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#Direct 🔮YaĂ«l Braun-Pivet, PrĂ©sidente de l'AssemblĂ©e nationale, invitĂ©e du Grand Jury RTL-Le Figa...

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Le Grand Jury, prĂ©sentĂ© par Olivier Bost. Bonjour Ă  tous, bienvenue dans ce Grand Jury. Nous sommes en direct sur RTL et nous sommes en direct sur Public SĂ©nat. C'est notamment sur le canal 8 de la TNT. Bonjour, Yael Brunpivet. Bonjour. Vous ĂȘtes la prĂ©sidente de l'AssemblĂ©e nationale. Le gouvernement va-t-il finir par faire un budget sans le Parlement recourir au 49-3, c'est-Ă -dire une adoption sans vote ou recourir aux ordonnances ? SĂ©bastien Lecornu n'a pas choisi, redoutez-vous, un passage en force du Premier ministre et d'Emmanuel Macron. Et puis dans les deux cas, est-ce un aveu d'Ă©chec pour les dĂ©putĂ©s incapables de trouver un compromis ?

Nous verrons aussi dans ce Grand Jury s'il reste beaucoup de choses Ă  faire au Parlement d'ici la fin du quinquennat et surtout si beaucoup de choses sont possibles. Bienvenue dans ce Grand Jury, Yael Brunpivet.

0:58
Yaël Braun-Pivet

Merci beaucoup.

0:59
Présentateur

À mes cĂŽtĂ©s pour vous interroger, PĂ©rine Tarnot de Public SĂ©nat. Bonjour. Et Karl Meus du Figaro, dans ce Grand Jury, Yael Brunpivet, nous aurons plusieurs sĂ©quences. Nous Ă©voquerons un monde sous tension avec l'Iran, avec le Groenland, avec le Mercosur. Vous rĂ©pondrez aussi Ă  nos questions express. Le Grand Jury, ça se passe au Parlement. Tout d'abord, Yael Brunpivet, est-ce que vous avez un doute ce midi ? Pour en finir avec le budget, SĂ©bastien Lecornu va-t-il choisir de dĂ©clencher un 49-3, c'est-Ă -dire une adoption sans vote, au Parlement ou recourir Ă  des ordonnances ?

1:36
Yaël Braun-Pivet

LĂ  oĂč je n'ai pas de doute, c'est que nous avons Ă©chouĂ© Ă  dĂ©battre et Ă  adopter ce budget. Donc le Premier ministre et le gouvernement vont choisir une voie ou l'autre, celle que vous avez exprimĂ©e. Ce n'est Ă©videmment pas Ă  moi de dire quelle est ma prĂ©fĂ©rence, ce sont des outils gouvernementaux. Mais effectivement, on peut tous dĂ©plorer que nous n'ayons pas rĂ©ussi Ă  aboutir. Vous savez, moi, dĂšs le mois d'octobre, je faisais le constat que nos rĂšgles, nos procĂ©dures n'Ă©taient vraiment pas adaptĂ©es. Et je disais, il faut que ce soit le dernier budget, discuter de la sorte. Eh bien, plusieurs mois aprĂšs, on ne peut que constater que j'avais raison, nos rĂšgles ne sont pas adaptĂ©es.

Nous n'avons parlé que de taxes, que de recettes supplémentaires, que d'impÎts. Nous n'avons jamais parlé de ce qui intéresse aux premiers chefs des Français, à l'Assemblée nationale. La question de la justice, de l'éducation nationale, des questions environnementales, tout cela n'a pas été abordé, ne serait-ce qu'une minute, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. On voit bien que démocratiquement, ça ne va pas.

2:39
Présentateur

Vous dites, Yael Brunpivet, je n'ai pas de prĂ©fĂ©rence entre le 49-3 et les ordonnances. Ce n'est pas la mĂȘme chose.

2:44
Yaël Braun-Pivet

Ce n'est pas la mĂȘme chose, mais ce sont deux outils constitutionnels qui sont Ă  la main du gouvernement.

2:51
Présentateur

Pour les ordonnances, ça n'a jamais été utilisé. Et pour le coup, ça revient à totalement squeezer le Parlement.

2:58
Yaël Braun-Pivet

Les deux outils sont des outils de parlementarisme rationalisé, qui sont tous les deux destinés à passer outre un blocage parlementaire. Ce blocage, il existe, on le voit. On n'est pas capable de voter, on a trop d'amendements.

3:12
Présentateur

D'accord, mais pour vous, les ordonnances ne créent pas un précédent ?

3:16
Yaël Braun-Pivet

Les ordonnances créent évidemment un précédent, puisque ce serait la premiÚre fois que ce serait utilisé. Mais à nouveau, ce n'est pas à moi de choisir. Moi, je suis présidente de l'Assemblée nationale. Moi, je fais mon job qui est de dire aujourd'hui, je regrette que l'Assemblée nationale ne puisse pas aller au bout de l'examen du budget. Nos rÚgles ne sont pas adaptées. Il faut les modifier. J'ai entamé une réforme du rÚglement de l'Assemblée nationale. J'ai demandé au président des commissions des finances des affaires sociales de me proposer des modifications. Et j'ai échangé avec le président du Sénat là-dessus.

Donc moi, je fais ce qui concerne l'Assemblée nationale, modifier nos rÚgles pour que le budget ne soit plus jamais discuté de cette façon.

3:55
Présentateur

On reviendra sur ces modifications.

3:56
Yaël Braun-Pivet

Est-ce qu'avec les ordonnances, il y a un risque juridique pour le budget ? Michel Barnier, qui était à votre place la semaine derniÚre, nous racontait qu'il avait repoussé cette option à l'automne 2024 pour des raisons constitutionnelles, juridiques. Est-ce que vous, vous partagez ces craintes ? En fait, il y a beaucoup de débats de juristes sur ce sujet, puisqu'évidemment, elles n'ont jamais été utilisées. Et le débat, c'est qu'en fait, si on utilise, si le gouvernement décide de passer par ordonnance, il doit passer par ordonnance, prendre par ordonnance le budget initial.

Et donc, ce budget ne tiendrait évidemment pas compte de l'ensemble des débats parlementaires, alors que dans l'hypothÚse 1.49.3, il peut retenir des amendements qui auraient été votés par l'Assemblée nationale ou par le Sénat. Donc, ces deux procédures différentes, c'est vraiment, encore une fois, à lui de choisir quelle est la procédure qu'il veut suivre. Mais en tout cas, ce qu'on observe aujourd'hui, c'est que finalement, il y a des négociations et il y a finalement l'amorce d'un compromis sur le budget qui est en train d'avoir lieu, un compromis politique.

Et ce qu'on peut tous dĂ©plorer, c'est que ce compromis ne puisse pas naĂźtre sur les bancs de l'AssemblĂ©e nationale et qu'il naisse Ă  l'extĂ©rieur de l'AssemblĂ©e nationale, mais quand mĂȘme avec des forces politiques qui sont toutes reprĂ©sentĂ©es Ă  l'AssemblĂ©e nationale et les discussions se font avec les parlementaires. Mais elles se font juste en dehors de l'hĂ©micycle et dĂ©mocratiquement, je ne peux que le dĂ©plorer en tant que prĂ©sident de l'AssemblĂ©e nationale.

5:21
Invité

Emmanuel Macron a fait part de son impatience sur cette procĂ©dure, sur la façon dont les choses se passaient. Est-ce que vous comprenez cette impatience de l'ÉlysĂ©e ? Est-ce que vous la partagez ?

5:31
Yaël Braun-Pivet

Et je la partage parce qu'on a toute une sĂ©rie de textes Ă  examiner Ă  l'AssemblĂ©e nationale. Donc en fait, tout le temps qu'on passe sur le budget, on ne le passe pas sur le texte fin de vie, sur le texte relatif Ă  l'aide sociale Ă  l'enfance, sur des nouveaux textes Ă©ventuels sur l'agriculture, sur des textes sur la sĂ©curitĂ©, etc. Donc on a un certain nombre de textes qui sont encarafĂ©s et donc ça, c'est dommageable pour tout le monde. Et puis ensuite, on voit bien que ces dĂ©bats parlementaires interminables sont nocifs pour nos concitoyens et pour notre Ă©conomie. Ça refroidit les investissements, que ce soit des investissements Ă©trangers ou des investissements nationaux.

On voit bien que ça crée de l'incertitude. Nos compatriotes sont dérangés par cette absence de budget. Et donc effectivement, il faut y aller, il faut en finir.

6:22
Invité

Il aurait fallu le faire peut-ĂȘtre un peu plus tĂŽt. À un moment, fin dĂ©cembre, on s'Ă©tait posĂ© la question de savoir si...

6:26
Yaël Braun-Pivet

On s'est tous posé la question. AprÚs, c'est trÚs... Voilà, c'est difficile de trouver la bonne stratégie. L'objectif, et je crois que là, on peut tous le partager, c'est qu'effectivement, au 31 janvier, notre pays est un budget. On parlera de la situation internationale. On parlera d'un certain nombre de textes sur le plan politique intérieur. On ne peut pas continuer à perdre du temps ainsi. Et ça affaiblit notre pays, ça affaiblit notre crédibilité à l'international et la parole de la France. Et puis on a aussi, dans les textes à examiner, une loi de programmation militaire dont nous devons augmenter le budget. Et donc ça aussi, ça fait partie des priorités.

Et tous nos compatriotes comprennent bien qu'il vaudrait mieux que l'AssemblĂ©e nationale. C'est sĂ»rement la procĂ©dure budgĂ©taire. La navette parlementaire n'est pas terminĂ©e. En 449-3, par exemple, le texte budgĂ©taire devra repartir vers le SĂ©nat. Est-ce que vous craignez, lĂ , que le SĂ©nat puisse Ă  nouveau ralentir le processus ? Alors, le SĂ©nat a un rĂŽle constitutionnel. L'objectif du SĂ©nat, ce n'est pas de ralentir le processus, c'est de dĂ©fendre l'intĂ©rĂȘt, notamment, des collectivitĂ©s territoriales. Donc lĂ , il y a un dĂ©bat et une nĂ©gociation aussi sur le budget des collectivitĂ©s.

Mais l'objectif, et il est partagé par tous, c'est qu'on puisse doter notre pays d'un budget le plus rapidement possible.

7:42
Présentateur

L'Ă©ventualitĂ© d'un recours aux ordonnances ne vous gĂȘne pas. Ça peut avoir une consĂ©quence politique quand mĂȘme. C'est une censure sur SĂ©bastien Lecornu, donc une chute, une nouvelle chute d'un Premier ministre. Est-ce qu'il n'y aurait pas lĂ  de nature Ă  l'instabilitĂ© que vous redoutez ?

7:58
Yaël Braun-Pivet

– Vous savez, dans la procĂ©dure du 49-3, il y a aussi un risque de censure du gouvernement.

8:04
Présentateur

– Oui, mais c'est pas la mĂȘme chose. S'il y a un accord avec le PS de non-censure, les ordonnances


8:09
Yaël Braun-Pivet

– Non, mais j'imagine que cet accord de non-censure, il couvrirait, il existerait quel que soit le choix procĂ©dural du Premier ministre. Mais Ă  nouveau, vraiment, ça n'est pas Ă  moi de vous dire ce que je prĂ©fĂšre. Moi, ce que je prĂ©fĂšre et ce que je souhaite, c'est que la France ait un budget. Et qu'ensuite, ce soit Ă  nouveau le dernier discutĂ© de la sorte et qu'on modifie nos rĂšgles. – Le recours au 49-3, de la part de SĂ©bastien Lecornu, ce serait quand mĂȘme un Ă©chec, puisqu'il s'Ă©tait engagĂ© Ă  ne pas l'utiliser. – Je partage. Vous regrettez qu'il puisse avoir
 – C'est un Ă©chec, c'est ce que vous dites.

– Moi, je partage le fait que quand on prend des engagements, quand on fait de la politique, il faut tenir les engagements qu'on prend. AprĂšs, la situation est ce qu'elle est et l'objectif du Premier ministre affirmĂ©, comme le nĂŽtre, c'est de doter la France d'un budget, quelle que soit la procĂ©dure. AprĂšs, moi, ce que j'attends vraiment, c'est que toutes les forces politiques s'engagent vraiment trĂšs rĂ©solument sur les modifications de nos rĂšgles pour que la prochaine fois, on puisse vraiment adopter un budget aprĂšs une discussion totale, globale au Parlement du budget de la nation.

9:11
Invité

– Pierre LemĂ©us. – Alors, vous ne dites pas le mot, mais on comprend que vous reprenez le mot de PĂ©rine Tarnot en disant que c'est un Ă©chec de SĂ©bastien Lecornu. Lui dit que c'est la faute de la France insoumise et du Rassemblement national qui, par leur comportement, ont empĂȘchĂ© l'adoption de ce budget. Est-ce que ce n'est pas un peu facile d'accuser comme ça les extrĂȘmes, alors qu'on sait que peut-ĂȘtre c'est les socialistes, les rĂ©publicains et l'absentĂ©isme des dĂ©putĂ©s du Bloc central qui a en retardĂ© ?

9:36
Yaël Braun-Pivet

– Non, mais Ă  nouveau, vous savez, Ă  nouveau, regardez, en nouvelle lecture, lĂ , on a 10 fois plus d'amendements qu'en 2016. Donc on Ă©tait Ă  350 amendements Ă  peu prĂšs Ă  2016. LĂ , j'ai 3500 amendements. Donc on voit bien que tous les partis ont contribuĂ© Ă  emboliser le dĂ©bat parlementaire. Et c'est en cela oĂč, effectivement, il faut qu'on s'assoie autour de la table et qu'on se dise, en fait, on va organiser les discussions budgĂ©taires autrement, notamment pour aussi pouvoir aborder des politiques publiques dans leur globalitĂ©. On parle beaucoup du logement. C'est un sujet qui concerne tous nos compatriotes.

Il faut qu'on puisse avoir un regard global sur le logement plutĂŽt que d'aborder par petits bouts ce type de discussion autour des taxes, du statut du bailleur, etc., etc. On doit aborder les choses de façon pluriannuelle, par politique publique, pour pouvoir avoir des votes globaux et arrĂȘter de regarder comme ça le budget uniquement par le prisme de la taxation.

10:33
Invité

– On dit que c'est un peu tous coupables.

10:34
Yaël Braun-Pivet

– Mais tous coupables. Et je dis aussi, les rĂšgles n'aident pas Ă  l'Ă©mergence du compromis. Et ça, c'est problĂ©matique. Quand il y a une volontĂ© politique qui est empĂȘchĂ©e par de la procĂ©dure, il faut changer la procĂ©dure.

10:47
Présentateur

– Alors SĂ©bastien Lecornu a fait des annonces vendredi soir, trĂšs clairement pour amadouer les socialistes. Alors il y a des avancĂ©es qui sont principalement des dĂ©penses, notamment par exemple 50 euros en moyenne sur la prime d'activitĂ©. Il y a la revalorisation du barĂšme de l'impĂŽt. Il y a aussi, par exemple, pour les bailleurs sociaux, quelques centaines de millions d'euros ou encore le repas universitaire Ă  1 euro pour les Ă©tudiants. – Tout ça, ce sont des dĂ©penses nouvelles. OĂč sont les Ă©conomies ?

11:14
Yaël Braun-Pivet

– Eh bien dĂ©jĂ , il faut aussi avoir des recettes nouvelles. Et c'est pour ça qu'il y a sur la table la question de la taxation des holdings, de la contribution des grandes entreprises. Et donc ça, il faut le regarder. Pour le moment, le compte n'y est pas et pour financer toutes ces mesures. Et puis en termes d'Ă©conomie, Ă©videmment, il faut en faire. Et elles ont, alors une partie a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© exposĂ©e par le gouvernement. Mais ce qu'il faut, c'est que globalement, et ça je pense que tous les acteurs du compromis le souhaitent, c'est un budget qui revienne Ă  5% de dĂ©ficit. On doit respecter cette trajectoire. On voit bien qu'aujourd'hui on n'y est pas.

– Et pour ça, il faudra passer par une hausse de la fiscalitĂ©, non ? – C'est ce que je viens d'indiquer. – C'est ce que refusent les RĂ©publicains, c'est ce que refusent aussi Olivier Faure. – C'est pour ça qu'il faut trouver un bon
 Alors c'est pas vrai. Moi je n'ai pas entendu
 – Il a dit qu'il ne voulait pas. – Les uns et les autres refusaient une taxe sur les holdings ou une contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises. – Quand Olivier Faure dit qu'il ne veut pas que les Français en payent le prix
 – Ce n'est pas la mĂȘme chose. C'est de dire que les mĂ©nages ne doivent pas, eux, avoir une hausse de leur contribution. Mais il n'a pas parlĂ©.

En tout cas, je ne vais pas faire l'exégÚse de ce que disent les uns et les autres. Mais en tout cas, moi je vous dis ce que je pense. Il faut qu'on revienne aux 5% de déficit. Il faut faire contribuer chacun à hauteur de l'effort qu'il peut mener parce qu'il faut que ce budget reste juste et équitable. Et il faut résolument s'engager sur une trajectoire d'économie et de rationalisation de nos dépenses.

12:45
Présentateur

– Donc il faut trouver 7 Ă  8 milliards d'euros. C'est Ă  peu prĂšs les calculs sur les mesures qu'a annoncĂ© SĂ©bastien Lecornu vendredi. 7 Ă  8 milliards auprĂšs des entreprises.

12:53
Yaël Braun-Pivet

– Il faut regarder. Mais notamment, ça fait partie des pistes qui doivent ĂȘtre
 Continuer Ă  ĂȘtre explorĂ©es. Sachant que, et j'ai entendu la ministre du Budget et elle a raison, il ne s'agit pas de recrĂ©er de nouvelles taxes ou de partir sur de nouvelles solutions.

13:08
Présentateur

– Et je reviens quand mĂȘme sur la question des Ă©conomies. Parce qu'on ne voit pas, effectivement, et c'est une critique qu'on entend rĂ©guliĂšrement, on va appeler ça d'Ă©conomie structurelle. C'est-Ă -dire que finalement, l'État ne fait aucune rĂ©forme ou aucun effort particulier pour participer Ă  l'effort global, pour rester dans les 5%.

13:28
Yaël Braun-Pivet

– En fait, les grosses rĂ©formes structurelles, elles nĂ©cessitent des projets de loi. Par exemple, quand le Premier ministre reprend les propositions que j'avais faites sur un nouvel acte de dĂ©centralisation, de simplification, de rationalisation des compĂ©tences des collectivitĂ©s. Eh bien ça, c'est de nature Ă  apporter plus de 7 milliards d'Ă©conomies sur le budget de la nation par an. C'est quelque chose qui a Ă©tĂ© chiffrĂ© par le maire de Charleville-MĂ©ziĂšres, Boris Ravignon. Il y a des propositions aussi qui sont contenues dans le rapport d'Éric Woerth. Cela, c'est de nature Ă  faire des Ă©conomies structurelles qui se renouvelleront tous les ans.

Mais pour ce faire, nous devons avoir un projet de loi. Et c'est notamment la raison pour laquelle il faut qu'on arrĂȘte les discussions sur le budget pour pouvoir aborder ce type de projet de loi qui permettra d'avoir justement des Ă©conomies structurelles pour notre pays et qui soient des Ă©conomies solides.

14:24
Présentateur

– Est-ce que vous, parce que le Premier ministre en a reparlĂ© vendredi soir, est-ce que vous croyez Ă  l'allocation sociale unique ?

14:30
Yaël Braun-Pivet

– Alors moi, j'y crois beaucoup. Et vous savez, j'Ă©tais, avant de faire de la politique, j'Ă©tais engagĂ©e au Resto du Coeur, j'Ă©tais bĂ©nĂ©vole. Et je voyais des gens qui, en fait, se perdaient dans le mĂ©andre administratif et qui n'avaient pas recours aux aides auxquelles pourtant ils avaient droit. Et donc, avoir une aide sociale unique qui permet de lutter contre le non-recours et de lutter contre les fraudes aussi, puisque tout le monde sait qu'il y en a Ă©galement, et bien ça me semble quelque chose d'important et je suis tout Ă  fait favorable Ă  cette aide sociale unique.

15:03
Présentateur

– Mais est-ce que son but cachĂ©, ce n'est pas de plafonner globalement les aides ?

15:08
Yaël Braun-Pivet

– Alors, le vrai but de l'aide sociale unique, c'est celui que je viens de vous dĂ©crire. – C'est simplifier, permettre de lutter contre le non-recours et de lutter en mĂȘme temps contre les fraudes sociales. AprĂšs, il y a la question du plafonnement qui devra venir Ă  l'AssemblĂ©e nationale et au SĂ©nat. Comme vous le savez, c'est une notion extrĂȘmement compliquĂ©e. Mais ce qui est sĂ»r, c'est que l'Ă©tat d'esprit qui est posĂ©, qui est derriĂšre ce plafonnement, de dire que lorsque l'on travaille, il faut gagner plus que lorsque l'on ne travaille pas, c'est un bon Ă©tat d'esprit, mais il faut que les situations soient comparables, soient Ă©gales.

Et lĂ , il faudra qu'on regarde et qu'on regarde comment on peut avancer. Mais en tout cas, l'aide sociale unique pour lutter contre le non-recours, je pense que c'est une bonne chose. Et c'Ă©tait d'ailleurs dans le programme du prĂ©sident de la RĂ©publique en 2017. Ça fait partie des raisons pour lesquelles je me suis engagĂ©e en politique. – Sur les pistes d'Ă©conomie, il y avait des choses qui Ă©taient sur la table, notamment la suppression de 4000 postes dans l'Ă©ducation nationale. Le Premier ministre vient d'annoncer 2000 crĂ©ations Ă  nouveau de postes dans l'Ă©ducation. Il y avait aussi l'encadrement des mĂ©decins pour essayer de limiter le nombre d'arrĂȘts maladie en France.

LĂ  aussi, recul du gouvernement cette semaine. Est-ce que vous comprenez cette ligne ? – Alors sur
 en fait, on voit
 c'est une ligne de nĂ©gociation. Donc forcĂ©ment, dans une nĂ©gociation, on prend et on donne. – Pas complĂštement. Sur les arrĂȘts maladie, par exemple, on voit 6% quand mĂȘme
 – C'est une conclusion des arrĂȘts maladie et des sommes qui deviennent absolument phĂ©nomĂ©nales. – 10 milliards d'euros. – On doit s'y pencher pour voir comment on peut rĂ©guler cela.

Dans le budget de loi relatif Ă  la sĂ©curitĂ© sociale que nous avons rĂ©ussi Ă  adopter Ă  l'AssemblĂ©e nationale 149.3 en trouvant une majoritĂ©, il y a une rĂ©gulation de ces arrĂȘts maladie avec une durĂ©e qui est limitĂ©e et qui doit aprĂšs permettre de renouveler. On ne peut pas d'emblĂ©e donner un arrĂȘt maladie de 3 mois ou de plusieurs mois. Et donc la rĂ©gulation, nous avons commencĂ© Ă  la faire. Il est vrai qu'il faut continuer et que la façon de continuer doit se faire en ayant tout le monde autour de la table pour trouver la bonne mĂ©thode. Moi, je suis assez favorable aussi pour qu'on accĂ©lĂšre et qu'on y arrive enfin Ă  ce dossier mĂ©dical unique, partagĂ©, consultable par tous les mĂ©decins.

On n'y est toujours pas. Ça fait 20 ans qu'on n'en parle. Je trouve que c'est trĂšs illustratif des difficultĂ©s qu'on peut avoir dans notre pays Ă  avoir des bonnes idĂ©es, des choses qui sont trĂšs utiles mais qu'on n'arrive pas Ă  rĂ©aliser. Ça traduit quand mĂȘme une impuissance publique qui est extrĂȘmement dommageable. Et donc sur ce point, il faudrait qu'on avance trĂšs vite.

17:40
Invité

– Karl Meus, qui sort gagnant de cette sĂ©quence budgĂ©taire ? On a l'impression, PĂ©rine Tarnot l'Ă©voquait, Ă  l'entendre SĂ©bastien Lecornu, que ce sont les socialistes qui sont les grands gagnants. Est-ce que c'est trĂšs habile politiquement de leur avoir fait cette victoire Ă  deux mois des Ă©lections municipales et Ă  un an de l'Ă©lection prĂ©sidentielle ?

17:58
Yaël Braun-Pivet

– Alors moi, ce qui m'importe, c'est que ce soit les Français qui sortent gagnants et pas tel ou tel camp politique. C'est vraiment pas le sujet quand on parle de budget de la nation. C'est l'ensemble du pays qui en bĂ©nĂ©ficie. AprĂšs, franchement, moi, ce que je vois sur les Ă©lections municipales, c'est qu'elles sont absolument pas politisĂ©es et que les maires qui sont aujourd'hui en campagne ne veulent absolument pas que le dĂ©bat national dĂ©vie sur le dĂ©bat municipal. Et je crois que c'est trĂšs bien ainsi. Il faut qu'Ă  chaque Ă©lection, on puisse parler des enjeux de cette Ă©lection-lĂ .

18:30
Invité

– Oui, mais quand vous entendez Olivier Faure Ă  la tĂ©lĂ©vision l'autre jour dire « VoilĂ , je pose mes deux conditions pour qu'il y ait une sorte d'accord de non-censure », on voit bien que lĂ , c'est quoi ? C'est un budget socialiste ?

18:42
Yaël Braun-Pivet

– Non, c'est un budget qui doit permettre d'avoir un large compromis puisque l'objectif, c'est de ne pas avoir un budget qui soit censurĂ© par l'AssemblĂ©e nationale. Mais je crois que, vous savez, quand on n'a pas de majoritĂ©, et c'est le cas ici, en fait, c'est celui qui tend la main, celui qui accepte cette main tendue est toujours plus intelligent que ceux qui rĂ©solument font comme s'ils avaient une majoritĂ© alors qu'ils n'en ont pas. Et donc, moi, je crois profondĂ©ment, vous savez, le compromis, le dialogue, le fait de faire des pas les uns vers les autres, c'est ce que je prĂŽne depuis que je fais de la politique.

– Donc lĂ , moi, je trouve que si le Parti socialiste et d'autres, parce que sur le PLFSS, les Ă©cologistes, les communistes ont fait un pas aussi, eh bien, on sort toujours gagnant et grandit des pas que l'on fait vers les autres. – C'est quand mĂȘme
 – Et parce que c'est trĂšs pragmatique, c'est trĂšs pragmatique. Si, en fait, aujourd'hui, personne ne faisait un pas vers les autres. – Mais c'est quand mĂȘme le bon pivot, c'est quand mĂȘme le macronisme qui finit en socialisme. – Mais pas du tout. L'essence mĂȘme du macronisme, c'est quoi, madame ? C'est justement le dĂ©passement des clivages, c'est justement le rassemblement, c'est justement le fait de ne pas se dire qu'on a raison Ă  soi tout seul.

C'Ă©tait ça le macronisme, c'est pour ça que moi je rentre en politique en 2017, parce que ça, ça m'inspire et ça me parle. – Le fondement Ă©conomique est plus libĂ©ral que le socialisme. – Bien sĂ»r, mais lĂ , on est en train de parler de la procĂ©dure et de la façon d'aboutir. Eh bien, cette façon d'aboutir, ce dialogue avec tout le monde, cette construction commune, eh bien, c'est l'essence du macronisme. Et donc, je ne peux que m'en rĂ©jouir.

20:13
Invité

– Vous voyez bien que le point de dĂ©part, SĂ©bastien Lecornu, au dĂ©but, dit « je veux arriver Ă  moins de 5% de dĂ©ficit » qu'aujourd'hui, dans son expression, et vous l'avez reprise, il dit 5% de dĂ©ficit. Donc, on voit bien que ça a un coĂ»t, ce compromis, qui est peut-ĂȘtre Ă©levĂ© aussi pour les Français.

20:30
Yaël Braun-Pivet

– Oui, mais ça a un coĂ»t, mais le fait de ne pas avoir de budget aurait un coĂ»t bien plus Ă©levĂ©. Bien plus Ă©levĂ©. Vous savez, quand on n'a pas eu de budget, aprĂšs la chute du gouvernement Barnier, c'est prĂšs de 50% des investissements, que ce soit des investissements Ă©trangers ou des investissements nationaux, qui ont Ă©tĂ© soit annulĂ©s, soit reportĂ©s. Alors, le coĂ»t d'une absence de budget serait immensĂ©ment plus lourd pour notre Ă©conomie, pour notre pays, pour la stabilitĂ© de notre pays, que le coĂ»t d'un budget.

Et si nous parvenons à ce budget avec un déficit autour de 5%, je pense que nos compatriotes pourront y voir l'aboutissement d'une nouvelle façon de faire de la politique et surtout d'un pragmatisme qui, je crois, est à la hauteur des enjeux. Nous avons d'autres enjeux aujourd'hui qui doivent nous préoccuper, les enjeux internationaux, les enjeux de sécurité, les enjeux militaires. Et donc, travaillons plutÎt sur tout cela, plutÎt de continuer à nous écharper sur le budget.

21:33
Présentateur

Vous écoutez, Yael Brunpivet, toutes ces séquences du budget n'ont pas entamé le bilan d'Emmanuel Macron.

21:39
Yaël Braun-Pivet

Je ne vois pas vraiment bien le rapport entre les deux. Excusez-moi, expliquez-moi.

21:42
Présentateur

Revenir sur la réforme des retraites, il y a eu un certain nombre de pas en arriÚre par rapport à ce qu'était l'ambition d'Emmanuel Macron.

21:52
Yaël Braun-Pivet

Alors, nous ne sommes pas techniquement revenus sur la réforme des retraites. Cette réforme des retraites est suspendue. Et en 2027, les candidats à l'élection présidentielle et le Parlement pourront y revenir. Mais nous ne l'avons fait que la suspendre. AprÚs, nous n'avons pas infléchi drastiquement la politique qui est la nÎtre de 2017. On a l'impression que ce quinquennat se termine. En résumé, il faut lùcher beaucoup de choses pour rester au pouvoir, notamment pour que le gouvernement Lecornu se maintiennent au pouvoir. Mais quelle autre solution, madame, avez-vous ? Il ne s'agit pas de maintien au pouvoir, vous savez. Il s'agit de respect des Français, du respect du résultat des urnes.

Les Français ont voté en 2024 pour cette Assemblée nationale-là. Les Français ont décidé de ne doter personne de majorité. Personne. Les Français ont décidé de voter pour ces 11 groupes représentés à l'Assemblée nationale. Moi, ma mission, en tant que présidente de l'Assemblée nationale, c'est de respecter la volonté des Français et de faire en sorte que le résultat de leur vote, de leur suffrage, puisse faire en sorte que notre pays ne tombe pas dans le chaos et l'instabilité permanente. Alors, moi, j'entends bien les gens qui disent « il faudrait faire différemment ». Mais comment ? Est-ce qu'on peut gouverner un pays avec 50 parlementaires ?

Ou avec 60 ou avec 100 parlementaires dans une Assemblée de 577 parlementaires ? Assurément, non. Et donc, il faut trouver des majorités, des compromis. C'est ce que nous faisons à l'Assemblée nationale. Vous savez, depuis 2024, nous avons adopté 150 textes à l'Assemblée nationale. Nous les avons votés. Nous avons trouvé des majorités. Nous avons trouvé des majorités pour lutter contre le narcotrafic. Nous avons trouvé des majorités pour remonter Mayotte aprÚs le cyclone Chido. Nous avons trouvé des majorités pour réformer la définition du viol aprÚs le procÚs de Mazan. Nous avons trouvé des majorités pour voter un registre national contre le cancer.

Nous savons Ă  quel point ce flĂ©au touche nos compatriotes. Donc, nous rĂ©ussissons Ă  trouver des compromis sur le budget. C'est extrĂȘmement compliquĂ©. Ce n'est pas parce que c'est compliquĂ© qu'il ne faut pas y parvenir en nĂ©gociant et donc en faisant des compromis. Mais en tout cas, nous n'avons pas le choix puisqu'il s'agit de faire travailler cette AssemblĂ©e nationale qui a Ă©tĂ© Ă©lue par les Français et qui ne s'Ă©tait jamais autant mobilisĂ©e. C'est important de le rappeler.

24:14
Présentateur

Il y a une bonne pivĂ©e. Éric Lombard, l'ancien ministre de l'Économie, a affirmĂ© sur Public SĂ©nat cette semaine que des milliers de riches ne payaient pas l'impĂŽt sur le revenu. D'abord, est-ce que c'est vrai Ă  votre connaissance ?

24:24
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, je n'en sais rien. Le prĂ©sident de la Commission des finances, dont je salue l'action Ă  cet Ă©gard, a Ă©tĂ© abercie Ă  faire un contrĂŽle sur place et sur piĂšce pour demander des documents. Ça fait partie des prĂ©rogatives du Parlement. Le Parlement a cette mission constitutionnelle de contrĂŽler le gouvernement et donc nous allons suivre attentivement le rĂ©sultat de ce contrĂŽle.

24:47
Présentateur

D'accord, mais cette affirmation d'un ancien ministre de l'Économie, ça ne vous a pas surpris ?

24:51
Yaël Braun-Pivet

Je trouve que c'est trĂšs choquant. Si c'est avĂ©rĂ©, vous savez, le pacte social repose sur une participation Ă©gale devant les charges publiques. Ça date de la RĂ©volution française. Et donc, cette participation Ă©gale devant les charges publiques, elle doit ĂȘtre le fait de tout le monde, qu'on soit riche ou pauvre. Et donc, s'il y a effectivement des contribuables trĂšs aisĂ©s qui Ă©chappent Ă  tout impĂŽt par le biais d'optimisation fiscale et tout ça, Ă©coutez, je crois que c'est important de le mettre dans le dĂ©bat public. Et donc, on verra bien ce que donnera le rĂ©sultat du contrĂŽle sur place et sur piĂšce de M. le PrĂ©sident de la Commission des finances, Éric Coquerel.

En tout cas, moi, j'attends, mais comme à chaque fois, que le gouvernement se soumette à ce contrîle. Ça fait partie aussi des missions constitutionnelles du Parlement que je dois faire respecter.

25:49
Présentateur

Avec des réponses par oui ou par non juste avant la pause, aprÚs l'assassinat en Corse d'Alain Orsoni lors des funérailles de sa mÚre, dites-vous que la Corse est aujourd'hui sous la coupe de mafia ?

26:02
Yaël Braun-Pivet

C'est difficile de rĂ©pondre par oui ou par non. Mais ce qui est sĂ»r, c'est que ça signe le retour d'une certaine violence sur le territoire Corse, lĂ  oĂč depuis des annĂ©es, on pouvait penser que c'Ă©tait apaisĂ©. Et donc, il faut ĂȘtre assez prĂ©occupĂ© par cette situation et en tout cas, condamner Ă©videmment ce qui s'est passĂ©. Et c'est absolument dramatique.

26:22
Présentateur

Erine Tarnon.

26:22
Yaël Braun-Pivet

Faut-il interdire dans l'espace public le port du voile aux mineurs de moins de 15 ans ? C'est l'amendement qui sera apporté par le groupe Renaissance cette semaine lors de la niche parlementaire des Républicains. Car moi, je suis effectivement pour le fait que nos enfants, quelles que soient leurs confessions, puissent grandir librement dans notre pays avec leur liberté de conscience.

26:41
Présentateur

Et ce qui veut dire ?

26:41
Yaël Braun-Pivet

Ce qui veut dire que je suis favorable Ă  cela.

26:44
Invité

Tarnieus. Tout autre sujet. Êtes-vous pour ou contre le soutien de votre parti Renaissance Ă  la candidature de Louis Sarkozy aux Ă©lections municipales de Menton ?

26:52
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, elle m'a un petit peu Ă©tonnĂ©e. Vous savez que moi, je suis assez... Je n'ai pas suivi ces dossiers en tant que membre de Renaissance, mais j'ai Ă©tĂ© Ă©tonnĂ©e. J'ai Ă©tĂ© aussi concernĂ©e par les propos qui pourraient laisser penser qu'on pourrait avoir une quelconque alliance avec des personnes appartenant Ă  l'extrĂȘme droite. Moi, je suis trĂšs claire. Ça fonde mon engagement politique. Jamais, jamais d'alliance avec l'extrĂȘme droite, quelles que soient les circonstances.

27:18
Présentateur

Donc contre.

27:18
Yaël Braun-Pivet

Contre.

27:18
Présentateur

Yael Bonne-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, est notre invitée ce dimanche dans le Grand Jury. On se retrouve dans un instant et on va notamment évoquer la situation internationale, notamment avec les nouvelles initiatives de Donald Trump contre l'Europe. A tout de suite. Le Grand Jury RTL Public Sénat, le Figaro M6.

27:53
Invité

C'est le surgissement de toute une mĂ©moire oubliĂ©e. Pendant la Seconde Guerre mondiale, quelques Normands, passionnĂ©s de cinĂ©ma, ont filmĂ© leur quotidien avec les rares camĂ©ras qui existaient Ă  l'Ă©poque. Depuis leurs fenĂȘtres, leurs pas de porte, dans le chaos des ruines ou la liesse des foules, ils ont filmĂ© les restrictions, les pĂ©nuries, la dĂ©brouille, et tout autant la vie de famille, les joies, l'espoir. Il fallait vivre malgrĂ© tout.

28:25
Yaël Braun-Pivet

Sous nos yeux, aujourd'hui à 13h sur Public Sénat et sur publicsénat.fr

28:32
Invité

Au gouvernement, c'est le temps fort de la semaine au Sénat.

28:51
Yaël Braun-Pivet

Tous les mercredis, les sénateurs interpellent les ministres et la rédaction de Public Sénat se mobilise pour vous faire vivre cet événement. Analyse, réaction politique et de nombreux invités en débat sur ce plateau. Rendez-vous chaque mercredi sur Public Sénat. A peine arrivé au 10 Downing Street, Margaret Thatcher s'en prend à ce qui reste d'impÎts redistributifs

29:47
Invité

en baissant drastiquement les taux d'imposition sur les revenus les plus Ă©levĂ©s et sur les entreprises. Les inĂ©galitĂ©s augmentent mĂ©caniquement. Il s'agissait de prendre l'argent des pauvres pour le donner aux riches. C'Ă©tait le contraire d'Europe 1 des bois. En France, le gouvernement de Nicolas Sarkozy, s'il ne rĂ©duit pas la dette, choisit lui aussi de sauver les banques et les riches en mĂȘme temps. Quand une entreprise paye trop d'impĂŽts, quand un mĂ©nage paye trop d'impĂŽts, c'est autant d'argent qui ne va pas circuler dans le monde privĂ©, qui ne va pas nourrir l'Ă©conomie.

Le bouclier fiscal s'accompagne de la rĂ©duction des dĂ©penses sociales prĂŽnĂ©es par les politiques d'austĂ©ritĂ© qui s'imposent Ă  l'ensemble de l'Union europĂ©enne. Et comme l'avait dit Ă  rĂ©sumer un parlementaire, derriĂšre chacune des niches fiscales, il y a un chien. Du mĂȘme coup, le vieux principe d'Ă©galitĂ© devant l'impĂŽt issu de la RĂ©volution passe Ă  la trappe.

30:39
Yaël Braun-Pivet

Histoire populaire des impÎts, le deuxiÚme épisode de votre série documentaire. Mardi à 17h sur Public Sénat et sur publicsénat.fr

30:47
Invité

De la santĂ© mentale, la grande cause nationale. J'ai voulu comprendre d'oĂč venait cette nouvelle Ă©pidĂ©mie mondiale de dĂ©pression. Comprendre le rĂŽle que jouaient les Ă©crans et les contenus associĂ©s. Le malaise des adultes face aux enfants et aux adolescents est aujourd'hui amplifiĂ© par l'Ă©volution de notre sociĂ©tĂ©, de la famille et la prĂ©dominance des technologies dans notre quotidien. On subit l'arrivĂ©e de ces outils. C'est-Ă -dire que c'est plus tant la question de l'Ă©cran que la question des usages.

31:28
Yaël Braun-Pivet

100% des mineurs sont exposĂ©s Ă  la phonographie sur Internet au moment oĂč on parle.

31:32
Invité

Ce ne sont pas des bonnes nouvelles. Le bombardement d'informations nĂ©gatives, mĂȘme s'il y a de quoi s'inquiĂ©ter parfois, est catastrophique sur des enfants en formation. Ça fout l'aide un peu, parce qu'on voit plein de trucs, on ne peut rien faire.

31:45
Yaël Braun-Pivet

Une société qui ne protÚge pas ses enfants, je ne sais pas si elle est vraiment trÚs progressive. Les écrans rois, piÚge ou paradis des ados ? Samedi prochain à 21h sur Public Sénat et sur publicsénat.fr

31:56
Invité

Je vous retrouve du lundi au vendredi Ă  7h30 et nous serons plus que jamais au cƓur de nos rĂ©gions avec nos invitĂ©s, nos reportages et la presse rĂ©gionale pour dĂ©couvrir et comprendre les enjeux politiques de notre quotidien. Bonjour chez vous, c'est du lundi au vendredi Ă  7h30.

32:23
Présentateur

Voir ce documentaire ? Yaël Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale et notre invitée. Perrine Tarnot de Public Sénat et Karl Meus du Figaro sont à mes cÎtés pour vous interroger.

33:01
Yaël Braun-Pivet

Grand jury, l'actualité de la semaine.

33:06
Présentateur

Alors Donald Trump a trĂšs mal pris l'arrivĂ©e de quelques militaires europĂ©ens sur le sol du Groenland. Le prĂ©sident amĂ©ricain veut imposer 10% supplĂ©mentaire de droits de douane Ă  la France et Ă  7 autres pays europĂ©ens. Emmanuel Macron a promis de rĂ©agir. Il demande mĂȘme l'activation de l'instrument anti-coercition de l'Europe. Il faut rĂ©pliquer par des droits de douane ?

33:30
Yaël Braun-Pivet

En tout cas, ce qui est sĂ»r, c'est qu'on ne peut pas laisser faire. Que cette vision de l'ordre mondial des États-Unis est plus que dĂ©rangeante. Il est en train malheureusement de dĂ©stabiliser et de revenir et de rĂ©interroger l'ensemble des rĂšgles qui forgent le droit international depuis la Seconde Guerre mondiale. Et donc, on ne peut pas regarder cela sans rien faire. Il faut d'une part rĂ©affirmer notre attachement, justement, nous, Ă  cet ordre international, au multilatĂ©ralisme et au droit international. C'est important. Il ne faut pas renoncer Ă  cela parce que ça a apportĂ© les preuves de leur efficacitĂ©, tous ces dispositifs.

34:13
Présentateur

Ce n'était pas suffisamment clair au moment du Venezuela, notamment.

34:15
Yaël Braun-Pivet

Mais en revanche, en tout cas, moi, je l'ai réaffirmé trÚs clairement et je crois que le gouvernement l'a fait également. Mais en tout cas, il faut le dire et le marteler. Nous sommes la patrie des droits de l'homme attachée au droit international. Et nous ferons en sorte que le droit international puisse survivre. Maintenant, justement, une fois qu'on a dit ça, le droit international, ça marche dans les deux sens. Et donc, nous ne pouvons pas laisser faire. Nous ne pouvons pas subir de telles menaces et de telles tentatives de coercition.

Et donc, vous l'avez Ă©voquĂ©, nous avons un rĂšglement anti-coercition que nous avons adoptĂ© au sein de l'Union europĂ©enne, justement pour faire face Ă  ce type d'Ă©vĂ©nement oĂč, par le biais de menaces sur les droits de douane, on essaierait de demander Ă  tel ou tel pays europĂ©en d'adopter telle ou telle position. Et donc, c'est un outil qui est parfaitement adaptĂ© Ă  la situation actuelle. Et il faut Ă©videmment ne pas hĂ©siter Ă  le brandir, voire Ă  l'utiliser, si cela s'avĂ©rait nĂ©cessaire.

On ne peut pas tolĂ©rer que les Ă©changes internationaux, qu'il s'agisse de notre commerce, mais aussi de la paix et de l'intĂ©gritĂ© des territoires, soient rĂ©gis par la volontĂ© d'un seul homme, fut-il prĂ©sident des États-Unis.

35:30
Présentateur

Alors, un seul homme, Emmanuel Macron a dĂ©cidĂ© quand mĂȘme d'envoyer des militaires français au Groenland. Est-ce qu'il faut que l'AssemblĂ©e nationale vote sur ce sujet ?

35:38
Yaël Braun-Pivet

Alors, sur ce sujet, non, parce que notre droit est ainsi fait que le contrÎle parlementaire ne s'effectue pas lorsqu'il s'agit d'opérations extérieures ainsi réalisées. En revanche, nous aurons demain un débat à l'Assemblée nationale, que j'ai voulu rénover, sur la situation internationale, Venezuela, Groenland, Iran, etc. Je pense que ça, c'est important. Et puis, moi, vous savez que je vais accueillir en septembre le G7 parlementaire à l'Assemblée nationale, avec donc mon homologue notamment américain, Mike Johnson, mon homologue canadien, britannique, etc.

Et j'ai choisi justement de mettre Ă  l'ordre du jour de ce G7 parlementaire les questions de contrĂŽle parlementaire et d'autorisation parlementaire de ce type d'opĂ©rations, parce que, justement, on ne peut pas laisser simplement nos dirigeants dĂ©cider d'engagement de nos forces et d'engagement de pays sans qu'il y ait des regards parlementaires. Ça m'apparaĂźt extrĂȘmement important. Et on voit bien aujourd'hui, regardez aux États-Unis ce qui se passe. Vous avez plusieurs rĂ©solutions qui ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es par des parlementaires dĂ©mocrates et rĂ©publicains. Vous avez des parlementaires dĂ©mocrates et rĂ©publicains qui se sont rendus au Danemark.

Vous avez dans tous les pays des parlementaires qui se dressent. Et ça m'apparaĂźt extrĂȘmement important sur le plan dĂ©mocratique. Et donc, moi, je souscris au fait que les parlements aient de plus en plus leur mot Ă  dire s'agissant de cet ordre mondial que l'on voit bouger sous nos yeux. Mais pour l'instant, ça n'a pas l'air de beaucoup freiner Donald Trump. Est-ce qu'au-delĂ  de droits de douane rĂ©ciproques, est-ce qu'il faut prendre plus de mesures, notamment empĂȘcher l'accĂšs au marchĂ© public europĂ©en de certaines entreprises amĂ©ricaines, Ă©galement taper les gĂ©ants du numĂ©rique ? Ça fait partie des possibilitĂ©s dans cet instrument anti-coercition.

Moi, je crois qu'aujourd'hui, il faut Ă©videmment dialoguer. C'est ce que font le Danemark. Ils ont eu une rĂ©union rĂ©cente Ă  Washington, justement pour essayer d'aborder cette chose de façon un peu plus modĂ©rĂ©e, sans brandir ces instruments coercitifs. Pour autant, il ne faut pas hĂ©siter. Je pense que nous avons une relation partenariale extrĂȘmement importante. L'Europe est aussi importante pour les États-Unis que les États-Unis sont importants pour l'Europe. Et donc, il faut le rappeler, ne pas avoir peur d'affirmer qui on est, ce que l'on veut, ce que l'on dit. Et l'intĂ©gritĂ© des territoires europĂ©ens et des territoires autonomes qui sont rattachĂ©s doit ĂȘtre assurĂ©e et garantie.

38:14
Présentateur

Et si Donald Trump engage la force contre le Groenland, ça veut dire quoi ? Ça veut dire la fin de l'OTAN ? Ça veut dire que nous sommes en guerre avec les États-Unis ? Ça veut dire quoi, concrùtement ?

38:24
Yaël Braun-Pivet

Moi, je n'ose l'imaginer. Et c'est justement l'objet, en ce moment, de ces discussions entre le Danemark et les États-Unis, de ces initiatives parlementaires. Parce que moi, ce que je vois aussi aux États-Unis, c'est que Donald Trump n'a pas le soutien de sa population. En tout cas, lorsque l'on regarde les Ă©tudes, les AmĂ©ricains sont trĂšs largement opposĂ©s Ă  une intervention militaire au Groenland. Et ce que j'ai notĂ©, c'est que mon homologue, Mike Johnson, est Ă©galement trĂšs opposĂ© Ă  une intervention militaire au Groenland. Donc, vous voyez que tout cela est de nature, je le crois, Ă  faire en sorte de trouver une solution pacifique qui permette aux États-Unis d'ĂȘtre protĂ©gĂ©s.

Et on voit bien Ă  quel point, depuis la Seconde Guerre mondiale, le Groenland est une terre stratĂ©gique. Il y a dĂ©jĂ  une base amĂ©ricaine au Groenland. Il peut y avoir des discussions, des Ă©changes, pour voir comment les États-Unis augmentent leur prĂ©sence au Groenland sur cette base. Mais justement, ce n'est pas le mĂȘme sujet du tout. Et lĂ , c'est trĂšs important, mais c'est comme pour le Venezuela. Les ressources naturelles des pays leur appartiennent. Il ne s'agirait pas qu'il y ait des appropriations par la force de ces ressources. Cela se ferait en violation totale du droit international. Et il faudrait Ă©videmment le dĂ©noncer.

39:42
Invité

– Karl Meus, sur un autre sujet, il y a la situation en Iran. Est-ce qu'il aurait fallu que les États-Unis interviennent pour sauver le peuple iranien ? On sait peut-ĂȘtre qu'il y a eu des hĂ©sitations qu'au dernier moment, ça n'a pas Ă©tĂ© fait. Est-ce que vous trouvez que la France et l'Union europĂ©enne sont Ă  la hauteur de la situation ?

39:59
Yaël Braun-Pivet

– Vous savez, les interventions militaires, elles ont un cadre. On ne peut pas, moi je ne souhaite pas que les États-Unis fussent-ils, cette intervention fussent-ils dirigĂ©e contre le rĂ©gime des MOLA, dont on sait Ă  quel point il opprime la population. Ces interventions ne peuvent pas se faire en dehors des cadres internationaux. Ça n'est pas possible. – Je viens de vous dire qu'il fallait que la France porte toujours cette voie du droit international. Donc pas d'intervention en dehors du cadre international. Il faut continuer et accentuer les sanctions Ă  l'Ă©gard de l'Iran et Ă  l'Ă©gard de ses dirigeants. – Mais de sanctions qui fĂšsent immĂ©diatement sur le peuple iranien.

– Mais ce n'est pas Ă  nous d'intervenir militairement en dehors d'un cadre international. – Et est-ce qu'il faut inscrire les gardiens de la rĂ©volution sur la liste des organisations terroristes ? – Mais ça peut ĂȘtre effectivement une option. En tout cas, moi je pense qu'il faut regarder toutes les options qui permettent de faire plier le rĂ©gime, de faire en sorte, et ça c'est fondamental, nous sommes le pays de l'abolition de la peine de mort. Qu'ils arrĂȘtent ces exĂ©cutions arbitraires, sommaires, ça doit rĂ©vulser le monde entier. Et ça il faut le condamner et ne jamais cesser de le rappeler.

Et je rappelle que l'Iran est aussi un pays qui pratique la politique d'otages, d'États, que nous avons encore deux Français qui sont en Iran et qui aujourd'hui ne peuvent pas quitter le sol iranien. Et lĂ  aussi, il faut continuer Ă  peser sur l'Iran pour qu'ils libĂšrent dĂ©finitivement CĂ©cile CollĂšre et Jacques Paris.

41:37
Présentateur

Le Grand Jury, ça se passe au Parlement. – Alors on va revenir sur l'actualitĂ© parlementaire, mais avant de parler de la prochaine loi agricole, le Mercosur a Ă©tĂ© signĂ© au Paraguay par la prĂ©sidente de la Commission europĂ©enne, Ursula von der Leyen, hier. Est-ce que tout d'abord c'est normal que cet accord de libre-Ă©change avec les pays d'AmĂ©rique du Sud s'applique avant mĂȘme le vote du Parlement europĂ©en ?

41:58
Yaël Braun-Pivet

– Écoutez, on voit que les procĂ©dures qui sont suivies permettent au Parlement d'avoir une action et il y aura mercredi, et c'est trĂšs important, un vote avec une saisine de nombreux parlementaires pour demander justement la saisine de la Cour de justice de l'Union europĂ©enne pour justement pouvoir suspendre l'application de cet accord. Et vous voyez bien que les parlements ont un rĂŽle immense Ă  jouer, et je suis convaincue que ce sera de plus en plus le cas.

42:30
Présentateur

– C'est votre dernier espoir dans l'Ă©pisode du Mercosur ?

42:33
Yaël Braun-Pivet

– Alors, il n'y a jamais de derniers espoirs, il faut toujours nĂ©gocier, discuter. On voit que notre bataille, le fait que lĂ  aussi le Parlement national ait pu se prononcer Ă  de nombreuses reprises contre cet accord, ont permis de nĂ©gocier. Alors, il y a des rĂ©sultats quand mĂȘme, on ne peut pas dire que ça ne servait Ă  rien. Les clauses de sauvegarde, ça sert Ă  quelque chose, les clauses miroirs, ça sert Ă  quelque chose, les contrĂŽles accrus, ça permet d'assurer que tout cela est effectif. Donc non, on ne peut pas dire que toute la mobilisation de nos agriculteurs, de nos parlementaires n'est servie Ă  rien.

Il faut continuer Ă  se battre et moi je soutiens Ă©videmment cette demande de saisine de la communautĂ© de l'Union europĂ©enne. – Mais dans le contexte international, avec les tensions trĂšs fortes avec la Chine, avec les États-Unis, est-ce qu'ouvrir un marchĂ© de libre-Ă©change avec 700 millions de Sud-AmĂ©ricains, ce n'est pas positif pour la France et l'Union europĂ©enne ? C'est d'ailleurs ce que dit Ursula von der Leyen, elle dit que le Mercosur rend plus fort politiquement et plus indĂ©pendante l'Europe. Vous n'ĂȘtes pas d'accord avec elle ?

– Alors si, je suis d'accord avec elle sur le fait de dire que les accords de libre-Ă©change permettent justement d'assurer un cadre Ă  nos Ă©changes internationaux et peuvent ĂȘtre favorables. – Les accords de la France sont favorables, vous venez de le rappeler. – Quand on regarde l'accord sur le CETA avec nos amis canadiens, il a Ă©tĂ© favorable Ă  la France et Ă  l'Union europĂ©enne. – Et pourquoi les agriculteurs s'Ă©taient Ă©galement mobilisĂ©s ? – Ils s'Ă©taient mobilisĂ©s et on voit que notre agriculteur finalement bĂ©nĂ©ficie du CETA. – Et donc tout n'est pas binaire, tout n'est pas binaire et c'est pour ça qu'il fallait se battre sur les clauses de sauvegarde et les clauses miroirs.

Ce qui est important, est-ce que nos agriculteurs nous disent, est-ce que j'entends, est-ce que j'Ă©coute tout le temps quand je discute avec eux, c'est quoi ? Ils veulent avoir des conditions de concurrence qui soient loyales. LĂ  oĂč c'est interdit chez nous, ça doit ĂȘtre interdit ailleurs. C'est pour nos agriculteurs, mais c'est pour nous, c'est pour notre santĂ©. Lorsqu'en France, nous interdisons tel ou tel produit, c'est pour protĂ©ger les Français, pour protĂ©ger les consommateurs aussi. Et donc il ne s'agirait pas d'accepter que ces produits arrivent de l'Ă©tranger parce que cette protection serait vaine. Et donc ça, il faut ĂȘtre trĂšs ferme lĂ -dessus parce que c'est notre agriculture.

Donc il faut de l'Ă©quitĂ© dans les Ă©changes, c'est fondamental. Mais Ă©videmment qu'il ne faut pas renoncer Ă  nouer des accords avec de nouveaux partenaires. Lorsque l'on voit ce que font nos partenaires historiques, les États-Unis et l'imprĂ©visibilitĂ© de Donald Trump et donc la question des Ă©changes fragilisĂ©s entre les États-Unis et l'Europe, eh bien Ă©videmment qu'il faut s'ouvrir vers d'autres marchĂ©s. Nous avons signĂ© des accords aussi avec le Vietnam, avec d'autres pays, avec le Japon. Et c'est important de continuer de la sorte parce qu'il faut diversifier et Ă©tendre notre regard.

C'est le discours qui est tenu vis-Ă -vis des agriculteurs et qu'on les soutient contre vents et marĂ©es et mĂȘme contre l'ouverture de ces nouveaux marchĂ©s. Pourquoi finalement ne pas les amener vers ces solutions-lĂ  ? Mais en fait, il faut les protĂ©ger et en mĂȘme temps, effectivement, leur montrer Ă  quel point ces nouveaux marchĂ©s peuvent ĂȘtre bĂ©nĂ©ficiaires. On voit sur le Mercosur par exemple, on a des filiĂšres. Les filiĂšres IGP, les filiĂšres laitiĂšres, etc. sont favorisĂ©es dans cet accord. Donc tout n'est pas binaire, il faut ĂȘtre nuancĂ©. Mais il faut absolument qu'on protĂšge notre agriculture et qu'on trouve les voies et moyens de le faire.

On sait Ă  quel point nous y sommes tous extrĂȘmement attachĂ©s. Elle fait partie de notre histoire, elle fait partie de nos paysages. Et ça, c'est l'identitĂ© française, l'agriculture de France.

46:07
Présentateur

Justement, Yael Brunpivet, pour rĂ©pondre Ă  la derniĂšre crise, le gouvernement a annoncĂ© encore, je dirais, encore une nouvelle loi sur l'agriculture, une loi d'urgence, alors qu'il y a deux lois qui ont Ă©tĂ© adoptĂ©es rĂ©cemment. Il y a l'orientation agricole en mars 2025 et la loi du plomb entre les deux. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que finalement, dĂšs qu'il y a une contestation, il y a une loi. C'est Ă  peu prĂšs le principe-lĂ .

46:30
Yaël Braun-Pivet

Alors je ne crois pas et je n'espĂšre pas en tout cas, mais effectivement, on a fait beaucoup de lois pour nos agriculteurs et vous venez d'en citer d'eux, mais on en a fait d'autres Ă©galement pour leur assurer une juste rĂ©munĂ©ration avec les lois EGALIM. On leur a assurĂ© une juste retraite avec des lois qui venaient de bancs trĂšs diffĂ©rents sur la retraite agricole. Donc on a agi pour les agriculteurs. Mais lĂ , on annonce une nouvelle loi alors que les dĂ©crets des deux prĂ©cĂ©dents ne sont mĂȘme pas en sens totalement public. C'est exactement ce Ă  quoi j'allais venir.

En fait, en tant que président de l'Assemblée nationale, moi, je suis attentive, vous l'aurez compris, au vote des Français et au respect du vote des Français, mais je suis également attentive au respect du vote des députés. Et nous avons voté un certain nombre de lois qui ne sont pas appliquées. Et effectivement, vous citez en exemple les deux lois agricoles, mais on pourrait dire ça finalement de trÚs nombreuses lois dans de trÚs nombreux secteurs.

47:21
Présentateur

Est-ce que ça veut dire que vous ĂȘtes en train de dire que la loi d'urgence sur l'agriculture n'est pas nĂ©cessaire, et qu'il faut dĂ©jĂ  commencer par appliquer les deux prĂ©cĂ©dentes ?

47:28
Yaël Braun-Pivet

Je ne dis pas qu'elle n'est pas nécessaire. Ce que je dis, c'est qu'il faut appliquer les deux précédentes parce qu'il faut respecter la volonté du législateur. Bon alors, je vais poser la question autrement.

47:36
Présentateur

Est-ce que c'est la premiĂšre urgence, cette loi agricole, qui va passer le budget ?

47:39
Yaël Braun-Pivet

La premiÚre urgence, c'est d'appliquer les lois que nous avons votées. Et donc, le 10 février, il y aura une séance à l'Assemblée nationale consacrée à l'application des lois. J'invite tous vos auditeurs, tous vos téléspectateurs à la regarder parce que c'est important, on dit toujours, et moi je l'ai beaucoup entendu dans le grand débat, les décrets ne sont pas appliqués.

48:01
Présentateur

C'est une journée de contrÎle, c'est ça ?

48:02
Yaël Braun-Pivet

C'est une journée de contrÎle dans l'hémicycle que je présiderai personnellement et tous les présidents de commissions ont pris des textes qui méritaient d'avoir des réponses du gouvernement et donc on aura des ministres au banc qui vont justifier.

48:16
Présentateur

Donc les ministres devront dire pourquoi j'ai pas fait ça, pourquoi j'ai pas fait ça ?

48:19
Yaël Braun-Pivet

Pourquoi ils n'ont pas pris les décrets d'application de telle ou telle loi et il y aura un focus sur la loi du plan. Oui, justement, un focus sur la loi du plan parce que suite à la pétition qui avait été signée par plus de 2 millions de Français contre cette loi, vous deviez organiser un débat à l'Assemblée nationale, est-ce que ce débat va se tenir dans ce cadre-là ou est-ce qu'il y aura un débat spécifique sur la loi du plan ?

Alors il y aura un débat spécifique sur la loi du plan le lendemain, le 11 février, donc 10 et 11 février, deux séances importantes dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale avec contrÎle de l'application des lois et prise des décrets et justification du gouvernement sur le fait qu'ils ne sont pas pris et un débat sur la loi du plan avec le président de la commission des affaires économiques, les rapporteurs. Et les parlementaires et les groupes politiques pourront s'exprimer sur le sujet.

49:03
Présentateur

Il peut donner quoi, Yael Brune-Pivet, ce second débat, ce débat que vous évoquez sur la loi du plan ?

49:08
Yaël Braun-Pivet

Je pense qu'il est important, surtout dans l'hypothÚse d'une nouvelle loi agricole. Je pense que les groupes vont pouvoir poser clairement leur vision politique sur la loi du plan. Rappelez-vous, il y avait eu beaucoup d'obstructions et le débat parlementaire n'avait pas pu se tenir sur la loi du plan.

49:24
Présentateur

On a deux courants totalement contraires, c'est-à-dire qu'on parle d'une nouvelle loi d'urgence agricole pour libéraliser par exemple les pesticides et la pétition sur la loi Dupont disait exactement l'inverse.

49:35
Yaël Braun-Pivet

Eh bien à nous de réussir et au gouvernement de réussir à concilier l'ensemble. Je ne dis pas que ce soit une tùche facile. Vous savez, moi j'ai rencontré l'ensemble des organisations syndicales à l'Assemblée nationale et on voit bien qu'on a besoin de se mettre d'accord sur une vision globale à long terme pour notre agriculture. On voit qu'aujourd'hui on n'y est pas.

49:57
Présentateur

Est-ce qu'il est normal d'autoriser des manifestations devant l'Assemblée nationale ? On va revoir pour ceux qui nous regardent l'image de ces tracteurs devant l'Assemblée. Est-ce que c'est normal ?

50:07
Yaël Braun-Pivet

Oui c'est normal et vous savez, j'ai moi-mĂȘme... C'est pas mettre une pression... J'ai moi-mĂȘme organisĂ© une manifestation devant l'AssemblĂ©e nationale lorsqu'avec le prĂ©sident du SĂ©nat nous avons organisĂ© une grande marche pour la RĂ©publique et contre l'antisĂ©mitisme qui est reliĂ© Ă  l'AssemblĂ©e nationale au SĂ©nat. Il y avait quand mĂȘme... Moi qui ai organisĂ© une manifestation devant l'AssemblĂ©e nationale vous autorisez rĂ©guliĂšrement des corporations Ă  venir manifester devant l'AssemblĂ©e nationale ? Moi j'en ai pas tellement le souvenir. J'ai eu un dialogue avec les diffĂ©rentes organisations syndicales.

Pour moi, ce que je souhaitais c'est qu'ils puissent effectivement ĂȘtre devant l'AssemblĂ©e nationale plutĂŽt que de l'autre cĂŽtĂ©, c'est trĂšs concret, mais de l'autre cĂŽtĂ© les parlementaires arrivent. Et je ne voulais pas que les parlementaires quand ils se rendent Ă  l'AssemblĂ©e nationale soient soumis Ă  une quelconque pression. En revanche, devant l'AssemblĂ©e nationale, vous savez, l'AssemblĂ©e nationale c'est la maison du peuple. Elle appartient au peuple français. Ce n'est pas la propriĂ©tĂ© de quelques Ă©lus ou des reprĂ©sentants du peuple. Elle est aux Français. Et donc que les Français et certains d'entre eux viennent manifester devant l'AssemblĂ©e nationale, moi je trouve que c'est trĂšs bien.

Cela ne me choque pas. Et à chaque fois, et vous l'aurez constaté, je suis allée à la rencontre des manifestants, je pense que ça aussi c'est important. Toujours, toujours, avoir de la considération pour les manifestants et avoir une volonté de dialogue.

51:25
Présentateur

On va parler du Sénat maintenant. Le projet de loi sur la fin de vie revient la semaine prochaine. En commission, les sénateurs ont réservé une assistance et non plus un droit à mourir aux patients dont le pronostic vital est engagé à court terme. Les députés, eux, incluaient les patients atteints d'une infection grave et incurable. Est-ce que vous craignez que le Sénat dénature l'objectif que vous vous défendez ?

51:48
Yaël Braun-Pivet

Alors, effectivement, la vision aujourd'hui du SĂ©nat telle qu'elle s'est exprimĂ©e en commission est trĂšs restrictive. Comme vous le savez, moi je dĂ©fends l'ouverture de ce droit depuis des annĂ©es. Je me suis battue. J'ai l'impression d'ĂȘtre scisive. Je monte mon rocher et redescends toujours. Mais je me suis battue pour que ce texte soit Ă  nouveau inscrit. On a dĂ©jĂ  nos dates d'inscription Ă  l'AssemblĂ©e nationale. Donc j'espĂšre qu'on va avancer, qu'on rĂ©ussira Ă  voter ce nouveau droit pour nos compatriotes Ă  l'Ă©tĂ© 2026. Donc maintenant, c'est navette parlementaire. Donc le SĂ©nat va dĂ©libĂ©rer. Le texte reviendra Ă  l'AssemblĂ©e nationale. Il repartira au SĂ©nat. C'est normal.

Il faut prendre le temps de la dĂ©libĂ©ration. Mais au bout du bout. Mais vous espĂ©rez vraiment qu'avant l'Ă©tĂ©, le texte aboutisse. En tout cas, il y a un calendrier crĂ©dible. Je me bats pour que ce calendrier puisse ĂȘtre maintenu. C'est moi qui l'ai fixĂ© en collaboration avec le gouvernement. Je suis trĂšs exigeante dans la matiĂšre. Est-ce que vous demandez aux sĂ©nateurs d'entendre les Français qui sont plutĂŽt majoritairement pour une aide Ă  mourir ? Mais c'est pour ça. Il faut ĂȘtre en connexion avec la sociĂ©tĂ© lorsqu'on reprĂ©sente les Français. Et il y a eu un vote trĂšs large Ă  l'AssemblĂ©e nationale pour ouvrir ce nouveau droit. Donc il faut que nous rĂ©ussissions Ă  converger.

C'est le principe de la navette parlementaire. Mais je ne doute pas qu'au bout du compte, ce droit sera ouvert avant la fin du quinquennat. Karl Méhus.

53:06
Invité

La commission d'enquĂȘte sur l'audiovisuel public reprend ses auditions demain. Vous aviez eu un Ă©change un petit peu tendu avec son rapporteur, le dĂ©putĂ© siotiste Charles Aloncle. Vous aviez un peu dĂ©noncĂ© son attitude pendant cette commission. Qu'est-ce que vous attendez de cette deuxiĂšme phase ? Est-ce que vous redoutez de nouveau l'attitude du rapporteur ?

53:27
Yaël Braun-Pivet

J'Ă©tais intervenue, mais comme je suis intervenue Ă  trĂšs nombreuses reprises dans le cadre de commissions d'enquĂȘte, de missions d'information, quand je vois que les rĂšgles de notre AssemblĂ©e nationale ne sont pas respectĂ©es, ou que la commission ou la mission est instrumentalisĂ©e. C'est mon rĂŽle. Et donc je le fais, quel que soit le sujet, quel que soit la couleur politique de la personne qui anime cette commission. Ce que j'observe, c'est qu'aprĂšs mon rappel Ă  l'ordre, le bureau de la commission sous l'autoritĂ© de son prĂ©sident s'est rĂ©uni. Et Ă  l'unanimitĂ©, ils ont Ă©tĂ© dans le sens que j'exprimais. Ils ont remis Ă  plat un certain nombre de rĂšgles.

Ils ont obtenu l'accord du rapporteur de s'y soumettre, en tout cas son engagement. Et donc les auditions vont reprendre. On va tous ĂȘtre extrĂȘmement attentifs au fait que les rĂšgles qui sont nos rĂšgles communes et qui engagent la crĂ©dibilitĂ© de l'AssemblĂ©e nationale, vous savez, quand on agit au nom de l'AssemblĂ©e nationale, on n'agit pas en son nom personnel ou en son nom propre. Il faut tenir compte de l'image de l'institution, de sa crĂ©dibilitĂ©. C'est trĂšs puissant une commission d'enquĂȘte. Et donc lĂ , je ne doute pas que chacun va reprendre les travaux de façon raisonnable et responsable. En tout cas, c'est ce que j'attends.

54:46
Présentateur

On va parler un peu de l'échéance présidentielle. L'avenir politique de Marine Le Pen se rejoue depuis cette semaine au tribunal d'appel de Paris. Si Marine Le Pen ne peut pas se présenter, est-ce que c'est un problÚme démocratique, il y a le bon pivot ?

55:03
Yaël Braun-Pivet

C'est l'application de la loi. Donc ce n'est pas un problĂšme dĂ©mocratique d'appliquer la loi. Les dĂ©putĂ©s ont votĂ© pour qu'il y ait un certain nombre d'inĂ©ligibilitĂ©s qui soient prononcĂ©es par les magistrats. Les magistrats ont toujours la facultĂ© de ne pas prononcer ces peines. Aucune n'est obligatoire strictement dans le sens oĂč on peut toujours y dĂ©roger. AprĂšs, c'est la volontĂ© des Français d'avoir des Ă©lus irrĂ©prochables. Moi, je me souviens, en 2017, nous avions inscrit dans notre programme prĂ©sidentiel, celui que nous portions en tant que parlementaires, le fait d'avoir un casier judiciaire vierge.

Nous n'avions pas pu aller jusqu'au bout stricto sensus et nous avions dĂ» faire des listes d'infractions. Et donc, toutes les infractions qui...

55:51
Présentateur

AprÚs, il y a eu plusieurs ministres mis en examen, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à la rue.

55:53
Yaël Braun-Pivet

Alors, la mise en examen ne vaut pas condamnation. Et donc, respectons un petit peu la présomption d'innocence. Vous voyez, quand je suis attachée au droit international, je suis aussi attachée au droit national. Je suis avocate, n'oubliez pas. Donc, je pense qu'il faut faire attention. En revanche, la probité des élus ne se discute pas. Elle ne se négocie pas. Il faut avoir des élus qui ne sont pas condamnés, qui n'ont pas été condamnés à des infractions, qui mettent en cause leur probité. Et donc, les magistrats sont parfaitement libres. Parce que, quand on parle aussi de respect du droit, il faut parler d'indépendance de la justice.

Et donc, il faut laisser les magistrats faire leur travail. Et d'ailleurs, c'est pour ça, parce que parfois, il y a des suspicions sur cette indépendance de la justice que j'ai appelée et que j'appelle toujours le président de la République à réunir le CongrÚs pour que nous puissions enfin adopter cette réforme importante d'indépendance des procureurs de la République.

56:47
Présentateur

Alors, pour revenir sur 2027, cette séquence judiciaire a permis d'installer Jordan Bardella comme un candidat probable du Rassemblement national, trÚs haut dans les sondages actuellement. Quelles sont les faiblesses de Jordan Bardella, à vos yeux ? Certains disent son jeune ùge, son incompétence, son inexpérience.

57:05
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, moi, je ne le connais pas, donc je ne vais pas commencer Ă  faire les plus et les moins. Pour le coup, ça m'est complĂštement Ă©gal, en fait. Moi, aujourd'hui, je ne me place pas du tout dans la perspective. Je sais que tout le monde et tous les commentateurs parlent de 2027. On est en janvier 2026. On a consacrĂ© la moitiĂ© de votre Ă©mission Ă  parler du budget. On vient de consacrer une partie de l'Ă©mission Ă  parler de la situation internationale. 2027 viendra bien assez tĂŽt. Je pense qu'il ne faut pas commencer Ă  regarder les candidats, qui, comment, etc.

57:37
Présentateur

Ça viendra quand, la pĂ©riode de l'Ă©lection prĂ©sidentielle ?

57:39
Yaël Braun-Pivet

Le plus tard possible, je l'espĂšre, parce qu'on a encore beaucoup Ă  faire. On a Ă©voquĂ© un certain nombre de sujets. Et je pense que c'est Ă  ça qu'il faut nous consacrer. LĂ  aussi, hier, j'Ă©tais avec nos concitoyens dans une cĂ©rĂ©monie de vƓux. Je les ai Ă©coutĂ©s. Personne ne m'a parlĂ© de 2027.

57:55
Présentateur

Bon, on en reparlera quand mĂȘme. Merci, Elbron Pivet, pour ce grand jury. Bon dimanche Ă  tous et on se retrouve la semaine prochaine. Le grand jury RTL Public SĂ©nat, le Figaro M6.

58:13
Yaël Braun-Pivet

Voir ou revoir votre programme sur publicsénat.fr. Suite sur Public Sénat.

58:23
Invité

Que la technologie est créée par l'humain et que son devenir, c'est pas seulement son existence, mais c'est aussi son usage.

58:43
Présentateur

Les plus jeunes, les laisser seuls face Ă  des Ă©crans, ça reprĂ©sente des dangers. Parce que ce qu'on peut voir petit, c'est quand mĂȘme des enfants qui ont Ă©tĂ© choquĂ©s par des images qu'ils ont vues fortuitement.

58:55
Invité

Finalement, Internet reflÚte ce qu'est la société contemporaine d'aujourd'hui.

58:59
Yaël Braun-Pivet

Ils sont une préoccupation majeure pour les parents et aujourd'hui pour les pouvoirs publics. Les écrans et leurs effets sur les jeunes. Sommeil, scolarité, images de soi, sexualité, liens sociaux. Pas un pan de leur vie n'est pas percuté par l'invasion des smartphones et des réseaux sociaux. C'est tout l'objet du documentaire Les écrans rois de K.