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interviewC dans l'air· 5 mars 2022 66 min

Macron : faire campagne... en temps de guerre #cdanslair 05.03.2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bonsoir, soyez les bienvenus dans C'est dans l'air. Sauf surprise, dans 5 semaines, il y aura 12 candidats au premier tour de la présidentielle. Le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius, donnera la liste lundi. Et le dernier à se lancer officiellement, c'est Emmanuel Macron. Malgré la guerre en Ukraine, le président de la République est bel et bien en campagne. Et cette guerre rebat les cartes. Elle fait irruption parmi les principales préoccupations des Français. Et le chef de l'État creuse l'écart sur ses concurrents dans les intentions de vote. Derrière le suspense et total pour la deuxième place, Éric Zemmour est celui qui paye le plus ses positions pro-Poutine.

Sans sortir du jeu, loin de là, il est en meeting à Toulon demain. Jean-Luc Mélenchon peut encore espérer se glisser dans le trou de souris qu'il évoquait au début de la campagne. Après le retrait de Christiane Taubira, il reçoit le soutien de la primaire populaire ce soir. Macron, faire campagne en temps de guerre, c'est le titre de notre émission ce soir. J'attends vos questions, SMS, Internet, réseaux sociaux. Quatre invités pour y répondre. Roland Quairol, vous êtes politologue, directeur du centre d'études et d'analyse le CETAN. Et vous êtes également directeur conseil de Région Magazine. Cécile Cornudet, éditorialiste politique au quotidien Les Echos.

Votre éditorial hier avait pour titre Macron candidat à la continuité sans le changement. Nathalie Moret, journaliste politique pour le groupe de presse régional Ébras. C'est notamment Le Progrès, Le Dauphiné Libéré, les DNA. Et c'est la presse quotidienne régionale qu'Emmanuel Macron a choisi pour officialiser sa candidature à travers une lettre aux Français. Et puis Bruno Jeudy, rédacteur en chef du service politique de Paris Match. Je cite le sondage IFOP pour votre magazine qui montre une hausse de 3 points en une semaine pour Emmanuel Macron avec 29% des intentions de vote au premier tour de la présidentielle.

Nathalie Moret, malgré l'Ukraine, c'est bel et bien une entrée en campagne avec un événement chaque jour depuis jeudi soir qu'a effectué Emmanuel Macron. Il n'est nulle part, mais il est partout Emmanuel Macron. Jeudi soir, dès jeudi soir et puis avec l'apparition vendredi dans nos pages de la lettre où il déclare qu'il est candidat. Donc on en pense qu'on en veut, mais c'est quand même un petit événement.

Le lendemain, donc hier, le lendemain de l'annonce de la candidature, il y a eu cet événement sur les réseaux sociaux avec la publication de cette vidéo de 4 minutes où il apparaît au travail et où il est finalement assez en résonance avec la lettre qu'il a écrite au français puisqu'il est très dans le ton humble, dans le ton de la confiance, presque de la confession. Et puis aujourd'hui, on a eu, donc troisième jour, on a eu le dévoilement de l'affiche de campagne, celle-ci, Emmanuel Macron. Voilà, on la voit à l'écran. À partir de demain... Affiche et slogan, avec vous. Avec vous, mais avec vous, c'était quand même un petit peu connu.

Et puis à partir de demain, il y a plusieurs ministres et toute la force militante de La République En Marche qui va tracter ce tract qui a été quand même publié à plus de 2,5 millions d'exemplaires, je crois. Et lundi, le premier déplacement de campagne. Donc pour l'instant, on ne l'a pas vu. Il n'a pas parlé à un seul journaliste, mais il est partout. Vous écrivez, Cécile Cornudet, que c'est l'inverse du Macron de 2016, celui de 2022. Pourquoi cela ? Parce que j'ai re-regardé sa déclaration de candidature en 2016. C'était la disruption, la transformation. Le pays est bloqué à cause des partis politiques. Mais avec vous, les Français qui ont envie que ça change, et moi, on va tout casser.

Là, le monde est quand même dangereux. On a cette guerre. Je vais être avec vous, proche de vous. Je vais vous protéger. Je suis garant de la stabilité. Et il n'y a pas du tout de proposition disruptive. Il ne veut pas casser la baraque cette fois-ci. Il veut vraiment... Les circonstances sont tellement dramatiques qu'il veut rassurer et être là pour protéger les Français. On sait, on voit autour de nous, on parle autour de nous. Les gens ont peur. On sort de ce Covid. Et là, aujourd'hui, il y a cette guerre en Ukraine. Les gens ne parlent que de ça. On voit bien dans les sondages quel impact ça a dans la campagne. Donc, il a complètement changé sa stratégie de campagne.

Je pense quand même qu'il avait l'intention de la faire plus audacieuse qu'elle n'est. Mais là, il n'a pas le choix. Les Français ne comprendraient peut-être pas qu'ils partent sur des propositions qui vont un peu tout chambouler. Il faut rassurer. Il faut la stabilité. Donc, c'est l'inverse de celui de 2016. Qui est la campagne de 2016-2017 qui avait commencé par la parution d'un livre qui s'appelait Révolution. Révolution. Oui, on est loin de la révolution. On est loin de la révolution. On est protection. Quel regard portez-vous, Bruno Jedé, sur cette entrée en campagne ? Macron, le disruptif, qui commence par une ultra classique lettre aux Français.

4:45
Invité

Oui, l'ultra classique lettre aux Français. C'est d'ailleurs un en même temps. Il a mélangé un peu la lettre de Mitterrand ou de Sarkozy et la presse quotidienne régionale de Jacques Chirac. Il a fait son cocktail et ça donne cette entrée en campagne. Finalement, avec une lettre qui la banalise, qui, c'est vrai, la rend beaucoup moins disruptible que ce qu'on nous avait dit il y a encore quelques semaines. Il y a la volonté de ne pas créer de controverses, d'avoir une entrée en campagne sobre pour ne pas justement bien faire la distinction entre le président, qui sera président à plein temps jusqu'au 10 avril.

Il l'avait dit jusqu'au dernier quart d'heure et il est servi malgré lui, parce que la guerre prend toute la place par la guerre en Ukraine. Et puis le candidat, ça risque d'être un candidat à temps partiel ou à mi-temps. En tous les cas, c'est vrai qu'il reste cette façon de faire d'Emmanuel Macron, un jour un événement, Nathalie le disait. Je trouve quand même intéressant la première affiche d'Emmanuel Macron avec vous. – Tiens, on va la remettre à l'écran, allons-y, analyse d'affiche. – Il y a un côté accent liturgique, ça reprend un peu les paroles du prêtre s'adressant aux fidèles. Je vais la noter que le Seigneur soit avec vous.

Là, c'est Emmanuel Macron en l'occurrence, alors je file un peu la métaphore religieuse. Mais bon, on voit bien que ça a été quand même assez réfléchi. Ce n'est plus le sauveur, c'est le président en surplomb avec d'autres candidats qui, eux, finalement, pour l'instant, compte tenu de ce qu'il y a aujourd'hui. Ça peut toujours changer, rien n'est plié, c'est vrai, il a raison. Mais enfin, il est en surplomb et surtout, il est quand même loin devant. On a l'impression que ce premier tour, ça ressemble à un tournoi pour savoir qu'il va affronter Emmanuel Macron le 10 avril. tant l'avance paraît importante.

On a rarement vu un candidat entrer à moins de 40 jours d'une campagne avec, dans l'IFOP, ses 12 points d'avance. Obama, oui.

6:48
Présentateur

Roland Quairol, je voudrais insister avec vous sur le contexte. Est-ce que vous avez souvenir d'une campagne aussi particulière ? On est à cinq semaines de l'élection. Avec un événement cette semaine qui a annihilé tous les autres, c'est une campagne très particulière qu'on vit.

7:04
Invité

C'est une campagne très particulière, mais enfin, on a déjà eu des campagnes où on savait que les choses étaient probablement faites. On a eu Mitterrand en 88, on a eu Sarkozy en 2017, où à aucun moment les sondages nous ont fait douter de ce qui était en train de se passer. Et en vérité, on est tous censés dire, comme lui, rien n'est plié, tout est possible. Enfin, on voit bien qu'il faudrait un double tsunami pour arriver à changer. Il y a l'Ukraine. Mais avant l'Ukraine, depuis six mois, dans tous les sondages, il était à 25%, parfois 24%, parfois 26%, mais enfin, il était à 25%.

7:44
Présentateur

– Pardon, 24%, 25%, ce n'était pas énorme. Mitterrand en 88%, c'était 34%, Sarkozy en 2007, c'était 31%.

7:50
Invité

– Oui, mais ce qui est important, c'est la différence avec ceux qui suivent. Et le trou était fait, et on ne voyait pas qui pouvait remplir cette différence. Moi, je continue à penser que, on dirait, les politologues doivent être encore plus attentifs au fait que tout peut arriver, mais il part avec une telle avance qu'on a le sentiment, en effet, que s'il ne fait pas de bêtises, pourquoi en ferait-il ? La campagne est jouée, on verra au second tour ce qui se passe. Ce qui est intéressant, c'est qu'on a un vrai suspens sur le deuxième.

qui sera deuxième, tout semble indiquer, là encore, depuis un certain nombre de semaines, que Marine Le Pen a les bataillons les plus en ordre pour les tenir jusqu'à un premier tour, parce que ça fait 10 ans qu'elle se construit un électorat différent de suite de son père, qu'elle a rajouté à l'ancien Front National des électeurs venus de la gauche et des catégories populaires, et que c'est très difficile d'aller les chercher, ceux-là.

Mais enfin, là, sur le plan des chiffres, même si elle joue en tête pour la place de deuxième, c'est vrai que Zemmour n'est pas à forfait encore, que Mélenchon désormais s'est installé, que Valérie Pécresse, malgré sa dégringolade, peut encore espérer quelque chose. Donc on va avoir curieusement une campagne de premier tour, où on va surtout se demander qui va affronter Macron, et avec quelle chance pour le deuxième tour. Ça, c'est assez nouveau.

9:20
Présentateur

Alors, c'est via donc une lettre aux Français, mais aussi une vidéo intitulée « Le candidat » et qui suit les codes de la série télévisée, qu'Emmanuel Macron se lance donc en campagne. Campagne partie pour cinq semaines avant le premier tour. Plus de détails avec Mathieu Lignot, Arnaud Forat et Michel Bouillier.

9:36
Invité

Mise en scène soignée au palais de l'Elysée. Dans un clip façon superproduction documentaire, Emmanuel Macron confirme sa candidature. Un faux journaliste pose des questions bien préparées, avec un ton décontracté. Mais est-ce que c'est pas un peu plié ? Non, pas du tout. Alors ça, détrompez-vous complètement.

10:02
Présentateur

Nous sommes un peuple très politique, et les Françaises et les Français sentent tout. Et ils ne donnent pas leur confiance comme ça.

10:10
Invité

Et donc, si à chaque seconde on considère que la confiance est acquise, et qu'on n'a pas à se remettre en cause et à aller la chercher, la solliciter, à ce moment-là, on perd. Et donc je pense que c'est très important, et pour moi aussi intimidant qu'il y a cinq ans.

10:24
Présentateur

Emmanuel Macron a attendu le dernier moment pour se déclarer. Un faux suspense, entretenu depuis des mois.

10:33
Invité

J'ai une dernière question, M. le Président. Est-ce que dorénavant, je peux vous appeler M. le candidat ? Oui, bien sûr. Vous êtes là pour le candidat. Donc appelez-moi M. le candidat, il n'y a aucun problème.

10:43
Présentateur

Chaque semaine, un nouvel épisode du Président en campagne, comme une série Netflix. La veille, Emmanuel Macron a écrit une lettre au Français. Mais cette fois-ci, rien de novateur, Nicolas Sarkozy ou François Mitterrand l'ont déjà fait. Publié par la presse régionale, Emmanuel Macron dessine des axes de programme, fait son bilan, et un rapide mea culpa. Nous n'avons pas tout réussi. Il est des choix qu'avec l'expérience acquise auprès de vous, je ferai sans doute différemment. Ensemble, nous pouvons faire de ces temps de crise le point de départ d'une nouvelle époque française et européenne. Pour tous les candidats, une nouvelle campagne commence.

Emmanuel Macron était déjà visé, mais la cible est maintenant déclarée. Du côté de l'extrême droite, chacun veut devenir l'adversaire numéro un du Président.

11:29
Éric Zemmour

Il l'a fait dix fois, ce bilan culpa. Il l'a fait après les gilets jaunes, il l'a fait après les retraites, il l'a fait après chaque crise qu'il a en réalité suscité. Mais il est le responsable de toutes les crises qui sont intervenues durant son mandat.

11:42
Présentateur

Monsieur le Président de la République, je vous attendais. Vous voilà enfin. La France entière attendait notre face à face. Votre en même temps nous a lassés et il a montré ses limites. 47 millions d'électeurs doivent vraiment tout faire pour éviter d'avoir un second mandat d'un homme qui ose écrire une lettre pareille. Tous les candidats rêvent de déboulonner Emmanuel Macron. Mais avec la guerre en Ukraine, le Président ne fera pas d'émission de télévision ou de débat dans l'immédiat. Avec cette crise internationale, le chef de l'État et chef des armées se placent au-dessus de la mêlée. Et il ne fait qu'augmenter dans les sondages.

Une dernière étude le montre à 29% des intentions de vote devant Marine Le Pen, Éric Zemmour et Valérie Pécresse. Alors pour atteindre l'Élysée, les oppositions volent un débat. Il est absolument nécessaire que le Président de la République accepte ce débat parce que désormais il est candidat et qu'il doit, là encore je le dis, rendre des comptes.

12:49
Invité

L'élection arrive à point nommé, donc il faut qu'on puisse débattre de cela mais aussi de tout le reste. Parce qu'il ne faudrait pas que derrière le statut de chef de guerre, M. Macron soit exonéré, d'assumer son bilan. Pour l'instant, pas de programme.

13:01
Présentateur

Mais La République En Marche a déjà dessiné l'agenda du Président-Candidat. Distribution de 2,5 millions de tracts, premier déplacement de campagne lundi, grand meeting dans une semaine à Marseille et prochain épisode de sa série Le Candidat. Il reste 37 jours avant le premier tour. Bruno Jeudy, question de Sandrine dans le Haut-Rhin. À part être réélu, quel est le programme d'Emmanuel Macron ?

13:27
Invité

Alors, ils promettent qu'il y aura un programme qui sera détaillé et qui fera l'objet même d'un trac qui sera distribué à la mi-mars. Dans la lettre, il s'est contenté des grandes têtes de chapitre. Travailler plus, entre les lignes ça veut dire repousser l'âge de départ à la retraite. Continuer à baisser les impôts, ce qu'il a fait déjà. Donc, ce n'est pas très nouveau. Les retraites, on verra si c'est une nouvelle promesse puisqu'il ne l'a pas réalisée. Et puis le reste, il met l'école comme priorité de ce mandat. Et puis la santé, deux, trois autres têtes de chapitre. Mais globalement, si on s'en tient à cette seule lettre, on est plutôt dans le... Et même à la vidéo.

Oui, le changement dans la continuité plutôt que réellement quelque chose de très nouveau. Je crois que la crise en Ukraine a rebattu les cartes d'une telle manière qu'aujourd'hui, encore plus sans doute que dans une autre présidentielle, l'un des critères fondamentaux des électeurs, ce sera le candidat est-il capable de faire face aux crises si graves du style celle de la guerre en Ukraine ou les précédentes qu'on a pu connaître. Et c'est vrai qu'Emmanuel Macron a un avantage incontestable. Cela étant, il y aura un programme, il y aura des thèmes qui seront débattus. Un, le temps va être court pour en débattre. Deux, il n'est pas certain qu'il y ait des débats.

On voit bien que le président ne va pas se mêler au débat. Il le dit lui-même dans sa lettre, encore une fois, il dit quand même un certain nombre de choses. Il dit qu'il aurait aimé faire campagne, mais sans doute qu'elle sera réduite aux aquets. On en est là aujourd'hui et ce serait dommage qu'on ne puisse pas vraiment faire une vraie campagne parce que c'est l'après qui va poser des difficultés. Si vous ne débattez pas vraiment de vos propositions pendant la campagne, il y aura toujours la question de ce que ça a bien été tranché au moment de la présidentielle. Or, en France, notre système politique est totalement régi par la présidentielle.

Donc, un débat présidentiel mérite d'être mené jusqu'au bout, y compris dans une période aussi difficile qu'aujourd'hui.

15:37
Présentateur

On reparle de la campagne escamotée ou pas. Dans un instant, Cécile Cornudet, moi, la lecture de la lettre, effectivement, sur le programme, sur le fond, je reste un peu sur ma faim. L'enjeu est de bâtir la France de nos enfants, pas de ressasser la France de notre enfance. Donc, ça, c'est un message pour Éric Zemmour. Mais pour l'instant, on est quand même assez flou dans le programme. Ah oui, c'est totalement flou. Il y a des mots qu'il n'y a pas. Par exemple, il n'y a rien sur le régalien, comme on dit, sur la sécurité, sur l'immigration. Absolument rien. Il n'y a pas un mot sur la dette non plus.

Et ce qui est ajouté par rapport à ce qu'on connaît d'Emmanuel Macron, c'est tout ce qui concerne la souveraineté du pays, l'indépendance et les investissements. Il y a beaucoup, beaucoup de choses sur l'investissement. Comme s'il faisait le calcul qu'il ne se retrouvera pas, au final, face à Valérie Pécresse, qui, elle, est beaucoup dans la réforme. Lui, en gros, il ne veut pas surenchérir là-dessus. Certes, il n'a pas tout fait, mais voilà, il ne va pas essayer de rattraper ce qu'il n'a pas pu faire dans le second quinquennat. C'est ça qu'on comprend entre les lignes. Dans le premier quinquennat. Dans le premier quinquennat.

Et c'est comme s'il se préparait, effectivement, à affronter plutôt Éric Zemmour ou Marine Le Pen. Et il y a pas mal de mots sur défendre nos valeurs, défendre une certaine façon d'être français, l'art d'être français, notre culture. Donc, c'est plutôt ça. Mais effectivement, c'est très important. Une campagne électorale, c'est quoi ? C'est on passe contrat avec les Français sur ce qu'on va faire après. Donc, c'est vrai que cette situation de guerre, d'une certaine façon, elle l'aide politiquement pour l'élection présidentielle, pour le score. Parce que, comme disait Roland Kérol, ça le favorise quand même. Il y a un effet drapeau, l'éritinité, etc., du président.

Mais derrière, qu'est-ce qu'il va pouvoir faire derrière si, dans la campagne, il n'a pas mis ce qu'il voudrait faire et qu'il n'y a pas eu de débat là-dessus ? Ça, du coup, ça peut être plus compliqué comme second mandat. Roland Kérol, à ce stade, appelle au politologue, au bout de cinq ans, le macronisme. Vous le définissez comment, vous ?

17:35
Invité

Écoutez, je crois que Macron est arrivé au pouvoir sur une trouvaille politique que personne n'avait osée, qui était et gauche et droite. Non pas ni gauche ni droite, comme le vieux logiciel centriste un peu fatigué, mais et gauche et droite. Et c'est intéressant parce que, nous, les sondeurs, ça faisait des années qu'on disait aux politiques, aux journalistes, aux spectateurs qui veulent bien nous regarder, que c'était une demande massive de la société française. Que les Français nous disaient, enquête après enquête, vous les avez tous publiés, il y en a marre de cette bataille de religion entre la gauche et la droite. Qu'est-ce qui les oppose vraiment ?

C'est une guerre de religion, dès qu'il y en a un qui arrive, il défait ce qu'a fait l'autre, et on ne comprend pas sur quoi, que les gens sérieux se mettent autour d'une table et travaillent ensemble. Il prend ça et il en fait son axe de campagne, et je pense que c'est là-dessus qu'il gagne. Et je pense que c'est toujours là. C'est-à-dire que je pense que, bien sûr, il y a la protection, le président protecteur, on en entendra tous les jours pendant 37 jours. Mais on entendra aussi que le travail n'est pas fini sur le plan de l'élimination des anciens politiques. Et je trouve que même dans la lettre aux Français, on sent ça. Il y a deux axes dans la lettre.

Il y a moderniser l'économie française, la transition écologique, le digital, la réindustrialisation.

19:00
Présentateur

Énergie renouvenable, les batteries, l'agriculture, le numérique, le spatial.

19:03
Invité

Eh bien voilà. Ça, c'est vraiment tout à fait clairement le vocabulaire macronien. Et ça regarde du côté d'une droite moderne qui se fait un peu couper l'herbe sous les pieds dans son esprit. Et puis, l'autre plan, c'est les inégalités sociales. Il faut lutter contre les inégalités sociales devenues inacceptables, les gens qui souffrent, etc. Et au premier plan, comme en 2016-2017, l'éducation comme moyen principal d'attaquer les inégalités. Et donc, je crois que c'est ça, Macron. Mais pardon, vous n'êtes pas de ceux qui... Et que ça l'est encore aujourd'hui. C'est-à-dire que ça n'est pas que la protection.

19:34
Présentateur

– Bien entendu, vous dites « et gauche et droite ». Vous n'êtes pas de ceux qui pensent qu'il a plus fait marcher la jambe droite que la jambe gauche.

19:40
Invité

– Non, non, je crois pas. Je crois qu'à chaque fois, il y a des gens qui se sentent un peu déçus parce qu'ils ont le sentiment que c'est l'autre qui a gagné plus. En fait, quand on regarde au fur et à mesure, il y a des réformes qui vont dans les deux sens. On ne va pas s'amuser à faire aujourd'hui le bilan de 5 ans. Mais c'est ce qui s'est passé. Et quand vous regardez les électeurs, ceux qui se sont rabattus sur lui en quittant leur famille d'origine en 2016-2017, eh bien, pour l'essentiel, ils sont toujours là. Aussi bien ceux de gauche que de droite. Il avait fait 24% la dernière fois, 12% venait de la gauche, 12% du centre et de la droite.

Il aurait voulu le faire exprès, il n'aurait pas fait mieux. Eh bien, on les retrouve massivement aujourd'hui dans les urnes. C'est dire que les partis de gauche et de droite, pourtant, après la claque qu'ils avaient prise, ils auraient pu se mettre au travail, essayer, comme on dit, de se refaire un nouveau logiciel. Ils ne l'ont pas fait et c'est ce qu'ils sont en train de payer.

20:34
Présentateur

Et ce soir, un ex-ministre, et de gauche et de droite, Philippe Dousteblasi, côté droit, et François Rebsamen, côté gauche, rallie Emmanuel Macron. Nathalie Moret, je voulais qu'on revienne sur la vidéo. Les mots « humilité », le mot « humilité » qui revient à plusieurs reprises, le « c'est plié, mais non, mais non », on voit un peu les ficelles tout de même. Voilà, il y a cette volonté aussi de répondre à l'accusation récurrente de président arrogant, président des riches. Oui, et ça va avec l'affiche. Regardez l'affiche que vous avez montrée tout à l'heure, ce n'est pas du tout l'affiche d'un homme conquérant, souriant, c'est l'affiche d'un homme extrêmement humble.

Il faut savoir, pour la petite histoire, que la photo, elle a été prise à Liévin, début février. C'est le jour où le président de la République, donc dans le nord de la France, a rien, rendait hommage... Il y a eu un congrès célèbre du PS à Liévin. ...à cette catastrophe minière qui avait coûté la vie à plusieurs dizaines de mineurs en 1974. Donc, il est là, dans un moment d'hommage à des gens du peuple, à des gens du nord de la France, à des travailleurs, ce n'est pas totalement anodin, ça raconte aussi une histoire.

Et cette photo d'Emmanuel Macron, je trouve que c'est une photo qui, quelque part, ce n'est pas que ça ne lui ressemble pas, mais ce n'est pas l'Emmanuel Macron qu'on a l'habitude de voir. Ce n'est pas l'Emmanuel Macron que nous ont vendu ses équipes de communication ces dernières semaines, où on le voyait triomphant. Rappelez-vous cette photo lors du premier but de la Coupe du Monde, où il était ressortie... Il était debout sur la tablette des tribunes. Voilà, c'est ça. C'est un photo qu'on avait beaucoup vu il y a quelques semaines, avant la cinquième vague du Covid. On voyait que c'était plutôt là-dessus qu'il voulait communiquer. Et là, hop, total changement de stratégie.

On a un homme qui ne dit plus « je », mais qui dit « nous », dans la lettre qu'on a publiée dans nos colonnes. Je trouve que c'est marquant. Il ne parle plus de lui. Ce n'est plus quelqu'un qui est en surplomb. C'est quelqu'un qui se met à hauteur d'individus et qui parle d'aventures collectives. C'est un changement, je trouve, marquant. Ça se voit dans la vidéo. Est-ce que ça va tenir tellement les ficelles sont grosses ? C'est une question. Voilà, on a vu Marine Le Pen dire « il l'a fait douze fois son mea culpa ». C'est vrai, mais là, il est servi par un contexte qui fait que les gens ont plutôt envie de consensus plus que de discorde. Cécile Cornubert.

D'ailleurs, c'est vrai qu'il donne peu de mesures, on vient de le dire, mais en revanche, il a une phrase dans le clip où il dit « en revanche, je ferai différemment, je vous associerai plus ». Donc, c'est vrai qu'on sent qu'il y a un peu un mea culpa sur la présidence très jupitérienne. Avec vous, ce sera aussi, vous viendrez m'aider, je vous écouterai davantage et on construira ensemble la seconde étape. Et dans sa campagne, manifestement, il veut faire très peu de meetings, très peu d'interviews télévisées.

Et en revanche, il voudrait essayer de ressusciter un peu l'esprit du grand débat en faisant des tables rondes, des immersions avec les Français où il pourra être comme ça avec eux à discuter directement. Et les adversaires diront aisément que le grand débat, derrière, peu de choses ont suivi. Donc, l'esprit grand débat, il le joue comme un atout ? Ça peut lui revenir en boumande, non ? Bien sûr, pour lui, c'est le moment clé de son quinquennat. C'est le moment qu'il a préféré. C'est vrai que c'est une idée qu'il a eue, lui. On avait l'impression que le pays était dans le chaos avec les gilets jaunes. Il a dit, je vais aller les voir, je vais aller parler avec les gens.

Tout le monde lui a dit, c'est de la folie, ne fais pas ça. Et lui, mine de rien, ça a apaisé. Ça a duré 3-4 mois où il a vraiment parlé avec les gens. Il y a eu des choses derrière. Il y a eu une baisse de l'impôt sur le revenu. Il y a eu des choses qui n'avaient pas été prévues dans la campagne. Donc, c'est ça qui veut ressusciter aussi. Le candidat, il considère que lui, il est en mesure de gérer la guerre, pas eux. En revanche, parler avec les Français. Il n'y a pas un moment où pas d'intermédiaire, ça pose un problème. Bruno, je dis qu'il soit journaliste, intellectuel, syndicaliste ou que sais-je. Le côté, je suis seul et je n'ai pas de contradicteur.

24:18
Invité

Ce fut la marque du quinquennat. Les corps intermédiaires. Et c'était aussi, quelque part, Roland parlait de son arrivée en 2017 à la campagne. C'était, je vais vous débarrasser des vieux partis, je vais vous débarrasser aussi des syndicats. Parce que la co-gestion dans certaines administrations, ça ne pouvait plus continuer comme ça, selon lui. Et tout ça, pour lui, alourdissait les prises de décisions et l'efficacité, au fond, de l'appareil d'État. Mais on en a vu des limites pendant le mandat, dès le début du mandat. Au fond, la crise des Gilets jaunes a montré aussi qu'à vouloir se passer des intermédiaires, il était en train de se passer des Français.

25:03
Éric Zemmour

Ça change un peu.

25:04
Invité

Il a dû aller les trouver sur le terrain, et notamment les élus. Puisqu'en fait, le grand débat, c'est d'abord la relégitimation de l'élu du maire. Ça a été ça. D'abord, il les a rassemblés. C'est le premier grand débat dans l'heure où les maires posent tous leurs questions et leurs griefs. Donc ça a été ça. Il a compris son erreur aussi de vouloir se passer de l'échelon territorial. Et donc, au fond, dans son esprit aujourd'hui, l'un des corps intermédiaires qu'il privilégie, c'est le maire. Et il est toujours très sensible. Il appelle certains maires. Il a noué une relation.

25:38
Présentateur

Et donc, il faut s'attendre à des vrais faux meetings, disons, ou en tout cas des débats avec des maires façon grand débat.

25:45
Invité

Je pense que dans cette campagne qui va demander quand même pas mal d'agilité, parce qu'il a quand même cet agenda diplomatique entre deux coups de fil sur la guerre en Ukraine, oui, il va aller à la rencontre des Français. Alors, il aime bien ce processus du grand débat. Vous savez, il est micro en main au milieu de… comme ça, dans une espèce d'agora avec des maires, des élus locaux et des Français. Enfin, on verra comment ils feront ces équipes, parce qu'il y a aussi toujours une… c'est très organisé. Tout ça n'est pas fait… C'est pas totalement spontané. En tous les cas, il y a une organisation.

Mais il préfère ça, en tous les cas, au système classique des médias et évidemment au débat avec les autres candidats. Il ne va pas vouloir… il va refuser et ses équipes le disent. Il faut dire qu'il n'y en a jamais eu. D'abord, il n'y a jamais eu de débat. Il y en a eu. Non, il y en a eu en 2017. En 2017, voilà. Mais il n'y avait pas de président. Il n'y avait pas de président. Chacun, chacun, chacun. Avec les candidats ou leurs représentants en 2017. Non, non, non, il y a un débat où il y a… C'était ça, la famille. Il y a un débat, il y a un seul débat dans l'histoire de la cinquième. Oui, c'est un faux débat. C'est en 2017, avant le premier tour, où il y a les 11 candidats.

Il y en aura un deuxième où il n'y aura pas tous les candidats. Mais le fait est qu'il n'y en a jamais eu un avec le président sortant. Ni en 2012 avec Nicolas Sarkozy. Oui, avec le président sortant, mais il y en a bien eu en 2012. Ni dans les élections précédentes.

27:09
Présentateur

Je voulais ajouter juste une chose sur les corps intermédiaires. Manifestement, dans la coulisse, il est en train d'essayer de renouer des liens avec la CFDT, Laurent Berger. Donc là aussi, il y a quand même… J'ai l'impression qu'il a envie de remettre les corps intermédiaires parce que ce grand face-à-face sans aucun édredon entre le président et le peuple pour réformer, c'est quand même très compliqué. Et pour compléter, il y a effectivement une rencontre qui est prévue avec le candidat Macron et l'ensemble des maires qui, je crois, l'ont soutenu. Une rencontre en visio.

Mais ça prouve bien qu'aujourd'hui, il n'enjambe pas ces corps intermédiaires et qu'il veut faire avec eux, encore une fois, le « nous » plus que le « je ». Je note aussi qu'il n'a pas de masque sur la vidéo, qu'il n'a plus de masque sur sa photo, la photo de son compte Twitter, que le masque va tomber le 14 mars ou largement tomber et le pass vaccinal va disparaître. Là aussi, on est entre l'acte posé, indiscutablement, et la communication. On lui a beaucoup reproché d'avoir utilisé la pandémie. Là, le retrait du masque tombe au bon moment, si j'ose dire, Nathalie Moret. Oui, alors il se trouve que c'est aussi argumenté.

Effectivement, le masque tombe pile-poil, j'allais dire, mais en même temps au moment où, effectivement, l'épidémie est en nette recule. Mais c'est évident que c'est un peu troublant dans le calendrier et que ça le sert. Roland Quairol, est-ce que les promesses non tenues peuvent lui être reprochées ? La réforme des retraites, la réforme des institutions, le changement de pied, pourquoi pas, sur le nucléaire ? Le Macron 2022 n'est pas du tout le Macron 2017, de ce point de vue-là. Et s'il y a peu de débats, à quel moment est-ce qu'il rend compte de cela ?

28:46
Invité

C'est un classique. Au président sortant, on oppose le fait qu'ils n'ont pas tenu leurs promesses. Donc évidemment, on aura ça. En même temps, il faut bien voir que quand on demande aux gens qui vont voter Macron, pourquoi ils votent Macron ? Au fond, ils nous disent qu'il a été devant trois crises. La crise des Gilets jaunes, la crise de Covid, et maintenant la crise ukrainienne. Et il s'en est bien débrouillé. Alors, pendant ces crises-là, les gens ne disaient pas tout ça. Mais ils ont eu le sentiment qu'au total, il s'en est bien sorti. Plus exactement qu'il s'en est sans doute mieux sorti que tous les autres ne l'auraient fait. Et une élection, c'est ça.

On choisit, on regarde, on dit, est-ce que l'un est plus capable que l'autre ? Et donc, il y a bien sûr les promesses non tenues. Certaines de celles que vous avez citées, je crois que les gens s'en fichent. Les institutions, par exemple. Je crois que vous n'imaginez pas à quel point les électeurs se fichent des débats institutionnels. C'est nous qui essayons de leur poser des questions là-dessus de temps en temps. Mais ça ne les intéresse pas. C'est pour ça qu'il y a maintenant l'élection présidentielle qui domine tout, comme la mère des batailles. De l'instant qu'on a élu le président, le reste, comment ça fonctionne ? On s'en fiche un peu.

Comme régionaliste fervent, je le regrette beaucoup. Moi, j'avais espéré qu'il profiterait de cette élection pour nous faire un petit coup de décentralisation. Je ne la vois pas venir.

30:03
Présentateur

Et alors, quelles promesses non tenues peut-on lui reprocher le plus du point de vue de l'opinion, Roland Carole ?

30:07
Invité

Non, je crois que c'est plutôt une impression. L'impression que 2017 annonçait un changement du pays, qu'on allait vivre mieux et qu'on ne vit pas mieux. Et que beaucoup de gens diront même qu'on vit moins bien. C'est plutôt ça. C'est plutôt, je dirais, le mépris. Désormais, c'est le mot à la mode, quand on se plaint des élites, on pense qu'elle nous méprise.

Et donc, il y a le président du mépris, plus encore que le président des riches, qui a nourri un véritable ressentiment, et je dirais presque une haine de Macron, qui explique que des électeurs qui, au deuxième tour contre l'extrême droite, auraient voté Macron, dans les sondages, beaucoup d'entre eux, parmi les électeurs de Mélenchon, parmi les électeurs de Marine Le Pen, parmi ceux d'Éric Zemmour, disent, moi, jamais je voterai pour ce type, même au deuxième tour, ils nous méprisent trop. Donc c'est plutôt ça, ils nous méprisent. Et plutôt aussi, la France n'a pas changé aussi bien qu'ils nous l'avaient prévus. Je crois que ce n'est pas de mesure par mesure.

D'autant que sur certains points, il a changé, plutôt dans le sens où étaient les Français. Le nucléaire, il y a d'autant que c'est passé dans l'opinion française. Donc c'est moins des mesures. S'il y en a une, c'est les retraites. Parce que là, les gens se souviennent qu'il a voulu faire, qu'il n'a pas fait, et qu'il n'a pas fait parce qu'il y a eu des manifs. Je crois que c'est le point qui sera le plus central sur les promesses non tenues. Le reste, c'est plutôt une impression d'une France qui n'a pas assez changé.

31:29
Présentateur

Alors, en tout cas, Emmanuel Macron entre en campagne en pleine guerre, en Ukraine. Guerre qui rebat les cartes, modifie les intentions de vote et plus nettement encore, les attentes des Français. Léa Demirgian et Éric Chevalier.

31:42
Invité

À un mois et demi de la présidentielle, le quotidien d'Emmanuel Macron, rythmé par la guerre en Ukraine, entre coups de fil au président Zelensky et Poutine, et conseil de défense, un agenda et des images, le président plus que jamais chef des armées. Les jours qui viennent seront vraisemblablement de plus en plus durs. Quand Jupiter éclipse les autres candidats, difficile de continuer à faire campagne comme avant, d'exister malgré tout. Ce soir-là, meeting de solidarité avec l'Ukraine. Parmi les invités, des candidats à la présidentielle. Dans les coulisses du théâtre, devant les caméras, Anne Hidalgo échange avec les représentants d'une association ukrainienne.

32:28
Présentateur

Il faut agir tout de suite, que les sanctions tombent, que tout cet accompagnement soit là.

32:36
Invité

Et on sera là jusqu'au bout ?

32:37
Présentateur

Jusqu'au bout, c'est clair. On sera avec vous jusqu'au bout aussi. On n'a pas le droit de les lâcher. Non, c'est pas possible. Merci.

32:44
Invité

L'occasion pour la candidate de prendre la parole sur scène.

32:51
Présentateur

Il faut qu'il y ait un sursaut moral, ici aussi dans notre pays. Que l'on considère que le droit, que la politique, que les institutions, que la démocratie, que la liberté, c'est un devoir qui nous incombe.

33:05
Invité

Valérie Pécresse avait, elle aussi, son mot à dire.

33:11
Éric Zemmour

Aujourd'hui, le peuple ukrainien résiste.

33:15
Présentateur

Il résiste par le cœur et par les armes. Mais nous devons être au rendez-vous.

33:21
Invité

Toute la semaine, la candidate des Républicains avait rendez-vous avec l'Ukraine. Et elle voulait le faire savoir. Lundi, visite au Salon de l'agriculture. Écourtée pour cause d'agenda international. Le film occupé de l'Ukraine.

33:35
Éric Zemmour

Allez, bon courage.

33:37
Invité

A bientôt. Le soir, conseil stratégique au QG de la candidate. Autour d'elle, Hervé Morin, Michel Alliomari, d'anciens ministres de la Défense. Quelques jours plus tard, Valérie Pécresse présente son projet pour les armées. Et propose un budget à 65 milliards d'euros en 2030. Là encore même objectif, se donner une stature de présidentiable.

33:59
Présentateur

Chef des armées, ma main ne tremblera pas. Lorsqu'il s'agira de défendre et de protéger la France, les Français et nos intérêts.

34:11
Invité

Pour d'autres candidats, les positions passées ressurgissent. En 2017, déjà candidate à la présidentielle, Marine Le Pen est reçue à Moscou par Vladimir Poutine. Une rencontre et un cliché, affichés avec fierté sur les tracts de la campagne de 2022. Difficile à distribuer aujourd'hui.

34:29
Anne Hidalgo

Vous disiez que la Russie n'était pas une menace pour la France. Vous disiez que ce n'était pas une menace, il y a encore deux semaines.

34:33
Éric Zemmour

Oui, je pensais que, en l'occurrence, comme le pensait un certain nombre, que la Russie était un pays avec lequel on pouvait réussir à trouver les moyens de travailler sur le plan de la lutte contre le fondamentalisme islamique.

34:51
Invité

À l'extrême droite toujours, Éric Zemmour n'a jamais caché son admiration pour le maître du Kremlin. Et disait encore il y a quelques semaines...

34:58
Présentateur

C'est un chef d'État, un grand chef d'État, dirigeant d'un des plus grands pays de la planète. Il est très respectable, il faut le respecter.

35:07
Invité

Lui ne croyait pas à une invasion de l'Ukraine par Vladimir Poutine et peine aujourd'hui à se justifier.

35:12
Présentateur

Poutine n'est pas un démocrate. Est-ce que vous le dites ça aussi ? Poutine est un... qu'est-ce qu'on appelle démocrate ? Je dirais que c'est un démocrate autoritaire.

35:25
Invité

À l'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon doit lui aussi faire quelques acrobaties et se défendre d'être complaisant avec Vladimir Poutine.

35:33
Marine Le Pen

Je n'ai jamais soutenu M. Vladimir Poutine. Jamais. Je vous mets au défi de le prouver. Seulement vous continuez quelque chose qui est extrêmement dangereux pour notre pays. Dès que quelqu'un s'oppose au raisonnement qui semble s'imposer, vous le traitez d'agent de l'ennemi.

35:49
Invité

Jean-Luc Mélenchon tiendra un meeting pour la paix ce dimanche à Lyon. Lui comme les autres tenteront de faire campagne malgré tout.

35:55
Présentateur

Roland Carole, je voulais vous soumettre la question de Gérard en Moselle parce que je pense que pas mal de téléspectateurs se la posent. Dans le contexte politique mondial actuel, ne valait-il pas mieux différer l'élection présidentielle ?

36:06
Invité

Écoutez, la Constitution ne prévoit pas qu'en cas de guerre, on puisse reporter une élection. Et d'ailleurs, beaucoup de pays démocratiques ont pratiqué les élections en temps de guerre. Et reporter à quand ? Parce que l'affaire ukrainienne, ça ne va pas durer quelques jours. Ça ne va pas durer quelques semaines, ça va durer quelques mois. Alors, le seul qui aurait pu interpréter la Constitution d'une façon telle qu'on se pose la question, c'est le Conseil constitutionnel. Et je me demande ce qu'on aurait dit d'un Conseil constitutionnel qui aurait dit qu'on garde les mêmes jusqu'à une date non fixée. Franchement, tout le monde aurait crié à la manipulation et à l'absence de démocratie.

Donc, voilà, ça donne une campagne bizarre, étrange, presque une non-campagne, mais je crois qu'il n'y avait pas de solution autre.

37:02
Présentateur

– Campagne bizarre, Cécile Cornudet, parce qu'au fond, il y a plein de candidats en déplacement, en meeting ce week-end. Et les images qui sont sur nos écrans, c'est celles de Mariupol, c'est celles de la manifestation Place de la République. Ce ne sont pas les candidats. Peut-être demain, Éric Zemmour à Toulon et Jean-Luc Mélenchon à Lyon, et encore. – C'est leur problème. Comme ce qui passionne en ce moment les Français, ce n'est pas l'élection présidentielle, c'est ce qui se passe à leur porte. À côté, les journaux, les médias consacrent beaucoup de temps à ces questions ukrainiennes et russes, et heureusement, et peu à retransmettre les meetings des candidats.

Donc, eux, ils vont avoir vraiment beaucoup de mal. Donc, tout le monde s'est mis à l'heure ukrainienne, d'une certaine façon, à complètement changer sa propre campagne, en parlant beaucoup plus de l'Ukraine, en essayant, quand on était pro-russe, de ramer pour expliquer que non, non, on ne s'était pas trompé. – Oui, il y a trois candidats quand même, Marine Le Pen, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon, et Fabien Roussel. Et donc, voilà, chacun essaye de s'en sortir comme ça. Mais tant que l'intensité de la guerre est ce qu'elle est, avec le risque nucléaire, tout ce qu'on connaît par cœur, ils auront beaucoup de mal à exister sur leur proposition de campagne.

– Et à ce stade, Bruno, jeudi, en termes d'intention de vote, c'est Éric Zemmour qui paye le plus cher. IFOP Paris Match, alors Emmanuel Macron, d'un côté, gagne trois points en une semaine, Éric Zemmour en perd trois et demi en une semaine.

38:24
Invité

– Oui, parmi les candidats dits pro-russes, c'est-à-dire toutes ces personnalités qui, de près ou de loin, ont affiché leur proximité avec Vladimir Poutine, de Marine Le Pen, qui a été accueillie, elle a la photo, qui fait foi, qui a été accueillie et qui a largement été soutenue par le pouvoir du Kremlin, jusqu'à être financée par la Russie. Éric Zemmour qui voyait, qui appelait un Poutine français, je le cite, et on a entendu la ramer devant notre conseiller Alba Ventura pour expliquer que c'était un démocrate autoritaire, que ci, que ça. Et Jean-Luc Mélenchon, qui quand même… – Qui était un cran en dessous. – Un cran en dessous et qui lui… – Était plutôt sur autant Russie que sur Poutine.

– Il fait la grosse voix pour dire que jamais il n'a eu de telles propositions. On voit bien quand même que dans les intentions de vote, tout ça n'a pas échappé aux Français. Et quand ils sont interrogés aujourd'hui, tous sont en repli. Alors il y en a un qui paye plus cher l'addition parce que lui, en plus, il a pris des positions par rapport aux réfugiés ukrainiens qui sont beaucoup plus… qui troublent l'électorat.

39:31
Présentateur

– Il a dit qu'il préférait qu'il reste en Pologne.

39:32
Invité

– Il reste en Pologne, y compris l'électorat de droite. Dans l'enquête dont vous parlez, celle de l'IFOP Paris Match, qui est intéressant, j'ai regardé l'électorat Fillonis de 2017. Il a perdu 4 points cette semaine, Éric Zemmour, sur 7 électorats. Et on sait qu'il est clé. Et on voit bien que cette droite, cet électorat de droite âgée, catholique, ne comprend pas la position d'Éric Zemmour sur les réfugiés ukrainiens. Ce sont des femmes, des enfants, enfin, les images ne correspondent pas à ce que dit Éric… ce que laisse entendre Éric Zemmour, de manière… je ne sais pas si c'est voulu maladroit ou quoi, mais en tous les cas, il le paye dans les sondages.

Il faut dire aussi que Marine Le Pen, elle s'en tire plutôt pour l'instant, même si à la télévision, c'est… parfois, il faut sortir les rames. Et Jean-Luc Mélenchon, lui aussi, s'en tire. Il ne perd pas, et même, il progresse. Il progresse Jean-Luc Mélenchon, mais je pense que Jean-Luc Mélenchon, ça vient d'un autre phénomène, c'est qu'il y a le vote utile à gauche qui est en train de se mettre en route en sa faveur.

40:32
Présentateur

On va redétailler tout ça, Nathalie Morey. Il y a les intentions de vote et il y a ce que vous, vous voyez dans les colonnes de vos journaux à propos des réfugiés ukrainiens et de la position d'Éric Zemmour. Ça, c'est intéressant aussi. Oui, c'est vrai qu'Éric Zemmour, quand je l'ai entendu dire qu'il assumait totalement et à plusieurs reprises de ne pas accepter de réfugiés sur le territoire français, je me suis dit, très modestement, qu'il mériterait peut-être que je lui envoie les numéros des journaux qu'on a faits cette semaine parce que dans toutes les pages, dans toutes les éditions, il y a un élan de solidarité vis-à-vis des réfugiés ukrainiens que je n'ai jamais vu.

C'est valable pour les grandes villes qui ont plus de moyens et qui votent des résolutions. C'est aussi valable de toutes les petites associations, des petites communes. Il y a un élan, une générosité qui n'est pas arrivé très très longtemps. Donc, quand on se veut président de tous les Français, quand on se dit en connexion avec les Français, ne pas sentir ça, c'est quand même un problème. Et je pense que c'est plus ça qu'il est en train de payer, cette déconnexion, le fait de n'être pas en résonance avec ce que sentent les Français qu'il est en train de payer plus que ces critiques vis-à-vis du régime russe. Et Roland Carole, Bruno Jeudy parlait de Marine Le Pen.

Elle est à Aigues-Mortes en ce moment en meeting. Il y a cette phrase qu'on n'entend quand même pas souvent dans la voix d'un Le Pen, si j'ose dire. « La France sonore à prendre part à l'accueil des réfugiés ukrainiens. Elle déroule sa campagne différemment d'Éric Zemmour. »

42:03
Invité

– Oui, je crois qu'elle a compris une chose qu'Éric Zemmour n'a peut-être pas compris aussi vite, c'est qu'on dit qu'il a pris des positions très extrêmes sur l'immigration, Zemmour. Oui, sur l'immigration, mais sur l'immigration musulmane. C'est là qu'il a un fond de commerce, dans l'opinion française. Il y a des gens, chaque fois qu'ils entendent Zemmour, la raison pour laquelle il l'aime, c'est qu'il veut mettre dehors les musulmans. Les Ukrainiens, on les voit à la télé, ils sont plutôt blancs aux yeux bleus, ils ne font pas très musulmans encore. Et donc là, pour le coup, la compassion est totale avec la bonne vieille société française.

Il avait déjà fait cette erreur incroyable à propos des enfants handicapés, vous vous rappelez ? Ça a été le seul moment dans sa progression où, tac, il perd un point, parce qu'on ne dit pas ça à des handicapés, mais on ne dit pas ça non plus d'un peuple européen. Et là, je crois que c'est une erreur. D'abord, moralement, ça pose problème, mais politiquement, c'est clairement une erreur.

43:03
Présentateur

Et c'est instrumentalisé par Marine Le Pen. Oui, Cécile Cornudet. C'est intéressant, leur différence. Elle, elle réagit en politique, c'est-à-dire que très vite, elle a changé de pied sur la Russie, elle a quand même condamné Poutine plus fortement qu'il ne l'a fait, et elle a évidemment ouvert grand ses bras pour les réfugiés. Lui, c'est quand même un intellectuel, il veut toujours avoir raison, il est un peu dans un esprit de... La cohérence dont il a fait preuve, c'était souvent quelque chose qui était mis à son actif. Les gens disaient, ah ben nous, on l'aime bien, il a toujours été cohérent, il a toujours dit la même chose.

Et là, il n'a pas vu qu'en affichant cette cohérence, puisque je suis hostile à ouvrir les frontières pour les uns, ce sera pour tout le monde, et bien finalement, il n'a pas agi en politique, il a agi en intellectuel qui voulait absolument avoir sa cohérence. Et résultat des courses, il joue l'effet paratonnerre, c'est-à-dire que le seul, finalement, il arrive à épargner Marine Le Pen, qui est, voilà, malgré ses positions pro-russes, finalement, dans les sondages, on ne le voit pas trop. C'est lui qui prend la foudre. C'est lui qui est en train de tout prendre pour Marine Le Pen, et pour Jean-Luc Mélenchon aussi, je pense. Oui, allez-y.

La question, en revanche, plus étonnante, c'est pourquoi Valérie Pécresse... Alors, c'était exactement celle qui venait. Allez-y, répondez-y. Mais pourquoi Valérie Pécresse ? Alors qu'elle, elle n'a pas eu aucune compromission avec la Russie particulière, il y avait un peu le cas Fillon, mais enfin, elle n'était pas particulièrement liée à Fillon cet an dernier, donc pourquoi elle en tire si peu profit de cette situation, alors qu'à droite, Éric Zemmour et Marine Le Pen ont affiché ses amitiés russes ? Eh bien, je pense que c'est pour...

Parce que c'est l'autre chose qui se joue dans cette crise ukrainienne, il y a une question aussi de stature, de est-ce qu'on pourrait gérer une crise comme ça ? Et elle, en ce moment, elle a fait deux ou trois fautes à des moments clés où il fallait mettre en scène sa stature. On a vu la photo tout à l'heure où elle avait son conseil... Le conseil de défense. Le conseil de défense, dans un décor un peu pauvré, etc. Alors le lendemain, elle a essayé de rectifier... On revoit l'image à nouveau. Elle a fait ses propositions sur la défense devant un fond bleu avec les drapeaux, mais par des petites choses comme ça.

En plus, elle pâtit d'un phénomène un peu terrible en ce moment, c'est qu'elle est la cible des réseaux sociaux, notamment alimentés par Éric Zemmour, où elle est tournée en ridicule de façon incroyable. Dès qu'elle dit quelque chose, des photos, il y a des petites vidéos, c'est retourné. Et le ridicule qu'on attend un chef d'État, c'est absolument dramatique. Ça, c'est peut-être aussi parce qu'elle est femme, parce que quand même, Éric Zemmour, il est critiqué. Elle, elle est raillée. Mais en tout cas, aujourd'hui, elle le paye cher, je pense. Bruno Jeudy, puis Nathalie Moret sur cette question.

Pourquoi cette séquence, entre guillemets, dans la bataille droite-extrême droite, ne profite pas à Valérie Pécresse ?

45:50
Invité

Alors, les déboires d'Éric Zemmour, c'est vrai, ne profitent pas à Valérie Pécresse. Elle a gagné, dans la même enquête dont je parlais tout à l'heure, un point cette semaine. En fait, quand on regarde dans le détail, c'est toujours l'électorat Fillon de 2017 qu'il faut regarder. En gros, elle en a à peine la moitié. Et Éric Zemmour, qui en a perdu pas mal cette semaine, en fait, c'est moins de Fillon pour Zemmour et plus de Fillon pour Emmanuel Macron cette semaine. C'est ça, ce qui se passe.

Et qu'au fond, cet électorat-là, qui pourrait faire un détour par Valérie Pécresse, qui pourrait revenir chez les Républicains, eh bien, il va directement chez Emmanuel Macron parce que dans cette situation de crise ultime, cette guerre en Ukraine, encore une fois, le choix est notamment à droite. Le choix du candidat, il se fait en fonction des aptitudes, en tous les cas, telles qu'ils peuvent le ressentir, à gérer une crise. Et là, on retrouve le réflexe légitimiste, l'effet drapeau, comme disent certains politologues. Une partie des Français se resserre derrière l'exécutif en place et ça profite au sortant.

46:51
Présentateur

Le problème de Valérie Pécresse n'a pas changé depuis des mois. Elle n'a pas d'espace entre Emmanuel Macron et la droite incarnée par Éric Zemmour et Marine Le Pen. On le voit d'ailleurs, parce que non seulement elle fait des fautes, vous l'avez dit, Cécile, c'est vrai, mais en plus, il y a quasiment toutes les semaines, plusieurs ralliements importants de la droite classique, LR qui auraient pu la servir et qui vont chez Emmanuel Macron. Ça entretient une petite musique de fond qui dit qu'effectivement, Emmanuel Macron, il fait le job. Et pourquoi ? Et en plus, comme on est dans une période de crise, on légitime celui qui est là et qui gère le bateau.

Roland-Cairol, et si on peut mettre, pendant que Roland-Cairol parle, l'évolution BVA sur trois mois depuis décembre, ce qui raconte bien l'évolution de l'opinion.

47:38
Invité

Oui, je crois que Valérie Pécresse s'est trompée de campagne. Dès l'instant qu'elle a été désignée par son congrès, par cette espèce de primaire, elle a fait la campagne qu'aurait fait Chiotti. Elle a fait une campagne très à droite de la droite sur les thèmes sécuritaires, régaliens, etc. Et cette femme qui ne peut pas passer au deuxième tour, si elle ne conquiert pas d'abord les gens de sa propre famille politique, c'est-à-dire la droite libérale, moderne, centriste, pro-européenne, tout ce qu'elle était elle-même dans la vie politique jusqu'à maintenant, elle n'a pas fait entendre cette voix-là.

Même sur l'Europe, j'ai relu ce qu'elle nous a dit depuis qu'elle a été élue, c'est assez étonnant de voir combien elle fait la place au souverainisme. Donc je pense qu'elle s'est trompée et qu'on paye toujours ses erreurs de positionnement politique.

48:33
Présentateur

Alors si la guerre en Ukraine a fait son apparition parmi les toutes premières préoccupations de l'opinion, elle est en deuxième place derrière le pouvoir d'achat. La hausse du prix de l'énergie et des matières premières nourrissent évidemment cette préoccupation. Mais la gauche, on en vient à la gauche, peine à en profiter. Barbara Steck, Mélanie Nunes et Erwann Nidion.

48:53
Anne Hidalgo

Un petit tour et puis s'en va. Cette semaine, Christiane Taubira jette l'éponge. Malgré les promesses de nombreux élus, des promesses qui ne se sont pas concrétisées, il est évident que nous ne réussirons pas à réunir les 500 parrainages exigés pour concourir à l'élection présidentielle. Arrivée en tête de la primaire populaire, elle n'obtient que 180 parrainages sur les 500 nécessaires. L'aventure éclair de l'ex-garde des Sceaux a viré au fiasco. Christiane Taubira n'a pas dit son dernier mot. Elle donne rendez-vous dans les prochaines semaines pour dire quel sera son vote pour le premier tour. Et il y en a un que ça intéresse.

49:47
Invité

C'est important qu'elle continue à s'engager dans cette campagne. Elle sait qu'on s'en est déjà parlé, elle sait qu'elle est bienvenue dans la campagne que nous portons

49:56
Marine Le Pen

pour réaffirmer aussi des valeurs essentielles aujourd'hui, les valeurs de liberté, les valeurs de démocratie.

50:04
Anne Hidalgo

Christiane Taubira, bienvenue chez les Verts. Après l'exclusion de l'équipe de campagne de Sandrine Rousseau.

50:11
Présentateur

Remerciée après des déclarations cinglantes parues dans Le Parisien. Ils se plantent sur tout. Zemmour ou Macron imposent un récit. Nous, on vend des chaudières.

50:20
Marine Le Pen

Écoutez, vous avez bien vu que Sandrine Rousseau, depuis des semaines, depuis la primaire, mène d'autres campagnes que la campagne présidentielle. On entend qu'elle veut conquérir le parti. Bon, tout ça n'est pas compatible avec la loyauté, la ligne politique.

50:42
Présentateur

À gauche, il devrait donc être 6 sur la ligne de départ. Sur les réseaux sociaux, Philippe Poutou annonce avoir décroché ses parrainages in extremis. Et bien finalement, on peut le dire, on sera là à cette campagne-là. Une gauche divisée et une candidate socialiste toujours aux abois. Avec une campagne qui ne décolle toujours pas, Anne Hidalgo, à 2,5% dans les sondages, emploie la méthode Coué. Je laisse de côté les enquêtes d'opinion qui reflètent si peu, en fait, ce que nous disent les Françaises et les Français dans la rue.

51:16
Anne Hidalgo

Le candidat communiste Fabien Roussel est lui crédité de 4%. Jean-Luc Mélenchon est le seul à bercé avec 12%. Pour son directeur de campagne, la dynamique est là.

51:28
Invité

Moi, je veux dire à celles et ceux qui, longtemps, pendant plusieurs semaines, plusieurs mois, on leur a dit, la gauche va être éliminée de cette élection. On ne sait pas possible de gagner. Je veux leur dire, s'il y a une possibilité, il y a un chemin pour faire en sorte que la gauche soit au deuxième tour de cette élection et ça passe par le vote pour Jean-Luc Mélenchon. Il est à quelques points de la qualification au second tour. Donc c'est possible, c'est possible d'y arriver.

51:47
Présentateur

Et pour gagner cette place au second tour, sur le terrain, la stratégie de la France insoumise est de convaincre les nombreuses abstentionnistes dans les milieux populaires, comme ici à Vitry-sur-Seine, en banlieue parisienne.

52:00
Invité

En 2017, un mois avant les élections, on avait encore des gens qui ne s'arrêtaient pas, qui n'étaient pas intéressés. Et puis dans les 15 derniers jours, les gens s'arrêtaient, ils discutaient. Et là, ça fait à peu près 15 jours, 3 semaines que l'on voit que les gens s'arrêtent, ils se posent des questions et ils discutent, ils donnent leur point de vue. Alors c'est sûr qu'à Vitry, on n'est pas à Neuilly, on n'est pas à Boulogne-Biancourt. Donc ce que j'explique aux gens, c'est qu'à Neuilly ou à Boulogne-Biancourt, les gens ne s'abstiennent pas. Et il faut qu'à Vitry, les gens viennent voter et qu'ils ne s'abstiennent pas non plus.

52:35
Anne Hidalgo

Jean-Luc Mélenchon prend l'ascendant.

52:40
Présentateur

Et si en 2022, il était le vote utile à gauche ? Lui préfère parler de vote efficace. Cécile Cornudet, question d'Alain dans le Tarn. Jean-Luc Mélenchon peut-il accéder au second tour dans le sondage Ipsos du jour pour Le Monde ? Il est juste devant, il passe devant Valérie Pécresse ou Valérie Pécresse passe derrière lui, ce sera l'interprétation de chacun. Et on est dans la marche d'erreur. Est-ce qu'il peut accéder au second tour ? Oui, absolument, tout est possible. Mais ce n'est pas quand même ce qui est le plus probable. Le plus probable, c'est que ce soit un candidat de l'extrême droite et que ce soit Marine Le Pen.

Mais oui, si jamais il arrive à obtenir, à grappiller quelques pourcentages, c'est tout à fait possible. Il a quand même, malgré tout, plusieurs handicaps, me semble-t-il, ce qui fait que cette équation n'est pas la plus probable. Le premier écueil qu'il aura à dépasser, c'est son image. Il fait certes des très très bonnes campagnes. Il est excellent au meeting et il arrive à imprimer plein de choses. Sauf qu'il a quand même une image dégradée depuis l'histoire de la République, c'est moi. Le deuxième écueil, c'est quand même Fabien Roussel. Fabien Roussel, il est là, il fait quatre points. Il fait aussi sa croix. Le candidat communiste. Voilà, c'est ça. Il a aussi ses militants derrière.

Et ça manque. C'est les quatre points, en fait, qui manquent à Jean-Luc Mélenchon. Donc ça, c'est un petit peu difficile. Et puis le troisième écueil, c'est quand même ses positions qui n'étaient pas totalement, ce dont on a parlé tout à l'heure, totalement claires sur la Russie et sur l'OTAN. Donc ça va être difficile, mais si on regarde prosaïquement les chiffres, c'est possible. Cécile Cornudet, sur cette question, les positions sur la Russie et sur l'OTAN, c'était la tendance à regarder l'OTAN plutôt comme l'agresseur que la Russie. La grande chance de Jean-Luc Mélenchon, c'est la médiocrité des autres à gauche.

C'est qu'ils sont tellement faibles qu'au bout d'un moment, l'électeur de gauche va se dire « Si j'ai envie que mon candidat soit, que la gauche soit représentée, il faut se mettre derrière celui qui est en tête. » Anne Hidalgo, on voit bien que ça ne marche toujours pas. Yannick Jadot, c'est une grande, un grand questionnement. Comment ça se fait alors qu'il était sur la thématique porteuse, qu'il y soit si peu arrivé pour l'instant ? En tout cas, il n'y arrive pas. Et on voit que la primaire populaire qui soutenait Christiane Taubira est en train bien de soutenir Jean-Luc Mélenchon. Christiane Taubira pourrait le faire aussi, semble-t-il. Bon, il y a un mouvement...

Plus que Jadot, elle soutiendrait la tendance actuelle. Il n'y a rien d'annoncer encore. Voilà, mais c'est ce qu'il pourrait faire. Et si Sandrine Rousseau, qui vient d'être écartée de la campagne de Yannick Jadot, rejoint Jean-Luc Mélenchon, manifestement, il ne se précipite pas pour la faire venir. Mais enfin, si c'est le cas, une partie des verts pourrait peut-être aller derrière lui. Et puis, il fait une bonne campagne. Lui, pour le coup, il est là depuis longtemps dans le paysage. Donc, dans ce moment, on a besoin de gens rassurants. Il paraît un peu rassurant pour l'électeur de gauche. Et puis, il s'est beaucoup apaisé.

Donc, peut-être que les électeurs ne se souviennent pas de la séquence judiciaire. La République, c'est moi, oui. Voilà. Donc, voilà. C'est vrai qu'il a une petite chance. Mais je suis comme Nathalie. Je pense qu'aujourd'hui, c'est Marine Le Pen, plutôt, qui est, elle, solide, avec beaucoup de certitude de vote, quand vous regardez, qui, elle, a pris l'ascendant, puisque c'était le thème, sur le pouvoir d'achat. C'est elle qui en parle depuis le début, beaucoup plus que les candidats de gauche. Donc, voilà. Il faudrait quand même... Ça me surprendrait quand même qu'ils soient au second tour.

Bruno Jeudy, la primaire populaire soutient Jean-Luc Mélenchon, alors qu'on se souvient, c'était un vote par préférence. Christiane Taubira était arrivé en tête. Yannick Jadot était arrivé second. Donc là, il y a une petite torsion de ce qu'avaient manifesté, ce qu'avaient décidé, ce qu'avaient voté les électeurs de la primaire populaire. C'est Jadot qui aurait eu le soutenir.

56:31
Invité

J'ai l'impression que ça aurait été un gag jusqu'au bout, cette primaire populaire. J'emploie le mot, parce que c'est celui qu'avait employé Jean-Luc Mélenchon, à l'époque, qui ne décollérait pas contre cette primaire populaire. Il se trouve que ce soir, c'est la primaire populaire qui, maintenant, apporte son soutien à Jean-Luc Mélenchon. Arrivée troisième, vous le rappeliez. Tout ça montre à quel point la gauche n'a pas réussi à imprimer, n'a pas réussi à renouveler, à trouver le bon casting, comment elle s'est divisée, émiettée. Nathalie le rappelait, la candidature de Fabien Roussel, qui fait plutôt une bonne candidature.

Le Parti communiste n'était plus présent depuis deux campagnes électorales, puisqu'il soutenait précédemment Jean-Luc Mélenchon. Il gagne en notoriété, il a existé, il est à quatre points, on va voir s'il s'attient. Parce que si, ce qui se passe quand même, c'est que les ferments du vote utile de gauche sont quand même en train de se mettre en place. Est-ce que ça permettra à Jean-Luc Mélenchon d'être second ? Je ne le sais pas. Mais il va progresser, parce que dans la dernière campagne, il fera une bonne campagne, on le sait par avance. Les autres ne sont vraiment pas très bons, Cécile le disait à l'instant.

Et je pense qu'à un moment, la question des quatre, cinq points autour de Fabien Roussel, les communistes vont sans doute aussi un peu vaciller, se diviser, pour ceux qui se disent quand même, il y a peut-être une... Si jamais Jean-Luc Mélenchon passe troisième la semaine prochaine, soit c'est dans Ipsos, devant par l'Éric Pécresse, soit dans l'IFOP match, c'est Éric Zemmour qui est talonné par Jean-Luc Mélenchon, ça peut créer quelque chose autour de Jean-Luc Mélenchon, qui c'est vrai, je trouve, que ce qui change par rapport 2012-2017, le bruit et la fureur, là, il est quand même...

Il a pris de la bouteille, il gueule un peu moins, il essaie d'ouvrir un petit peu, puis il a vu Ségolène Royal, qui lui a quand même servi un ralliement inespéré, alors bon, ça ne l'arrange pas, enfin, il n'en a pas fait des tonnes, mais enfin, c'est quand même mieux. Et même si vous permettez un mot, il y avait dans votre sujet, il y avait une image que je qualifierais d'historique, c'est Manuel Bompard, le chef de campagne de Mélenchon, qui emploie quatre fois, cinq fois le mot gauche, en disant, il peut y avoir un candidat de gauche au second tour. Ça fait six ans qu'aucun leader des insoumis n'a employé le mot gauche.

On dit fédération républicaine, unité populaire, on a utilisé des tas de concepts pour montrer qu'on n'était pas de ce truc de la gauche qui, décidément, ne valait plus rien. Ils en sont à se réclamer de la gauche devant des caméras de télévision, c'est dire à quel point ils vont essayer de jouer le jeu. Allez, nous en revenons à vos questions.

59:12
Présentateur

Gardez la main, Roland Quairol, question de Roland dans la Loire, 30% d'intention de vote, soit, pour Emmanuel Macron au premier tour, mais avec quel pourcentage d'abstention ?

59:21
Invité

Oui, c'était évidemment une des questions de cette élection. On vote plus à la présidentielle que dans toutes les autres élections en France, mais la courbe de la participation à la présidentielle baisse elle aussi. Alors, dans un premier tour, c'est monté à 26%, ce qui est encore assez correct. Dans tous les sondages qui sont réalisés aujourd'hui, l'abstention probable est estimée à plus que ça. Donc, on va sans doute battre un record d'abstention, peut-être même dépasser nettement les 30%. Aujourd'hui, certains de mes confrères ou anciens confrères sont à 34-35% d'intention d'abstention. Qui s'abstient ? Alors, qui s'abstient, c'est toujours la même chose.

On s'abstient d'abord, on ne s'abstient pas beaucoup pour des raisons de messages politiques forts à envoyer. Ça, on met toujours l'accent sur celle-là, mais elle est faible. C'est des gens qui disent qu'il y en a marre de ces politiques qui viennent nous faire des promesses pendant les élections et qui se dépêchent de les oublier pour mener leur carrière après et qui ne tiennent pas ces promesses, qui ne s'occupent pas des gens, qui ne s'occupent que d'eux-mêmes. C'est une espèce de lassitude, de désinfection profonde par rapport aux politiques et c'est profondément des jeunes d'abord. Chez les moins de 30 ans, c'est massif l'intention d'abstention et les catégories populaires.

1:00:40
Présentateur

Frédéric, dans le Maine-et-Loire, nous demande quel président a eu autant de catastrophes à gérer qu'Emmanuel Macron, Nathalie Moret. Il y a toujours des crises pendant les mandats, mais c'est vrai que lui, Emmanuel Macron, il a été servi entre la crise des gilets jaunes, la crise actuelle, effectivement, et puis la réforme des retraites, et puis enfin, c'est vrai qu'il n'a eu quasiment que ça. Alors, ça le sert, ça double...

1:01:04
Locuteur non identifié

Tranchant.

1:01:05
Présentateur

Oui, tranchant, parce que d'un côté, ça le sert, puisque ça montre qu'effectivement, c'est quelqu'un qui a su gérer les crises. Vous parliez du grand débat tout à l'heure, il fallait quand même y aller au contact de ces gens et ça montrait une certaine solidité. Et en même temps, c'est aussi quelque chose qui l'a empêché de faire des choses. Donc, savoir si c'est un... Je pense qu'In fine, c'est plutôt quelque chose à mettre à son crédit, mais ça peut aussi quelque part le desservir d'avoir eu autant de crises parce qu'il a été empêché de faire des choses. Cécile Cornudé, question de Joël dans le Calvados. Quand les candidats vont-ils commencer à débattre sur la France de nos enfants ?

Au fond, c'est cette question de la campagne qui ne prend pas tout ça. Qui ne démarre pas vraiment, oui. C'est la vraie question. L'équipe de campagne d'Emmanuel Macron a préparé beaucoup de possibilités de mesures. On ne sait pas encore dans lesquelles il va piocher. Manifestement, il veut, à propos des enfants, faire de l'école sa priorité dans sa lettre. Il dit mieux rémunérer les enseignants et leur donner plus de liberté. Alors, est-ce qu'il va aller vers l'autonomie des établissements ? C'est une question. Mais c'est vraiment ça l'enjeu, encore une fois, pour l'après.

Parce que si on ne sait pas, si on ne débat pas aujourd'hui de ce qu'il faudra pour après, ce sera très difficile à le mettre en œuvre après. Hervé dans le Morbihan. Emmanuel Macron a-t-il réussi à se défaire de l'étiquette de président des riches dont il a été gratifié dès le début de son mandat ? Roland Carole nous en a dit un mot tout à l'heure. Je vous la pose à vous, Bruno Jeudy.

1:02:27
Invité

C'est vrai que ça, ça a été très marquant pendant la première partie du mandat. Au pic de la crise des Gilets jaunes, c'était même... On n'entendait que ça. Et puis, le quoi qu'il en coûte pendant la crise du Covid est passé par là. Et tout ça a quand même lissé cette image. Je trouve qu'en fin de mandat, il s'en est partiellement des parties, grâce notamment au quoi qu'il en coûte. et il y a toute une catégorie, plusieurs catégories de Français qui en ont largement bénéficié. Les petits commerçants, les artisans qui sont aujourd'hui des défenseurs souvent des...

Alors, ce ne sont pas des militants de la République en marche, mais ils savent reconnaître ce qu'a fait le président pendant le mandat. Et ce sont des catégories qui parlent et qui sont, comme on dirait aujourd'hui, des influenceurs d'opinion dans les petites communes, là où souvent, il y a des difficultés pour le commerce. Alors après, tout ça n'enlève pas, n'auberre pas, enfin, n'enlève pas tout ce qui s'est passé pendant le mandat. Mais je crois, comme l'a dit Roland tout à l'heure, que cette affaire de bilan, au fond, ça passe pour Emmanuel Macron.

Il y a beaucoup de critiques, il y a beaucoup de choses qui n'ont pas été faites, au fond, pour quelqu'un qui promettait la révolution, il n'y a pas eu cette révolution, c'était sans doute bien prétentieux que de le mettre en titre d'un livre. Mais ça ne prendra pas, le bilan, ça ne prendra pas dans cette campagne. Elle est trop courte et on voit bien, les Français, il y en a un tiers qui juge qu'il n'a pas un bon bilan, il y en a un tiers qui n'ont pas d'avis et il y en a un tiers au contraire. Donc on voit bien, si vous ajoutez le premier tiers et le deuxième tiers, ça veut dire que le bilan ne sera pas quelque chose qui impactera la campagne.

1:04:07
Présentateur

Et la question du pouvoir d'achat, dont je disais qu'elle est toujours en tête, des préoccupations d'intention, André, dans la Loire pour les nombreux Français qui ont de petits moyens, le vrai souci, c'est le pouvoir d'achat. Au fond, qui est le candidat ou la candidate qui répond le mieux à cette remarque ?

1:04:21
Invité

Je pense que nous verrons dans la campagne qu'ils sont douze dans ce cas. Ils ont tous compris que c'était le pouvoir d'achat. Nous avons eu l'habitude des campagnes autour du chômage, de l'emploi, parce que c'était ce qui structurait les attentes des Français. Maintenant que les gens ont le sentiment que ça va bien sur le front du chômage, c'est chaque fois ces mécaniques. On se reporte à ce moment-là sur l'autre préoccupation socio-économique qui est celle du pouvoir d'achat. Donc, puisque ça va mieux sur l'emploi, occupons-nous un peu du pouvoir d'achat, ce qui veut dire d'abord pour les Français des salaires.

Et là, je pense que les gens vont être très attentifs en lisant les professions de foi. Vous savez que les professions de foi, ce document qu'on reçoit dans nos boîtes aux lettres, est extrêmement lu.

1:05:06
Présentateur

C'est la fin de cette émission de C'est dans l'air dans quelques secondes. D'abord, passez la parole à Ali Badou à suivre. C'est l'hebdo. Quel est le programme aujourd'hui, Ali ? Salut Bruno.

1:05:16
Invité

Au programme de C'est l'hebdo, la guerre en Ukraine et la menace nucléaire, les risques, la stratégie de Poutine expliquée par l'expert en dissuasion nucléaire Bruno Tertré, la guerre qui bouleverse également la campagne présidentielle. On plongera dans la tête des Français avec Gilles Finkelstein et puis deux invités fil rouge dans l'émission, la journaliste Nathalie Saint-Cric et le philosophe Raphaël Antoven et on aura le bonheur de recevoir Pierre Ninet et Frédéric Tellier pour parler d'un film percutant et qu'on a adoré, Goliath qui débarque en salle mercredi prochain.

1:05:48
Présentateur

Merci Bruno. Riche programme, à tout de suite Ali Badou et rendez-vous, autre rendez-vous demain soir, émission spéciale de C'est dans l'air consacrée à la guerre en Ukraine. Vous pouvez d'ores et déjà poser vos questions pour Caroline Roux et ses invités par tous les canaux habituels. sur France 5.