Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, face à Marc-Olivier Fogiel sur RTL | intégrale
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:06OuverteRéponse directe
Quelques heures avant son audition à l'Assemblée Nationale, Marc-Olivier vous recevez le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez.
- 0:22OuverteRéponse partielle
Vous vous êtes fait engueuler hier Laurent Nunez ?
- 0:42RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il vous soutient sur la proportionnalité de la réponse policière ?
- 1:51RelanceRéponse partielle
Vous assumez la phrase 'aucune consigne de retenue' ?
- 2:42OuverteRéponse partielle
Vous trouvez que la doctrine policière est proportionnelle ?
- 2:59OuverteRéponse partielle
Vous êtes plus durs que Grimaud ou Sarkozy sur le maintien de l'ordre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:13PrésentateurChiffre
« plus de 6500 interpellations depuis une semaine. »
- 3:12Invité politiqueChiffre
« le ministre de l'éducation nationale a donné le chiffre hier, autour de 200 élèves. »
- 4:30Invité politiqueFait
« une dame qui a perdu un oeil à Aix-en-Provence, qui était une simple passante. »
- 4:47Invité politiqueChiffre
« ce matin, il y a 18 enquêtes de l'IGPN qui sont ouvertes. »
- 5:46Invité politiqueFait
« il y a eu un jeune homme de 15 ans qui a eu une main arrachée. »
- 8:40Invité politiqueChiffre
« 256 000 personnes sur l'ensemble du territoire national. »
Temps de parole
- Laurent Nuñez67 %
- Présentateur26 %
- ?4 %
- Présentateur 24 %
≈ 14,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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RT le matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau. Et avec Marc-Olivier Fogel à 8h17, 3 semaines de colère lycéenne et hier encore des centaines de milliers de personnes dans les rues de France, plus de 6500 interpellations depuis une semaine. Quelques heures avant son audition à l'Assemblée Nationale, Marc-Olivier vous recevez le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez. Bonjour Laurent Nunez, bonjour. Quelques heures avant votre audition à l'Assemblée Nationale et quelques heures après votre rendez-vous hier avec le Président de la République, selon un ministre, il a beaucoup gueulé ces derniers jours le Président parce qu'il considère que la réponse policière est trop dure, sans empathie.
Vous vous êtes fait engueuler hier Laurent Nunez
?
Non, pas du tout, d'abord, je n
'ai
pas l'habitude de rendre compte des réunions que j'ai autour
du Président de la République. C'est important, si le Président de la
République trouve que la réponse policière est disproportionnée, c'est important.
On s'est réunis autour du Président de la République avec le Premier ministre et deux ministres, le ministre de l'Enseignement supérieur et bien sûr le ministre de l'Éducation Nationale. On a évoqué évidemment toutes les questions, c'était l'occasion pour le Président de la République de faire un point de situation, notamment sur ce qui allait être lancé comme chantier au sein de l'Éducation Nationale. On a évidemment parlé du maintien de l'ordre.
Et alors là-dessus, est-ce qu'il vous soutient
? Bien sûr, le Président a rappelé la nécessité évidemment de maintenir l'ordre, d'intervenir chaque fois qu'il y avait des violences graves, et notamment des violences urbaines, tout en nous demandant de le faire avec la plus grande proportionnalité, ce qui évidemment correspond aux consignes que j'ai passées aux forces de sécurité intérieure.
Oui, mais ça veut dire que le Président de la
République, il est sur la même
ligne que vous ce matin ? Oui, il nous demande d'être aussi dans l'empathie et surtout d'expliquer notre doctrine, de bien expliquer que quand les forces de sécurité intérieure interviennent, chaque fois qu'il y
a
des violences graves en fait, on va dire ce qu'on appelle les violences urbaines, de bien le documenter et de bien expliquer les choses, et surtout de bien expliquer que quand les manifestations sont pacifiques, y compris de lycéens devant les établissements, il n
'y a
pas de raison d'intervention de police, il n'y en a pas, et il nous a demandé évidemment de faire un peu plus de pédagogie. Mais
il y a quelques jours, vous avez dit,
donnez aucune consigne de retenue. Une phrase qui a interpellé, puisqu'en face, il y
a
quand même des jeunes de 14, 15 et 16 ans, ce matin, au micro de RTL, vous assumez cette phrase, aucune consigne
de retenue ? Non, je n'ai pas assumé des choses que je n'ai pas dites. J'ai dit aux 20h, j'ai dit aux 20h deux choses. C'est une phrase du 20h de TF1.
J'ai rappelé à l'Assemblée nationale. Et que vous avez
répété hier.
J'ai dit à l'Assemblée nationale, je le redis, que les instructions que je passe aux forces de sécurité intérieure, ce sont mes instructions écrites. Ce n
'est
pas ce que je dis à un journaliste sur une chaîne d'infos, radio ou télé. Ce que j'ai dit ce jour-là, c'est qu'on m'accusait de ne pas intervenir quand il y avait des violences, etc. J'avais dit qu'il n'y avait pas de retenue, au sens où chaque fois qu'une intervention est nécessaire, elle a lieu. Et immédiatement après, j'ai bien rappelé, quasiment dans le même trait de phrase, que tout ça se faisait dans la plus grande proportionnalité en application du cadre
légal et réglementaire. Et vous trouvez que c'est
le cas ? Parce que moi, j'ai en souvenir, comme tout le monde, une phase en mai 68 du préfet Grimaud qui disait « Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même. » Même une phrase de Nicolas Sarkozy, en 2006, face au CPE, il demandait d'éviter d'aller au comptaille avec les jeunes. On a l'impression que cette doctrine-là, mai 68, Sarkozy, l'homme du Karcher, vous êtes plus durs qu'eux ?
Non, on n'est pas plus durs qu'eux. On est d'abord là, les forces de sécurité intérieure sont d'abord là pour protéger les élèves, les enseignants, et les protéger notamment des exactions. Vous savez, on a beaucoup, beaucoup d'élèves qui ont été blessés. Le ministre de l'éducation nationale a donné le chiffre hier, autour de 200 élèves. Pour la plupart,
ils
sont blessés par des manifestants, par des personnes extérieures, par des accidents. Dans le cas d'accident, c'est très rarement du fait de la police. Donc nous sommes d'abord là pour protéger évidemment les lycéens. Et puis ensuite, quand il y a des exactions des violences, il y a des interventions de police pour procéder à des
interpellations.
Mais quand vous voyez les parents qui descendent et qui disent eux-mêmes, on les entend, ils mettent leur brassard blanc pour protéger leurs enfants, ils ne disent pas des casseurs,
ils
disent aussi des casseurs, mais ils disent de la police pour beaucoup. Ce
n'est pas
un constat d'échec pour vous, Laurent Nunez
? Non, ce n
'est
pas un constat d'échec. Quand vous avez des parents qui décident d'encadrer une manifestation, comme quand vous avez des organisateurs, c'est une très bonne chose pour nous. C'est une très bonne chose, c'est la garantie qu'il n'y aura pas de débordement, que les casseurs qui essaieraient de s'infiltrer dans le rassemblement seront exfiltrés. C'est une garantie. Chaque fois que vous avez un interlocuteur, un organisateur pour les forces de sécurité intérieure, c'est une garantie et c'est beaucoup plus confortable. Ça permet de discuter, de dialoguer, de comprendre ce qui se passe. En revanche, évidemment, quand vous avez encore une fois, j'insiste, des violences qui ne
se
déroulent pas d'ailleurs toujours devant les établissements. L'ensemble des interprétations auxquelles il a été procédé, elles ont lieu parfois sur l'espace public, dans les centres-villes.
Il
y
a
des dégradations de mobilier urbain, des pillages de magasins, des passants qui sont agressés. Je vous rappelle accessoirement qu
'il
y a quand même, ça n'est qu'un exemple parmi bien d'autres, il y
a
une dame qui a perdu un oeil à Aix-en-Provence, qui était une simple passante. Il y
a
une dame qui, on l'a vu, dans le département des Bouches-du-Rhône, qui s'est fait asperger à bout de portant par un aérosol qui a été allumé. Donc
il est normal que les forces
de sécurité intérieure...
Amputées, quand vous voyez qu'aujourd'hui, malgré tout, il y a au moins... Il y
a
combien d'enquêtes de l'IGPN ? Aujourd
'hui,
ce matin, il y a 18 enquêtes de l'IGPN
qui sont ouvertes. Attention,
ça ne
veut
pas dire qu'elles vont toutes aboutir évidemment à des conclusions négatives.
Et
pas toutes pour
l'utilisation de l'armement intermédiaire.
Il y a des enquêtes
judiciaires qui sont en cours et qui détermineront s'il y
a
eu proportionnalité ou pas de ces actions. Il y a une action, évidemment, il y
a
une action de police qui nous interroge tous, évidemment, au sein du ministère de l'Intérieur, à commencer par le ministre de l'Intérieur lui-même. Laquelle ?
C
'est évidemment ce qui s'est passé à Lens, avec une
possibilité
forte que ce soit une grenade assourdissante...
Pas de
désencerclement,
assourdissante. Non,
une grenade assourdissante. Donc j'ai demandé d'ailleurs dès hier que cette grenade ne soit plus utilisée dans le cadre du mouvement lycéen
provisoire. Vous dites ce
matin,
ces grenades-là, vous les interdisez ? Oui, ce sont les instructions que j'ai passées hier. D'accord. Moi, j'ai besoin de comprendre exactement ce qui s'est passé sur ce type d'armes intermédiaires. Voilà, il y a eu un jeune homme de 15 ans qui a eu une main arrachée. On a besoin de comprendre ce qui s'est exactement passé. Et donc, là où
il y a l'unité, je ne sais pas
s'il l'a ramassée ou si elle a
explosé. Mais donc, vous interdisez ces armes ce matin ? Je suspends leur usage pour le mouvement des lycéens tant que la lumière n
'a
pas été faite sur ce qui s'est passé dans cette affaire.
Pour le reste, évidemment, continue
à utiliser l'armes
intermédiaires. Sur Eden qui a perdu ses dents, ça, un policier qui utilise un lance-grenade sur un enfant de 14 ans, vous allez voir que ça ne
vous
choque pas, par principe,
le lance-grenade. Il a été mis en examen pour violences volontaires quand même. Je pense que ça n'a échappé à personne. Voilà, l'IGPN a fait son travail. Il y
a
eu une enquête, il
y a eu
une investigation. Ça ne fait pas de lui un coupable, je le dis. Ça ne fait pas de lui un coupable. Mais voilà, la justice suit son cours, contrairement à ce qu'on peut entendre sur certains bancs politiques. Quand les policiers, il y a une suspicion de non-proportionnalité, il y a toujours des enquêtes judiciaires. C'est pour ça que le travail qu
'ils
font, il est remarquable, il est compliqué, il est difficile. Il faut plutôt les remercier que les accabler.
Mais ces policiers qui sont sur le terrain et qui font un métier difficile, est-ce qu'ils s'adaptent quand ils ont des jeunes ? Moi, j'ai une fille de 15 ans, une autre de 13 ans. Il se trouve qu'elles ne
sont
pas dans la rue là, mais elles pourraient l'être. Et franchement, quand je vois des policiers face à des gamines de 14 ans, je me demande s'ils adaptent leur façon de maintenir l'ordre à des
enfants, c
'est des enfants. Mais bien
sûr, on ne gère pas un mouvement de lycéens. D'ailleurs, j
'ai
l'occasion de le réexpliquer cet après-midi à la commission des lois, qui m'entend à 15h. On ne gère pas un mouvement de lycéens comme on gère un mouvement d'adultes. Évidemment, il n'y a pas du tout le même engagement, il y a beaucoup plus de proportionnalité. En revanche... Par exemple, on peut utiliser des LBD, par exemple. Monsieur Fogel, quand vous êtes sur l'espace public, aux abords d'un lycée, que vous avez des individus cagoulés, qui jettent des projectiles sur les transports en commun qui passent, qui agressent les forces de l'ordre, qui essaient de s'en prendre à des enseignants, je suis désolé, on ne
peut
pas dire qu'on est en face de gamines, comme vous le dites, qui
ont
14-15 ans. Voilà. Donc il faut qu'il
y ait
une réponse policière. Elle est proportionnelle, adaptée,
mais elle doit exister.
Vous
dites quoi aux parents ce matin ? Puisque demain, il y a à nouveau une manifestation. Vous dites quoi aux adolescents qui vont aller manifester, aux parents qui vont les accompagner ? Vous leur dites quoi pour demain
matin ?
Et après à vos policiers ? D'abord, les policiers, ils ont des instructions permanentes. Je vois les préfets quasiment tous les jours en visioconférence, et je parle très régulièrement à des policiers. Les policiers, ça connaît parfaitement leur travail, et ils connaissent le cadre légal et réglementaire d'emploi de la force, qui s'effectue toujours dans un cadre proportionnel. Et quand ça n'est pas le cas, ils savent très bien qu'il
y a
des enquêtes et qu'il
y
a des sanctions. Donc là, je n'ai aucun doute là-dessus. En revanche, évidemment, pour ce qui est des parents et de l'encadrement des manifestations,
dès
lors qu'il y a une organisation, dès lors qu'il
y
a des personnes qui déclarent, dès lors qu
'il
y
a
une discussion avec les forces de l'ordre, les choses se passent forcément mieux. Regardez cette journée hier qu'on nous prédisait terrible. L'intersyndical qui se réunissait, ça devait être terrible. Déclaration par les organisations syndicales, contact avec les forces de sécurité intérieure, 256 000 personnes sur l'ensemble du territoire national, et il n'y a pas eu d'incident en dehors des fins
de manif. Que l'ultra-gauche a fait dégénérer
et que nous avons
contenu.
Vous avez des chiffres qui remontent déjà des renseignements pour demain. Hier, vous dites 256 000, les organisateurs 450 000 pour demain. Pour
demain,
on n
'a
pas de chiffres. Alors c'est un appel de l'union syndicale lycéenne. Donc il n'y
a
pas de déambulation déclarée a priori. Mais je vous donnais l'exemple hier pour vous montrer que quand on s'organise, quand on travaille avec les organisations syndicales, on peut manifester, exprimer une revendication et ça peut se passer dans le calme. Le
Premier ministre va s'exprimer ce soir à Matignon. Il y
a
une inquiétude
que
ce mouvement finalement s'amplifie ?
Non mais il y a forcément une inquiétude. Il faut qu'on trouve les conditions et les solutions du dialogue. Évidemment pour mon collègue de l'éducation nationale.
Et
puis pour ce qui me concerne, évidemment, il y a cette cinquiète inquiétude. C'est de continuer à maintenir l'ordre public et de le faire dans la plus grande proportionnalité. Ce n
'est
pas simple, vous savez. Ce n
'est
pas simple entre des personnes qui vous disent qu'on est trop mou, qu'on n'y va pas assez, qu'il faudrait qu'il
y a
trop de... que c'est le chaos, qu'il y
a
des débordements partout. Et puis d'autres qui vous disent que les policiers interviennent de manière extrêmement brutale, extrêmement violente. La vérité, elle est au milieu. C'est ce que nous disait hier soir le Président de la République. On intervient, on maintient l'ordre public, on le fait dans la proportionnalité et on explique ce que nous faisons.
Ce que vous avez fait ce matin sur RTL et en précisant que vous interdisez ces grenades pour le moment. J
'en suspends l'usage
uniquement pour le mouvement lycéen. Uniquement pour le mouvement
lycéen,
le temps de comprendre ce qui s'est passé.
Merci Laurent Nunes d'être venu expliquer tout ça ce matin sur RTL. Merci à vous. Et merci Marc-Olivier.
Laurent Nuñez