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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 9 septembre 2013 26 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

L'auditorium de Jean-Luc Mélenchon épisode 2

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Le Parlement européen ne peut faire qu'une chose, amender des propositions qui émanent de la commission. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] l'auditorium de Jean-Luc Mélenchon. Bienvenue dans ce deuxè auditorium toujours enregistré au théâtre Clavel. Jean-Luc Mélenchon.

Bonjour. Bonjour. Alors, les difficultés de l'euro ont conduit les dirigeants européens, même les plus réticents, à accepter davantage de coordination entre les politiques économiques des différents pays.

La crise est-elle un nouveau tremplin pour l'Europe ? Comme le pense madame la garde, au menu des décisions prises dernièrement, on a le contrôle communautaire des budgets nationaux, le durcissement des sanctions financières, les menaces de suspension de droits de vote. Est-ce que ces mesures ont été prises volontairement sous la pression ?

Est-ce que le Parlement européen est consulté et partie prenante de ces décisions ? vous êtes un parlementaire européen. Voilà quelques-unes des questions que l'on va aborder au tout cours de cette émission.

Et pour commencer, j'ai envie de vous demander, vous qui êtes député européen, est-ce que pour faire face à la crise, l'Europe n'est pas en train de reprendre son destin en main ? Bah, ça dépend de quel destin on parle. Si c'est l'expansion de du caractère libéral de l'Europe, oui, c'est vrai.

On est en ce moment dans une phase d'accélération inouie de l'intégration politique et économique de l'Europe sous la houlette libérale. Ça c'est vrai. Par contre, si on parle de l'Europe pour laquelle se sont battu notamment les les gens de gauche, c'està-dire une Europe où le pouvoir des citoyens irait croissant et où la norme sociale irait s'harmonisant par le haut, et ben la réponse est non.

Ça va pire que jamais et c'est même une reculade gigantesque qui est en train de s'opérer sous nos yeux. D'une certaine façon, comme c'est le caractère libéral de l'Europe qui est en train de l'emporter, les tendances les plus négatives de la précédente construction européenne sont en train de s'affirmer. Donc on est passé d'un modèle qui était adémocratique où la question de la démocratie était pas essentielle.

Bon, ce qui était essentiel, c'était d'être ensemble, de prendre un certain nombre de mesures. On est passé ensuite à un caractère autoritaire, c'est-à-dire c'est comme ça et pour autrement. Et ça a été la pluie de directives transposée par chacun des pays sans quasiment aucune discussion, ni aucun pouvoir d'amendement, ni aucune délibération collective.

Ça c'est le caractère autoritaire. C'est c'est comme ça et pas autrement. Et maintenant est en train de passer à une nouvelle étape qui est de caractère totalitaire.

Non seulement c'est comme ça et pas autrement, mais ceux qui sont pas contents vont la fermer et sont interdits et de parole et de décision. En l'occurrence, les peuples n'ont plus rien à dire sur toute une série de décisions qui touchent jusqu'à leur vie privée. Totalitaire, vous y allez un peu fort.

On est dans une situation d'urgence. Il faut bien que les traités ne permettant pas de faire forcément ce qu'il faudrait faire. Il faut bien que les dirigeants, les chefs d'État qui ont quand même une légitimité démocratique décident de nouvelles règles.

Alors que les que les chefs de gouvernement qui ont en effet une légitimité démocratique se concertent et prennent des décisions, c'est une chose, on peut le comprendre et on peut discuter la nature de ces décisions. Mais là, on parle pas de ça. On parle de quelque chose qui est concerté dans le cadre des institutions européennes actuelles et qui s'impose de gré ou de force.

à chacun des peuples non obstant leur souveraineté nationale et à chacun d'entre nous quoi qu'on en pense. Bon peut-être que vous ne le savez pas mais si les États-Unis d'Amérique veulent savoir si vous cotisez à Al-Qaïda chaque mois, ils peuvent regarder votre compte en banque. Vous ne savez pas.

C'est euh ce que les États-Unis d'Amérique ont obtenu euh sous prétexte de lutte contre le terrorisme d'une institution qui s'appelle Swift qui elle-même coordonne 800 établissements bancaires et institutions financières en Europe. Les États-Unis ont obtenu le droit d'aller regarder dans tous les comptes. Bon, on n' pas obtenu la contrepartie.

Donc ça c'est une décision que je qualifie de totalitaire parce que je ne suis pas d'accord. Vous n'êtes certainement pas d'accord quoi que vous ne cotisiez pas mais voilà personne ne peut comprendre. Le Parlement européen ne s'est pas opposé à cette mesure.

Ah bien sûr le Parlement européen a fait une résolution une première fois qui s'est opposé à cette mesure. Voilà et avec cette résolution je pense que la commission a dû faire une ou deux jolies cocottes en papier parce que les résolutions qu'adopte le Parlement européen n'ont pas de valeur législative. Euh la le Parlement européen ne peut faire qu'une chose, amender des propositions qui émanent de la commission.

Vous me suivez ? Et une fois qu' le parlement fait ses amendements, il remonte normalement à la commission et le dernier mot doit revenir au conseil. Le conseil, c'est l'ensemble des représentants des des chefs d'état et de gouvernement.

D'accord ? Écoutez bien, c'est un petit peu compliqué mais finalement c'est pas si compliqué que ça qu'on quand on comprend que le but c'est d'arnaquer. Alors donc le parlement a amendé, la commission regarde les amendements dit "Ah ben moi cet amendement là, cet amendement là, cet amendement là, j'en veux pas, je suis pas d'accord." Donc elle transmet le texte amendé au conseil et elle lui dit "Tel tel amendement, je ne suis pas d'accord.

Que se passe-t-il pour que le conseil puisse dire bah écoutez vous la commission quand même vous êtes gonflé le parlement a décidé tel amendement et vous n'en voulez pas et bien pour qu'il puisse dire ça pour qu'il dire et ben écoutez nous de toute façon on accepte les amendements il faut qu'il délibère à l'unanimité c'est un peu comme si une loi en France ne s'appliquait que si les 22 régions étaient d'accord ou les 100 départements étaient d'accord il suffirait qu'il y en ait un seul qui dise ah ben non pas nous et aussitôt tout serait bloqué voilà ce qui est le fantastique pouvoir de cécision avec lequel se gargarise toutes sortes de gens sur tous les plateaux de télé avec lesquels ils viennent saouler et mentir naturellement au grand nombre. Quand je parle d'une d'une dérive totalitaire, c'est lorsque on a constitutionnalisé les règles du fonctionnement économique. Voilà, quand on décide par exemple que aucun parlement ne pourra délibérer d'un budget si auparavant la commission n'a pas dit "Ah, ce budget est correctement constitué." Et ça ça ça s'appelle du totalitarisme.

Imaginez-vous que Tav fasse ça, hein. Imaginez-vous une chose pareille. Puis avant que le parlement vénézuezuélien a le droit de délibérer, et bien d'abord il y aurait une institution révolutionnaire qui dirait "Ah bah ça oui, on a le droit de l'examiner ou pas ?" Donc des cris dégorgés dans l'univers entier.

Bah là le Parlement, l'Europe propose de faire ça et personne n'y trouve rien à dire. Là en l'occurrence la Commission européenne n'est pas une instance révolutionnaire. C'est plutôt une instance un peu responsable.

Mais c'est une instance, pardon, je suis en désaccord avec vous. C'est une instance révolutionnaire. Elle pratique une contre-révolution permanente.

Elle est en train de changer le statut, écoutez-moi bien, de la propriété dans toute l'Europe. Puisque en mettant par terre le monopole de tous les services publics au nom de la concurrence libre et non faussée, elle obtient le changement du statut de la propriété de fait. Deuxièmement, elle est en train de changer le statut de la souveraineté puisque ce ne sont plus les peuples qui l'exercent mais les règlements de la commission.

Donc vous voyez que changement de statut de la propriété, changement de la souveraineté. Si ça s'appelle pas une révolution, qu'est-ce qu'une révolution ? C'est donc pour faciliter et clarifier notre échange, une contre-révolution.

Mais c'est une révolution. La Commission est un organisme révolutionnaire. Rendez-vous compte, elle a réussi à obtenir que tous les États européennes se européens se dessaisissent de leur pouvoir de contrôle et de solidarité par exemple avec la Grèce. en Grèce, c'est pas la c'est pas le Conseil de gouvernement de l'Europe qui va suivre le plan d'austérité.

C'est le FMI. Le FMI, il y a qu'un seul et unique pays au monde qui a le droit de déposer un droit de véto sur une décision, les États-Unis d'Amérique. Autrement dit, la seule puissance au monde qui peut s'appliquer, qui peut s'opposer à l'application de quelque chose en Grèce, ce sont les États-Unis d'Amérique.

C'est pas nous les Français, c'est pas les Espagnols, c'est pas les Italiens. Et vous appelez pas ça une révolution ? Bien sûr que c'est une révolution, une révolution noire, une révolution contre révolutionnaire, mais c'est une révolution.

Je voudrais quand même revenir sur le la décision de la la proposition de la commission qui est en voie d'être acceptée de d'un droit de regard sur les budgets nationaux. Euh en France, on a effectivement un certain nombre de réticences qui ont été entendues, mais madame la garde s'est dit personnellement à titre personnel favorable et euh Dominique Stroskan dans une émission de télé euh à une heure de grande écoute a expliqué que il ne voyait pas du tout d'inconvénient à ce que la commission examine auparavant disant que euh bon quand on veut faire une seule nation, il faut bien que les régions acceptent qu'on regarde euh leur budget, que que ça s'était fait en France. Henriat avait fait la France comme ça.

Bon alors c'est deux cas différents. Madame Lagarde et monsieur Stroscan parce que il ne parle pas du même balcon. Madame Lagarde représente le gouvernement de la République française et donc nous sommes en droit d'exiger d'elle davantage que du directeur du FMI qui lui est le salarié d'une institution internationale placée sous la hallette des États-Unis d'Amérique.

Donc le leur situation par rapport à nous n'est pas du tout la même. Voyons donc commençons par madame Lagarde. C'est une libérale ne s'en est jamais cachée.

Au moins, elle dit ouvertement ce que autrefois quand on le disait nous on nous accusait de faire des caricatures. Madame Lagarde et donc pour le dessaisissement de la souveraineté populaire des Français au profit d'une d'une commission de comptable qui regarderait si le budget de la France est en déficit. Alors parce que tout ça il faut lui donner un contenu concret.

Qu'est-ce que ça veut dire avoir son budget vérifier avant ? C'est dire vous amenez votre budget puis a une série de gens autour de la table qui disent "Oh là là il y a trop de déficit." Alors trop de déficit ça veut dire quoi ?

Madame Ashton, monsieur Baroso, monsieur Vrun, il y a trop d'instituteurs en France, il y a trop d'infirmières, il y a trop de policiers. Il y a trop de quoi. Et c'est eux qui vont le dire.

C'est eux qui vont nous dire "Ah là là, écoutez alors la baron Achton qui naturellement n'est pas jugée parti, elle n'est pas anglaise là, elle elle va dire "Ah ben écoutez, les Français dépensent trop d'argent pour leur défense nationale hein. D'autant que maintenant qu'ils sont dans l'automne, il ferait mieux de donner les sous directement aux Américains. Comme ça, le problème serait réglé." enfant plaisante.

On voit bien que c'est un dessaisissement de la souveraineté populaire et par la même de l'identité de la République française. Parce que vous pouvez avoir des gens qui se définissent par le sang, la langue ou je ne sais quoi, mais la France, elle ne se définit par rien de tout ça. Elle se définit seulement par son contrat politique.

Ce qui nous unit, c'est notre constitution et notre devise liberté, égalité, fraternité. Donc quand madame Lagarde dit qu'elle trouve normal que la commission examine et donc en quelque sorte est un droit de véto et bien elle nous ramène à avant 1789. Le monarque s'appelait le Bourbon et aujourd'hui s'appellerait la commission monsieur Barosa et et les autres marionnettes qui s'y trouvent.

Donc de cela, il ne peut pas être question. Et de et de ce point de vue, madame madame Lagarde a dit quelque chose d'énorme et d'inac. Quant à ministre Oscan, il parle en tant que patron du FMI.

Le FMI n'a jamais rien fait d'autre de son histoire que de martyriser les peuples. Bon, par exemple, si vous proposez un seul plan, une seule fois dans un seul pays du FMI en dis Jean-Jean, est-ce que vous êtes pour ou contre ? La réponse est connue d'avance, c'est non.

He pourquoi ? C'est toujours la même recette. c'est moins d'éducation, moins de soins, moins de santé, euh euh moins de tout ce qui fait la vie et plus d'économie pour euh permettre de rembourser les dettes aux banques et ainsi de suite.

Donc euh Stroscan dans cette affaire, c'est la voix des banquiers et il dit euh "Écoutez, en Europe, vos histoires ça commence à bien faire. Euh nous voulons qu'il y ait un contrôle maximum pour que vous restiez dans les canons du libéralisme. Attendez, quand il dit la France a été unifiée par Henry Cat, je pense que il a dû rater quelques épisodes de ses études parce que l'unification fiscale et sociale de la France, mais surtout fiscale ne s ne s'est pas faite sous Henric et c'est faite sous la grande révolution 1789.

C'est là qu'on a aboli les privilèges féodo dans la nuit du 4 août et notamment les droits de ceci, les droits de cela que les féodos percevaient qui morcelit le marché. Alors, je comprends pourquoi éventuellement SOSkan préfère prendre ses exemples dans l'ancien régime que dans la révolution. Je comprends aussi qu'il préfère évoquer la figure bienveillante ou supposéelle de d'Henry 4 plutôt que celle de de tyran plus cruel comme Louis XV ou autre.

Mais c'est quand même bien ça qui défend ses pitoyables de la part d'un français. Alors, dans l'ensemble des politiques qui ont été décidées pour ramener l'économie à un peu plus de raison, Nicolas Sarkozi a décidé de mettre dans la Constitution française l'interdiction ou en tous les cas la limitation du déficit public. Euh cette mesure a l'air de satisfaire bon nombre d'économistes.

En tout cas, elle satisfait monsieur Bairou qui l'avait proposé en premier et elle va très vraisemblablement trouver une large majorité à l'Assemblée nationale. Là, vous pouvez pas dire qu'il y a pas de souveraineté. C'est une des c'est des représentants élus qui vont Mais c'est en toute souveraineté que l'Assemblée nationale a décidé de remettre les pleins pouvoirs au maréchal Pétin.

C'est c'est pas le sujet. Le sujet c'est de savoir qu'est-ce qu'on reconnaît comme droit au peuple. C'est un petit peu la réponse qu'il faut faire à Dominic Roscan.

Quand un ensemble de peuples, puisque la France était composée de plusieurs peuples différents, fusionne pour constituer une République une et indivisible. Qu'est-ce qui est premier ? C'est la souveraineté populaire.

Le reste vient après, les règlements, les contrôles, les budgets, les assemblées, tout vient après. Mais on commence par dire c'est le peuple qui est souverain. L'Europe, on a déjà essayé 10 fois de faire l'Europe.

C'est pas la première fois qu'on essaye. Les Romains ont essayé de la faire, les nazis ont essayé de la faire. Nous aussi, les Français avec notre grande révolution, on a passé les frontières vu qu'ils étaient venus nous chercher à domicile.

Et on est donc on a repassé les frontières et on a proposé le code civil un peu partout. C'est pas la première fois, mais quelle est la caractéristique commune de tous ces échecs de l'Europe ? Qu'est-ce qu'il y a de commun ? c'est qu'on a jamais demandé son avis au peuple et ça marche jamais.

Ça ne marche jamais parce que ça ne peut pas marcher autrement qu'en unifiant le souverain, c'est-à-dire en donnant le pouvoir au peuple lui-même et à chaque individu. Donc la France d'ancien régime mais surtout avec la rupture de la révolution, elle s'unifie par la souveraineté populaire. Voilà.

Donc en Europe, on a le droit d'exercer des contrôles si on est tous à égalité. Vous voyez, il y a d'innombrables conséquences à à ce concept là. Et ça c'est la réponse que je que je voulais faire pour compléter ce que j'ai dit tout à l'heure sur le FMI.

Maintenant, mettre dans la constitution l'interdiction de déficit, une mauvaise plaisanterie, c'est un rêve des monétaristes, hein. On pourrait aussi dire, on pourrait mettre dans la Constitution, toute personne qui ne rembourse pas ses dettes sera amputée des deux bras et on lui crèvera les yeux, hein, pour être sûr que comme ça, on montre "Ah, on va faire mais si on peut pas payer, on peut pas payer, monsieur Soudet, hein, on ne peut pas." Et là, c'est ce qu'on est en train de dire.

Pour payer, il faudra couper couper couper couper couper quoi ? Vous voulez supprimer combien d'écoles, combien de d'hôpitaux pour pour réussir votre sacroin équilibre ? Bon ou alors on me dit eh et bien monsieur Mélenchon, soit on ne pourra plus avoir de déficit et donc nous vous donnons raison, euh nous allons taxer le capital à hauteur du déficit parce que c'est ça que ça veut dire.

On bloque les comptes. Il faut donc remplir la caisse à proportion de la dépense. Quant à dire un déficit supportable, qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ?

Imaginez-vous, monsieur Souet, qu'on soit en guerre, on n'aurait pas on aurait rien d'autre à faire que de changer la constitution pour éviter d'être en déficite. Bon, je prends cet exemple caricatural et extrême pour montrer que l'idée de durcir et de constitutionnaliser des règles économiques est une folie. L'économie, ça n'est jamais que la manière dont avec laquelle les gens vivent ensemble, produisent, échangent.

Et il est quand même frappant de voir que ceux-là même qui sont toujours pour la flexibilité la plus totale dans l'échange et dans l'économie, tout d'un coup, dès qu'il s'agit de l'intervention de l'État, là il faut résidifier et empêcher toute souplesse. Je pense que c'est une absurdité qui va contre la souveraineté populaire. Mais enfin, quand sur l'ensemble du territoire européen, les chefs d'État et de gouvernement se mettent d'accord pour coordonner les politiques économiques, euh est-ce qu'on n'est pas là que quand même dans une unification, une harmonisation que vous-même vous appeliez de vos vœux précédemment ?

Vous disiez qu'il y avait un défaut d'harmonisation. Oui, mais c'est pas parce que vous aimez la musique que vous aimez toutes les musiques, hein. Et c'est pas parce que vous allez au bal que vous avez forcément envie de danser.

Donc qui se coordonne pour faire une Europe encore plus libérale et profiter des malheurs qu'ils ont eux-mêmes provoqués parce que tout de même s'il y a une crise, elle lui est bien de quelque part. Il y a bien des gens qui ont encouragé la dérégulation financière, qui ont inscrit ça dans le texte du traité de Lisbone. Donc c'est le résultat de leur œuvre qu'on a sous les yeux et cela profite de la crise qu'ils ont eux-mêmes provoqué pour venir durcir la politique qui a conduit à cette crise.

C'est ça l'absurde de la situation. Donc ce que je peux dire c'est vous voyez on peut se coordonner pour prendre des décisions communes. D'accord ?

Donc ça prouve bien qu'on pouvait le faire. On m'expliquait qu'on ne pouvait pas le faire. Mais maintenant, il faut regarder quelles décisions communes sont prises.

Celles là même qui vont aggraver la crise. Donc euh le fait qu'il se coordonne n'abroche pas notre droit et notre devoir de critique et d'examen souverain. Au contraire et par conséquent, c'est ce que je fais.

Est-ce que ça ne va pas quand même permettre à l'Europe d'exister plus, d'exister mieux sur la scène internationale ? Alors, ça c'est ce qu'on c'est ce qui est de bon de dire hein. Mais non, évidemment que non.

L'Europe va s'affaiblir, s'appauvrir, son économie va se contracter, les tensions entre les peuples vont s'accroître et à l'intérieur des nations, elles vont s'accroître. On le voit par exemple en Italie, Sylvio Berluscon profite de la crise pour donner un une accélération à la régionalisation de l'Italie en se déchargeant sur les régions de toutes sortes de dépenses que l'État prenait autrefois en compte en réduisant la participation de l'État à la vie de ses régions de telle sorte que par exemple il a annulé le budget d'aide au sud de l'Italie. Bon, ça c'est directement donné raison à à la Ligue du Nord qui elle est pour repousser euh l'Italie du Sud.

Donc l'Italie est en danger dans son unité nationale. C'est un pays récent l'Italie, ça date de 1860. De la même manière en Belgique, on voit les tensions entre les Wallons et les flamands.

Elles s'accroissent. Pourquoi ? On dit pour des raisons de de du parler, pour les raisons qu'on appelle ethnique.

Moi, j'aime pas trop cette référence là. La vérité est la suivante. Les flamandes disent nous, on a assez de payer pour les Wallons.

Bah nous, après tout en France, pour vous donner un exemple, on pourrait dire ceux de la région parisienne sont très riche pourrait dire "Bah, écoutez, nous on en a marre de payer pour laer ou pour la Creuse ou je ne sais quel département dont la balance du commerce extérieur est extrêmement déficitaire aujourd'hui, hein. Donc c'est ça le principe. La France, elle est c'est un état unifié.

Souvent, nous avons tendance à croire que tous les autres sont dans la même situation que nous. Non, ce n'est pas du tout le cas. Donc l'affaiblissement de de l'Europe, son affaiblissement économique par rapport à la zone euh asiatique et par rapport aux États-Unis d'Amérique sont en train de tirer leur épargne du jeu va conduire à une aggravation de toutes les tensions sur le continent européen.

Ce que j'ai dit c'est déjà passé dans le passé et euh je suis fondé à penser qu'hélas les mêmes causes produisent souvent les mêmes effets. C'est même une loi de base de la science. Rapidement, on a vu l'Europe prendre un bon nombre de décisions ces derniers temps, des fois même revenir et corriger ses traités sur des partis qui n'allaient pas.

Qui décide véritable qui prend véritablement ces décisions ? Est-ce que les on a une amélioration du processus de décision depuis l'adoption du traité de Lisbon ? C'était quand même une des grandes avancées de ce texte.

Oui, oui, c'est ce qu'on a dit que c une grande avancée et c'est en effet considérable. Autrefois, par exemple, il y avait euh une personne qui était responsable des affaires étrangères, le haut représentant. Maintenant, nous avons le président de la commission, monsieur Baroso, le président permanent du conseil, monsieur Vinrunpeille, la baronne Achton qu'il ne faut pas oublier, plus le président Tournant. 4 personnes de Renén avant s'occupent du même sujet et nous avons créé un corps de 5000 fonctionnaires pour prendre en charge une politique extérieure qui par ailleurs n'existe pas et pour cause puisque c'est une compétence qui n'a jamais été transmise au Parlement européen et qui est exclusivement l'apanage du conseil de gouvernement c'est-à-dire des 27 pays et vous imaginez qu'en matière de politique extérieure fort heureusement la politique extérieure de la France n'est pas placée sous les mêmes objectifs que celles de la Lituanie ou de l'Estonie pour ne prendre que ces deux exemples. exemples amicaux.

Donc tout ça est une hélas et tout ça est pitoyable. Les institutions n'existent pas qui permettrait de faire face. Maintenant alors on me dit le Parlement européen, monsieur Mélenchon, on espère de moi qui étant devenu député, je vais dire mons émerveilles de l'institution dans laquelle je siège.

Et bien non mais vous avez quand même du pouvoir au Parlement européen. Il y a eu plus de pouvoir accordé dans les derniers textes. C'est ce qui se raconte mais c'est naturellement totalement faux.

Le Parlement européen, contrairement à tous les parlements du monde, n'a jamais, si peu que ce soit l'initiative des lois. Le Parlement européen ne peut qu'amer les textes transmis par la Commission. Les textes transmis par la Commission sont ensuite lorsqu'elle s'oppose à un amendement, soumis à la règle de l'accordé des 27 États pour repousser une contreoffensive de la de la Commission.

Euh le Parlement européen ne délibère pas avec un pouvoir souverain sur le budget, ce que font toutes les assemblées du monde. Et après ça, on vient me parler des pouvoirs croissant du du Parlement européen. C'est vraiment une mauvaise blague.

Les sujets essentiels, les tarifs doués, euh l'harmonisation fiscale, passons elle est interdite, mais les les tarifs douigners extérieurs, l'organisation du marché intérieur, je prends que ces deux questions. La politique étrangère, en voilà trois, ces trois-là en aucun cas ne sont soumis à l'appréciation du Parlement européen. entièrement le conseil et la commission qu' on le pouvoir.

Et alors, qu'est-ce que c'est que ce parlement croupion qui ne peut ni délibérer du budget en ayant un pouvoir de décision, ni faire des lois et qui dans les domaines essentiels de la vie économique et sociale n'a aucun pouvoir. C'est un parlement de quoi ça ? Autrefois sous ancien régime, on appelle ça un parlement croupion.

Les états généraux qui a rassemblé Louis X ont eu plus de pouvoir que le Parlement européen aujourd'hui. Jean-Luc Mélenchon, avec le tableau que vous faites d'un Parlement européen, croupion d'un Parlement national qui n'aurait plus la primeur de l'examen du budget, euh vous allez pas relever le taux de participation électorale aux prochaines élections. Les gens se demandent mais pourquoi voter pour des gens qui n'ont qui ont si peu de pouvoir ? et ben des raisons de voter, ça pourrait être justement de voter pour le rendre ce pouvoir.

On a dit d'une manière un peu piquante au parti de gauche que nous nous étions pour élire le dernier président de la 5e République. Pourquoi le dernier ? Bah parce que c'est la 5e République elle-même qu'il faut qu'il faut changer.

La changer pour en faire quoi ? Bah une nouvelle constitution qui donne réellement le pouvoir au peuple. les circonstances qui ont conduit à ce système qui est unique en Europe tout concentré sur une personne, il y a pas un autre gouvernement en Europe qui fonctionne comme comme nous en France.

D'où c'est venu ça ? On va appeler ça gentiment d'un pression d'CUN avait dit à l'époque d'un coup d'état démocratique certainement du général de Gaul en 1958 au moment de la crise de l'indépendance algérienne et de l'effondrement économique avec celui celui qui avait parlé de coup d'état a finalement trouvé que le coup d'état avait accouché d'institutions qui étaient finalement assez confortable ça si vous spéculez sur les intentions de François Mitéran mais moi je me souviens de la phrase où il a dit ils étaient dangereux avant moi leur deviendront après je m' en tient à ça hein. Bon mais en attendant cette 5e République, il avait fait une tentative pour pour la changer et bon le Parti socialiste avait pas embrayé à l'époque.

Je me rappelle avoir été assez isolé avec Linman et Dray pour faire une convention pour la 6e République. C'était en 1992 et à l'époque le président Mitteran avait constitué un comité avec des constitutionnalistes pour faire des propositions. Tout ça n'a rien donné parce que il y avait pas l'élan, il y avait pas l'impulsion et puis surtout il y avait le Parti socialiste qui lui est très à l'aise dans la Constitution de la 5e République.

J'en profite pour rappeler au passage que la SFIO qui est l'ancêtre du Parti socialiste a voté la constitution de 1958 que personne ne l'oublie jamais. Donc on comprend qu'il y a un espèce de fil conducteur pour eux mais pas pour nous. Nous, on pense que le bon régime c'est un régime d'assemblée avec un gouvernement responsable devant l'assemblée.

La première des choses à faire, c'est de récupérer la souveraineté populaire. Donc des institutions qui en France soit des institutions qui permettent une véritable respiration démocratique, ce que l'actuelle monarchie républicaine ne permet pas. Chacun peut le constater.

Puis après, il faut pas simplement parler de manière abstraite des institutions. Il faut regarder pour quoi faire. Qu'est-ce qu'on veut récupérer, hein ?

On veut récupérer notre souveraineté en matière de défense. C'est quand même un sujet sérieux ça dans une période de tension. Il peut donc plus être question d'être comme ça embringué dans les aventures de l'otne pour aller faire sous prétexte de chasse