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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 20 février 2022 25 min

Accident de chasse, défections en série au RN... Le "8h30 franceinfo" de Laurent Jacobelli

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Le 8.30 France Info avec Jean-Jérôme Bertolus, chef du service politique de la rédaction. Bonjour Jean-Jérôme. Bonjour Racine, bonjour à tous. Notre invité ce matin est le porte-parole de Marine Le Pen et du Rassemblement National. Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour. Je voudrais vous entendre pour commencer sur cet événement terrible qui s'est produit hier, la mort de cette randonneuse de 25 ans qui se promenait avec son compagnon lorsqu'elle a été victime d'un tir de chasse. Le tir d'une chasseuse qui a 17 ans. Réaction de la secrétaire d'Etat à la biodiversité, il faut des décisions rapides, dit-elle. Plus jamais ça.

Yannick Jadot, candidat écologiste à la présidentielle, il faut réglementer cette activité. Il y a urgence. Que dites-vous Laurent Jacobelli ?

0:49
Laurent Jacobelli

Tout d'abord, permettez-moi d'avoir une pensée pour la famille de cette victime aujourd'hui de la chasse. Évidemment, je crois que d'ailleurs les chasseurs en ont pris conscience. A chaque fois qu'il y a un terrible accident comme celui-là, ça remet en cause les conditions de sécurité, les conditions de pratique de la chasse et qu'il faut prendre les mesures. Je tiens à souligner que depuis 20 ans, tous les 10 ans, le nombre de victimes a été divisé par deux. Ça reste trop de victimes. C'est 80 par an, 7 victimes mortelles à chaque fois d'accidents de chasse. Beaucoup de normes de sécurité ont été adoptées par les chasseurs. Il faut continuer. L'objectif, c'est zéro victime.

L'objectif, c'est que tous ceux qui vont à la chasse tiennent un fusil, soient aptes à le faire par leurs conditions de santé et par leur expertise.

1:32
Présentateur

Le permis de conduire en France, c'est 18 ans. Le permis de chasser, c'est 16 ans, 15 ans en chasse accompagnée. Il faut changer ça ?

1:40
Laurent Jacobelli

Il faut voir. Vous savez, la majorité des cas où les victimes des chasseurs perdent la vie ne sont pas dues à de jeunes chasseurs. Donc, je ne suis pas sûr qu'il y ait un lien de cause à effet. Ce sont plutôt les règles de sécurité qu'il faut respecter et s'assurer que la maîtrise de la chasse, la maîtrise du fusil, soit acquise par le chasseur, quel que soit son âge. Mais ça demande effectivement réflexion. J'ai vu sur ce sujet des déclarations plutôt rassurantes du patron des chasseurs, qui a pris conscience, je crois, de la gravité de la situation et qui est prêt à prendre les mesures. Il faut de la concertation, il faut essayer de ne pas non plus généraliser.

Évidemment, tous les chasseurs ne tuent pas des gens tous les jours. Il y a des accidents, il y en a trop. Un accident, c'est un accident de trop. Donc, il faut prendre les mesures en concertation avec les chasseurs, bien sûr.

2:29
Invité

Laurent Gérard-Cobéli, tout autre sujet. L'attention est à son comble entre l'Ukraine et la Russie. Hier, le président ukrainien Zelensky disait que son pays est le bouclier de l'Europe vis-à-vis de la Russie. Aujourd'hui, le chef de l'État, Emmanuel Macron, doit s'entretenir une nouvelle fois avec Vladimir Poutine. Vous donnez sa chance à la diplomatie et à la diplomatie française ?

2:56
Laurent Jacobelli

Il faut jusqu'au dernier moment dialoguer. Il faut jusqu'au dernier moment donner sa chance à la diplomatie. Et nous sommes évidemment heureux de voir que le président de la République française joue son rôle dans cet espoir, dernier espoir peut-être, de voir une solution pacifique par le haut se dessiner. Malheureusement, il faut le dire, parce qu'il faut être juste et critique, il s'y prend un peu tard et il s'y prend après une série de positions envers la Russie qui était parfois dogmatique, qui était parfois suiviste par rapport aux États-Unis.

Et il est à douter que, comme lorsqu'il y est allé il y a quelques jours, le président Poutine voit en lui un émissaire de Joe Biden, mais ne voit pas en lui un interlocuteur neutre. Or, pour comprendre et trouver des solutions, il faut se mettre à la place, dans la tête de celui avec qui on négocie. Aujourd'hui, la Russie voit à ses portes un pays qui veut adhérer à l'OTAN. C'est-à-dire qu'il imagine que des troupes américaines vont, demain, être aux frontières de la Russie. Et bien évidemment, il faut régler ce problème-là. Et je pense qu'une des portes de ce qui...

3:57
Invité

Régler le problème, ça veut dire interdire à l'Ukraine d'adhérer à l'OTAN, selon vous. Absolument. En fait, vous adhérez, au point de vue de Vladimir Poutine, à la fois sur l'Ukraine et sur la région. Par exemple, quand il demande aux troupes de l'OTAN de se retirer de certains pays d'Europe de l'Est qui sont adhérents à l'OTAN, je pense à la Pologne, à la Roumanie, vous dites, oui, il faut que les troupes se retirent ?

4:17
Laurent Jacobelli

Il est question, là, de l'Ukraine. Vous vous souvenez, dans les années 60, beaucoup...

4:21
Invité

Mais il est question de la zone d'influence de la Russie.

4:23
Laurent Jacobelli

Mais attendez, quand dans les années 60, sur le territoire cubain, l'Union soviétique a mis des missiles, évidemment, les États-Unis ont réagi parce qu'ils voyaient à leur porte leur ennemi de l'époque s'installer. Alors aujourd'hui, on n'est plus, je l'espère, dans cette logique de bloc, front contre front. Mais clairement, et Marine Le Pen l'a regretté à de nombreuses reprises, la France aurait dû continuer à avoir des relations beaucoup plus ouvertes, chaleureuses avec la Russie, notamment économiques, et ne pas céder à tous les oucas d'embargo qu'on nous a donnés contre la Russie, à arrêter un certain nombre de coopérations, même culturelles.

Nous avons toujours vu la Russie comme un ennemi des États-Unis, nous avons toujours choisi notre camp. Nous, nous voulons une position gaullienne, d'indépendance, dialoguer avec tout le monde pour permettre, dans des cas de conflit, d'être le négociateur.

5:07
Invité

Juste un petit mot, si guerre il y a, malheureusement, vous approuvez par avance les sanctions de l'Union Européenne, des sanctions que l'on annonce très sévères à l'égard de la Russie, ou finalement, votre côté assez proche de Vladimir Poutine vous dit non, non, pas nécessairement.

5:25
Laurent Jacobelli

Non, nous ne sommes ni proches de l'un, ni proches de l'autre, nous voulons une position indépendante et neutre. On a vu ce que les positions de restrictions économiques, d'embargo, ces mesures de rétention n'avaient pas d'effet. Ça n'a jamais empêché Vladimir Poutine d'avoir son discours, évidemment extrêmement nationaliste parfois, qui voulait garder sa zone d'influence. Donc, on voit bien que ça ne marche pas. Donc, il faut essayer la diplomatie. Et nous, en tant que Français, nous devons être indépendants, dialoguer avec tous, parfois avec les uns, parfois avec les autres, parfois avec tout le monde, dans l'intérêt des Français et dans l'intérêt de la paix.

Ce n'est malheureusement pas la politique qu'a suivie Emmanuel Macron jusqu'à ces derniers jours.

6:02
Présentateur

Toujours en lien avec la Russie, mais cette fois, à propos du Mali. La milice russe Wagner semble y être très présente. Est-ce que vous jugez qu'elle peut aider le gouvernement malien ?

6:13
Laurent Jacobelli

Écoutez, d'abord, il faudrait comprendre ce que veut réellement le gouvernement malien. L'agent militaire aujourd'hui, qui est au pouvoir dans ce pays, est difficilement... Il nous demande de partir au plus vite. La seule chose, effectivement, c'est qu'il nous pousse dehors, il nous met un coup de pied pour quitter le territoire. Et moi, ce que je tire de la situation, c'est que nous vivons une réelle humiliation de la part de l'agent malienne, qui semble être acceptée par le président de la République. Nous sommes présents sur place à travers Servan, puis Barkhane, qui sont le nom des deux opérations depuis 2013.

À peu près une cinquantaine de militaires français ont payé le prix de leur vie pour lutter contre le djihadisme, les terrorismes sur place, l'islamisme. Et aujourd'hui, nous devons partir de manière un peu précipitée. Ce que nous demanderons avec Marine Le Pen, au président de la République, c'est de coordonner ce départ, de donner au moyen à nos soldats, à notre armée, de partir en toute sécurité, mais de ne pas partir de manière précipitée. Et l'influence de cette milice russe, c'était ma question. Mais ce n'est jamais une bonne solution, évidemment.

Il faut d'ailleurs que parmi les 5000 hommes qui sont présents sur le terrain, certains vont rentrer, d'autres vont s'installer dans un certain nombre de pays autour du Sahel pour continuer à essayer de lutter contre le terrorisme. Très vite, avant qu'on s'interrompe pour les titres,

7:22
Invité

pour clore ce chapitre international, Est-ce que la Russie est une démocratie ?

7:27
Laurent Jacobelli

La Russie, il y a des élections, est une démocratie, on va dire, un peu autoritaire. On pourrait la qualifier comme ça, mais je crois que le président russe a à cœur de défendre l'intérêt de ses concitoyens. Moi, j'aimerais quand même faire une remarque générale sur la diplomatie d'Emmanuel Macron. C'est quand même la diplomatie de l'échec partout. Au Liban, où il était arrivé comme un président de la République bis, pratiquement en demandant des réformes qu'il n'a pas obtenues. On l'a vu en Australie avec le scandale des sous-marins. On l'a vu avec l'Algérie, où il est incapable de négocier un retrait de visa quand l'Algérie refuse de reprendre ses ressortissants.

Nous avons un président qui, clairement, a été déficient sur le point de vue de la politique internationale.

8:06
Présentateur

Laurent Giacobeli, on reprend cette discussion juste après le fil info. Voici Diane Ferschitt, il est 9h moins 20.

8:12
Invité

Il reste de la place pour la diplomatie. S'il faut se déplacer à Kiev et à Moscou, Emmanuel Macron se déplacera, affirme l'Elysée, alors que le chef de l'État s'entretiendra en fin de matinée avec Vladimir Poutine. Il ressort le président ukrainien Volodymyr Zelensky. A dire à Emmanuel Macron sa volonté de ne pas riposter aux provocations russes. Dans l'est du pays, sur la ligne de front, les tensions s'intensifient, des bombardements, des tirs d'obus. En tout, l'Observatoire pour la Sécurité et la Coopération en Europe relève plus de 1500 violations du cessez-le-feu en 24 heures.

Le président de la Fédération Nationale des Chasseurs demande à ce que soient rappelées les règles de sécurité de la pratique de la chasse à chaque organisateur de battue après qu'une jeune femme de 25 ans a été tuée par une balle perdue lors d'une battue au sanglier hier dans le Cantal. Elle faisait de la randonnée. Les gendarmes ont identifié le tireur présumé une chasseuse de 17 ans. La tempête de Nice a fait au moins 16 morts en Europe. et d'importants dégâts en France. Il y avait encore 24 000 foyers sans électricité hier soir, principalement dans le Pas-de-Calais. Le Pas-de-Calais, tout comme la Somme, la Seine-Maritime et le Nord, sont en vigilance ce matin au vent violent.

Vigilance orange. La fin des Jeux Olympiques d'hiver et le compteur français reste à 14 médailles, dont 5 en or à quelques heures de la cérémonie de clôture. La France 10e du tableau. Sur le podium, on retrouve la Norvège, l'Allemagne et la Chine.

9:29
Présentateur

C'est Laurent Jacobelli, porte-parole de Marine Le Pen et du Rassemblement National qui est notre invité ce matin. Hier, Laurent Jacobelli, votre ami ou ex-ami, je ne sais pas, Nicolas Bay, à vous de me le dire, il était avec Éric Zemmour, il a participé à ce fameux meeting aux côtés du candidat à la présidentielle. On va l'écouter et vous réagirez ensuite.

9:54
Locuteur non identifié

Nous contemplons le monument protecteur de la France, symbole de la France, symbole de la France éternelle, symbole de la France qui ne veut pas mourir. La France aujourd'hui menacée par l'immigration de masse, menacée par l'islam politique. Les Français dépossédés du fruit de leur travail par un État tentaculaire, bureaucratique, spoliateur, qui n'assume plus aucune de ses missions fondamentales, mais qui entrave les énergies dans notre pays.

10:23
Présentateur

Voilà, Nicolas Bay devant le Mont-Saint-Michel, aux côtés d'Éric Zemmour. Les propos qu'on vient d'entendre, vous pourriez les employer, vous aussi ?

10:31
Laurent Jacobelli

Oui, bien sûr. Et d'ailleurs, ça pose la question de savoir pourquoi Nicolas Bay est parti, pourquoi il a lâché la campagne et ses militants et tous ceux qui l'ont aidé à être élu en race campagne.

10:41
Présentateur

Vous en avez parlé avec lui ?

10:42
Laurent Jacobelli

Non, parce que les dernières discussions que nous avons eues étaient des discussions tout à fait paisibles, sereines, qui ne laissaient pas présager de ce qui allait arriver.

10:50
Présentateur

Donc c'est une surprise alors ?

10:51
Laurent Jacobelli

Ce qui montre bien, ce n'est pas vraiment une surprise, mais ce qui montre bien qu'il y avait derrière une stratégie, une stratégie de sape de la campagne de Marine Le Pen, une stratégie de sabotage du Rassemblement National. La vraie question, c'est, s'il est sincère, pourquoi ne reste-t-il pas à travailler avec Marine Le Pen, qui est crédité aujourd'hui de 46% au second tour et qui est la seule candidate capable de battre Emmanuel Macron ? Donc s'il n'a pas choisi ce camp-là, s'il a choisi d'aller avec Éric Zemmour, c'est soit par souci de radicalité, soit pour nuire à son ancien camp, et ça il faudra lui poser la question.

11:23
Présentateur

Il le dit, pourquoi ? À force de dédiabolisation, il dit que la candidature de Marine Le Pen suscite l'indifférence.

11:30
Laurent Jacobelli

Très étonnant de la part de quelqu'un qui a eu deux mandats grâce au soutien de Marine Le Pen, qui a été porte-parole et qui l'a accepté de la campagne de Marine Le Pen. Ce revirement soudain montre bien qu'il y a soit un problème de cap chez Nicolas Bay, soit un manque de sincérité,

11:43
Invité

mais dans les deux cas, je vais vous dire... On ne va pas faire l'exégèse de la pensée de Nicolas Bay, mais il explique aussi que vous avez un problème de ligne au Rassemblement National, qu'effectivement à la droite de la droite, c'est un problème quand on abandonne l'interdiction de la binationalité, quand Marine Le Pen ne veut plus sortir de l'espace Schengen, quand Marine Le Pen finalement approuve la PMA pour toutes les femmes. Donc il y a des positions de Marine Le Pen qui aujourd'hui heurtent Nicolas Bay.

12:09
Laurent Jacobelli

Je vais vous répondre. D'abord, il y a une bonne dose de mauvaise foi sur la binationalité. Éric Zemmour a tenu à peu près les mêmes propos il y a quelques mois. Donc c'est facile de sortir des contre-vérités comme ça, de s'y agripper, mais au final, ça n'est pas très utile. Et puis vous savez pourquoi Marine Le Pen propose ça ? C'est parce que ça permet de mettre une déchéance de nationalité sur certains citoyens et de les expulser du territoire français. C'est donc une mesure pour plus de sécurité. Mais honnêtement...

12:33
Invité

Mais vous abandonnez la retraite à 60 ans pour tous. Mais est-ce qu'il n'y a pas, à force de renier sur toutes les positions, est-ce que ça ne pose pas un problème effectivement à la droite de la droite ?

12:42
Laurent Jacobelli

Est-ce que vous permettez de vous répondre ? Éric Zemmour est là pour crier. Éric Zemmour est là pour faire le buzz. Éric Zemmour est là pour exprimer une forme de radicalité. Ça peut soulager certains, ça peut contenter certains, mais ça fait 10 à 15%. Marine Le Pen veut être présidente de la République française. Donc Marine Le Pen, elle porte ses valeurs, elle porte nos valeurs, cette vision d'une France plus sûre, cette France rendue aux Français, cette France fière d'elle-même, mais elle le porte avec des mesures pragmatiques.

Sur la réforme des retraites, par exemple, je suis tout à fait d'accord pour en parler avec vous, elle a maintenu le cap, partir à la retraite plus tôt, avec moins d'annuité, en gagnant plus, et elle l'a adaptée à une situation qui est que le président de la République... Ce qu'on commençait plus tôt à bosser. Ce que le président de la République nous laisse une dette supplémentaire de 600 milliards. Or, le principe général, elle le respectera. Si vous avez commencé à travailler tôt, ça veut dire que vous avez eu un métier plus dur et que vous irez à la retraite plus tôt. C'est une réforme juste, pragmatique, portée par quelqu'un qui est capable de diriger le pays.

13:38
Invité

Tous ces ralliements, est-ce que ça ne montre pas quand même que le dynamisme est aujourd'hui plutôt du côté d'Éric Zemmour que du vôtre ? 100 000 adhérents au mouvement d'Éric Zemmour reconquêtent cette semaine, la barre est franchie. Combien d'adhérents aujourd'hui au Rassemblement National ?

13:53
Laurent Jacobelli

Honnêtement, vous me posez une colle. Je crois que c'est entre 20 000 et 40 000. 40 000, je crois. Mais je ne suis pas sûr qu'on doit faire un concours de cours d'école qui a le plus de monde dans ces meetings, qui a le plus de monde d'abonnés. 60 000 en 2012. Qui a le plus d'abonnés. 60 000 en 2017. Est-ce que je peux terminer une phrase ? Les adhérents d'un parti, ça compte quand même. Mais attendez, parce que je vais continuer. On peut faire ce concours de cours d'école. Je crois que ça n'a aucun intérêt. La seule cour qui compte, c'est la cour de l'Élysée dans laquelle veut rentrer Marine Le Pen dès le 25 avril.

Une fois encore, moi je veux bien parler de Nicolas Bay, je veux bien parler de X ou de Y. J'aimerais mieux qu'on parle des 67 millions de Français qui attendent une solution. De ces Français qui se réveillent le matin en ne sachant pas comment ils vont terminer le mois avec un litre d'essence à 2 euros. Je veux parler de ces Français et de ces Françaises notamment qui partent le matin au travail la boule au ventre parce qu'ils ont peur pour leur sécurité. Ceux qui ne savent pas comment leurs enfants vont se dépatouiller avec un système scolaire aujourd'hui défaillant. Tout ça, ce sont des vrais problèmes. L'avenir et la carrière de quelques-uns, honnêtement...

14:49
Présentateur

Mais tout de même, ce principe des vases communiquants, Laurent Jacobelli, celui d'Éric Zemmour qui se remplit, celui de Marine Le Pen qui semble se vider, est-ce que vous savez, vous, comment ça va se terminer ?

14:57
Laurent Jacobelli

Excusez-moi, vous regardez comme moi les sondages, vous y attribuez une importance relative, comme moi. Mais vous voyez bien qu'aujourd'hui, dans tous les sondages, Marine Le Pen est l'adversaire principal d'Emmanuel Macron et tous les Français doivent bien comprendre que s'ils veulent se débarrasser enfin de ce président de la République qui divise, qui appauvrit, qui affaiblit, il n'y a qu'une seule adversaire crédible aujourd'hui, c'est Marine Le Pen. Le reste, ce sont des soubresauts, des agitations, mais ce ne sont pas des solutions politiques. Encore deux questions. Tous ces cadres qui quittent effectivement... Dix cadres, excusez-moi, tous ces cadres, ce sont dix cadres...

15:33
Invité

Quand il y en a dix, on peut dire tous. Voilà, tous ces cadres, tous ces dix cadres...

15:38
Laurent Jacobelli

99% des élus... Oui, ça fait quand même... Mais écoutez-moi,

15:40
Invité

89% des élus qui quittent le groupe du Rassemblement National. Bon, bref, si vous voulez, dix cadres. Est-ce qu'en fait, ils n'anticipent pas l'après-présidentiel, c'est-à-dire, eh bien, la mort du Rassemblement National, Marine Le Pen qui, peut-être, ne fera pas une quatrième présidentielle si elle n'est pas élue en avril prochain. Est-ce qu'il n'y a pas un côté... Voilà, on anticipe l'union des droites et on anticipe de mettre la main sur le Rassemblement National.

16:09
Laurent Jacobelli

J'aimerais tourner la page de ce sujet qui, je crois, n'est pas fondamental, mais je vais vous répondre. Vous l'avez dit vous-même, ces gens anticipent, préparent la mort du Rassemblement National. C'est ça leur ambition. Nous, on veut sauvegarder la vie de la France. C'est une ambition plus noble, une ambition présidentielle. Alors, leur tripatouillage électoraux, leur tripatouillage de partis, nous leur laissons. Nous, avec Marine Le Pen, avec, je le répète, 99% des élus qui sont autour d'elle. Fort, combatif, résolu, nous voulons sauver la France. Si eux veulent sauver la droite, c'est leur combat, nous en avons un beaucoup plus noble.

16:43
Invité

Très vite, deux questions encore. D'abord, est-ce que la fin de ce feuilleton, c'est l'arrivée de Marion Maréchal aux côtés d'Éric Zemmour ? Vous l'avez dit, c'est un feuilleton. Moi, je ne suis pas fan de télé-réalité.

16:55
Laurent Jacobelli

Plus belle la vie appliquée à la politique, honnêtement, ça ne m'intéresse pas.

16:58
Invité

Sur le fond, si Marine Le Pen, effectivement, est au deuxième tour face à Emmanuel Macron, est-ce qu'elle tendra la main à Éric Zemmour ?

17:04
Laurent Jacobelli

Marine Le Pen a toujours dit qu'elle voulait faire un gouvernement d'union nationale. Marine Le Pen a toujours dit que les portes et les fenêtres de notre mouvement étaient grandes ouvertes. Elle veut faire un grand rassemblement populaire.

17:14
Invité

Elle prendra Éric Zemmour dans son gouvernement ?

17:16
Laurent Jacobelli

Je crois qu'il ne le voudrait pas, donc ce n'est pas la peine de faire de la politique fiction. Mais elle prendra dans son gouvernement tous les patriotes sincères, de bonne volonté, compétents, qui veulent plus de justice sociale en France, plus de France en France, et qui veulent rétablir nos valeurs qui sont aujourd'hui mises en danger, notamment par l'immigration. Tous ceux qui seront d'accord autour de ce pacte-là travailleront avec nous. Un président qui divise et qui travaille contre les Français seuls, on vient d'en sortir. Après cinq ans de macronisme, il faut que ça cesse.

17:43
Présentateur

Laurent Jacobelli, invité du 8.30 France Info. On se reparle après le fil info. 9h moins 10, Diane Ferchit.

17:50
Invité

Pour le candidat écologiste à la présidentielle, Yannick Jadot, il y a urgence à réglementer la pratique de la chasse. Réaction après qu'une balle perdue a mortellement touché une randonneuse de 25 ans dans le Cantal. Hier, le tireur présumé est une chasseuse de 17 ans choquée. La jeune femme a dû être hospitalisée. Une marche blanche ce matin à 10h à Saint-Laurent-de-la-Salangue, dans les Pyrénées-Orientales, marche en hommage aux huit victimes de l'incendie de trois immeubles mitoyens. C'était lundi. Pour l'heure, on ignore toujours les causes du drame. Toutes les pistes restent à l'étude, précise le procureur de Perpignan, qu'elles soient criminelles ou accidentelles.

Washington réitère sa mise en garde. Selon lui, la Russie peut lancer une opération militaire à tout moment. Les tensions de plus en plus vivent dans l'Est de l'Ukraine. Séparatistes prorusses et forces ukrainiennes s'accusent mutuellement d'enfreindre le cessez-le-feu en vigueur avec des tirs à l'arme lourde qui affirment que deux de ses soldats sont morts dans ces affrontements. Après avoir parlé avec Volodymyr Zelensky, hier, Emmanuel Macron s'entretiendra tout à l'heure avec Vladimir Poutine. La victoire de Nantes, 3 à 1 face au Paris Saint-Germain. Les Nantais remontent au classement.

Ils sont 5e ce matin suite et fin de la 25e journée de Ligue 1 de football avec cette rencontre au programme en clôture à 20h45. Marseille reçoit clairement.

19:04
Présentateur

Laurent Jacobelli est l'invité du 8.30 France Info ce matin, Jean-Jérôme Bertolus.

19:08
Invité

Une question de parrainage. On le rappelle, il faut 500 parrainages. d'élus pour un candidat pour qu'il puisse se présenter à l'élection présidentielle. Marine Le Pen en a rassemblé 366 jeudi dernier validés par le Conseil constitutionnel. Est-ce qu'à ce stade, vous êtes inquiet ou vous êtes plutôt serein ? Il reste à peu près deux semaines.

19:30
Laurent Jacobelli

Au moment où on se parle, il y a une vraie incertitude. On va être honnête, nous ne savons pas si nous aurons nos 500 parrainages. Pour une bonne et simple raison, c'est qu'aujourd'hui, le système est complètement verrouillé, que les maires sont parfois sous influence, j'allais dire, de barons locaux qui leur demandent de ne pas parrainer certains candidats ou de parrainer certains autres. Et nous sommes face à un système qui ne fonctionne plus. Des candidats très représentatifs comme Marine Le Pen, mais comme aussi Jean-Luc Mélenchon, n'ont à ce jour pas leur qualification pour être candidats.

D'autres candidats moins représentatifs, pour qui j'ai beaucoup de respect, évidemment, comme Mme Arthaud ou M. Lassalle, sont déjà qualifiés. D'autres, comme Valérie Pécresse, qui est contestée dans son propre camp, tutoie les 2000 parrainages. Tout cela n'a plus aucun sens. Mais puisque vous m'en donnez l'occasion, je me permets de lancer un appel au maire. Rien ne vous arrivera si vous parrainez Marine Le Pen. Aucune menace sur les subventions, c'est tout à fait illégal. Vous devez aujourd'hui jouer le jeu de la démocratie, permettre au premier parti d'opposition de France, à la première candidate qui s'oppose à Emmanuel Macron, d'être candidate.

Car sinon, notre pays sera en déjeuner démocratique permanent. Comprenez les Français qui ne pourraient pas avoir, même Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen comme candidats, ça amène demain des scores de l'abstention terrifiants. C'est tout notre système qui aujourd'hui chancelle sur cette question des parrainages qui est anachronique, inadaptée, qui a été fait par François Hollande pour empêcher le Rassemblement National, il faut le dire, d'être candidat et d'arriver au pouvoir. Les maires ne doivent pas être dupes. Ils ont en ce moment, au moment où je vous parle, un rôle essentiel pour sauver notre démocratie, c'est le parrainage. Vous êtes en charge des parrainages

21:06
Invité

pour Marine Le Pen. Quand vous dites effectivement il ne se passera rien en termes de subvention, vous faites allusion à ce qu'on appelle les intercommunalités, c'est-à-dire toutes les petites communes qui sont rassemblées souvent auprès d'une commune plus importante et pour assurer la gestion du quotidien des administrés.

21:24
Laurent Jacobelli

J'ai eu des témoignages, j'ai eu en ligne plusieurs maires qui m'ont dit écoutez, nous avons aujourd'hui envie de parrainer Marine Le Pen pour la démocratie mais c'est très clair, on nous a dit que si on le faisait, la subvention pour notre école, la subvention pour notre terrain de foot serait abrogée. Eh bien je leur dis c'est pas possible, d'abord c'est illégal et que tous les maires Rassemblement National qui aujourd'hui dirigent des communes que ce soit à Hénin-Beaumont, à Fréjus, à Ayange, à Perpignan obtiennent des subventions parce que c'est la loi et parce qu'ils ne peuvent pas contourner cette loi.

Donc tout ça ce sont des menaces en l'air, des intimidations, il ne faut pas avoir peur de sauver notre démocratie.

22:02
Invité

Laurent Jacobelli vous parlez d'intimidation en matière de subvention mais est-ce qu'il n'y a pas aussi des intimidations plus globales ? On voit la violence du débat politique aujourd'hui, est-ce qu'il n'y a pas des maires, des élus parmi ces 42 000 élus qui ont un petit peu la trouille et une trouille légitime de parrainer ou de soutenir effectivement tel ou tel candidat ?

22:24
Laurent Jacobelli

Vous savez, les maires sont des gens courageux, je n'emploierai pas le mot de trouille mais parfois, je pense qu'ils en ont un peu ras-le-bol passez-moi l'expression que tout repose sur eux même cette espèce de premier tour déguisé de l'élection présidentielle. Ils ont, je crois, la démocratie au cœur mais ils ne comprennent pas pourquoi il y a cette pression qui est mise sur eux par le gouvernement, par les collectivités locales et aussi par les candidats qui veulent leur ménage. Donc ce n'est pas la violence du débat ? Je ne pense pas que ce soit la violence du débat.

22:49
Invité

Vous avez pris toutes les menaces contre les élus qui ont émaillé ces derniers mois ?

22:53
Laurent Jacobelli

Il y a des menaces sur les élus. Elle n'est pas liée au parrainage, elle est liée à l'affaiblissement de l'autorité dans notre pays, au laxisme judiciaire. Ça joue peut-être aussi à la marge. Je pense simplement que les maires, aujourd'hui, ne comprennent pas pourquoi c'est à eux de faire ça. Moi, je leur dis, aujourd'hui, la loi fait que c'est à eux de le faire, qu'ils sauvent notre démocratie. Ils ont ça dans leurs mains. Un dernier mot sur ces questions

23:16
Invité

de parrainage. François Bayrou a indiqué que, de toute manière, effectivement, il était important que des candidats tels que Marine Le Pen puissent participer au débat politique. On parle d'une bande des parrainages au sein du Modem. On va dire que le discours est un petit peu le même au sein de La République En Marche. Est-ce que, de ce point de vue-là, vous êtes rassuré ? Est-ce qu'effectivement, lors de la dernière semaine, date limite pour atteindre les parrainages, vous serez sauvés ? Écoutez, nous n'avons pas l'habitude

23:46
Laurent Jacobelli

d'attendre d'être sauvés par les autres. Nous essayons toujours de mettre notre énergie. Mais vous acceptez les parrainages où qu'ils viennent ? Nous, nous acceptons tous les parrainages et je vais vous dire pourquoi. Parce qu'un parrainage, ce n'est pas un soutien, ce n'est pas prendre sa carte d'adhésion. Le parrainage, c'est simplement un moment de sélection et le maire qui parraine Marine Le Pen dit oui, Marine Le Pen est légitime pour être candidate ou non, elle ne l'est pas. Clairement, elle l'est.

Je vais même vous dire un secret, il y a un maire encarté au Parti Socialiste qui nous a dit moi, je vous combats, vous n'avez pas mes idées depuis que j'ai 18 ans mais je ne veux pas vivre dans un pays où Marine Le Pen ne pourrait pas être candidate. C'est ça le parrainage.

24:20
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas là un discours de victimisation au RN et avant cela au FN qu'on a entendu à chaque présidentielle et finalement les parrainages sont là ?

24:27
Laurent Jacobelli

Je viens de passer quelques minutes à vous parler des parrainages. Est-ce que vous ne croyez pas qu'en période de campagne électorale, je n'aurais pas préféré passer 8 minutes sur le pouvoir d'achat, sur la sécurité, sur l'immigration, sur l'avenir des Français, sur les retraites ? Quel intérêt aurions-nous à nous victimiser ? Non, clairement, c'est la réalité. D'ailleurs, la réalité, vous pouvez la constater vous-même puisque les chiffres sont officiels, transparents au Conseil constitutionnel et d'ailleurs, c'est une part du problème le fait qu'il n'y ait pas d'anonymat des parrainages.

24:55
Invité

Combien de promesses

24:56
Laurent Jacobelli

aujourd'hui ? 366 parrainages ? On va être clair, il nous manque à peu près 80 parrainages aujourd'hui pour être sûr d'avoir les 500.

25:05
Présentateur

Merci Laurent Jacobelli, porte-parole du RN et de Marine Le Pen,

25:09
Locuteur non identifié

invitée du 830 France Info ce matin. Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr et sur franceinfo.fr et sur franceinfo.fr