La conférence de presse d'Emmanuel Macron, le nouveau gouvernement, les premiers pas de Gabriel Attal... Le “8h30 franceinfo” de Manuel Bompard
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Bonjour Manuel Bompard, un mot d'abord de nos compatriotes de La Réunion où l'œil du cyclone Bélal est arrivé sur l'île, alerte violette sur toute l'île de La Réunion. Quel message avez-vous envie de passer aux réunionnais ce matin ?
Un message de soutien, un message d'affection, leur dire qu'on pense à eux face à une épreuve qui est très difficile. Je pense que tout le monde a vu les images et il y a quelque chose d'assez terrifiant dans ces images. Et bien sûr je forme le vœu, comme je pense tout le monde, que le bilan matériel et surtout le bilan humain soit le plus réduit, le plus faible possible. Donc voilà, je pense à eux, on pense à eux et tenez bon dans la tempête.
Alerte violette jusqu'à demain au moins, il faut déjà anticiper l'après-passage du cyclone ?
D'abord il faut toujours anticiper l'avant et bien sûr il faut aussi anticiper l'après, même si bien sûr on souhaite que le bilan soit le plus réduit possible. Il y aura malheureusement des dégradations matérielles importantes et j'espère que l'État sera aux côtés des habitantes et des habitants de La Réunion pour faire en sorte que les reconstructions soient les plus rapides possibles. Au mois de novembre dernier, dans notre niche parlementaire, nous avions fait voter la mise en place d'une commission d'enquête sur la gestion par l'État des risques climatiques extrêmes.
On est en plein dedans et j'espère que cette commission d'enquête, elle permettra aussi de faire le point sur les moyens que met l'État pour prévenir ces risques, anticiper, planifier et puis planifier aussi les opérations de reconstruction quand elles sont nécessaires.
Manuel Bompard, c'est le rendez-vous avec La Nation qui a été promis par Emmanuel Macron. Il va tenir une conférence de presse demain soir. Est-ce que vous serez devant votre télé ?
Forcément, en raison de la fonction qui est la mienne, je suis un peu obligé de m'infliger ce type d'exercice. Je ne suis pas sûr que les Français le fassent avec autant d'enthousiasme. Non, ce qui est le plus frappant et le plus choquant, c'est qu'on a désormais un nouveau Premier ministre, qu'on est en attente d'un discours de politique générale et qu'on a l'impression que finalement, c'est le Président de la République qui va faire le discours de politique générale à l'Assemblée nationale.
Il aura eu lieu quelques heures avant à l'Assemblée nationale. Ah bon ? Vous avez cette information, vous ? Il devrait avoir lieu, oui. Qu'est-ce que vous attendez du Président ?
Moi, personnellement, je ne veux pas mettre en doute votre parole, mais à ce stade, je suis parlementaire. À ce stade, je n'ai aucune information sur la date à laquelle va se tenir ce discours de politique générale.
Il n'y aura pas de vote de confiance, quoi qu'il arrive, d'après ce qu'a dit Gabriel Attal. En tout cas, sur le Président de la République, qu'est-ce que vous attendez de lui, de cet exercice inédit à 7h de grande écoute, à 20h15 demain ? Qu'est-ce que vous en attendez ?
Je trouve qu'il n'y a rien d'inédit dans le fait que le Président de la République s'adresse à la population française. Écoutez, moi, ce que j'attends, parce que je ne vais pas commenter des exercices de communication, ce que j'attends, comme je pense une grande partie de la population française, c'est que le Président de la République s'attaque enfin aux problématiques qui frappent aujourd'hui les Français et à leur première priorité. Et la première de ces priorités, aujourd'hui, c'est la question du pouvoir d'achat, c'est la question des prix. Je vous donne un exemple. Au 1er février de cette année, une augmentation du prix de l'électricité de 10% est prévue.
On a appris la semaine dernière que cette augmentation est seulement due à une décision gouvernementale. Peut-être le Président de la République pourrait nous annoncer qu'il va renoncer à l'augmentation du prix de l'électricité de 10%. Je rappelle que l'électricité a déjà augmenté de 25% au cours de l'année 2023. Donc voilà ce que j'attends, que le Président de la République nous fasse enfin des annonces concrètes, qu'on sorte de toute cette séquence de communication et qu'on nous dise maintenant qu'est-ce qui va être fait pour que les Français, leur vie soit moins difficile que ce qu'elle est aujourd'hui.
Avant d'entrer dans le concret, Emmanuel Macron a tenu un premier Conseil des ministres la semaine dernière. « Je ne veux pas des gestionnaires, je veux des révolutionnaires », a-t-il dit au ministre. Ça vous fait sourire, mais dit comme ça, est-ce que ça devrait vous satisfaire à la France insoumise ? Il veut des révolutionnaires ?
En fait, ça dépend pour aller dans quelle direction. Pour l'instant, la révolution d'Emmanuel Macron, c'est le fait d'avoir volé aux Français deux ans de vie en passant en force une réforme des retraites qui était rejetée par plus de 90% des personnes qui travaillent. C'est le fait d'avoir voté une loi sur l'immigration qui a introduit dans la loi des principes qui sont des principes traditionnellement portés par Jean-Marie Le Pen depuis des années et des années et qui inscrit dans la loi une inégalité entre les travailleurs français et les travailleurs étrangers.
Pour vous, le gouvernement a-t-elle, ça n'a rien changé à la politique du gouvernement jusqu'à présent ?
Jusqu'à preuve, jusqu'à ce qu'il nous fasse un discours qui nous dise enfin qu'est-ce qu'il a l'intention de faire. Parce que pour l'instant, il y a beaucoup de bruit, il y a beaucoup de déplacements, mais il n'y a aucune annonce concrète sur le cap qui est fait. Et tout à l'heure, vous disiez, de toute façon, il ne se soumettra pas à un vote de confiance. Je n'en suis pas sûr, premièrement, et deuxièmement, je veux rappeler que depuis 30 ans, à l'exception de Mme Borne, dans une démocratie parlementaire qui fonctionne de manière un petit peu normale, le Premier ministre vient devant l'Assemblée nationale, prononce un discours de politique générale et demande un vote de confiance.
Il y avait une majorité absolue et pas relative comme aujourd'hui. Est-ce que vous, discours de politique générale ou pas, il y aura de toute manière votre motion de censure ?
Non, pas de toute manière. Si M. Attal acceptait le fait que c'est l'Assemblée nationale qui doit donner sa confiance à un Premier ministre pour qu'il puisse commencer sa mission, et donc si M. Attal acceptait de se soumettre à un vote de confiance, nous ne déposerions pas de motion de censure. Mais si M. Attal se soustrait à ce vote de confiance, qu'est-ce qu'il nous reste comme moyen d'autre que le dépôt d'une motion de censure pour faire en sorte que les députés puissent se prononcer ?
Vous pourriez donc écouter Gabriel Attal et, en fonction de son discours, décider ou non de lui accorder la confiance ? Votre décision n'est pas prise, si je vous écoute là comme ça le matin.
Écoutez, je ne veux pas raconter d'histoire aux gens. Non, le Président de la République a pris la parole le 31 décembre. Et il a dit des choses sur la manière avec laquelle il a envisagé de conduire la politique du pays pendant cette année. Et ces choses sont des choses que je conteste et que je combats.
Vous allez fonctionner a priori.
Mais c'est sain dans une démocratie qu'il y ait des oppositions. Et moi, j'ai l'intention de continuer à m'opposer à la politique qui est mise en place par M. Macron et qui sera mise en place par M. Attal. Parce que malheureusement, cette politique, elle va s'inscrire dans la droite ligne de ce qui a été fait depuis maintenant 7 ans. Et c'est une politique qui a fait beaucoup de mal au pays. Et donc oui, bien sûr, je vais continuer à la combattre.
À votre place, la semaine dernière, le communiste Fabien Roussel demandait une chose à Gabriel Attal. S'engager à ne plus recourir au 49-3. Est-ce que vous faites la même demande ?
C'est clair que si M. Attal prenait cette décision, au moins, on pourrait avoir des parlementaires qui votent des projets de loi. On pourrait avoir des budgets que l'on peut amender. C'est sûr qu'il y aurait un fonctionnement démocratique qui serait un fonctionnement démocratique plus sain. Mais bon, honnêtement, ce n'est pas ça qui résoudrait totalement les problèmes des Français.
Mais les conditions politiques, elles ne sont pas réunies pour que le 49-3, par exemple, ne soit pas utilisé pour un vote du budget. C'est parce que beaucoup de partis de l'opposition, s'ils devaient voter le budget, on est en France, et la culture, c'est que quand on vote un budget, on s'inscrit dans la majorité.
D'accord, mais vous avez peut-être oublié quelque chose. C'est que cette année, le 49-3, l'année 2023, le 49-3 n'a pas été utilisé que sur des textes budgétaires. Il a été utilisé notamment sur la réforme des retraites. Il a été utilisé sur la réforme des retraites en particulier. Et là, il n'y avait aucune obligation pour le gouvernement à utiliser le 49-3.
Il faut rappeler d'ailleurs à nos auditeurs que le 49-3, ça n'est possible de l'utiliser qu'une seule fois lors d'une session parlementaire, sauf pour les textes budgétaires. Autrement dit, sur les 23-49-3, l'immense majorité ont été utilisés sur des textes budgétaires.
Ça ne m'a pas échappé, mais encore une fois, il a bien, le 49-3 aussi, été utilisé sur des textes qui ne sont pas des textes budgétaires. Et le gouvernement aurait tout à fait pu faire un autre choix et tout simplement accepter le fait qu'une majorité de députés n'étaient pas d'accord avec cette réforme des retraites. Donc, bien sûr que le fait que le Premier ministre n'utilise pas le 49-3 serait une bonne nouvelle pour notre démocratie, mais je me fais assez peu d'illusions. Voilà, pour être tout à fait honnête avec vous.
Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia. Avec le coordinateur de la France Insoumise, Manuel Bompard et député des Bouches-du-Rhône, la nouvelle ministre de l'Éducation nationale, Amélie Oudea Castera, a été contredite. Elle avait déclaré avoir scolarisé ses enfants dans le privé parce qu'elle en avait marre des heures d'absence non remplacées. Selon le témoignage de l'ancienne enseignante du fils de la ministre, dans Libération, ce dernier n'a passé que six mois à l'école publique, c'est en maternelle. Mais la ministre a démenti la justification de l'enseignante auprès de France Info. Clairement, est-ce qu'elle doit s'expliquer ?
Elle doit plus que s'expliquer. Écoutez, elle a commencé par le mépris à l'égard des enseignants, à l'égard des personnels de l'Éducation nationale. Et finalement, on se rend compte que c'était davantage que du mépris, c'était un mensonge. Et je pense que c'est un mensonge qui la disqualifie pour continuer à occuper cette fonction.
Vous demandez sa démission.
Mais écoutez, on ne peut pas accepter, je ne sais pas, j'ai l'impression que ça vous surprend. Mais vous trouvez normal désormais que les ministres, ceux qui nous gouvernent, ceux dont on attend qu'ils aient quand même une crédibilité, quand ils prennent la parole, vous trouvez ça normal qu'ils puissent mentir comme ça sur une situation personnelle ? Elle nous dit qu'elle a dû inscrire ses enfants, ou cet enfant-là en l'occurrence, dans l'école privée, parce qu'il y avait des problèmes de remplacement à l'école. On apprend que cet enfant a passé six mois à la maternelle, et selon son enseignante, qu'il n'y avait pas de problème de remplacement.
Donc franchement, c'est un mensonge, je trouve ça stupéfiant, qu'on puisse considérer que ça ne change rien, et qu'il faudrait juste qu'elle revienne sur les propos qui ont été laissants. On ne peut pas mentir comme ça en politique, ça fait beaucoup de mal à la crédibilité des dirigeants.
Au fond, qu'est-ce qu'on lui reproche, Amélie Oudea-Castera ? Parce qu'elle est ministre de l'Éducation nationale, elle n'a pas le droit de mettre ses enfants dans le privé ?
Mais je ne crois pas que ce soit ce qui lui est reproché. Il y a eu d'ailleurs d'autres ministres de l'Éducation nationale, c'était le cas de M. Ndiaye en l'occurrence, qui avaient aussi inscrit leurs enfants à l'école privée. On peut trouver ça dérangeant, personnellement c'est mon cas, je trouve ça dérangeant. Pourquoi ? Pour quelle raison ? Parce qu'il me semble que quand on est responsable de l'école publique, je trouve bien de montrer qu'on fait confiance à l'école publique en inscrivant ses enfants à l'intérieur. Mais encore, dans ce pays, on a encore le droit d'inscrire ses enfants à l'école privée.
Et d'ailleurs, la France Insoumise, qu'on lui reproche, en l'occurrence... Elle ne remettait pas en cause la question de la loi Debray qui met en...
On va venir sur le fond, mais là, en l'occurrence, ce qu'on lui reproche, c'est d'avoir eu une première prise de parole en disant, finalement, que c'était parce que l'école publique était dans un trop mauvais état qu'elle inscrivait ses enfants à l'école privée, sans nous dire par ailleurs que c'est la politique de son gouvernement et des gouvernements précédents qui est responsable des difficultés de remplacement à l'école, et sans nous dire ce qu'elle comptait faire concrètement pour faire en sorte que les enfants et les parents qui n'ont pas la chance de pouvoir se payer une école privée aient accès à une éducation de qualité.
Et c'est quand même ça qu'on attend d'une ministre de l'Éducation nationale.
Donc on l'a bien compris, cette déclaration d'Amélie Oudéa-Castera, selon vous, la disqualifie pour être ministre de l'Éducation ? Bien sûr, je pense qu'elle est totalement disqualifiée. Et sur le fond, puisque vous en parliez, les établissements privés, la France insoumise aujourd'hui, est-ce qu'elle souhaite relancer, alors ce qu'on a appelé, en des termes guerriers, la guerre scolaire, ou est-ce qu'elle considère que le statu quo est ce qu'il y a de préférable aujourd'hui ?
Ni l'un ni l'autre. C'est-à-dire que moi, je ne souhaite pas relancer une quelconque guerre que ce soit, mais je considère que dans le statu quo, l'enseignement privé bénéficie aujourd'hui d'un certain nombre de privilèges financiers, de financements par l'argent public, et je considère que ces financements publics, il faut les remettre en cause.
C'est quoi par exemple ? Ce sont les salaires des profs ?
Non, non, écoutez, on a la possibilité dans ce pays d'inscrire ses élèves, si on le souhaite, dans l'enseignement privé, mais il me semble normal de dire que les budgets de l'État, des collectivités locales, doivent être consacrées au financement de l'école publique et que l'école privée doit être financée par d'autres fonds.
Il faut que la dotation de l'État diminue dans les écoles privées ?
Pardon ?
Il faut que la dotation de l'État diminue ?
Il faut que les financements, qui sont les financements notamment extra-légaux, qui sont accordés par un certain nombre de collectivités territoriales, au-delà de la loi, au-delà ce qui est obligatoire... Ah, vous pensez aussi des mairies et tout ça ? Ça, il faudrait les interdire, selon vous ? Il faut que ce soit en remise en cause, il faut abroger ce qu'on appelle la loi CARL, qui a obligé les communes à financer les écoles privées. Donc, je souhaite que l'argent public soit consacré entièrement et exclusivement à l'école publique.
L'argent public, c'est-à-dire notamment celui des collectivités territoriales, c'est celui-ci dont vous parlez ?
Bien sûr, je vous parle, mais c'est encadré par la loi nationale, notamment ce qu'on appelle la loi CARL, qui oblige les communes aujourd'hui à financer les écoles privées. Je pense qu'il faut abroger cette loi et je pense qu'il faut revenir sur des financements qui sont accordés par les collectivités locales, généralement d'ailleurs votés par l'ensemble des partis politiques, à l'exception des conseillers régionaux, par exemple, dans les conseillers régionaux de la France Insoumise. À chaque fois, nous nous opposons au fait qu'on aille financer, au-delà de la loi, des établissements privés avec l'argent public.
Ça me paraît être une évidence et je ne crois pas que ça soit relancé, quelque guerre que ce soit.
Dans le casting de ce nouveau gouvernement, Emmanuel Bompard, on a eu quelques surprises issues de la droite. La plus notable étant la nomination de Rachida Dati au ministère de la Culture. Je montre à une partie de la France que tout est possible, dit la nouvelle ministre dans le Parisien, aujourd'hui en France. Vous êtes d'accord le fait qu'une femme issue de l'immigration, avec ce parcours, se trouve aujourd'hui à la tête du ministère de la Culture ? Vous trouvez, vous aussi, que ça montre que tout est possible ?
En tout cas, moi, j'ai toujours considéré que, effectivement, c'était important que, dans la vie politique, il y ait la société dans son ensemble qui soit représentée, et qu'il n'y ait pas qu'une petite partie avec un parcours très particulier. On a fait telle école, tel parcours professionnel. Donc ça, de ce point de vue-là, c'est positif. Après, je ne suis pas d'accord, bien évidemment, avec la politique que met en place, ou les options politiques de Rachida Dati, je ne serai sans doute pas d'accord avec la politique qu'elle va mettre en place elle-même.
Elle dit vouloir battre une culture populaire pour tous. Ça, ça ne vous parle pas ?
Si, très bien, mais je vais voir ce que ça veut dire en termes de choix. Moi, je suis pour la culture populaire pour tous. Mais qu'est-ce qu'on fait pour, par exemple, donner les moyens au ministère de la Culture pour faire en sorte que tout le monde puisse avoir accès à la culture et que la culture ne soit pas quelque chose d'élitiste ? Comment on fait en sorte, par exemple, d'améliorer la situation des intermittents du spectacle qui sont dans des situations et dans une précarité sociale qui est très importante. Elle a été très prudente sur ce sujet, dans son interview aux Parisiens, notamment sur le sujet des intermittents.
Maintenant, je veux quand même dire, et ça, ce n'est pas à madame Dati que j'en veux, en l'occurrence, mais à M. Macron. Mais je rappelle que M. Macron, en 2017, expliquait qu'un ministre, lorsqu'il est mis en examen, doit quitter le gouvernement et qu'aujourd'hui, M. Macron décide de nommer une ministre alors qu'elle est mise en examen. Je respecte, bien sûr, le principe de présomption d'innocence, mais ce n'est pas moi qui disais que la mise en examen devait être un élément suffisant pour faire en sorte qu'on ne puisse pas participer du gouvernement. C'était M. Macron en 2017.
Donc, ce serait quand même intéressant de savoir qu'il nous dise pourquoi, aujourd'hui, il a changé d'avis sur ce sujet.
Juste une parenthèse, elle continue d'être maire du 7e arrondissement de Paris, tout en étant ministre de la Culture. D'ailleurs, elle était hier à la galette des rois d'une paroisse catholique de son arrondissement. Est-ce qu'elle est à sa place ?
Je pense que les ministres, c'est mieux qu'on soit ministre à plein temps. En plus, on sait maintenant qu'on peut être à la fois ministre des Jeux Olympiques, ministre des Jeux Paralympiques, ministre de l'athlétisme, de l'escrime, du football et de l'éducation nationale. Petit détail, on peut aussi être ministre du travail et ministre de la Santé. Alors, c'est vrai que parfois, on disait que le travail, c'était la santé, mais pour autant, je pense que la santé, c'est important et le travail, c'est important aussi. Bon, donc, après, je pense que tout le monde a compris qu'il y avait eu une sorte de deal caché entre M.
Macron et Mme Dati en disant, Mme Dati, venez dans le gouvernement pour nous aider. Et puis, en échange, M. Macron va le soutenir pour les élections municipales à Paris. Bon, je pense que là, on parle de la France quand même. Donc, ça serait bien qu'on s'occupe de la France, des problèmes de la France et pas des petites combines politiciennes.
Toujours avec Manuel Bompard, le coordinateur de la France Insoumise. L'hôpital est un trésor national. C'est ce que dit Gabriel Attal. 32 milliards supplémentaires sur 5 ans pour l'hôpital public. C'est pas nouveau, c'est une confirmation de Gabriel Attal ce week-end.
Donc, c'est pas supplémentaire. Non, supplémentaire par rapport au budget. Par rapport à aujourd'hui. C'est pas ce que vous dites vous, c'est ce que dit M. le ministre que je remercie.
Si vous voulez faire la précision. Ça vous rassure sur les orientations puisque c'était votre inquiétude en début d'émission ?
Non, écoutez, l'hôpital, effectivement, c'est un sujet qui est un sujet qui doit être une de nos premières priorités. Je veux quand même rappeler que l'hôpital est dans une situation désastreuse. Qu'on a à peu près chaque week-end des manifestations partout en France, par exemple, pour sauver des urgences qui sont menacées, soit de fermeture, soit de fonctionner. Comme on dit maintenant, en état dégradé. Il y a eu le week-end dernier des manifestations, plusieurs milliers de personnes en Bretagne pour demander qu'on maintienne un service d'urgence. Il y en a eu à Carré. Une enveloppe de 32 milliards. C'est de nature.
Mais attendez, ces 32 milliards, c'est l'augmentation qui était déjà prévue dans le dernier budget, du budget des dépenses maladie, qui est une augmentation de 2,5% par an. La fédération hospitalière qui est dirigée, excusez-moi, par M. Robinet, qui est membre de Horizon, dont on ne peut pas dire que c'est un insoumis. Je rappelle que le parti Horizon participe normalement de la minorité présidentielle. Il disait qu'il fallait déjà, par rapport à ce budget-là, 5 milliards d'euros supplémentaires pour 2024. Il y en aura 3 milliards.
Pardon ? C'est 3 milliards qui sont prévus. La hausse de moyens, c'est de 3 milliards en 2024 par rapport à 2024. Oui, mais je vous disais que ce que disait
M. Robinet, il nous disait qu'il fallait 5 milliards de plus que les 3 milliards qui avaient été votés dans le budget. Tout le monde sait qu'aujourd'hui, on a besoin de financements massifs. Pour faire quoi ? Pour ouvrir des lits. Pour faire en sorte qu'on revalorise enfin les personnels de soins à la hauteur des besoins. Une infirmière en Belgique, elle est payée deux fois plus qu'une infirmière en France. On manque de lits. On manque de moyens financiers. On a 30% des Français qui vivent dans un désert médical. Dans un certain nombre de départements, on ne peut plus avoir de rendez-vous si on souffre de telle ou telle pathologie. On a besoin que ça soit une priorité.
À chaque fois qu'on a voulu agir sur le sujet pour l'instant, le ministre de l'Éducation, le ministre de la Santé, quand il y en avait un, a balayé tout ça d'un revers de la main. Il n'y a eu la sécurité de la santé.
Il n'y a pas rien eu aussi, Emmanuel Bonpart.
Écoutez, je crois qu'il n'y a à peu près rien eu aussi. Quand, par exemple, on a examiné une proposition de loi qui était transpartisane. Elle a été soutenue par des responsables et des députés issus de plein de partis différents pour faire en sorte qu'on installe des médecins dans les zones qui sont en tension, dans les déserts médicaux. Elle a été refusée par le gouvernement et par la minorité présidentielle. Pardon ?
Parce que le risque, c'est que les médecins se déconventionnent.
C'est pour ça que le gouvernement ne voulait pas le faire. Écoutez, vous direz ça à tous les...
Et donc, ça serait plus cher pour les malades.
Non, mais attendez. Il y avait des signataires de l'ensemble des partis qui appuyaient cette proposition de loi. Donc, s'il n'y a rien qui a été fait, moi, je pense qu'il faut un plan massif de recrutement. Il faut recruter 100 000 personnels soignants sur 5 ans. On a besoin que les salaires soient ramenés au niveau de ce qu'on observe dans les autres pays de l'Union européenne pour que le métier redevienne attractif. On a besoin qu'il y ait plus de lits pour que le métier soit moins difficile. Voilà ce qu'on a besoin de faire. Et ça, c'est une priorité.
Emmanuel Bompard, nous sommes dans 2024 années électorales. Les européennes, c'est dans moins de 5 mois. Et alors, sauf erreur de notre part, on ne sait toujours pas ce que vous allez faire. Vous allez peut-être nous le dire, d'ailleurs, est-ce que Manon Aubry, par exemple, va à nouveau conduire votre liste ou pas ?
Écoutez, Manon Aubry, c'est notre chef de file. C'est celle qui a été désignée par notre mouvement pour piloter, on va dire, la mise en place de la campagne. Vous le savez, nous avons à plusieurs reprises fait la proposition qu'il puisse y avoir une liste commune de la NUPES pour les élections européennes. Mais là, à l'heure tourne, donc 5 mois avant, est-ce qu'il n'est pas temps d'en tirer des conclusions ? Ne vous inquiétez pas, on a un calendrier, on a une convention qui est prévue au mois de mars dans laquelle on annoncera notre liste.
Et d'ici là, ce que je peux vous dire, c'est que les eurodéputés, les députés européens de la France insoumise qui siègent au Parlement européen depuis maintenant 5 ans ont fait un travail extraordinaire. S'il y a eu une directive sur le travail ubérisé, vous savez, ces travailleurs qui n'ont pas accès à des droits sociaux...
Si vous n'avez pas de tête de liste... Attendez,
c'est parce qu'il y a eu des députés européens de la France insoumise. Il y aura une tête de liste, il y aura une liste de la France insoumise. Ce sera la seule liste, par exemple, qui va s'opposer au renouvellement de l'autorisation sur le glyphosate. Il est hors de question
de vous placer derrière Raphaël Glucksmann, par exemple ?
Mais bien évidemment qu'il est hors de question de se ranger derrière Raphaël Glucksmann. Nous ne sommes pas d'accord avec les options politiques qui sont celles de M. Glucksmann. M. Glucksmann participe d'un groupe au Parlement européen qui gouverne aujourd'hui l'Union européenne avec les macronistes et avec la droite. L'Union européenne est gérée par une coalition de ces trois parties. Nous sommes dans l'opposition. Vous aviez proposé
aux écologistes une tête de liste écologiste, justement, Marie Toussaint est la chef de file des écologistes. Pourquoi ne pas vous placer derrière elle ?
Mais nous avons fait cette proposition, c'est eux qui ne le souhaitent pas. Je ne vais pas la forcer à prendre et à faire liste commune avec nous. Nous lui avons effectivement proposé. Nous étions favorables à ce qu'il y a une liste commune de la NUPES. Nous avons même proposé qu'elle soit produite par une écologiste.
Elle est écologiste.
Mais elle ne le souhaite pas. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
Une dernière question très rapide.
Je ne peux pas la forcer.
Dans un entretien conjoint hier dans le JDD, Marine Le Pen et Jordan Bardella annoncent un ticket pour 2027. Est-ce que ça vous inquiète ?
Non, ça m'inquiète. Bien sûr que je ne souhaite pas que le pays tombe dans les bras de l'extrême droite. Mais moi, je ne suis pas là pour être inquiet. Je suis là pour agir, pour faire en sorte que ce ne soit pas le cas. Et je pense qu'avec la France Insoumise, avec l'Union Populaire, avec ce qu'on a réussi à constituer, notamment en 2022, je pense qu'on est en capacité d'être une alternative. Et que face à la Macronie qui se désagrège aujourd'hui...
Là, vous êtes tout seul.
Mais l'Union Populaire, ce n'est pas que des appareils politiques. Salia Braclia, c'est aussi des gens qui cherchent une alternative, qui refusent de voir l'extrême droite gouverner ce pays et qui veulent que ça se passe autrement. qui veulent qu'on partage les richesses, qui veulent qu'on passe à la VIème République, qui veulent qu'on s'attaque enfin à l'urgence écologique. Et ça, qui d'autre que nous peut le faire ? Donc moi, je dis aux gens, ne désespérez pas, engagez-vous. On a une première étape avec les élections européennes de 2024. Il y a effectivement la préparation de 2027. Il y aura peut-être d'autres échéances avant.
Et pour ça, il faut venir nous aider, il faut venir nous renforcer. Manuel Bompard, député des Bouglurones, coordinateur de la France Insoumise. Merci d'avoir été l'invité de France Info
ce matin.
Manuel Bompard