L'invité politique Sud Radio - Annie Genevard, Ministre de l’Agriculture est l'invitée politique.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 15 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:11OuverteRéponse directe
Aujourd'hui, vous recevez Annie Gennevard, ministre de l'agriculture.
- 0:47OuverteRéponse partielle
Sur le GNR, précisément, un certain nombre d'agriculteurs réclament une augmentation, comme ça a été obtenu par les pêcheurs, de 15 centimes à 30 centimes. Est-ce que c'est envisageable ?
- 1:36OuverteRéponse partielle
Le président du syndicat des céréaliers de France a annoncé des chiffres catastrophiques pour les moissons : 6 milliards et demi de pertes pour le global, soit un coût de 900 euros par hectare. Les céréaliers vous demandent une aide de 450 euros par hectare. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
- 2:27FerméeÉludée
Vous confirmez ces chiffres, 6 milliards et demi d'euros de pertes pour le global ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Ce plan d'aide, où en est-on exactement ? Combien d'éleveurs, d'exploitation sont en difficulté aujourd'hui ?
- 4:41OuverteRéponse directe
Et on en est où du calendrier actuellement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueFait
« Aucun mot pour les agriculteurs hier de la part du Premier ministre et des ministres, c'est un oubli »
- 0:40InvitéFait
« J'avais annoncé avant la réunion d'hier la prolongation du guichet GNR, donc l'aide pour le gasoil non routier qu'utilisent les agriculteurs, jusqu'à la fin de l'année. »
- 1:00InvitéFait
« Je viens d'annoncer, il y a quelques jours, un plan massif d'aide et de soutien aux agriculteurs dans très grande difficulté. Vous le savez, après l'été qu'ils ont passé. »
- 1:10InvitéFait
« Mon souci, maintenant, c'est qu'il soit déployé le plus vite possible pour que cet argent arrive sur le compte des agriculteurs. »
- 1:36Invité politiqueChiffre
« Le président du syndicat des céréaliers de France a annoncé des chiffres catastrophiques pour les moissons : 6 milliards et demi de pertes pour le global, soit un coût de 900 euros par hectare. »
- 1:41Invité politiqueFait
« Les céréaliers vous demandent une aide de 450 euros par hectare. »
- 1:50InvitéFait
« Beaucoup ont souffert. Le maraîchage de plein champ a beaucoup souffert. Les betteraves, les producteurs de betteraves souffrent beaucoup. Les céréaliers également. »
- 3:50InvitéFait
« C'est tout particulièrement pour ceux-là que nous avons déployé ce plan d'urgence. Parce que rien ne serait pire que d'arrêter de produire. »
- 5:00InvitéFait
« Je demande à mon administration d'être vraiment très réactive, notamment pour le déploiement des aides sur le GNR, où il y a encore du retard. »
- 5:20InvitéPromesse
« Je pense que dès le début du mois d'octobre, ils doivent voir sur leur compte bancaire les premières aides arrivées. »
- 6:10InvitéFait
« Ce qu'ils ont vécu les a durement éprouvés, bien sûr dans leur trésorerie, mais je dirais dans leur mental, dans leur moral. »
- 7:25InvitéFait
« Ce que nous avons vécu cet été, ce que les agriculteurs ont subi, nous oblige à accélérer la transition, les transitions climatiques et environnementales. »
- 10:05InvitéFait
« On vient de voter une loi d'urgence qui propose de doubler le stockage de l'eau agricole. »
- 11:40InvitéFait
« Le Premier ministre a doublé le fonds hydraulique qui permet d'amorcer le financement de projets de stockage. »
- 16:53InvitéPromesse
« Aussi bien le président de la République que le Premier ministre ont dit : pas un euro ne manquera à la politique agricole commune en France. »
Temps de parole
- Invité68 %
- Annie Genevard20 %
- Locuteur 54 %
- ?3 %
- Locuteur 32 %
≈ 15,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoz.
8h30 à l'écoute de Sud Radio, l'heure du grand entretien politique. Aujourd'hui, Jacques, vous recevez Annie Gennevard, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire.
Annie Gennevard, bonjour.
Bonjour Jacques Cardoz.
Aucun mot pour les agriculteurs hier de la part du Premier ministre et des ministres, c'est un oubli
? Non,
pas du tout. Je crois qu'il faut bien prendre la mesure de ce que le gouvernement vient d'annoncer pour les agriculteurs. Il se trouve que j'avais annoncé avant la réunion d'hier la prolongation du guichet GNR, donc l'aide pour le gasoil non routier qu'utilisent les agriculteurs, jusqu'à la fin de l'année. Donc l'annonce était faite.
Sur le GNR, précisément, un certain nombre d'agriculteurs réclament une augmentation, comme ça a été obtenu par les pêcheurs, de 15 centimes à 30 centimes. Est-ce que c'est envisageable ?
Alors, je viens d'annoncer, il y a quelques jours, un plan massif d'aide et de soutien aux agriculteurs dans très grande difficulté. Vous le savez, après l'été qu'ils ont passé. Donc maintenant, ce plan d'un milliard 3, un milliard 3, c'est un plan très significatif et qui traduit vraiment le soutien du gouvernement à nos agriculteurs. Mon souci, maintenant, c'est qu'il soit déployé le plus vite possible pour que cet argent arrive sur le compte des agriculteurs.
On va en parler dans un instant. Fait nouveau ce matin sur Sud Radio, le président du syndicat des céréaliers de France a annoncé des chiffres catastrophiques pour les moissons. 6 milliards et demi de pertes pour le global, soit un coût de 900 euros par hectare. Les céréaliers vous demandent une aide de 450 euros par hectare. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Je leur réponds comme je le réponds à toutes les filières. Beaucoup ont souffert. Le maraîchage de plein champ a beaucoup souffert. Les betteraves, les producteurs de betteraves souffrent beaucoup. Les céréaliers également. Et donc, je reçois toutes ces filières. On regarde chacune d'entre elles pour évaluer la situation, pour voir ce que déclenchera l'assurance, parce que beaucoup sont assurés. Et il n'y
a
pas que l'argent de l'État, il y a aussi l'argent des assurances, il y
a
aussi l'implication des banques, il y
a
l'implication des collectivités territoriales. Donc, on regarde la situation et on essaie d'apporter des aides au plus près des besoins.
Vous confirmez ces chiffres, 6 milliards et demi d'euros de pertes pour le global. C'est considérable et ça fait 4 années, ça suit une trajectoire qui est très mauvaise. Est-ce que vous confirmez ces chiffres
?
Il faut qu'on travaille avec eux, qu'on voit les choses. Moi, je n'ai aucune raison de ne pas faire confiance dans l'évaluation qu'ils font. Et c'est vrai, la situation des céréaliers qui jusqu'alors était épargnée est durement touchée par deux phénomènes. D'abord, la sécheresse qui a empêché les cultures de lever convenablement. Et puis, la canicule durable et l'effondrement des cours mondiaux. Parce que pour leur malheur, les prix ne sont pas fixés pays par pays. Ce sont des cours mondiaux et les cours se sont depuis plusieurs années maintenant très considérablement affaiblis. Donc, on fera tout ce qu
'on
pourra pour les épauler. Et surtout, dans le plan d'un milliard 3 que je viens d'annoncer et auquel il faut ajouter, encore une fois, l'argent de l'assurant, l'argent des assurances, les efforts que feront les banques, les collectivités territoriales. Ce qu'il faut, c'est leur donner les moyens de relancer la production. Qu'ils aient les moyens de semer, de planter, d'irriguer, de mettre des engrais.
Le
président du syndicat des céréaliers nous disait que 10% environ des céréaliers sont touchés. Certains ne pourront pas se relever. C'est pour eux que vous pourriez envisager des
aides
? C'est tout particulièrement pour ceux-là que nous avons déployé ce plan d'urgence. Parce que rien ne serait pire que d'arrêter de produire.
Alors, ce plan d'aide, où en est-on exactement ? Combien d'éleveurs, d'exploitation sont en difficulté aujourd'hui ? Est-ce que déjà vous revoyez vos chiffres à la hausse ? Vous avez dit entre 30 et 35 000 début septembre. Où en est-on aujourd'hui
? Alors,
j'ai pris la décision, en accord avec le Premier ministre,
de
décider d'un plan global, mais d'un déploiement dans les territoires à la main des préfets, en lien avec les représentants des agriculteurs.
Alors,
ça n'aurait aucun sens que la ministre dise, ben voilà, dans tel département, il faut faire comme ci, comme ça. Ce sont les forces locales qui connaissent le mieux les situations et qui ont la charge de déployer.
Et on en est où du calendrier actuellement ?
Eh bien, les choses se passent aussi rapidement que possible pour un certain nombre de dispositifs.
Je
vais vous le dire, je pense qu'il faut aller plus vite encore. Et c'est la raison pour laquelle je demande à mon administration d'être vraiment très réactive, notamment pour le déploiement des aides sur le GNR, où il y a encore du retard. Et voilà, l'administration doit se mettre au diapason de l'urgence de la situation
des agriculteurs. Qu'est-ce que vous
souhaitez quand vous dites que ça doit être plus rapide ? Quel est votre souhait à vous
?
Je pense que dès le début du mois d'octobre, ils doivent voir sur leur compte bancaire les premières aides arrivées.
Donc concrètement, dès le début du mois d'octobre, où les premières aides doivent arriver
sur les... C'est ce que j'ai
demandé aux préfets, c'est ce que j'ai demandé aux administrations territorialisées, c'est ce que j'ai demandé à la DGFIP, à la Direction Générale des Finances Publiques, voilà, avec mon collègue David Amiel,
et nous
y travaillons.
Parce que le problème est là, pour beaucoup, c'est un problème de trésorerie également.
C
'est un problème de trésorerie, c'est la question de pouvoir relancer la production. On a commencé les semis, là, donc il faut qu'ils aient des semences, il faut qu'ils aient des engrais, il faut qu'ils aient de quoi faire leur récolte en 2027. C'est extrêmement important.
Et
puis au-delà de ça, Jacques Cardo, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce qu'ils ont vécu les a durement éprouvés, bien sûr dans leur trésorerie, mais je dirais dans leur mental, dans leur moral. C'est une épreuve terrible pour eux-mêmes de voir le travail d'une année qui est perdu, au point qu'ils s'interrogent sur le sens même de leur activité. Et c'est la raison pour laquelle la première chose que j'ai dite à tous les préfets de France,
je
leur ai dit, « Votre première préoccupation, c'est d'être attentif à l'état psychologique de la profession. J'ai mis en place une cellule sécheresse dans tous les départements, j'ai activé tous les dispositifs sentinelles, parce qu'il faut qu'on soit attentif aux signaux faibles de la souffrance qu'ils éprouvent, et de pouvoir les épauler. Rien ne serait pire que de les laisser à la solitude de leur épreuve.
»
À
ce propos, je rebondis sur ce que vous nous avez dit, parce que ce matin, le président des Céréaliers nous disait quelque chose à propos des normes, et qui demandait également pour le basculement, lorsqu'on veut passer au bio, que ça puisse aller plus vite, parce que vous le dites, un certain nombre aujourd'hui d'agriculteurs se posent des questions, s'interrogent sur le sens, et veulent peut-être basculer sur un autre type de production. Ils prenaient l'exemple de deux autres pays qui vont trois ou quatre fois plus vite que nous, un an ou quatre ans, je crois, au Brésil, et huit ans chez nous.
Alors,
je ne sais pas exactement ce que recouvrent ces chiffres. En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que ce que nous avons vécu cet été, ce que les agriculteurs ont subi, nous oblige à accélérer la transition, les transitions climatiques et environnementales. C'est indispensable. Et là, il faut qu
'on
se mette autour de la table pour savoir quoi cultiver, où cultiver, comment cultiver. Il faut de l'eau.
C'est l'objet de la loi d'urgence qu
'on
vient de voter.
Mais
concrètement, ça veut dire aussi des mesures qui pourraient être prises pour accélérer
ces transitions.
Bien sûr,
il
y a, après ce plan d'urgence d'un milliard trois, qui sera probablement d'ailleurs supérieur, il faut un
plan
de relance.
C
'est à l'étude. Ça pourrait donc être au-delà d'un milliard trois que vous aviez
déjà annoncé.
C'est possible. En tout cas, il faut que dans la foulée, un plan de relance pour donner des perspectives et de l'espoir au monde agricole qui en a infiniment besoin.
Alors, vous receviez hier, avec le Premier ministre, la coordination rurale qui prévient que les manifestations des agriculteurs reprendront dans les prochaines semaines pour exprimer la colère, la colère globale. Si ces derniers n'étaient pas écoutés, ils parlent d'une quatrième année de mobilisation. Est-ce que vous avez réussi à les apaiser ? Quelles sont leurs demandes ?
Écoutez, d'abord, avec le Premier ministre, nous recevons tous les syndicats. Nous avons bientôt achevé. Le dernier syndicat sera reçu aujourd'hui. Et bien sûr, on est à l'écoute. Hier, nous avons reçu la coordination rurale. Le dialogue a été tout à fait paisible et constructif. On a émis des hypothèses qu'on a partagées avec eux. S'agissant de leur proposition de creuser des réserves d
'eau,
je les ai mis en garde.
J
'aurais dit, ne faites pas ça. N'amenez pas les agriculteurs à se mettre en défaut avec la loi.
On précise, Madame la ministre, qu'ils disent vouloir creuser pour constituer des réserves en eau. Et ils vont jusqu'à ce terme. Que ce soit légal ou pas, on va appeler tous les paysans français à creuser. Qu'est-ce que vous leur dites ?
Je
leur dis que cet été a révélé que la question du stockage de l'eau est devenue une évidence.
C
'est devenu une évidence. Et de ce point de vue-là, tous nous l'ont dit, tous les syndicats nous l'ont dit, il faut pouvoir se préparer. Alors, la France irrigue très peu par rapport à d'autres pays. Il faut qu'elle irrigue davantage. Il faut qu'elle stocke au moment où l'eau est abondante, pas n'importe comment, de façon intelligente, appropriée à la situation hydrologique des territoires. Mais il faut stocker de l'eau. Maintenant, je crois que la question est entendue. Simplement, on vient de voter une loi d'urgence qui propose de doubler le stockage de l'eau agricole. Alors, je dis aux agriculteurs de la coordination rurale, ne vous mettez pas en défaut vis-à-vis de la loi.
C'est vous qui seriez convoqué ensuite au tribunal et condamné. Ce n
'est
pas comme ça qu'il faut procéder. En revanche, il faut que tous les territoires qui disent qu
'on
a besoin de stockage de l'eau proposent des projets, travaillent avec les préfets à des projets. Comment ?
Eh
bien, il faut qu'ils se mettent ensemble avec les chambres d'agriculture, avec les organisations de producteurs, avec les organisations syndicales et dire, voilà, à tel endroit, c'est une réserve collinaire qui peut être appropriée. À tel endroit, c'est une réutilisation des eaux usées. À tel endroit, c'est une réhabilitation.
Il y
a
des solutions qu'on n'utilise pas aujourd'hui parce que ce n
'est
pas la première fois que vous dites qu'on irrigue mal ou on irrigue peu, en tous les cas, en France.
Il y
a
du travail à faire, on peut faire mieux.
Mais bien entendu, on peut faire mieux et tout en préservant le milieu naturel. Il faut que les projets émanent des territoires. On est, en France, un peu contradictoire. On veut laisser l'initiative au terrain et en même temps, quand on laisse l'initiative au terrain, on dit, mais l'État doit dire. Non, l'État ne peut pas dire à tel endroit, il faudra faire ci, à tel endroit, il faudra faire ça.
Elles
vont se faire, ces réunions, très vite parce qu'il y a urgence. On
le voit avec
ces sécheresses.
Elles sont permanentes. Elles sont permanentes dans les territoires avec les services déconcentrés de l'État.
Et souvent, les gens nous disent, les interlocuteurs, pardon de vous couper, Madame la ministre, mais ils nous disent, ça n'avance pas assez vite.
Mais pour que ça avance, il faut des projets. Les engagements financiers sont là. Ils ne demandent qu'à être déployés. Le Premier ministre a doublé le fonds hydraulique qui permet d'amorcer le financement de projets de stockage. Ça fait deux ans que nous finançons, que nous co-finançons des projets de stockage. Donc voilà, il y a un appel à projets. Il faut y répondre.
Alors, le plan d'urgence, vous nous l'avez annoncé ce matin, il pourrait être supérieur au 1,3
milliards.
Je rappelle que la FNSEA a dit précisément, le compte n'y est pas et que la coordination rurale dit qu'on est loin des pertes. Est-ce que... De combien pourrait être cette réévaluation ?
C
'est à l
'étude ?
Tout ça se discute au fur et à mesure où nous remontent
les
données du terrain.
Ce
que je veux dire, pour le dissiper peut-être un malentendu,
des
pertes, il y en a, elles sont importantes. L'État ne peut pas compenser toutes les pertes de production et je crois d'ailleurs que c'est un message qui est entendu par les agriculteurs. C'est comme quand une entreprise perd un marché, elle ne va pas voir l'État pour dire vous devez compenser la perte d'un marché. La perte de production, c'est une réalité, évidemment, elle ne doit pas décourager les agriculteurs de continuer leur activité et de relancer la production. C'est la raison pour laquelle on allège les charges, on aide pour financer les engrais, on prend en charge une partie des cotisations sociales, on met à la main des territoires un fonds de réarmement pour acheter des semences.
Parce
qu'il y a des agriculteurs qui
n
'ont pas de quoi acheter des semences, qui
n
'ont pas acheté de quoi acheter des engrais. Vous voyez, c'est du concret pour... Mais on ne pourra pas, l'État ne pourra pas apporter, faire comme si la saison de production avait été normale.
Combler toutes les pertes en tous les cas. Annie Gennevard, sur les assurances, on sait que 9 éleveurs sur 10 ne sont pas assurés, que 8 agriculteurs sur 10 ne sont pas assurés. Faut-il rendre l'assurance obligatoire pour certaines filières ?
C'est une question en tout cas qui doit être débattue.
Et
du reste,
au niveau... Vous êtes trop pignon à vous.
Moi, je me pose la question parce que vous voyez quand les assureurs me disent que les agriculteurs sont passés à côté de 2 à 3 milliards d'indemnisation assurantielle, je me dis c'est du gâchis.
Et
donc, je leur ai dit aussi pourquoi est-ce que vous n'arrivez pas à vendre vos produits d'assurance ? L'État prend en charge 70% de la cotisation d'assurance. 70%. Donc, il faut identifier les freins à l'assurance mais l'assurance, c'est la meilleure façon de dérisquer l'activité agricole
et les aléas climatiques. Vous ne seriez pas contre le fait
de la rendre obligatoire en
tous les cas ? En tout cas,
pour les productions les plus de valeur, celles qui font perdre aux agriculteurs beaucoup de revenus, la question mérite d'être posée. Aujourd'hui, 8 agriculteurs sur 10 ne sont pas assurés.
Annie Gennevard, ministre de l'Agriculture est notre invitée. Dans la deuxième partie de cet entretien, vous nous parlerez, une auditrice nous appellera pour nous parler du fait d'acheter français à bas prix, elle a du mal. On parlera aussi du match, un peu de politique, du match Atal-Philippe.
Et
puis, dans vos trois minutes pour convaincre, Madame la ministre, vous avez choisi d'aborder la question de la prochaine PAC en jeu majeur à venir dans quelques secondes. À tout de suite.
Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoze.
Annie Gennevard, ministre de l'Agriculture et notre invitée sur Sud Radio ce matin. Dans quelques secondes, vous réagirez à la question d'un auditeur sur la cherté de notre alimentation. Puis, au match que ce livre Gabriel Atal et Edouard Philippe dans le hashtag de Benjamin Gleis. Mais tout d'abord, Madame la ministre, dans vos trois minutes pour convaincre, vous souhaitez aborder la question de la prochaine et de la négociation de la prochaine PAC. Pourquoi elle est essentielle ?
Elle est essentielle parce que, d'abord, c'est une politique utile, utile aux Français. Elle garantit du revenu pour les agriculteurs. Elle les aide dans leur investissement, dans la transition climatique et environnementale. Et c'est ce qui permet d'apporter dans l'assiette de chaque Français une alimentation de qualité.
Ils peuvent espérer plus
?
Alors, il faut déjà espérer autant.
Et
notre combat, mon premier combat, celui du Premier ministre, du Président de la République, c'est de faire en sorte que cette politique agricole commune demeure. C'est la première politique de l'Union Européenne. Vous savez, il est de bon ton, souvent, de critiquer l'Union Européenne. Mais la politique agricole, c'est une politique fondamentale si nous voulons conserver en Europe de la production alimentaire et de la souveraineté alimentaire. Parce que sinon, nous serons dépendants.
Alors, il y a le budget que vous pourriez obtenir. Mais ensuite, il y a la répartition. Actuellement, dans l'agriculture, on a un peu le sentiment qu'il
y
a deux poids, deux mesures. Aujourd'hui, les gros sont les plus gros bénéficiaires. Vous allez me dire que c'est mathématique. Mais ce n
'est
pas forcément ceux qui, proportionnellement, en ont le plus besoin.
D'abord, je pense que ce n'est pas exact. Mais je voudrais vous parler de la prochaine PAC. Puisque là, on est en train de négocier la PAC qui va courir de 2028 à 2034. C'est un enjeu fondamental. Et moi, je veux dire que aussi bien le président de la République que le Premier ministre ont dit pas un euro ne manquera à la politique agricole commune en France.
C
'est quand même 45 milliards
sur
la période.
Mais les
négociations, elles se conduisent en ce moment. Chaque mois, je suis à Bruxelles. Chaque mois, je parle de la PAC et de la nécessité de conserver un budget parce que c'est un budget qui est essentiel pour produire de l'alimentation et de la souveraineté alimentaire en France.
Est-ce que vous avez bon espoir d'obtenir ce que vous souhaitez ?
Écoutez, en tout cas, je me bats avec acharnement et je pense que nous sommes nombreux en Europe mais il y a aussi des pays qui voudraient diminuer cette PAC, qui voudraient la rendre moins commune,
qui voudraient
diminuer la politique agricole commune.
C
'est par exemple la déclaration de l'Allemagne. C'est un danger majeur pour notre agriculture. Donc moi, je veux que ça soit, ça demeure une priorité, qu'elle demeure commune parce que si elle n'est pas commune, ça veut dire que les pays de l'Union Européenne vont être en compétition les uns avec les autres et ça, ça n'est pas possible. Et puis, je pense qu'on demande beaucoup à nos agriculteurs. On leur demande de produire, on leur demande d'investir, on leur demande de renouveler leurs pratiques, de renouveler les générations. Si on ne les épaule pas, avec les épisodes comme celui que nous venions de connaître cet été, on va achever de les décourager.
Donc le combat du moment, c'est la politique agricole commune et c'est un enjeu capital de l'Union Européenne.
Alors, Annie Gennevard, pour nos auditeurs, il y a aussi la question, évidemment, de ce qu'il y a dans notre assiette. On va écouter ce que Cynthia a à vous dire.
Bonjour Mme Gennevard, Cynthia de Narbonne. Ma question est la suivante.
Je
suis maman de trois enfants et j'aimerais pouvoir acheter de bons produits chez nos agriculteurs, nous serons de prix. Que proposez-vous
pour
rendre accessibles les produits de notre terroir ? Merci à vous pour votre réponse.
Alors,
bonjour Cynthia. D'abord, je voudrais vous dire que vous êtes maman de trois enfants. Vous avez envie qu'il puisse avoir une alimentation de qualité et je voudrais vous en féliciter, vous en remercier parce que c'est précisément ce que peut produire notre agriculture. L'agriculture française est de grande qualité et il faut qu'elle puisse effectivement être rémunérée à un juste prix. À un juste prix. comment on fait ? Et donc, là, c'est toute une chaîne qui doit se mobiliser pour ça. Et dès le début de la crise, j'ai dit à la grande distribution faites effort pour mettre en avant les produits français
qui ne le font pas.
et ils ne le font pas. Je ne serai pas aussi catégorique que vous. En tout cas, ils doivent le faire parce que le jour où nos producteurs seront trop fragilisés pour produire, c'est eux qui seront en difficulté pour vendre. Donc, mettre en avant les produits français et les mettre
en
vente à un juste prix. Et c'est ça qu'il faut travailler.
Ali
Gennevard,
on
vient d'apprendre que la consommation de bio reprenait des couleurs en 2025. Les chiffres sont bons ?
Les chiffres sont bons. D'ailleurs, aujourd'hui, c'est la journée européenne du bio. Et en vous quittant, je vais rejoindre les producteurs de bio. C'est une très bonne nouvelle. C'est une très bonne nouvelle parce que c'est une part importante de la politique que je conduis et que je soutiens. on a besoin d'une production diversifiée et le bio reprend des couleurs. C'est une bonne nouvelle et c'est à encourager.
Allez, on passe à la politique avec vous,
Benjamin Glaze. Oui, on en parle sur les réseaux sociaux. Edouard Philippe et Gabriel Attal qui règlent leurs comptes depuis quelques jours et ils s'en voient chacun leur tour des pics. La dernière en date, elle nous vient du maire du Havre alors que Gabriel Attal se vante d'être meilleur que lui en campagne politique. Et bien, Edouard Philippe lui répond dans un livre publié aujourd'hui par deux journalistes. Je le cite, amusant mais aussi très très immature. Il parle de Gabriel Attal. Dire je suis meilleur en campagne que lui, ça veut dire quoi ? Il a gagné quelle campagne ? Et il répond lui-même trois campagnes législatives dans les Hauts-de-Seine avec l'étiquette macroniste.
Voilà pour cette citation. Au rang des petites piques, on avait aussi celle-ci de Gabriel Attal ce week-end. Il parlait bien d'Edouard Philippe.
S'il
y
a une chose qui m'interpelle aujourd'hui ou qui me déçoit, c'est que pour beaucoup la campagne semble ne pas avoir démarré. Beaucoup cherchent à endormir cette campagne pour gérer une avance sondasière en se disant finalement plus la campagne démarre tardivement, plus je peux gérer une avance que j'ai aujourd'hui. Moi, je cherche à réveiller cette campagne en mettant surtout des idées dans le débat sur la question des sondages. Si on se replonge il y
a
un an, il n
'y
avait pas de match possible dans le bloc central. Le sentiment qui était donné, c'est qu'il y avait un seul candidat naturel, en avance, légitime, qui était par ailleurs candidat depuis plusieurs années. Aujourd'hui, ça n'est plus le cas. Aujourd'hui, il
n'y a
plus
de favoris.
Il faut arrêter les enfantillages ou pas, Agnès Genevin
?
Je crois... Enfin, moi, j'ai connu ces épisodes dans ma famille politique
et
je vois bien que pour l'emporter, il faut davantage attaquer l'autre que de faire valoir ses propres atouts.
J
'invite chacun... Moi, je ne suis pas l'arbitre des élégances entre Édouard Philippe et Gabriel Attal, mais que chacun se rappelle quand même l'enjeu fondamental devant lequel est notre pays. c'est-à-dire d'éviter un deuxième tour que nous ne voulons pas. Donc, chacun, pour l'intérêt de la France, évite ce scénario catastrophe. Chacun, dans le bloc central, dit nous ne voulons surtout pas d'un deuxième tour Mélenchon-Le Pen, mais il faut pour ça s'en donner les moyens et s'attaquer l
'un l
'autre. Et derrière Bruno Retailleau,
c'est votre choix ? Bravo !
Moi, vous savez quelle est ma famille politique. Tout
à fait. Ce
sont les Républicains. Les Républicains ont un candidat. Je dis simplement que... Que vous soutenez du coup pour être clair. dont j'ai dit qu'il était notre candidat et que je le reconnais comme tel. Mais je dis aussi qu'il faudra le moment venu se donner les moyens d'éviter ce duel dont nous ne voulons pas.
Comment ? Parce que le
PSA
a pris de l'avance. Ils sont en plan dans leur primaire. La France Insoumise et Rennes, ils ont leur candidat. Le bloc central et la droite sont
divisés.
Il y a une double
question. Il y
a
une question de temporalité. Jusqu'où il faut aller dans le temps pour ne pas aller trop loin et rendre les choses irrémédiables. Ça, c'est la première chose. Autrement dit, il faudra le moment venu, je le crois, j'en suis persuadé, un seul candidat.
Et
ça, il ne faut pas que le choix arrive trop tard parce que ça ne marchera pas. Les gens n'y croiront pas. Primaire ?
Pas primaire ?
Pourquoi pas primaire ? Et la deuxième condition, c'est qu'ils ne se soient pas étripés au point de ne plus pouvoir se
rassembler.
Là,
on a plutôt
le sentiment que Gabriel Attal ne veut pas lâcher l'affaire, si vous me permettez
l'expression. Mais
personne ne veut lâcher l'affaire à ce stade. Personne ne veut lâcher l'affaire parce que chacun joue sa carte. Et c'est le jeu démocratique. Bon, la démocratie, c'est aussi une compétition. Mais une compétition qui doit être saine et respectueuse les
uns des autres. À quel moment il
faudra arrêter les comptes ?
Moi, je pense que certains disent... Je vois que la date ne cesse pas d'être reportée. On disait novembre. Ensuite, on a dit janvier. Certaines voix parlent de février. C'est bien tard. Moi, j'ai vu que des choix tardifs emportaient toujours des campagnes qui n'aboutissent pas comme on le souhaiterait.
La division créera un problème et le risque de ne pas être au secondaire.
Il faut... La démocratie se nourrit du débat. C'est normal.
Et
que chacun fasse valoir ses atouts, c'est normal. Mais tout ce qui va du côté de l'attaque personnelle, de la mise en cause, laisse forcément des traces et empêche le rassemblement. Et
alors, il ne
parle
que de sondage. Ça va jouer, finalement, sur les sondages ?
C'est très compliqué de les partager. Vous savez, pour avoir fait quand même un certain nombre de campagnes électorales et de les avoir souvent remportées, je sais trop bien qu'une campagne, c'est d'abord une dynamique. Soit vous prenez la vague, soit vous prenez le toboggan. Donc, il y a des moments où vous sentez que la dynamique est de votre côté ?
Et là ?
Vous
sentez le toboggan
? Non, je ne sens pas le toboggan pour aucun d'entre eux. Je pense que ça, pour le coup, c'est trop tôt pour le dire. Et puis, les Français, je l'espère, vont s'intéresser au programme que proposent les candidats.
Écoutez, on verra ça dans les prochains jours, dans les prochaines semaines, les prochains mois. Et vous reviendrez, bien entendu. Merci infiniment, Annie Gennevard, d'avoir été notre invitée ce matin. Très belle journée, donc consacrée au bio aujourd'hui et à vos prochains rendez-vous, bien sûr, dans le monde agricole. Dans un instant, la vérité en face et tout de suite, le journal. Le journal.
Annie Genevard