Face à Face : Manuel Bompard - 03/01
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, face à face, à Pauline de Malherbe. Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Manuel Bompard. Bonjour. Merci d'être mon invité ce matin et de répondre à mes questions. Vous êtes député de la France Insoumise des Bouches-du-Rhône. Et puis le 10 décembre, vous êtes devenu, je cite, coordinateur de l'équipe opérationnelle de la France Insoumise. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'il y a d'abord une structure de coordination de la France Insoumise, dont je suis membre. Et en fait, l'information qui a été diffusée dans la presse n'est par ailleurs pas tout à fait exacte, puisque je ne suis pas coordinateur de la France Insoumise. Je suis membre de cette structure de coordination de la France Insoumise. Et celle-ci va se réunir dans les prochains jours et elle décidera en son sein de la manière avec laquelle elle s'organise, à qui elle confie l'animation et la coordination.
Ah bon, parce qu'il y a quand même un communiqué qui avait été envoyé à l'agence France Presse.
Non, pas du tout. Il n'y a pas eu de communiqué, mais c'est une mauvaise information. Vous verrez la dépêche de l'AFP sur ce sujet.
Visiblement, les autres députés de la France Insoumise, eux, avaient compris que c'était visiblement organisé.
Ils avaient mal compris, mais il n'y a pas de difficulté de ce point de vue-là. Par ailleurs, moi, j'assume tout à fait mes responsabilités. Depuis plusieurs mois, maintenant, j'anime le travail de cette coordination qui existait déjà avant le 10 décembre. Le 10 décembre, elle a été renouvelée dans sa composition.
Mais vous ne serez donc pas le coordinateur de l'équipe opérationnelle de la France Insoumise ?
On verra. Ce que je veux vous dire, c'est qu'il faut prendre les choses étape par étape et que certains médias ont diffusé des informations de manière un petit peu rapide.
Alors, on ne va pas parler des médias, on va parler de vous. Comment ça se passe ? Qui va décider, du coup ?
Cette coordination, comme je vous le dis, cette coordination des espaces du mouvement, qui est composée de 21 personnes et qui va décider en son sein de la manière avec laquelle elle organise ses travaux, comme elle l'a toujours fait. Et c'est donc en son sein qu'elle décidera...
Ça va être en toute transparence ?
Bien évidemment, ça l'a toujours été. À la France Insoumise, vous savez, on est un mouvement politique. Par la partie, on a un grand mouvement, un mouvement dans lequel il y a 360 000 personnes qui ont rejoint cette dynamique. C'est un peu un jeu de dupe, là, ce qu'on fait, quand même. C'est un peu un jeu de dupe, parce que vous dites
« Oui, oui, ça a toujours été très transparent. » Clémentine Autain, qui est quand même une de vos consoeurs, elle dit qu'il y a du repli et du verrouillage. Donc, elle n'a pas l'air de trouver que ça a toujours été hyper transparent.
Ce n'est pas tout à fait la même chose. Mais bon, si vous voulez, on parle de ça. Moi, je pensais qu'on allait d'abord parler des questions qui me semblent les plus importantes. Ah bon, on va parler, mais moi, je voudrais savoir qui j'ai face à moi. En fait, je voudrais pouvoir parler des retraites, de l'énergie, du pouvoir d'achat. Je voudrais comprendre, vous êtes chef, vous n'êtes pas chef. Mais il n'y a pas de chef à la France Insoumise. Il y a des structures de coordination collective. J'en fais partie. J'anime avec mes amis et mes camarades un grand mouvement politique. Un mouvement politique dans lequel il y a plus de 80 000 personnes qui militent au quotidien.
Il y a 360 000 personnes qui l'ont rejoint. C'est un mouvement politique qui cherche en permanence à comment il est utile au pays. Et moi, mon enjeu aujourd'hui, c'est de faire en sorte que ce mouvement, il soit utile dans la séquence qui arrive et notamment dans cette bataille de retraite.
C'est ça les sujets qui sont importants aujourd'hui. Vous êtes bien d'accord qu'il y a eu un malaise ?
Non, et je pense qu'il y a eu des incompréhensions. Et je pense qu'il y a eu des informations qui ont été transmises et diffusées, colportées dans la presse qui ne correspondent pas à la réalité. Comment vous pouvez parler de repli sur sort ou de rétrécissement quand une des décisions que nous avons prises, c'est précisément de mettre en place ce qu'on appelle un conseil politique dans lequel l'ensemble des personnes que vous avez citées, vous avez cité Clémentine Autain, je peux en citer d'autres, sont partie prenante de ce conseil politique avec l'objectif justement de ne pas se retraitir, mais de s'élargir de la manière la plus large possible.
Puisqu'il y a eu des incompréhensions et des équipes roquos, dites-vous, levons-les. Comment est-ce que ça va se passer quand vous allez vous réunir ? Est-ce que vous avez une date de réunion ? Et quel va être le processus de décision ?
On a une première réunion cet après-midi de cette nouvelle coordination des espaces du mouvement. Et cette réunion, elle décidera de la manière avec laquelle ensuite... Ça pourrait passer par un vote ?
Ça pourrait passer par un vote ? Vous pourriez être candidat à la direction de cette coordination ? Non, mais cette coordination, elle va décider en son sein.
Et vous proposer au vote ? Mais cette coordination, elle décidera en son sein.
Donc s'il y a plusieurs candidats... Ça, je veux dire, est-ce que c'est à main levée ?
Mais s'il y a plusieurs candidats, elle votera. Mais on verra s'il y a plusieurs candidats ou pas. Mais je pense que vous vous projetez dans une forme d'organisation qui n'est pas la nôtre.
Oui, parce que c'est vrai que vous, vous avez dit, l'élection, ça n'est pas l'alpha et l'oméga de la démocratie. C'est pas ce que j'ai dit non plus.
Mais bon, il y a beaucoup de mauvaises informations dans la presse sur ce sujet. Donc c'est pas grave. C'est bien aujourd'hui qu'on ait l'opportunité... Ça, vous l'avez dit au micro de France Inter, je crois. Donc en l'occurrence, c'est pas la mauvaise... Non, non, je l'ai pas du tout dit au micro de France Inter. Mais c'est pas grave. Mais ce qui est vrai... Est-ce que l'élection...
Non, mais attendez, ce qui est vrai, c'est que dans les principes de fonctionnement de la France Assoumise, qui ne sont pas nouveaux, qui ne datent pas du 10 décembre dernier, qui datent de plusieurs années maintenant, il y a la volonté, dans n'importe quelle structure, à l'échelle nationale comme à l'échelle locale, d'essayer de favoriser au maximum des prises de position par consensus. D'essayer de construire du commun, pas de construire du clivage entre des majorités et des minorités. Et puis parfois, il faut voter. Et quand il faut voter, on vote. Donc il ne s'agit pas de dire qu'on le vote.
Mais vous seriez prêts... On va se reposer la question, Manuel Bompard. Vous seriez prêts à dire officiellement, voilà, moi je suis candidat au poste de coordinateur de l'équipe opérationnelle de la France Insoumise. Y a-t-il d'autres candidats ? Si oui, est-ce qu'on vote ? Mais bien évidemment, mais à Pauline de Mane... Oui, ça pourra se passer en toute transparence.
Mais ce n'est pas le sujet. Non, mais il y en a qui doutent. Dans notre structure de croix...
Pardon, mais enfin, Manuel Bompard, vous ne pouvez pas me dire que ce n'est pas le sujet. Clémentine Autain, hier encore, elle dit, la question est de savoir s'il y a encore une possibilité de rediscuter de cette organisation du mouvement. Elle a l'air d'en douter. C'est Raquel Garrido, qui est quand même une de vos compagnonnes de route depuis un petit bout de temps, qui dit qu'il faut que Jean-Luc Mélenchon choisisse s'il veut aider ou s'il veut nuire. Enfin, ce n'est quand même pas moi qui ai dit que c'était un rétrécissement, un repli, un verrouillage.
Peut-être qu'il y a des gens qui l'ont dit, mais ce que j'essaie de vous répondre, c'est que ça ne correspond pas à la réalité. Maintenant, une fois que nous avons dit ça à Pauline de Malherde, il me semble que quand on est face à la situation à laquelle on est, c'est-à-dire des prix qui explosent, quand on se retrouve face à la volonté du gouvernement de reporter l'âge de départ à la retraite à 65 ans. Moi, il me semble que notre responsabilité, ma responsabilité, c'est notre cohésion, notre unité. Et ce n'est certainement pas de polémiquer par médias interposés. Non, il ne faut pas qu'il se tèze. Il y a des structures de discussions internes.
Il est normal que tout le monde puisse s'en saisir. Je souhaite que ces discussions puissent aboutir de manière positive. Maintenant, du point de vue de notre position publique, de nos interventions médiatiques comme celles que je suis en train de faire devant vous, je pense que tout le monde comprendra qu'il me paraît plus utile de se focaliser sur les batailles du moment.
Manuel Bompard, qui donc, au moment où on se parle, est député La France Insoumise des Bouches-du-Rhône, qui n'est pas encore, mais qui pourrait être coordinateur de l'équipe opérationnelle. Voilà, c'est comme ça que vous m'avez présenté. Et c'est donc là-dessus qu'on va partir comme base. Les retraites, vous en parliez. Jean-Luc Mélenchon, qui après les voeux d'Emmanuel Macron, a dit que ça va chauffer en janvier. Bonne année. Est-ce que vous souhaitez que ça chauffe ? Est-ce que vous demandez aux Français de se mobiliser ? Ou est-ce qu'au contraire, vous espérez que ça n'est pas à chauffer ?
Pour que ça n'ait pas à chauffer, il y a une solution très simple. Il faut qu'Emmanuel Macron et son gouvernement renoncent à passer en force pour reporter l'âge de départ à la retraite, à 64 ou 65 ans. Si le gouvernement renonce, ça se passera bien. Mais pour l'instant, j'ai écouté les voeux du président de la République. Manifestement, ce n'est pas sa volonté. Alors que plus de 70% des Français sont opposés à cette réforme, alors que c'est une réforme qui est d'une brutalité sociale insupportable, pourquoi faudrait-il faire ça ? Quel est l'intérêt ? Pourquoi vous allez aller voir des gens ?
Ou le rapport du corps, la question de l'équilibre entre actifs et retraités, ne vous paraît pas justifier l'urgence de la réforme ?
Mais attendez, d'abord, le rapport du corps, il dit, il tord le coup à l'hypothèse d'une trajectoire non contrôlée des dépenses de retraite. Donc le rapport du corps, il ne dit pas, il faut réformer les retraites.
Il dit que cette année, et encore l'année prochaine, sans doute l'équilibre. Il parle en revanche d'un déficit à partir de l'année suivante.
Et le rapport du corps, il y a trois ans, regardez le rapport du corps de 2019, il disait que cette année, on serait en déficit de 10 milliards en 2022. En vérité, on a été en excédent de 3 milliards. Donc les projections à 10 ans du rapport du corps, permettez-moi de vous dire qu'il vaut mieux les prendre avec un petit peu de vigilance. Le corps fait un travail sérieux, mais ces projections, elles peuvent parfois être contrebalancées par une évolution des paramètres économiques. Donc il n'y a aucune nécessité économique aujourd'hui à réformer les retraites. Par contre, clairement, c'est une réforme qui va avoir une conséquence extrêmement directe pour des millions de gens dans ce pays.
Écoutez, qui, dans 5 ans, vont être à la retraite aujourd'hui et à qui on va dire, non, finalement, ce n'est pas dans 5 ans, c'est dans 8 ans.
Ce n'est pas ceux qui sont à la retraite dans 5 ans, mais en effet, c'est ceux qui, aujourd'hui, travaillent et qui, dans 10 ans, dans 15 ans, puisque ce serait échelé.
Oui, je vous ai dit 5 ans, c'est à peu près à cet horizon-là, la réforme telle qu'elle est proposée aujourd'hui par le gouvernement. Donc c'est insupportable. Imaginez bien qu'il y a des gens, ce n'est pas par plaisir, par bonheur, il y a des gens, quand ils arrivent aujourd'hui à 61, 62 ans, ils ne sont plus en capacité de continuer à travailler, il faut penser à eux. Donc pourquoi faire cette réforme ?
Alors, Elisabeth Borne, la Première Ministre, dit que reporter l'âge de départ à 65 ans n'est pas un totem.
Ce n'est pas un totem, elle n'a qu'à renoncer, parce que pour l'instant, dans toutes les discussions qu'elle a, que ce soit avec les organisations politiques ou que ce soit avec les organisations syndicales, elle a dit que s'il y avait un sujet qui n'était pas discutable, c'était celui du report de l'âge de départ à la retraite. Si elle renonce au report de l'âge de départ à la retraite, alors on peut discuter, mais pour l'instant, elle a toujours refusé de renoncer à ce report.
Alors si on parle d'annuité, parce que c'est quand même ça aussi la question, et il y a un certain nombre de syndicats qui sont contre toute réforme des retraites, il y en a d'autres qui disent qu'on est contre l'âge qui tomberait comme un coup près, mais on n'est pas contre l'idée d'une augmentation du nombre de trimestres cotisés, c'est notamment éventuellement l'ouverture de la CFDT. Est-ce que vous, ça, si Elisabeth Borne dit qu'on n'ira pas au-delà d'un certain nombre d'annuités, de 43 annuités par exemple, ça peut être une base de discussion ?
Ou vous ne voulez pas de réforme du tout ? Non mais nous, ce n'est pas qu'on ne veut pas de réforme du tout, c'est qu'on veut une réforme dans une autre direction. Nous, on est favorable au retour à la retraite à 60 ans avec 40 annuités. Ça, c'est la proposition que nous nous mettons sur la table. Maintenant, vous évoquez une hypothèse qui n'est pas dans les hypothèses du gouvernement. Le gouvernement, il envisage, si mes informations sont bonnes, deux hypothèses, le report à 65 ans ou le report à 64 ans avec un allongement de la durée de cotisation. Aucune de ces deux options n'est acceptable. Aucune de ces deux options n'aura un accord d'une organisation syndicale.
Et si c'est une question d'annuités ? Si, je les entends bien.
Si, ce que semble dire Elisabeth Borne, elle dit, voilà, la limite absolue, ce sera 43 annuités, est-ce que ça...
Non mais ça ne changerait. Enfin, écoutez, le sujet, c'est est-ce qu'aujourd'hui, mais est-ce qu'aujourd'hui, on a besoin de travailler plus longtemps ? Est-ce qu'on n'est pas dans une situation où il y a eu des tels gains de productivité dans le travail que ces gains de productivité doivent permettre qu'on travaille moins longtemps, qu'on puisse avoir davantage de temps pour son temps libre ? Il y a beaucoup de maires dans ce pays, par exemple, qui ont plus de 60 ans. Si on les oblige à aller travailler, il n'y aura plus de maires pour s'occuper des petites communes en particulier. Il y a des gens, quand ils sont à la retraite, ils s'occupent, ils font de l'engagement associatif.
C'est toute l'organisation de la vie ? Mais bien évidemment, au cours du siècle, on a gagné beaucoup de productivité. C'est-à-dire qu'un salarié, aujourd'hui, produit autant de richesses que deux ou trois salariés il y a 50 ans. Et la question qui nous est posée, c'est ces gains de productivité, à qui ils profitent ? Est-ce qu'ils sont dans les poches des actionnaires ? Est-ce qu'ils sont dans les dividendes ? Est-ce qu'ils sont dans les profits des grandes entreprises ? Ou est-ce qu'au contraire, ils permettent de soulager la vie, de faire en sorte qu'on travaille moins longtemps et qu'on puisse vivre mieux ? Et pour l'instant, c'est une tendance inverse qu'on observe.
C'est-à-dire que la génération de 1960, elle passera un an de moins à la retraite que la génération de 1950. Et si le gouvernement met en place sa réforme, la génération de 1970, elle passera 2,5 années de moins à la retraite que la génération de 1950. C'est l'inverse du sens de l'histoire. Pourquoi elle est dans cette direction ? Franchement, je ne le comprends pas.
Vous irez manifester ? Est-ce que vous avez déjà pu mobiliser largement ? On évoque une date, le 21 janvier ?
Oui, alors le 21 janvier, il y a une date de mobilisation à l'appel des organisations de jeunesse. Et la France Assoumise soutient cet appel à marcher à Paris le 21 janvier prochain. Et puis, je crois que les organisations syndicales doivent se réunir le 10 janvier. Peut-être qu'elles décideront d'une date, de journée de grève, de manifestation. Et bien évidemment, dans ce cas-là, nous la soutiendrons comme nous l'avons toujours fait. Je pense que ces différentes initiatives doivent être complémentaires. C'est une grande bataille
qui s'annonce. Vous espérez que tout le monde manifeste ensemble ? C'est-à-dire que le 21 janvier, c'est la proposition que font les organisations de jeunesse que vous faites. Est-ce que vous appelez les syndicats à vous rejoindre le 21 janvier ?
Non, mais je crois que les syndicats, ils ont un choix. Ils ont fait un choix pour l'instant, c'est de mobiliser dans le cadre de l'intersyndical qui est le plus large possible. C'est un choix que je respecte et que je comprends. Donc, il va y avoir différentes formes d'initiatives. Les syndicats, plutôt des journées de grève ou de manifestations. Vous n'avez pas intérêt à vous mettre d'accord ?
En semaine, nous,
on propose des initiatives le week-end et ces différentes initiatives, elles sont complémentaires. Il ne faut pas les opposer l'une à l'autre. Si on veut gagner cette bataille qui va être une bataille très importante, très dure, si on veut gagner, il faut faire en sorte que la mobilisation soit toute azimut. Il y a 20% des Françaises et des Français qui disent qu'ils sont prêts à participer à un mouvement social contre les retraites.
Si vous mettez 20% des Français dans la rue ?
Voilà, je leur dis mobilisez-vous parce que si vous ne vous bougez pas, si vous laissez faire, à la fin, on n'aura que les yeux pour pleurer. Donc, il faut se mettre en mouvement parce que le gouvernement nous oblige à nous mettre en mouvement pour empêcher qu'il passe en force sur les retraites puisque manifestement, il ne veut écouter personne. Il est tout seul, il a tous les syndicats contre lui. Il a 70 à 80% des Français contre lui mais il s'entête dans cette direction. Donc, il faut se mobiliser pour l'empêcher de le faire.
Et Elisabeth Borne qui précise que c'est le 23 janvier prochain que ce projet sera présenté en Conseil des ministres qui viendra ensuite à l'Assemblée. Si elle sort le 49-3, en même temps, vous n'aurez plus au final.
Si elle sort le 49-3, ça démontrera à nouveau la brutalité avec laquelle le gouvernement envisage des réformes aussi importantes que la réforme des retraites. D'ailleurs, elle devrait le préciser, elle devrait dire en toute honnêteté aujourd'hui si elle a l'intention d'utiliser le 49-3 sur ce sujet ou pas. Moi, je lui pose la question. Est-ce que vous renoncez à l'utilisation du 49-3 pour essayer de convaincre les Françaises et les Français et une majorité de députés de soutenir votre texte de loi ou pas ? Je pense que ce serait important qu'elle réponde à cette question.
Donc, sur le 49-3, voilà votre appel. Sur le fond, je n'ai quand même pas complètement compris. Est-ce que votre totem, votre ligne rouge à vous, c'est l'âge ? C'est la durée d'annuité ou c'est les deux ?
Mais c'est les deux. Nous, nous sommes favorables à réduire l'âge de départ à la retraite et à réduire la durée d'annuité. Vous ne pouvez pas me demander
de d'être d'accord
avec ceux qui veulent les allonger, au contraire. Et souvent, on prend des exemples européens. Je veux quand même rappeler que, parce que souvent, on nous dit oui, mais partout en Europe, etc. La durée de cotisation, elle est de 40 annuités au Portugal. Elle est de 40 annuités en Grèce. Nous, on est déjà au-delà. Alors, vous prenez l'exemple ? Oui, mais moi, je vais vous donner des exemples. Non, mais je ne veux pas jouer à Zula, mais le gouvernement... Enfin, en Espagne,
on part à la retraite entre 65 et 66 ans. Oui, oui, je connais les arguments. En Allemagne, à 67 ans. Mais vous inquiétez pas, Pauline Malala,
le gouvernement multiplie ses arguments à longueur d'antenne. Donc, je me permettais juste d'utiliser l'opportunité. Non, non, moi, c'est pas une histoire d'argument, c'est une histoire de fait. C'est juste, je regarde, dans l'Irlande, c'est 66,
en Italie, c'est 67. Est-ce que c'est vrai
que c'est 40 annuités au Portugal et en Grèce ? Est-ce que c'est vrai que l'âge de départ à la retraite pour les femmes en Autriche est de 60 ans ? Pourquoi on s'alignerait toujours sur ce qui est le moins favorable ?
60 ans pour les femmes en Autriche, 65 ans pour les hommes, mais la réforme est en cours pour justement aligner
les femmes sur les hommes ? Eh bien, pourquoi on essaierait toujours de s'aligner sur ce qui est le plus défavorable ? Pourquoi on ne pourrait pas s'aligner ? Mais l'idée, par exemple,
que les femmes puissent partir très nettement comme ça avec 5 ans d'écart à la retraite, 5 ans plus tôt que les hommes ?
Non, moi, je pense qu'il faut une mesure qui soit la même pour toute la population. Par contre, il faut faire en sorte que les retraites des femmes soient au même niveau que les retraites des hommes. Et donc, ça, ça passe par le fait notamment de faire en sorte que les rémunérations tout au long de la vie soient au même niveau pour les femmes que pour les hommes. Et puis, parce que souvent, on me dit mais comment vous faites pour financer la retraite à 60 ans, etc.
Si on faisait en sorte que les salaires des femmes soient alignés sur les salaires des hommes, le surplus de cotisation sociale pour les retraites qui rempliraient les caisses des retraites permettrait de financer une partie de l'effort nécessaire pour revenir à la retraite à 60 ans. Et puis, on peut mettre en place une surcotisation sur les plus hauts revenus. Et puis, on peut créer des emplois. Et puis, on peut faire en sorte de soumettre à cotisation retraite des rémunérations qui ne sont pas soumises aujourd'hui comme le versement de dividendes, comme le rachat d'actions. Il y a plein de solutions pour faire en sorte qu'on puisse ramener l'âge de départ à la retraite à 60 ans.
Mais il faut se donner les moyens de le faire. C'est une question de priorité.
Manuel Montparche, je voudrais qu'on parle aussi de la question des prix de l'énergie avec notamment ce cri du cœur d'un certain nombre d'artisans, de commerçants qui voient leur facture d'électricité exploser et qui ne savent pas comment faire face. Écoutez ce que dit notamment ce boulanger dans l'Oise.
La facture du mois de décembre, monsieur, est montée jusqu'à 12 880 euros et des poussières. Le mois dernier, c'était 6 000. J'ai payé le mois dernier et ça a fait un trou dans ma trésorerie. Et là, j'ai reçu il y a quelques jours ma facture qui va être débité dans quelques jours en janvier et je ne peux pas la payer parce que sinon, voilà, ça fait fermer mon entreprise.
Qu'est-ce qu'il faut faire ? Qu'est-ce que vous feriez ? Vous étiez au gouvernement pour les élus.
Il y a beaucoup de choses à faire. C'est dramatique pour les entreprises. Vous venez de donner un exemple. C'est dramatique pour les ménages. Le gouvernement dit qu'il y a un bouclier tarifaire de 15 %. 15 %, ce n'est pas un bouclier tarifaire, c'est un matraquage tarifaire. Ça veut dire que les ménages, en moyenne, vont voir leur facture d'énergie augmenter de 300 euros dans l'année. Alors, qui peut payer 300 euros de plus aujourd'hui ? Donc, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut d'abord des mesures d'urgence.
Les mesures d'urgence, ça fait des mois et des mois qu'on dit qu'on peut prendre des mesures d'urgence face à une situation d'urgence et cette mesure d'urgence, c'est de bloquer les prix en bloquant les prix, en mettant à contribution les profits des énergéticiens, les profits des entreprises gazières qui ont engrangé des profits extraordinaires ces derniers mois face à l'augmentation de ces prix de l'énergie. Ça, c'est la mesure d'urgence. Et puis après, il y a des réformes plus structurelles. Il faut sortir du marché européen de l'énergie. C'est totalement hallucinant.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous avez l'électricité qui est alignée sur le prix du gaz alors que les prix de production ne sont pas les mêmes. Mais ça, pour le coup,
vous êtes tous d'accord. C'est-à-dire que même Bruno Le Maire, l'actuel ministre de l'économie,
il est contre ce système. Ah bon ? Qu'est-ce qu'il fait alors ?
Il essaie, il essaie, mais c'est vrai que ça fait au moins un an
et juin 2022.
On voit qu'à l'époque, ça nous arrangeait bien parce qu'on était exportateurs d'électricité. Ce qui est malheureusement qu'il nous dit.
Mais à un moment, il faut avoir un petit peu de continuité, si vous voulez, dans la politique qu'on met en place. La France a eu la présidence de l'Union européenne. Qu'est-ce qu'elle a fait pour faire en sorte qu'on sorte du marché européen de l'énergie ? Il ne suffit pas de blablater comme le fait M. Le Maire. Il faut faire en sorte qu'on sorte du marché européen de l'énergie.
Là, vous parliez de la question aussi de l'énergie. Il y a la question du tarif réglementé qui va normalement s'arrêter au 30 juin prochain. Il ne faut pas que ça s'arrête. Stop ! On arrête cette évolution ?
Il faut désobéir à ces règles de libéralisation du marché de l'énergie qui produisent des résultats qui sont des résultats totalement à les finances. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la France va acheter l'énergie à un prix beaucoup plus important que ce qu'elle produit sur son propre territoire. Tout ça n'a aucun sens. Tout simplement...
Donc, vous dites stop. S'il en est encore temps, vous dites stop. On arrête cette ouverture à la concurrence. On arrête cette sortie.
L'énergie du secteur du marché. Parce que ce qui produit cette augmentation exponentielle des prix de l'énergie, ce n'est pas une augmentation exponentielle des coûts de production de l'énergie. C'est des mécanismes de spéculation. Et donc, ces mécanismes de spéculation, ils sont dus au fait que l'énergie est aujourd'hui un marché. Donc, il faut sortir l'énergie du marché. Donc, il faut remettre des tarifs réglementés.
Les transports, l'ouverture à la concurrence du secteur des transports.
Moi, je suis totalement opposé depuis des années et des années parce que ça va produire exactement le même résultat. Restons sur l'énergie un instant. Vous avez aujourd'hui des entreprises qui sont rentrées sur le marché de l'énergie pour être des distributeurs concurrents alternatifs de EDF, par exemple, et à qui la loi oblige EDF à vendre à ces entreprises de l'énergie à un prix inférieur au coût que coûte la production de cette énergie à EDF. C'est comme si vous proposiez à des boulangeries de s'ouvrir à côté d'un autre boulanger mais que vous obligiez cet autre boulanger à vendre son pain à l'autre boulangerie moins cher que ce que ça lui coûte de le produire. Ça n'a aucun sens.
Donc, à un moment, il faut... Donc, stop. On arrête ce processus. Franchement, je ne sais pas où on est là. Donc, bien sûr qu'il faut arrêter ce processus. Il faut revenir à un secteur qui soit un secteur régulé dans le secteur de l'énergie.
Manuel Bompard, député de la France Insoumise des Bouches-du-Rhône. Vous donnez donc la date du 21 janvier pour une mobilisation, une première mobilisation contre les réformes, la réforme des retraites. Et puis, vous le dites, cet après-midi, il y aura cette réunion. Je cherchais le nom parce que ça s'appelle Coordination des espaces de la France Insoumise.
Oui, parce que la France Insoumise, il y a différents espaces d'action. Et si Clémentine Nautin vous entend,
vous lui dites « Sois candidate, il n'y a pas de problème, je pourrais voter pour toi ? »
Mais je vous ai dit que c'était au sein de cette coordination des espaces. Elle n'est pas membre du conseil politique, elle est membre du bureau du groupe parlementaire. Donc elle ne peut plus candidater. Et vous savez, moi, je vais vous dire quelque chose, je pense que dans la période que nous vivons, avec les sujets dont on a parlé aujourd'hui, je pense qu'on a besoin de tout le monde. Adrien Quatens, il est toujours membre de cette coordination des espaces. Il en était le coordinateur. Il n'est pas coordinateur, il n'est pas membre de ces espaces de direction.
Il n'est plus membre d'aucun espace, d'aucune structure de direction
de la France Insoumise aujourd'hui. C'est les décisions
qu'il revient la semaine prochaine dans l'hémicycle.
Ça vous met mal à l'aise ? On lui a posé la question, c'est ce qu'il a dit.
Moi, je vous pose la question à vous, est-ce que ça vous met mal à l'aise ?
Non, mais attendez, moi, le groupe politique auquel j'appartiens a pris une décision. La décision, c'est que pendant quatre mois, il est exclu de notre groupe. À partir de ce moment-là, ce qu'il va faire pendant ces quatre mois, ça lui appartient. À lui, ça ne m'appartient pas. À moi, je suis attaché aux décisions collectives. On parlait tout à l'heure de collectif et de transparence. Notre groupe parlementaire a pris une décision. Certains considèrent sans doute que cette décision n'est pas suffisamment sévère. D'autres, peut-être qu'elle est trop sévère. Mais vous, vous en resterez à ça, en tout cas. J'ai entendu des interventions dans les deux sens.
Mais je pense qu'à un moment, il faut être capable de se dire que quand on a pris une décision, il faut que cette décision s'applique.
Manuel Bompard, député de la France Insoumise des Bouches-du-Rhône, et donc potentiellement chef en puissance. Il n'y a pas de chef, je vous le dis à la France Insoumise.
Faites qu'on va travailler tous ensemble dans cette période.
Dites-le à 8h54 sur l'MCBFM TV.
Manuel Bompard