L'invité de Bourdin Direct : Rachida Dati - 11/09
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:31OuverteRéponse directe
On a un vrai problème d'acceptabilité des mesures liées à la pandémie et à cette épidémie.
- 2:15OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il est temps de prendre des décisions, de nouvelles décisions ?
- 3:18FerméeRéponse directe
Les classes sont fermées dans votre arrondissement ?
- 3:56OuverteRéponse directe
Vous avez regardé Nicolas Sarkozy, hier soir, dans Quotidien.
- 4:19RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'on peut éviter de faire des polémiques sur tout ?
- 6:22OuverteRéponse directe
Est-ce que votre parti, les Républicains, doit présenter un candidat à la présidentielle en 2022 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24Invité politiqueFait
« Est-ce que nous sommes gouvernés par la peur ? Comme l'affirment ce matin dans une tribune plusieurs médecins et chercheurs. »
- 1:56PrésentateurChiffre
« 30 décès le 9 septembre, 1438, le 14 avril. »
- 4:07Invité politiqueFait
« « Les élites sont comme les singes qui n'écoutent personne. » »
- 5:10Invité politiqueFait
« Il est victime d'une tyrannie de la bien-pensance. »
- 7:33PrésentateurPromesse
« Moi, je considère que la droite doit avoir un candidat en 2022. »
- 8:25PrésentateurPromesse
« On réduit les inégalités. »
- 8:26PrésentateurPromesse
« On relance l'économie. »
- 8:28PrésentateurPromesse
« On rétablit la sécurité. »
- 8:29PrésentateurPromesse
« On rétablit l'autorité, qui a beaucoup reculé. »
- 12:55PrésentateurFait
« Il y a une augmentation de la délinquance dans notre pays qui explose. »
- 18:34PrésentateurChiffre
« 14 milliards par an de fraude sociale. »
- 20:17PrésentateurFait
« Tous les éléments qui sont écrits sont faux. »
- 20:21PrésentateurFait
« C'est déjà l'exercice illégal de la profession d'avocat. »
- 21:05PrésentateurFait
« La première information, vous avez déjà vu, c'est déjà l'exercice illégal de la profession d'avocat. »
Temps de parole
- Présentateur81 %
- Rachida Dati19 %
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Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Rachida Dati, bonjour. Merci d'être avec nous, beaucoup de questions ce matin. Je vais commencer avec le ou la Covid-19 comme on voudra. Conseil de défense, tout à l'heure, allusion à la guerre d'ailleurs. Est-ce que nous sommes gouvernés par la peur ? Comme l'affirment ce matin dans une tribune plusieurs médecins et chercheurs. Nous sommes gouvernés par la peur.
Alors, d'abord, aujourd'hui, on a un vrai problème d'acceptabilité des mesures liées à cette pandémie et à cette épidémie. Vous savez, ceux qui ont fait reculer l'épidémie, ce n'est pas le gouvernement, ce sont les Français. Au moment du confinement, tout le monde s'est plié au confinement et vous le savez. Et vraiment, les Français ont accepté ce confinement dans l'intérêt de leurs proches d'eux-mêmes, mais aussi dans l'intérêt des autres de dire, effectivement, cette maladie, il faut la faire reculer. C'est un acte collectif et citoyen et civique. Ensuite, il y a eu beaucoup de revirements.
Des propos contradictoires, des mesures contradictoires, des masques, pas des masques, des traitements, pas des traitements, se confiner, se déconfiner. Et puis, on est dans, rappelez-vous, on a eu la carte jaune, orange, verte, on ne l'a plus. Et donc, il y a eu beaucoup de propos et de déclarations contradictoires. Et j'ai vu cet appel de médecins en disant, arrêtez de nous gouverner par la peur. C'est une réalité... Communication anxiogène ? La communication est anxiogène parce que c'est une communication soit par la menace, soit par l'anxiété.
Et moi, je trouve que pour pouvoir faire reculer efficacement cette pandémie, il faut de l'explication, de la transparence, mais aussi, il faut de l'adhésion. Aujourd'hui, il n'y a pas de transparence et il n'y a pas d'adhésion. Donc, moi, je redoute. D'ailleurs, nous-mêmes, regardez M. Boudin, parfois, nous-mêmes, on dit, oh, ce masque, utile, pas utile. Et puis, finalement, on voit l'échis, puis on voit que ça... 30 décès le 9 septembre, 1438, le 14 avril. Moi, je considère que cette gestion de la crise sanitaire... Alors, certains diront, d'ailleurs, certains ministres vont dire, oui, mais on apprend en avançant. Non, à un moment donné, quand on est un politique, on s'appuie...
Mais il faut prendre des décisions, là. Est-ce qu'il est temps de prendre des décisions, de nouvelles décisions ? Je ne sais pas, moi, reconfinement localisé. Regardez le maire de Nice, qu'il a décidé.
Oui, mais parce qu'il y a des...
Plus de visites dans les EHPAD municipaux.
Parce que vous avez des teasings depuis trois jours. Vous voyez la même chose dans votre arrondissement ? Mais moi, je ne vais pas faire peur aux gens. J'attends les décisions, j'attends des protocoles clairs. Regardez, ça fait trois jours, on dit, oyez, oyez, bonnes gens, on va reconfiner. J'ai vu mon ami Renaud Muselier à Juste-Titrière en disant, non, mais c'est n'importe quoi. On ne va pas encore nous tuer. Et d'ailleurs, parce que sa région a été visée. Mais tout ça, on fait du teasing sans appeler les élus locaux, sans les informer. Et on pourrait être informé un petit peu en amont. Regardez à Paris.
Alors à Paris, Mme Hidalgo et son équipe, comme ils gèrent en ce moment leur rivalité, leur conflit interne, on n'a aucune information. Donc, je vous dis par exemple à Paris, si vous avez un cas de Covid dans une école, on dit aux parents ou dans une crèche, aux parents, reprenez votre enfant, on ferme la section, on ferme la classe et allez les tester. Nous, on a le cas. D'abord, sept jours pour avoir rendez-vous pour un test et plus de sept jours pour avoir un résultat. Donc, vous bloquez des enfants.
Les classes sont fermées dans votre arrondissement ?
On a une section de crèche, effectivement, qu'on a dû fermer parce qu'on a eu une suspicion de Covid. On n'a toujours pas le résultat. Donc, vous bloquez des enfants, des familles, sans aucune visibilité. Peut-être que pour ces familles-là, pour les parents, on pourrait peut-être leur laisser la priorité pour les tests. De passer en priorité et avoir un résultat en priorité. Ça n'est pas le cas. Rien n'est précis. Donc, tout le monde bricole. Nous, comme élus, on bricole. Les parents sont inquiets. Et donc, aujourd'hui, on n'a pas d'informations claires, efficaces et transparentes. Je vous dis, il faut de la transparence et il faut de l'adhésion. On n'est ni dans l'un, ni dans l'autre.
Bien, Rachid Haddati. Vous avez regardé Nicolas Sarkozy, hier soir, dans Quotidien.
Oui.
Oui. Interrogé sur le changement du titre du roman d'Agatha Christie, dit Petit-Nègre. Il a déclaré « Les élites sont comme les singes qui n'écoutent personne. Je ne sais plus. On a le droit de dire singes. On dit quoi ? Les dix petits soldats. Est-ce qu'il y a matière à polémique ? » Franchement.
Est-ce qu'on peut éviter de faire des polémiques sur tout ? Et puis, d'essayer de présumer de quelque chose ? Vous pensez un seul instant, parce qu'on va se dire clairement, en fait, on accuse Nicolas Sarkozy de racisme. Oui.
Certains l'accusent de racisme.
Je ne sais pas si vous avez regardé l'émission. La manière dont il a parlé d'Emé Césaire. J'ai écouté. La manière dont il a parlé, justement, au moment de l'élection de Barack Obama. Il a expliqué, j'y étais quand nous étions au ministère de l'Intérieur, où il a accueilli et reçu Barack Obama, avant même que quiconque puisse imaginer qu'il puisse un jour devenir président des États-Unis. Moi, vous savez, il était pour la discrimination positive. Il était pour le droit de vote des étrangers. Rappelez-vous, il a réfléchi au moment où il y a eu le port du foulard. Il avait rencontré des jeunes filles.
Est-ce que vous pensez un seul instant, un seul instant, qu'il puisse avoir une once de racisme ? Il faut arrêter.
Il est victime d'une tyrannie de la bien-pensance.
Exactement. Et moi, je trouve que c'est dangereux. Ce qui se passe dans notre société en ce moment est dangereux. Et donc, il faut arrêter. Qu'est-ce qui est dangereux ?
Qu'est-ce qui est dangereux ? C'est par exemple le maire de Bordeaux qui décide de ne plus mettre dans sa ville des arbres morts, donc plus de sapins à Noël ?
Ça, c'est du sectarisme. Mais comme c'est des verts, ça passe. Ici, moi, j'avais dit, dans le 7e arrondissement, on ne met plus de sapins. Enfin, il appelle ça des arbres morts. On me serait tombé dessus parce que, c'est-à-dire que, pour certains, on présume des choses. Voilà. Mais, moi, je trouve que c'est comme pour le Tour de France. Le maire de Lyon qui dit, c'est machiste et polluant, c'est ça ? Enfin, je crois que les deux... Non, mais en quoi c'est machiste, le Tour de France ? Moi, je me souviens, on regardait le Tour de France en famille, mais on a découvert des paysages de la France.
C'est-à-dire que nous, qui n'allions pas en vacances ni rien, on découvrait la France à travers du Tour de France. C'est une fête populaire. Alors, si le populaire, maintenant, c'est devenu machiste et c'est devenu polluant, je vais vous dire, les verts, pour ceux qui ont voté pour eux, franchement, ils doivent s'en mordre les doigts aujourd'hui. Parce qu'on voit leur vrai visage. En quoi ça a à voir avec l'écologie, tout ça ?
Bien, Rachida Dati, hier, le président de la République, l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a dit, je le cite, je suis retiré de la vie politique quotidienne partisane. Ça veut dire quelque chose ou pas, franchement ? Est-ce que vous souhaitez qu'il soit candidat en 2022 ?
Ça, il n'y a que lui qui peut le savoir. Oui, il n'y a que lui. Oui, d'accord. C'est lui qui décidera.
Mais est-ce que vous le souhaitez ?
Moi, je vais vous dire, aujourd'hui, quand il est retiré de la vie politique partisane, il n'est pas retiré de la vie politique. Et moi, j'ai toujours dit que la politique, c'est dans son sang. C'est-à-dire qu'il fera toujours de la politique.
On peut faire de la politique sans être partisan. Bien sûr. C'est-à-dire, si on est candidat à la présidence de la République, on peut aussi se présenter comme le candidat de tous les Français. C'est ce que font tous les candidats, d'ailleurs.
Mais quand il est retiré de la politique partisane, il a été président de la République. Oui. Il a eu une expérience. Il connaît la nature de cette fonction. La gravité de cette responsabilité. Donc, il est au-dessus, évidemment, de querelles partisanes ou de débats, finalement, partisans. Pas les débats idéologiques, pas les débats de société. Il ne s'en est pas extrait, puisque parfois, on l'interroge. Il donne son point de vue sur certains débats de société. Et il a raison.
Est-ce que votre parti, les Républicains, doit présenter un candidat à la présidentielle en 2000 ? Oui.
Moi, je considère que la droite doit avoir un candidat en 2022. Parce que ce qui se prépare en ce moment, c'est-à-dire que ce dont rêve M. Macron, c'est de se retrouver face à Marine Le Pen. Et moi, je vais vous dire, l'État de la France peut y conduire. Et donc, laisser la France dans cet État-là peut conduire.
Alors, comment désigner ce candidat, les Républicains ?
On en a encore discuté en début de semaine, dans le cadre d'un comité stratégique très élargi. Vous savez, moi, je discute avec tout le monde. Moi, j'ai discuté très longuement, et on se voit très souvent avec Xavier Bertrand.
Vous pourriez constituer un ticket avec Xavier Bertrand, Rachida Dati ?
Vous savez, on se connaît bien. Et on est, j'allais dire, de la même extraction sociale. Oui. Et puis, on a discuté de ça. Vous savez la clé ? Ça ne va pas être 150 propositions qu'on va faire aux Français. Ça ne va pas être un catalogue de propositions. Ça va être quoi ? Quatre propositions majeures. On réduit les inégalités. On relance l'économie. On rétablit la sécurité. On rétablit l'autorité, qui a beaucoup reculé, notamment l'autorité de l'État. Et après, qu'est-ce qu'on dit aux Français ? On dit, vous me faites confiance ou vous ne me faites pas confiance ? Et notamment aux classes populaires. À ceux, effectivement, la France des ronds-points. À ceux qu'on a abandonnés.
À ceux qu'on ne veut pas voir. Et surtout, qu'on écoeure pour qu'ils ne votent plus. À ceux qui gênent. À ceux qui gênent. Vous avez tout à fait l'expression. À ceux qu'on veut écoeurer. Tous les jours, on écoeure les classes populaires pour qu'ils ne votent pas. Tout simplement. Mais vous serez candidate. Vous serez candidate. Moi, je serai... Je veux... Et c'est la décision que nous avons prise. Et moi, j'ai toujours été dans un collectif. On a discuté avec Jean-François Copé, avec Christian Jacob, avec Xavier Bertrand. Je veux être dans une dynamique collective. Et cette dynamique, il faut la recréer. Pour l'instant, elle n'existe pas.
La dynamique collective, il faut la recréer. Mais il faut avoir aussi un leader. Bien sûr. Femme ou homme. Femme ou homme. Monsieur Bourdin, je vous dis. L'élection présidentielle, c'est aussi la rencontre entre un homme, une femme et les Français.
Mais vous savez, la présidentielle, on ne vient pas vous chercher. À un moment donné...
Il faut s'imposer.
Il faut s'imposer. C'est celui qui le veut le plus. Vous pouvez vous imposer.
Vous avez envie de vous imposer. Mais moi, j'aime la France. Je vous le dis. Est-ce que vous avez envie de vous imposer ?
Moi, je m'imposerais. Je m'imposerais, oui. Parce que je veux que la France se redresse. Je veux que la France soit ce qu'elle m'a permis de devenir. Aujourd'hui, mes parcours n'existent plus. Vous avez envie. Mon parcours n'existe plus. Il faut avoir envie aussi
d'être président ou présidente de la République. Vous avez envie de ça ?
Mais, monsieur Bourdin, si je suis à votre table, vous croyez que je n'ai pas eu envie ? Vous avez envie. Vous croyez que... Regardez. Je subis des calomnies, des attaques, des déstabilisations. Je vais y revenir. Je vais y revenir. Vous croyez que ça m'effraie ? Vous croyez que ça m'a dissuadée ? Jamais. Donc, effectivement, je serai dans cette dynamique collective. Et après... Vous avez envie ? Mais moi, j'ai envie. Mais ce sera le meilleur. Vous avez envie d'être présidente de la République ? Non. Moi, je veux que ce soit le meilleur. Je ne suis pas... Aujourd'hui, il faut effectivement être plusieurs. Je ne sais pas si je peux être la meilleure pour ma famille politique.
Je veux avoir le meilleur. Le meilleur, je serai avec lui.
Pour l'instant, c'est Xavier Bertrand pour vous.
Il a faim. Je vous le dis.
Il a faim.
C'est celui qui a le plus faim.
Donc, c'est le meilleur pour l'instant.
Pour l'instant, c'est celui qui a le plus faim. Il n'est pas dans des contingences techniques, pas techniques. Quand on se voit, on parle politique, on parle des Français, on parle des difficultés, on parle des enjeux. C'est vrai. Peut-être... Alors, il n'est pas... Il a quitté effectivement l'ELR. C'est vrai. Mais, je veux vous dire, il a compris ce que voulait la France. La clé, les classes populaires. Et si on continue à les écœurer, c'est sûr qu'on aura... Mais... On aura une toute petite caste qui votera et on sera dans une reproduction sociale. Et là, la France sera totalement interne.
Il a choisi de créer une coalition autour d'Emmanuel Macron.
Il n'est pas seul d'autres mères. Non, non, non. C'est pas ce qu'il a dit.
Un rassemblement.
Non, c'est pas ce qu'il a dit, M. Bourdin.
Il est prêt. Il est prêt à accompagner Emmanuel Macron. Il était là mardi. C'est ce qu'il m'a dit. Je vous regarde, M. Bourdin. C'est ce qu'il a dit. Il est prêt.
Il est prêt à participer à une majorité. Peut-être qu'à un moment donné, ça peut se poser. Non, non, non. Il est allé plus loin que ça. Oui, d'accord. Il n'est pas seul, d'ailleurs.
D'autres mères de France.
Oh, non, non, non. Je vais vous dire, vous savez pourquoi ? Parce que M. Macron, évidemment, a tenté les uns et les autres. Il a appâté les uns et les autres sans jamais transformer l'essai. Voilà. Donc, il ne faut pas se laisser griser ou se laisser tenter par des sirènes. Nous, je vais vous dire, notre cap, c'est les Français. Il y a un contexte local, effectivement, en région PACA. Vous vous rappelez quand je suis allé pour la campagne parisienne ? On m'avait dit, surtout, il ne faut pas y aller. Surtout, la droite n'existe plus. Et puis, on n'y arrivera pas. Puis, tu ne créeras pas la dynamique. Puis, les élus parisiens étaient contre moi, rappelez-vous. Ils ne voulaient pas me soutenir.
Qui m'a soutenu ? Qui a créé la dynamique ? Qui a suscité l'adhésion ? Les Parisiens. Je suis allé avec les Parisiens. Moi, hier, j'avais une réunion avec certains élus parisiens. Je leur ai dit, je vais vous dire une chose. Moi, ce qui m'importe, c'est les gens. C'est les Parisiens. Donc, il faut susciter la dynamique et l'adhésion des Français. Et le meilleur en ressortira. J'en suis sûre. J'en suis certaine. Mais il ne faut pas se laisser déstabiliser. Il faut rester conforme à sa colonne vertébrale, à ses convictions et de la cohérence. On parle beaucoup d'insécurité.
La délinquance, vous avez été garde des Sceaux, la délinquance des mineurs et des jeunes majeurs. Est-ce que les lois, les concernant, sont encore adaptées ?
Alors, d'abord, parce qu'ils disent oui, ça n'existe pas, c'est un sentiment ou en tous les cas, il n'y a pas une augmentation de la délinquance. Tous les chiffres l'attestent. Il y a une augmentation de la délinquance dans notre pays qui explose, qui explose, je vous le dis. Et notamment sur la dernière année. Et donc, on a des faits de délinquance. Pourquoi ? Parce que d'abord, l'autorité recule, le laxisme, les concessions qui sont devenues, on peut parler de séparatisme d'ailleurs après, les concessions qui sont devenues des compromissions. Donc, on lâche tout. La société se défait. Les auteurs de violences, ils vont casser parce qu'ils savent
qu'ils ne risquent rien.
Ils ne risquent rien.
Mais comment ? Quel que soit son âge, un mineur peut être reconnu coupable d'une infraction dans ce pays.
Oui, bien sûr. C'est le sujet. Vous savez, il y a un débat sur la responsabilité pénale des mineurs. J'étais venue en parler sur votre plateau. Aujourd'hui, vous pouvez poursuivre un mineur qu'en fonction de son discernement et pas en fonction de son âge. En fonction de son discernement.
Oui, tout dépend de son âge quand même.
S'il est mineur, c'est après...
A partir de 16 ans, un mineur peut être condamné.
Mais non,
mais à partir de 13 ans... A titre... Comme un adulte. Mais même pas comme un adulte à 13 ans.
A partir de 16 ans. A partir de 13 ans, vous pouvez être incarcéré. On a des mineurs...
Centre éducatif fermé.
Non. Vous pouvez être en prison à 13 ans si vous avez commis un acte criminaire.
Durée maximum de la peine divisé par deux par rapport à la peine. d'un adulte.
C'est ce qu'on appelle l'excuse de minorité.
Oui, l'excuse de minorité.
L'excuse de minorité. Quand j'instaure les peines planchées, je les instaure pour les mineurs, pour les récidivistes. Parce que quand vous avez des mineurs, effectivement... Alors, je ne vous dis même pas quand on dit qu'il n'y a pas de discernement, il peut avoir 17 ans, on dit qu'il n'y a pas de discernement... Sauf que les magistrats
pouvaient les éviter, ces peines planchées.
Non, parce que je veux vous dire, il y a eu des tribunaux...
En motivant leur décision.
Dans votre région, d'ailleurs, il y a des tribunaux qui, effectivement, les appliquaient à 100%. Et c'était utile. Et moi, je me souviens d'une visite lors d'une campagne. Il y a des jeunes qui sont venus me voir en disant « Ah, Madame Dati, alors grâce à vous, j'ai arrêté parce que la peine planchée, je l'ai connue, je peux vous dire que ça m'a dissuadée de recommencer. » Vous savez, la sanction et la répression, une sanction, c'est répressif.
La peine planchée, c'est la prison pour les récidivistes.
Mais c'est aussi dissuasif. Parce qu'au bout d'un moment, il faut dire « Stop ». Quand vous avez un mineur pour lequel... Parce qu'on dit qu'il y a 90% de réponse pénale. Oui, mais un rappel à la loi, c'est une réponse pénale. Mais quand vous avez un mineur qui a eu 22 fois un rappel à la loi, la 23ème fois, vous croyez qu'il en tient compte ? Il s'en fiche. Et il espère le rappel à la loi. Et donc, il faut enlever la notion de discernement, mettre un âge de responsabilité pénale, et comme ça, on aura une politique pénale cohérente. Et pour les mineurs et les jeunes majeurs, vous savez que de 18 à 21 ans, vous pouvez encore bénéficier des dispositifs de mineurs.
Ce n'est quand même pas acceptable quand ils sont majoritairement auteurs de violences. Donc, il faut revoir tout ça. Et les sanctions, moi, je ne suis pas pour le tout prison. Moi, je suis pour les aménagements de peine. Mais pourquoi ? Ou les travaux
d'intérêt général.
Oui, mais le travail d'intérêt général, d'abord, il faut avoir le consentement du condamné. Ça, c'est une chose. Mais il faut une gradation. Pourquoi ? Parce que, vous savez, moi, j'ai été magistrat et je suis élue locale. Et souvent, les parents viennent vous voir très tôt en disant souvent des mamans solides. Je suis débordée par mon enfant. Ils dérivent. Aidez-moi, aidez-moi parce que je n'y arriverai plus. Il faut pouvoir le faire. Placer en internat, c'est possible. Il faut pouvoir créer de l'apprentissage dès 14 ans. Vous avez vu que le jeune mineur à Reims, l'auteur de violences, il avait des problèmes scolaires. Donc, on le traîne jusqu'à 16 ans et après, on le mettra dehors.
Mais peut-être qu'il faut le mettre, que la scolarité normale n'est pas adaptée. Il faut de l'apprentissage dès 14 ans. Il découvre un métier, une passion et vous le réinsérez après dans le circuit. Vous avez les centres éducatifs fermés. Moi, je n'ai pas entendu ce gouvernement vouloir en créer. Et ce n'est pas le tout de créer un centre éducatif fermé. Il faut qu'il y ait un projet à l'intérieur. Moi, je l'ai fait de manière très volontaire. J'ai souhaité que dans tous les centres éducatifs fermés, obligations d'activité et de formation et aucune sortie sans une solution avant de sortir. On ne remet pas. Et les établissements pour mineurs que j'ai créés n'ont jamais été développés.
Ils ont même été arrêtés et aujourd'hui, les établissements pour mineurs, c'est très bien. Obligation d'activité, de formation, d'école et il n'y a aucune sortie sèche. Voilà les mesures qu'il faut prendre. C'est important, mais ça, aucune annonce. Le gouvernement ne veut pas le faire.
Rachida Dettier, est-ce que Gérald Darmanin est un Sarkozy bis ? J'ai lu ça partout, vous aussi.
Ah bon ? Et vous trouvez qu'il fait la même politique ?
Ça serait. Je ne donne pas d'avis. C'est vous qui me dites
qui me répondez. Entre 2007 et 2012, la délinquance a reculé. Et moi, j'étais la collaboratrice de Nicolas Sarkozy quand il était ministre de l'Intérieur. Vous savez, aujourd'hui, le problème de M. Darmanin, c'est qu'il n'a pas de vision pour la sécurité. Il ne donne pas d'instructions. La première chose qu'il faut faire quand vous êtes ministre de l'Intérieur, c'est d'abord de remobiliser les forces de sécurité. Et quand vous les remobilisez, vous les assurez de leur soutien.
Vous mettez de nazis, d'ailleurs, les policiers, par le gilet jaune Jérôme Rodriguez. Plainte déposée, vous comprenez ?
Oui, Ça, c'est normal. Non, mais ce qui est normal qu'il y ait une plainte, quand même, les policiers. Donc, il faut un soutien parce que pourquoi ils sont démobilisés les forces de sécurité ? Parce qu'évidemment, ils craignent d'être mis en cause à chaque fois qu'il y a un usage de la force, y compris quand l'usage de la force est proportionné et légitime. Donc, ils ne sont pas assez soutenus. De la même manière, M. Darmanin dit qu'on va lutter contre les trafics de produits stupéfiants. Comment ? Quel dispositif ? Moi, je vais vous dire ce qu'il devrait faire. C'est d'abord de pouvoir recréer, relancer ce qu'on appelle les groupes d'intervention régionaux.
Vous savez, quand il y a un trafic de produits stupéfiants, c'est ce qui se passe. Ce que M. Darmanin ignore, il y a du blanchiment d'argent, il y a de la fraude sociale. Vous avez vu le rapport de la Cour des comptes ? 14 milliards par an de fraude sociale. Il faut mettre tous les acteurs de la répression, tous les acteurs publics dans la même cellule pour pouvoir lutter efficacement contre cette criminalité organisée. Ça n'est pas le cas. Pas de vision, pas d'action. Alors après, oui, après ils font du débat sémantique. C'est vrai qu'ils regardent les sondages, ils font faire des sondages en disant en sauvagement ça le fait. C'est un constat.
Mais vous savez, les Français ne font pas le constat, ils le vivent. Donc là, il faut aller au-delà du constat et avoir une politique de sécurité claire, cohérente, avec des instructions claires et des dispositifs adaptés. Et si vous avez tout ça, vous avez une politique pénale en conséquence. Mais est-ce que M. Darmanin et M. Dupond-Moretti travaillent main dans la main ? Je ne le crois pas. Puisque M. Macron est obligé de faire l'arbitre tous les jours. Mais M. Macron devrait décider quelle est la ligne. Que souhaite-t-il ? Il souhaite avoir une politique de sécurité ferme. Il souhaite, il demande des interpellations, des déferments, des mandats de dépôt.
Il demande une politique pénale en conséquence. Je ne l'ai pas entendu. Il demande des lieux où les sanctions seront effectives comme les dispositifs que je viens de vous proposer. Rien. Rien de tout ça. Je voudrais terminer parce que le temps presse
sur l'article du Monde vous concernant en quête sur les sommes d'argent que vous a versées une filiale de Renault-Nissan. Le Monde a eu accès à la procédure. Les enquêteurs écrivent, c'est ce que disent les journalistes du Monde, les enquêteurs veulent savoir quelles sont les prestations que vous avez facturées à cette filiale de Renault-Nissan. S'il n'y a pas eu, je ne sais pas moi. Vous étiez députée européenne. Est-ce qu'il n'y a pas eu ?
D'abord, cet article, je le découvre. Dans cet article, tous les éléments qui sont écrits sont faux. La première information, vous avez déjà vu, c'est déjà l'exercice illégal de la profession d'avocat. Vous avez déjà vu ? Alors, les autres, c'est comme pour... Moi, à un moment donné, on avait dit que j'avais acheté mes diplômes. Maintenant, j'exerce illégalement la profession d'avocat. Et moi, je ne suis pas comme certains parlementaires qui sont devenus avocats... Vous pensez à qui ?
François Baroin, par exemple ? Ou Jean-François Copé ? Je ne sais pas, moi, d'autres.
Mais par des validations... Moi, j'étais magistrat. Et donc, grâce au fait que j'étais magistrat, j'ai pu devenir avocat. C'est mon métier. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, tout est faux. Mais je vais vous dire, ce n'est pas la première fois que j'ai été l'objet de manœuvres de déstabilisation, d'attaques et de calomnies. Ça n'est pas la première fois. Mais moi, je vais vous dire...
L'article sous-entend qu'il n'y a pas de traces matérielles de votre travail.
D'abord, c'est vrai que moi, je ne suis pas partie au dossier. Je n'ai pas accès au dossier. Je ne sais pas ce qu'il y a dedans. Je n'ai pas été entendue. On ne m'a pas demandé ce que j'ai fait. Et donc, on ne m'a pas demandé d'éléments. Donc, je ne sais pas sur quoi il se base. Ça, c'est le premier point. Donc, cet article, par qui a-t-il été fait ? Comment ces journalistes ont été renseignés ? Quelqu'un a donné une information. Donc, moi, je le dis très clairement. Parce qu'effectivement, moi, je savais qu'en faisant des déclarations, en attaquant certains, que j'allais te ramener à être déstabilisé pour qu'on me fasse taire. Non, mais attendez, je vais vous dire qui.
Mais je vais vous dire, je leur donne, je le dis très clairement. Je ne me tairai pas. Mais continuer à avoir ce type de manœuvre, ça ne me disait pas. Ça ne me disait pas. Ça ne me disait pas. Je vais vous dire. Parce que, moi, normalement, les gens suivent, et je suis convaincue qu'il le fera. Le procureur de la République doit ouvrir une enquête sur cet article. Je vais voir s'il va le faire. Ils l'ont fait pour d'autres. Je vais voir s'ils vont le faire pour moi. Parce que, quand vous êtes ministre, M. Bourdin, les affaires sensibles ou signalées remontent. Donc, les journalistes...
Ça vient du ministère de l'Intérieur ? Peut-être. Non, mais vous le pensez ?
Peut-être. Non, vous le pensez ou pas ? Non, mais pour donner des fausses informations à ces journalistes, eux, ils ont écrit sur la foi de ce qu'on leur a donné. Voilà. Donc, moi, je vais attendre de voir si le procureur de la République ouvre une enquête. Mais je dis bien à ceux qui ont donné l'information. Vous n'allez pas entraver ni mes ambitions, ni mes déclarations, ni le fait de dire des vérités. Et je continuerai à les dire et je continuerai à les dénoncer. Je suis déterminée.
Bien. Merci Rachida Dati d'être venue nous voir ce matin sur RMC et BFM TV.
Merci. Merci.
Rachida Dati