L'invité politique Sud Radio - Sandrine Rousseau, députée Écologiste de Paris, est l'invitée politique
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 76 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:26OuverteÉludée
Est-ce que vous vous réjouissez de ces prix élevés du carburant ? C'est une forme de victoire pour l'écologie ?
- 0:45RelanceRéponse partielle
En 2021, vous disiez qu'il fallait que l'essence augmente, car c'est ce qui pollue. Pourquoi ce changement ?
- 1:52OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites aux marins pêcheurs ? Est-ce le sens de l'histoire ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Vous soutenez toujours les policiers dans leur action ?
- 4:57RelanceRéponse partielle
Reprenez-vous à votre compte le slogan « la police-tu » ?
- 5:57OuverteÉludée
Pourquoi Marine Tondelier maintient-elle sa candidature à gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueFait
« Certainement pas comme ça, surtout après des mois de conflits sur le détroit d'Hormuz et aucune espèce de politique publique d'accompagnement. »
- 0:49Invité politiqueFait
« Oui, bien sûr, mais avec des politiques publiques, c'est précisément le sujet, c'est qu'on aide les personnes. »
- 1:09Invité politiqueChiffre
« Il y a un Français sur dix aujourd'hui qui se prive de nourriture. »
- 2:49Invité politiqueFait
« Moi, j'ai l'impression que le gouvernement, pendant tout l'été, était aux abonnés absents. »
- 3:15Invité politiqueFait
« Il n'y a pas le mot réchauffement climatique. »
- 3:46Invité politiqueFait
« Les policiers, je les soutiens, évidemment, qu'on a besoin de la police, mais pas d'une police sans avoir de réflexion sur à quoi sert la police. »
- 5:02Invité politiqueFait
« Il y a trop de morts dans des opérations de police en France. »
- 5:17Invité politiqueChiffre
« On est parmi les pays d'Europe qui avons le plus de mortalité lors des opérations de police. »
- 8:36Invité politiquePromesse
« Je souhaite qu'il y ait une alliance avec LFI, que notre parti soit en alliance avec LFI. »
- 11:46Invité politiqueFait
« C'est incroyable de dire ça après un été de sécheresse où la faune sauvage a souffert comme jamais. »
- 13:02Invité politiqueFait
« Les fusils de chasse pouvaient le week-end servir à des féminicides, ce qui est statistiquement prouvé. »
- 14:20Invité politiqueFait
« L'ancien monde, c'est le monde dans lequel on était maître et possesseur de la nature. »
- 16:27Invité politiqueFait
« Il y a beaucoup d'agriculteurs qui refusent de vivre de subventions ou de la redistribution. »
- 19:16Invité politiqueFait
« Les méga-bassines servent une infime minorité des agriculteurs qui font de l'agriculture très intensive et notamment du maïs pour l'élevage. »
- 22:33Invité politiqueFait
« On utilise le corps d'une femme et pas n'importe quelle femme pour attirer les hommes et faire en sorte qu'ils s'inscrivent. »
Temps de parole
- Sandrine Rousseau68 %
- Présentateur23 %
- Invité4 %
- ?2 %
≈ 8,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoze. Il est 8h30 à l'écoute de Sud Radio, l'heure du grand entretien politique. Aujourd'hui, Jacques, vous recevez Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris. Bonjour Sandrine Rousseau. Bonjour. Commençons par le pouvoir d'achat, la colère monte face au prix du carburant. Hier, un auditeur me disait, ici même, finalement, je suis content d'être passé à l'électrique. Est-ce que vous, vous vous réjouissez de ces prix élevés ? C'est une forme de victoire pour l'écologie ?
Certainement pas comme ça, certainement pas comme ça, surtout après des mois de conflits sur le détroit d'Hormuz et aucune espèce de politique publique d'accompagnement. C'est-à
-dire
que moi, je pense qu'il faut qu'on sorte des voitures thermiques, mais certainement pas comme ça. Là, c'est du chacun pour soi.
En 2021, vous disiez, il faut que l'essence augmente, car c'est ce qui pollue et c'est ce qui nous met en danger.
Oui, bien sûr, mais avec des politiques publiques, c'est précisément le sujet, c'est qu'on aide les personnes. Là, les personnes, elles sont toutes seules. Enfin, moi, je pense à toutes les personnes qui ont besoin absolument de leur voiture pour aller travailler, mais quel enfer ! Entre ça et le logement, ça devient les deux principaux postes de la plupart des Français aujourd'hui.
C
'est-à
-dire
qu'une fois que vous avez payé votre essence, une fois que vous avez payé votre loyer, vous n'avez plus de quoi même manger. Il y a un Français sur dix aujourd'hui qui se prive de nourriture. On est là, on est la septième puissance du monde. Enfin, on se rend compte un peu de la situation.
Donc, vous ne le dites plus aujourd'hui ?
Vous
ne dites plus, il faut que l'essence augmente
?
De toute façon, l'essence, elle est extrêmement chère. Mais ce que je regrette, c'est qu'il n'y ait eu aucun accompagnement. Mais c'est précisément ce que j'essaye d'expliquer sur l'ensemble des plateaux, c'est de dire qu'on est dans un effondrement écologique. Mais si on ne le dirige pas, si on ne le pilote pas, si on ne fait pas des politiques publiques, ça va être du chacun pour soi. Et là, on est déjà dedans et on voit à quel point c'est violent socialement.
On voit également avec les marins pêcheurs à quel point, effectivement, c'est violent socialement. On a connu un été très chaud avec des températures d'océan très élevées, donc moins de poissons. C'est ce que nous disait également encore ce matin un marin pêcheur. Qu'est-ce que vous lui dites ? Vous le dites, c'est le sens de l'histoire ? Quelque part, il faut arrêter de pêcher
? Ce
n'est pas le sens de l'histoire. Malheureusement, on aurait pu faire autrement. Mais à force de repousser les politiques publiques contre le réchauffement climatique, on se retrouve en effet avec un effondrement de la biodiversité des poissons dans l'océan. Là, les océans, la mer Méditerranée a atteint des records de températures. Les coraux sont en train de disparaître de manière extrêmement accélérée. Et en fait, s
'il
n'y a pas de coraux, il n'y
a
pas de nurserie, c'est toute la biodiversité de l'océan qui est menacée. Et moi, ce que je dis aux pêcheurs,
c
'est que ce n
'est
pas de votre faute. Ce n
'est
pas de votre faute, mais qu'il va falloir quand même encadrer la pêche et que surtout, vous gardiez vos revenus, que vous gardiez votre capacité à vivre. En fait, c'est ça le sujet,
c
'est qu'on ne va pas pouvoir continuer comme avant. Mais par contre, il faut que les personnes qui sont dans des secteurs qui doivent évoluer gardent une capacité à vivre, gardent des vrais revenus. Et pour ça, on a besoin de l'État. Et on a l'impression que l'État s'est enfui. Moi, j'ai l'impression que le gouvernement, pendant tout l'été, était aux abonnés absents. On a l'impression que c'était la fuite à Varennes, quasiment. Enfin, vraiment.
Non,
mais là, on a, au retour de l'été, une interview de
cinq pages.
Vous
les
trouvez totalement absents, là, sur la crise des carburants ?
Mais
incroyable ! Au retour de l'été, on a une interview de cinq pages du Premier ministre Sébastien Lecornu. Cinq pages dans Le Parisien. Vous savez que cette interview, ce n
'est
pas à vous que je vais la prendre, c'est évidemment une interview importante à la rentrée. Il n'y a pas le mot réchauffement climatique. Il n'y en a pas. C'est incroyable, après l'été qu'on a passé. On le voit bien, il y a des sécheresses partout. Les maisons craquent, les agriculteurs.
Qu'est
-ce que vous leur dites, alors ? Le nombre
de suicides qu'on va avoir chez les agriculteurs, moi, j'attends de voir les chiffres. Mais là, aujourd'hui, une profession qui est à ce point-là en difficulté, en tous les cas pour les petits agriculteurs, va souffrir de manière absolument incroyable. Et on n'a rien en face.
Une autre colère s'exprime dans le pays, c'est celle des policiers. Vous les soutenez toujours dans leur action, les policiers ?
Les policiers, je les soutiens, évidemment, qu'on a besoin de la police, mais pas d'une police sans avoir de réflexion sur à quoi sert la police, à
quoi
sert la sûreté. Ce n
'est
pas un maintien de l'ordre par la force, ce n
'est
pas un maintien de l'ordre raciste, c'est quelque chose qui est au service des citoyens. Oui, parce qu'on l'a vu, il y a des vidéos, il y a des personnes qui... On l'a vu à Carcassonne, on l'a vu ailleurs. C'était la police municipale, mais je veux dire,
à un moment... C'était une
police municipale en
2025 ? Oui, mais
il y a une autocritique à faire, et il y a quelque chose à travailler au sein de la police sur les préjugés qu'il peut y avoir, les préjugés sexistes, les préjugés racistes, etc. Et qu'en fait, une police qui est respectée, c'est aussi une police qui travaille sur ces préjugés-là. Je prends pour exemple la police de Londres, par exemple, qui a fait un énorme travail là-dessus, et c'est comme ça qu'on se fait davantage respecter. Donc moi, je soutiens, évidemment, on a besoin de la police, de commissariat de proximité, etc. Mais attention à ne pas virer dans une police qui est une police qui renforce l'ordre social et qui est là uniquement pour conserver un ordre social déjà dépassé. Vous
reprenez à votre compte le slogan « la police-tu » qu'on entend souvent dans les cortèges de la France insoumise ?
Il y a trop de morts dans des opérations de police en France. Enfin, je veux dire, il faut l'accepter,
il faut l'entendre.
C'est
une affirmation
qui ne s'appuie pas sur une étude, en tous les cas.
Ah ben, on a... Alors là, je n
'ai
pas révisé le chiffre juste avant de venir, mais on est parmi les pays d'Europe qui avons le plus de mortalité lors des opérations de police. Ce n
'est
pas possible. Et puis moi, je me souviens des gilets jaunes. Je me souviens des gilets jaunes. Oui, mais enfin, les gilets jaunes.
Non, mais ce
n'est pas
pareil de dire « la police-tu » et effectivement,
il
y a eu des exactions durant les manifestations
des gilets
jaunes.
Oui,
mais
si on a des blessures et si on a un nombre de morts qui est important et qu'on ne fait pas le travail pour les diminuer, alors on est dans un système où les actions policières conduisent à la mort. Et ça, ce n
'est
pas possible.
Alors, passons à cette campagne qui semble passionner les Français. D'abord, on a du mal à comprendre à quoi sert la candidature de Marine Tondelier à gauche. Je regarde les sondages, tout simplement, je vois entre 3,5 et 6%. Pourquoi elle maintient sa candidature, Marine Tondelier ?
Je vous propose de lui poser la question. Parce que moi, je voudrais
que nous ayons... Mais vous faites partie du même mouvement.
Oui, mais je voudrais que nous ayons un vote des militants. C'est ce sur quoi je me bats. Les gens ne se rendent pas bien compte de tout le travail qui est fait en interne des partis. Et je comprends pourquoi ils ne
s
'en rendent pas compte, parce que ce n
'est
pas extrêmement agréable à regarder et que ce n
'est
pas la face la plus brillante de la politique. Mais à l'intérieur des partis, nous faisons un travail énorme pour qu'il y ait enfin un vote des militants. Des militants, pas des cadres. Des militants de notre parti politique. Et en fait, aujourd'hui, forcée de constater qu'il y a quand même une volonté de flou, il y
a
une volonté de recul de ce vote le plus loin possible,
le
plus tardivement possible.
Et
moi, je dis, c'est quand même...
Marine Tondelier refuse le vote des militants ?
En tous les cas,
elle
ne veut pas le faire maintenant. Pourquoi ? C'est la question. Et moi, je voudrais que nous le fassions... Alors, je suis d'accord pour attendre la fin de la primaire des socialistes, parce que je pense que c'est aussi quelque chose de réglo vis-à-vis des partenaires de gauche. Mais une fois que la primaire socialiste est connue, qu'on sait qui est le vainqueur ou la vainqueur, de cette primaire, eh bien, qu'on prenne une décision. On ne peut pas rester dans un grand écart comme ça, comme on le fait actuellement. La politique, c'est de prendre des décisions et de participer à la campagne.
Juste une dernière phrase pour dire qu'il y a énormément de militants chez nous qui ne rêvent que d'une chose, c'est d'entrer en campagne. Parce qu'évidemment, on fait de la politique parce qu'on a des convictions, parce qu'on veut changer les choses et que ce qui se prépare en 2027 nous inquiète. Et donc, nous devons partir en campagne sur une ligne claire.
Et les militants dont vous parlez, ils veulent savoir s'ils suivent Marine Tondelier ou s'ils vous suivent et s'ils suivent Jean-Luc Mélenchon ?
Non, la question, c'est est-ce qu'on fait alliance avec l'EPS ? Est-ce qu'on maintient une candidature autonome ou est-ce qu'on fait alliance avec Alephi ? La question, elle est simple en réalité.
Et j'imagine qu'au bout du bout, il y a quand même évidemment la qualification de celui que vous choisirez pour la gauche et pour le second tour. Est-ce qu'il y a un risque que Marine Tondelier soit la Christiane Taubira de Jean-Luc Mélenchon
? La
Christiane Taubira de Jean-Luc Mélenchon ?
Je fais référence à une élection où on a dit que Christiane Taubira parce qu'elle avait maintenu sa candidature.
Eh bien, Lionel Jospin n'avait
pas réussi à passer au second
tour. On se souvient de cette élection.
C'est le risque. C'est le risque. C
'est le
risque. Et je pense qu'il y aura vraiment des comptes à rendre devant les citoyens et citoyennes, que l'histoire se souviendra des stratégies politiques et surtout si on empêche la gauche d'être au second tour de cette élection présidentielle. Enfin vraiment, moi j'appelle à la responsabilité là-dessus. Ça n'est pas une élection comme les autres.
En tous les cas, vous, c'est clair, vous l'avez toujours dit, vous continuez de soutenir Jean-Luc Mélenchon
? Moi,
je souhaite qu'il y ait une alliance avec LFI, que notre parti soit en alliance avec LFI. Mais je souhaite aussi qu'il y ait une alliance sur un fonds programmatique, c
'est
-à
-dire
qu'on ait véritablement des négociations, que ce ne soit pas un ralliement comme ça sec, je dirais, mais qu'il y ait une alliance sur la base d'éléments programmatiques comme ça se fait à chaque fois. Comment
allez-vous vous prononcer
?
Moi, je fais tout le travail en interne là pour qu'il y ait un
vote.
Donc ça, c'est ma priorité actuellement.
Mais si on n'y
arrive pas, on va voir, là, on va avoir des échéances
importantes. Vous n'excluez pas de vous
prononcer ?
Je n'exclu
rien du tout, mais pour l'instant, je me bats pour qu'il y ait un vote à l'intérieur de mon parti parce que je ne veux pas faire ce qu'a fait par exemple Yannick Jadot de sortir tout de suite. Moi, je veux qu'il y ait un vote parce que je veux respecter les militants. Et après, chacun prendra ses responsabilités et peut-être que je les prendrai. mais je veux qu'il y ait un vote des militants. Je ne me résous pas à ce que les écologistes qui étaient un parti qui se revendiquait de la démocratie, qui mettaient ça comme drapeau devant son siège en disant on est le parti le plus démocratique, renonce à la démocratie dans ce moment-là.
Vous
risquez, vous le savez, si vous faites cavalier seul, l'exclusion comme Yannick Jadot que vous venez de citer.
Il n'a pas été exclu.
Oui, pas formellement. Mais j'ai cru comprendre que Marine Tondelier disait qu'il s'était exclu de lui-même.
Oui, ça, c'est les formules.
Avançons sur la France insoumise.
Avançons sur la France insoumise qui, pour vous, n'est pas un repoussoir malgré différentes affaires. Je pense au boycott de la DJ Barbara Butch au prétexte qu'elle défend Israël. Arima Hassan qui sera jugée aujourd'hui même pour apologie du terrorisme. Tout ça ne vous empêche pas de suivre et de soutenir la France insoumise.
Sur Barbara
Butch,
j
'ai pris une position qui d'ailleurs n'a pas été forcément comprise par les militants LFI et j'ai reçu énormément de retour là-dessus. Mais pour moi, elle a juste signé une pétition et elle est allée faire un set dans l'ambassade de France en Israël. Bon, voilà, je pense que c'était pas... Enfin, moi, je ne l'aurais pas fait. Maintenant, boycotter ou interdire l'exercice de la culture, en fait, il faut aussi réfléchir à ce que ça génère si le Rassemblement National vient au pouvoir. c'est-à
-dire
que du coup, ça légitime aussi le fait qu'on puisse interdire la prise de parole ou des actes culturels de gens qui ne leur plairaient pas. Donc moi, je ne suis pas là-dessus et j'appelle vraiment à ce qu'on réfléchisse à 360 degrés aux actions que nous menons. Voilà, maintenant, je ne suis pas LFI, je suis écologiste, mais je souhaite qu'il y ait une forme de rupture avec le système économique et social que nous connaissons actuellement et forcés de constater qu'aujourd'hui dans le paysage politique, c'est LFI qui le porte.
Alors, polémique autour de la chasse, vous n'êtes pas l'ami des chasseurs, ça, ce n
'est
pas un scoop, vous avez même déclaré qu'il fallait les affronter lors de cette ouverture de la chasse. Willy Schren a eu des propos assez durs sur cette antenne ce week-end. Je le cite, elle est folle, quand on est parlementaire et qu
'on
dit des choses comme ça, c'est incroyable, c'est de la folie. Qu'est-ce qui va se passer demain sur nos territoires s'il y a des gens qui s'opposent physiquement aux chasseurs et prennent cela au pied de la lettre ? Qu'est-ce que vous lui répondez
? Que
c'est incroyable de dire ça après un été de sécheresse où la faune sauvage a souffert comme jamais, qu'il y a eu des feux, des incendies énormes et qu'on autorise même la chasse dans les forêts dans lesquelles il y a eu ces incendies à Fontainebleau, par exemple, et que vous imaginez bien que s'il y a de la chasse dans la partie qui n'a pas été brûlée, les animaux vont être poussés vers la partie brûlée. Donc, en fait, pour eux, je ne comprends pas que les chasseurs ne prennent pas leurs responsabilités dans ce moment et
qu'ils
s'accrochent en dépit du bon sens et en dépit de la préservation de la biodiversité dans leur activité de loisir simplement parce que ça leur fait plaisir d'aller tirer des animaux le week-end. Mais je dis aussi que le terme de folle est un terme sexiste et qu'en fait, c'est aussi la révélation, ça révèle le masculinisme des chasseurs.
C
'est-à
-dire
qu'en fait, c'est une organisation qui est dans une appropriation virile de la nature. C'est-à-dire, c'est à moi, je tire quand je veux et s'il y a des écologistes qui se promènent dans la forêt à ce moment-là, eh bien, c'est eux le problème. Moi, je
dis attention. Vous essentialisez, vous essentialisez
les
chasseurs, vous dites... Quand
ils
me traitent de folle, ils m'essentialisent.
C'est Willy Schrein
qui le fait.
C
'est la Fédération nationale des chasseurs qui a intenté un procès contre moi parce que j'avais dit que les fusils de chasse pouvaient le week-end servir à des féminicides, ce qui est statistiquement prouvé. Et j'ai gagné d'ailleurs ce procès deux fois et ils me doivent d'ailleurs des dommages et intérêts. Et donc, à un moment, on ne fait pas de la... Enfin, on peut avoir un débat sur la chasse, mais on ne fait pas de l'intimidation comme ils le font par la justice et par des mots comme folle. À un moment, ce monde-là où les hommes peuvent se permettre de traiter les femmes de folle est terminé. Et pardon Willy Schrein, mais il
va
falloir évoluer.
Sandrine Rousseau est notre invitée dans la deuxième partie. On vous demandera si on peut poser nu et être féministe. C'est l'une des polémiques dont on parle beaucoup ces dernières heures sur les réseaux sociaux à propos d'une photo de Sydney Sweeney, une actrice américaine. Un auditeur vous interrogera sur les méga-bassines et puis vous aurez trois minutes pour nous convaincre qu'il faut abandonner ce que vous appelez l'ancien monde. À tout de suite. Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoz. Sandrine Rousseau est l'invitée du Grand Entretien. Dans un instant, vous nous direz ce que vous pensez de la publicité qui fait polémique tournée par l'actrice américaine Sydney Sweeney.
Un auditeur a choisi de vous interroger sur le stockage de l'eau, mais d'abord, nous vous proposons une carte blanche. Vous avez trois minutes pour nous convaincre qu'il faut abandonner ce que vous appelez l'ancien monde. C'est quoi l'ancien monde ?
L'ancien monde, c'est le monde dans lequel on était maître et possesseur de la nature, dans lequel on avait l'impression que notre technique et notre technologie allaient nous sauver quoi qu'il se passe. C'est un monde dans lequel aussi on gaspillait énormément. On pouvait utiliser du pétrole qui a fait des millions d'années, qui a nécessité des millions d'années pour être produit et on l'utilisait en plastique qu'on jetait dans les quelques secondes après l'avoir utilisé. Et en fait, c'est un monde de gaspillage, de destruction, de prédation et que j'invite vraiment tout le monde à sortir de ce monde-là.
Nous rentrons dans un monde d'incertitude et pour cela, il faut se poser la question de ce qui est essentiel pour nous. Qu'est-ce qui est essentiel ? L'eau, la nourriture, le logement, les liens sociaux, la culture, sans doute aussi l'éducation. Mais peut-être que cette espèce de consommation de masse et cette accumulation dans nos placards d'objets dont on ne se sert qu'une fois tous les deux ans n'est pas forcément nécessaire et c'est cela le monde qui nous préserverait de l'avenir. Et je voudrais juste en finir pour dire vous aimez vos enfants, vous les choyez, vous les adorez, vous faites tout pour qu'ils soient heureux.
Eh bien, faites en sorte que nous préservions les conditions de leur vie sur Terre et pour cela, il va falloir changer et sortir de notre mode de consommation et notamment aussi de la viande.
Alors concrètement, concrètement, qu'est-ce que cela signifie ? Notamment la question du stockage de l'eau, de cette ressource essentielle pour nous tous et en particulier pour les agriculteurs. On a une question d'un auditeur qui a souhaité vous interroger sur cet aspect-là.
Bonjour Mme Ronceau. Je suis Philippe, agriculteur au nord du Lot à Casdiat, au nord de la région Occitanie. Aujourd'hui, très touché par la canicule qui a frappé tout le pays de plein fouet depuis plusieurs mois. La trésorerie des agriculteurs est complètement assèche comme les cours d
'eau,
comme les rivières. Pour le monde agricole, pour des retenues d'eau, que comptez-vous faire ? Merci Mme Ronceau.
Moi,
je pense que l'agriculture ne doit pas vivre uniquement du cours des matières premières sur les marchés internationaux. C'est-à
-dire
qu'on doit trouver une manière de donner un revenu aux agriculteurs qui prennent en compte l'ensemble des activités de préservation de la biodiversité et de l'agroforesterie, de la qualité des sols, mais aussi qu'on aille, et je sais que c'est un tabou chez les agriculteurs, mais vers un revenu minimum de l'agriculture.
C
'est marrant,
c
'est
la question que j'allais vous poser. Vous voudriez
une
sorte de revenu minimum pour tout le monde ? Pourquoi ce
serait
tabou pour les agriculteurs ?
Parce que dans le monde agricole et dans la mentalité agricole, il y a beaucoup d'agriculteurs qui refusent de vivre de subventions ou de la redistribution, mais en fait, la politique agricole commune est une forme de redistribution. Donc de toute façon, il y a déjà une part du revenu agricole actuel qui est liée à cette redistribution. Ce que vous dites,
c'est que ce serait un moyen de se préserver des deux côtés, c'est-à
-dire à l'écologie,
de faire son chemin, mais aussi aux agriculteurs
de se préserver. Et
j'avais fait les calculs, si on verse un revenu minimum des agriculteurs à 1 000 euros pour tout agriculteur en deçà d'un certain seuil de rentabilité, eh bien, c'est la moitié du budget de la PAC. En fait, ça se fait, quoi. C'est possible, politiquement, c'est possible. Il suffit d'avoir une volonté.
Alors, j'avais envie qu'on aborde la question du stockage de l'eau. Est-ce que vous avez entendu l'intervention de Julien de Normandie il y a quelques semaines, ancien ministre et ingénieur agronome qui dit notamment sur cette question qui crispe un peu tout le monde du stockage et des méga-bassines qu'il faut arrêter de voir cette question-là sans l'aborder par la qualité des sols et par leur inclinaison. Que si on ne le fait pas, ça n'a pas de sens. Est-ce que sur cette question-là, il y a trop de crispations et est-ce que vous ne faites pas finalement un peu trop preuve d'idéologie
? Mais
il faut regarder la capacité des sols à retenir l'eau. C'est ça qui est essentiel. C'est pour ça que je vous parlais des haies tout à l'heure. Rémunérer les agriculteurs pour des haies. Alors c'est fait aujourd'hui mais de manière extrêmement faible. Mais rémunérer les agriculteurs pour entretenir des haies c'est aussi maintenir une humidité des sols. C'est empêcher qu'il y ait aussi un ruissellement qui emmène toute la matière fertile des sols. Donc en fait, c'est en cela qu'on doit revoir l'agriculture et le modèle agricole.
Vous ne dites pas non aux méga-bassines ? Vous dites qu'il faudrait mieux irriguer ?
Ah si, je pense qu'il faut... Les méga-bassines c'est des retenues d'eau qui pompent dans la nappe phréatique aujourd'hui. Vous voyez bien que dans l'état de sécheresse dans lequel on est on ne peut pas se permettre d'avoir comme ça une partie de la nappe phréatique qui est utilisée, conservée pour uniquement des
usages... Ce n'est
pas la seule explication. Il y a aussi une question de circulation de l'eau. C'est ce que nous disent les ingénieurs agronomes. Ça dépend tellement des terres.
Oui, mais les ingénieurs agronomes, je rappelle quand même qu'ils ont sacrifié la plupart des ruisseaux, la plupart des rivières pour aménager le territoire et qu'aujourd'hui si on avait ces ruisseaux et ces rivières au moins en partie, eh bien on ne serait pas dans les situations de sécheresse que nous connaissons actuellement. Donc en fait, quand je vous disais on sort du vieux monde,
c
'est on sort aussi de cette vision
de l'ingénierie...
Ça ne
peut
pas être non plus tout l'un ou tout l'autre. C'est un peu ça
ma question.
Je rappelle quand même que les méga-bassines servent une infime minorité des agriculteurs qui font de l'agriculture très intensive et notamment du maïs pour l'élevage. C'est pour ça que je mène ce combat sur la viande pour que l'agriculture puisse nourrir tout le monde mais aussi préserver l
'eau
pour tout le monde, préserver les sols pour tout le monde. Aujourd'hui, on a besoin des insectes,
on
a besoin des oiseaux et c'est pour ça que j'ai eu cette phrase qui a choqué beaucoup sur la rentabilité. C'est que plus on va dans une rentabilité purement économique de l'agriculture, plus on détruit la matière même qui nous permet de continuer à vivre, de retenir l'eau, d'avoir de la biodiversité, etc. Et donc d'éviter aussi des maladies. En fait, c'est tout notre rapport à la terre que l'on doit modifier mais pour cela, et je le redis, on doit aussi prendre soin des agriculteurs. Il n'est pas possible de les laisser seuls face à leur stock de dettes et regarder leur compte se vider petit à petit.
Sandrine
Rousseau, un tout autre sujet, une réaction sur les 4 milliards consacrés par le gouvernement à la loi intégrale sur la protection de l'enfance et les agressions sexuelles. Est-ce que c'est une bonne nouvelle ce que vient d'annoncer le gouvernement
?
Alors il l'a annoncé, je l'ai vu et je salue cette annonce. Maintenant je voudrais voir comment ça va s'incarner dans le PLF et le PLFSS, donc les deux budgets, État et Sécurité sociale, parce que les gouvernements successifs nous ont préparés et ont eu de multiples annonces comme ça où en fait ils ressortaient des espèces de vieilles lignes budgétaires qui existaient déjà donc permettez que je ne m'enthousiasme pas et que je regarde un petit peu et pour l'instant nous n'avons aucune précision sur où sont pris ces 4 milliards.
La France Insoumise notamment n'a pas co-signé le texte de loi sur les violences conjugales parce qu'ils disent qu'il y a des manques dans les fondamentaux, c'est un peu la même idée ? Vous attendez de voir ?
Oui mais moi d'ailleurs je ne l'ai pas signé encore parce que j'attends de voir si on va sur du tout répressif ou si c'est une véritable loi qui permette et la prévention et la détection et l'accompagnement.
Alors on aborde ce fameux sujet avec vous Benjamin Glees vous nous avez rejoint sur cette polémique autour des réseaux sociaux et cette publicité d'une américaine qui provoque un énorme tollé y compris en France.
Oui alors une américaine en l'occurrence l'actrice Sydney Sweeney depuis vendredi dernier elle apparaît dans un spot publicitaire pour un site de Paris sportif dont elle est actionnaire dans cette publicité la comédienne pose nu ou presque on la voit notamment cacher sa poitrine à l'aide de deux ballons de foot américains à notre moment c'est un panier de basket qui cache ses parties intimes tout ça pour parler de sport uniquement de sport dit-elle à la caméra.
Think you know sports
? Prove
it. Novik is
just
sports.
Sur
les réseaux sociaux de nombreux athlètes sont montés au créneau aux Etats-Unis comme en France pour dénoncer une sexualisation du sport féminin parmi les mots qui reviennent immonde ou encore régression Sandrine Rousseau mon corps mon choix est-ce que c'est une icône féministe selon vous ou une complice des masculinistes ?
Déjà
je voudrais dire que les femmes posent nu si elles souhaitent poser nu mais que là on revient quand même au salon vous savez le salon de l'automobile dans lequel il y avait des femmes à moitié nu qui posaient sur les capots des voitures de manière lassive pour attirer le consommateur là j'ai quand même l'impression qu'on revient aussi au calendrier Pirelli etc donc évidemment qu'il y
a
une dimension sexiste dans cette affaire c'est-à
-dire
qu'on utilise le corps d'une femme et pas n'importe quelle femme pour attirer les hommes et faire en sorte qu'ils s'inscrivent donc oui il y a une dimension sexiste maintenant je rappelle qu'évidemment les femmes font ce qu'elles veulent de leur corps
est-ce qu'il
y a
une forme de puritanisme ou pas dans le féminisme aujourd'hui ?
il
n
'y
a pas de puritanisme d'ailleurs enfin je crois que le féminisme d'aujourd'hui s'incarne aussi par une révolution sexuelle des femmes les femmes se réapproprient leur plaisir leur volonté de maîtriser leur plaisir leur orgasme ce qui est quand même quelque chose de tout à fait nouveau dans la sexualité féminine donc au contraire je pense qu'il n'y a rien de puritain mais par contre qu'on utilise les femmes comme des espèces d'appât le corps des femmes comme des appâts pour que les hommes dépensent de l'argent permettait quand même que je pose une limite à cela
Sandrine
Rousseau Sidney Sweeney elle desserre la cause féminine en faisant cela
?
elle revient aux années 70 je vous dis au salon de l'automobile
c'est quelque chose que vous ne voulez plus voir
?
non je pense que ces corps de femmes dans les pubs hyper sexualisés etc c'est aussi quelque chose qui ça a diminué dans l'espace public grâce aussi aux actions féministes c'est
à
dire que la question ce n'est pas notre nudité la question c'est à quoi sert cette nudité et pourquoi est-elle utilisée
? néanmoins vous apportez votre soutien à cette actrice ou pas ? parce qu'au-delà de la marque c'est elle qui est véritablement ciblée directement vous avez dit que son corps lui appartient c'est-à-dire que vous défendez cette actrice
vis-à-vis
des attaques
dont elle est la cible ? ça c'est un des
lignes que j'essaye d'imposer dans le débat politique qui n'est pas toujours compris c'est de dire attention nous n'utilisons jamais jamais les méthodes que nous dénonçons par ailleurs c'est-à-dire qu'on n'harcèle pas une femme même si on estime que son action n'est pas correcte on n'harcèle pas une femme parce que nous sommes contre le harcèlement d'une manière générale donc oui je suis très claire là-dessus on n
'a
pas harcelé cette femme par contre est-ce que la pub là est sexiste ?
la
réponse est oui
merci beaucoup Sandrine Rousseau d'avoir été notre invitée ce matin on va continuer de parler de Sidney Sweeney peut-on poser nue et être féministe ? ce sera dans notre débat à partir de 9h le vrai féminisme est-ce lutter contre l'hypersexualisation ? voilà l'une des questions que l'on pourra poser on sera également avec Fatima Benonard d'oser le féminisme à tout de suite
Sandrine Rousseau