienne. Est-ce que les chiffres ne sont pas bons ? Ou bien il y aurait une certaine révolte de votre part, comme on l'a vu à Marseille ou à Aix ?
Moi, de toute façon, depuis le début, je suis très en colère. Je suis très en colère. Voilà, parce que ce qui dépend...
En colère contre quoi ?
Parce que ce qui dépend du gouvernement, ce qui dépend de l'État, eh bien, voilà, il ne le fait pas. Il ne le fait pas.
Mais alors attendez, qu'est-ce qu'il faut faire, là ?
Écoutez, vous savez, c'est ce qui me frappe. Ce qui me frappe, c'est que les mesures, les gestes barrières, le masque, le lavage des mains, etc., ça porte ses fruits. Ça porte ses fruits puisque la courbe est nettement en dessous de celle de mars-avril et qu'elle progresse, oui, mais très lentement. On voit quand même qu'il y a une préoccupation dans la population qui se plie à un certain nombre de contraintes, des contraintes lourdes, des contraintes importantes. Vous savez, travailler toute la journée avec le masque, c'est très, très difficile. On vous le confirme.
Ce qui est dingue, ce qui est dingue, c'est qu'on n'a pas une place de plus en réanimation, c'est qu'on n'a pas une infirmière de plus. Et même, on en a moins. Le pire, c'est qu'on en a moins parce qu'on a toujours les 5 000 places en théorie. Mais en réalité, en fait...
Et vous avez vu qu'on peut s'adapter jusqu'à 19 000, je crois, dit Olivier Véran. Mais ce n'est pas vrai.
Ce n'est même pas vrai puisque aujourd'hui, même sur les 5 000 places en réanimation, il y en a plusieurs centaines qui ne pourraient pas fonctionner par manque de personnel. Parce qu'y compris depuis cet été septembre, il y a des infirmières qui sont parties de l'hôpital, qui ont quitté l'hôpital. Ce n'est pas qu'un problème de formation.
Et une infirmière de réa, ça se forme en plusieurs années.
C'est que justement, les conditions de travail sont telles, les salaires sont tellement bas, il n'y a aucune reconnaissance. Et bien, effectivement, il y a eu cette hémorragie-là en permanence. Et puis vous savez, on peut peut-être difficilement former une infirmière en 6 mois. Mais on peut former une aide-soignante, on peut former une ASH, on peut former un brancardier. Et ça manque aussi dans les hôpitaux. Tout ça, ça n'a pas été fait par l'État. Et ça, c'est un scandale.
Nathalie Arthaud