Cécile Duflot - On n’est pas couché 15 mai 2010 #ONPC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 37 %Défensif 23 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteÉludée
Qu'est-ce que vous en pensez ? Plus personne ne vous appelle Madame Soufflot aujourd'hui.
- 1:38OuverteRéponse partielle
La différence entre les Verts et Europe Écologie ?
- 1:47OuverteRéponse directe
Je voudrais adhérer à Europe Écologie. Que conseilleriez-vous ?
- 4:05RelanceRéponse partielle
Vous ne savez pas où vous allez et vous demandez aux gens où on va ?
- 6:26FerméeRéponse directe
On peut adhérer à Europe Écologie sans être vert ?
- 7:34OuverteRéponse partielle
Du carlier, vous voulez intervenir ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Locuteur 1Fait
« « Il éma qu'aux talents ont joigné la droiture ». »
- 4:51Locuteur 1Fait
« Je sais l'histoire des Verts. »
- 5:15Locuteur 1Fait
« Il y a une crise dans tous les partis. »
- 5:50Locuteur 1Fait
« Quand on met plus de gens ensemble, on aboutit à des solutions plus intelligentes. »
- 11:23Locuteur 1Promesse
« Je dis si je devais décider aujourd'hui, ce serait non. »
- 11:42Locuteur 1Fait
« Ça s'appelle le pas-dupisme. »
- 12:17Locuteur 1Chiffre
« J'ai fait deux campagnes présidentielles avec les Verts, celle où on a fait le meilleur score de l'histoire et celle où on a fait le plus bas score de l'histoire. »
- 15:28Locuteur 1Fait
« La décroissance. »
- 17:17Locuteur 1Fait
« On a un problème d'abord, c'est que maintenant, elle est avant l'élection législative. »
- 20:49Locuteur 1Fait
« On est aujourd'hui dans un système qui est basé sur le gaspillage le court terme. »
- 23:33Locuteur 1Fait
« Je ne suis pas d'accord avec la taxe carbone qui consiste à dire on va exonérer plein de grandes entreprises et puis c'est aux particuliers qu'on va demander de payer. »
- 26:12Locuteur 1Fait
« Cette position-là, en plus, elle est nourrie de mon expérience d'élu local. »
- 26:20Locuteur 1Fait
« Aujourd'hui, maintenant, il y a une zone qui s'appelle la zone rouge du plan de prévention des risques d'inondation sur laquelle on n'a plus le droit de construire. »
- 26:36Locuteur 1Fait
« Le scandale, il est là. C'est qu'on a laissé des gens s'installer dans des endroits où ils étaient réellement en péril. »
- 27:16Locuteur 1Fait
« C'est un scandale d'avoir mis des gens dans cette situation de danger. »
- 30:16Locuteur 1Fait
« Il y a énormément de pays du Sud entre eux qui se sont coalisés et notamment il y a des petites îles qui se sont exprimées pendant la Conférence. »
- 31:14Locuteur 1Fait
« Les Chinois n'ont pas une responsabilité sur l'échec de Copenhague. C'est une certitude. »
- 35:42Locuteur 1Fait
« Quand on parle d'allonger la durée du temps de travail global, quand on a un quart des jeunes de 18-25 ans qui sont en situation de travailler, qui sont au chômage. »
- 37:04Locuteur 1Fait
« Sur la question des recettes notamment sur le fait de pouvoir faire contribuer ce que sont les revenus du capital qui le font mais de façon très marginale aujourd'hui. »
- 39:04Locuteur 1Fait
« La situation de la Grèce, la discordance entre les chiffres affichés et la réalité. »
- 39:50Locuteur 1Chiffre
« Six sous-marins. »
- 46:14Locuteur 1Fait
« Aujourd'hui aider les femmes c'est financer les associations qui les aident. »
- 46:23Locuteur 1Fait
« Il y a une loi cadre sur les violences faites aux femmes qui est sur le bureau du Sénat depuis un an et demi. »
Temps de parole
- Locuteur 152 %
- Présentateur20 %
- Locuteur 79 %
- ?7 %
- Locuteur 65 %
- Locuteur 42 %
≈ 30,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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–
Bienvenue, merci d'avoir accepté notre invitation, notre deuxième invitation, parce qu'on avait fait connaissance il y
a
déjà quelques mois, il y a encore une gamine, pardon, dans la politique là maintenant. Grâce à nous, quelle ascension ! Madame Soufflot, qu'est-ce que vous en pensez ? Plus personne ne vous appelle Madame Soufflot aujourd'hui.
– Si,
moi j'en parle souvent. – C'est vrai toujours ? – Quand on dit que j'ai fait quelque chose, je
dis
non, non, vous devez confondre avec Madame Soufflot.
– Madame Soufflot, expliquons, c'est ainsi que le président de la République vous avait appelé, parce qu
'il
ne vous connaissait pas encore très bien, à moins qu'il l'ait fait exprès. –
Possible, possible, j'ai jamais su, mais du coup ça m'a permis de découvrir Jacques Germain Soufflot, qui est l'architecte du Panthéon, et qui, il a fait écrire sur sa tombe, enfin sur une épitaphe très intéressante, qui se termine par ce vers, « Il éma qu'aux talents ont joigné la droiture ».
–
Oh, et ça vous convient très bien ? – Je ne
sais
pas si ça me convient, mais en tout cas j'aime bien la phrase.
–
Enfin quand je
dis
ça vous convient, je n
'ai
pas dit que ça vous ressemblait, j'ai dit ça vous convient, attention, ne vous méprenez pas, Madame Soufflot. –
Oui,
oui,
ne vous inquiétez pas, je ne crains pas de recevoir trop de gentillesse. –
Ah, vous aimez ça de temps en temps ? Parce que c'est vrai que chez les Verts, on ne se complimente pas beaucoup.
–
Ce n
'est
pas si vrai que ça, c'est-à-dire que c'est souvent très affectif, donc il y a une dimension politique, mais il y a souvent des grands débats politiques, en tout cas à l'époque où c'était très compliqué chez nous, sous lesquels se déguisaient beaucoup d
'histoires
personnelles. Et souvent on oublie qu'en politique il y a aussi des humains, qu'il
y a
aussi des vieilles histoires, etc. et qu'il y a des débats politiques qu'on ne comprend pas si on ne comprend pas qu'il y
a
des histoires personnelles entre les gens. Parce que contrairement à ce qu'on croit, les hommes et les femmes politiques, ce n'est pas que des machines. –
Évidemment, alors par exemple, vous allez m'expliquer, parce que ce n
'est
pas si clair que ça encore aujourd'hui, pour tout le monde, en tout cas pour moi, la différence entre les Verts, Europe, Écologie, là par exemple. Prenons un exemple.
–
Prenons un exemple.
– Je voudrais aujourd'hui adhérer à Europe Écologie.
–
Eh bien, vous allez sur le site. Est-ce que vous êtes adhérent des Verts déjà ?
– Ah
non, non, non, non.
–
Si vous êtes adhérent des Verts, c'est simple, vous allez sur le site, vous rentrez votre numéro d'adhérent et… –
Ça, j'ai bien compris. Mais est-ce que vous ne me conseilleriez pas quand même, avant d'adhérer au Vert, avant d'être à Europe
Écologie
? –
Non, alors ça,
c'est marrant parce que je… Mais c'est sûrement qu'on n
'est
pas bon pour expliquer.
– Ah voilà,
oui.
–
Je vous le confirme, je vous le confirme.
–
Oui, parce que… –
La migraine. –
J
'ai chopé une migraine en étudiant votre dossier, je n
'ai
rien compris. Et après, vous allez nous expliquer ce que ça va devenir, ce qui est encore plus difficile.
–
Ça,
je ne peux pas vous expliquer.
– Ah ben voilà, c'est pour ça que je n'ai pas compris. – Mais non,
parce que si vous adhérent à Europe Écologie, vous aussi, donc www.europeecologie.fr…
– J
'hésite, je ne
vous
le cache pas.
– Je sens ça, mais peut-être qu
'à la fin… – On aime
tellement les bains,
Nono et moi ! –
C'est pas vraiment.
–
Nous, on est très ouverts sur l'ensemble des sujets.
–
Ça dépend.
–
Non. – Ça dépend. Il y en a qui ne s'en plaignent pas beaucoup. Et je suis sûre que si vous preniez un bain ensemble, finalement, vous pourriez adhérer ensemble à Europe Écologie. Il n
'y a
pas de tarif de groupe ni de couple. –
Mais
ce n
'est
pas obligatoire, on peut faire ça sans le bain, parce que là,
on
s
'est garé. – Alors, je m
'apercevrai que Mono est encore vert.
– Oui, vous
ne
savez pas.
– Non, je vais vous expliquer. C'est là où c'est intéressant. Parce qu'on pourrait avoir un super beau plan avec des conseillers en com' et du marketing, et dire voilà, à telle date on fait ça, à telle date on fait ça, puis regarder à telle date, on fait une espèce de gros machin pour expliquer voilà, maintenant, on a notre nouvelle organisation et tout est formidable. Sauf qu'on n'a pas fait le choix de faire de cette manière-là. On a fait le choix, justement, que les gens, les hommes, les femmes qui ont envie de participer, choisissent cette construction ensemble. Et la décident ensemble. Donc forcément, on ne peut pas savoir a priori ce que ça va devenir. – Ah,
j'adore ça, moi. Ah, j'adore. C'est-à
-dire
que vous avez le génie de faire de votre médiocrité, et de votre incapacité à vous entendre, un élément de démocratie participative. Chapeau.
–
Non,
de démocratie, tout ce... – Non,
mais là, j'admire, je suis admiratif. – C'est quoi la... – Vous ne savez pas
où vous allez et vous dites aux gens, bah, dites-nous où on va, quoi.
–
Non.
–
Non, mais c'est fort, franchement, c'est fort.
–
Attendez, attendez. Vous avez voulu, pas encore donné la parole, vous avez voulu. Mais Mme Duchelon ne m'a pas répondu encore à ma question, parce qu'il y a quelque chose que... –
Si,
votre question, attendez, j'ai deux
trucs sur le
feu.
–
Oui, c'est pour ça que je lui en veux,
je veux.
–
Je vous fais
semblant de faire de la démocratie participative, et votre autre question, c'est est-ce que vous ne me conseillez pas d'adhérer aux Verts d
'abord ? – Voilà. –
Les Verts, on sait ce que c'est, c'est un parti politique. Et Europe Écologie, ça n'est pas que un parti politique. Il y a au sein d'Europe Écologie les Verts, mais il y a aussi des gens qui ne veulent pas adhérer à un parti en tant que tel, qui ont envie de travailler à l'élaboration du projet, qui disent, nous, on veut bien, on connaît très bien les questions de formation professionnelle, et ça nous intéresse de nous apporter notre expertise. Et c'est là où on n
'a
pas intégré notre médiocrité. Mais moi, je sais l'histoire des Verts. Je sais que, je ne
suis
pas complètement dupe sur la manière dont on a pu mettre en scène un certain nombre de tensions chez nous, mais je sais aussi qu'on a pu donner à une époque une image qui ne donnait pas forcément envie de nous rejoindre. Pour deux raisons. D'abord, pour les querelles de personnes. Ensuite, parce qu'on pouvait se dire, mais est-ce que des écologistes,
c
'est en situation d'assumer des responsabilités ? Est-ce que l'écologie politique, c'est bien une formation politique ? Et aussi parce qu'il
y a
une crise dans tous les partis. La crise du militantisme dans les associations, dans les syndicats, dans les partis, c'est une réalité. Et les Verts sont justement les seuls, et c'est là où vous avez tort sur notre médiocrité, à avoir intégré...
Je parlais de la
médiocrité des chefs, moi. Incapable d'accoucher d'un projet qui appelle la masse à dire, alors-y... Non, non, non,
non,
non,
non,
non, non. Si, c'est ce que vous nous avez expliqué. Vous ne savez pas où vous allez, donc vous demandez aux gens
où est-ce qu'on va. Mais oui, il y a des gens qui
m'ont dit pourquoi, Dany et toi, vous n'êtes pas mis dans une pièce, vous êtes engueulé un beau
coup. Je ne vous fais pas
dire.
Et
vous avez... C'est
drôle parce que... On bossait un peu.
Oui, mais c'est une conception, c'est une conception
de la relation... Ah,
bonapartiste.
Non, pas bonapartiste. Avec Dany, on n'est pas forcément bonapartiste.
Bah oui, justement. C'est ça qui est drôle.
Justement, moi, je crois profondément, et vous pouvez ne pas être d'accord, pour l'avoir constaté, que des fois, justement, quand on met plus de gens ensemble, on aboutit à des solutions plus intelligentes. C'est-à-dire qu'il y a des gens auxquels on ne s'attendrait pas forcément, qui ont des idées, qui réfléchissent, et que quelque chose qui ressemble à de l'intelligence collective, ça peut exister. Justement,
il faut que le climat... Vous êtes vraiment une fille de
gauche, vous.
Non, je ne
suis
pas une fille de gauche,
d'abord. Bah, si, c'est...
Excusez-moi de vous dire que ça...
Mais ce n'est pas une
insulte d
'être une
fille de gauche.
Non,
mais
vous dites...
Donc, j'ai bien compris, on peut adhérer à Europe Écologie sans être vert. Mais enfin, quand même, les verts, ils doivent se dire... Ben, oui, mais c'est pas bien. Ils devraient quand même dire passer vert avant de devenir Europe Écologie.
Eh bien, je
vais vous dire pourquoi ils ne disent pas ça, les verts. Justement, je n
'ai
pas eu le temps de finir ma phrase avant qu
'ils
me disent que j'étais gentiment neuneu. C'est qu'ils ont eu l'intelligence de se dire qu
'il
y a quand même, effectivement, ce problème dans la représentation politique, dans la forme des partis politiques, cette distance vis-à-vis de l'engagement.
Non,
posons-nous la question et mettons en jeu, y compris, nos responsabilités. Les gens qui sont élus avec moi au Conseil Régional d'Ile-de-France, des gens comme Caroline Mécari, des gens comme Augustin Legrand, des gens comme Bastien François, c'est des gens qui étaient d'accord pour participer et pour participer d'un engagement politique, mais qui, si cet engagement devait passer d'abord par une adhésion à un parti politique, eh bien, ils ne voulaient pas le
faire. Plus vous en
parlez, plus ça me paraît sympathique, moi. Plus je vous écoute, plus j'ai envie d'adhérer au PC, quoi.
C
'est vrai, c'est une psy. Faites
-le !
Faites-le
!
Le
PC n'est plus ce qu'il était
!
Ah, attends, mais heureusement,
avec
moi, ça va redourir un peu. Du carlier, vous voulez intervenir
? Oui, je voulais juste dire, je ne voudrais pas tomber dans la caricature facile des verts. En plus, on a eu Dominique Voinet, donc qui a bien appris le truc. Mais vous ne pouvez pas concevoir...
Oui, il a changé, hein, depuis.
Vous ne pouvez pas... Ce qui me gêne là-dedans, c'est qu'il n'y ait pas, au moins, un chemin politique, au départ. Qu'après, vous fassiez appel à des volontés, à des idées, etc. Vous voyez, une participation comme ça, populaire et spontanée de gens qui ne veulent pas vraiment rentrer dans le schéma politique. Mais il faut au moins que vous ayez... On ne sait pas du tout... Moi, tout le monde est vert. Tout le monde a une volonté écologique dans ce pays. Or, on ne sait pas du tout quel est votre projet, où vous vous situez dans l'échiquier politique, vers quoi vous allez, vers... Sur les grands problèmes, évidemment, la mondialisation...
Mais ça, on va parler, quand même. Alors là, c'est moi qui... Si
on ne perd pas trop de temps avec les problèmes internes au renvers et à Europe Écologie, on pourrait parler du fond, oui.
Non,
mais là, c'est moi qui n
'ai
pas été bonne. Il a parfaitement raison. Parce qu'en même temps que vous allez sur le site Internet pour adhérer au processus d'Europe Écologie, il y a ce qu'on appelle la charte et les grandes valeurs et le pourquoi de ce chemin qu'on veut faire ensemble, qui rappelle exactement ce que vous venez de dire,
c
'est-à-dire ce qu'est l'écologie politique pour nous, sur quelles valeurs ça repose, sur quelle analyse du monde et sur comme constat d'une crise globale, à la fois économique, écologique et sociale, où les différents niveaux s'interpénètrent et que les vieilles solutions, notamment basées sur le gaspillage, ne fonctionnent plus et sur des valeurs qui sont aussi des valeurs pour nous importantes, comme le féminisme, comme le partage des richesses, comme l'égalité des droits. Donc vous avez parfaitement raison.
Ce
n
'est
pas juste... Enfin, il faut adhérer à ce corpus de valeurs de base.
Mais
ensuite, là, on parlait à l'instant de l'organisation Vert contre Europe.
Juste parce qu'il y a
Amanda Astier, elle sourit depuis tout à l'heure. J'ai l'impression que ça l'amuse d'entendre ce discours-là. Qu'est
-ce
qui vous plaît ? Qu'est
-ce
qui vous amuse dans le discours de...
Moi,
ça m
'a
donné une idée. Je me suis dit que je n'allais pas écrire mon prochain livre. J'allais faire payer les gens d'abord pour qu
'ils
me donnent l'idée sur un truc. C
'est pas mal.
J'ai essayé, monsieur Lik.
Vous
avez essayé, vous aussi. J'étais en train de rechercher.
C
'était un Neuilly, hein, vous, que vous avez essayé de faire un peu de politique, en tout cas, d'être sur une
liste. Non, non,
je n
'ai
pas essayé de faire de la politique. Je me suis retrouvée embarquée dans un truc.
Neuilly, c'est pire que les Verts, finalement.
Oui, c'est pire que les Verts.
Non,
c
'est pire que les Verts.
Non, on voulait... On s'était dit qu'on allait mettre un petit peu de culture à l'époque où je vivais à Neuilly et du coup, j'ai déménagé.
Sur la liste de... Effectivement, à la cohabitation, à l'amitié politique avec Daniel Cohn-Bendit, on sent bien que son but, c'est plutôt de dire tiens, voilà, on va créer, si ce
n
'est un parti,
en
tout cas, un mouvement qui va peut-être négocier avec le Parti Socialiste avant la présidentielle pour obtenir plus de députés, si ce n'est Verts, en tout cas Écolos, aux législatives qui suivront, je crois avoir à peu près compris ça. Vous, ce n'est pas trop votre idée. Vous dites plutôt ce qui serait bien,
c
'est qu'on est au premier tour de la présidentielle à un candidat ou une candidate qui représente les Verts ou Europe Écologie, ça, je n'ai pas encore bien compris, mais enfin, en tout cas, à une, plutôt une, plutôt vous, d'ailleurs, non ? Non,
mais je
vais vous répondre. Tout ce qui passe ici, à chaque fois, il dit que
ce n'est
jamais moi.
Non, non, non, non. Mais moi, c'est pas lui.
Je vais inviter Nicolas Sarkozy et il
va
finir par me dire
non, pas
moi.
Mélenchon, il a
dit
que c'est lui. Je
vais vous dire pourquoi, parce que c'est vrai que j'ai un problème.
C'est
que si vous dites c'est pas forcément moi, on dit ha, ha, ha, elle est faux cul. Si vous dites c'est moi, vous passez pour une grosse ambitieuse. Si vous dites c'est pas le moment de se poser la question, on dit tu vois, elle ne veut pas répondre. Qu'est-ce que c'est la réponse qu'on peut dire ? Si
vous disiez
la vérité, par exemple.
La vérité, monsieur Nolot, je l'ai dite dix fois. Dix fois en direct.
Allez, une autre.
Ce soir pour vous.
Je recommence. Je dis si je devais décider aujourd'hui, ce serait non. Voilà. Je pourrais vous expliquer pourquoi.
Je
dis par
ailleurs. Je dis par ailleurs.
Mais c'est extrêmement sympathique quand même des gens qui font de la politique et qui ne veulent pas être président de la République, qui ont un projet comme ça pour les gens, pour qu
'ils vivent mieux. Eh bien, on ne les croit pas. Eh bien, moi, je les crois et je vous salue. Et vous savez,
j'ai théorisé ça. Ça s'appelle le pas-dupisme. C'est-à-dire qu'un journaliste, comme vous là, c'est pas dupe. C'est-à-dire que ça
sait que les hommes
politiques ou les femmes politiques, ça raconte toujours n'importe quoi. Donc c'est pas dupe. Elle dit qu'elle n
'est
pas candidate. Évidemment qu
'elle
est candidate.
On ne parle pas
dupe, mais l'expérience.
Non, c
'est pas vrai. Et
la jurisprudence.
Oui, mais sauf qu'il y a un moment, il y a des choses qui se voient par ailleurs.
Il
se trouve que sur cette histoire de présidentielle, si je remonte dans votre démonstration, vous dites, Duflo, elle est pour un candidat présidentiel parce qu'elle veut que ce soit elle. Non, non, c'est pas ce que je
veux. Vous avez
un peu dit ça
? Non, un petit peu, c'est vrai.
Vous
savez, moi, j'ai fait deux campagnes présidentielles avec les Verts, celle où on a fait le meilleur score de l'histoire et celle où on a fait le plus bas score de l'histoire.
Le pire.
Je sais aussi ce que ça veut dire.
C'était Dominique Boignet la candidate. C'est peut-être ça que
vous ne comprenez pas. C'est que je sais ce que ça veut dire la campagne présidentielle pour de vrai. Je sais à quel point on est sous le feu des snipers. Je sais que vous portez sur les épaules à vous tous
seuls. Plus de vacances. Plus
de
mission,
je dis, une demi-bourde.
Ça,
c
'est ça.
Non,
c'est important ce que je
vais dire.
C'est
une question.
Non, mais c'est parce qu'il a dit adieu les Maldives. C'est dégueulasse.
Non.
Je retire. Non, à ce que ça soit retiré
de l'émission. Vous voulez que je vous dise si j
'avais eu les moyens, là, dans mes dernières vacances, je serais repartie aux Maldives rien que pour dire
fuck.
Il faut expliquer à nos téléspectateurs que là, vous êtes fait piéger.
Non, non, non. Mais je ne me suis pas fait piéger. Moi, je vais vous dire, elle ne s'est pas faite
piéger. Non, elle ne
s
'est pas faite piéger. Elle voulait partir aux Maldives. C'est son droit. Elle a le droit. Moi, je suis tout à fait d'accord. Elle a le droit. Il ne faut pas être très écolo. Non, mais ce n
'est
pas ça. C'est que je vais vous dire pourquoi vous avez morflé. Elle ne va pas aller à
la
rame.
On a les livres. À cause de
Copenhague en train et en avion
la semaine avant. Pas du
tout, pas du tout, pas du tout. Parce que les écolos, depuis des années, nous culpabilisent tellement, nous font tellement la morale, bref, nous emmerdent tellement,
que
c'est tellement bon de vous attraper en flagrant délit. C'est comme un curé au 19e siècle qui prônait la vertu et qu'on attrape au bordel. Eh bien, vous, c'est la même chose. On vous a attrapé au bordel.
Et
c'est bon. C'est tout. Moi,
je vais vous dire,
je crois que je fais partie et depuis toujours des écolos qui ne donnent pas de leçons, qui n'ont pas envie de
dire que...
C'est une responsabilité collective. Vous avez pris pour tout le monde. D'accord,
très bien. Sauf que vous avez
compris ce que c'était effectivement que d'un seul coup, la notoriété politique qui fait qu'on ne peut plus rien faire. Là, vous êtes partie en vacances. Vous revenez de vacances. Vous étiez dans les Landes. C'est quand même moins bien que les Maldives.
Eh bien, vous
les...
C'est très différent.
Je
parle météoriquement.
C'est formidable, les Landes. Je vous dis la vérité. C'est rigolo,
quand même, cette histoire.
C
'est pour ça que moi, je l'ai pris avec un peu de distance.
C'est
vrai que ça nous a fait rire.
Oui, mais moi aussi.
C'est vrai que c'était rigolo. C
'était bon.
Mais
moi aussi...
Je
ne pouvais pas savoir comme c'était
bon. D'abord, quand il
n
'y a que deux personnes qui sont au courant et que le canard enchaîné l'est déjà, on se demande comment ils le savent. D'ailleurs, ça,
ça
fait poser la
question. C'est
l'autre. Deuxièmement... Moi, ce n
'est
pas pour vous... Mais c'est l'autre. C'était obligé. Où c'est vous
?
Deuxièmement...
Mais
non, moi, je ne
le
savais même pas.
C
'était une surprise.
Voilà, donc c'est bien ce
que je dis. Deuxièmement, attendez, je
continue. Deuxièmement, c'est vrai que du coup, j'avais envie de recommencer rien que pour dire ça
suffit. Et
troisièmement, vous avez raison. Mais moi, ce qui m'intrigue quand même, et là, j'essaie de politiser un peu cette histoire, c'est que tant que les écologistes, ils ressemblaient à des gens qui veulent vous faire vivre dans des yourtes pas chauffées et manger des racines, on se
dit
qu'ils ne présentent pas un grand danger. Quand ils font 16% aux européennes, qui commencent à devenir crédibles parce que leur discours sur la crise économique, notamment, et sur les solutions qu'on propose, commence au moins à être écoutés. Ah ben, vous pouvez... Moi, je vois bien un certain nombre...
C'est
mon boulot de faire... Ben oui, mais moi, je vois bien
un certain nombre... Parce qu'il y a
tellement qu'ils font... Y compris... Vous voyez, j'ai pris un créneau.
C
'est pas mal, vous faites assez bien. Il y
a
beaucoup d'entraînement.
Je vous remercie, c'est une souplesse.
Donc, quand il y a des dirigeants de grandes entreprises qui veulent discuter avec nous de ce que ça veut dire, les propositions qu'on fait, notamment sur la conversion écologique de l'économie... La décroissance. Je me dis qu'on inquiète quand même certains.
Et
que du coup, c'est le moment de bien nous taper sur la tête.
Dans la
yourte et les Maldives, excusez
-moi, il y a un
milieu...
Oui, oui, oui. Moi, je trouve ça...
Là
où elle a raison très bien que les économes disent « Merde, on a le droit d'aller aux Maldives, nous
aussi. » Non,
je
vais vous dire un truc drôle. Vraiment drôle, pour le coup. C'est que quand on m'a interrogé là-dessus et qu'on a fait passer... J'ai été une interview dans un... L'interview politique d'une grande radio. 10 minutes, 6 minutes sur les Maldives. Franchement, quand
on voit ce qui se passe dans le monde.
Vous avez raison.
Il y a un truc
qui déconne quand même.
Ça, c'est le premier point.
Et deuxième point, le journaliste qui était à côté de moi, je ne dirais pas son nom, il était tout bronzé parce que lui aussi revenait des Maldives.
Jean-Pierre Elkabach, c'est Jean-Pierre Elkabach.
Je
suis heureux de cette photo qu'on a pu voir au moment des régionales. Et là, on va revenir au problème de stratégie et effectivement à ce que vous allez décider de faire avant. Il faut le dire, avant la présidentielle, il y aura les cantonales, il y
aura
quoi d'autre d'ailleurs comme élection aussi ?
Les sénatoriales.
Les sénatoriales. Et là, on se souvient de cette photo au moment des régionales avec madame Marie-Georges Buffet et avec Martine Aubry. Vous étiez finalement main dans la main. C
'est
une jolie photo toutes les trois. Alors là,
on
a...
Ça,
ça
montre quand même une exception française. C'est le seul pays, on est le seul pays où il y a autant de femmes si ce n'est que juste des femmes qui sont dirigeantes de partis politiques. Et puis il
y a une deuxième
exception française, c'est qu'il y
a
un panneau stationnement interdit avec une bagnole en dessous.
Intéressante cette photo parce qu'elle aurait pu être prise par Daniel Cohn-Bendit qui aurait dit « Ah tiens, tu vois, c'est ça qui est bien et c'est ça qu'il faut faire pour la prochaine présidentielle.
»
Oui, mais on a un problème avec l'élection présidentielle. On a un problème d'abord, c'est que maintenant, elle est avant l'élection législative, dans un pays normal. On voit bien ce qui se passe en Grande-Bretagne. C'est l'élection législative où on élit des députés qui
décident...
Non,
non,
non.
Ce n
'est
pas un pays normal. C'est un régime parlementaire. Non. On n'est pas un régime parlementaire classique. Ça ne
veut
rien dire, la normalité institutionnelle.
Vous avez
raison.
Ce
n
'est
pas une bonne formule. D'accord. Éric Zemmour a raison sur un truc. Je
l'ai dit.
Je l'ai dit.
Oui,
oui.
Donc, dans un pays à régime parlementaire classique,
ça va
? Ça va.
Eh bien, on élit le Parlement. C'était d'ailleurs le cas en France jusqu'à ce que Lionel Jospin, au moment de la gauche plurielle, décide l'inversion
du
calendrier. Et donc, on a ce débat sur qu'est-ce qu'on veut comme député, qu'est-ce qu'on veut comme politique pour le pays. Et qu'est-ce que c'est le projet socialiste ? Qu'est-ce que c'est le projet de l'UMP ? Qu'est
-ce
que c'est le projet des écologistes
?
Maintenant, avant, on a l'élection présidentielle. Et du coup, ça pose deux problèmes. Le premier, c'est qu'on parle moins du projet, on parle de l'individu. Est-ce que la personne, c'est la bonne personne pour être président de la République ? Et là, on va se poser la question de savoir avec qui il vit, ce qu'il mange, comment il est, est
-ce
qu'il fait du sport, est-ce qu'il est bronzé ? Et on sort du débat politique. Et pourtant, et l'élection législative ne devient plus qu'une espèce de réplique de l'élection présidentielle. Et du coup, c
'est
la seule élection, c
'est
l'élection qui est devenue la plus importante où on ne parle plus de projet. Du coup, pour nous, on n'est pas fan de l'élection présidentielle, de cette personnalisation extrême. En même temps, c'est la seule élection où on parle de projet global en ayant ce paradoxe qu'on le centre sur un individu. Donc c'est très compliqué. Par rapport à cette situation, vous disiez, moi je suis sur cette position-là. C'est vrai que je considère que par rapport à la difficulté de la situation, on est un peu obligé de présenter un candidat. Mais ce n
'est
pas une évidence, c'est certain.
Moi j'étais très surpris par votre remarque de tout à l'heure comme quoi l'écologie devenait une alternative économique crédible dans certains milieux. Parce qu'à mon avis, c'est absolument le contraire qui s'est passé. Il y a eu un moment où la conjonction astrale vous était très favorable.
On
ne parlait que d'écologie. Il
y
a eu Copenhague. Alors là, on en a mangé de l'écologie. Bon, peut-être un peu trop parce que la désillusion a été grande. Il
y
a eu le Grenelle 1 et Grenelle 2. Il y
a
eu l'affaire de la taxe carbone. Et maintenant, au contraire, quand vous avez reçu, j'avais dit que vous étiez en état d'ébriété électorale, vous étiez toute guette. Là, vous êtes un peu calmé parce que vous avez la gueule de bois. Ça ressemble à une chanson
de François Moral. Ça m
'énerve quand vous avez préparé vos formules sur votre papier avant même que j'ai dit quoi que ce soit. Je suis tout aussi en ébriété que je ne l'étais pas aujourd'hui qu'avant.
C
'est une bonne réponse. Malheureusement, ça constate. Parce que maintenant, au contraire, je crois que l'écologie, alors pas seulement dans les cercles économiques mais dans l'opinion publique, est au contraire assimilée à un handicap économique.
C
'est assimilé... Je finis, je finis. Oui, mais vous pouvez faire ça. Ce n
'est
pas beaucoup mieux que ça d'ailleurs. De toute façon, c'est assimilé à une perte de compétitivité pour les entreprises, à une augmentation des impôts pour les particuliers. Et ça, c'est très ancré, ce qui explique d'ailleurs le virage, mais alors très spectaculaire, du président Sarkozy qui a dit l'écologie, ça commence à bien faire. Et à mon avis, même, il manquait un mot à la fin de la phrase, vous voyez.
D'où le retrait de
la taxe carbone.
Voilà.
Et donc, je pense que c'est parce que du milieu économique et de beaucoup de milieux en dehors des milieux économiques populaires, c'est lié à ces défauts que je viens de vous énumérer. Ça, c'est intéressant.
Oui, c'est vraiment intéressant parce que la question qui se pose, c'est de savoir est-ce que
sur
la planète sur laquelle on vit, je rappelle que nous n'en avons qu'une seule et qu'il n'y
en
a pas de secours sur laquelle on puisse partir en cas de problème. Que là, j'en suis. Un premier point. Quel diagnostic de la situation de cette planète, de son mode de fonctionnement, des relations internationales, de la crise économique qu'on connaît quand même depuis 12 ans, on va de crise soi-disant conjoncturelle en crise soi-disant conjoncturelle. Il y a eu la crise en Asie, il
y
a eu le krach d'Internet. Tout ça ne fait que d'aller de crise en crise. Si on fait l'analyse qu'on est aujourd'hui dans un système qui est basé sur le gaspillage le court terme et qui utilise et consomme des ressources naturelles de manière insupportable par rapport à la réalité matérielle de ce qui existe sur notre planète. On se dit que ça ne peut pas durer. On ne peut pas continuer sur un mode de développement où
on est basé
sur le gaspillage
le court
terme. Donc, il faut remettre en cause cette logique-là et du coup,
il
faut... Et c'est là où l'écologie, moi, j'apprécie l'écologie,
c
'est que justement, ce n
'est
pas une idéologie qui dit le modèle, c'est ça et dans tous les pays du monde, on va s'organiser comme ça.
C'est pas
vrai.
Passez votre temps à dire ça.
Non, c'est faux.
Alors
là... Non, non, non, non,
on dit
qu'il y
a
un certain nombre d'industries, de secteurs de l'économie qui ont vocation et qui doivent évoluer et qu'il faut le faire avec les salariés, avec les syndicats, avec les chefs d'entreprise que l'agriculture, la situation dans laquelle est l'agriculture et les paysans aujourd'hui qui n'ont plus les moyens justes de vivre, qui sont obligés d'emprunter pour arriver à se nourrir chaque mois. Ça ne peut pas tenir...
Vous avez vu
comme vous êtes populaire parmi les agriculteurs.
Eh
bien, c'est là où vous avez tort.
Ah, bon ?
C'est pour ça que je vous dis cette
attention sur les
analyses rapides.
Il
y a de plus en plus d'agriculteurs bio. Non,
ce n'est
pas que ça.
C
'est qu'on est allé au Salon de
l
'agriculture et que ceux qui sont venus discuter avec nous, vous savez, il y a quelques années au Salon de l'agriculture, quand on était écologiste, c'était quand même risquer une ambiance un
peu brutale.
Dominique Voiné, elle pouvait à peine y mettre les pieds.
Ce n
'est
plus du tout le cas et elle y est allée cette année et l'accueil n'est pas du tout le même. Pourquoi ? Parce que des choses qu'on disait il
y
a 10 ans se sont avérées exacts. Je vais vous donner un exemple, les éleveurs de porcs en Bretagne. Les éleveurs de porcs à qui on a dit allez-y, construisez, construisez. Le Crédit Agricole a prêté de l'argent. On les a obligés à investir, à faire grossir les exploitations.
On
les a mis dans un système intégré où on leur apportait quasiment les bébés porcs et ils sortaient pour aller dans le secteur de l'agroalimentaire. Résultat des courses, on a pollué les nappes phréatiques. Il
y a
des communes en Bretagne où
on
ne peut plus boire de l'eau et on a la pollution par les algues vertes. Vous savez ce qui se passe ? On dit, regardez maintenant,
c
'est eux les méchants. Les mêmes qui les ont poussés pendant des années disent, regardez, c'est eux les coupables et c'est à eux de payer maintenant. Alors, ils se retournent un peu vers nous et c'est ce qui s'est passé au Salon de l'agriculture.
Ils
sont venus parler avec nous. Alors, bien sûr, il y
a
quand même des années de contentieux mais ils ont quand même envie de savoir qu
'est
-ce qu'il y
a
comme autre solution que juste mettre la clé sous la porte et avoir ses yeux
pour pleurer. Je vais avoir sur
quelques cas microcosmiques. C'est vrai.
J'essaie de vous donner des exemples pour justement que vous vous dites.
Ce qui m'étonne beaucoup,
c'est... Non,
je veux dire un truc.
C
'est quand je dis des choses générales, c'est
stratosphérique. Quand je donne des cas particuliers, c'est microcosmique. Non, simplement,
moi, ce qui m'étonne, c'est que vous n'arriviez pas à former une alternative crédible à part quelques exemples.
Non, que vous, vous n'y croyez
pas. Ça, c'est une chose. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas crédible.
Pourquoi il y
a
eu un virage de Nicolas Sarkozy
? Mais il n'a jamais été écolon,
Nicolas Sarkozy.
C'est pas une
découverte. Non, mais il a cru que c'était porteur et tout d'un coup, lui est revenu de la base le fait qu'on ne croit plus à une alternative.
Pourquoi ? Laissez parler. Parce qu
'il n
'est
pas allé au bout sur cette histoire de taxe carbone. Et c'est déjà de ça dont j'avais parlé quand j'étais... Bien sûr que moi, je ne
suis
pas d'accord avec la taxe carbone qui consiste à dire on va exonérer plein de grandes entreprises et puis c'est aux particuliers qu'on va demander de payer. Ce qu'on dit, nous, quand on veut faire une contribution climat-énergie, c'est quoi ? C'est qu'aujourd'hui, l'énergie est en train d'augmenter et va augmenter. On a vu l'augmentation du prix du gaz. Il y a dans notre pays 10% des habitants. 10%, c'est 60 millions de Français qui n'ont pas les moyens de se chauffer en hiver. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'ils sont malades, ça veut dire que leurs enfants, ils chauffent leur chambre pendant deux heures chaque jour.
Ça veut dire que c'est majoritairement des personnes âgées qui sont aujourd'hui en situation dans des maisons passoires énergétiques de ne pas pouvoir se chauffer. Donc, il faut engager la transition énergétique. Il faut isoler ces bâtiments, il faut changer de moyens de chauffage, il faut aider à acquérir des appareils qui consomment moins d'énergie. Voilà ce qu'il faut faire. Et ça, il faut effectivement pouvoir le financer. C'est pour ça qu'on proposait une contribution. Et pourquoi ça n
'a
pas marché ? Je finis là
-dessus.
C'est qu'il n
'est
pas allé au bout. C'est-à-dire qu'il a fait des espèces d'effets d'annonce sans atteindre la logique générale de ce que propose l'écologie politique. Et je ne dis pas qu'on a raison sur tout. Je dis qu'en plus, la force de l'écologie,
c
'est d'être adaptable, d'être souple et de se remettre en question. Et de se remettre en question.
Jany
Langot, parce que je vous voyais, écoutez ça avec
passion. Oui, je ne serais
pas aussi Lucas,
mais bravo
pour
le discours.
En plus, moi, je
vous regardais, parce que si elle pédalait 20h sur 24, peut-être qu'elle pourrait fournir de l'électricité à tout le pays, Jany
Langot. Encore
avec Cécile Bichaud
? Non,
je pensais que le revirement du président, c'était un peu joué sur l'effet populaire un peu du ras-le-bol, justement. De demander, comme vous l'avez dit, des efforts particuliers, le coup de la goutte d'eau, de faire attention à se laver les dents, de
ne
pas laisser couler le robinet. Et il y
a
des industries alimentaires, etc. Il y a la grosse paysannerie qui arrose les maïs avec des tonnes d'eau,
des mètres
cubes d'eau. Et il
y a
des industries qui font de la gabegie en matière d'eau. Et on demande toujours des efforts particuliers. Et les particuliers ne peuvent plus en faire, les efforts. Je pense que c'est un petit peu joué là-dessus.
Il y a eu une autre... Et après, je donne la parole à Éric Zemmour. Il y a eu une autre confrontation avec le concret. C'est ce qui s'est passé après la tempête Xintia, par exemple. Là, on a vu quand même des gens qui en charrentent disaient, ben non, nous, on ne veut pas partir de chez nous, alors que vous, vous étiez assez ferme là-dessus. Ben oui, là, pour le coup, le gouvernement, vous êtes d'accord avec le gouvernement, a raison, il faut détruire toutes ces maisons. Et là, c'est du réel, c'est du concret. Vous avez vu les manifestants sur place, les gens qui disaient, mais non, nous, c'est pas grave pour nous d'être dans 2 ou 3 centimètres d'eau s'il faut. On préfère rester chez nous.
Ça a pu vous nuire aussi, à un moment donné, cette position ?
Moi, je vais vous dire que cette position-là, en plus, elle est nourrie de mon expérience d'élu local. Parce que je suis élue dans une ville qui s'appelle Ville-Neuf-Saint-Georges, dans laquelle il
y a
une zone inondable. Aujourd'hui, maintenant, il y a une zone qui s'appelle la zone rouge du plan de prévention des risques d'inondation sur laquelle on n'a plus le droit de construire. C'est ça que les élus locaux ont refusé de mettre en place. Parce que ça fait des années qu'on aurait pu mettre en place les mesures qui auraient interdit de construire. Et les gens ne seraient pas dans cette situation. Et ce que je veux dire, c'est que le scandale, il est là. C'est qu'on a laissé des gens s'installer dans des endroits où ils étaient réellement en péril.
Après, que les gens soient attachés à leur maison, qu'ils aient peur, et qu'en plus, ce soit l'endroit où ils ont vécu, où ils ont élevé leurs enfants, moi, évidemment, je comprends infiniment ce qu'ils ressentent. Cela dit, le courage des politiques, ça doit être d'accompagner cette situation,
de ne pas mépriser. Ça doit être d'être impopulaire,
parfois.
Mais oui, mais sauf que, je vais vous dire, les politiques qui, certains, par absence de courage, et d'autres, par une certaine forme de compromission, parce que c'était des gens qu'ils connaissaient, parce qu
'ils
cédaient aux promoteurs, ont laissé construire dans des zones où les rapports de la préfecture disaient « Attention, il y
a
des risques de submersion marine brutale ». Eh bien oui, c'est un scandale. Il faut le dire, quand même. C'est un scandale d'avoir mis des gens dans cette situation de danger. Et donc, on dit « Mais il y
a
des solutions alternatives. Il faut construire des maisons sur pilotis. » Avant, cette logique de la zone rouge, où on interdit toutes les constructions en zone inondable brutalement, c'est-à-dire qu'on ne peut pas évacuer les gens,
«
On a construit sur pilotis. » Et il
y
en a sur ma commune. « Qu'est-ce que c'est une maison sur pilotis ? » Tout le monde a l'image en tête. Et puis on se dit
«
S'il
y
a de l'eau en dessous,
ça ne sert à rien. » Un peu comme au Maldives. Vous
savez ?
Je ne
savais pas, moi. Ça change tout.
Non, mais il y a des gens qui m
'ont dit d'en parler. Parce qu'il se trouve que si j'étais attachée au Maldives, c'est pour ces raisons-là. Parce que là-bas, il y a des gens qui vivent et du fait du réchauffement climatique, l'endroit où ils vivent...
Ils
vont disparaître. Ils vont disparaître. Mais je n
'ai
pas envie d'en parler comme ça. Mais moi, de voir que c'était évitable que ces familles, que ces femmes, ces enfants meurent dans ces endroits-là, ça me choque énormément. Et je me dis... Après, je ne dis pas que les zones telles qu'elles ont été définies sont pertinentes. Et c'est là où il y a eu tout le problème.
C
'est que si on est sûr de soi en tant que politique, on va voir les habitants, on leur dit « Je comprends que vous soyez contrariés, mais voilà les cartes géomorphologiques, voilà l'histoire, voilà le terrain, voilà l'imperméabilité. Mais il faut être capable de défendre ces positions. Et c'est vrai que
la
définition de ces zones, on voit bien qu'à certains endroits, elle n'est peut-être pas pertinente. En
tout cas, la
Corine Lopage
et
Ségolène Royal, t'es loin d'être d'accord avec vous.
Certes, mais moi, je vais vous dire quand même que je pense qu'il faut de temps en temps avoir le courage et assumer aussi qu'à l'époque où ça a été construit, des écologistes ont dit « Attention, ce n
'est
pas des endroits où ils font construire. » Et que dans ces moments-là, on paraît rabat-joie. Bah ouais, c
'est
vachement sympa, c
'est
au bord de la mer et tout ça. Et puis,
il
y a une digue. Alors, on ne craint rien.
Ne me regardez pas
comme ça.
Pour une fois,
je fais comme vous, je suis d'accord avec vous.
Alors,
Zemmour, on passe à notre sujet.
Autre sujet. Donc, alors, on veut parler du fond et les écolos, là, vous nous parlez toujours de la planète,
c
'est toujours mondial, etc. Je voudrais faire la même chose que vous. Et parce que depuis que vous êtes venus, il y
a
eu quand même des événements intéressants qui ont bien montré, je crois, les contradictions et la contradiction majeure dans laquelle vous vous enfermez. Prenons Copenhague. En fait, vous nous expliquez que, en gros, on n'a qu'une seule planète, que tout est mondial, qu'en plus, on a un devoir de reconnaissance de tout ce qu'on a fait au Sud, qu'on a été des prédateurs, etc.
Et
qu'est-ce qui se passe à Copenhague ? C'est qu'en fait, votre discours écologique, repris par Sarkozy, même s'il le reprend mal, peu importe, il le reprend quand même, sonne aux oreilles de ces fameux gens du Sud que vous vénérez tant, comme un discours protectionniste d'Occidentaux qui veulent les empêcher de se développer et de s'industrialiser comme ils ont fait.
C'est
pas vrai. Mais bien sûr. Et qu'est-ce qui se passe à Copenhague ? Les Chinois nous font et vous font un magnifique bras d'honneur en nous disant et en vous disant « Allez vous faire foutre avec votre écologie parce que nous on veut s'industrialiser et devenir aussi puissant que vous
». Ça
c'est
une
contradiction.
Juste
un truc, vous parlez des Chinois et vous dites « Les gens du Sud ne nous font pas
un magnifique bras d'honneur ». Il
y a énormément de pays du Sud entre eux qui se sont coalisés et notamment il y
a
des petites îles qui se sont exprimées pendant la Conférence.
On s
'en
fout
des petites îles, l'important c'est les Chinois et
les Indiens. Arrêtez-vous !
Parce que vous allez me parler de mecs à 30 personnes. On s
'en fout. Ils
ne sont pas 30. Aujourd'hui des victimes du dérèglement climatique, il y en a déjà. C
'est pas sérieux.
C'est l
'avancée du
désert dans certains pays afro-midi.
Ils ne décident rien ceux-là.
Excusez
-moi, c'est bien les verts ça. On va discuter de mecs qui sont à 3000 alors
qu'il y a des Chinois qui sont un milliard et
demi qui font la loi avec les Américains et vous êtes là à nous dire «
Ah
ben non, les Chinois, c'est pas... »
Vous
avez dit
« Les pays du Sud nous ont fait un
bras du nord ». Mais les Chinois, c'est pas le
Sud
? Les
Chinois, ce ne sont pas tous les
pays. Oui, c'est les patrons aujourd'hui. Mais
je ne dis pas qu'il ne
faut
pas aller au bout
de la
négociation avec les Chinois et que les Chinois n'ont pas une responsabilité sur l'échec de Copenhague. C'est une certitude. C'est une certitude.
Mais les autres aussi, c'est les États-Unis qui ont accepté de... Non, mais ils
veulent se développer et ils voient le discours écologique comme une habileté suprême des Occidentaux pour les empêcher de les rattraper.
On
laisse répondre, Cécile Dufo,
à tout ça. D'abord,
ce n
'est
pas si vrai parce qu'il faut... Les Chinois, ils sont très nombreux, comme vous dites, et ils ne pensent pas tous exactement pareil, même
si... Non,
mais ils s'en foutent, il n'y
en a
que dix qui décident. Ça, c'est
pas
complètement faux. Et d'ailleurs, ça met le pays dans une situation qui est quand même extrêmement tendue et qu'aujourd'hui, il y a effectivement un blackout politique très fort. Ils
s'en foutent aussi, ils envoient l'armée tirer.
Oui, ça, c'est sûr. Mais il y a un moment, ils vont devenir plus nombreux. Ils vont envoyer encore plus l'armée.
Oui, mais on connaît l'histoire
de l
'SS,
on a vu comment ça s'est terminé. Il y
a
un moment où ça ne tient plus. Non,
mais ça, ça
n
'a
pas tenu parce qu'ils n'ont plus eu les couilles d'envoler l'armée. Les Chinois, ils s'en foutent complètement, ils envoient l'armée.
Ça,
c'est le truc... Qu'est-ce
qu'il y a
une
beau pays ?
Il
ne
se
fait pas tirer, il se fait guillotiner. Quand les Chinois, ils envoient l'armée, ils ne
se
font pas guillotiner et ils tirent.
Ça, je sais, mais je comprends pourquoi vous êtes un peu cynique et déprimé des fois.
Je ne suis jamais déprimé.
On ne peut rien faire.
Non, mais la lucidité, ça ne
veut
pas dire la déprime.
Chez vous, ça y ressemble un peu.
Je préfère la lucidité à l'illusion. C
'est toujours pareil. Je
pense que quand on prend les seuls éléments qui alimentent sa lucidité, on n'est pas complètement lucide parce que vous n'avez pas intégré dans cette logique-là tous ceux qui ont justement essayé de peser différemment. Je pense qu'une des vraies erreurs de Copenhague, c'est que l'Europe n
'ait
pas pris la main beaucoup plus en amont.
C
'est-à-dire qu'elle a attendu d'essayer de voir si ça viendrait et de savoir qui allait porter la responsabilité. Et donc, les États-Unis, du fait d'Obama qui a décidé de privilégier son congrès, mais c'est vrai que les problèmes de planète, et vous avez raison, vous dites, vous êtes gonflant avec votre histoire de planète.
Non,
mais je vous prends vos propres jeux.
Je suis croyant, moi, si on vit
sur une planète qui est limitée et qu'on ne peut pas aller chercher une autre planète. Et
vous avez une solution alternative ? Je voulais simplement montrer que
votre discours ne servait à rien.
Oui, écoutez, notre discours, il ne
sert
peut-être
à rien, comme vous dites. Et il est pervers.
Et il est regardé par les autres comme pervers. C'est
tout ce que j'ai dit. C'est le seul
qui essaye justement de faire avancer les choses sur ce sujet-là, sur la question du dérèglement climatique. On peut dire, en peu de façon, les Chinois,
ils
vont vouloir faire leur truc,
les
Américains, ils font leur truc, on va tous conlever. Et puis, ceux qui vivent sur les îles qui vont être recouverts de flottes, ils ne
sont
pas très
nombreux. Donc, on s'en fout.
Et les Africains, ils n'ont qu'à quoi. Il n
'y a
pas des jours, ça arrive des jours, des matins, où je me réveille et je me dis, franchement, c'est un peu dur, quoi. Et peut-être qu
'on
fait tout ça pour rien.
Mais
en même temps, je me dis qu'on fait quand même quelque chose. Et je ne
sais
pas si vous avez des enfants, M. Zemmour.
Eh
bien, moi, j'aurais du mal. Alors là,
c
'est...
On en a eu trois
ensemble.
Dans
le bain, c'est ça. Moi, il y a un truc que je ne comprends pas. Vraiment, c'est très sincère. C'est que moi, je ne comprends pas comment je pourrais laisser, donc, comme vous dites les choses, partir à volo, sans essayer de faire en sorte que ce ne soit pas si pire et que ce ne
soit
pas le
tableau. À volo, pas à
vélo.
Le tableau très
noir que vous avez décrit. Ou alors, vous espérez que c
'est
vos enfants qui vont se saisir du problème
? Non,
parce que moi, je pense, contrairement à vous, que l'histoire est tragique. Donc, c'est tout.
Et donc, vous leur
prévoyez quoi comme
avenir à vos
enfants
et à vos petits-enfants ? Moi,
je prévois des choses assez tristes. Donc,
j'écris
des
choses assez tragiques. Il leur laisse un rêve
ouvert, il démerdez-vous.
Eh
bien, moi, je ne veux pas.
Non, mais vous
ne voulez pas, vous ne voulez pas. Moi, non plus, je ne
veux
pas. Je ne veux pas mourir. Et pourtant, je vais mourir.
Non, mais
vous ne voulez pas que vos enfants vivent des choses tragiques, oui ou non ? Parce que moi, en tout cas, je ne
dis
pas qu'on va réussir.
Mais vous n'arrêterez rien du tout. Mais
les Chinois,
vous
rionnez. Les Américains, avec. Vous êtes grotesques pour eux.
Eh bien, moi, ce que
je sais quand même,
ce
que je sais...
Moi, je suis plein.
Ce
que je sais quand même, c'est qu'il
y
a, franchement, il y a une seule bagarre qui est vraiment perdue. Et celle-là, elle est sûre. C'est celle qu'on ne mène pas. Si on n'y va pas, on peut dire, ah
ben
là, c'est sûr, c'est paumé. Et voilà.
L
'approche verte de la question de la réforme des retraites. Concrètement, dites-moi ce que c'est la différence que vous affichez sur ce sujet.
Qu'est
-ce
que c'est une approche écologiste de la question de la retraite ? C'est justement considérer que le débat sur la retraite, c'est pas 60, 61 ou 62 ans.
C
'est déjà ça. C'est de considérer que tout ça, ça s'insère dans un ensemble plus vaste. Je ne
vais
pas aller trop trop loin jusqu'aux équilibres globaux. Mais de dire, quand on parle d'allonger la durée du temps de travail global, quand on a un quart des jeunes de 18-25 ans qui sont en situation de travailler, qui sont au chômage, et quand les gens de plus de 55 ans sont eux aussi très largement
au chômage... Mais il n'y a pas que vous qui le dites, ça.
Oui, mais c'est qu'il y
a
un problème.
Oui, oui, c'est vrai, mais il n
'y a
pas que vous qui le dites. À droite et à gauche, on le dit.
Ça veut dire qu'il faut sortir de ce débat-là d'abord. Ensuite, qu'il faut réfléchir sur la question des temps de la vie. C'est-à-dire, qu'est-ce que c'est les temps de la vie ? Il y
a
un moment où on est enfant, il
y
a un moment où
on
est en situation de formation, il
y
a un moment où on est dans la vie active. Et quand on est à la retraite, on n
'est
pas juste un réceptacle à pension de retraite, on est aussi souvent un bénévole dans une association sportive. On fait du soutien scolaire, on contribue à la vie de la société.
Mais qu'est-ce que ça
change au système des retraites, généralement
?
Ça permet d'évaluer différemment les contributions des uns et des autres parce qu'on ne chiffre pas ce que ça rapporte ou ce que ça coûte de ne pas avoir de bénévoles qui s'occupent des associations sportives ou des associations culturelles. Mais ça existe. Le deuxième élément, c'est qu'on réfléchit aussi en termes de recettes. C'est-à-dire qu'on ne se dit pas que ça porte forcément et uniquement sur les cotisations salariales ou dites patronales. C'est qu'on peut se dire que faire en sorte qu'il y ait cette solidarité intergénérationnelle, ça peut nécessiter que ce soit financé par d'autres biais, notamment par des contributions sur d'autres types de revenus qu'uniquement les revenus du
salaire. Vous
vous entriez dans les détails là quand même parce que sinon ça reste très général. Quelles contributions sur quels revenus ?
Par
ailleurs, je le dis, sur la question des recettes notamment sur le fait de pouvoir faire contribuer ce que sont les revenus du capital qui le font mais de façon très marginale aujourd'hui. Pour nous, c'est un vrai cheval de bataille.
Très
vite sur l'âge légal de la retraite, ce n
'est
pas vrai que Cohn-Bendit n
'est
pas spécialement pour
commun ?
Invitez-le, vous verrez parce que le vrai sujet c'est de savoir qu'est-ce que ça veut dire l'âge légal aujourd'hui.
C
'est un élément qui est extrêmement défavorable à tous ceux qui ont eu des carrières très hachées, très majoritairement les femmes. Très majoritairement les femmes et ça fait baisser le taux des pensions.
Ça
c'est le vrai sujet et là on touche un vrai débat écolo je le dis très très rapidement.
C
'est de dire tout le monde a entendu ça. Le temps de la durée de la vie augmente donc il faut qu
'on
travaille plus longtemps. Pour nous, ce n
'est
pas forcément une évidence.
C
'est de dire est-ce que cet allongement de la durée de la vie il se conduit forcément à travailler plus longtemps de manière classique c'est-à-dire salariale ou est-ce qu'on ne développe pas ce qu'on appelle le secteur de l'économie sociale et solidaire tout ce secteur qui apporte à la société qui ne rentre pas dans la logique du secteur marchand traditionnel et qui est un gisement à la fois d'emploi, d'activité, de sens du travail qu'on effectue et qui permet aussi à une société en général de vivre mieux. Enfin je vous réfère...
J'en avais des tas. Oh mais ça reviendra madame Duxlo. Ah bah alors.
Mais en tout cas je voulais vous dire un truc quand même c'est que c'est très bizarre parce que ce n
'est
pas a priori une émission politique mais je trouve qu'on arrive à parler et un peu plus longtemps de beaucoup de sujets de fond que
ce qu'on arrive
à faire ailleurs
et c'est très
paradoxal.
Tant mieux, tant mieux.
J'ai lu que vous aviez critiqué le sauvetage entre guillemets de la Grèce. Ça m'intéresse beaucoup parce que moi je critique.
Est
-ce que vous proposez qu'enfin on fasse sauter cette zone euro ? Est-ce qu'il faut renoncer à la zone euro ? Est-ce que les Allemands doivent sortir de la zone euro parce qu
'on
voit bien que c'est un des problèmes majeurs la différence de compétitivité ? Est
-ce que c'est
bien de critiquer les mouvements financiers
? Non, non, non, non.
Mais
hop,
je vais
aller
au
bout. Très bien.
Ne soyez pas pas contents de ma réponse avant que je l
'ai
dit. Deux choses. La première, c'est le plan dit de sauvetage de la Grèce. Il pose plusieurs questions. La situation de la Grèce, la discordance entre les chiffres affichés et la réalité. Une grande partie des gens qui maintenant sont montés sur leurs grands chevaux le savaient.
Pourquoi
cette hypocrisie depuis des années
? Parce que quand il y a une situation
dramatique, il faut quand même essayer de trouver les causes, les responsables pour ne
pas
recommencer dans
six mois. Mais tout le monde le
savait à Bruxelles, vous avez raison.
Donc c'est ça. Un des sujets, c'est quand même pourquoi on a laissé faire. Le deuxième sujet est là où Daniel Cohn-Mendit s'est exprimé assez fortement.
C
'est-à
-dire
que la France aussi va contribuer à prêter de
l
'argent à la Grèce. Dans le même temps, c'est un pays, en Europe, qui contribue, qui a plus de 4% de son PIB qui est consacré à des dépenses militaires. Militaires. Pourquoi ? Pour acheter à nous, les Français, à l'industrie de
l
'armement française et aux Allemands, aux Allemands des sous-marins. Six sous-marins. Pourquoi ? Parce qu'il
y a
un grand conflit qui s'appelle Chypre. Cette île magnifique, d'ailleurs, avec une histoire extrêmement poignante, qui est coupée...
Voyage
d'études, bientôt, moi, je dis.
Est-ce que... Avec plaisir.
Mais quelle...
Mais...
Moi, je sais, j'ai lu ça, mais il noie le poisson, c'est le cas de
le dire,
le Cohn-Mendit.
Mais pas du tout. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on sait bien que parmi les déséquilibres de la Grèce, il y a d'abord la fraude fiscale. Mais est-ce que ceux qui n'ont pas payé pendant des années, on ne peut pas essayer de récupérer aussi une partie de l'argent qui s
'est
échappé du fait de la fraude fiscale. Et deuxième élément, si les banques agissent comme ça, si les traders agissent comme ça, c'est qu'on leur laisse la possibilité de le faire. Ce n
'est
pas à eux de devenir moraux, sympathiques et d
'accepter de gagner moins d'argent.
C'est à nous, politiques, de décider vraiment des règles de régulation et de ne pas en rester à des grands mouvements de menton au G20, mais de passer à l'acte.
Vous allez vous allier aux socialistes qui ont voté le plan de sauvetage de la Grèce et donc le plan de rigueur qui va tomber sur la tronche des Grecs et qui va nous tomber sur la tronche. Parce que tout ça est lié. Ça
c
'est encore un autre
élément.
Non, c'est lié tout ça. Vous êtes
allié à ces gens-là.
Non mais d'abord, il y a des moments où on est allié, ça n'empêche pas qu'on ait des grandes divergences et moi ce que j'espère, c'est qu'on gagne un jour.
C
'est-à-dire que je souhaite qu'il
y ait
une majorité au Parlement européen qui soit capable de faire autre chose et c'est exactement la différence entre vous et moi. C'est que moi j'essaye et après j'espère que des gens vont vouloir accepter de soutenir cette façon d'envisager la politique y compris à l'échelle européenne et de voter pour les écologistes.
Alors il se trouve que justement le dessin que vous avez choisi cette semaine puisqu'on termine toujours notre entretien par les dessins humoristiques de la semaine.
Vous
avez choisi un dessin de Charbes publié par l'Humanité où on voit un Grec qu'on imagine sur une table tout nu. Le titre c'est non, le FMI n'humilie pas les Grecs et il
y
a quelqu'un qui dit aux Grecs allez si tu veux qu
'on
te rende ton slip, danse. Hop,
hop,
hop, hop, alors bon,
pas
de sous-titres on a tout compris ?
Oui on a tout compris mais il y a aussi et là c'est la femme politique qui le dit avec un peu de gravité c'est que le discours sur attention sinon c'est la catastrophe on va, l'euro va disparaître on va tous mourir etc. là vous avez raison sur le discours des écologistes c'est celui qu'on nous sert pour faire passer à la hache énormément de réformes qui sont là pour le coup qui pèsent sur les sur ceux qui sont les plus faibles brutalement sans discussion sans débat et ça c'est un vrai scandale.
Il était
temps mais nous sommes d
'accord.
Ah bah alors, alors là
Guy Carlier,
le dessin de Guy Carlier c'est dans Charlie Hebdo c'est Luz qui nous montre Jean-Claude Camus le producteur de Johnny qui annonce le retour de Johnny en France ce sera les 11, 12, 13, 15, 16 et 17 mai en quitte.
Une
explication
?
Bah oui c'est c'est la logique de Camus poussé poussé à l'extrême et...
Vous pensez qu'il était allé trop loin le producteur avec Johnny ? Ah vous êtes plutôt dans le camp David Hallyday vous alors ?
J'imagine oui que David Hallyday a des motivations probablement plus saines que celles de Jean-Claude Camus vis-à
-vis
de son père.
José Findard a choisi un dessin signé Bess publié par Charlie Hebdo BP peut-il encore sauver son image avec la marée noire dans le golfe du Mexique ? Et on voit quelqu'un de chez BP qui dit et voici notre nouveau chargé de com c'est Bob Léponge C'est Bob Léponge Pourquoi ce dessin
?
Effectivement il n'y
a
plus que Bob Léponge pour les sauver.
Un mot sur l'affaire BP et le golfe du Mexique quand même trois phrases là-dessus et Cécile Duflo Justine
on
aurait pu l'éviter il fallait une valve à 500 000 dollars et ils ne l
'ont
pas posée pour faire des économies voilà c'est juste ça c'est juste ça
Aujourd'hui ça leur coûte beaucoup plus cher
Non aujourd'hui ça nous coûte à tous la destruction d'un écosystème qui est extrêmement vulnérable et quand on sait que c'était évitable c'est réellement ça met juste en colère et ça ne doit plus pouvoir être possible On
reste sur le même sujet avec Amanda Sterse qui a choisi un dessin de Jules publié par Charlie Marais Noir McDo au secours de BP Nous avons bouché 2 milliards d'artères dit le clown McDonald Nous reboucherons votre fuite Bon choix
Tout
est dit
?
Je suis évidemment on peut être d'accord avec la tragédie que tu sais mais en même temps c'est une vaste hypocrisie puisque voilà McDo ça permet aussi à des gens qui
n'ont
pas d'argent de manger tous les jours on est dans un système capitaliste global à revoir mais je pense que tout le monde doit avoir une conscience écolo et j'ai du mal à le penser comme un parti en soi je pense qu'il faudrait que chaque parti ait une conscience écolo
Jany Longo a choisi un dessin qui nous dit vive l'Europe c'est Aurel qui signe ce dessin dans Politis et on voit un banquier qui s'adresse à un SDF je peux vous prêter 2 euros à 15% TEG fixe à condition que vous mangez un peu moins
On
n'est pas loin de la chanson d'ailleurs Petit homme on n
'est
pas loin de cette chanson la pirouette cacahuète François Morel vous avez choisi vous François la guerre des Miss
la
guerre des Miss France a commencé remarquez on reste écolo puisque d'un côté vous avez Miss France en démol élevage industriel et de l'autre Geneviève vous propose c'est dessiné par Cabu Miss France de Fontenay élevée en plein air voilà la différence
pourquoi je dis ça pour apporter un peu d'air frais pour mettre un peu de légèreté parce que j'adore Cabu c'est un grand amateur de chansons
et
c'est vrai qu'il croque parfaitement je vais être le seul d'ailleurs encore à la croquer Madame de Fontenay Juliette a choisi Cannes 2010 vu par Catherine dans Charlie Hebdo Cannes 2010 cette année c'est vraiment la crise on voit effectivement la taille du tapis rouge qui a légèrement diminué
légèrement ouais ben voilà c'est tout il y a toujours Cannes quoi quand même t
'es descendu déjà
à Cannes Juliette
? pas du
tout non jamais hors saison ça m'est arrivé pour aller jouer là-bas
j
'ai joué dans un endroit il n
'y
a même pas de tapis rouge pour grimper d'ailleurs c'était à ras de plancher donc il n
'y
avait pas besoin de monter à l'escalier mais c'était très bien aussi
Eric Nolo a choisi un dessin de Risse publié par Charlie le bon choix entre l'islam halal et l'islam de Franck Ribéry bravo Nolo franchement vous avez peur qu'on ne
parle
pas de la bourgne ce soir mais les verts ont préféré ne pas voter plutôt que alors que évidemment vous êtes contre le port de la bourgache pour les femmes ça c'est évident mais vous avez préféré ne pas voter la loi Cécile Dussault
non mais d'abord c'est une résolution pour l'instant mais non là il y a un vrai problème d'hypocrisie bien sûr qu'il faut aider les femmes mais aujourd'hui aider les femmes c'est financer les associations qui les aident c'est faire en sorte justement que il y a une loi cadre sur les violences faites aux femmes qui est sur le bureau du Sénat depuis un an et demi on pouvait éventuellement même si on voulait d
'y
adjoindre ce point là mais c'est un vrai sujet parce que moi je voudrais qu'on puisse parler aux filles qui vivent aujourd'hui dans ces quartiers il y en a certaines qui deviennent des militantes mais de dire qu'elles ont le droit de vivre et de travailler et de gagner leur vie et d
'être autonome ça
c'est
pardonnez moi mais c'est vraiment la fauchetonnerie des verts
non non
non c'est à dire on est contre la
burqa mais alors quand il faut voter on ne vote pas
mais arrêtez mais
parce que vous croyez qu'on résout les problèmes par la loi on a fait des lois pour interdire
la mendicité ça a
empêché
vous savez
que des gens crèvent
dans la rue ça sert à quoi la loi la loi
ça doit être utilisé quand c'est à bon escient
alors vous servez à
quoi les politiques vous m'avez fait la leçon tout à l'heure ah ben moi j'essaye de faire quelque chose et ça sert à quoi votez des lois justement c'est ça qu'on vous demande
justement il y a des choses qui se règlent par la loi il y a des choses qui se règlent pas par la
loi bravo Nolo d'avoir choisi ce dessin bravo donc c'est
exprès mais en plus le problème c'est que je vais vous dire un truc vous avez tous entendu parler de cette histoire de Nantes les trois femmes qui vivent
dans
cette situation c'est à dire en suggestion à un homme un peu dingo qui les oblige à vivre dans cette situation moi même si elles portent une niqab c'est toujours aussi scandaleux
et c'est de
ça dont il faut les aider à sortir et donc ce qu'il faudrait c'est faire une loi contre les connards mais ça c'est pas possible non
non
c
'est pas bien votre choix de dessin c'est pas bien parce que Jean-Luc Caisse a dit pas le physique et vous avez choisi un dessin signé de Cressac sur Dominique Strauss-Kahn le retour de la gauche avec un
oeil au centre un oeil à
droite alors là
vraiment
je n'ai pas honte ça me fait
rien surtout
que c'est plus vrai
moi je vais revenir
pourquoi c'est
plus vrai il a l'air de s'être un peu recentré ah
vous croyez ?
oui j
'ai
l'impression c
'est parce que les filles sont là maintenant
on
va réussir à lui faire redancer de revenir alors
moi
j'ai choisi un dessin sur l'Europe parce que je trouvais ce drapeau formidable signé Aurel dans Marianne avec les étoiles européennes et au milieu ce slogan chacun sa merde voilà
mais
c'est plus vrai
ce
dessin aussi qui nous emmène à l'Elysée c'est Cabu qui nous montre Carla rentrant dans le bureau du président et qui lui dit chouchou si la crise grecque se propage je peux te faire d'un amouscouris
et
puis un dernier qui va peut-être vous permettre de réagir on a entendu parler de ça cette semaine pour ou contre l'éclairage des autoroutes on a entendu qu'il y avait quelques dizaines voire centaines de kilomètres où on allait supprimer l'éclairage la nuit et là on entend parce qu'on ne les voit pas des automobilistes il y en
a
qui dit c'est bien la direction de Chili Mazara oui mais vous êtes dans ma voiture là-dessus économie d'énergie
je crois que ça a
d
'abord été fait pour des économies tout court et pour des raisons de sécurité routière il
paraît qu'effectivement il y aurait moins d'accidents dans le noir ça
j'ai du mal à
comprendre pourquoi et comment mais bon
parce que les gens qui roulent la nuit parce qu'il y
a
un truc qui n
'est
pas dans ce dessin mais qui existe qui s'appelle des phares en fait
ah
oui c'est vrai faites bien de me le rappeler je vous remercie Madame Duflo
Jany, Jany qu'est-ce que vous vouliez dire ? je dis il
y
a des tonnes d'immeubles à éteindre aussi parce
qu
'il y
a
trop de lumière moi je ne
peux
pas dormir en ville ah oui
? c'est
un vrai sujet la question
de la ville il y a des phares mais il
y a aussi des rideaux merci Cécile Duflo d'être revenue nous voir on aura je l'espère dans les saisons prochaines d'autres occasions de vous accueillir et d'aborder d'autres sujets parce qu'il y en aurait eu évidemment encore encore beaucoup d
'autres je sais vous le
ferez pour le Figaro une page entière dans le Figaro sur Cécile Duflo elle n'attend que ça non vous ne voulez pas alors on s'arrangera autrement mais en tout cas merci d'être venu nous voir merci