Nouvelle crise entre l'Ukraine et la Pologne
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« Le président Carol Navrotski vient tout juste de destituer Volodimir Zelenski de son titre de chevalier de l'ordre de l'aigle blanc »
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Les relations entre l'Ukraine et la Hongrie normalisent à peine après la chute de Vigor urbane que les relations entre l'Ukraine et la Pologne se tendent de nouveau. Cette fois-ci, comme beaucoup de fois précédentes, c'est lié à une question mémorielle. Le président Carol Navrotski vient tout juste de destituer Volodimir Zelenski de son titre de chevalier de l'ordre de l'aigle blanc qui est une des plus hautes décorations polonaises.
On le sait, les Polonais instrumentalisent beaucoup ces questions mais les Ukrainiens n'ont pas été beaucoup plus subtils et ils pourraient dans le contexte de guerre en payer le prix dans les mois qui viennent. Alors parlons-en. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo.
Euh j'espère que tout va bien de vos côtés respectifs avec la canicule qui touche l'Europe de l'Ouest et tout particulièrement la France. Ici en Ukraine, on a plutôt eu un mois de juin assez doux, assez pluvieux, voire même assez frais. Ah mais évidemment, c'est l'actualité militaire et diplomatique qui est particulièrement chaude.
Vous avez vu les résultats des frappes russes sur l'Ukraine, vous avez vu les résultats des frappes ukrainiennes sur la Russie. Vous avez aussi peut-être vu cet avertissement tout à fait inédit que Vladimir Zelenski a adressé à l'encontre de Alexander Lukachenko donc le dictateur du Belarus en lui donnant donc c'était hier vendredi 19 juin une semaine pour démanteler des systèmes de guidage de missiles russes qui sont déployés dans deux régions frontalières belarusses. Et si jamais le Belarusse ne démant-elle pas ses systèmes, et bien Vladimir Zelenski promet que les Ukrainiens vont s'en charger eux-mêmes.
Ça en soit, ça n'est pas une menace à un pays neutre, à un pays souverain étant donné que on sait, même s'il s'en défend, qu'Alexander Lukoschenko est totalement un féodé à Vladimir Poutine et que le Béarusse est complice de l'agression russe depuis 2022. Mais par contre, Volodimir Zelenski, si jamais il est sérieux dans cette menace, il prend le risque d'étendre le front qui aujourd'hui s'étend déjà sur plus de 1400 km. Mais là, pour le coup, une ouverture des hostilités sur la partie nord de l'Ukraine et bien ça ne pourrait que compliquer l'effort de guerre ukrainien.
Donc évidemment, on va suivre ça et on va voir ce qui se passe à la fin de cet ultimatum. Mais cet avertissement, cette menace est inédite et ça peut être interprété comme un des signes de la prise de confiance des Ukrainiens, voire même peut-être un péché du Bris. Étant donné que les Ukrainiens ont aujourd'hui un avantage tactique, que ce soit sur les fronts, dans les frappes contre la profondeur ou même sur le terrain diplomatique, et bien on voit que les Ukrainiens se permettent des déclarations, se permettent des initiatives qu'il n'auraient pas forcément pu se permettre. il y a encore quelques mois.
Et donc là, évidemment, je parle du Belarus, mais je parle aussi de cette nouvelle dispute mémorielle avec la Pologne. Donc ce qui est au cœur de l'affaire, ce sont deux décisions des Ukrainiens. D'une part, de rapatrier la dépouille d'Andry Melnck qui était un des dirigeants de Loua, donc dans les années 1940, qui ensuite est mort en exil avec sa femme au Luxembourg.
Bien, il a été rapatrié depuis le Luxembourg et enterré près de Kief. Et cela s'inscrit dans le plan de rapatrier d'autres grandes figures de l'histoire ukrainienne, notamment des dirigeants de Loua, donc de cette armée insurrectionnelle ukrainienne, afin de poser les bases d'un pantthéon national qui devrait être construit dans les années qui viennent. La deuxième décision, ça a été celle de Volodimir Zelenski d'accepter la demande d'une unité militaire d'être renommée en l'honneur des héros de Loua.
Simplement Loua, comme on le sait tous, ça a un héritage controversé puisque c'était des combattants en faveur de l'indépendance ukrainienne. Ils se sont battus contre les bolcheviques. Ils ont coopéré avec les nazis mais ils ont aussi été floués et instrumentalisés par les nazis.
Mais dans le même temps, donc en plus de cette coopération avec les nazis, ils se sont aussi livrés à des exactions contre les Juifs et les Polonais. Et donc évidemment à la fois Israël mais de manière encore plus importante la Pologne n'ont pas du tout goûter ces initiatives. Ça fait déjà quelques jours que Varsovie exprime un certain nombre d'inquiétudes par rapport à ces décisions.
Et le président donc Carole Navroti, il faut se rappeler que c'est un maga, c'est un nationaliste, c'est un populiste et c'est quelqu'un qui joue la carte ukrainienne auprès de son électorat. ça depuis déjà de longues années. Donc ça n'est pas très étonnant qu'il soit particulièrement hostile euh à la politique mémorielle de Kief.
Mais donc Carol Navorsky, il a menacé euh de retirer euh ce titre de chevalier de l'ordre de l'aigle blanc qui est une des plus grandes décorations de l'État polonais. Et c'était son prédécesseur Anjay Douda qui l'avait décerné à Volodimir Zelenski en 2023 pour acte de rapprochement bilatéral entre l'Ukraine et la Pologne. Si Carole Navrot fait ce geste, c'est que il ne peut pas vraiment faire autre chose.
Il ne dispose pas d'une majorité au parlement. Le gouvernement lui est opposé et donc là ce qu'il fait c'est vraiment de l'ordre du symbole. Mais c'est un symbole quand même très important qui a tout de suite suscité des réactions puisque à la fois le ministre des affaires étrangères ukrainien Andri Sibiha, l'ambassadeur d'Ukraine en Pologne et Kirilo Boudanov qui est donc l'ancien chef des renseignements militaires et actuel chef du cabinet présidentiel de Volodimir Zenski ont tous annoncé qu'ils allaient rendre les décorations que l'État polonais leur a décerné au fil des années.
Et tout de suite cette crise a pris une ampleur très importante. Évidemment, ceux qui ont le plus à gagner de ces dissensions entre Varsovie et Kiev, ce sont les Russes. Et tout de suite, on a vu Dimitri Medvedev, donc ancien président de Russie et actuel troll numéro 1 sur Twitter et bien se réjouir de cette situation.
Son tweet a ensuite été repris par le ministre des affaires étrangères polonais, Chikorski, pour bien mettre en avant que les seuls vainqueurs de cette nouvelle querelle mémorielle, ce sont les Russes. Mais le gouvernement donc de Chikorski et de Donald Tusk, le premier ministre sont assez mal à l'aise par rapport à ces initiatives mémorielles ukrainiennes étant donné que ce sont des thématiques vraiment très sensibles en Pologne. La politisation de ces questions de toutes les manières, c'est vraiment un espèce de poison lent qui se diffuse dans les relations polono-ukrainiennes depuis déjà de nombreuses années.
Et il faut bien reconnaître que c'est quand même dans un sens à plus ou moins unique puisque les Polonais sont pront à dénoncer les Ukrainiens pour leur remise en valeur de l'héritage de Lupa, de Stéphane Bandera et d'autres personnalités. Mais d'un autre côté, eux ne font absolument aucun travail de mémoire vis-à-vis des Ukrainiens et cela à partir du 15e 16e siècle et à forcerie pendant l'entre de guerre mondiale puisque c'est dans le contexte de la seconde République polonaise que l'UPA est né et donc ça veut bien dire que la situation des Ukrainiens en tant que minorité nationale n'était pas idéal mais de leur côté les Ukrainiens ne sont pas particulièrement subtils dans cette séquence étant donné que Du main et bien ils sont prêts à travailler à une espèce de réconciliation mémorielle avec les Polonais, notamment sur la question des massacres de Voline de 1942 1943 perpétré en grande partie par l'OPA. Mais d'un autre côté et bien ils mettent en avant l'héritage de Loua.
Et donc c'est quand même un grand écart intellectuel et politique de travailler à la mémoire de massacre perpétré par une unité militaire et en même temps de mettre en avant et bien l'héritage de cette unité militaire. Là-dessus, il faudrait vraiment que je fasse une vidéo dédiée à cette question mémorielle puisque le traitement de Lupa ces dernières années en Ukraine, on voit que l'héritage donc de Loupa, l'héritage de Stéphane Bandera est mis en avant mais en même temps ça ne se traduit pas par un véritable culte de Bandera et en plus de ça c'est très sélectif, c'est-à-dire que l'Ukraine contemporaine se revendique de ces nationalistes radicaux des années 1930 1940 pour leur lutte pour l'indépendance nationale et contre les communistes. Mais l'Ukraine contemporaine ne se revendique absolument pas de leur position vis-à-vis des juifs, des Polonais ou encore d'autres communautés.
Mais toujours est-il que la question est extrêmement sensible et compte tenu du rôle crucial que joue la Pologne dans l'effort de défense ukrainien face à l'agression russe, et bien forcément à un moment donné ça va avoir des conséquences. Donc là, pas forcément des conséquences politiques concrètes étant donné que Carole Navrotsky n'a pas de majorité au parlement, mais c'est encore une fois un poison long qui peut se diffuser et jouer sur les prochaines élections polonaises et donc sur les prochaines politiques de Varsovie. Et là se pose la question à quoi jouent les Ukrainiens ?
Soit ils n'ont pas du tout vu voir venir la crise et dans ce cas-là ça serait un véritable aveuglement notamment de la part de Kirilo Boudanov qui est l'architecte de cette rapatriation de dirigeants de loupa et de la construction du panthéon. Ça serait assez étonnant de la part de Kirilo Boudanov étant donné qu'il aime bien se présenter comme un stratège et comme une des rares personnes au sommet de l'État ukrainien qui arrive à voir à plus ou moins long terme. Soit les Ukrainiens savaient pertinemment que ça allait provoquer une crise, mais ils ont décidé de le faire quand même étant donné que ils se sentent maintenant dans une position de force, que ce soit donc du point de vue politique mais aussi militaire et que fondamentalement il n'y avait pas de meilleur moment pour tenter ce genre de récupération mémorielle de l'héritage de l'OPA.
Et si jamais c'est cette logique qui a prévalu, alors les Ukrainiens pourraient bel et bien avoir commis un péché du bris et avoir eth bien une trop forte confiance en eux-mêmes. Euh sachant que leur situation, elle s'est certes amélioré ces derniers mois, mais elle reste quand même excessivement dépendante de l'assistance internationale et du rôle pivot que joue la Pologne dans l'architecture européenne de soutien à l'Ukraine. Et donc voilà, ce qu'il faut retenir de cette vidéo, c'est que il y a une nouvelle crise mémorielle entre Kiev et Varsovie, que les grands vainqueurs de cette crise, ce sont évidemment les Russes, que ça peut porter à conséquence dans les mois qui viennent et que dans tous les cas et bien ça veut dire que les Ukrainiens ont véritablement confiance en eux et cela donc pour le meilleur comme pour le pire.
Voilà, merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. fil et je vous retrouve très vite.