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interviewC dans l'air· 28 décembre 2024 65 min

Sécurité, narcotrafic… Darmanin face aux urgences - C dans l’air - 28.12.2024

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

Bonsoir. Il part enfin, diront ses détracteurs. François Bayrou décolle demain pour Mayotte, non sans avoir repoussé une ultime fois son voyage de 24 heures. Le Premier ministre avait choqué en se rendant au conseil municipal de sa ville de Pau plutôt qu'à une réunion à Paris consacrée au département dévasté par le cyclone Chido. Mayotte, c'est le premier des travaux herculéens qui attendent François Bayrou. Il y a aussi celui de la sécurité. Les homicides, les coups et blessures ont encore augmenté l'an dernier de 5% après déjà une forte hausse en 2022.

En première ligne, un duo, Retailleau, ministre d'ailleurs préféré des Français et un Gérald Darmanin en embuscade, nouveau ministre de la Justice. Mais avec quelle marge de manœuvre ? Et puis les maires qui parfois arment leur police municipale, même un réfractaire a franchi le pas. Pierre Urmic, le maire écologiste de Bordeaux qui comme dans d'autres grandes villes vertes, fait face à une hausse de l'insécurité. Voilà les thèmes de cette émission de Ce C'est dans l'air intitulé ce soir « Sécurité narcotrafic d'Armanin face aux urgences ». N'oubliez pas vos questions Internet et SMS.

Pour vous répondre, nous avons le plaisir d'accueillir Brice Tinturier, directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos et enseignant à Sciences Po. Bonsoir, je rappelle votre grande enquête. Fracture française qui témoigne d'une défiance toujours plus grande des Français avec la classe politique. Claire Gatinois, bonsoir. Journaliste politique au Monde. Et je rappelle votre dernier article. Un gouvernement Bayrou aux airs de déjà-vu, loin des promesses d'ouverture. Alix Bouillaguet, bonsoir. Éditorialiste politique à France Info TV. Edris Haït-Youcef, bonsoir. Vous êtes docteur en droit public et spécialiste des questions de sécurité.

On va parler dans un instant de ce défi sécuritaire, mais il y a quand même donc ce sujet d'actualité qui s'impose. Ce départ encore repoussé d'ailleurs de François Bayrou, le Premier ministre vers Mayotte. Il trouvera sur place un département dévasté par le cyclone Chido. 39 morts, bilan très provisoire, 4000 blessés. Une aide qui n'arrive pas assez vite, disent des élus locaux et des collectifs d'habitants. Moins d'un foyer sur deux, par exemple à l'électricité seulement. Et il y a des craintes de pillage et d'insécurité. Claire Gatinois, vous qui étiez avec Emmanuel Macron, le président très chahuté la semaine dernière à Mayotte.

Est-ce qu'il faut s'attendre au même type d'accueil pour François Bayrou, le Premier ministre ?

2:20
Bruno Retailleau

Je pense que c'est un petit peu différent pour François Bayrou, parce que, déjà parce que ce n'est pas le président de la République, il y avait énormément d'attentes au moment de la visite d'Emmanuel Macron, parce qu'il y a non seulement ce cyclone en fait qui a dévasté l'île, mais il y a aussi une rancœur qui s'est accumulée au cours des dernières années, avec ce sentiment d'abandon en fait d'un département qui est complètement laissé à l'abandon par l'État. Donc Emmanuel Macron, quand il est arrivé, il a dû encaisser en fait cette tristesse gigantesque. Et une colère qui remontait en fait. Exactement, et cette colère qui remonte à plus d'une décennie.

2:59
Présentateur

Il risque quand même de payer, Brice Tinturier, le fait d'avoir préféré en quelque sorte, Pau à Mayotte au tout début, alors qu'il venait seulement d'être nommé Premier ministre ?

3:08
Invité

Oui, peut-être, mais moi je ne crois pas que ce soit ça, aux yeux des Français, qui va structurer le jugement et les attentes à l'égard de François Béroux. C'est important, il a effectivement, probablement commis une faute politique, en étant si peu réactif ou en donnant le sentiment d'être si peu réactif à l'égard de Mayotte et en privilégiant ce conseil municipal à Pau. Surtout, ça je crois que c'est encore plus important, en évoquant de revenir potentiellement sur la loi qui interdit aujourd'hui à un élu national d'être en même temps élu local.

3:38
Présentateur

La façon dont on cumule des mandats.

3:39
Invité

Voilà, mais je crois que ce qui inquiète les Français très sincèrement, prioritairement, c'est le pouvoir d'achat, c'est la question du budget, de savoir si on aura un budget dans ce pays demain, de quelle sorte, c'est la question de la fiscalité, la question de la sécurité. Alors Mayotte est une catastrophe évidemment qui touche l'ensemble des concitoyens, et François Bayrou est aussi perçu à travers ce qu'il fait, ce qu'il dit, ou ce qu'il ne fait pas ou ne dit pas sur ce territoire. Mais je voudrais quand même ressouligner l'importance des sujets économiques, sociaux et régaliens.

4:08
Présentateur

Ils sont tout en haut des priorités des Français, en tout cas de ce qui les inquiète. Le maire, c'est l'élu à portée d'engueulade, disait Gérard Larcher. Vous le disiez, François Bayrou voudrait garder sa casquette de maire de Pau. Il la met même en avant, Alex Bouillaga. Et ces équipes disent aujourd'hui, c'est parce que c'est un maire qu'il connaît, dans le cas de Mayotte, la manière de faire arriver de l'aide plus rapidement, de trouver des solutions concrètes et rapides.

4:32
François Bayrou

Oui, alors est-ce que c'est pour justifier le fait d'avoir fait son conseil municipal à Pau à postériori ? Mais c'est vrai que c'est un mandat. Je crois que c'est le mandat, d'ailleurs, il le raconte lui-même, quand il a été l'élu maire de Pau. Quand on lui demande quelle a été sa plus grande joie politique, ça a été d'être élu maire de Pau. Donc c'est effectivement un mandat qui est important et très important à ses yeux. Après, je ne sais pas si dans la méthode va y avoir des grosses différences, le fait qu'il soit Premier ministre, maire de Pau et qu'il y ait cet acheminement à Mayotte. Je ne pense pas. Et d'ailleurs, je ne pense pas non plus que...

J'entends les socialistes qui reprochaient, par exemple, à François Bayrou de ne pas être allé à Mayotte tout de suite. Je pense qu'il est beaucoup plus intéressant qu'il y ait maintenant. D'autant qu'effectivement, le symbole et un symbole lourd avec le chef de l'État a été donné à cet archipel. Maintenant, il va pouvoir effectivement voir concrètement où en sont les choses. On va pouvoir voir d'ailleurs si les complaintes, les doléances des Mahorais, notamment sur l'eau, sur l'acheminement des vivres, sur la reconstruction, qui n'était pas du tout au point au moment où Emmanuel Macron y était, si effectivement il y a eu un pas.

S'il n'y a pas eu de pas, il aura beau avoir sa casquette multimer, multitâche de peau, ça ne servira pas à grand-chose. Maintenant, effectivement, il faut rentrer dans le dur.

5:57
Présentateur

Avec une situation à Mayotte qui est assez particulière, Claire Gatinois le rappelait, ça faisait des années, qu'il y avait une colère qui grandissait à Mayotte. Driss Aït Youssef, il y a une situation sécuritaire particulière à Mayotte, migratoire aussi. Ça a été souligné tout de suite par le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, par Emmanuel Macron sur place, qui a d'ailleurs été reproché au président et à son ministre de l'Intérieur par une partie de la gauche. Oui, alors il y a en plus des éléments à prendre en considération. C'est-à-dire qu'on dit que la moitié des habitants à Mayotte ne sont pas français. Donc il y a une vraie problématique liée à l'immigration.

Il y a des tensions entre les communautés. On se souvient aussi qu'Emmanuel Macron a aussi été chahuté de par son incapacité à réguler d'une certaine manière cette immigration un peu illégale. Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a indiqué qu'il y avait 1700 policiers et gendarmes, plus de 400 pompiers déployés. C'est un effort qui est considérable. Il faut se mettre en perspective. La localisation de Mayotte ne permet pas de déployer des moyens. Il y a un couvre-feu pendant la nuit qui est instauré parce qu'effectivement il y a des saccages, il y a des pillages.

Et la difficulté, c'est pour les forces de l'ordre, vu qu'il y a un gendarme qui est décédé dans l'exercice de ses fonctions. Et la difficulté, ça va être d'assurer l'ordre et la sécurité publique dans la durée. Et on voit bien qu'y compris avec un déplacement prochainement du Premier ministre, avec une équipe, avec des ministres censés être compliqués. Oui, il ne vient pas tout ça. Cinq ministres qui l'accompagnent, dont Manuel Valls, ministre de l'État chargé de l'Ottawa. Et combien même on aurait des propositions très fortes de reconstruction, ça va prendre un certain nombre de temps. Il faut aussi avoir à l'esprit qu'un certain nombre d'habitants de Mahorais ne sont pas assurés.

Donc c'est aussi très compliqué derrière. Oui, ne sont pas assurés, en tout cas pour les lieux d'habitation. Et donc ça va être extrêmement compliqué. Donc plus c'est compliqué de reconstruire, plus on va avoir des tensions et plus des exactions possibles contre les forces de l'ordre et autrui. Le fait que la Régatinoise de venir avec cinq ministres, justement, des poids lourds du gouvernement. Donc Manuel Valls, que je citais, Elisabeth Borne, ministre de l'Éducation nationale. Il y a également Yannick Noder, ministre de la Santé. Valérie Lettard, ministre du Logement. On parlait de la reconstruction. Et le Mahorais, Tani Mohamed Soali, qui est secrétaire d'État à la francophonie.

Il y a aussi une volonté d'affichage, de montrer qu'on déploie toutes les capacités de l'État pour Mayotte.

7:58
Bruno Retailleau

Oui, il y a une sorte de rattrapage, finalement. Parce qu'une des choses qui avaient été reprochées à Emmanuel Macron, c'est d'arriver, entre guillemets, un peu les mains vides. Même si son avion était rempli de médecins.

8:06
Présentateur

4 tonnes d'aide humanitaire.

8:08
Bruno Retailleau

Exactement. En fait, quand il est arrivé sur place, les gens ne voyaient rien. Ils ne voyaient pas les secours, ils ne voyaient pas les aides. Ils ne voyaient pas le début du commencement d'une aide pour faire face au désastre provoqué par le cyclone. Donc là, aujourd'hui, François Bayrou doit arriver avec des solutions. On sait qu'il a décalé son arrivée de 24 heures pour justement finaliser les propositions qu'il pourra faire. Il faut vraiment qu'il arrive avec un paquet, avec des aides très concrètes, ce que vous disiez tout à l'heure. Et on en parlait en fait, en introduction, François Bayrou, il y a quand même un petit a priori négatif.

Un des symboles qui étaient aussi importants, c'est qu'il a nommé son gouvernement un jour de deuil national, qui était consacré à Mayotte. Ok, il a attendu la fin de la journée, mais je pense que pour les Mahorais, ce n'est pas anodin non plus. Donc il faut vraiment qu'il effectue une sorte de rattrapage là-dessus.

8:59
Invité

C'est toute la différence entre le jeu de posture. Alors le jeu de posture, il fait que quand vous avez un événement dramatique, les politiques doivent aller immédiatement pour montrer qu'ils sont conscients, qu'ils sont aux côtés des populations. Mais ça a immédiatement sa limite. Et le terme clé, je crois que c'est le terme de solution. Au-delà de la posture compassionnelle, il faut arriver avec des solutions. Donc c'est plutôt une bonne chose qu'aujourd'hui.

On est les ministres que vous avez évoqués, qui tous peuvent être impliqués dans la reconstruction de Mayotte, et qui vont à Mayotte, non pas le jour même de la catastrophe, mais un peu après, pour soit amplifier les solutions, soit affiner du diagnostic, soit montrer en tous les cas à minima qu'ils vont coordonner leurs efforts pour cette reconstruction. Mais c'est vraiment les solutions, beaucoup plus que la posture.

9:44
Présentateur

Vous parlez justement de posture. Il y en a un qui se déploie sur le terrain, qui essaye d'en faire des tonnes pour montrer qu'il est déjà à l'action, c'est Gérald Darmanin. Un des poids lourds du gouvernement, annoncé à la justice, et qui va devoir s'atteler à la tâche du défi sécuritaire. Je le disais tout à l'heure, l'an dernier, les homicides ont augmenté en France de 4% après une hausse de 9% en 2022. Les violences, coups et blessures haussent de 5% l'an dernier après 15% en 2022. Et pour frapper un grand coup, l'exécutif a donc nommé Darmanin à la justice, l'ex-ministre de l'Intérieur, qui se fait déjà omniprésent. Lucas Campizi et Rémi Scietech. Il est 16h ce mercredi.

A peine passé le réveillon de Noël, Gérald Darmanin met en scène son retour. Premier des ministres du gouvernement Bayrou en déplacement, et premier à communiquer, aux côtés des magistrats du tribunal judiciaire d'Amiens.

10:38
Invité

Pour qu'il y ait plus de rapidité, plus de fermeté, il faut un peu plus de moyens. Et puis, deuxièmement, je voudrais aussi dire que ce sera le moment d'adopter un nouveau budget, puisque ce n'est pas avec la loi spéciale qu'on arrivera à obtenir ces moyens.

10:51
Gérald Darmanin

Et donc, politiquement, j'espère que tous les parlementaires sont raisonnables pour bien faire fonctionner la justice, pour qu'elle soit rapide et ferme, comme les Français et les magistrats l'attendent.

10:59
Invité

Le budget, c'est justement l'objet de son premier rendez-vous ce lundi, avec Amélie de Montchal, un ministre des comptes publics.

11:07
Présentateur

Trouver de l'argent pour construire de nouvelles prisons. Des prisons peut-être à taille plus humaine, notamment pour que les petites peines soient le plus rapidement exécutées.

11:17
Invité

Pour cela, il faut peut-être que le cahier des chercheurs revu. On met 7 ans pour faire une prison en France, c'est beaucoup trop long.

11:22
Présentateur

Car l'Hexagone souffre de surpopulation carcérale, avec seulement 62 000 places pour près de 80 000 détenus actuellement. Alors cette proposition est plutôt bien accueillie par le monde de la justice.

11:36
Bruno Retailleau

Comment être contre le fait qu'au lieu de construire ces énormes paquebots, que sont les prisons actuelles, qui sont ingérables et surbondées, on construise des petites unités.

11:47
Présentateur

En déplacement ou sur les plateaux, le nouveau garde des Sceaux déroule sa méthode, la même que lorsqu'il était à l'intérieur.

11:55
Gérald Darmanin

D'abord, il y a à imaginer peut-être des opérations place nette dans les prisons, de pouvoir nettoyer au sens compréhensible du terme, le fait que les gens ne doivent pas avoir de téléphone portable dans les prisons, continuer à être très présents, à empêcher cela et à condamner ceux qui le font. Et puis deuxièmement, il faut que nous réfléchissions très rapidement à des solutions techniques qui nous permettent de passer à du brouillage de l'intégralité des établissements pénitentiaires.

12:20
Présentateur

Satisfaction franche du côté des syndicats de police.

12:24
Invité

La nomination de Gérald Darmanin comme ministre de la justice est pour nous le signe que le binôme régalien police-justice pourrait enfin parler d'une même voix, afin de converger vers le choc d'autorité attendue.

12:35
Présentateur

Gérald Darmanin à la justice, Bruno Rotaillot à l'intérieur, deux ministres qui affichent leurs ambitions et partagent des objectifs communs, comme le rappelait le locataire de Beauvau avant sa reconduction.

12:48
Invité

Je ne pourrais rester au gouvernement que si je suis en mesure de mener la politique que veulent la majorité des Français, c'est-à-dire de restaurer l'autorité, la fermeté, l'ordre public, aussi bien dans la rue qu'à nos frontières.

13:03
Présentateur

Un duo intérieur-justice, diversement apprécié dans la classe politique.

13:08
Invité

C'est un signal très à droite et c'est un signal aussi pour nos libertés publiques. Moi ce que je crains c'est de voir deux personnalités qui au fond partagent à peu près tout. Jusqu'ici c'était pas un couple, c'était un équilibre entre les uns et les autres. On voit bien que ce sont des personnalités connues, des personnalités fortes, deux ministres de l'intérieur si je puis dire. Évidemment ce sont des personnalités qui ont de l'expérience, qui sont tout de suite si je puis me permettre opérationnelles, qui sont sur le terrain et qui vont chercher à imprimer. Un tandem au coude à coude jusque dans les sondages.

13:40
Présentateur

Avec 42% de confiance des Français, Bruno Retailleau fait la course en tête parmi les ministres, talonné d'un point par Gérald Darmanin. Avant de parler de Gérald Darmanin, on lui-même, Brice Tinturier, on parlait tout à l'heure des préoccupations des Français. La sécurité ça se situe où ? C'est parmi les priorités ?

13:59
Invité

Oui, c'est un thème important, c'est au troisième moment des priorités. Dans notre baromètre que nous faisons pour la tribune, ça apparaît assez loin derrière le pouvoir d'achat, derrière les sujets de protection au sens large, protection sociale, santé, hôpitaux publics, retraite, etc. Mais la délinquance arrive en troisième niveau et elle est à un niveau bien plus élevé, il faut le rappeler, que l'immigration. C'est vraiment le sujet qui préoccupe beaucoup plus les Français que l'immigration encore. Et puis dans nos enquêtes fractures françaises, on a également des indicateurs qu'on pose année après année.

Et là on voit très bien que 89-90% de Français ont le sentiment de vivre dans une société violente, excusez du peu, 89-90%, que plus de 80% estiment que la violence tend à s'accroître dans la société. Donc c'est véritablement un sujet qui inquiète nos concitoyens, qui les préoccupe. Quand on leur demande s'ils sont victimes d'insécurité au quotidien, les choses sont plus nuancées. Mais sur la longue période, on voit bien que là aussi, les indicateurs tendent plutôt à remonter. Donc il y a un sujet de sécurité qui est indéniable aux yeux des Français.

15:05
Présentateur

Il y a un duo qui va devoir s'atteler à cette question de la sécurité, duo Darmanin-Retailleau. Alex Bouillaguet, je vous soumets la question de Romane Deslandes. Gérald Darmanin et Bruno Retailleau ont-ils de bonnes relations ? Est-ce qu'ils peuvent travailler main dans la main ?

15:17
François Bayrou

Alors, bizarrement, ils sont quand même issus de la droite, mais ils ne se connaissaient pas trop. Parce qu'ils ne sont pas du tout, ils n'ont pas les mêmes origines, si je puis dire. Il y en a un qui est filioniste, c'est Bruno Retailleau, qui a 60 et quelques années. Et l'autre qui est Gérald Darmanin, un sarcosiste, la quarantaine.

15:35
Présentateur

On le voit dans le style, d'ailleurs.

15:36
François Bayrou

Ce n'est pas le même style et ce n'est pas le même passé. En revanche, ils ont appris à se connaître au moment de la loi immigration en 2023, l'automne 2023. Ils ont pas mal travaillé ensemble parce que Gérald Darmanin, à cette époque-là, a dû s'appuyer sur le Sénat pour tenter de faire passer sa loi. Et d'ailleurs, elle avait été en partie réécrite par Bruno Retailleau. Donc, ils se sont rencontrés, fréquentés. Ça veut dire quoi, le signal ? Cette dénomination, c'est un alignement idéologique, il y a une cohérence politique.

16:06
Présentateur

Beaucoup plus qu'avec le prédécesseur de Gérald Darmanin, Didier Migaud.

16:10
François Bayrou

Et ça, c'est une première parce que ça fait longtemps qu'il y a une forme de dichotomie entre, à l'intérieur, on met quelqu'un à droite, et à la justice, on met quelqu'un à gauche. Et les couples ont souvent été explosifs. Alors, Gérald Darmanin et Éric Diopomboritti, ils ont fini par trouver leur petit pas de deux. Mais au départ, ce n'était pas forcément évident. Mais là, c'est vrai qu'ils ont la même approche répressive qui est demandée en partie par les Français. Et c'est vrai que ça donne deux indications. La première, c'est que la sécurité, l'immigration, finalement, s'est mis par François Bayrou en numéro un de l'agenda politique. Ça reste une priorité.

Et puis, en passant, ça coupe aussi l'herbe sous le pied du Rassemblement National. Alors, il y aura un crash test entre les deux hommes, si je puis dire. C'est qu'il va y avoir une proposition de loi sur le narcotrafic. Et donc, on va voir...

17:00
Présentateur

C'est ce que vous regrettez de ne pas avoir porté Éric Dupomboritti.

17:03
François Bayrou

Exactement. Et c'est des domaines partagés, parce que ça va aussi bien, il faut... C'est des dossiers qui sont partagés aussi bien par le ministère de la Justice que par le ministère de l'Intérieur. Donc, on va voir comment est-ce qu'ils vont réussir à cohabiter ensemble.

17:13
Présentateur

Driss Aet-Yussef, il arrive avec quel bilan à l'intérieur, Gérald Darman ? Il a passé plus de 4 ans, Place Beauvau. C'est un bilan, on peut le dire, très contrasté. D'ailleurs, la dernière, la Cour des comptes a épinglé les opérations dont il dit XXL de nettoyage d'un certain nombre de... Les fameuses opérations PlaceNet. PlaceNet, très critiquées par la Cour des comptes, y compris par des organisations syndicales de policiers. Donc, il n'a pas forcément au ministère de l'Intérieur un bon bilan.

Quand on regarde aujourd'hui la situation à la fois de la police nationale et de la gendarmerie nationale sur le plan budgétaire, parce qu'il a obtenu des moyens, c'est vrai, des moyens qui sont très importants, mais quand on regarde la situation aujourd'hui budgétaire, elle est très problématique. J'ai envie de dire que sur le plan politique, ça s'appréciera dans la durée, parce qu'on ne peut pas considérer qu'au bout de 4 ans, on a une photographie précise du bilan du ministre de l'Intérieur. Mais moi qui suis ces questions maintenant depuis quelques années, on ne peut pas dire qu'au ministère de l'Intérieur, les choses vont mieux.

Ni au sein de la gendarmerie, qui n'a plus les moyens de payer les loyers des gendarmes, ni au sein de la police nationale, qui n'ont toujours pas payé les primes JO de ceux qui se sont mobilisés pour sécuriser les festivités cet été. Donc, après, s'agissant du ministère de la Justice, là encore, moi je ne peux que déplorer d'une certaine manière des déclarations qui ne correspondent pas tout à fait à la réalité. Je comprends le besoin pour les Français, à un moment donné, de plus de sévérité. Je crois qu'il y a des rapports qui sont extrêmement clairs. La Cour des comptes dit que la justice prononce des peines de plus en plus sévères, de plus en plus longues.

C'est la raison pour laquelle on a un taux de surpopulation carcérale qui est élevé. Je rappelle que c'est 129%. C'est 129%. Quelquefois, dans des établissements, vous prenez à Perpignan, vous êtes à 250%. Donc, on a quand même un vrai problème de surpopulation carcérale. Je rappelle que la prison, elle a une vocation, c'est celle de préparer le détenu à sa réinsertion en vue de prévenir la récidive ou la réitération. Or, avec un taux de surpopulation qui est très important, il n'est pas possible pour ce qu'on appelle le service médicinitaire d'insertion et de probation de faire ce travail. Construire plus de places de prison, ça coûte extrêmement cher.

Je rappelle que lorsque vous avez une place de prison, une prison, il faut des effectifs. Si je prends de manière très concrète sur la loi de finances, en tout cas sur 2025, il faudrait à peu près 6 000 agents de l'administration pénitentiaire pour couvrir ces 80 000 détenus. La loi de finances 2025, elle prévoit le recrutement de 528 personnels. Donc, vous voyez bien la différence entre ce qu'on peut revendiquer sur des plateaux télé et la réalité dans ces administrations. Bilan contrasté et pourtant, Claire Gatinois, il est mis en avant, Gérald Darmanin, par Emmanuel Macron et par François Bayrou. On peut même dire qu'il se met en avant.

19:58
Bruno Retailleau

On l'a vu tout à l'heure lors de votre petit reportage. En fait, Gérald Darmanin fait référence à ses propres actions. Puisqu'il parle des opérations de place nette dans les prisons, il fait référence aux mêmes opérations de place nette qu'il avait mis en place au ministère de l'Intérieur. Donc, monsieur en parlait tout à l'heure, effectivement, c'est quand même beaucoup de communication. On parle déjà d'une bovoïsation de la place Vendôme. Donc, il y a beaucoup de compassion, beaucoup d'annonces. Effectivement, le souci qu'on va avoir aujourd'hui, c'est pour quels résultats, quelles concrétisations, sachant qu'un des écueils principaux qu'a le gouvernement Bérou, c'est celui de durer.

Donc, est-ce qu'il peut durer et cliver en même temps ? C'est quelqu'un de très clivant, Gérald Darmanin, Bristin Thurie.

20:48
Invité

Oui, mais ce qui est intéressant dans ce que vous venez de rappeler, c'est de le comparer ensuite à la perception qu'en ont les Français. Et Darmanin faisait partie des ministres les plus appréciés avec Bruno Le Maire.

20:56
Présentateur

Et il est à nouveau.

20:57
Invité

Et ensuite, Bruno Le Maire a décliné. Darmanin a été le ministre le plus apprécié. Je parle d'avant, évidemment, le gouvernement où Bruno Rotaillot est entré. Et puis, à la sortie de Gérald Darmanin, on a vu qu'il commençait à décliner dans l'opinion. Et que le fait de ne plus être sous les caméras, de ne plus être sur le terrain, de ne plus vendre cette action comme ça, XXL, en permanence, eh bien, malgré tout, lui portait préjudice. Et là, il revient sous les feux de la lumière et il remonte. Troisième, je crois, du... Oui, donc il y a... L'assement de la popularité des ministres.

Entre la visibilité, le fait d'être à la manœuvre, aux commandes, de pouvoir parler, de pouvoir théoriser sur une action, et votre propre popularité, indépendamment de la réalité des résultats.

21:40
Présentateur

Question de Ray dans le garde. Est-ce que c'est efficace, justement, d'annoncer à l'avance, dans les médias, des opérations place nette avec saisie des téléphones portables des détenus ? Je pense que chaque année, il y a à peu près une dizaine de milliers de téléphones portables saisis dans les prisons. En fait, il l'a dit, effectivement, voilà. Il y a 186 centres de détention en France. Voilà, et puis après, il y a effectivement l'installation de ces brouillères, etc. En fait, ce qu'il faut savoir, c'est que dans la population carcérale, il y a à peu près 15 000 individus qui sont emprisonnés pour le narcotrafic.

Donc, c'est en particulier, et là, Gérald Darmanin a raison, puisqu'il dit qu'il y a un certain nombre de détenus, bon, ça, on le sait de tout temps, qui gèrent leur trafic depuis la prison. Tout comme nous avons des détenus, c'est 60% à peu près des détenus qui ont déjà consommé des substances illicites en prison. On le sait depuis de nombreuses années. Bon, il faut donner des moyens à l'administration pénitentiaire. Je rappelle que les agents de l'administration pénitentiaire sont eux-mêmes victimes de cette situation. C'est-à-dire qu'en fait, ils sont l'objet d'agressions récurrentes. Il manque beaucoup de personnel. Il y a des personnes qui sont en arrêt maladie.

Donc, il y a des moyens pour effectivement arrêter. Et ça, ce sont des moyens du ministère de la Justice, je le précise. Alors, oui. La pénitentiaire, c'est dans le budget de la Justice. Alors, vous avez classiquement, au ministère de la Justice, plusieurs directions. Les deux directions les plus importantes, c'est la justice judiciaire. C'est les fonctionnements des tribunaux. On est sur le budget 2024 par rapport à 2025, quasiment à périmètre constant. Même si on prend le budget hors inflation, le budget diminue pour le fonctionnement des tribunaux. Et puis, on a une augmentation qui est un peu plus importante pour l'administration pénitentiaire.

C'est la gestion, effectivement, des prisons. On a un budget qui est, pour le coup, en évolution. Mais là encore, il est en évolution. C'est juste un rattrapage. Et même, y compris avec cette augmentation de 250 millions des crédits, il n'y aura pas suffisamment de moyens pour remettre l'administration pénitentiaire à niveau. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire avoir des centres de détention qui ne soient pas insalubres. Digne. Parce que dire qu'à un moment donné, on ne peut pas... Enfin, il y a un choix à faire. Soit on construit plus de places de prison, soit on construit moins de places de prison. Mais on a de meilleures prisons pour mieux emprisonner. Alex Bouillacé.

23:43
François Bayrou

Oui, l'écueil quand même de ces annonces, pour répondre aussi aux téléspectateurs, c'est que le claquement de talons soit suivi des faits. Or, qu'est-ce qui s'est passé pour... C'est vrai que cette opération, puis les termes « nettoyer », c'est vraiment les mêmes termes qu'il employait pour cette fameuse opération XXL. C'est des opérations qui ont eu lieu entre 2020 et 2024. Et là, on voit que concrètement, donc devant les caméras, c'est vrai que c'était assez spectaculaire. On voyait ces descentes de police, on voyait sans doute des populations qui étaient soulagées parce que le point de deal n'était plus là. Et dans les faits, on s'est rendu compte de quoi ?

Que les points de deal étaient déplacés, qu'ils revenaient par la suite. Et finalement, il y a eu des résultats mitigés. Et c'est un rapport notamment parlementaire, de la commission d'enquête sénatoriale, qui a été rendue avant l'été sur le narcotrafic, qui montre effectivement qu'il y a des doutes sur l'efficacité de cette méthode. Alors, c'est pour ça, il ne faut pas… C'est bien d'avoir des vœux pieux. C'est très bien sans doute de brouiller, d'empêcher ses portables d'arriver. Bon, mais après, il faut que ça devienne concret. Et je trouve que dans les annonces, ou en tout cas dans son intervention sur TF1, Gérald Darmanin a eu beaucoup de très bonnes intentions.

Quand il parle d'une justice plus rapide, quand il parle de construire des places de prison, super ! Mais c'était des promesses d'Emmanuel Macron en 2017. 15 000 places de prison, c'est en cours, ça prend beaucoup de temps. Et il y aura 15 000 places de prison d'ici 2029. Et on sait d'ores et déjà que l'objectif ne sera pas atteint.

25:12
Présentateur

Alors, il nous parle maintenant de prisons plus humaines, plus petites. C'est réaliste ça, Audrey, ça y est-tu ça ? Déjà, si on parle des places de prison sur le projet 15 000 places de prison à l'échelle du quinquennat, je pense qu'on aura 6 700 places à la fin de ce quinquennat. Et je pense qu'avec la difficulté, en tout cas budgétaire, je pense qu'on aura atteint les 15 000 places. Si tout va bien, je pense plutôt aux alentours de 2030. Après, de dire qu'il faut des prisons plus petites, plus humaines, moi je fais quand même attention parce que ça coûte de construire une prison. C'est-à-dire qu'une prison, ce n'est pas quelques algécos que vous mettez au milieu d'un champ de patates.

Donc il faut le sécuriser. Moi, je ne connais pas un élu qui veut une prison sur le territoire de sa commune. Donc il faut qu'il y ait beaucoup de discussions, il faut des projets, il faut ensuite pouvoir déposer le permis. Il faut sécuriser une prison, même si vous êtes sur des courtes peines. Je rappelle que les courtes peines, contrairement à ce qui est dit, contrairement à ce qui est dit, les courtes peines, la plupart du temps, elles sont effectuées, soit en milieu carcéral, soit en milieu ouvert. Alors ce n'est pas forcément tout de suite, tout de suite, là maintenant, mais parce que ce qu'on appelle le juge d'application des peines, etc., ça prend toujours un peu de temps.

Mais contrairement à ce qui est dit, donc les peines, la plupart du temps, elles sont effectuées. Et puis il y a ce qu'on appelle les peines en milieu ouvert, c'est ce qu'on appelle les détentions à domicile sous brasse électronique. Ça fonctionne globalement bien. Le problème, c'est que la justice aujourd'hui, elle est défaillante. Pourquoi ? Parce que vous avez un niveau de surpopulation carcérale qui est énorme et qui ne permet pas aujourd'hui à la justice judiciaire et à l'administration pénitentiaire de fonctionner de concert.

Juste pour vous donner encore un dernier chiffre, il y a un rapport de la Commission européenne, je crois qu'il disait qu'en France, on avait 2,3 procureurs, là où on a une moyenne plutôt de 11 au niveau des pays européens. C'est-à-dire que ça ne peut pas fonctionner en l'état actuel des choses. – Christian Turier.

26:51
Invité

– Oui, mais ce point-là est décisif parce qu'on ne peut pas reprocher un ministre de la Justice ou un ministre de l'Intérieur d'essayer un certain nombre d'opérations, que ce soit des opérations place nette ou de brouillage, même si c'est encore limité, des téléphones dans les cellules. Alors c'est vrai que derrière, il faut que ça soit suivi des faits, mais au moins ils essayent, j'ai envie de dire, et je crois que ça c'est important aussi aux yeux des Français, tant en termes d'efficacité réelle qu'aux yeux des Français. En revanche, la difficulté auxquelles va être confronté très vite Gérald Darmanin, et ça transparaissait dans ses propos, c'est la difficulté budgétaire et de moyens.

De moyens pour pouvoir à la fois construire éventuellement des prisons plus petites, s'il veut faire jouer des peines plus rapidement, effectives, etc. mais également pour l'exécution des peines. Le reproche principal qui est adressé à la justice, c'est un reproche de lenteur, ça c'est exact, de manque de laxisme ou de manque de sévérité, c'est très largement inexact, la justice en réalité est de plus en plus sévère, et puis d'opacité. Bon, pour pouvoir être plus rapide, ce qui est quand même un enjeu extrêmement important, il faut avoir des moyens qu'aujourd'hui Gérald Darmanin n'a pas. Plus de greffiers.

Voilà, et qu'aujourd'hui nous n'avons pas, parce que nous n'avons toujours pas de budget, je me permets de le rappeler.

27:57
François Bayrou

Et Didier Migaud avait quand même réussi à obtenir la réduction de moitié, il y avait 487 millions en moins pour le budget de la justice pour l'année prochaine, il a réussi à réduire de moitié, et c'est vrai que ça fera aussi figure de test pour Gérald Darmanin, est-ce qu'il va réussir ?

28:12
Présentateur

Il y a rendez-vous après-demain avec sa collègue des comptes publics, Amélie de Montchalin. Il faut aussi qu'il arrive, pour réussir à faire passer un budget, il va falloir qu'il arrive, ne serait-ce que la droite, au socle commun. Et même ça, ça n'est pas gagné. Mais nous ne nous interdisons pas de retirer notre soutien, nos votes se décideront texte par texte. C'est Laurent Wauquiez qui disait ça, le chef des députés LR il y a quelques jours. Et c'est même une mascarade de gouvernement, estime le député LR Julien Dive, ce matin dans Le Monde. Ça veut dire que le torchon brûle avec la droite ?

28:40
Bruno Retailleau

Ça veut dire que c'est très compliqué. Tout à l'heure, on parlait un peu de la nomination de Gérald Darmanin. Gérald Darmanin, c'est un proche d'Emmanuel Macron. On sent qu'il y a une espèce de course à l'échalote maintenant à l'approche de 2027. Bruno Retailleau est devenu extrêmement populaire. C'est un LR, on parle déjà de lui pour éventuellement candidater pour la prochaine présidentielle.

28:59
Présentateur

Ce qui gêne Laurent Wauquiez. Ce n'est pas du tout Laurent Wauquiez.

29:00
Bruno Retailleau

Laurent Wauquiez, mais ça gêne aussi la Macronie. Gérald Darmanin vient quand même essayer d'occuper un peu le devant de la scène pour faire, essaye-t-il, un peu d'ombre au LR. Mais effectivement, ça va être très compliqué pour François Bayrou d'avoir l'appui des LR parce qu'on s'en rend compte dès maintenant, il a finalement le même socle qu'avait Michel Barnier qui, on le rappelle, a une durée de vie de trois mois à peine.

29:29
Présentateur

Même pas 100 jours.

29:30
Bruno Retailleau

Et en fait, ce socle est encore plus rétréci. Oui, puisqu'aujourd'hui, Laurent Wauquiez... La participation d'Alert n'est pas acquise. Exactement, il est fâché. Et même pire que ça, si vous mentionniez l'article du Monde, Laurent Wauquiez énonce clairement qu'il pourrait basculer dans l'opposition. Et on se pose alors la question, que deviendraient les ministres à l'air ? On ne sait pas. Mais ça veut dire que c'est quand même une situation extrêmement précaire et fragile.

29:53
Invité

Et pour ajouter un petit ingrédient supplémentaire à ce que vous venez de dire, on ne sait pas non plus comment ce duo retaillot d'Armanin qu'on nous présente comme étant finalement très complémentaire, ne va pas tourner une forme de rivalité. Parce que la présidentielle, elle est là. Pour Bruno Retaillot, on ne sait pas s'il sera candidat. Mais enfin, on peut quand même aussi envisager qu'il ait quelques ambitions d'ici 2027. Gérald Armanin, il les a déjà indiqués. Donc, leur jeu de rôle, il va être quand même assez compliqué.

Et pour Gérald Armanin, ancien ministre de l'Intérieur, trouver sa place comme ministre de la Justice, sans être le double du ministre de l'Intérieur, tout en étant quelqu'un qui pèse aussi fortement et qui ne renonce pas aux enjeux régaliens, je trouve que la page n'est pas encore écrite. Et qu'il peut y avoir beaucoup de grains de sable entre eux et une forme de rivalité qui pourrait s'affirmer aussi dans les mois à venir.

30:40
Présentateur

Oui, c'est ça. Et puis ensuite, avec un surveillant général qui s'appelle le Rassemblement national, il ne faut pas, s'agissant de Gérald Armanin, qui effectivement est un second choix, puisque c'était Xavier Bertrand qui devait hériter, lui, du ministère de la Justice, après le veto du Rassemblement national. C'est ce que dit Xavier Bertrand. Exactement. Ce que dit... Oui, mais voilà. Donc, c'est ce que dit Xavier Bertrand. Et on se souvient d'ailleurs de la position de Gérald Armanin s'agissant de Marine Le Pen, juste après son procès lors du réquisitoire, où il a fait quand même une déclaration, s'agissant du réquisitoire un peu trop sévère...

Donc, on fait un bloqué contre Marine Le Pen et surtout la peine d'indigibilité. Effectivement, sur la peine d'indigibilité avec une exécution provisoire, aujourd'hui ministre de la Justice. Donc, tout ça ne rend pas... Enfin, le mettant quand même dans une situation un peu compliquée. Marine Le Pen, effectivement, qui est en embuscade, elle qui est d'ailleurs deuxième du baromètre de confiance politique Harris Interactive LCI, deuxième derrière Jordan Bardella, parmi des personnalités politiques hors gouvernement. Marine Le Pen, elle a diffusé une vidéo de vœux pour Noël dans laquelle elle dit « espérez attendre une nouvelle dissolution ».

Ce moment de fluctuation politique temporaire, comme l'inertie dommageable qui en résulte, s'achèvera en effet dès que le peuple, par sa volonté souveraine et son intelligence collective, en décidera. Il choisira alors une nouvelle voie à suivre, celle du sursaut et du redressement. Ce moment ne manquera pas d'arriver, dès que les institutions le permettront. C'est-à-dire, nous en avons tous conscience, bientôt, très bientôt.

Marine Le Pen, qui n'est absolument pas affectée par cette condamnation réclamée par le parquet dans l'affaire des assistants d'eurodéputés RN, elle risque quand même une condamnation à la prison ferme, cette peine d'inéligibilité, mais ça glisse sur elle dans l'opinion, Président Durian ?

32:21
Invité

Oui, ça glisse actuellement totalement, puisqu'on voit qu'aussi bien dans des intentions de vote présidentielle réalisées par mes confrères de l'IFOP, si je me souviens bien, que dans notre baromètre pour la tribune et dans d'autres baromètres, elle reste la personnalité, alors chez nous même, préférée des Français, en termes de satisfaction pour chacune des personnalités qui seraient élues présidentes de la République, là aussi, c'est elle qui est en tête, et il n'y a pas de baisse notable de sa popularité.

Il y a un électorat qui est derrière Marine Le Pen, c'est elle qui porte la marque du Rassemblement National, la seule chose qu'on peut dire, c'est que maintenant, et ça pour elle, ça peut être un sujet, il y a une solution de rechange potentiellement. Avec Jordan Bardella. Jordan Bardella est à un niveau de popularité extrêmement proche, parfois à un point, parfois à égalité, mais ils sont vraiment dans un mouchoir de poche.

33:05
Présentateur

Lui qui avait dit qu'une personne condamnée par la justice ne pouvait pas être candidat RN. Exactement. Il attend lui aussi son heure. François Bayrou compte, Alex Bouillagas, sur ce duo, Rotaillot-Darmanin, et surtout sur Gérald Darmanin, pour couper l'herbe sous le pied du RN, ça peut être efficace comme stratégie, ou en fait à chaque fois, c'est le RN qui grimpe quand on parle de...

33:26
François Bayrou

Je ne sais pas si ça peut être efficace, en tout cas c'est incontournable, c'est-à-dire qu'il fallait occuper cet angle-là, le régalien, l'autorité, parce que c'est réclamé aussi par les Français. Après, normalement, si tout s'était bien passé pour François Bayrou, il aurait dû pouvoir s'émanciper justement du fameux doigt pouce baissé, pouce levé du RN. Et toute sa stratégie, c'était ce fameux pacte de non-censure à nouer avec les socialistes, parce qu'il y a 66 députés socialistes qui peuvent faire la pluie et le beau temps. Et donc, ça aurait été malin et audacieux et stratégiquement très très important de pouvoir s'appuyer.

34:06
Présentateur

Les arrimer au socle commun.

34:07
François Bayrou

Ce qui a été étrange, c'est qu'il n'est pas réussi à le faire. C'est-à-dire qu'on a quand même senti les socialistes, même juste avant que Barnier ne tombe, que Michel Barnier ne tombe, quand Boris Vallaud commence à dire « entrevrir la porte de ce fameux pacte de non-censure », on sent qu'ils ne sont plus disposés. Ils ne sont plus disposés parce qu'ils se disent « il faut s'émanciper de la tutelle des insoumis, il ne faut pas que Macron tombe tout de suite parce que nous, on n'a pas de candidat à la présidentielle ». Donc, il faut tenir. Donc, on aurait peut-être intérêt à se rapprocher quand même de ce fameux bloc central. Il y a eu des mains tendues.

Moi, j'ai trouvé les socialistes assez ouverts. Et on a le sentiment que François Bayron n'a pas été suffisamment loin. – Et il est toujours à la merci du RN. – Et il reste toujours à la merci du RN. On sent qu'il a buté sur cette histoire de retraite, de réforme des retraites, où effectivement, il ne veut pas l'abrogation, le gel, on parle de suspension, et que ce n'est pas assez pour des socialistes qui, forcément, font monter les enchères et sont devenus gourmands.

35:05
Bruno Retailleau

– Est-ce lui qui a buté ? Oui, c'est Emmanuel Macron, en fait. C'est ça la question. On sait qu'après la censure, excusez-moi, je vous ai coupé, après la censure, il y a eu ce sentiment à l'Élysée qu'enfin, c'était peut-être le moment pour Emmanuel Macron de reprendre la main. On l'a vu au cours de l'espèce de comédie qui s'est jouée au moment de la nomination du Premier ministre, que le chef de l'État était prêt à nommer Sébastien Lecornu, son très proche ministre des armées. Donc c'était quand même le signe qu'à ce moment-là, Emmanuel Macron avait le sentiment qu'en fait, il pouvait recommencer à gouverner, à prendre le pouvoir, à redevenir président et Premier ministre, finalement.

Donc une des prérogatives d'Emmanuel Macron, c'est de ne surtout pas toucher à son bilan. Et la réforme des retraites, c'est quelque chose d'extrêmement important pour lui. Donc je pense qu'il a peut-être aussi mis un peu des batons dans les roues, dans la capacité qu'aurait pu avoir François Bayrou à attirer les socialistes à lui.

36:00
Présentateur

Il y a d'autres acteurs qui sont en première ligne de la lutte contre l'insécurité, ce sont les maires. Ils sont environ 3 500 désormais à avoir constitué une police municipale selon le Figaro du jour. Et certains d'entre eux arment même cette police, y compris l'écologiste Pierre Urmic, maire de Bordeaux, lui qui disait en avril ne pas être un maire shérif. Il a fait volte-face, armé une partie de sa police municipale et il s'est confié pour s'est dans l'air à Barbara Steck et Johan Guyenne.

36:29
Invité

La police municipale, bientôt armée dans les rues de Bordeaux. D'ici mi-2025, 50 agents sur 200 devraient être équipés. Une petite révolution pour cette ville où le maire Pierre Urmic est écologiste.

36:45
Gérald Darmanin

Les policiers municipaux, et c'est vrai dans toutes les villes, c'est le résultat des échanges que j'ai pu avoir, ils sont de plus en plus des primo intervenants dans les cas d'agressions, de rixes. Donc il faut dans toutes les villes aussi qu'ils se sentent eux-mêmes sécurisés pour intervenir sur ces lieux. C'est à la fois une politique de protection de mes policiers municipaux qui le réclament, mais également de la population qui se sentira plus protégée en ayant des policiers municipaux qui iront dans des endroits où actuellement ils ne vont pas. Où ils ne vont pas parce qu'ils se sentent totalement désarmés pour intervenir dans certains quartiers.

37:17
Bruno Retailleau

Un changement de doctrine d'autant plus surprenant

37:22
Invité

qu'il y a encore six mois, Pierre Urmic s'opposait fermement à l'armement de sa police.

37:28
Gérald Darmanin

Je pense qu'aussi, il faut admettre que le contexte de violence sur nos territoires, et ça c'est le constat que font tous les maires des grandes villes, il s'est aggravé. Alors on peut aussi dire, écoutez, moi je ferme les yeux, je mets la tête dans le sable. Non. Et puis j'ajouterai un de ces problèmes, un problème de recrutement. J'avais du mal à recruter et du petit tour de France des maires que j'ai fait, je me suis rendu compte que les villes dans lesquelles il y a des polices municipales armées recrutent beaucoup mieux que les villes dans lesquelles la police municipale n'est pas armée.

38:03
Invité

Plus de policiers et plus de vidéosurveillance. Là aussi, le maire de Bordeaux a changé d'oeuvre. C'est en 93, tu le vois arriver de l'autre côté du pont.

38:15
Gérald Darmanin

Les caméras sont très utiles notamment pour des missions de police judiciaire et en même temps, ça rassure aussi les habitants. J'ai des pressions d'habitants qui me disent on veut qu'il y ait d'avance sur le caméra. Ça nous rassure. Écoutez, on va les rassurer.

38:30
Présentateur

Il remonte sur le miroir d'eau. Allez là. Il est où, le deuxième ? Deuxième, il s'est arrêté là, sur la 120.

38:37
Gérald Darmanin

Bien sûr que la réalité du pouvoir m'a changé. Je suis, je pense, comme beaucoup d'élus, en permanence teraillée entre mon éthique de conviction et mon éthique de responsabilité. Mon éthique de conviction, c'est effectivement de déplorer la violence, de déplorer la place des armes dans nos cités. Moi, je ne veux pas d'une ville à l'américaine. Donc, c'est ça qui m'a amené à avoir des positions en début de mandat en disant « Je ne suis pas favorable à l'armement ». Et puis, mon éthique de responsabilité, c'est de regarder le monde pas tel que je le rêve, mais tel qu'il est.

39:10
Invité

Critiqué par certains dans son propre camp, Pierre Urmic assume de faire de la sécurité une de ses priorités.

39:17
Gérald Darmanin

C'est stupide de dire que c'est une droitisation, comme si le service public de la sécurité était le monopole de la droite. C'est vraiment une réponse réductrice et simpliste à un vrai problème. Tous les maires, quels qu'ils soient, sont confrontés à ce problème-là. Et je pense qu'il est temps que la gauche fasse un véritable agendarmento avec les questions de sécurité. Il faut aussi que nous nous soyons capables d'évoluer et de répondre aux préoccupations de nos concitoyens. Donc, effectivement, je pense que la gauche, les écologistes, sont en train d'évoluer sur cette question de la sécurité et des responsabilités qui sont les nôtres.

39:59
Présentateur

Au-delà de Pierre Urmic à Bordeaux, le Figaro consacre aujourd'hui une double page à ces huit grandes villes vertes qui voient l'insécurité augmenter avec ce titre « Le rêve écologiste bousculé par la réalité de l'indélinquance ». Est-ce que, justement, s'interroge Régis en Côte d'Or, les maires écologistes qui voient arriver les élections de 2026 sont en train de faire un « coming out sécuritaire » à l'image de Pierre Urmic à Bordeaux ? Clairement, oui.

40:21
François Bayrou

Mais il faut dire, il regarde juste les chiffres. Sur ces huit métropoles, en fait, elles sont au-dessus de la moyenne des autres villes concernant les violences. Et c'est vrai que c'est très impressionnant de l'entendre parler, Pierre Urmic, là, parce qu'on se souvient des maires écolo qui sont arrivés à la tête de leur ville en parlant d'une nouvelle police qui serait plus proche des gens, avec la fameuse coopération douce, une approche préventive qui dénonçait la militarisation des polices municipales ou le coût exorbitant des vidéosurveillances.

Eh bien, oui, ils ont regardé les chiffres, ils ont entendu leurs concitoyens et les chiffres, alors si on regarde par exemple Grenoble, Grenoble, c'est le champion du monde de vol avec arme une centaine par an. c'est les règlements de comptes six fois plus que la moyenne des autres villes, c'est beaucoup plus que Marseille, c'est beaucoup plus que Saint-Denis, on est à Grenoble.

Et toutes les villes écolo, Bordeaux plus 25% sur les coups et blessures volontaires, Tours, un tiers des violences en espace public en plus, je pourrais continuer, Poitiers, il y a plus de 51% de cambriolage, en fait, c'est une explosion quand même de violences, donc ils ont raison de recalibrer leurs propos et puis d'être dans le concret au service de leurs administrés.

41:41
Présentateur

Il dit quelque chose d'intéressant, Pierre Hormé, qui dit que la sécurité ne doit pas être le monopole de la droite. La droite n'a pas le monopole de la sécurité, Brice Tinturier. La gauche n'arrive pas à se saisir de cette question ou à être crédible aux yeux des Français en tout cas ?

41:52
Invité

Écoutez, les écologistes, une partie des écologistes sont en train de faire le chemin qu'une partie des socialistes ont fait il y a 30 ans. C'est-à-dire, au bout d'un moment, de se dire que non, les caméras, souvenez-vous, il y a 30 ans, quand les caméras commençaient à être mises dans un certain nombre de municipalités, vous aviez beaucoup de maires de gauche qui disaient on va hystériser le problème de la violence et on va l'accroître avec, en plus, une surveillance des populations. Petit à petit, beaucoup se sont ralliés quand même à ce type de solution sous la pression des réalités. C'est un peu le phénomène qu'on a avec les écologistes.

Donc, j'ai envie de dire oui, c'est quand même, il est temps. Et surtout, Pierre-Louis qui a tout à fait raison de dire que ce n'est pas un enjeu de droite ou de gauche, ça ne devrait en tous les cas pas en être un puisque la première condition d'un État de droit, c'est quand même d'assurer un minimum de sécurité aux citoyens. Il n'y a pas d'État de droit sans cela. Vous êtes dans l'État de nature, vous êtes dans un État de civilisation ou de droit et pour cela, il faut de la sécurité. Après, il y a des arbitrages évidemment à faire. Tout n'est pas dans la militarisation de toutes les polices ou que sais-je encore.

Mais on est étonné de voir qu'il y a encore des maires qui mettent tant de temps à admettre qu'il y a des phénomènes qui appellent des réponses plus répressives ou en tous les cas de sécurisation des territoires alors que vous avez des enclaves où l'État de droit a totalement disparu.

43:11
Présentateur

Rizet Youssef.

43:12
Invité

Et la particularité

43:13
Présentateur

du maire de Bordeaux, c'est qu'on a le sentiment qu'il n'y croit pas. Oui. Mais parce qu'on me le demande, donc... C'est pas le décamérable. De fait. Voilà. Donc, effectivement, cette mutation depuis maintenant quelques années, mais qui n'est pas non plus sans poser de questions de fond. Parce que j'écoute ce que dit le maire de Bordeaux. Sur le fond, on arrive aussi à retracer cette dynamique. Il considère que c'est l'État qui a le monopole de la violence légitime et qui, par conséquent, doit pouvoir proposer un service public de la sécurité aux administrés.

Néanmoins, il consent, dans le cas de ces exercices de maire et de police administrative, je rappelle que le maire a un pouvoir de police administrative, de prévention et pas de police judiciaire, qui doit mettre en place des moyens. Parce que ce que lui demandent les habitants, ce n'est pas de faire semblant, mais c'est quand même de tenir un discours. Ce que reproche quand même un centre d'administrés, c'est de dire qu'il faut qu'il tienne un discours un peu plus musclé. Il ne faut pas être défaitiste par rapport à la sécurité.

Parce que globalement, ce que demandent les riverains ou les administrés, la lutte contre les squats, les rodéos sauvages, en tout cas, des missions qui sont à la portée du maire. Alors, pourquoi cet armement aujourd'hui vient ? Parce qu'aujourd'hui, les collectivités n'arrivent pas à recruter des policiers municipaux s'ils ne proposent pas un dispositif d'armement de type arme létale. Parce qu'il n'y a pas de candidat. S'il n'y a pas d'armes... C'est très compliqué de recruter des policiers municipaux. C'est extrêmement compliqué. Même avec les passerelles qui existent entre la gendarmerie et la police vers des polices municipales, c'est très compliqué de recruter.

Donc, les policiers vont spontanément vers une police municipale qui propose une arme létale. Ce qu'ils proposent à Bordeaux, c'est ce qu'on appelle un PIE, un pistolet à impulsion électrique mais qui n'est pas suffisant à ses yeux. Donc, pour proposer une police municipale qui soit une police municipale à niveau, il faut proposer cette arme létale de type Glock 9 mm, etc. Et puis après, s'agissant de la vidéosurveillance, c'est un débat vieux comme le monde, il l'a dit. La raison, ça permet d'augmenter le taux de délucidation. Une ville, je prends par exemple Saint-Denis-Saint-Ouen. Saint-Denis, c'était au début du quinquennat de Mathieu Anotin. Je crois que c'était 50 caméras.

On est à 500 caméras aujourd'hui. Et puis surtout, c'est une interconnexion. Et enfin, pour terminer, il y a le rôle de l'État. L'État signe ce qu'on appelle des CSI, des contrats de sécurité intégrés. Et donc, elle ne signe pas. C'est-à-dire, quand elle signe, elle vous donne des subventions. Donc, pour pouvoir, c'est 50 à 60 % pour financer l'installation. Mais si vous ne vous mettez pas d'accord avec l'État, il n'y a pas de financement. Et l'État demande l'avis de surveillance des policiers, etc. Je cite ce chiffre justement du gouvernement. Le taux d'endettement est de 73 % pour les communes contre 43 % seulement, par exemple, pour les départements.

Les maires ont les moyens de financer cette mission qui devrait être celle de l'État, comme vous le disiez, Driss Aytussef ? Les maires, oui, aujourd'hui, il y a dégagé des moyens importants. Après, les collectivités, pour la plupart d'entre elles, elles sont quand même un petit peu endettées. Mais après, c'est une volonté politique. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous avez de plus en plus de transferts. Il faut aussi le reconnaître, transferts de charges de l'État vers les collectivités. Ça veut dire quoi ? Je prends un exemple concret. Les répressions, infractions, codes de la route, c'est la police municipale.

En revanche, lorsqu'elle vous met une amende, c'est l'État qui perçoit effectivement les fruits de cette amende. Donc là encore, il faut qu'il y ait un rééquilibrage. Donc ça coûte à la commune, mais ça rapporte à l'État. Et là, tout récemment, Bruno Retailleur a lancé les beaux veaux des polices municipales pour confier un peu plus de pouvoir de police judiciaire aux polices municipales. Là où l'association des maires de France a raison, c'est un peu offusqué en se disant « Attendez, nous, on va tomber dans une forme de paperasse administrative, ça va être insupportable. Et la police municipale ne sera plus la police du maire, mais sera plutôt la police de l'État, etc.

» Donc ça, ça compte aussi dans le débat public.

46:49
Invité

Ce que je veux juste préciser, c'est que même si c'est l'État qui a le monopole de la violence légitime, comme disait l'autre, dans toutes les enquêtes que nous réalisons, et Dieu sait si nous en faisons beaucoup auprès des municipalités, pour les municipalités ou auprès des populations de municipalités, j'ai systématiquement la même réponse. C'est-à-dire que les habitants d'une ville vous disent « Mais peu importe que ce soit l'État ou au niveau local, nous, ce qu'on veut, c'est de la sécurité.

S'il n'y a pas assez de synergie, et il n'y en a pas assez entre des changes d'informations et de synergie, entre ce qui devrait relever de la police, de la gendarmerie et ce qui devrait relever du local, pour les citoyens, c'est « Peu importe ». À ce moment-là, la municipalité, enfin, ils peuvent le déplorer, mais la municipalité doit prendre à bras-le-corps le sujet. Et si elle ne le fait pas, elle apparaît comme largement déficiente. Claire Gatinois.

47:36
Bruno Retailleau

Et ce, d'autant plus que tout ça s'inscrit, je parle sur le contrôle de Dressa Etussef, sur une toile de fond qui est une montée quand même en puissance du narcotrafic, qui a quand même basculé dans quelque chose de très différent, avec une ampleur beaucoup plus décuplée et des moyens considérables avec une organisation de type de crime organisé. et on sent qu'aujourd'hui, en fait, l'État, les municipalités courent après... Il y a une espèce de course au rattrapage pour essayer de se doter de plus de moyens qui permettraient, en fait, d'affronter ce type de trafic. Donc, je ne sais pas si vous partagez ce point de vue, mais nous, dans tous les papiers qu'on a sur le...

toutes les enquêtes qu'on réalise sur le narcotrafic et le rapport sénatorial le confirmé, en fait, on est passé dans autre chose.

48:26
Présentateur

La gauche a du mal, on le disait tout à l'heure, à incarner quelque chose face à cette montée de l'insécurité. Celui qui a voulu l'incarner en quelque sorte, c'est Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, puis Premier ministre de François Hollande pendant la vague d'attentats de 2015. Il a payé cher, quelque part, sa volonté de fermeté. Manuel Valls, c'est l'incarnation de la louse et de la trahison, estime le député socialiste Arthur Delaporte.

48:48
François Bayrou

Je suis assez saisie, moi, par la violence, mais vraiment la violence vis-à-vis de Manuel Valls. Parce que, c'est quoi son crime, en fait, Manuel Valls ? Effectivement, d'avoir voulu incarner une gauche, une social-démocratie plus réaliste, économiquement, en termes de sécurité, en termes de laïcité, d'avoir voulu mettre à plat les valeurs de la République. Et c'est vrai que...

49:13
Présentateur

C'est la déchance de nationalité, ces genres de mesures qui sont très symboliques. Bien sûr,

49:16
François Bayrou

mais est-ce que ça mérite ça ? Parce que, j'imagine que vous avez entendu cette fameuse séquence sur France Inter avec un auditeur qui vraiment lui dit des horreurs, qui l'insulte. Et j'ai trouvé que personne n'était venu à son secours dans le milieu politique et parmi ses autres petits camarades de gauche. On aurait pu dire attendez, là ça va trop loin, arrêtez-vous.

49:38
Présentateur

Au contraire, même, ça a été relayé.

49:40
François Bayrou

Relayé, sous-entendu, ce test auditeur dit tout basse que toute la gauche pense tout haut. Je trouve ça extrêmement choquant.

49:46
Invité

Non, mais la haine que cristallise Manuel Valls à son égard est absolument incommensurable. C'est sidérant. On peut lui reprocher des tas de choses. On peut lui reprocher de ne pas avoir soutenu Benoît Hamon au moment de la primaire socialiste, quand il a perdu la primaire socialiste. Est-ce que ça vaut tant de haine ? Elle s'ancre dans autre chose. Donc, elle s'ancre dans quoi très précisément ? Dans cette volonté, c'est une constante chez lui, de défendre les valeurs de la République et une forme d'autorité qui justement fait débat à gauche. Mais c'est ça qu'on lui reproche, de tenir sur cette ligne. On la partage ou on ne la partage pas. Il tient sur cette ligne.

Elle est en tous les cas respectable et elle ne vaut pas tant de haine. Et je voudrais aussi souligner que Manuel Valls est le premier à avoir dénoncé l'antisémitisme dans ce pays. Et je pense que ça joue aussi dans la haine que certains lui renvoient parce qu'il a toujours été d'une totale cohérence et d'une totale constance sur cet aspect. Mais on a là un phénomène qu'il faudra analyser plus en profondeur qui est symptomatique de ce qui se passe dans les tréfonds de la société française.

50:46
Présentateur

Alors pour donner des gages aussi à la gauche, François Bayrou et Emmanuel Macron sont parvenus à faire venir deux ex-premiers ministres, Manuel Valls donc et Elisabeth Borne qui arrive au ministère de l'Éducation. C'est la sixième en deux ans à ce poste. Nos équipes ont rencontré deux enseignants. Vous allez voir qu'entre manque de moyens, sentiment de mépris et crise des vocations, les urgences de la profession ne se comptent plus. Sujet de Eva Huyn, Lina Boudjéroudi et Erwann Illion.

51:14
François Bayrou

Vincent Selo n'en attend pas grand-chose mais ce professeur d'histoire-géographie est tout de même devant sa télévision pour écouter Elisabeth Borne lorsqu'elle prononce ses tout premiers mots.

51:26
Présentateur

Je ne suis pas une spécialiste de ces sujets.

51:29
Invité

Il vaut mieux assumer parce que c'est une réalité. Donc effectivement, là on est confronté à une femme politique honorable mais qui découvre un ministère. Je m'intéresse aux ambitions qui vont être menées par ses ministres

51:43
Présentateur

et là je suis un peu inquiet parce que c'est une même politique qui est menée depuis toujours. On est confronté à des difficultés qui sont pérennes. Donc j'aimerais qu'on soit consulté.

51:58
François Bayrou

Des moyens supplémentaires, c'est l'urgence pour lui. Sa classe compte plus de 35 élèves.

52:05
Invité

J'ai trois paquets. Bon, sachant qu'une copie comme ça, c'est autour de 10 minutes, un quart d'heure. Donc voilà, 90 copies.

52:14
Présentateur

Donc ceux qui disent qu'on n'a pas de travail pendant les vacances, je les invite à venir corriger des copies.

52:20
Invité

Et le problème du manque d'effectifs va bien au-delà des enseignants. C'est tout le personnel éducatif qui est concerné.

52:26
Présentateur

On a un phénomène de décrochage scolaire qui est de plus en plus spectaculaire, de plus en plus important avec des élèves qui sont en situation de stress vis-à-vis de l'école profond.

52:40
Invité

Et face à cela, donc on n'a plus de médecin scolaire véritablement. J'ai une élève qui a des résultats très convenables mais pas à la hauteur de ce qu'elle espérait et ça lui pose tellement problème qu'elle n'arrive plus à venir au lycée. Elle se sent en échec.

52:54
François Bayrou

Dans le discours de la nouvelle ministre, il y a des sujets, des prises de position particulièrement scrutées par le monde enseignant.

53:01
Invité

Face à toutes les attaques, les menaces et toutes les contestations, je serai toujours aux côtés de nos professeurs. Ils doivent être soutenus,

53:12
Présentateur

protégés et leurs conditions d'exercice confortées.

53:16
François Bayrou

Des mots immédiatement salués par Delphine Girard. Au lendemain de l'assassinat de Samuel Paty, la professeure de lettres classiques crée un collectif pour la défense de la laïcité à l'école.

53:28
Invité

Elle a osé nommer tout de suite le problème de la laïcité, elle a tout de suite mis le doigt dessus et elle a tout de suite dit qu'elle allait s'y attaquer avec un certain courage parce qu'aujourd'hui, c'est un des marqueurs politiques du courage, c'est quand même la question de la laïcité et en particulier à l'école.

53:40
François Bayrou

Reste un autre souci récurrent chez ses enseignants. Les salaires qui ne progressent pas suffisamment et là-dessus, Delphine Girard ne se fait pas d'illusion.

53:51
Invité

Malheureusement, Elisabeth Borne arrive à la tête d'un gouvernement désargenté. La problématique de ce nouveau gouvernement, c'est de faire des économies, c'est de rétablir un budget qui est largement déficitaire. Donc, je ne vois pas comment on pourrait là, conséquemment, augmenter les profs, leur envoyer des signes de considération, peut-être des primes supplémentaires, on en a eu quelques-unes déjà, sans doute, mais ce n'est pas ça qui va casser le sentiment de déclassement. Il faudrait une révalorisation salariale conséquente.

54:23
François Bayrou

Il faudra attendre le budget 2025 pour mieux connaître les priorités pour l'éducation nationale. Une chose est sûre, Elisabeth Borne est attendue au tournant.

54:36
Présentateur

Elisabeth Borne, c'est vraiment une personnalité qui parle à la gauche. C'est quand même elle qui a fait voter quand elle était à Matinon de la loi immigration en grande partie censurée par le Conseil constitutionnel.

54:45
François Bayrou

Oui, quand même. Alors, elle n'est pas issue de la gauche, quoique elle est...

54:49
Présentateur

Fergatinoise n'est pas forcément d'accord avec vous, Elisabeth.

54:51
François Bayrou

Non, mais de toute façon, aucune personnalité issue de la gauche au gouvernement Bayrou ne serait adoubée ou respectée par la gauche qui veut être pure et dans son camp. Mais elle a quand même une sensibilité plutôt de gauche et on l'a vu à un moment, dans certaines discussions, on sentait quand même que le curseur était plutôt sur la gauche. Après, c'est la Mme 49-3. Donc, c'est compliqué d'être la chante du dialogue social quand on a le record de la Ve République dépose du 49-3 pour la réforme des retraites. Donc, ça va être forcément un petit peu délicat pour elle.

55:26
Bruno Retailleau

C'est Mme 49-3, c'est aussi la ministre, la Première ministre qui a exécuté les volontés d'Emmanuel Macron en essayant de faire adopter le projet de loi immigration qui a quand même fracturé non seulement son camp mais aussi choqué profondément toute la gauche. Donc, aujourd'hui, effectivement, elle a un défi. François Bayrou l'a nommé à un poste extrêmement important et valorisant puisqu'elle est numéro 2 du gouvernement puisque c'est une figure extrêmement importante. Donc, il montre que la priorité de ses priorités, c'est l'enseignement, c'est l'école. Il y a le symbole et après, effectivement, on retombe toujours à ce même sujet. Qu'est-ce qu'elle va pouvoir faire ?

La professeure en parlait dans votre documentaire. On est à un moment où le gouvernement est quand même assez désargenté et surtout, combien de temps elle peut durer ? Qu'est-ce qu'elle peut véritablement faire ?

56:22
Présentateur

Elle appelait au moment de la passation de pouvoir à trouver la voie de la stabilité institutionnelle. Elle a quitté Matignon en début d'année seulement et elle se retrouve sixième ministre de l'éducation en deux ans. Question justement de Paul dans la Meuse. Si on me changeait mon chef tous les trois mois, je n'aurais plus aucune confiance en mon employeur. Alors, qu'en pensent les fonctionnaires ? C'est vrai qu'elle est dans une position très délicate.

56:43
Bruno Retailleau

Il y a une... Bresson en parlera sans doute mieux que moi. Il y a une extrême défiance en fait depuis la dissolution des Français vis-à-vis de la politique. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, non seulement les gouvernements changent, mais en plus, ils ne font rien. Pendant trois mois, le gouvernement de Michel Barnier n'a absolument rien fait. Même le budget n'a pas été voté. Donc, les professeurs, ils sont dans une expectative depuis le 8 juillet et il ne se passe absolument rien.

57:08
Présentateur

Monsieur Etussef ? C'est dire aussi, d'ailleurs, ça colle, je pense, avec la volonté du président de la République de nommer un haut-commissaire à la jeunesse. C'est-à-dire que la problématique... Un haut-commissaire à l'enfance. Un haut-commissaire à l'enfance. Et ça répond à cette problématique de prendre sérieusement en charge la jeunesse, l'enfance d'une manière générale, la jeunesse et l'éducation. Elle est ministre d'État de l'enseignement supérieur également, donc de l'éducation et de l'enseignement supérieur.

C'est-à-dire que, comme elle l'a dit l'intervenant tout à l'heure, c'est-à-dire qu'il y a une difficulté, effectivement, à revaloriser, pas qu'eux, il y a une difficulté aussi à recruter. Il y a une forme de désaffection, pour le monde de l'éducation nationale et on a dans un certain nombre de territoires des professeurs qui manquent pendant deux mois, trois mois, ce qui va générer effectivement un retard qui va être important. S'agissant de l'enseignement supérieur, on a tendance souvent à ne pas trop en parler et c'est là où il y a une vraie problématique. On a doublé le nombre d'universités en déficit.

C'est-à-dire que le nombre d'universités publiques aujourd'hui en déficit a complètement explosé. Donc là, il y a un véritable enjeu au moment où on veut pousser de plus en plus de jeunes à faire des études supérieures et ça,

58:10
Invité

c'est une vraie problématique.

58:11
Présentateur

Bristain Turier.

58:12
Invité

Je crois que la très grande difficulté, c'est que la succession de ministres de l'éducation nationale a totalement brouillé une quelconque vision sur ce qu'on voulait faire dans ce pays en matière d'éducation nationale. Depuis Jean-Michel Blanquer, qui a été ministre pendant 5 ans, controversé, certes, ils sont tous controversés, mais où il y avait une vision, où il y avait un certain nombre de réformes, d'actions, où il y avait eu une succession et qui donne le sentiment qu'on ne sait pas très bien où on va et qu'en réalité, ce n'est pas la priorité.

Parce qu'il n'y a plus de priorité si ce n'est de trouver un peu de stabilité et d'arrêter de tourner en rond et d'espérer qu'on va avoir un budget. C'est ça qui est délétère dans le doute aussi et la défiance grandissante, gigantesque maintenant à l'égard des politiques.

58:54
Présentateur

Elle porte quand même quelque chose. Par exemple, en quittant Matignon, elle avait eu une pensée pour les petites filles. Justement, il faudra qu'elle agisse pour l'égalité entre les filles et les garçons à la tête de ce ministère. C'est un des enseignements des évaluations au collège. Depuis 2017, le score moyen des filles en maths à leur entrée en 6e est resté stable quand celui des garçons a progressé. Il y a maintenant un écart qui s'est creusé en 7 ans entre les garçons et les filles.

59:17
François Bayrou

Oui, il y a encore beaucoup de choses à faire et c'est vrai que c'est non seulement la godie de changer de ministre sous le temps mais aussi avec des sensibilités différentes. On est quand même passé de Jean-Michel Blanquer à Pepe Ndiaye. Ce n'était pas tout à fait la même manière de voir l'éducation nationale. Après, Gabriel Attal, Nicole Belloubet. Donc, on slalome y compris dans la sensibilité. Et c'est vrai que sur ces sujets-là, sur l'égalité entre les petites filles et les petits garçons, il y a urgence. Il y a aussi urgence en primaire, c'est-à-dire que le niveau ne décolle pas. Il y a urgence au collège, notamment avec des grosses alertes en quatrième.

Donc, oui, il serait peut-être temps de remettre quelqu'un de stade mais c'est vrai que ce ne sont que des vœux pieux. Combien de temps elle va pouvoir rester là, Isabelle Borne ? Bien malin, celui qui y saura le dire.

1:00:01
Invité

Très rapidement. Sur ce que vous venez d'indiquer, je voudrais juste dire que c'est fondamental cet écart entre les jeunes filles et les jeunes garçons et cette baisse des jeunes filles sur les matières scientifiques parce que ça conditionne ensuite l'accès à des professions d'ingénieurs, à des professions scientifiques qui sont les professions dont le pays a besoin pour demain et où nous serons potentiellement aussi en pénurie. Donc, qu'il y ait un retard des filles qui s'accroissent sur ces matières-là, sur ces disciplines-là, c'est absolument terrifiant. Allez, on passe tout de suite à vos questions.

1:00:33
Présentateur

Question de Catherine en Côte d'Or. En commençant fort le jour de Noël, Gérald Darmanin veut-il faire un peu d'ombre à Bruno Retailleau ? Oui, sans doute.

1:00:41
Bruno Retailleau

Je pense que Brice Tinturier en parlait tout à l'heure. Effectivement, on sent que d'entrée de jeu, il y a une espèce de rivalité qui s'installe entre les deux hommes forts du gouvernement qui essayent de monopoliser finalement la communication. Là, Gérald Darmanin, il va vraiment extrêmement fort puisque c'est... Je crois, au lendemain de sa nomination, il était déjà sur le terrain, il parlait des opérations de la classe nette. Il parlait des primaires du ministère d'Amiens et en visite dans une prison en voie. Ce qui est quelque chose d'assez inédit. On se souvient au moment de la passation de pouvoir de Didier Migaud qui lui disait « Attention, c'est un ministère on ne peut pas tout dire.

On doit se restreindre et là, on voit que Gérald Darmanin fait exactement le contraire. » Après, je ne sais pas

1:01:19
François Bayrou

si c'est vraiment pour faire de l'ombre à Bruno Retailleau. C'est typiquement Gérald Darmanin.

1:01:23
Présentateur

C'est pour se faire sa place.

1:01:24
François Bayrou

C'est pour se faire juste sa place. Je pense qu'il a été un peu frustré pendant ces quelques mois où il n'était plus ministre et que voilà, c'est sa méthode.

1:01:31
Présentateur

Oui, oui. Parce que je pense qu'à la différence de Gérald Darmanin, Bruno Retailleau peut obtenir des résultats assez rapidement. Sur des conduites à la frontière, ça peut monter, etc. Là où Gérald Darmanin, je pense qu'il est un garçon intelligent, il sait que ce sera beaucoup plus long et qu'il n'a pas le temps et que son arrivée dans ce gouvernement, elle répond certainement à d'autres logiques que celle d'avoir un bon bilan au ministère de la Justice. Une question pour vous, Bristin Thurier. Est-ce que Darmanin et Retailleau sont populaires auprès des électeurs du RN ?

1:01:57
Invité

Non, ils le sont assez peu et c'est un point effectivement important. C'est une question intéressante parce que quand on se dit finalement Retailleau, Darmanin, cet axe régalien c'est bon pour contrer le RN et donc auprès des électeurs du RN c'est largement faux. Aux yeux de ces électeurs, Darmanin, Retailleau ce sont des gens du système. Ce sont des macroniens ou des LR mais ils sont à des niveaux de popularité 50 points, 60 points derrière Marine Le Pen ou Jordan Bardella chez les sympathisants RN. Donc pour un sympathisant RN vous avez une pureté c'est Le Pen, Bardella et quelques autres. Retailleau, Darmanin ce sont encore une fois des gens du bloc central, des gens du système.

Donc ça ne marche pas très bien pour séduire l'électorat RN. Je suis complètement d'accord et d'ailleurs on voit

1:02:40
Présentateur

lorsque Gérald Darmanin était ministre de l'Intérieur on se souvient qu'il arrivait derrière Christophe Castaner qui lui était complètement expulsé par les policiers du ministère de l'Intérieur avec cet objectif de reprendre un peu la main et d'amener cet électorat vers un peu le camp macroniste. On s'est aperçu que pendant la présence elle n'a été rien du tout. Malgré des moyens obtenus aux policiers. Monique dans le Haut-Rhin se demande si le budget de la justice devrait à minima être doublé. sauf que où trouver l'argent ?

1:03:08
Invité

Et oui, il va falloir

1:03:08
Présentateur

faire des arbitrages.

1:03:09
Invité

Mais vous avez cette remarque donc de Monique je l'entends. Vous en aurez énormément aussi dans le monde de la santé ou de Français qui diront et dans le monde de la santé il faudrait aussi augmenter les moyens. On entendait

1:03:21
Présentateur

l'éducation nationale les enseignants.

1:03:23
Invité

Donc c'est la question clé aujourd'hui. Qu'est-ce qu'on fait en matière de dépenses ? Qu'est-ce qu'on fait en matière de recettes pour avoir un budget qui permette de répondre à un minimum d'attente sachant qu'on ne pourra pas répondre à toutes ces attentes ? Et surtout la question fondamentale est une question

1:03:37
Présentateur

de fond politique. Est-ce qu'on veut plus de places de prison ou un dispositif plus important en milieu ouvert et mettre beaucoup plus de moyens pour prévenir la récidive ? Et ça c'est un sujet de fond avant de parler d'augmentation de moyens. Claire Gatinois peut-être. Laurent Wauquiez n'a-t-il pas tout perdu avec ce gouvernement Bayrou ? Va-t-il basculer dans l'opposition ? Vous le disiez l'article du Monde. On en parlait tout à l'heure.

1:03:55
Bruno Retailleau

Il est tenté de basculer dans l'opposition parce qu'effectivement c'est une position plus confortable pour lui pour critiquer, pour montrer que finalement ce gouvernement n'agit pas. Laurent Wauquiez en fait il perd beaucoup dans la séquence parce qu'il n'entre pas au gouvernement donc il n'a pas de place de premier plan et en fait Il dit qu'il a refusé un poste au gouvernement ?

Alors il dit qu'il a refusé un poste d'un ministre du travail élargi sachant que lors de la précédente formation du gouvernement il avait déjà expliqué qu'il avait refusé un poste au ministère de l'économie donc ça fait quand même deux refus ça fait quand même beaucoup pour quelqu'un qui peut prétendre à exercer des fonctions voire présidentielles donc effectivement c'est compliqué pour lui comme pour rappeler une citation qu'utilise beaucoup Nicolas Sarkozy quand on veut conduire un avion il faut prendre les commandes donc là on sent que Laurent Wauquiez est quand même un peu resté sur la piste et qu'il regarde les avions décoller

1:04:55
Présentateur

Merci beaucoup Claire Gatinois Jean-Yves Politico Monde merci Brice Tinturier Institut Ipsos Alex Bouillaguet France Info TV Edrice Aytussef docteur en droit public et spécialiste des questions de sécurité C'est dans l'air revient lundi à 17h30 d'ici là je vous souhaite un bon dimanche et je vous laisse avec Aurélie Casse le meilleur de ses hebdos et je vous laisse