Les 7 minutes de Anne Hidalgo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Invité politiqueFait
« d'abord c'est vrai que c'est une violence que je vois que je côtoie au quotidien ça peut être des comportements de personnes d'individus qui sont tout d'un coup on les sent en dehors du monde qui les entoure avec un risque de violence »
- 1:26Invité politiqueFait
« l'agression contre bertrand delanoë par exemple nuit blanche première nuit blanche on est tous heureux on lance quelque chose on savait pas à ce moment là que ça allait devenir un événement culturel majeur »
- 2:07Invité politiqueFait
« coup de couteau au maire et là c'est tout d'un coup l'irruption d'un réel très violent à un moment où on fait on essaye de faire quelque chose de bien »
- 2:51Invité politiqueFait
« on m'appelle dans la nuit assez vite pour me dire ce qui s'est passé est là tout bascule vraiment et vous vous ne comprenez plus très bien et en même temps bien sûr c'est la peur la peur de cet acte de ce geste sur le maire »
- 3:35Invité politiqueFait
« certes ça a été reconnu comme le geste d'un être déséquilibré mais ça s'est produit là au milieu de nous tous auraient pu avoir des conséquences encore plus dramatiques »
- 6:52Invité politiqueFait
« souvenirs comme ça de rappel du réel alors là c'est vraiment dramatique parce que c'était les incendies de l'année 2005 dans dans des foyers dans des hôtels insalubres de mersch de marchands de sommeil »
- 8:47Invité politiqueFait
« je ne sais pas si c'est une question de genre voilà parce que je vois quelqu'un comme bertrand delanoë est quelqu'un d'une extrême sensibilité qui a su être justement cette figure rassembleuse »
- 10:11Invité politiqueFait
« l'essentiel de l'exercice qui est le mien c'est un exercice de parole comment je rends compte de ce que je fais comment j'explique comment je comprend ce qu'on le dit »
- 10:55Invité politiqueFait
« si on franchit des limites avec les mots qu'on utilise n'y a aucune raison que nos concitoyens ne se sentent pas finalement autorisé à eux-mêmes franchir une limite qui est celle du passage à l'acte violent »
- 11:39Invité politiqueFait
« moi je j'utilise beaucoup le mot de bienveillance et on m'a dit m'enfin ce mot là n'a rien à voir avec le monde politique le monde politique n'est pas un monde bienveillant »
- 13:45Invité politiqueFait
« je suis né en espagne j'étais tout petit j'avais deux ans et demi quand mes parents ont décidé de venir en france parce que il estimait que c'était là qu'on avait notre vie et que l'avenir de leur fille au pluriel puisque j'ai une soeur était est en fait »
- 14:27Invité politiqueFait
« quand je quitte cadix que je prends le train je me souviens comment j'étais habillé je me souviens du sac du petit sac en bandoulière que j'avais je me souviens des wagons »
- 15:10Invité politiqueFait
« on a vécu les premiers mois de notre arrivée à lyon dans un grenier une chambre avec un matelas au milieu et puis lucarne »
Temps de parole
- Anne Hidalgo100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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d'abord c'est vrai que c'est une violence que je vois que je côtoie au quotidien ça peut être des comportements de personnes d'individus qui sont tout d'un coup on les sent en dehors du monde qui les entoure avec un risque de violence mais c'est aussi parfois la réaction de ceux qui sont autour qui passe alors qu'ils passent la violence elle peut être dans le fait qu'on ignore ou dans le fait que on va contrer on se rend pas compte d'une personne là tout d'un coup qui est parti ailleurs qui n'est plus dans le même univers que nous cette violence là elle est assez présente avec ses formes de régulation mais moi je les rencontrer à plusieurs reprises peut-être aussi d'une autre façon en tout cas elle sert à pied à moi je pense à des événements importants que j'ai vécu en tant qu'élu l'agression contre bertrand delanoë par exemple nuit blanche première nuit blanche on est tous heureux on lance quelque chose on savait pas à ce moment là que ça allait devenir un événement culturel majeur repris par plein plein plein de grandes capitales et puis on savait surtout pas que cette première nuit blanche allait se terminer par un coup de couteau au maire et là c'est tout d'un coup l'irruption d'un réel très violent à un moment où on fait on essaye de faire quelque chose de bien on pense que ça va permettre la culture ça permet de pacifier moi je dis souvent c'est un langage qui transcende tous les autres langages et puis tout d'un coup on se trouve confronté à quelqu'un qui a été reconnu irresponsable mais qui se précipitent sur le maire et qui le poignarde et là tout bascule tout bascule ça a quel sens on on faisait quelque chose qui relève d'une fête moi j'étais pas avec le mr à ce moment là au moment où il prend le coup de poignard on m'appelle dans la nuit assez vite pour me dire ce qui s'est passé est là tout bascule vraiment et vous vous ne comprenez plus très bien et en même temps bien sûr c'est la peur la peur de cet acte de ce geste sur le maire sur bertrand qui est à l'hôpital en réanimation qu'on peut pas boire qui on peut pas parler que des médecins ont soigné sauver très vite il est il ya pas de pronostic vital engagé mais il est en réanimation est là quand même c'est voilà vous êtes dans un lieu public dans la maison commune des parisiens ça s'est passé là qua non au mur et on se dit comment comment ça a pu se passer certes ça a été reconnu comme le geste d'un être déséquilibré mais ça s'est produit là au milieu de nous tous auraient pu avoir des conséquences encore plus dramatiques et on comprend pas alors après on prend des mesures pour on se dit que ça peut se reproduire on dit on se dit que ça peut se reproduire et on se dit voilà certains moments moi qui n'ai pas peur de la foule qui ne suis pas quelqu'un de comment dire d'angoissé j'ai pas de réflexes un peu parano qui pourrait me dire attention j'ai pas de mouvement de recul et puis de temps en temps j'y pense voilà j'y pense et je me dis quand je vois maintenant c'est vrai dans une foule quelqu'un qui qui vient qui n'a pas l'air de tourner rond c'est à dire qui a l'air d'être dans son univers à nuit j'aurais plutôt tendance à me dire bon attention c'est à dire on peut pas faire attention à tous mais à y penser donc ça c'est quelque chose de très dur je crois que c'est parce que là c'est une violence physique sur quelqu'un sur quelqu'un qui compte d'abord il ya une fonction on a une fonction l'édile de cette ville et et puis c'est quelqu'un de proche et donc c'est quelque chose qui sait qu'on y pense oui qu'on y pense tout le temps il ya d'autres forme de violence que j'ai pu rencontrer qui m'ont m'ont beaucoup frappé je me souviens quand il ya eu les attentats enfin les attentats les oui on peut parler d'attentât n'était vraiment des actes antisémite rue petit dans dix neuvième avec des jeunes qui s'était fait violemment agresser parce qu'ils portaient une kippa 1 samedi soir et là aussi vous vous dites paris n'est pas une ville où ça peut se produire c'est pas possible pas dans cette ville pas ici et pourtant ça s'est produit il ya une forme de violence là qui s'est exprimé contre entre des jeunes est contre un jeune qui portait une kippa donc il y avait un signe distinctif parce que c'était un samedi et là aussi on vous dit comment comment ça peut se produire et en même temps c'est une ville paris qui que j'ai toujours vu réagir avec quand même une force très particulière souvenirs comme ça de rappel du réel alors là c'est vraiment dramatique parce que c'était les incendies de l'année 2005 dans dans des foyers dans des hôtels insalubres de mersch de marchands de sommeil est là bas c'est un coup de fil la nuit à 3 heures du matin de la protection civile de mon ami hervé billaut lille qui m'appelle et me dit c'est terrible là il faut venir c'est c'était le l'incendié de l'hôtel de la rue de provence est là là vous vous dites non paris peut pas on ne peut pas être une ville où ça se produise donc qu'est-ce qui fait que ça se produit qu'est ce qui fait que il ya cet enchaînement il ya eu plusieurs plusieurs incendies cette année la dramatique avec des enfants qui sont membres avec des choses là ou plus rien ne peut être comme avant parce que vous savez que ça peut se produire et est toujours pareil il ya à la fois cette réaction immédiate de bon dedans goise deschodt là c'est la mort la mort qui hélas sont des parisiens des gens qui étaient dans des conditions de vie assez indigne et puis en même temps il ya la réaction la solidarité voilà c'est arrivé comment on fait pour que ça n'arrive plus et tous qui s'enclenche pour que ça n'arrive plus mais en même temps ça reste c'est là c'est un fait ça c'est passé ça existait je ne sais pas si c'est une question de genre voilà parce que je vois quelqu'un comme bertrand delanoë est quelqu'un d'une extrême sensibilité qui a su être justement cette figure rassembleuse et très fédératrice et c'est un homme et puis il ya des femmes qui dans leur langage utilise un langage extrêmement belliqueux donc est ce que c'est une question de genre je pense que dans l'éducation qui est la nôtre entre gars qui a été la mienne forcément quand on est une femme on a une expérience de vie qui vous amène à développer des compétences et des capacités différentes de celles des hommes donc peut-être que ça peut et notamment d'hommes classique issu du sérail politique de façon plus classique peut-être mais moi j'ai plutôt tendance à dire que le politique homme ou femme a une responsabilité majeure si nous dans nos propos nous allons vers ce type de violence vers un discours agressif si nous comparons par exemple la démocratie à la guerre en utilisant le discours de la guerre pour parler de ce que nous faisons au quotidien là je pense qu'on commet des erreurs si c'est pas conscients et des fautes si on le fait consciemment parce que je pense que les mots sont très très importants et que le politique sa force numéro un c'est la parole nous exerçons bien sûr des responsabilités on gère des budgets ont jamais nage une ville fut adjointe à l'urbanisme mais en même temps l'essentiel de l'exercice qui est le mien c'est un exercice de parole comment je rends compte de ce que je fais comment j'explique comment je comprend ce qu'on le dit et comment j'essaye d'entraîner voilà les parisiens sur les projets qui me semble qu'ils sont bons pour l'ensemble parce qu'ils correspondent à nos valeurs et donc c'est la parole et si cette parole est une parole empreinte de violence moi je dis souvent quand il ya eu par exemple des des moments encore récemment un peu dur d'agression voilà verbale ou d'agressions physiques ces derniers temps je dis souvent attention derrière la violence des mots il ya la violence des actes parce que si on franchit des limites avec les mots qu'on utilise n'y a aucune raison que nos concitoyens ne se sentent pas finalement autorisé à eux-mêmes franchir une limite qui est celle du passage à l'acte violent dans des situations où ils peuvent s'estimer incompris et où la parole n'est plus l'élément qui leur permet d'être en relation avec l'autre et sam je pense qu'on a vraiment une responsabilité majeure hommes ou femmes politiques à se dire que la parole efforts to say par exemple moi je j'utilise beaucoup le mot de bienveillance et on m'a dit m'enfin ce mot là n'a rien à voir avec le monde politique le monde politique n'est pas un monde bienveillant ok j'avais compris que le monde politique n'était pas un monde de bienveillance mais moi je souhaite introduire le mot bienveillance dans le discours politique et je souhaite qu'il fasse partie des maux du politique parce que ça me paraît important que en mots comme celui là puisse effectivement cheminer dans nos têtes et forcément dans nos actes il ya plein d'autres mots qui me paraissent on n'est pas condamné à les utiliser je dis souvent aussi quand on me dit oui mais quand même il faut vous êtes trop gentil je préfère être gentille méchante l'ont déjà mais ça veut dire quoi être trop gentil simplement être à l'écouté se fixer des règles de courtoisie et des règles éthiques qui font qu'on n'attaque pas les gens sur des choses qui sont sans fondement et qui peuvent générer beaucoup d'incompréhension moi je pense qu'il faut que le politique se réapproprie un certain nombre de mots et qu'on comprenne que un stade avancé de démocratie comme celui qui devrait être le nôtre suppose aussi une évolution du langage politique qui sortent du langage de la guerre pour venir vers un langage qui est un langage beaucoup plus adapté à l'intelligence humaine voilà et moi je préfère parler à des gens en considérant qu'ils sont intelligents plutôt que de me dire je vais utiliser des figures qu'ils sont défigurés des postures mais qui ne sont pas moins non je préfère être moi sans doute pour moi le plus fondateur c'est l'immigration je suis né en espagne j'étais tout petit j'avais deux ans et demi quand mes parents ont décidé de venir en france parce que il estimait que c'était là qu'on avait notre vie et que l'avenir de leur fille au pluriel puisque j'ai une soeur était est en fait je pense que ça a été un moment sans doute très fort de de discussions familiales d'angoise de peur de mes parents que j'ai ressenti à ce moment là et donc je garde un souvenir très très fort j'avais deux ans et demi mais de mon premier voyage ah oui quand je quitte cadix que je prends le train je me souviens comment j'étais habillé je me souviens du sac du petit sac en bandoulière que j'avais je me souviens des wagons voilà je me souviens de l'arrivée à irun c'était le poste frontière avec l'espagne et je me souviens mon père était déjà là et donc je faisais ce voyage avec ma mère et ma soeur je me souviens de ces éléments là je me souviens de de notre arrivée dans un grenier parce qu'on a vécu les premiers mois de notre arrivée à lyon dans un grenier une chambre avec un matelas au milieu et puis lucarne je me souviens je me souviens je revois encore donc j'avais deux ans et demi mais je m'en souviens c'est j'ai pas de photos de cette époque mais aucune photo une photo sans gras mais elles sont gravées et je me souviens voilà de dire à ma mère mais c'est la convaincre maman en regardant ce matelas on allait dormir tous les quatre donc ça c'est des choses très fortes qui font que je sais d'où je viens et donc j'ai eu la chance quand même d'avoir des parents extrêmement est membre donc ça je me dis mon dieu heureusement et du coup et en plus qui n'ont jamais cultivé d'esprit de revanche chez nous ils ont toujours considéré que voilà on était là on allait s'en sortir voilà il nous aimait donc j'ai toujours donné une conscience absolue pourtant franchement on n'allait rien rien et c'était sans filet on y venait sans fil à ils parlaient pas la langue n'est pas rien est ce que c'est de là que vous avez tiré une certaine forme oui je pense c'est pour ça que quand le traumatisme je pense qu'il est là il est dans mon un déracinement dans quelque chose où vous vous dites même si vous êtes tout petit vous vous dites il ya un truc là qui est en train de basculer dans ma vie même si vous n'avez pas très bien ce que c'est et et de voir d'abord les exemples autour de moi et puis amour très fort quand même et de vous dire c'est comme ça tu vas tu vas tu adaptes et tu va avancer tu vas comprendre tu vas et de se dire j'ai beaucoup d'assurance j'ai beaucoup d'assurance mamans n'ont absolument pas c'est absolument rien ne pouvait venir comment dire m'empêcher finalement d'avoir la vie que j'avais envie d'avoir et ça aussi je pense que c'est lié à ce déracinement à cette nouvelle vie vers laquelle on est allé en famille et puis bon les décisions toujours été prise en famille fait de devenir française s'est fait en en discutant en famille où on est et où tout sourit à quoi donc et je pense que ça m'a aussi donné comme force l'idée qu'on ne se résignent jamais alors là moi bon voilà je en gros je n'ai peur de rien sauf de la mort de mes proches de la malade y voit là sa seule chose qui me fasse peur le reste du peur de rien
Anne Hidalgo