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InterviewLCI — L'invité d'Adrien Gindre (sur Podcast)· 3 juillet 2023 20 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéImmigration & asileJusticeInstitutions & élections

L’INTERVIEW POLITIQUE – Eric Ciotti, président de Les Républicains, invité d’Adrien Gindre

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous y voyez le début d'un retour au calme ?

  • 1:41RelanceRéponse partielle

    Est-ce encore utile aujourd'hui l'état d'urgence ?

  • 2:29OuverteRéponse directe

    A-t-il raison de vouloir prendre le temps de qualifier les événements ?

  • 4:18OuverteRéponse directe

    Quel mot utiliseriez-vous pour qualifier cette situation ?

  • 5:00RelanceÉludée

    Demain, recevoir 200 mères à l'Elysée, il ne faut pas le faire ?

  • 6:10OuverteRéponse directe

    Vous avez eu un échange avec le gouvernement sur l'objectif de places de prison ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:24PrésentateurChiffre
    « Il y a tout de même encore 157 interpellations. »
  • 0:27PrésentateurChiffre
    « C'est tout de même beaucoup moins que les 719 de la nuit précédente. »
  • 1:10Invité politiqueFait
    « plus de 200 écoles ont été atteintes, des mairies, ce qui est totalement insupportable. »
  • 3:05Invité politiqueChiffre
    « En dix ans, le nombre de coups et blessures volontaires dans notre pays, il y en a en moyenne mille par jour, a augmenté de 50%. »
  • 3:18Invité politiqueChiffre
    « Le nombre d'homicides et de tentatives d'homicides, en dix ans, a doublé, même plus, 111% d'augmentation. »
  • 5:52Invité politiquePromesse
    « Je défendrai un amendement dans ce sens pour que nous ayons 80 000 places de prison en 2027. »
  • 6:59Invité politiqueFait
    « Le président de la République, quand il a été élu en 2017, avait prévu, promis, c'était dans son programme, 20 000 places de prison à l'horizon 2022. »
  • 7:03Invité politiqueChiffre
    « 1 900 ont été construites. »
  • 7:15PrésentateurChiffre
    « Éric Dupond-Moretti dit que c'est une hausse inédite du budget, 11 milliards d'euros en 2027, l'embauche de 10 000 personnes dont 1 500 magistrats. »
  • 7:47Invité politiqueChiffre
    « quand on dépense 1 000 euros d'argent public, on dépense aujourd'hui à peine 15 euros pour la sécurité et 7 euros pour la justice. »
  • 9:59Invité politiqueFait
    « Il y a une cagnotte qui vient d'une origine politique, ce n'est peut-être pas sain. »
  • 10:02Invité politiqueFait
    « Il y en a une autre qui vient de Mottard, je crois, de la police nationale. »
  • 16:10PrésentateurChiffre
    « Combien des émeutiers ont réellement la double nationalité ? »
  • 16:53Invité politiqueFait
    « On sait que, de façon empirique, l'immigration a joué un rôle important dans ces phénomènes. »

Temps de parole

  • Éric Ciotti73 %
  • Présentateur27 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Éric Ciotti

Bonjour Adrien Gindre, en ce début de semaine. Adrien, votre invité aujourd'hui ?

0:02
Présentateur

Le président du parti Les Républicains. Il avait très tôt appelé à déclencher l'état d'urgence face aux violences. Bonjour Éric Sotiche. Bonjour. Merci beaucoup d'être là ce matin. On redoutait une sixième minute de violence. D'après les premières informations de la nuit, elle a été plus calme. Il y a tout de même encore 157 interpellations. C'est tout de même beaucoup moins que les 719 de la nuit précédente. Est-ce que vous y voyez le début d'un retour au calme ?

0:33
Éric Ciotti

En tout cas, je l'espère et je le souhaite. Et nous avons, en tout cas, tous les républicains, tous ceux qui veulent protéger la République, appelés à ce retour au calme. Il est nécessaire, il est indispensable. Notre pays a besoin de paix civile, a besoin de sérénité. Et pour cela, il fallait que la République montre aussi sa force face à cette barbarie qui s'est déchaînée, cette violence inédite, ces pillages, ces incendies criminels qui ont dévasté des centaines de bâtiments publics, des écoles, plus de 200 écoles ont été atteintes, des mairies, ce qui est totalement insupportable. On s'est attaqués. Ils se sont attaqués à la République.

Et il fallait que la République résiste, même si elle a montré aussi beaucoup de faiblesses. Et il faudra en tirer toutes les leçons.

1:31
Présentateur

On va parler justement de ces leçons. Juste un mot sur la manière de répondre. 45 000 policiers et gendarmes depuis plusieurs nuits maintenant. Je le disais à l'instant, vous, vous aviez demandé le déclenchement de l'état d'urgence. Est-ce encore utile aujourd'hui ? Ou considérez-vous que d'une certaine manière, ça y est, la vague est passée ?

1:44
Éric Ciotti

L'état d'urgence est un outil qui offre à nos institutions des armes supplémentaires. Les perquisitions administratives, l'assignation à résidence, l'interdiction, la possibilité d'interdire de manifester. Pas partout. Je le proposais dans les territoires où il y avait le plus de violence. C'est au gouvernement aujourd'hui d'apprécier la situation. Il faut être très vigilant pour que l'incendie ne reprenne pas. Mais il semble que la situation soit aujourd'hui mieux contrôlée.

2:14
Présentateur

Alors, sur justement la réponse politique, le président de la République a réuni hier sa première ministre, plusieurs membres de son gouvernement. À l'issue, il a confié, c'est ce qu'indiquait la présidence de la République, vouloir prendre le temps de qualifier les événements avant d'en tirer les conclusions. A-t-il raison de vouloir ainsi prendre le temps ?

2:32
Éric Ciotti

Je crois que les conclusions, nous les connaissons. Ce sont les mots qui rongent notre pays depuis des années, depuis de trop longues années. Derrière tout cela, il y a l'immigration de masse, il y a la faillite d'un modèle éducatif, il y a l'absence de responsabilité parentale, ou en tout cas l'affaissement de la responsabilité parentale dans certaines familles. Il y a aussi la réponse pénale, la sanction, qui n'est plus adaptée à l'augmentation de la violence. En dix ans, le nombre de coups et blessures volontaires dans notre pays, il y en a en moyenne mille par jour, a augmenté de 50%.

Le nombre d'homicides et de tentatives d'homicides, en dix ans, a doublé, même plus, 111% d'augmentation. Nous sommes dans une société beaucoup plus violente. Nous sommes face à des personnes qui défient la loi, qui n'ont plus peur de l'uniforme, qui s'attaquent aux policiers, mais qui s'attaquent aux pompiers, qui s'attaquent aux élus. On l'a vu, donc, face à cette montée de la violence, face à ce défi à l'autorité, il faut rétablir une sanction plus ferme, plus dissuasive, une réponse pénale mieux adaptée. On en débattra dès cet après-midi. Absolument.

3:49
Présentateur

Il y a la loi justice d'Éric Dupond-Moretti qui arrive à l'Assemblée. On va prendre tous les problèmes que vous venez de lister un par un, parce que ce sont des thèmes très lourds et qui ne sont pas forcément tous liés ensemble. Juste, justement, sur la qualification du moment. Ça fait plusieurs mois qu'on entend, et vous avez aussi, vous, employé certains de ces mots. Le ministre de l'Intérieur parlait d'en sauvagement, le président de la République parlait de décivilisation. Hier, au grand jury sur LCI, Jordan Bardella disait qu'on était pratiquement à la guerre civile dans certains quartiers. Il y a le syndicat de police, Alliance, avec une sa police, qui a dit « nous sommes en guerre ».

Quel est le mot, vous, que vous utiliseriez pour qualifier cette situation ?

4:21
Éric Ciotti

En tout cas, on a vu dans certains quartiers des phénomènes de guérilla urbaine. Ça, c'est clair. Et l'essentiel, ce ne sont pas les mots. Ne tombons pas dans un débat sur les mots qu'on pourrait ou ne pourrait pas utiliser. Le constat, nous le faisons, c'est une augmentation insupportable de la violence qui a atteint un degré inédit. Et face à ce constat, il faut agir. Il ne faut pas tomber dans la séquence habituelle, l'émotion, la communication et la banalisation. Et quand le président de la République parle encore, sans doute, d'une forme de débat, de consultation ou de commission,

4:58
Présentateur

je crois que ce n'est plus le temps. Demain, recevoir 200 mères à l'Elysée pour dialoguer avec eux, il ne faut pas le faire ?

5:03
Éric Ciotti

Qu'ils le fassent, ça ne peut pas faire de mal. Naturellement, c'est auto-portant d'écouter les mères. Je pense qu'il les écoutera. C'est bien. Mais ce qu'il faut aujourd'hui, c'est agir. C'est qu'ils nous répondent sur la question de l'immigration. Parce que c'est notre texte, c'est le référendum qui arrêtera l'immigration.

5:19
Présentateur

Vous dites justement, on veut être entendu. On peut dire, il fait la démarche, écouter des mères. Il demande à la Première Ministre de recevoir les présidents des groupes politiques. Il va avoir le président du Sénat, le président de l'Assemblée. Il va écouter et entendre vos propositions. Très bien.

5:30
Éric Ciotti

Mais nous verrons ce qu'il en sort. Voilà. Ce que je dis solennellement, c'est qu'il ne faut pas que ça soit une énième séance de communication impuissante. Parce que ça, les Français ne le supportent plus. Nous attendons, nous voulons, nous exigeons, les Français attendent, exige des actes très concrets, de la fermeté, beaucoup plus de places de prison. Je défendrai un amendement dans ce sens pour que nous ayons 80 000 places de prison en 2027. Parce qu'aujourd'hui, les peines sont déconstruites, elles sont aménagées, elles sont mal exécutées. Parce que nous manquons cruellement de places de prison proportionnellement à la montée de la violence.

6:09
Présentateur

Vous avez eu un échange avec le gouvernement sur cette idée de porter encore plus haut l'objectif de places de prison ? Oui, absolument.

6:15
Éric Ciotti

J'en ai échangé avec le garde des Sceaux. Je m'en suis entretenu avec lui la semaine dernière. Nous verrons sa réponse dans l'hémicycle. Mais en tout cas, le groupe des Républicains, à l'Assemblée nationale, avec son président Olivier Marlex, nous avons déposé un amendement qui va dans ce sens. Et je le dis très clairement, je conditionnerai mon vote sur cette loi de programmation sur la justice, où il y a des moyens supplémentaires, je ne pense pas suffisants par rapport à l'ampleur de la tâche, à cette réponse pénale. Nous aurons beaucoup d'amendements, mais en tout cas, je crois qu'il faut sortir d'une forme d'angélisme sur cette question.

Le président de la République, quand il a été élu en 2017, avait prévu, promis, c'était dans son programme, 20 000 places de prison à l'horizon 2022. 1 900 ont été construites. Il a différé cet engagement à 2027 pour 15 000. Nous voulons qu'il aille beaucoup plus loin.

7:12
Présentateur

Il avait dit effectivement que c'était étalé, mais vous l'avez vous-même souligné. Éric Dupond-Moretti dit que c'est une hausse inédite du budget. 11 milliards d'euros en 2027, l'embauche de 10 000 personnes dont 1 500 magistrats. Est-ce que tout ça, au contraire, ce n'est pas souhaitable ? Ça ne justifie pas un vote positif ?

7:27
Éric Ciotti

Ça va naturellement dans la bonne direction, mais nous le disons dès aujourd'hui, par rapport à l'ampleur de la tâche, par rapport au retard accumulé, par rapport à la comparaison avec d'autres pays qui consacrent beaucoup plus de moyens à la sécurité et à la justice. On reste en retard. On reste très en retard. Vous savez, quand on dépense 1 000 euros d'argent public, on dépense aujourd'hui à peine 15 euros pour la sécurité et 7 euros pour la justice. Donc, est-ce que c'est responsable ? Est-ce que c'est à la hauteur des défis ?

Il faut nous armer beaucoup plus juridiquement, budgétairement, moralement, je dirais aussi doux, le débat sur l'école face à la bonté de la violence, juste de la criminalité, parce que là, on parle de criminalité.

8:17
Présentateur

Ceux qui ont brûlé, ce sont des criminels. Vu l'ampleur des débats et la gravité de la situation dont vous parlez, hier sur ce plateau, l'ancien président François Hollande disait qu'il doit y avoir aussi dans le pays une forme d'unité nationale. À chaque situation de crise, on se pose la question d'un gouvernement d'union nationale. Est-ce que vous considérez que les conditions sont réunies aujourd'hui pour que la donne politique soit différente ? Je ne parle même plus de l'accord avec les républicains et la majorité, tout ça paraît d'ores et déjà dépassé, mais de se dire qu'il faut qu'il y ait une forme d'union justement pour régler tous ces problèmes ensemble.

Est-ce que vous verriez cette configuration politique ? J'ai réagi dès le début de ces événements terribles

8:48
Éric Ciotti

par un appel à l'unité nationale. Voilà, c'était le sens de ma déclaration. Mais qui ne va pas jusqu'au gouvernement de l'union nationale. Je crois que, ne mélangeons pas tout, dans ce moment qui met en danger la République, et les Français ont eu peur que leurs institutions s'affaissent. Heureusement que nous avons eu le courage de nos policiers, de nos gendarmes, qui ont tenu la République. C'est eux qui l'ont tenu, face aux barbares. Eh bien, il fallait de l'unité. Il fallait soutenir nos policiers, nos gendarmes, je l'ai fait, les Républicains l'ont fait, soutenir ceux qui les dirigent, et notamment le ministre de l'Intérieur. Je dis que le maintien de l'ordre a été bien assuré.

Les policiers ont été globalement présents. Il y a eu un problème de nombre dans certaines communes, notamment des petites communes qui ont été moins protégées. Mais globalement, on avait besoin de cette unité. Le débat politique, c'est autre chose.

9:42
Présentateur

Sur la question des policiers, il y a une cagnotte qui fait polémique parce qu'elle réunit déjà plus de 800 000 euros pour soutenir le policier qui est mis en examen pour homicide volontaire après la mort du jeune Néaël. Est-ce que vous, vous considérez que c'est une bonne démarche ? Est-ce que vous la soutenez, cette cagnotte, pour le policier ?

9:56
Éric Ciotti

Moi, je dis, il ne faut pas d'instrumentalisation. Il y a une cagnotte qui vient d'une origine politique, ce n'est peut-être pas sain. Il y en a une autre qui vient de Mottard, je crois, de la police nationale. C'est une démarche que j'entends, que je comprends, qui ne me paraît pas contraire à nos principes. Bien au contraire, qu'on soutienne la famille d'un policier qui est aussi dans une épreuve aujourd'hui, ça ne me paraît pas choquant. Qui est mis en examen pour homicide volontaire. Mais sa famille est dans une épreuve. Les circonstances diront s'il est coupable ou non. C'est à la justice de le dire. On ne peut pas au préalable faire des procès médiatiques.

Mais il y a une famille qui souffre et il y a des policiers qui sont solidaires et qui l'ont dit. Vous avez donné, vous,

10:40
Présentateur

pour cette cagnotte ? Non, pour l'instant, non. Mais vous pourriez le faire. Je pourrais le faire. Vous avez souligné aussi tout à l'heure que des bâtiments ont été visés. Nos mairies, bien sûr, ce week-end a été marquée naturellement par l'attaque contre un maire Les Républicains, Vincent Jambrun à l'Aigleros dans le Val-de-Marne. Il y a un appel qui a été lancé pour un rassemblement devant les mairies. Aujourd'hui, à midi, à l'Aigleros, ce sera à 15h pour d'autres communes à 18h. Est-ce que cette initiative apporte quelque chose ? Est-ce qu'elle fera avancer de votre point de vue la situation de notre pays ? Au-delà de l'aspect symbolique, bien sûr. Je crois qu'elle est importante.

11:13
Éric Ciotti

Je serai à 15h personnellement à l'Aigleros aux côtés de Vincent Jambrun. J'étais jeudi dernier à ses côtés dans une cité où une mairie, enfin une annexe de la mairie avait été incendiée où une villa avait failli brûler. On a vu avec Vincent Jambrun les habitants qui avaient vécu une nuit quelque part de terreur. On a vu ces inscriptions brûle la mairie, brûle les keufs. Le lendemain, elle me visait personnellement d'ailleurs dans cette cité. Vous-même, vous avez craint pour votre sécurité ? Ou vous craignez aujourd'hui pour votre sécurité ? Non, ce n'est pas le sujet. Je ne crains pas. Mais il y a cette situation où de plus en plus d'élus sont attaqués, sont menacés, sont pris à partie.

parce qu'on s'attaque au symbole de la République. On s'attaque à l'uniforme. On a vu et on a entendu des commentaires disant qu'il y a une émotion et qu'il y a une colère contre les policiers. Mais cette colère, pourquoi elle se porte contre les élus ? Pourquoi elle se porte contre les sapeurs-pompiers ? Parce que ceux qui sont animés par cette haine de nos institutions veulent détruire la République et ils s'attaquent aux principes d'autorité. D'où la nécessité, parce que le temps des réponses doit venir, d'avoir des sanctions beaucoup plus lourdes, des peines planchées, des peines minimales, systématiques, pour ceux qui touchent un uniforme de la République ou un symbole de la République.

que ce soit un gendarme, un pompier, un policier, un militaire, un élu, un médecin qui sont quelque part les cellules vitales de notre démocratie. Vous dites une peine planchée, quelle serait pour vous la peine souhaitable ? En tout cas, il faut aggraver les peines. Dans le code pénal, il y a naturellement des peines adaptées à chaque délit. Il faut que le fait de s'attaquer à un uniforme soit plus sanctionné et soit systématisé, systématisé. Vous avez tout à l'heure fait... Pour envoyer un vrai message celui qui touche un uniforme de la République, le soir même, il doit dormir en prison. C'était rarement... Il faut qu'à main jugement. C'était rarement le cas.

Il peut y avoir des comparutions immédiates, je vais très vite, mais il faut que le message, il faut que la réaction, elle soit rapide, elle soit forte. On ne peut pas convoquer un mineur huit mois après, on ne peut pas convoquer un délinquant plusieurs mois.

13:40
Présentateur

Il n'y a pas de comparution immédiate dans le cas des mineurs. Alors, une question parce que vous avez fait allusion tout à l'heure à l'autorité parentale. Le président de la République, on a parlé aussi la semaine dernière, quand il dit que c'est la responsabilité des parents de garder les enfants à domicile, la République n'a pas vocation à se substituer à eux. La raison... Qu'est-ce qu'il faut faire ?

13:55
Éric Ciotti

Il faut rétablir la loi que j'avais faite voter en 2010 et qui a été abrogée par M. Hollande et que M. Macron a refusé par deux fois lors du débat sur l'école et lors du débat sur la loi séparatisme de réinstaller. Je prévoyais dans cette loi et elle s'est appliquée à la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy pendant un an de supprimer les allocations familiales aux parents qui avaient un défaut dans le suivi de leurs enfants,

14:21
Présentateur

notamment sur l'absenté scolaire. Qu'il puisse y avoir de l'emprisonnement, de l'amende pour les parents défaillants, mais est-ce que vous imaginez réellement qu'un parent qui est déjà en difficulté avec moins d'argent, voire de la prison, soit plus en capacité de gérer son enfant ? Ce dispositif existe

14:36
Éric Ciotti

dans le code civil. Quand on se marie, on vous lit l'article, je crois que c'est l'article 371 du code civil qui parle de l'autorité parentale, les droits et les devoirs. Et si on ne respecte pas ces droits et devoirs, notamment le devoir d'éducation, il y a une sanction qui est prévue dans le code pénal qui existe aujourd'hui, il ne faut pas changer la loi, qui prévoit notamment des peines de prison pour les parents qui conduisent leurs enfants sur un chemin de danger.

Donc, appliquons la loi, rétablissons la mienne, celle que j'avais faite voter, qui permettait de suspendre les allocations familiales, qui permettait aussi de créer ce qu'on appelait un contrat de responsabilité parentale avec les parents. Mais vous pensez que ça aurait empêché les violences auxquelles on a insisté là ? On ne peut pas dire que ça aurait empêché, mais c'est une addition de mesures. Je vous faisais tout à l'heure le panel de ce qui nous fait défaut, des mots français, une immigration de masse, une éducation qui ne transmet plus des repères et des valeurs, l'affaiblissement de l'autorité parentale, la faiblesse de la réponse pénale. Il faut agir.

L'urbanisme, des quartiers délirants, des moyens sur le terrain, c'est tout cela dont il faut parler. L'intégration, ce sont tous ces sujets, mais il faut changer de cadre et arrêtons le blabla.

15:52
Présentateur

Passons aux âmes. Vous envisagez la déchéance de nationalité pour ceux qui ont la double nationalité et qui ont participé à ces violences. Le président du RN, Jordan Bardella, hier, lorsque cette proposition de votre part lui était soumise, dit « Éric Scotti, c'est monsieur plus ». Est-ce que vraiment vous pensez que cette mesure-là, vous dites « c'est une addition », j'entends, mais qu'est-ce qu'elle aurait changé ? Combien des émeutiers ont réellement la double nationalité ? Combien pourraient être envoyés dans un autre pays que le nôtre ?

16:15
Éric Ciotti

La République, elle doit envoyer des messages aussi. Du symbole ? Il doit y avoir du symbole, oui, mais le symbole, il est dissuasif. On ne s'attaque pas à son pays. Et quand on s'attaque à son pays, c'est qu'on n'y adhère pas. Et ce principe, quand il y a une double nationalité et qu'on commet un crime, quand on incendie un bâtiment, on s'attaque aux intérêts fondamentaux de la nation. Quand on attaque une mairie, une école, et qu'on a une double nationalité, il faut en payer le prix. Alors, il n'y a peut-être pas beaucoup de cas. Les enquêtes le diront. À ce stade, on ne le sait pas. On sait que, de façon empirique, l'immigration a joué un rôle important dans ces phénomènes.

que cela a impliqué beaucoup de jeunes issus

17:02
Présentateur

de l'immigration.

17:05
Éric Ciotti

Ils peuvent avoir une double nationalité dans certains cas. Donc, c'est aussi une des mesures. Je crois qu'il faut qu'on envoie le signe qu'on ne se couche plus, qu'on est debout, que la France réagit, qu'elle est forte et qu'elle ne faiblira pas.

17:21
Présentateur

Vous disiez à l'instant, il y a aussi la question de l'urbanisme de ces quartiers. Hier, sur ce plateau, Jean-Luc Mélenchon voyait aussi une explication. Il disait le contexte social. Il y a un contexte social, un contexte policier. Est-ce que vous croyez qu'il y a un contexte social ? Est-ce que les situations sociales de ces quartiers expliquent aussi la violence ? Ça, c'est la thèse de Mme Rousseau

17:39
Éric Ciotti

et de M. Mélenchon que les pauvres sont conduits à piller. C'était la justification de Mme Rousseau qui est indigne, d'ailleurs, qui traduit une forme de mépris qui est insupportable. Non pas parce que la pauvreté engendrera la violence, parce qu'elle engendrera une colère. Il y a des Français qui sont en difficulté, qui vivent dans nos villages, dans nos campagnes. Est-ce qu'ils vont piller ? Est-ce qu'ils vont casser ? Est-ce qu'ils vont brûler ? Donc, ne généralisons pas. Il y a aujourd'hui des formes de ghetto, de communautarisme qui se sont créés dans certains lieux qui génèrent de la violence. Je récuse cette explication sociale.

18:16
Présentateur

Vous voyez davantage un rôle, en revanche, du côté des réseaux sociaux et des jeux vidéo. C'était aussi l'une des convictions du chef de l'État la semaine dernière. Je parlais des parents, mais son ministre de la Justice disait ce week-end si vous allez sur Snapchat, effectivement, on voit des jeunes qui partagent les vidéos sur les réseaux. Il y a eu un appel aux plateformes pour qu'elles luttent également. Emmanuel Macron qui disait les jeunes ont l'impression de revivre dans la rue les jeux vidéo qui les ont intoxiqués. Est-ce que là, c'est un levier ? En tout cas, c'est un vecteur de propagation.

18:42
Éric Ciotti

L'incendie se propage plus vite. Et par rapport à 2005, c'était une grande différence. On voit que sur ces réseaux, des points de rassemblement, de réunion sont lancés instantanément. Donc, il faut sans doute beaucoup mieux gérer dans ces situations de crise, voire de façon générale, sur l'accès aux mineurs de ces réseaux qui, de façon globale, n'amènent rien de bon pour cette jeunesse. Vous avez dit tout à l'heure que c'est une forme d'addiction. Beaucoup de pédopsychiatres le soulignent extraordinairement dangereux.

19:13
Présentateur

Vous avez dit que vous souteniez tout à l'heure le ministre de l'Intérieur parce qu'il fallait aussi soutenir nos forces de l'ordre. Est-ce que vous faites confiance au gouvernement pour régler la situation dans laquelle nous sommes ? Aujourd'hui,

19:23
Éric Ciotti

je ne dirai pas ça. Il y a eu un maintien de l'ordre qui a été assuré grâce à nos policiers, grâce à nos gendarmes, grâce à nos institutions. Et je salue ce travail. Maintenant, il y a un immense chantier de reconstruction. Nous y prendrons notre part sur les idées, sur les propositions. J'espère que le gouvernement nous écoutera.

19:43
Présentateur

Merci beaucoup, Eric Ciotti, d'avoir été l'invité de l'ACI ce matin.