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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 17 février 2018 9 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Florian Philippot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Entre Marine Le Pen, Laurent Wauquiez et Nicolas Dupont-Aignan, quel espace politique souhaitez-vous incarner ?

  • 2:21RelanceRéponse directe

    Tous ceux qui ont claqué la porte du Front National avant vous n'ont jamais eu le succès escompté. Comment comptez-vous exister ?

  • 4:26OuverteRéponse directe

    Vous faites également le ni droite ni gauche ?

  • 5:14RelanceRéponse directe

    Votre exemple, c'est un peu Jean-Luc Mélenchon qui a réussi à créer une nouvelle voie. Sur quel passage à vide comptez-vous engrosser vos troupes ?

  • 6:09OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a ringardisé les partis traditionnels. Vous vous positionnez aussi ni droite ni gauche ?

  • 7:02OuverteRéponse directe

    Vous ferez campagne pour les européennes sur le thème du Frexit. Rien ne trouve grâce à vos yeux concernant l'Europe ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45Invité politiqueFait
    « Il est complètement européiste, très libéral, il est favorable à la loi travail par exemple que j'ai combattue, y compris dans la rue. »
  • 1:51Invité politiquePromesse
    « Nous voulons l'indépendance nationale. »
  • 1:53Invité politiqueFait
    « Il n'y a pas de démocratie dans le système presque carcéral européen, c'est-à-dire où on n'a plus le droit de rien faire sans demander l'autorisation de tel ou tel commissaire. »
  • 4:05Invité politiqueFait
    « C'est peut-être d'ailleurs le vrai premier parti de France. Ce sont évidemment aujourd'hui les abstentionnistes. »
  • 5:50Invité politiqueFait
    « LR très divisée, sans ligne, obligée de s'en remettre à Laurent Wauquiez. »
  • 5:59Invité politiqueFait
    « Le Parti socialiste en voie de disparition, le FN en grande crise, la France insoumise beaucoup moins en dynamique qu'il y a quelques mois. »
  • 6:22Invité politiqueFait
    « Il veut même privatiser la Française des Jeux. »
  • 7:52Invité politiqueFait
    « Dans la mondialisation, il y a des pays beaucoup plus petits que la France qui s'en sortent beaucoup mieux. »

Temps de parole

  • Florian Philippot81 %
  • Présentateur19 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Florian Philippot, député européen, conseiller régional du Grand Est et président des Patriotes, cette association que vous avez convertie en parti politique depuis que vous avez claqué la porte du Front National. Ce parti, les Patriotes, tient son congrès fondateur dimanche, demain, à Arras, dans le Pas-de-Calais. Florian Philippot, entre Marine Le Pen, Laurent Wauquiez et Nicolas Dupont-Aignan, quel espace politique souhaitez-vous incarner ?

0:27
Florian Philippot

Je ne raisonne pas du tout comme ça et je ne sais pas d'ailleurs pourquoi on me colle à Wauquiez ou par exemple à Marine Le Pen que j'ai quitté et dont j'ai montré les évolutions très fortes les derniers mois avant que je ne parte, qui faisait que je ne me retrouvais plus du tout dans ce projet. Une espèce de retour en arrière et quant à Wauquiez, je ne partage rien du tout avec lui. C'est-à-dire qu'il est complètement européiste, très libéral, il est favorable à la loi travail par exemple que j'ai combattue, y compris dans la rue. Et Nicolas Dupont-Aignan ?

Oui, Nicolas Dupont-Aignan, même s'il est un peu en retrait maintenant sur le combat souverainiste qui pour moi est important et qu'il est peut-être plus maintenant en duo avec Marine Le Pen comme Premier ministre un peu virtuel depuis la campagne. Mais c'est vrai que... Non, moi je parle à tous les Français, qu'ils soient de gauche, du centre, de droite, ou qui comme moi d'ailleurs ne se sont jamais reconnus dans ce clivage qu'ils jugent dépasser. Et je pense que le patriotisme doit parler à tout le monde. Alors qu'est-ce que c'est le patriotisme ? C'est simplement l'amour de la France. C'est considérer que la France a un avenir. Un dévouement. Oui, c'est un dévouement, bien sûr.

C'est un dévouement. C'est considérer qu'on doit à son pays et qu'on doit se battre pour lui parce qu'on voit qu'il est mal en point, or on l'aime. Et résultat, notre peuple aussi ne se porte pas très bien. Il n'est pas très heureux. Je ne parle pas individuellement, mais je parle collectivement comme peuple politique. Il a de grandes espérances. Et c'est vrai que nous sommes là pour refonder une démocratie. D'abord, c'est pour cela que nous voulons l'indépendance nationale.

Il n'y a pas de démocratie dans le système presque carcéral européen, c'est-à-dire où on n'a plus le droit de rien faire sans demander l'autorisation de tel ou tel commissaire qui lui-même devra demander l'autorisation à tel ou tel lobby. C'est quand même gênant pour un démocrate. Et puis, on veut faire des choses pour la justice sociale, pour la prospérité, la sécurité, l'avenir aussi culturel de notre peuple.

2:14
Présentateur

On reviendra sur votre positionnement, le Frexit notamment, et autre positionnement dans la seconde partie de l'interview. Juste sur votre positionnement, tous ceux qui ont claqué la porte du Front National avant vous, à commencer par Bruno Maigret, n'ont jamais eu le succès qu'ils escomptaient. Bruno Maigret, c'était il y a 20 ans. Comment est-ce que vous, avec les Patriotes, vous comptez renverser la situation et exister tout de même en sortant du Front National ?

2:38
Florian Philippot

Vous savez, ce n'est pas parce que Bruno Maigret a échoué dans son entreprise il y a 20 ans que ça fonde une loi de l'histoire ou je ne sais quoi. Déjà, il est parti sur un projet politique qui n'est pas du tout le mien. Il est parti sur un projet politique beaucoup plus radical que le Front National de l'époque. Donc, il s'était mis lui-même dans un corner.

2:52
Présentateur

Oui, mais lui aussi espérait siphonner un peu le Front National.

2:55
Florian Philippot

Oui, on peut espérer. Mais moi, je ne suis pas là pour siphonner le Front National. Je pense que le Front National se vide tout seul en ce moment. Je pense qu'il y a beaucoup d'électeurs dans la nature, en réalité, d'anciens électeurs qui, comme moi, y ont cru, ont cru à la dédiabolisation, à la modernisation, à l'ouverture, et qui, aujourd'hui, sont simplement dans la nature. Je ne dis pas qu'ils sont déjà aux patriotes. Je suis parfaitement conscient et lucide de cela parce que nous n'avons que 4 mois d'existence que nous avons, vous l'avez rappelé, notre congrès de lancement demain à Arras, avec mon grand discours d'ailleurs à 15h.

Et pour ceux qui veulent venir, c'est entrée libre à 15h, à ArthoExpo, à Arras. Et c'est vrai qu'on va tracer des perspectives, adopter nos statuts, notre organisation démocratique. Il y aura un message de soutien de Nigel Farage, l'homme du Brexit. Et moi, je m'adresse non seulement aux électeurs déçus du Front National, je les comprends parfaitement, je les respecte, j'en suis. J'étais un ancien électeur de Marine Le Pen. Mais je m'adresse aussi à tous ceux qui ont peut-être cru un moment à la France insoumise et qui voient les ambiguïtés de la France insoumise sur l'Europe, sur la laïcité, sur l'égalité homme-femme, sur l'islamisme.

Ou qui sont, je veux dire, il y a aussi beaucoup d'électeurs gaullistes, beaucoup d'électeurs qui sont dans la nature parce que tout simplement, ils ne votent plus. C'est peut-être d'ailleurs le vrai premier parti de France. Ce sont évidemment aujourd'hui les abstentionnistes, on l'a vu aux dernières législatives. Et ça témoigne de la crise démocratique dont on parlait tout à l'heure. Il y a une crise démocratique, donc il y a de l'abstention. C'est le signe aussi, finalement, peut-être paradoxalement, qu'on est un peuple politique. Les Français se disent, attendez, à quoi bon voter ?

Parce que de toute façon, quand on vote pour la gauche, la droite ou Macron, c'est toujours la même politique. Vous faites votre également, le ni droite ni gauche ? J'ai toujours fait mien, le ni droite ni gauche, ou alors on va le tourner positivement. Essayez de prendre le meilleur de la droite, le meilleur de la gauche. Le meilleur pour la France, c'est la devise des patriotes. Pourquoi ? Pourquoi j'ai toujours fait mien ce positionnement ?

Parce que moi, j'ai grandi politiquement dans les années Maastricht, les années mondialisation, les années débats sur la constitution européenne, des grands débats sur l'écologie, sur le scandale alimentaire, les grands débats sur la place de la nation dans le monde. Et tout cela, ce ne sont pas des débats droite-gauche. Il peut y avoir des sensibilités personnelles, mais ce sont des débats qui nécessitent d'autres enjeux, d'autres clivages. Et on voit que le clivage droite-gauche n'est plus explicatif aujourd'hui pour comprendre le monde et comprendre ce qui se passe.

5:14
Présentateur

Finalement, votre exemple, on mettra ça entre guillemets, c'est un peu Jean-Luc Mélenchon qui a claqué la porte du PS et qui a réussi à créer une nouvelle voie, sauf que Mélenchon a profité d'un passage à vide du Parti communiste français. Sur quel passage à vide comptez-vous pour engrossir vos troupes ?

5:31
Florian Philippot

J'ai envie de dire, je ne compte pas sur un passage à vide.

5:35
Présentateur

Il va bien falloir aller chercher des militants.

5:36
Florian Philippot

Oui, je vais vous répondre, mais je compte sur notre propre dynamique d'abord. Je pense qu'il faut convaincre sur un projet positif. C'est ce qu'on va s'évertuer de faire ce week-end. Mais c'est vrai que j'ai le sentiment, honnêtement, qu'à peu près tous les vieux partis politiques connaissent un passage à vide. Entre LR très divisée, sans ligne, obligée de s'en remettre à Laurent Wauquiez, dont on voit toutes les stratégies d'enfumage qui, à mon avis, sont insincères, ne fonctionnent pas. Le Parti socialiste en voie de disparition, le FN en grande crise, la France insoumise beaucoup moins en dynamique qu'il y a quelques mois. Voilà, je pense qu'il y a une place.

Emmanuel Macron a ringardisé les partis traditionnels ? Sûrement par son positionnement. On parlait ni droite ni gauche. Il est là-dessus aussi, et tant mieux, à la limite, ça clarifie tout. Sauf que lui, il est de l'autre côté du miroir, si vous voulez. Lui, il est vraiment... Je lisais ce matin, il veut même privatiser la Française des Jeux. C'est vraiment le tout libéral. Même la Française des Jeux. On peut jouer, gratter ou tirer, je ne sais pas. On peut jouer au jeu de la privatisation la plus bête du monde. Alors, on tombera sur la Française des Jeux.

Parce que si on veut vraiment se séparer de la poule aux eaux d'or, il faut vendre pour un intérêt très court-termiste la Française des Jeux. Vous voyez, il veut, je crois, un budget de la zone euro, un parlement de la zone euro. Enfin, qu'est-ce qui restera de la France ? Qu'est-ce qui restera de son modèle social ? Qu'est-ce qui restera de son modèle démocratique, citoyen ? C'est une vraie question. Mais c'est vrai que ce n'est pas de droite, ce n'est pas de gauche. Et en cela, c'est bien que Macron se soit positionné au-dessus de ce clivage.

7:02
Présentateur

Vous ferez campagne pour les européennes sur le thème du Frexit. Rien ne trouve grâce, à vos yeux, concernant l'Europe ?

7:10
Florian Philippot

Moi, je suis très favorable à la coopération. Je vais vous dire, moi, j'aime beaucoup les programmes comme Erasmus. Mais je pense que ça n'a rien à voir avec l'Union européenne. D'ailleurs, il y a des pays hors Union européenne qui sont dans Erasmus. Je crois aux coopérations culturelles, industrielles, d'innovation. Je pense qu'on devrait mettre le paquet sur l'intelligence artificielle. On est très en retard. Ce sont des enjeux de souveraineté numérique aussi très importants.

Mais je ne crois pas du tout aux gros ensembles nés intellectuellement, au moins dans les années 50, peut-être même avant, mais en tout cas mis en place dans les années 50, 1950, qui ne correspondent pas à l'ère du temps. L'ère du temps, c'est les nations agiles, les nations intelligentes dans la mondialisation, les nations innovantes.

7:46
Présentateur

Mais ce sont aussi des marchés que vaut la France avec ses 70 millions d'habitants face aux milliards chinois.

7:52
Florian Philippot

Mais ne voyez-vous pas que dans la mondialisation, il y a des pays beaucoup plus petits que la France, qui s'en sortent beaucoup mieux ? Le critère du plus gros, d'agglomérer des nations qui n'ont pas la même histoire, les mêmes intérêts, dans un espèce d'ensemble, un carcan, et les mettre ensemble de force, d'abord, ça n'est pas démocratique. Et ça, il faut le rappeler. Tant que nous ne sommes pas un peuple souverain, alors nous ne sommes pas en démocratie. Et ça devrait, je pense, poser problème à tous ceux qui se disent démocrates, quelle que soit leur sensibilité, leur parcours politique. Et puis, ça n'est pas efficace.

C'est un système très dur, qui met en concurrence les travailleurs de tous les pays. On pense à la directive détachement des travailleurs, mais d'autres choses aussi, qui privatise le service public. Vous savez, le rapport Spinetta sur la SNCF, il ne vient pas de rien. Il ne tombe pas de nulle part. Il vient d'Europe ? C'est-à-dire que M. Spinetta, il ne doit pas être cherché bien loin ses inspirations. On aurait pu l'appeler le rapport Juncker-Spinetta. C'est-à-dire qu'il rappelle toute la doxa qui est déjà écrite depuis des années dans les directives de l'Union Européenne qui demande de libéraliser le service public.

8:52
Présentateur

On en reparlera juste après la revue de presse dans un instant. Et également, il y aura les questions des auditeurs. La question de côté de Patricia Martin. Vos questions ce matin à Florian Philippot. Vous appelez le standard de France Inter. C'était au 01 45 24 7000.