Olivier Faure : "Il faut une gauche d’après, qui arrête avec ses mauvaises habitudes, ses querelles médiocres"
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Bonjour Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, c'est l'université, c'est la rentrée du PS ce week-end à Blois, on va évidemment détailler tout ça. Un mot d'abord sur les confidences d'Emmanuel Macron hier devant 70 journalistes, pas de réforme en vue prochainement, mais il a laissé entendre la crainte tout de même d'une rentrée sociale qui pourrait devenir agitée, croyez-vous Olivier Faure, en une rentrée sociale agitée ?
Bon d'abord, moi je préférais un président qui ne commente pas mais qui agit, et que se passe-t-il ? Nous sommes entrés en récession, la France en fait en termes d'activité moins que la moyenne de la zone euro, et nous avons aujourd'hui une inquiétude qui est très forte avec des Françaises et des Français qui s'attendent à vivre les prochains mois de manière dramatique pour nombreuses familles. Et donc la question qui est posée, c'est de savoir pourquoi nous faisons moins bien et pourquoi les Français continuent à épargner et pourquoi l'activité ne repart pas. Et vos réponses ?
Il y a une raison à ça qui est assez simple, c'est que nous avons un gouvernement qui continue de procrastiner, c'est-à-dire qu'il remet toujours au lendemain ce qu'il aurait dû faire le jour même, voire même la veille, et il n'est pas compréhensible que ce gouvernement ait fait le choix de présenter son plan de relance trois mois après le déconfinement.
Ça dit, ça ne vous a pas échappé qu'il y a tout de même une crise et qu'il faut gérer un peu dans l'urgence et un peu au jour le jour ?
Mais je regarde ce que font nos voisins, ils n'ont pas attendu trois mois pour présenter leur plan de relance. Comment voulez-vous, j'étais avant-hier dans une entreprise de micromécanique, et l'employeur, le chef d'entreprise, ne sait même pas sur quoi il peut compter pour repartir. Comment voulez-vous que sans horizon, sans avoir les règles du jeu, les moyens qui seront à disposition de chacun, l'activité puisse repartir ? Et comment voulez-vous que la confiance reparte chez les Français quand ils ignorent encore quelles vont être les mesures qui vont les accompagner au cours des prochains mois ?
Parce que j'ai entendu le président de la République qui dit, aujourd'hui le problème c'est que les Français épargnent trop, ne consomment pas assez, et c'est parce que c'est l'effet de la peur et l'absence de confiance. Mais qui est à l'origine de la peur et de l'absence de confiance, sinon le gouvernement lui-même ? C'est à lui de conjurer la peur et de rétablir la confiance.
Il y a un autre dossier qui fait sa rentrée, c'est celui de la violence. Emmanuel Macron déplore d'ailleurs la banalisation de la violence qui s'est durcie durant le confinement. Est-ce que c'est un thème qui a été trop délaissé ces dernières années ?
Sans aucun doute, mais là aussi, pardon, mais c'est difficile d'entendre un président de la République se faire le commentateur d'une réalité qui a l'air de se produire sous ses yeux sans qu'il ait autre chose à faire qu'à la commenter. Ce n'est pas ce qu'on lui demande. Ce qu'il aurait fallu faire depuis trois ans, c'est rétablir des forces de sécurité en nombre suffisant. Ce qu'il aurait fallu faire, c'est être en mesure de donner des moyens conséquents à une police qui aujourd'hui est visiblement exsangue.
Cela dit, si on prend l'exemple de Grenoble, et on parlera de vos prochains alliés, votre alliance avec les Verts éventuellement tout à l'heure, à Grenoble, face aux violences et l'appel au secours des élus écologistes, à Grenoble, qui demandent donc des renforts policiers au gouvernement, le ministre Darmanin leur a répondu qu'il ne fallait pas abandonner la police municipale comme ils l'ont fait. Une police qui n'est pas armée à Grenoble, une police qui n'est plus présente la nuit. Les Verts arrivaient aux commandes des communes. Est-ce qu'ils ont été un peu angéliques sur les questions sécuritaires ?
Mais ce n'est pas... C'est un très bon exemple. La question qui est posée, ce n'est pas celle de la police municipale, c'est celle de la police nationale. C'est un peu trop facile à chaque fois de se reposer sur les collectivités locales, et à chaque fois que l'État démissionne, dire, eh bien écoutez, débrouillez-vous. Comment voulez-vous que les collectivités fassent à l'ensemble de ce qu'il aurait demandé ?
Je sais bien que c'est devenu une habitude pour ce gouvernement de faire en sorte de dire, moi je ne m'occupe de rien, mais par contre, pour les masques, pour le soutien aux personnes qui sont touchées par le Covid, pour s'occuper des enfants, des soignants, pour s'occuper des aînés qui doivent être particulièrement accompagnés, eh bien laissons les collectivités. C'est un peu trop facile. Il y a un moment aussi où l'État doit prendre sa part, sa responsabilité, être là où on l'attend.
Pour en revenir à la violence, Olivier Faure, est-ce que vous pensez qu'elle était davantage prise en compte sous François Hollande ?
Bien sûr. Bien sûr. Enfin, je vous rappelle que c'est sous Nicolas Sarkozy qu'il y a eu 10 000 policiers et gendarmes, postes de policiers et de gendarmes qui ont été supprimés, et que c'est sous ce gouvernement-là, avec Bernard Cazeneuve, eh bien que nous avons rétabli progressivement ces effectifs. Alors ça n'est pas encore suffisant, mais vraiment, sur toutes ces questions-là, je pense que l'angélisme n'est pas là où vous pensez.
Et de la même façon que si on devait prolonger la question sur la sécurité, il faut à la fois une police qui soit mieux armée, mieux en capacité à faire son travail avec davantage de moyens, mais aussi il faut que ce soit une police qui soit vraiment républicaine. Et je vous rappelle que c'est aussi l'une des dernières décisions qui avaient été prises par le gouvernement précédent, c'était de faire en sorte que tous les policiers soient équipés de caméras piétons pour permettre d'objectiver toutes les situations et de faire en sorte que les choses se passent bien.
Une police républicaine, c'est une police sans bavure ?
Sans bavure, bien sûr. Une police républicaine, c'est une police qui est là pour rétablir l'état de droit, faire en sorte que les plus faibles soient aussi protégés, et que nous ne vivions pas dans un état de jungle permanente. Voilà, c'est le minimum que doit assurer un état républicain.
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, c'est ce week-end donc la rentrée du PS, ça se passe à Blois, et d'ailleurs cette ville n'a pas été choisie au hasard. On rappellera que le maire socialiste a été réélu dès le premier tour aux dernières municipales.
C'est le ministre de Rassemblement de toute la gauche et des écologistes.
Et c'est son troisième mandat. Est-ce que les municipales vous ont redonné un peu de baume au cœur dans ce Parti Socialiste que certains disent parfois moribond ?
Écoutez, j'espère que désormais on arrêtera d'accoler l'adjectif moribond au nom du Parti Socialiste. La réalité c'est que les grandes idées ne meurent pas, et que nous avons aujourd'hui besoin dans ce pays d'une gauche sociale-démocrate qui, à côté des écologistes, de l'ensemble de la gauche, soit en mesure d'offrir une espérance à ce pays qui n'en peut plus, et qui demande à voir autre chose que ce qu'il voit aujourd'hui.
Et on le voit bien avec la crise que nous connaissons, avec la crise du Covid, que tout ce qui avait été dévalué par les libéraux, l'État-providence, les services publics, la lutte contre les inégalités, le combat écologique pour combattre ce qu'on appelle les zoonoses, et qui sont à l'origine de cette crise du Covid, et bien tout cela a été réhabilité paradoxalement par la crise. Et donc ça suppose aujourd'hui que nous soyons en mesure de penser autrement, d'offrir une alternative à ce qui est pour l'instant l'évidence, c'est-à-dire ce duo, ce duel entretenu artificiellement par Emmanuel Macron et Marine Le Pen qui sont trop heureux de pouvoir se retrouver à chaque échéance.
Rassembler la gauche, seul moyen d'éviter selon vous ce duel Macron-Le Pen. Quelles seront vos propositions, celles que vous ferez cet après-midi à ce propos, lors de votre discours ?
Moi je souhaite, depuis toujours, ça fait deux ans que je suis Premier secrétaire, et depuis deux ans j'oeuvre au rassemblement de l'ensemble de ses forces. Il n'y a pas d'autre possibilité, il n'y a pas d'autre choix, et il y a aujourd'hui une urgence. Nous venons de parler longuement de la situation que nous connaissons, et bien on ne peut pas à la fois dire qu'il y a urgence, urgence écologique, urgence sociale, urgence démocratique, et dans le même temps expliquer qu'on va continuer comme avant. Il faut une gauche d'après, c'est-à-dire une gauche qui arrête avec ses mauvaises habitudes, qui arrête avec ses querelles médiocres, qui arrête de vivre dans la division.
C'est quoi les mauvaises habitudes de la gauche ? C'était quoi ?
Ou c'est quoi encore ? Les chabailleries ? Les égaux ? C'est cette capacité à avoir autant de candidats qu'il y a de militants ou de leaders, à avoir cette capacité à toujours penser que le rassemblement, c'est moi. Non, le rassemblement, c'est le rassemblement.
Cela dit, cette alliance à gauche, elle posera inévitablement la question du leadership, si c'est avec les Verts, si c'est avec d'autres parties de gauche. Il y aura une bataille pour le leadership de cette gauche ?
Mais justement, il ne faut pas se poser la question à cette terme-là. C'est exactement ce qui pollue aujourd'hui le débat.
Et comment faire autrement ?
Comment faire autrement ? Et bien tout simplement en appelant les uns et les autres à se mettre autour d'une table, à chercher à bâtir un projet commun. Moi, ce que je souhaite, ce n'est pas que chacun se renie. Nous avons des différences, il existe des divergences, c'est normal. Et c'est même la richesse de la gauche. Mais ce que nous devons aujourd'hui admettre les uns et les autres, c'est qu'aucun d'entre nous n'a la capacité à gagner seul. A partir de là, soit nous déroulons le tapis rouge sous les pieds d'Emmanuel Macron pour un second mandat, et ce qu'il n'a pas fait dans le premier, la réforme des retraites, la réforme de l'assurance chômage, etc., il le fera dans le second.
Et donc, nous aurons nos yeux pour pleurer, et nous aurons aussi le retour de boomerang avec toutes celles et ceux qui se sont battus contre ces réformes, qui nous en voudront terriblement, et ils auront raison. L'autre solution, c'est de se retrouver sur un projet, de faire en sorte que nous créions une coalition, c'est-à-dire avoir la capacité à avoir des forces qui se retrouvent et qui disent « Voilà, on se met d'accord sur un programme de gouvernement dans les régions, dans les départements, et après-demain, pour le pays ».
Olivier Faure, on a bien compris la philosophie de cette alliance que vous souhaitez avec les partis de gauche, mais sur la forme, est-ce qu'il est, par exemple, pour parler concret, est-ce qu'il est possible d'envisager une primaire entre les partis de gauche, les verts compris, une primaire entre vous, différents partis ?
Mais, moi, je ne veux pas, ce matin, vous dire comment nous procéderons, parce que si c'était moi qui disais « Voilà comment on procède », eh bien, ça suffirait à ce que tout le monde considère que je suis moi-même en contradiction avec ce que je porte, c'est-à-dire l'idée que nous devons choisir ensemble, les moyens de nous retrouver. Vous pouvez avoir un point de vue, tout de même. J'ai un point de vue que je leur donnerai en privé, mais ce que je souhaite aujourd'hui, c'est faire en sorte que nous puissions trouver ensemble un processus qui nous conduise à ce rassemblement. Parce que si chacun arrive en disant « Écoutez, je vais désigner mon candidat, je vais m'autodésigner, je vais...
» À quoi va-t-on arriver ? On va revoir le retour de toutes ces écuries présidentielles qui, deux ans avant, vont s'ébrouer et vont continuer à obnubiler le débat politique. Et pour arriver à quoi ? Pour arriver à ce qu'on ait deux, trois, quatre, cinq candidats à gauche au premier tour de l'élection présidentielle ? Eh bien, nous savons très bien quel est le résultat. Le résultat, ce sera la droite et l'extrême droite au deuxième tour de cette élection présidentielle.
Vous avez parlé tout à l'heure de social-démocratie. Certains ont pensé qu'elle pouvait être morte. Alors, il y a le nouveau mouvement de Laurent Geoffrin, qui donc, si je vous comprends bien, si elle existe, toujours va la faire perdurer, avec peut-être un François Hollande en embuscade.
Écoutez, voilà, c'est tout le problème. C'est que je vous parle en ce moment d'un processus qui doit nous conduire à travailler ensemble. et vous me ramenez à chaque fois des individualités. Alors, on va faire le tour des uns et des autres.
Mais non, mais les hommes sont des hommes, les femmes sont des femmes. Vous ne pouvez pas le...
Ce sont des hommes et des femmes que vous avez conviés à vos universités de rentrée, pour la plupart.
Mais je ne dis pas le contraire. Mais je ne veux pas qu'on commence à parler des hommes, mais dès à présent, de chacune et de chacun comme candidats à l'élection présidentielle, parce qu'on ne peut pas à la fois dire que nous voulons la VIème République, que nous sommes pour un rééquilibrage des pouvoirs, que nous pensons que cette politique française est aujourd'hui trop personnalisée, et en même temps embrayée à chaque fois, et être à chaque fois dans un débat de personne.
Mais non, parce que là, c'est un nouveau mouvement qui naît. On ne peut pas l'ignorer.
Oui, je n'ignore personne. Et très bien s'il y a des gens qui veulent contribuer au rassemblement de la gauche et des écologistes. Voilà, point. Mais maintenant, poser la question de savoir si ce sera François Hollande, si ce sera Yannick Jadot, Éric Piolle, Jean-Luc Mélenchon et bien d'autres, « Écoutez, je pense que cette question-là est fortement prématurée, et que plutôt que de se poser la question de savoir qui, je voudrais savoir pourquoi. » Parce que les Français, ils ne sont pas obsédés par la question de savoir qui. Ils veulent savoir pourquoi nous sommes là, ce que nous voulons proposer, ce que nous voulons faire ensemble. Parce que la politique, c'est d'abord ça.
Ce n'est pas de savoir qui occupera la place, mais c'est de savoir comment les Français verront, en fait, leurs attentes satisfaites. Comment est-ce qu'on fait pour résoudre la crise ? Comment est-ce qu'on fait pour que demain, le monde dans lequel nous vivons, soit un monde plus vivable, pour que nos enfants après nous puissent connaître une vie qui ne soit pas une vie qui soit perturbée par un réchauffement climatique, par des inégalités qui sont croissantes, par une démocratie qui est handicapée ?
Et que la gauche ne soit pas marginale.
Bien sûr. Pour cela, ça suppose que la gauche ne soit pas marginale. Elle ne l'est pas à une condition. Le problème, c'est que... Le problème, c'est nous, au fond. La marginalité, elle n'existe que dans la division. Au contraire, les municipales l'ont montré. Et avec quel éclat ? Avec quel éclat ? Les municipales ont montré que quand la gauche sait se rassembler, quand elle sait parler d'une seule voix, eh bien, elle gagne. Rendez-vous compte Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux. Enfin bon, vous voulez que je continue...
D'autres vous répondront que les municipales n'ont rien à voir du point de vue de la démarche électorale avec une présidentielle. Cela dit... Il y a des gens qui préfèrent les sondages.
Je préfère les résultats électoraux. Je préfère ce que disent les Français plutôt que ce que disent les sondages.
Olivier Faure, vous avez tout de même entendu les critiques sur votre volonté de rassembler à gauche. Les critiques de Stéphane Le Foll, par exemple. Pour la présidentielle, vous aviez donc laissé entendre que le candidat de gauche pourrait être issu des rangs d'Europe Écologie Les Verts. On vous reproche un risque d'effacement du PS. Il existe ce risque, non ?
Mais je n'ai d'abord jamais exprimé... Enfin, je n'ai jamais dit que nous voulions nous ranger derrière tel ou tel. Et c'est d'ailleurs ce que j'ai répondu hier à celles et ceux qui m'interrogeaient sur le sujet. Qu'est-ce que j'ai dit ? J'ai dit je veux un candidat unique pour la gauche et pour l'écologie. Parce que c'est la seule façon de parvenir à la victoire. Que veulent les autres ? Que veulent-ils alternativement ? Ils veulent 5 candidats ?
Ils veulent par exemple un congrès au plus tôt pour clarifier cette question. C'est envisageable un congrès avant la fin de l'année ?
Mais regardez, parlons concrètement. Puisque c'est ce que vous souhaitez. Je vous dis, moi je suis un candidat unique de la gauche et des écologistes. Que veulent les autres ?
Benoît Hamon va venir à Blois.
Benoît Hamon ne sera pas là à Blois, mais il y a des gens de son mouvement qui sont présents. Génération S. Et il y a des gens d'ailleurs de toute la gauche. Il y a des écologistes bien sûr, de toutes les sensibilités. Il y a aussi des communistes, il y a aussi des insoumis, il y a aussi Génération, il y a aussi des radicaux de gauche. Il y a aussi toutes ces familles qui contribuent à faire vivre la gauche. Mais là encore, l'intérêt de ce rendez-vous de la gauche d'après, c'est de rassembler tout le monde. Et d'arrêter de penser que chacun a la solution seul.
Je crois que vous aviez envisagé, Olivier Faure, une université de rentrée commune entre le PS et Europe Écologie-Les Verts. Pourquoi est-ce que ça ne s'est pas fait finalement ?
Je l'avais suggéré à mon homologue écologiste, Julien Bayou, qui avait lui-même fait proposition publique. Et puis, ils ont souhaité faire différemment. Je l'ai regretté. En même temps, cette université de Blois, que nous conduisons depuis plusieurs jours, elle a cette vocation. Et donc, je vous l'ai dit, toute la gauche est là. Nous nous parlons. Nous ne mettons pas d'ailleurs sous le boisseau les éventuels désaccords que nous pouvons avoir. Il y a des débats qui seront des débats, certainement des débats où il y aura de la confrontation.
Il y aura plus de désaccords que d'accords ?
Ce n'est pas ce que je vous ai dit. Non, je vous pose la question. Je dis que j'espère que non. J'espère que nous montrerons que nous avons à la fois capacité à partir de nos propres identités, mais à partir de là, arriver à trouver aussi quels sont les points de convergence. Et même, là encore, je crois que ceux qui nous écoutent se disent parfois, mais ces différences, elles doivent exister puisqu'elles ne sont pas en même partie. Mais enfin, est-ce que ça justifie qu'ils se tapent dessus ? Moi, mon adversaire, ce n'est pas le reste de la gauche et les écologistes.
Mon adversaire, c'est le libéralisme, c'est l'extrême droite, ce sont celles et ceux qui sont dans une forme d'antagonisme avec nous sur leur vision du monde.
Olivier Faure, je sais bien que vous voulez éviter les questions de personnes. Cela dit, la politique pour des présidentielles, elle est incarnée par des personnes. Il faut bien en parler. Et les verts pour la présidentielle, ils vont devoir se départager notre amant entre Yannick Jadot et probablement Éric Piolle, le maire de Grenoble, qui a été adoubé en quelque sorte par Jean-Luc Mélenchon. De ces deux hommes, de qui vous sentez-vous le plus proche ? Et ne me répondez pas que vous ne voulez pas faire un débat de personne, s'il vous plaît.
Je ne sais pas que je ne veux pas faire un débat de personne, mais je vous ai dit ce que moi je souhaitais. Je ne souhaite pas que l'on procède ainsi. Je ne souhaite pas que chacun arrive en disant, voilà, c'est mon parti, donc j'ai choisi tel ou tel, et puis maintenant je vous l'impose à tous les autres, parce que ça n'existera pas. Il ne peut pas y avoir de réédition de la part des autres. Ça suppose qu'il y a un choix collectif, qu'il y ait une envie collective, parce que si c'est... Je sais bien qu'il y a des gens qui pensent que d'abord le rassemblement c'est eux, le projet c'est le leur, et que tout le monde devra finalement se résoudre à s'y soumettre.
Eh bien écoutez, si ça se devait se passer comme ça, qu'est-ce qui se passerait ? Il n'y aurait aucune dynamique collective. Il n'y aurait aucune capacité à emmener un pays. Comment voulons-nous demain transformer ce pays ? Pas simplement prendre le pouvoir, ça n'a aucun intérêt de prendre le pouvoir pour le pouvoir, et avoir une majorité pour avoir une majorité. Ce qu'il faut c'est ensuite pouvoir entraîner le pays. Comment voulez-vous entraîner le pays si vous n'arrivez même pas à fédérer ceux qui sont les plus proches de vous ?
Et donc c'est pour ça qu'à un moment donné, il faut faire le choix de la discussion, de l'altérité, faire le choix de comprendre et d'assimiler ce que peuvent apporter les uns et les autres. Moi je trouve ça fantastique, cette façon de toujours procéder. Nous sommes finalement contaminés par l'esprit de la 5ème République avec cette idée qu'il y a un président jupitérien qui s'impose à tous les autres. Eh bien moi je ne suis pas jupitérien. Je pense au contraire qu'il faut fonctionner différemment aujourd'hui. Ouvrir les portes et les fenêtres, faire en sorte que...
Alors vous n'allez quand même pas faire un triumvirat ?
Mais il ne s'agit pas de faire un triumvirat. Il s'agit de dire que dans cette République, tout ne peut pas procéder d'un seul et qu'il faut au contraire avoir des coalitions, avoir des gens qui savent s'allier, se respecter et produire ensemble un projet qui permet ensuite d'emmener un pays, de faire en sorte que ce soit tout un pays qui nous suive et pas simplement être dans l'imposition. Regardez ce qui s'est passé depuis 3 ans. Vous avez un président qui arrive, qui dit c'est moi. Puis après il dit j'ai une majorité, très bien. Puis après il dit je vais vous imposer mes réformes. Mais qu'est-ce qui se passe ? Il y a tout le pays qui se lève. Et vous avez des gilets jaunes.
Puis après vous avez un mouvement sur les retraites qui est le plus long de l'histoire sociale. Parce que vous avez des gens qui ne supportent pas qu'on vienne leur imposer. Donc qu'est-ce qu'il faut faire ? Eh bien il faut avoir une autre démarche, une autre façon de gouverner, une façon qui soit une façon d'emmener et non pas d'imposer. C'est totalement différent.
Olivier Faure donc, premier secrétaire du Parti Socialiste. Un parti qui veut donc rassembler. Ça se passe tout ce week-end à Blois. Bon courage, bon week-end Olivier Faure. Votre discours toujours à 17h. Votre discours ? A 17h. A 17h. Merci et bonne journée. Sous-titrage Société Radio-Canada.
Olivier Faure