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InterviewPublic Sénat (sur YouTube)· 27 octobre 2026 22 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSolidarités & familleInstitutions & électionsJustice

Aurore Bergé : « La prescription est une violence pour les victimes » d’inceste

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:37OuverteRéponse partielle

    Le gouvernement est-il empêtré dans des crises dont il a du mal à sortir ?

  • 1:10RelanceRéponse directe

    Les mesures annoncées (plateforme, bourses, prêts) répondent-elles aux revendications des lycéens ?

  • 1:43RelanceRéponse partielle

    Est-ce que les violences sont nécessaires pour se faire entendre ?

  • 2:20OuverteRéponse directe

    Le gouvernement est-il à l'écoute des lycéens ?

  • 2:55OuverteRéponse directe

    Quelles sont les attentes des lycéens sur Parcoursup et le bâti scolaire ?

  • 3:31RelanceRéponse partielle

    Le gouvernement fait-il plus attention aux retraités qu'à la jeunesse ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:10Aurore BergéFait
    « On a une vétusté parfois des établissements, on sait que ça dépend des collectivités territoriales donc pour la première fois le gouvernement dit on va faire des prêts pour les collectivités pour l'accompagner. »
  • 1:43Aurore BergéFait
    « Heureusement ce n'est pas les violences qui génèrent l'écoute, l'écoute elle est nécessaire parce que quand vous êtes un gouvernement vous êtes forcément à l'écoute de celles et ceux dont vous avez la responsabilité. »
  • 2:20Aurore BergéFait
    « Sur Parcoursup moi je sais aussi toutes les critiques qui existaient du système précédent vous interrogez ceux qui sont passés par le système APB vous interrogez ceux qui sont passés par le système APB je vous dirais toutes les critiques qu'ils ont à cet égard-là. »
  • 4:41Aurore BergéFait
    « Pourquoi le président ? Pourquoi on se bat tant sur l'interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans ? C'est justement pour protéger notre jeunesse. »
  • 5:14Aurore BergéFait
    « La réponse est oui. Et est-ce que c'est d'autant plus difficile quand vous avez une accumulation de crises qui sont à l'extérieur aussi de votre pays ? La réponse est oui. »
  • 6:36Aurore BergéFait
    « Ce que le président a voulu dire, c'est que pour la première fois, on a eu un crime de masse raciste et une tentative de crime de masse raciste. »
  • 7:49Aurore BergéFait
    « L'année dernière, on a eu à commémorer les 20 ans de l'assassinat d'Ilan Halimi, 24 jours pendant lesquels il a été séquestré, enlevé pour une seule raison, il était juif. »
  • 8:31Aurore BergéFait
    « On ne doit pas choisir ni les victimes ni les bourreaux. Il y a aujourd'hui des hommes et des femmes qui à raison de leur identité, de leur religion, de leurs couleurs de peau, de l'origine réelle ou supposée d'ailleurs, sont pris pour cible dans notre pays. »
  • 11:36Aurore BergéPromesse
    « Je vais proposer au nom du gouvernement un amendement pour rétablir l'imprescriptibilité parce que il faut bien comprendre ce que ça veut dire pour les victimes. »
  • 12:43Aurore BergéFait
    « Le fait qu'il y ait demain l'imprescriptibilité ne veut pas dire que toutes les victimes porteront plainte, mais elles sauront qu'elles ont tout au long de leur vie la capacité à le faire. »
  • 13:18Aurore BergéPromesse
    « Je vais proposer au nom du gouvernement un amendement pour rétablir l'imprescriptibilité parce que il faut bien comprendre ce que ça veut dire pour les victimes. »
  • 13:53Aurore BergéFait
    « Ce qu'on veut, ce n'est pas une loi qui soit une loi d'affichage, c'est une loi qui ait des effets sur la société. »
  • 14:32Aurore BergéFait
    « Nous, oui, puisque vous savez que tout cela avait été adressé au Conseil d'État. Et donc le Conseil d'État avait évidemment émis un avis. »
  • 15:02Aurore BergéFait
    « Quand vous déposez, comme moi ce matin, ma fille dans un centre de loisirs, vous ne connaissez pas l'identité de celles et ceux qui prennent en charge ce que vous avez de plus précieux au monde, c'est-à-dire vos enfants. »
  • 16:48Aurore BergéFait
    « Mais jamais on ne pourra justifier qu'un seul professionnel ait touché un de nos enfants parce qu'on dirait que l'attractivité des postes ne serait pas au rendez-vous. »
  • 17:26Aurore BergéChiffre
    « Je ne suis pas certaine que le sujet soit une question budgétaire, parce qu'on parle de milliards d'euros qui, chaque année, sont consacrés par les départements à l'aide sociale à l'enfance. »
  • 18:02Aurore BergéChiffre
    « Aujourd'hui on estime qu'un quart des enfants qui sont placés sont placés parce que leur mère ont subi des violences et donc elles ont une forme de double peine. »
  • 18:39Aurore BergéFait
    « Un dernier mot là-dessus, est-ce que vous avez eu les garanties de financement de ce texte ? »
  • 19:12Aurore BergéFait
    « C'est un texte que vous chiffrez à combien ? Alors on le verra. »
  • 20:25Aurore BergéFait
    « Je continue à considérer que c'est le seul levier, la seule solution pour recréer de l'intérêt. C'est-à-dire demander aux Français de regarder quels sont nos projets, nos méthodes. »
  • 20:59Aurore BergéFait
    « Et ça, c'est assez insupportable. »
  • 21:32Aurore BergéFait
    « Donc il faut en tirer des conséquences pour nous-mêmes, ça s'appelle la responsabilité, ça veut dire un processus de sélection, ça veut dire une candidature unique, ça veut dire un projet. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:07

Le Sénat qui examine aujourd'hui le projet de loi sur la protection de l'enfance adopté par les députés en juin dernier. Un texte initialement conçu pour lutter contre les dérives de l'aide sociale à l'enfance mais qui a été bouleversé par l'affaire Liana, par les violences dans le périscolaire. Un dossier parmi les nombreuses urgences que le gouvernement doit gérer. Pour en parler nous sommes avec la ministre Robert Herger. Bonjour. Merci Merci beaucoup d'être avec nous. Ministre délégué chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. Bonjour Yann. Bonjour Aurore Berger. Bonjour.

0:37

Avant de revenir sur ce texte, Aurore Berger, l l'actualité, ce sont ces annonces hier soir du gouvernement pour répondre à la crise des lycéens. Annonce qu'ils n'ont pas convaincu puisque les lycéens disent qu'ils maintiennent le mouvement. Est-ce que le gouvernement est aujourd'hui empêtré dans des crises dont il a du mal à sortir ? Écoutez, on a toujours dit la même chose concernant le mouvement des lycéens, à la fois que les violences étaient inacceptables et qu'il était hors de question qu'on puisse les accepter. Je rappelle qu'on a quand même un certain nombre notamment de personnels du corps enseignant ou éducatif qui ont été blessés dans ces mouvements. mais que par ailleurs, il y avait des revendications qui devaient être écoutées et entendues.

1:10

Donc il y a eu une plateforme, il y a eu un certain nombre d'heures qui ont été banalisées, c'est-à-dire absence de cours, de manière à ce que les lycéens puissent faire entendre aussi leur voix dans un cadre qui est celui justement de l'école républicaine et donc des propositions qui viennent en regard de ce qu'eux-mêmes avaient demandé, c'est-à-dire à la fois des évolutions sur Parcoursup pour qu'il y ait plus de transparence et d'accompagnement, je crois que c'était une des revendications majeures, l'accompagnement sur le bâti scolaire, on a une vétusté parfois des établissements, on sait que ça dépend des collectivités territoriales donc pour la première fois le gouvernement dit on va faire des prêts pour les collectivités pour l'accompagner.

1:43

Donc ce n'est pas des petites mesures revalorisation des bourses, ça Ça, ça concerne quand même beaucoup évidemment d'étudiants qui vont voir leur bourse être bonifiée puisqu'elles seront indexées au niveau de l'inflation. Vous dites ça mais il a fallu que les lycéens brûlent des poubelles devant leur lycée pour être entendus parce que les critiques sur Parcoursup elles existent depuis plusieurs années sur le bâti, enfin tout ce qui a été dit pendant ces manifestations on l'entend partout depuis plusieurs mois et les lycéens n'ont pas été reçus tant qu'il n'y a pas eu des violences devant les lycées. Est-ce que c'est comme ça qu'on se fait entendre ? Heureusement ce n'est pas les violences qui génèrent l'écoute, l'écoute elle est nécessaire parce que quand vous êtes un gouvernement

2:20

vous êtes forcément à l'écoute de celles et ceux dont vous avez la responsabilité et donc une éducation nationale, l'enseignement supérieur, l'ensemble du gouvernement doit être à leur écoute bien entendu. Sur Parcoursup moi je sais aussi toutes les critiques qui existaient du système précédent vous interrogez ceux qui sont passés par le système APB vous interrogez ceux qui sont passés par le système APB je vous dirais toutes les critiques qu'ils ont à cet égard-là parce que c'est vrai que c'est une espèce de goulot d'étranglement, que c'est un moment qui est angoissant dans nos vies à la fois en tant que lycéen dans le passage quelque part à l'âge adulte aussi très angoissant pour les parents eux-mêmes et évidemment vis-à-vis de leurs enfants. L'enjeu c'est quoi ?

2:55

C'est de garantir à la fois qu'il y ait des possibilités, beaucoup plus de transparence sur l'outil. Quel outil choisir ? Avant je rappelle que c'était quand même le tirage au sort. Le tirage au sort c'est tout de même pas ce qu'il y a de plus méritocratique. Donc il y a sans doute une attente très forte de plus de transparence, des attentes sur le contrôle continu ou pas, sur la prise en compte ou non de ce qui se passe tout au long de l'année. Et puis sans doute un accompagnement presque social plus important parce qu'on le On n'est pas égaux face au système quand on a des parents qui sont en capacité d'accompagner, de suivre et des parents qui malheureusement se sentent un peu dépassés. Le sentiment avec lequel on ressort de ces blocages et de ces manifestations

3:31

des les lycéens, c'est que durant 10 ans, peu d'attention a été portée à leur sort. Le président a beaucoup parlé de santé mentale et de la jeunesse. Il a eu beaucoup de discours, mais dans les faits, rien n'a réellement été fait, alors qu'une attention très forte est portée sur les retraités notamment. Est-ce que vous êtes dans un gouvernement qui fait plus attention aux retraités qu'à la jeunesse ? Je ne pense pas qu'il faille entrer dans un conflit générationnel où on se je dirais, qui bénéficie le plus de l'attention de l'autre et est-ce qu'il y a une politique qui est plus en faveur de notre jeunesse qu'une politique qui est plus en faveur de nos retraités. C'est ce que fait par exemple l'ancien gouverneur de la Banque de France François Vellera de Gallo qui dit qu'on fait plus

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attention aux retraités aujourd'hui que à la jeunesse, c'est un problème. Qu'il y ait des réformes nécessaires à faire, notamment sur un partage aussi de l'effort qui doit se faire entre les générations. Vous savez, moi je suis très à l'aise là-dessus, j'étais totalement favorable, par exemple, à la suppression de l'abattement de 10 % dans bénéficient aujourd'hui les retraités pour se dire que tout l'effort ne doit pas porter évidemment sur les actifs. Par contre, je vois aussi ce qui s'est passé dans les dix dernières années. Dans les dix dernières années, c'est vrai que les plus jeunes ont subi un certain nombre de crises et on le sait, notamment l'impact de la la crise Covid, sur la santé mentale de nos enfants et de nos adolescents qu'on a peut-être

4:41

collectivement sous-estimé d'ailleurs parce qu'on a eu l'impression qu'on leur demandait uniquement de rester chez eux. Mais c'est vrai que ça a eu des impacts majeurs sur leur sociabilité, sur leur confiance en eux. On le sait, l'impact des réseaux sociaux. Pourquoi le président ? Pourquoi on se bat tant sur l'interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans ? C'est justement pour protéger notre jeunesse. Ce n'est pas parce qu'on manque de confiance en eux. C'est parce qu'on sait les effets délétères que ça peut avoir malheureusement sur eux et sur leur construction et sur malheureusement un certain nombre d'autres sujets dont on va parler égalité violence bien sûr mais là justement il y a une crise financière il y a des crises internationales il n'y a pas encore de crise

5:14

financière il y a une crise budgétaire en tout cas il y a des difficultés budgétaire justement pour éviter qu'il y a une crise internationale il ya ces mouvements des lycéens il ya les mouvements contre la vie chère les inquiétudes des français face à leur pouvoir d'achat il ya ces manifestations qui ont débordé avec de la violence est ce qu'aujourd'hui le gouvernement est submergé par les crises est-ce que c'est difficile parfois de gouverner ? La réponse est oui. Et est-ce que c'est d'autant plus difficile quand vous avez une accumulation de crises qui sont à l'extérieur aussi de votre pays ? La réponse est oui. Je pense que les Français sont lucides, par exemple, sur le fait que la crise des carburants n'est pas liée à la politique menée par le gouvernement français.

5:45

C'est une crise internationale qui a généré malheureusement des difficultés massives de pouvoir d'achat pour les Français. Et donc, ça veut dire qu'il faut quand même apporter des réponses nationales à des crises qui sont ex – Alors justement, là, vous avez apporté des réponses aux lycéens. Qu'est-ce qu'on peut apporter ou qu'est-ce que le gouvernement peut apporter comme réponse aux manifestations contre la vie chère qui se déroulent, vous l'avez dit ? – Sur la question des carburants, on l'a dit, c'est notamment tout ce qu'on fait sur le fait de libérer des des stocks stratégiques de manière à faire baisser les prix à la pompe. Aujourd'hui, on a des Français qui ont rétrécit une part de leur vie, qui limitent leurs déplacements,

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qui limitent le fait d'aller voir leurs parents, leurs grands-parents ou des grands-parents qui ne vont plus voir leurs petits-enfants, des les loisirs auxquels les Français n'ont plus accès.

6:36

et aller au travail et donc c'est pas la vie évidemment qu'on veut pour les français donc le fait là de d'ouvrir les stocks stratégiques ça va faire baisser le prix à la – Aurore Bégé, vous êtes ministre chargée de la lutte contre les discriminations. Je voudrais revenir un instant sur ce qui s'est passé à Trappes, un mort dans une attaque raciste. Dans sa première réaction, Emmanuel Macron a qualifié l'attaque de premier acte terroriste en raison de la couleur de peau ou de la religion ? Est-ce qu'il a commis une faute ? Alors, ce que le président a voulu dire, c'est que pour la première fois, on a eu un crime de masse raciste et une tentative de crime de masse raciste. Et pour mettre rendu sur place le jour même et avoir rencontré celles et ceux qui sont immédiatement intervenus.

7:11

Vous savez, par rapport à ceux qui dans les manifestations hurlent la police tue, moi j'ai vu des forces de l'ordre qui ont empêché le Pierre. Ils ont réussi à intervenir, ils ont réussi à interpeller immédiatement l'assaillant en quelques minutes en évitant qu'un crime de masse se perpétue. Parce qu'il faut avoir en tête que la première personne qui a été touchée, qui malheureusement est décédée, il a été touché aux abords d'une ère de jeu pour enfants. On était un vendredi à 10h30, donc il y avait peu d'enfants qui étaient présent on aurait été un mercredi à 16 heures en plein soleil on aurait pu avoir un drame encore plus important que celui qu'on a eu à connaître donc oui c'est malheureusement la première fois qu'on a un crime de masse à caractère

7:49

raciste ça n n'est pas la première fois est-ce qu'il y a eu une faute dans les mots vous le savez ensuite le président lui-même a communiqué pour qu'il n'y ait aucun malentendu sur ses propos notre pays a eu à connaître le sang versé à la fois pour des des crimes à caractère antisémite. L'année dernière, on a eu à commémorer les 20 ans de l'assassinat d'Ilan Halimi, 24 jours pendant lesquels il a été séquestré, enlevé pour une seule raison, il était juif. Et les préjugés associés au fait qu'il était juif faisaient qu'on pensait qu'il avait de l'argent et que sa famille pouvait payer une rançon importante. Donc oui, notre pays a eu à connaître des attentats antisémites, des crimes racistes aussi. Ça ne veut pas dire que notre pays soit raciste ou Mais ça veut dire

8:31

qu'il y a encore aujourd'hui du racisme, de l'antisémitisme. Et une progression de ses idées ? Je ne sais pas s'il y a une progression des idées, mais en tout cas moi ce qui m'inquiète c'est qu'il y a comme une injonction aujourd'hui à choisir un camp, comme si on ne pouvait pas dans le même mouvement combattre et le racisme et l'antisémitisme, comme si on choisissait ses victimes ou ses bourreaux. On ne doit pas choisir ni les victimes ni les bourreaux. Il y a aujourd'hui des hommes et des femmes qui à raison de leur identité, de leur religion, de leurs couleurs de peau, de l'origine réelle ou supposée d'ailleurs, sont pris pour cible dans notre pays depuis un certain nombre d'années. C'est ça qui devrait nous révolter et qui devrait surtout générer de la cohésion nationale

9:10

et pas de la dislocation. Or, aujourd'hui, on le voit, ce d'autant plus dans la dynamique de l'élection présidentielle, que certains veulent en faire un argument en ne voyant que l'un ou que l'autre. Moi, je pense qu'il ne faut pas être Je pense qu'il faut regarder ce qui se passe avec beaucoup de lucidité, ne pas exagérer les faits, ne pas se dire que nous aurions un racisme systémique dans notre pays, ne pas se dire que notre pays serait devenu antisémite. Mais Et regarder avec lucidité le fait que des hommes et des femmes peuvent être pris pour cibles et que les hommes et les femmes et les Français en viennent à douter de leur avenir en France, de l'avenir de leurs enfants en France. Est-ce que c'est là qu'on peut et qu'on doit les élever ?

9:47

Ou est-ce qu'ils auront demain mes enfants à connaître le racisme ou l'antisémitisme. Vous avez présenté un projet de loi de lutte contre le racisme et l'antisémitisme, justement, quand sera-t-il examiné au Parlement ? À partir du 14 décembre au Sénat. On a souhaité justement commencer cet examen au Sénat. Ça vise à la fois à aggravé un certain nombre de peines. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, ce qui est un peu de l'antisémitisme d'atmosphère ou du racisme d'atmosphère intac, par exemple, on ne peut pas garder le caractère antisémite ou Vous êtes condamné car vous avez tagué, mais ce n'est pas la même chose d'inscrire sur votre porte une insulte à caractère antisémite et raciste ou de faire un dessin. Et donc ça, par exemple, le fait qu'on puisse caractériser

10:24

dès le premier fait, dès la première atteinte et Et aggraver la sanction pour racisme ou antisémitisme, ça paraît essentiel. La question de la haine en ligne, parce qu'on le voit bien aujourd'hui, il suffit d'ouvrir son compte X pour voir que malheureusement, on a aujourd'hui énormément de Français qui subissent de manière systématique, pour le coup, des attaques ou des atteintes à raison d'une couleur de peau ou d'une identité. Aujourd'hui, Pharos, on le sait, vous savez qu'il est l'outil administratif de l'État pour obtenir le retrait des contenus ne peut pas être saisi sur le racisme ou l'antisémitisme. Avec ce projet de loi, il pourra l'être. Ce qui veut dire qu'on ne baignera plus dans un flot de contenu ininterrompu de haine,

11:03

mais qu'on pourra réguler et supprimer cette haine qui pourrit la vie quand même de beaucoup trop de français, notamment nos adolescents. – Donc 14 décembre au Sénat, est-ce qu'il sera examiné à l'Assemblée avant la fin de la session qui est courte, fin février ? – Bien sûr, c'est l'engagement qu'on a pris avec le Premier ministre, c'est une priorité, je veux dire que malheureusement, ça l'est d'autant plus au regard des événements qu'on a eu à connaître, attraper la verrière. Mais même avant cela, on l'avait déjà affiché comme une priorité Donc examin à l'Assemblée avant la fin février. Autre texte que vous portez, qui est examiné à partir d'aujourd'hui au Sénat, c'est le texte sur la protection de l enfance. Je le disais initialement prévu après le scandale de l'aide

11:36

sociale à l'enfance mais il y a eu l'affaire Liana, il y a eu les violences dans le périscolaire. En commission, les sénateurs se sont opposés à l'imprescriptibilité des crimes commis sur mineurs. Est-ce que vous allez rétablir cela Alors en tout cas moi je vais proposer au nom du gouvernement un amendement pour rétablir l'imprescriptibilité parce que il faut bien comprendre ce que ça veut dire pour les victimes et il faut écouter les victimes, il faut partir d'elles de leurs attentes et de leurs besoins. Aujourd'hui, toute la société leur dit il faut parler mais une fois qu'elles ont trouvé le courage et la force de parler quand elles ne parlent pas suffisamment vite comme si elles avaient eu le choix, non on n'a pas le choix, on fait comme on peut

12:11

quand on a été victime d'inceste, on leur dit c'est trop C'est trop tard. La justice leur dit que c'est trop tard et leur oppose ce mot-là. Les représentants du CIA disent que c'est justement parce que c'est prescrit que les victimes parlent. C'est un argument pour vous ? En tout cas, ce n'est pas ce que nous disent les victimes. Ce n'est pas ce que nous disent les associations qui les portent. Après, c'est C'est vrai qu'il y a autant d'histoires, qu'il y a malheureusement de victimes. Donc je ne peux pas dire que dans 100 % des cas, ce sera ça. Ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, on a de trop nombreuses victimes qui nous disent qu'on a eu le courage de parler, alors que la société nous nous a presque intimés l'ordre, nous a engagés à parler, engagés à s'exprimer.

12:43

Nous, on ne cesse de le dire, le gouvernement le dit, les médias le disent. Il y a une forme de pression qui se fait sur les victimes en disant ça y est, vous pouvez, vous avez le droit de parler, mais quand elles parlent, on leur C'est trop tard. Ce coup près qui tombe est une violence supplémentaire pour les victimes. Le fait qu'il y ait demain l'imprescriptibilité ne veut pas dire que toutes les victimes porteront plainte, mais elles sauront qu'elles ont tout au long de leur vie la capacité à le faire. Et je crois que ça c'est fondamental, c'est une demande qu'elles portent et c'est une demande qui doit être entendue. Autre mesure modifiée par les sénateurs, la réclusion criminelle a perpétuité pour les viols en série sur les victimes de moins de 15 ans.

13:18

Là ils estiment que ça modifie l'échelle des peines. Alors ils ont néanmoins aggravé la peine, la portant à 30 ans de réclusion criminelle. Est-ce que là aussi vous allez rétablir cette réclusion criminelle ? C'est un débat qu'on a eu déjà à l'Assemblée nationale, c'est un débat qu'on aura encore sur les viols sériels en effet En fait, ils ont gardé cette possibilité. En cas d'assassinat, ils ne l'ont pas gardée. C'est vrai que nous, on veut garder. C'est parfois difficile à comprendre, j'imagine, pour ceux qui nous écoutent, parce qu'on parle de crimes commis sur des enfants, sur des mineurs de moins de 15 ans. Mais on doit garder aussi une échelle des peines, parce que sinon il y a un risque que le Conseil Constituel considère que cela serait excessif. Ce qu'on veut, ce n'est pas une loi

13:53

qui soit une loi d'affichage, c'est une loi qui ait des effets sur la société. Je note aussi qu'il y a eu beaucoup d d'évolution positive de la part du Sénat. Je pense notamment à la question de la non-dénonciation de crimes, notamment d'inceste. Je pense que c'est extrêmement important, se dire qu'on a, nous, en tant que famille, en tant que proches, une responsabilité majeure sur la manière avec laquelle on se met à la hauteur de nos enfants, la manière avec laquelle on les écoute, on les croit, on leur permet de se sentir libres de parler même quand ils ont été touchés par le plus atroce des crimes, qui est l puisqu'il est commis par celui qui vous aime, celui qui est supposé vous protéger et vous accompagner. Ça, c'est quelque chose qui a été ajouté par le Sénat.

14:32

Aussi, suite notamment aux travaux d'Agnace Évren que je veux saluer, la question du périscolaire... On va y venir, mais juste sur les deux mesures dont on vient de parler. Vous êtes sûre de la constitutionnalité du texte, parce que ça fait aussi partie des questions. Alors nous, oui, puisque vous savez que tout cela avait été adressé au Conseil d'État. Et donc le Conseil d'État avait évidemment émis un avis. Et c'est cet avis qu'on a évidemment suivi, parce qu'encore une fois, il faut s'assurer de la sécurité juridique d'un texte. Sinon, il ne faut pas le faire. Ou alors ça s'appelle de l'affichage et de la communication. Et je crois que sur ces sujets-là, on n'a vraiment pas le droit de faire ça. – Christelle Turlette. – Sur le périscolaire.

15:02

– Sur le périscolaire, vous étiez en train d'en parler. Le projet de loi renforce le contrôle d'honorabilité des personnes travaillant dans le périscolaire. Est-ce que ce n'est pas un côtaire sur une jambe de bois ? Est-ce que le problème n'est pas plus large et il n'y a pas un problème de recrutement, de formation des personnels du périscolaire, de rémunération de ce personnel-là ? Est-ce que ce n'est pas là-dessus qu'il aurait fallu travailler tout en travaillant évidemment sur les contrôles ? Je pense qu'il faut qu'on passe les deux. Aujourd'hui, quand vous déposez, comme moi ce matin, ma fille dans un centre de loisirs, vous ne connaissez pas l'identité de celles et ceux qui prennent en charge ce que vous avez de plus précieux au monde, c'est-à-dire vos enfants.

15:39

Vous ne savez pas qui ils sont. Vous connaissez l'identité d'un enseignant. Évidemment, vous avez même des rendez-vous avec lui au cours de l'année. Mais sur la question du périscolaire, non. Et puis le personnel change, et parfois de manière très importante en cours d'année. Donc ça crée une angoisse légitime pour les parents, ça crée même un retrait pour les parents, c'est-à-dire celles et ceux qui ont les moyens de ne pas les mettre dans l'accueil périscolaire le font, et ceux qui n'ont pas les moyens ou pas le choix au regard de leur vie continuent à le faire. Donc oui, il faut qu'on garantisse ce qu'on appelle le contrôle d'honorabilité, c'est-à-dire vérifier s'il y a des J'entends, mais au-delà de ça, est-ce qu'il ne faudrait pas se séculer ?

16:12

Ce qu'on appelle la liste noire, c'est-à-dire qu'avant, personne ne savait qui recrute et qui. Donc on pouvait être exclu du monde de l'éducation nationale et puis ensuite être recruté par une collectivité sur un centre de Et puis ensuite être recruté par une association, par exemple pour accompagner les enfants dans un club sportif. Là le fait qu'il y ait cette continuité c'est aussi essentiel parce que ça veut dire que quelqu'un qui a été exclu de l'1 ne pourra pas se recycler dans l'autre, c'est quand même une garantie importante pour nos enfants. Mais oui vous avez raison on a un enjeu d'attractivité des postes, évidemment de meilleure formation de ces professionnels parce qu'encore une fois on leur confie ce qu'on a de plus important au monde, on leur confie nos enfants

16:48

Mais jamais on ne pourra justifier qu'un seul professionnel ait touché un de nos enfants parce qu'on dirait que l'attractivité des postes ne serait pas au rendez-vous. Vous voyez bien ? – Mais ça veut dire que vous allez soutenir les mesures qui ont été introduite notamment par Agnès Evren, suite à son rapport ici sur les violences dans le périscolaire et notamment la création de ce fichier regroupant les violences sur mineurs pour éviter justement ce nomadisme. Vous soutenez ça ? Bien sûr. Sur l'aide sociale à l'enfance ? Oui, un peu la même question, c c'est que l'aide sociale à l'enfance, donc la commission a regretté un simple texte d'outillage et aurait aimé quelque chose de plus large. Est-ce que le problème de l'ASE, ce n'est pas aussi un problème de budget

17:26

ce sont les départements qui financent l'aide sociale à l'enfance. Aujourd'hui, dans le budget, on leur demande encore des efforts. Est-ce que ça ne va pas aggraver la situation ? Alors, il y a aujourd'hui... Je ne suis pas certaine que le sujet soit une question budgétaire, parce qu'on parle de milliards d'euros qui, chaque année, sont consacrés par les départements à l'aide sociale à l'enfance. Ils disent qu'ils ont du mal à le financer. Ils disent qu'ils ont du mal à le financer. Pourquoi ? Parce qu'on a de plus en plus d'enfants qui relèvent de l'aide sociale à l'enfance. Le sujet est aussi en C'est-à-dire à partir de quand on considère qu'un enfant doit faire l'objet d'une mesure de protection, doit être retiré à sa famille ou à partir de quand on met en

18:02

place des mesures éducatives aussi d'accompagnement. Et ça je pense que c'est extrêmement important. Je vais vous donner un exemple parce que cet exemple qui m'a été beaucoup donné par les avocats notamment des enfants qui sont placés. Aujourd'hui on estime qu'un quart des enfants qui sont placés sont placés parce que leur mère ont subi des violences et donc elles ont une forme de double peine. Elles ont subi les violences et puis ensuite on considère qu'elles ne seraient donc plus aptes à s'occuper de leurs propres enfants. Est-ce que ces enfants là doivent être systématiquement placés ou est-ce que les mères doivent avoir un meilleur accompagnement Je crois qu'elles devraient bénéficier plus tôt, quand c'est possible, d'un meilleur accompagnement. D'un accompagnement à la parentalité.

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D'un accompagnement parce que les traumatismes qu'elles ont subis, elles doivent réussir évidemment à les dépasser pour prendre soin d'elles et soin de leurs enfants. Donc c'est aussi ça, c'est comment en amont on juge un enfant et on considère un enfant et on considère que cet enfant doit être placé. Donc le placement n'est pas la solution systématique. Non, le placement n'est pas la solution systématique évidemment. Un dernier mot là-dessus, est-ce que vous avez eu les garanties de financement de ce texte ? Parce que toutes ces mesures, elles demandent aussi de l'argent. Oui bien sûr, le gouvernement dès le départ a engagé ce travail sur à la fois l'aide sociale à l'enfance. C'est aussi toute une réflexion qu'on fait avec le professeur Céline Gréco

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dont vous savez qu'elle est sans doute la personne référente dans le pays, elle-même a été ancienne enfant placée et puis aujourd'hui elle y a consacré sa vie en tant que professeur de médecine et donc on va continuer évidemment les travaux. Et je pense et j'espère d'ailleurs... C'est un texte que vous chiffrez à combien ? Alors on le verra. au moment où le texte sera définitivement adopté aussi parce que vous voyez il y a eu un certain nombre d'évolutions je pense positives au Sénat notamment sur le périscolaire mais j'espère que ce sujet il sera aussi au coeur de la campagne présidentielle. C'est à dire qu'on ne sera pas uniquement sur de l'émotion parce que nous avons subi l'assassinat de la petite Liana, parce qu'ici il y a un reportage sur l'aide

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sociale à l'enfance mais que les candidats à l'élection présidentielle considéreront que nos enfants sont prioritaires dans les politiques publiques pas uniquement d'un point de vue budgétaire et d'organisation budgétaire mais aussi la manière avec laquelle on prend soin d'eux et la manière avec laquelle on les considère dans la société vous parlez d'élection présidentielle oui un dernier mot de politique pour finir le sondage que l'on publie aujourd'hui indique le bloc central est à nouveau en recul que ce soit édouard philippe ou gabriel attal reculent à nouveau dans les sondages est-ce que la matchronie ne peut qu'échouer à ce succéder à elle-même après dix ans au pouvoir non mais ça dépend de nous ça dépend à la fois du projet qu'on porte

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et de la capacité à le faire de manière unitaire vous savez ça fait plus d'un an que je plaide pour l'organisation d'une primaire et je continue de le faire parce que je Je continue à considérer que c'est le seul levier, la seule solution pour recréer de l'intérêt. C'est-à-dire demander aux Français de regarder quels sont nos projets, nos méthodes, ce que nous voudrions mettre sur la table et faire. Et surtout, la seule modalité de sélection. En l'absence de primaire, vous ne participez pas de processus de sélection. Vous participeriez à une primaire s'il y en a une ? Déjà, il faudrait qu'il y en ait une. Vous avez envie d'être candidata ? Moi, ce que je constate aujourd'hui, c'est qu'on a plusieurs candidats et plusieurs candidats qui, aujourd'hui, ne se parlent pas.

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Et ça, c'est assez insupportable. – Il y a un comité de liaison quand même ? – D'accord, mais pas avec les candidats eux-mêmes. – Mais vous soutenez qui, vous ? – Moi, pour l'instant, je ne me suis pas prononcée. Vous voyez que j'ai quelques textes qui continuent à m'occuper beaucoup et que j'essaie déjà d'être au travail, que ce soit au Sénat ou à l Assemblée de faire avancer ces sujets-là, qui sont, je crois, importants aussi pour les Français. Ce que je dis, c'est qu'on ne peut pas venir sur vos plateaux en disant, attention, le pire peut arriver dans quelques mois. Le pire, ça veut dire un second tour qui réunirait d'un côté Jean-Luc Mélenchon, de l'autre côté Marine Le Pen. Il y a un risque de conflictualité massive dans notre pays et n'en tirer aucune conséquence pour nous-mêmes.

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Donc il faut en tirer des conséquences pour nous-mêmes, ça s'appelle la responsabilité, ça veut dire un processus de sélection, ça veut dire une candidature unique, ça veut dire un projet. Si nous n'avons pas ça, alors nous serons responsables d'un second tour contre Marie Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Moi, ce que j'exclus, c'est qu'il y ait trop de candidatures et que ce trop-plein de candidatures et d'égo conduisent à un choix mortifère pour les Français entre l'extrême droite et l'extrême gauche. Et s'il n'y a pas de primaire, vous soutiendrez qui ? Eh bien je choisirai, rassurez-vous, je m'exprimerai et je reviendrai avec plaisir sur votre plateau pour le dire. Avec plaisir, on vous attend. Merci au revoir Berger, merci beaucoup d'avoir été

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C'est notre invité, la une de la dépêche présidentielle. À qui profite la crise ? C'est la une de votre journal.