Les vacances orageuses de monsieur Macron #cdanslair 08.08.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 54 %Défensif 31 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:45OuverteRéponse directe
A-t-il des raisons d'être inquiet pour la rentrée, Emmanuel Macron ?
- 2:31OuverteRéponse partielle
Est-ce que Brigitte Macron joue un rôle là-dedans ?
- 9:34OuverteRéponse directe
On espère que vous profitez aussi de vos vacances pour vous reposer ?
- 12:53RelanceÉludée
Hulot, lanceur d'alerte hors pair, mais muselé, va-t-il démissionner ?
- 15:10OuverteRéponse directe
Est-ce qu'un départ de Nicolas Hulot fragiliserait le président de la République ?
- 19:19FerméeRéponse partielle
Est-ce qu'on a un budget plus important pour l'environnement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:40PrésentateurChiffre
« 85% des Français estiment que le président de la République est loin d'eux, que c'est un président de la République lointain. »
- 17:12PrésentateurFait
« Il n'a pas les moyens d'une grande politique d'environnement. »
- 30:17Locuteur non identifiéFait
« Alexis Collère n'a jamais informé les autres membres du conseil de ses liens familiaux avec MSC. »
- 38:56Invité politiqueFait
« 'est vrai que, depuis l'élection d'Emmanuel Macron, ce qu'il avait réussi à faire, c'était instaurer un climat de confiance entre lui et l'opinion, et les Français. »
- 39:06Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron, il conserve toute sa confiance en Alexis Colleur. »
- 39:11Invité politiqueFait
« les conséquences politiques seraient quand même plus lourdes si Alexis Colleur devait être mis en examen, s'il devait quitter l'Élysée. »
- 39:18Invité politiqueFait
« On le qualifie souvent de frères jumeaux d'Emmanuel Macron, c'est-à-dire qu'ils ont un parcours assez similaire. »
- 46:09Invité politiqueFait
« Disons que les ministres et les proches du président de la République reconnaissent qu'il y aura quand même un avant et un après à faire Benalla. »
- 46:16Invité politiqueFait
« le climat, dans l'opinion, on le voit dans vos enquêtes notamment, a pu être perturbé par ces affaires-là. Ça a jeté le trouble, les suspicions sur le pouvoir. »
- 46:27Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron, il a besoin justement pendant cette trêve estivale, le gouvernement y compris, de retrouver un lien avec les Français et pour lui permettre à la rentrée d'être fort, d'être puissant et de pouvoir continuer à réformer et d'appliquer son programme présidentiel. »
- 55:47Invité politiqueFait
« Elle peut aussi continuer de payer sa gestion de l'argent parce qu'au Front National on a vu en dehors de l'affaire judiciaire actuelle par exemple un Nicolas Bay qui est vice-président du parti épinglé pour des frais exorbitants de Bush liés à ses fonctions au Parlement européen. »
- 56:19Invité politiqueFait
« au restaurant pour des sommes astronomiques il ne s'en est pas encore expliqué en tout cas ça nuit vraiment à la crédibilité du parti d'autant à un an des élections européennes »
- 1:02:37Invité politiqueFait
« 'est un choix politique de ne pas y assister »
- 1:02:42Invité politiqueFait
« 'est vrai que ça a été très critiqué mais voilà le choix a été fait de ne pas perturber la trêve estivale »
- 1:02:50Invité politiqueFait
« Florence Parly y était pour représenter le Président de la République »
- 1:05:47Invité politiqueFait
« je pense que là il a le temps pour y réfléchir en tout cas et pour étudier le climat politique dans lequel il se trouve »
- 1:05:57Invité politiqueFait
« l'année dernière il y avait eu la polémique sur la hausse des APL qui avait un petit peu durci la rentrée politique »
- 1:06:03Invité politiqueFait
« il va falloir reprendre la main après un été compliqué et des affaires qui pour la première fois ont fragilisé le sommet de l'État »
- 1:06:39PrésentateurFait
« Emmanuel Macron n'a pas su se rapprocher suffisamment de la CFDT »
Temps de parole
- Présentateur76 %
- Emmanuel Macron11 %
- ?4 %
- Invité3 %
- Invité 22 %
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Bonjour
et bienvenue dans ce C'est dans l'air. Emmanuel Macron, vous le savez, est en vacances depuis vendredi. Mais le climat politique reste très orageux au-dessus de la tête du chef de l'État. L'affaire Benalla a laissé des traces. Ça n'est pas la seule d'ailleurs qui risque d'empoisonner l'été du président. Entre l'affaire Colère, du nom du secrétaire général de l'Élysée, et les états d'âme de Nicolas Hulot, on peut dire que le chef de l'État a de quoi s'occuper. Ça ne
l
'a pas empêché, vous le verrez. Et vous l'avez sans doute déjà vu, d'aller prendre un bain de foule hier soir autour du fort de Brégançon peut-être,
pour
tester sa popularité, que l'on dit atteinte. A-t-il des raisons d'être inquiet pour la rentrée, Emmanuel Macron ? S'agit-il d'un trou d'air ou de la première véritable épreuve du jeune président ? Les vacances orageuses de M. Macron, c'est le titre de l'émission de ce soir. J'attends comme toujours évidemment vos questions sur le SMS de l'émission ou sur les réseaux sociaux, et on va en parler ensemble, avec Jérôme Fourquet, directeur du département d'opinion de l'institut de sondage IFOP, qui mettait le président à son plus bas niveau depuis son élection à la fin du mois de juillet, auteur du nouveau clivage aux éditions du Cerf.
Jean-Jérôme Bertelus, journaliste et chef du service politique de France Info, la journaliste Mathilde Ciro, qui suit le gouvernement et la majorité pour le Figaro, et l'historien Jean Garrigue, spécialiste de la vie politique française, vous enseignez à l'université d'Orléans et également à l'institut d'études politiques de Paris. J'étais frappé d'entendre dans les échanges qu'il
y a
eu, et on les réentendra évidemment tout à l'heure, Emmanuel Macron avec les vacanciers qui étaient autour du fort de Brégançon, la question d'un père de famille qui lui a dit « j'espère que vous arrivez à vous reposer ». Et Emmanuel Macron lui a répondu « je bookine,
je
me promène, je fais comme tout le monde ». Ça m'a frappé de la part d'un président dont on dit qu'il dort peu et qu'il réveille généralement ses amis à 3h du matin quand il a une question à leur poser. Il faut le croire
? C
'est vrai qu'on a du mal à croire qu'Emmanuel Macron reste pendant 15 jours dans le fort, à bouquiner au bord de la piscine, à profiter de ses proches. C'est quand même un président sur le front constamment, en première ligne, hyperactif. Donc même si ses proches apparemment lui conseillent de prendre du repos, de prendre de la distance comme lui-même l'a fait et il a passé ses consignes auprès du gouvernement, on imagine qu'il passe aussi beaucoup de temps dans son fort à travailler et à préparer cette rentrée qui s'annonce, vous l'avez dit, assez compliquée.
Donc
décrocher, ce n
'est
pas un mot qui fait partie de son vocabulaire
? Je
ne
crois
pas. Se reposer non plus. Est-ce que Brigitte Macron joue un rôle là-dedans ? Est-ce qu'elle lui demande d'appliquer ses consignes de repos ? Est-ce qu'elle est vigilante ou une vigie ?
Sur les images qu'on a vues hier pour le premier bain de foule, elle apparaissait un petit peu en retrait. Mais en tout cas, elle est évidemment au fort de Brégançon avec le président de la République. Elle a déjà fait plusieurs promenades, plusieurs sorties avec lui depuis vendredi. Donc effectivement, elle a sa place, elle est auprès de lui. Et pendant cette période, en fait, où rien ne s'arrête et où en fait, Brégançon est un peu une continuité de l'Elysée, une continuité de son bureau de président de la République.
Ce n
'est
pas monsieur tout le monde, Brégançon autrement dit. Non,
c
'est intéressant ce que la phrase que vous avez relevée, faire comme tout le monde, c'est exactement l'inverse.
C
'est-à-dire que les vacances d'un président de la République, c'est une séquence politique en tant que telle. Et c'est une séquence politique très importante. Il faut savoir que quand il est allé en vacances, le président de la République, il sortait d'une séquence politique compliquée pour lui. Il y
a
eu un sondage, quand même, qui montrait que même,
on
va dire, son image, il n
'a
pas d'image personnelle, son image politique était atteinte. 85% des Français estiment que le président de la République est loin d'eux, que c'est un président de la République lointain. Donc on comprend bien que le président veut faire absolument comme tout le monde. Et en général, c'est ça, les vacances. C'est un subtil dosage entre je me montre ouvert, je suis un Français comme tout le monde, comme vous, donc je sors du fort de Brégançon, je vais serrer des mains, peut-être le 15 août,
il
va aller à Bormes-les-Mimosa, comme le faisait avant lui Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac. Et puis, ils le savent, les présidents, les Français leur demandent d'exercer leurs responsabilités, d'être au boulot. Les Français, ils ont l'impression qu'à la fois, ils ont élu le président, mais pratiquement qu'ils payent pour le président. Donc ils ne veulent pas non plus d'un président comme François Hollande en 2012. Souvenez-vous, ces premières vacances, qui ont en fait amorcé sa dégringodade dans les sondages, parce que c'était un président trop comme tout le
monde.
Donc il fait comme tout le monde, mais il n'est pas comme tout le monde. C'est le principe de la démonstration. Voilà, c'est cela. On peut rajouter deux éléments. On demande au président comme au ministre désormais d'être sur un mode de veille active, c'est-à-dire on peut se reposer un petit peu, mais être prêt à réagir aux moindres problèmes. On en parlera tout à l'heure avec des ministres qui sont sur le terrain. Et puis la phrase que vous citiez d'Emmanuel Macron correspond aussi à sa volonté de montrer que l'affaire qui a beaucoup occupé les médias et l'opposition ces dernières semaines, l'affaire Benalla, pour ne
pas
la citer, était bien une tempête dans un verre d
'eau.
La preuve, ça n'empêche pas le président de partir en vacances et d'apparaître, en tout cas en façade, de façon relativement sereine. Donc ça, ceci, c
'est
un message important que l'Élysée et Emmanuel Macron ont à cœur d'envoyer aux Français, en montrant « voilà, je suis serein ». On se souvient aussi de sa sortie devant les parlementaires de sa majorité en disant « je suis votre chef, je vais encaisser les coups ». Et donc il faut montrer que c'est lui qui reste le maître des horloges, qui ne se fait pas dicter par d'autres son agenda et que la route qu'il a tracée, il la suit. Donc même le bain de foule d'hier soir est très politique.
Oui,
mais le bain de foule, c'est de toute manière presque un des emblèmes de la Vème République. Parce qu'au fond, c'est le général de Gaulle qui a quasiment créé le bain de foule. En réalité, c'est le maréchal Pétain. Mais après Pétain, c'est de Gaulle. Et les présidents de la Vème République ont besoin d'incarner, ont besoin de ce contact avec le peuple. C'est-à-dire, ça remonte même à la monarchie, à ce qu'on appelait le pouvoir thomaturgique. Quand vous êtes touché par le souverain, vous avez quelque chose de plus. Et on aime bien toucher son souverain,
son monarque républicain.
C'est ce qu'on appelle le toucher des écrouelles. Donc il y a ce contact très important avec la figure du président. Et en même temps, on voit bien à chaque fois la dualité de la présidence de Macron. Donc il y a cette sortie, ce contact avec la foule. Je pense qu'il aime véritablement en plus ce contact. Et en même temps, un surcroît de présidentialité, avec le choix de faire de Brégançon, de revenir à une occupation présidentielle de Brégançon, contrairement à ce qu'avait fait François Hollande, qui a voulu l'ouvrir aux Français. Donc on refait de Brégançon un lieu politique, un lieu de la présidentialité.
On reçoit Thérèse Hamet, on décide que ça sera à nouveau un lieu politique, parce que ça l'a déjà été. Il y
a
même des décisions qui ont été prises à Brégançon, comme a priori la dissolution de 1997, ce
qui
n
'a
pas été forcément le meilleur choix. Mais il y a vraiment là les deux aspects, finalement, de la présidence Macron. Il reçoit,
il
passe des coups
de
fil
?
Thérèse
Hamet,
on le sait. Pour le reste, on a un blackout. Il
a échangé lundi avec le président de Colombie, et ce matin aussi avec le président de l'Afrique du Sud. Quelques ministres, quelques proches du président sont aussi en vacances près de Brégançon. Alors on peut imaginer qu'il les reçoit peut-être de manière discrète, sans qu'on soit forcément mis au courant. C'est intéressant quand même de souligner que l'Elysée souhaite communiquer a posteriori sur tout ce qui se passe à Brégançon. Pourquoi ?
Parce que, voilà, Emmanuel Macron veut rester très discret sur ces congés-là, même si on nous dit que tout est privé, toute sortie est privée, on nous en informe deux jours après, trois jours après, pour montrer qu'il est là, qu'il est auprès des Français aussi, et qu'il passe aussi du bon temps, comme tout le monde,
au fort de Brégançon.
On dit que tout est privé, mais on comprend quand même que tout est très politique. Ce sont des cartes postales que le président envoie aux Français. Oui, et on voit aussi le changement de pied dans le rapport aux médias par rapport aux premières vacances présidentielles d'Emmanuel Macron l'été dernier après sa victoire à la présidentielle. Il était allé aussi se reposer sur les bords de la Méditerranée, à Marseille, mais avec un dispositif de sécurité
qui
était très hermétique et un blackout total quasiment du point de vue des médias.
Il
y avait même un paparazzi ou un photographe qui s'était fait recadrer.
Là, c
'est un drone. Voilà, la menace d'un dépôt de plainte. Là, on voit bien que le dispositif de communication a un petit peu changé, même si on communique
deux
ou trois jours après les événements, il faut montrer à la fois la proximité, mais aussi que le président est au travail et que la République est tenue. Vacances studieuses, donc, pour le gouvernement et pour le président. On ne s'est pas trop éloignés. On n'est pas sortis de France. Le Premier ministre est dans les Hautes-Alpes. On a fini par le savoir. La ministre de la Santé tenait encore à Paris une conférence de presse ce matin sur la canicule. Quant au président, il est donc à Borme-les-Mimosas où il s'est offert ce premier bain de foule estival. Retour en image sur ce moment avec Pierre Millet-Bellando et Erwann Illion. Monsieur Macron, bonjour.
Comment allez-vous
?
Ça va très bien. Vous allez bien
? Le
bain de foule. L'exercice incontournable d'un président en vacances.
Un
peu de proximité avec les Français. Rassurant, surtout lorsque les sondages ne sont pas vraiment favorables.
On
espère que vous profitez aussi de vos vacances pour vous reposer ? Oui, oui, oui. Pour bouquiner, se
promener. Et pour ressourcer ? Faire comme tout le monde. Voilà. Et ça fait du bien. Se reposer, même si la politique n'est jamais très loin.
Quel
âge tu as ?
C'est Louis-Denis.
Et là, t'habites où
?
À Paris.
Et
t'aimes bien
la politique
? Oui. C
'est vrai
? Oui. Tu
suis tout
?
Oui.
Et c
'est
quoi les prochaines élections alors
? Je
ne sais pas.
Tu ne sais pas encore ? C'est les Européennes, tu vas voir. Une quinzaine de minutes au contact des Français. Le temps de prendre quelques photos.
Et
voilà le couple présidentiel reparti vers le fort de Brégançon. Encore dix jours de vacances pour eux. Et pas question de les interrompre.
Pas
même pour accueillir le prince William d'Angleterre et Thérésa May, à l'occasion des célébrations du centenaire de la bataille d'Amiens cet après-midi.
Une
absence du chef de l'État très commentée, au point que la ministre des Armées Florence Parli a dû interrompre ses vacances pour assister aux cérémonies. Preuve supplémentaire que pour certains membres du gouvernement, la pause estivale n'a rien de reposant.
Nous
allons faire un point maintenant dédié à l'épisode de Canicule. A commencer par Agnès Buzyn.
Ce
matin encore, la ministre de la Santé animait une réunion de crise spéciale Canicule. Elle qui est sur le front depuis deux semaines, va enfin pouvoir souffler avec la baisse des températures.
Quand
il y a un risque pour la santé des Français, qu'on est ministre de la Santé, on doit s'assurer que tout est fait pour minimiser ce risque et j'ai simplement fait mon travail. La Canicule et ses conséquences sont désormais l'affaire de Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture, obligé d'enchaîner les apparitions médiatiques.
Nous
sommes mobilisés sur un certain nombre de dispositifs. Mais il n'y a pas que l'actualité qui occupe les ministres. A Bercy, Gérald Darmanin s'est livré à une opération communication via un courrier qui sera envoyé à des Français souvent inquiets, à quelques mois de la mise en place du très complexe prélèvement à la source.
A
partir de janvier 2019, vous paierez votre impôt au fil des revenus perçus et l'impôt s'adaptera chaque mois au montant de revenus versés. Cette réforme de modernisation de l'impôt et de simplification ne changera en rien le montant total de votre impôt.
Rassurer les Français, ce n'est visiblement pas la priorité d'un autre membre de l'exécutif, Nicolas Hulot. Interrogé sur le sujet de la pollution de l'air, le numéro 3 du gouvernement n'a pas hésité à partager ses états d'âme.
Un
constat d'impuissance.
L
'urgence était hier.
C
'était hier qu'il fallait qu'on réagisse. Maintenant, on a basculé dans une situation qui n'est plus une situation de crise, qui est une situation permanente.
Un
ministre tout seul, quel qu'il soit,
un
pays tout seul, quel qu'il soit, n'arrivera pas à résoudre une situation qui est encore une fois le fruit d'un mode de développement sur des décennies et des décennies.
Et
la rentrée de Nicolas Hulot s'annonce chargée.
La
grande loi sur les mobilités et le plan vélo sont prévus pour automne prochain. Des réformes qui pourraient malgré tout convaincre le ministre de rester au gouvernement.
Oui,
malgré tout, et on sent qu'il y
a
un peu de déprime, effectivement, dans le propos de Nicolas Hulot, d'où la question d'un téléspectateur ou d'une téléspectatrice, l'un d'entre vous. Hulot, lanceur d'alerte hors pair, mais muselé, éteint, broyé par la politique dont il ne déchiffre pas les codes, va-t-il démissionner ? Et on baisse dans les sondages. On pourrait ajouter, c'est-à-dire que récemment, mais je parle un petit peu sous votre contrôle, pour la première fois, Hulot a décroché dans les sondages. En général, avec Laura Flessel, la ministre des Sports, il se tutoyait en haut des marches du podium des ministres les plus populaires. Là, récemment, il vient de plonger. Il n
'est
même plus dans les quatre premiers. Ça pourrait quand même, chez lui, susciter une interrogation, même s'il est là et il y reste. C
'est
-à
-dire
que son interrogation du printemps, cette heure de vérité qu'il voulait avoir avec le président de la République, il l'a eu, il est là, il reste, il mène les négociations avec EDF sur la loi sur l'énergie. Mais il a toujours des apparitions un petit peu étranges. C'est vrai que cette apparition à Europe 1 pour dire aux Français, vous êtes responsable,
c
'est un petit peu étrange, parce que ça a été facile pour certains hommes politiques de lui répondre en disant, « Sûrement, on est responsable, mais enfin, ça serait mieux que Nicolas Hulot soit lui-même ministre de l'Environnement, ça irait peut-être mieux. »
–
Oui, c'est ce que dit M. Coquerel, par exemple, mais ce qui est intéressant dans la question posée, c'est que c
'est
l'image que les Français se font de Nicolas Hulot, d'un lanceur d'alerte hors pair, voilà les mots, mais il n
'est
pas fait pour la politique,
il
n
'est
pas fait pour le gouvernement.
–
Alors, mais il faut voir s'il… – Question ?
–
Il y a quand même un certain nombre de dossiers qui avancent, même si on voit que l'équation est compliquée, ce dont il fait l'apprentissage, c'est les arbitrages, il faut négocier à la fois avec les lobbies, très puissants, mais également avec d'autres ministères. Ce faisant, je pense que là, il est aussi dans son rôle de pédagogie, en disant, voilà, on parle de plus en plus de réchauffement climatique, on en a sans doute
une
manifestation, une illustration avec la canicule qui a frappé le pays, mais on n
'a
pas, c'est pas le bouton d'une clé, mais on ne
va
pas revenir en arrière, et donc maintenant, le processus est engagé, et donc moi, je dois préparer la société française à s'adapter à ce nouvel état de fait, et donc tout ça, ça va se faire sur un long terme, donc c'est peut-être aussi un changement de rôle, c'est-à-dire qu'il est plus simplement le lanceur d'alerte, il doit maintenant être celui qui met les mains dans le moteur et qui essaye, eh bien, tant qu'il est encore temps, de réparer ou d'adapter notre modèle économique à la nouvelle donne. Est-ce qu'un départ de Nicolas Hulot fragiliserait le président de la République et le gouvernement
?
Certainement, mais je remarque que ça fait presque un an qu'on annonce le départ de Nicolas Hulot. Et que lui joue avec cette idée, s'il peut me permettre ? Qu'il joue
peut-être avec
cette idée à haute voix, puisque par définition, c'est quelqu'un qui vient de l'extérieur, d'ailleurs comme beaucoup de ministres de ce gouvernement, mais avec cette spécificité de l'aura médiatique qui est la sienne, de la popularité qui est la sienne, ce rôle de lanceur d'alerte dont on parlait tout à l'heure. C'est un rôle difficile, les ministres de l'environnement ou
de
l'écologie ont toujours eu, à toutes les époques, de grosses difficultés, parce qu'ils sont sans arrêt pris entre cette nécessité presque philosophique d'aller vers une société qui résout ces cruciaux problèmes environnementaux. Et puis en même temps, la pression d'un certain nombre de lobbies, j'allais dire le pragmatisme de Bercy et d'autres moyens de pression. Donc c'est quand même un rôle difficile. Et finalement, moi je suis, par rapport à tous les commentaires qui ont été faits depuis un an sur Nicolas Hulot, je les ai trouvés souvent un peu sévères, parce que je pense que c'est assez normal qu'il ait un rôle et une parole un peu différentes de ce qui a précédé.
Et c'est bien aussi qu'il ait cette spécificité-là. On ne lui demande pas forcément, je ne
suis
pas sûr que les Français attendent un ministre politique, quelqu'un qui maîtrise tous les codes de la communication politique, mais qu'il puisse donner comme ça un certain nombre d'indications, stimuler la société française. C'est aussi, ça me paraît important. Simplement,
c
'est vrai qu'il ne
faut
pas se cacher la réalité, il n'a pas les moyens d'une grande politique d'environnement. Et c'est vrai aussi, comme il le souligne, qu'une grande politique de l'environnement n'est pas une politique nationale. Donc tout ça passe évidemment par d'autres niveaux d'intervention, et c'est ce qui explique les difficultés qui sont entières. C'est
vrai que
sa communication est basée sur des états d'âme depuis un an, avec des constats très alarmistes, très pessimistes même, alors qu'on attend de lui qu'il met en avant l'action du gouvernement, l'engagement aussi d'Emmanuel Macron en matière d'écologie. Et finalement, ça manque un peu dans sa communication. Et c'est aussi ce qu'on attend de lui maintenant qu'il est à cette place. Il y a un certain nombre d'experts, de climatologues, qui sont là effectivement pour montrer la réalité du réchauffement climatique, etc. Nicolas Hulot, il est à l'action, il est aux responsabilités, il est numéro 3 du gouvernement.
Donc il a les moyens de faire avancer les choses, et de faire en sorte d'opter dans des arbitrages, et d'être sur le devant de la scène
en
tant que ministre.
Ce qui est vrai,
c'est qu'on ne peut plus considérer que Nicolas Hulot, c'est un lanceur de l'air. Ça fait 15 mois maintenant qu'il est au gouvernement. En plus, on ne peut plus considérer que l'évangélisation de la société en matière d'environnement, elle reste complètement à faire. Les Français, ils la vivent, cette canicule. Ils le vivent, le réchauffement climatique. Ils la vivent, la pollution, même quand ils prennent des vacances. Donc, ce qui est vrai, je rejoins Mathilde Sirot, c'est qu'il doit passer à la phase 2 maintenant, Nicolas Hulot. Il a eu des arbitrages favorables, comme Notre-Dame des Landes. Mais il doit passer à la phase 2 de...
Eh bien oui, il y a aujourd'hui une alerte générale sur ces sujets en matière d'environnement. Donc, j'embrasse mes sujets au sein du gouvernement. Ce n
'est
pas devenir un homme politique classique que de savoir faire un bras de fer au sein du gouvernement. C'est juste de faire avancer et de concrétiser ses convictions. Et je crois que maintenant, s'il commence à décrocher dans les sondages, c'est que les Français attendent ça de lui. Ils se sont parlé avec Emmanuel Macron, vous pensez, après son interview de ce matin ?
Il a clairement un traitement de faveur au sein du gouvernement. Il est constamment en lien avec Emmanuel Macron.
Il a l'accès au président de la République en direct.
Bien sûr, privilégié. Donc, il peut obtenir des arbitrages. Et encore une fois, même si à Matignon ou à Bercy, peut-être qu'il
n
'y
a
pas les responsables politiques les plus écolos de France, il a les moyens quand même de montrer qu'il peut agir pour ses ambitions.
Alors,
justement, parler d'agir concrètement et des arbitrages, donc il y a deux sortes d'arbitrages et des arbitrages financiers. Est
-ce
qu'on a un budget plus important ? On voyait par exemple que sur la question de l'éolien en mer, l'État en a rabattu par rapport à ses projets initiaux. Puis il
y a
un autre type d'arbitrage, c'est par exemple dans les bras de fer avec un certain nombre de filières, je pense notamment à EDF,
sur
par exemple l'engagement dans la sortie du nucléaire. Mais
tout
ça est très compliqué parce que bien évidemment, la croissance ralentit. On apprend qu'aujourd'hui, l'appareil productif d'EDF tourne à plein régime pour exporter de l'électricité dans tous les pays d'Europe qui ont allumé tous leurs climatiseurs. Et donc ça fait des devises qui rentrent. On voit également que les arbitrages budgétaires,
c
'est compliqué d'augmenter puisqu'on va rentrer prochainement dans le débat sur le budget, les fameux 3%. Mais il y a d'autres arbitrages ou d'autres décisions qui ne coûtent pas très cher et qui pouvaient être prises et qui peuvent prendre aussi les Français à défaut sur une espèce de schizophrénie. Parce que tout le monde a été évangélisé sur la nécessité d'aller vers une société de développement durable. Mais on constate par exemple que les délais d'instruction d'un dossier pour installer des éoliennes à terre sont 3, 4, 5 fois plus longs que ce qui se passe en Allemagne. Et là, il y a peut-être un certain nombre de verrous administratifs à faire sauter.
On constate par exemple qu'une installation éolienne à terre, c'est classé Céveso par l'administration française. Et donc ça offre... Comme une usine civique. Comme une usine civique. Et donc ça offre toute une possibilité de recours à très nombreuses associations. Et donc c'est peut-être là-dessus, Emmanuel Macron parle de transformer en profondeur la société française, que Nicolas Hulot peut obtenir un certain nombre de résultats qui ne coûteraient pas forcément très cher au budget de l'État. Est-ce que l'été c'est un moment où le président réfléchit à un éventuel prochain gouvernement ou à un éventuel remaniement ?
Est-ce que l'été c'est un moment où les ministres peuvent s'illustrer, gagner des points ou en perdre ? Je vous vois sourire Jean-Jérôme Bertolus.
Ce
qui est vrai, c'est qu'il y
a
eu un petit mouvement quand même de la part des ministres juste avant que le président ne parte à Brégançon. Je ne dirais pas à la fin de l'affaire Benalla, parce que je serais incapable de savoir si cette affaire est terminée ou pas, mais on a senti que des ministres qui ne s'étaient peut-être pas tellement exposés pendant cette affaire médiatiquement, ont senti tout d'un coup le besoin de se rappeler au bon soin du président à travers des matinales de radio, des matinales de télé, etc. Sur la question précisément que vous posez, est-ce qu'on réfléchit ? Est-ce que le président prend le temps de réfléchir à un gouvernement ?
De toute façon, un président de la République, et Macron incarne ce mouvement.
Je
pense que ça réfléchit 24 heures sur 24 au jeu de puzzle permanent de qui est bien à cet endroit-là, qu'est-ce qu
'il
représente, est-ce qu'il fait bien son job, quelle force politique il représente.
Mais
ce qui est vrai, c'est que l'hypothèse d'un remaniement avant l'affaire Benalla avait commencé à circuler.
Par
exemple, on vient de voir Agnès Buzyn. Agnès Buzyn, elle
passe un été très
studieux. Elle est là. La canicule, c'est son dossier. Mais Agnès Buzyn, elle va avoir une rentrée extrêmement chargée. Elle est ministre de la Santé, ministre de l'Affaires Sociales. Donc elle va avoir la réforme de la dépendance, la réforme de l'hôpital, le plan anti-pauvreté, le budget de la Sécurité Sociale. C'est beaucoup pour
une
ministre qui en plus a un cabinet de 10 conseillers. C'est beaucoup. Donc à un moment, il y avait eu l'hypothèse qui circulait. On pouvait peut-être couper son ministère en deux. Pourquoi pas ? Mais l'affaire Benalla
a
tué,
peut
-être que je serais démenti à la rentrée, a tué cette hypothèse en l'œuvre.
Vous vous dites,
il n
'y
aura pas de remaniement à la rentrée
? Si,
remanier...
Parce
que remanier,
c'est quoi ? Parce que remanier, c'est d
'abord le cas Colomb, qui peut-être doit renouer le fil avec les policiers. Et remanier, sortir Colomb, soit pour un autre job au sein du ministère, soit ailleurs, c'est avouer que l'affaire Benalla est une affaire. Mathilde Siro.
En
Macronie, on aime peu parler des remaniements, on préfère parler d'ajustement. Pour le cas d'Agnès Buzyn, il semblerait que la possibilité de lui offrir un secrétariat d'État lui permettrait effectivement de pouvoir aborder la rentrée et ses multiples sujets de façon plus aisée. Et ce n
'est
pas anodin de la voir autant en première ligne ces derniers jours sur une canicule qui finalement, même si elle est longue, elle est quand même bien moindre en termes de crise sanitaire qu'en 2003. Ce n
'est
pas anodin parce que, rappelez-vous, alors ça paraît être une éternité, au tout début du mois de juillet, lorsque justement on a appris que ce plan anti-pauvreté était retardé, reporté au mois de septembre, elle avait quand même fait une erreur de communication assez grosse, assez embêtante pour le gouvernement qui était de dire, oui, Emmanuel Macron sera au match de football de la France et donc ne pourra pas vendre concrètement ces réformes comme il faut.
–
La
justice était sans
doute la
décision rive. – C'était la vérité, c'était
très maladroit.
– Il
ne fallait pas le
dire,
oui. –
Oui.
–
Jean-Gaille.
–
Moi je pense que les remaniements, comme c'était indiqué, ils se font quand il y a quelque part une faiblesse, une fragilité, ou plutôt qu'il est nécessaire de, comment dire ça, de passer outre cette fragilité et que le remaniement puisse servir à faire oublier cette fragilité.
– Vous dites qu'il n'y a pas de
fragilité ?
– Il y a des fragilités. – Au contraire, remanie,
c'est avouer une fragilité.
– Voilà,
c'est-à-dire que la force de l'innovation est plus importante que l'aveu de la fragilité. Et là, en l'occurrence, je pense que c'est quand même, on peut discuter, on voit même pour un Gérard Collomb qui est quand même, à mon avis, sur la sellette, il n
'est
pas évident que se débarrasser d'un poids lourd, de quelqu'un comme ça, qui joue un rôle très important dans le système Macron, ça serait plus intéressant que de faire oublier les dysfonctionnements de son ministère au moment de l'affaire Benalla. Donc, je pense qu'il n
'y
a pas...
Pour
l'instant, dans l'état actuel des rapports de force politique, ce n
'est
pas évident qu'un remaniement soit une bonne chose. –
Mais
qui pour remplacer Gérard Collomb, qui pour remplacer Nicolas Hulot, sont des questions que forcément le président se pose cet été, même s'il ne passera pas à l'acte, c
'est
ça que vous me dites. – Ça fait partie sans doute des exercices habituels d'un président de la République, mais on rappellera quand même une des spécificités de ce quinquennat et de ce gouvernement, c'est qu'hormis une ou deux personnalités très clairement identifiées, la grande majorité des ministres sont très peu connus des Français.
et
donc pratiquer un remaniement
habituellement, vous
savez, comme disait Jean Garig aussi tout à l'heure, c'est passer outre une faiblesse, mais aussi envoyer des signaux à l'électorat. On va faire rentrer telle personnalité, de tel courant, quand on était au Parti Socialiste ou à l'UMP ou chez les Républicains. Aujourd'hui, tout ça n'a plus cours et donc ce n
'est
pas évident non plus que ce soit très pertinent de pratiquer un jeu de chaises musicales
en
bougeant des gens qui sont très peu connus ou inconnus du grand public. Est
-ce
qu'il
y
a des noms qui circulent quand même
?
Vous
qui êtes vraiment dans la machine ou pas loin,
mouillez-vous un peu. À ce stade,
c'est une chose,
c'est
qu'Emmanuel Macron n'est pas prêt à bousculer vraiment l'équilibre politique qu'il a instauré au sein de son gouvernement. Ensuite, il faut quand même se rappeler qu'en 2019, il y
a
eu une élection, une élection européenne et que ça peut être le moment, soit juste avant, soit juste après, de remanier, de telle sorte de peut-être faire sortir des personnalités qui pourraient éventuellement être candidates pour ces élections-là ou en fonction de la conjoncture, du climat politique, de bouger les équilibres. Voilà. Mais
les noms ?
Il n
'y a
pas de noms
?
Par exemple, je vais vous dire. Gérald Darmanin, par exemple, qu'on entend beaucoup aujourd'hui sur le prélèvement à la source, on le voit bouger. Il y
a
des gens qui pourraient rentrer, d'autres revenir.
Il
n'occupe plus de
gens. La thème ici, en Comorisé,
qui est partie très loin de la sphère politique, est-ce qu'elle pourrait y revenir à
l'occasion
des remaniements
?
Je vais vous faire une réponse que vous n'allez pas apprécier. Mais Nicolas Hulot, pourquoi il est si important pour le président de la République ? D'abord parce qu'il incarne à lui tout seul, vous parliez de Solferino dans l'ancien temps, mais Nicolas Hulot, il incarne à lui tout seul le progressisme au sein de ce gouvernement. C
'est
-à
-dire
que les ministres de gauche
sont
devenus muets. Lui, c'est l'environnement. C'est une certaine forme de progressisme.
C
'est une certaine forme de société civile. Et le problème, deuxième pour le président, c'est qu'il n
'y
a personne pour le remplacer. Bien sûr qu'il y
a
des noms qui circulent depuis des mois, depuis qu'il a des états d'âme. Qui ? Des patrons d'ONG, par exemple, en France.
Mais je n'ai pas la peine de les
citer. Vous les connaissez. Enfin, on ne les connaît pratiquement
pas. Non, on ne les connaît pas. Justement, sinon je ne vous poserai pas la question.
Non, mais je veux
dire,
ils ne sont pas connus. Il
n'y a
pas une figure de l'environnement aujourd'hui qui pourrait guigner le poste de Nicolas Hulot. Et c'est bien le problème du président comme le problème de l'opposition. C'est pour ça qu'il est ménagé aussi par l'opposition. Jean-Guerre.
On
pourrait imaginer qu'étant donné ce qui
pourrait
se justifier, c'est-à-dire une inflexion sociale de la politique menée par Emmanuel Macron, s'il y avait remaniement, il faudrait trouver plutôt à gauche ou plutôt dans le champ de l'humanisme social des remplaçants. Est-ce qu'on pourrait les trouver précisément dans les ministères économiques et financiers,
c
'est
-à
-dire le budget d'Armanin et le maire ? Non, parce que là, de ce côté-là, c'est très difficile de faire ce grand saut, j'allais dire, ce grand bout en avant. Mais en revanche, on peut imaginer que de colorer un peu plus à gauche le gouvernement de Noir
Philippe serait... Il n'y a pas un
nom que vous nous donnez comme ça ? Non, malheureusement, je suis un historien. Il
y a toujours les cas de François Bayrou et de Richard Ferrand qui sont toujours suspendus à des décisions de justice mais qui trépignent et qui aimeraient bien à l'occasion d'un remaniement futur, proche, ou lointain, regagner leur place au sein du gouvernement.
Alors, la justice et les affaires, parlons-en, puisque la polémique Benalla continue à être alimentée dans la presse cette semaine et qu'un autre dossier est compliqué pour Emmanuel Macron. Il concerne un de ses très proches à l'Elysée, c'est Alexis Collère qui est son bras droit au château. Le secrétaire général de l'Elysée est visé cette semaine par de nouvelles accusations de conflits d'intérêts. Il faut expliquer tout ça, bien évidemment. C'est Walid Berissoul qui s'en charge avec Mathieu Lignot et Adrien Ponsard.
Le
président de la République a nommé C'est
l'un des hommes les plus puissants du pays
mais
il n'apparaît que pour annoncer les noms des ministres
avant
de retourner dans l'ombre du palais de l'Elysée.
Sauf
que depuis plusieurs mois, Alexis Collère, le bras droit d'Emmanuel Macron, est au cœur d'une, voire de
plusieurs affaires de conflits d'intérêts. Leur point commun, ses liens étroits avec l'armateur MSC. Dernière révélation lundi, Mediapart dévoile des documents où Alexis Collère approuve plusieurs contrats avec le port du Havre. A l'époque, il représente l'État autour de la table.
Alexis Collère n'a jamais informé les autres membres du conseil de ses liens familiaux avec MSC. Il ne s'est jamais déporté quand MSC était concerné. Il a participé à toutes les délibérations.
Car l'énarque et haut fonctionnaire est aussi un cousin de la famille Aponte qui dirige le numéro 2 mondial du transport maritime. MSC, devenu ces dernières années l'un des principaux clients de l'État pour ses chantiers navals au Havre mais aussi à Saint-Nazaire. C'était en 2016. François Hollande se félicite alors de ce contrat à 4 milliards d'euros avec des milliers d'emplois à la clé.
Pour
nous, c'est une belle réussite. Et je veux une fois encore remercier M. Aponte et MSC Croisière.
Mais au cœur du dossier, là encore, Alexis Colère. Quels intérêts représentent-ils lors de la signature de ses contrats ? Ceux de l'État ou ceux de sa famille ? C'est la question
que se pose cette association anticorps qui a porté plainte.
On n'est pas face à des conflits d'intérêts traditionnels parce qu
'on
ne parle pas de quelques milliers d'euros ou centaines de milliers d'euros. Les sommes qui sont révélées par Mediapart cette semaine, c'est plusieurs centaines de millions d'euros. Et les sommes qui sont révélées en ce qui concerne les chantiers de Saint-Nazaire, c'est plus d'un milliard et demi d'euros. On est sur des sommes qui sont colossales et sur lesquelles on ne peut pas se passer d'une explication.
Un homme clé au cœur du pouvoir, visé depuis mai dernier par une enquête du parquet financier
et
très rapidement par les attaques de l'opposition.
Moi, je conseillerais qu'ils prennent du recul pour pouvoir peut-être se défendre, mais qu'ils ne soient plus à un poste si important. On verra comment le président de la République réglera ce problème.
Mais selon ce journaliste, Alexis Collère n'est pas un collaborateur comme les autres, aux yeux du chef de l'État.
Emmanuel Macron lui
fait aujourd'hui une confiance aveugle. Et on sait qu'à l'Élysée, Emmanuel Macron, le président de la République, fait confiance à très peu de personnes. Il ne fait confiance vraiment à 100% qu'au premier qui était là quand il s'est lancé dans cette aventure. Et Alexis Collère, c'était peut-être le premier des premiers. On a le personnage le plus proche du président de la République
qui
est atteint, qui est touché pour l'heure. Donc forcément, ça touche Emmanuel Macron politiquement.
Mais loin d'être mis à l'écart, Alexis Collère est au contraire en première ligne, forcé de venir s'expliquer devant les parlementaires dans une autre affaire qui secoue la Macronie, l'affaire Benalla.
J
'espère que vous avez été rassuré
sur
le fait qu'il n'existe pas à l'Elysée de police parallèle,
que
nous n'employons pas de vigile privée
pour
protéger le chef de l'État
et
que M. Benalla n'a jamais été en charge de la protection du président de la République.
Une
affaire Benalla qui d'ailleurs n'en finit plus de faire parler. Il y a quelques semaines, lors de son audition devant les parlementaires, le préfet de police de Paris dénonçait des pratiques de copinage.
« Fondamentalement,
ces
événements résultent
de
dérives individuelles inacceptables, condamnables,
sur
fond de copinage malsain. » Et d'affirmer qu'il ne connaissait pas plus que cela Alexandre Benalla. Sauf que ce matin, le Canard Enchaîné publie ce carton de remerciements signé de la main du préfet où il donne du cher ami aux collaborateurs de l'Elysée. Avant de vous lire la question d'un téléspectateur ou d'une téléspectatrice, une question quand même sur ce rebondissement. Qu'est-ce qu'il faut en penser ? Est
-ce
que c'est un rebondissement ?
Vous parlez
de... La dernière affaire, l'affaire Benalla, pour le coup, le préfet de police qui le connaît, le
connaît pas. Personnellement,
je ne trouve pas que c'est un rebondissement. Le préfet de police, lors de son audition, avait relaté, par exemple, c'est lui qui avait indiqué qu'Alexandre Benalla était le soir même des événements à la préfecture de police de Paris dans le sein des seins qui réunit l'ensemble des responsables de la sécurité publique dans
un
jour...
Le poste de
commandement. Voilà. Dans un jour un petit peu compliqué.
Il
est avec Gérard Collomb, le ministre, il croise Alexandre Benalla et c'est lui qui raconte, pendant son audition, qu'il lui dit qu'est-ce que vous faites là ? Qu'Alexandre Benalla lui répond je suis venu après avoir été sur le terrain. Le préfet de police dit qu'il est un peu étonné et il passe. Donc il le connaît. Maintenant le
cher ami... On lui donne
du cher ami, voilà.
On se donne du cher ami couramment, c'est la question. Dans certains milieux, je pense que
malheureusement les mots perdent de leur sens dans certains milieux. On se donne facilement du cher ami, autrement dit même quand on ne se connaît pas plus que ça. Question de ce téléspectateur ou de cette téléspectatrice qui nous regarde. Laquelle est la plus grave ? L'affaire Collère ou l'affaire Benalla
? Si
l'affaire Collère prend de l'ampleur, je pense que c'est politiquement et institutionnellement bien plus grave. Pourquoi ? Alexis Collère c'est le secrétaire général de l'Elysée, donc c'est le pivot, un des pivots ou le pivot de la République. Ça a été expliqué dans votre reportage, d'autant plus qu
'Emmanuel
Macron a manifestement une très forte proximité avec lui et toute confiance en lui. Alors c'était le cas aussi sous les précédents quinquennats, mais là c'est très fort. Et donc on est très loin d'un collaborateur qui a joué les policiers, qui a été faire le coup de poing avec des manifestants, même s'il ne
faut
pas minimiser cette affaire.
Là,
politiquement, l'impact, encore une fois, il faut voir le développement de l'affaire Collère peut être bien plus grave. Il est question de conflits d'intérêts, d'aller-retour entre le privé et le public. Et donc tout ça, encore une fois, la question de la République exemplaire qui avait été mise au cœur du programme ou du discours macronien a déjà été un petit peu écornée avec l'affaire Benalla. Et si cette affaire Collère
prend
de l'ampleur, si vos confrères de Mediapart ou d'autres alimentent cette affaire avec des nouveaux éléments, ça peut effectivement embarrasser le gouvernement et
le prisonnier. Il y a une
commission, vous parliez d'aller-retour entre le public et le privé, il y
a
une commission de déontologie qui est chargée de donner son feu vert ou pas, non ? Oui, et qu'il lui a donné en
dernière... Qui lui a refusé une première fois.
Pardon ? Qui lui avait refusé
une première fois. Voilà, la première
fois. Exactement. Qui lui a refusé une première fois et la commission de déontologie, lorsque Emmanuel Macron a lui-même démissionné de Bercy, Alexandre Collère est repassé devant cette commission en quelque sorte qui a finalement donné son feu vert au fait qu'il rejoigne MSC, donc cette entreprise, cet armateur dirigé par... Il fait partie d'une partie de sa famille, si j'ai bien compris.
Il y avait la famille.
Le
cousinage.
Le cousinage.
Le
cousinage.
Ce
n
'est
pas copinage, c'est cousinage cette fois-ci. Jean Garrigue. Oui, ces deux affaires au fond ont un point commun qui pose un peu le... Comment dirais-je ? L'impossible quadrature du cercle de la présidence Macron. C'est-à-dire que que ce soit Alexis Colleur dans un rôle très proche de conception de la politique et d'accompagnement et Alexandre Benalla dans un rôle qui est beaucoup plus marginal qui est celui de la sécurité, sont des hommes
qui
sont devenus des hommes de confiance d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Et de manière assez naturelle, comme ça s'est déjà passé avant, notamment lors de la campagne de Valéry Giscard d'Estaing, qui était une campagne commando, un peu à la manière de celle d'Emmanuel Macron, ces hommes-là sont restés dans l'entourage et sont restés même très très proches du pouvoir. Et on s'aperçoit aujourd'hui que l'un et l'autre, l'un a
connu
une dérive personnelle et facilité par un certain nombre de copinages et de déficiences dans la chaîne de commandement – On
parle d
'Alexandre Benalla. – Bissier, c'est Benalla. Et l'autre a un passé récent qui pose problème. Et ce qui n'aurait sans doute pas posé problème, puisque les faits ont précédé sa présence à l'Elysée, ce qui, me semble-t-il, n'aurait pas forcément posé problème il y a une vingtaine d'années, parce que le va-et-vient et le pantouflage à cette échelle et dans les élites politico-administratives de la nation depuis 30 ans, c'est quelque chose qui est monnaie courante. Mais en tout cas, ceux qui n'auraient pas posé scandale il y a quelque temps, aujourd'hui, fait scandale, parce que le degré d'intransigeance de l'opinion publique, c'est beaucoup élevé, et c'est tant mieux d'ailleurs. Et donc, il y
a
un point commun, c'est-à-dire qu'au fond, pour l'opinion, on s'aperçoit que dans l'entourage du chef de l'État, il y a des gens qui, finalement, ne mériteraient peut-être pas sa confiance, en tout cas, qui ne devraient pas mériter sa confiance. J'entends là, a priori, la chose n'ayant pas été jugée pour Alexis Colleur, et ses explications n'ayant pas été données. Que répond l'Élysée
? C
'est vrai que, depuis l'élection d'Emmanuel Macron, ce qu'il avait réussi à faire, c'était instaurer un climat de confiance entre lui et l'opinion, et les Français. Alors, aujourd'hui, Emmanuel Macron, il conserve toute sa confiance en Alexis Colleur. Après, les conséquences politiques seraient quand même plus lourdes si Alexis Colleur devait être mis en examen, s'il devait quitter l'Élysée. On le qualifie souvent de frères jumeaux d'Emmanuel Macron, c'est-à-dire qu'ils ont un parcours assez similaire. J
'ai vu la
tour de contrôle, l'homme qui sait tout, le
deuxième
cerveau.
Exactement. En
vous lisant, notamment.
C
'est-à-dire qu'il est de tous les arbitrages, il est du cercle très, très rapproché d'Emmanuel Macron, donc il est un rouage essentiel de l'Élysée, et pas seulement, c'est
-à
-dire de tout le pouvoir actuel.
C
'est
un rouage très politique, Jean-Jérôme Bertelus, qui reçoit, par exemple, les journalistes, Alexis Collet,
ou
c'est un rouage purement administratif ? Non, justement. En fait, l'Élysée, c'est le palais de l'Élysée. Moi, j'aime bien cette expression parce que ça montre que l'Élysée, c'est à part. Au sein de l'Élysée, le versant administratif, c'est en fait incarné par le directeur de cabinet.
Le
directeur de cabinet, dans les autres ministères, c'est une fonction plus politique.
À
l'Élysée, c'est une fonction administrative. Et maintenant, une fonction un petit peu, on va dire, bonne connaissance de l'antiterrorisme, bonne connaissance des policiers, mais ça s'arrête là. Là, tour de contrôle, c'est une bonne expression, politique,
c
'est véritablement le secrétaire général. Et donc, là, c'est effectivement un secrétaire général qui travaille 18h sur 24.
Toutes
les informations lui remontent. Il en fait redescendre certaines. Il a une vision, une main sur tous les projets de loi, tous les arbitrages, y compris à Matignon. Il connaît bien Édouard Philippe, qu'il a rencontré dans le passé. C'est même lui qui a pu faire à un moment le lien. Et oui,
dans
un univers assez fermé quand même aux journalistes, pourquoi pas ? Mais enfin, c'est comme ça, en tout cas. Oui, il rencontre des journalistes. Alors, bien sûr, c'est...
C'est un déjeuner, un déjeuner,
un café. Oui, enfin, après, oui, c'est selon l'agenda, selon peut-être aussi le degré de notoriété du journaliste. Voilà. Ça a été votre cas, c'est ça que ça veut dire.
Non, non, non, justement, non, non, je
disais ça en toute humilité. Et donc, et c'est intéressant parce qu
'il
accepte toutes les questions
et
il a des réponses à la fois très techniques, parce que c'est un haut fonctionnaire et très politique. Et on sait que quand Alexis Collère ouvre la bouche, c'est en fait Emmanuel Macron qui parle. Donc, c
'est
le cardinal.
C
'est le cardinal, oui. Et vous l'avez entendu, d'ailleurs, s'exprimer lors de son audition. Il parle un petit peu comme un cardinal. Jean Garrick, je vous ai vu réagir. Non, non, vraiment,
je
trouve ça très... Oui, la fonction de secrétaire générale, ça a souvent été, déjà du temps de la Troisième République, quand on a créé les secrétariats généraux, les secrétaires généraux de la présidence du Conseil, toujours un rôle très politique.
Et
donc, on peut imaginer qu'avec Alexis Collère, il y ait aussi cette proximité politique et cette proximité aussi avec le Premier ministre qu'on vient d'évoquer avec Édouard Philippe, puisqu'ils se sont connus dans la société de gestion du port du Havre, qui d'ailleurs est au cœur d'une des incriminations qui touche Alexis Collère. ce qui, vous voyez, rajoute un élément supplémentaire à la mécanique de l'affaire. Je ne dis pas encore du scandale, mais il y a effectivement cette idée, d'abord, du caractère non irréprochable, puisqu'il y a eu conflit, ou en tout cas, il soupçonne du conflit d'intérêts, sur une personnalité aussi proche du président. C'est quand même très ennuyeux. Ce
n'est
pas la première fois, si je peux me permettre, qu'un secrétaire général de l'Elysée est mis en cause. Oui, Jean-Pierre Jouillet,
dans mon souvenir, l'avait été. Jouillet,
pour des raisons différentes. Dans l'affaire
Fillon, à l'époque, on avait appelé l'affaire Fillon.
Claude
Guéant, avant lui. On
voit que ça avait d'ailleurs provoqué à ce moment-là quand même une mini-tempête politico-médiatique, cette affaire Jouillet-Fillon. Mais ça n'avait pas fait démissionner le secrétaire
général de l'Élysée. Donc on peut imaginer que
ça se passera
de la même manière
cette fois-ci ? Encore une fois, il faut voir comment l'affaire va se développer. Mais pour revenir sur le rôle stratégique et central d'Alexis Collère dans la Macronie, Emmanuel Macron rappelle sans cesse qu'il est là pour transformer en profondeur le pays, mais qu'il ne suffit pas de voter les lois, ensuite il faut que les décrets arrivent et que les lois s'appliquent. Or, Alexis Collère, il est à la manœuvre pour essayer de mettre l'appareil d'État en ordre de marche. C'est lui qui impulse tout cela. On a dit aussi récemment dans le cadre de l'affaire Benalla qu'Emmanuel Macron et son entourage réfléchissaient à la mise en place d'un spoil-système à la française,
c
'est
-à
-dire un remplacement d'un certain nombre de têtes de la haute administration pour mettre des éléments plus fidèles ou plus réactifs. Il faut expliquer le spoil-système quand même. Aux États-Unis ? C'est-à-dire que
quand un nouveau pouvoir arrive,
on change tous les directeurs d'administration centrale, ce qui n'était pas du tout le cas en France, même s'il y avait quand même une chasse aux sorcières qui était régulièrement pratiquée. Emmanuel Macron s'était engagé à adopter cette pratique quand il était candidat. Il ne l'a pas fait ou il l'a fait très peu et ça avait été aussi en partie interprété par le fait qu'il n'avait pas forcément le vivier de ressources disponibles pour garnir tous ses postes. Or, Alexis Collaire fait office de son meilleur agent, c'est son meilleur élément. Et si cette pièce maîtresse venait à être touchée par cette affaire, on voit bien que ce serait très dommageable pour lui.
À quel moment est-ce que le bruit de ces affaires peut empêcher le président d'agir
? Je
pense qu'on n'en est pas encore là, mais pour revenir à la première partie de l'émission où on parlait de
l
'espèce de trêve estivale, on voit qu'aujourd'hui, il n'y a plus vraiment de trêve estivale. Soit c'est la météo qui s'emmêle avec la canicule, soit c'est le prix des carburants, comme en 2012 avec François Hollande et Pierre Moscovici à l'époque à Bercy qui avait dû en urgence revenir de vacances pour faire face à la fronde des automobilistes. On voit aussi que là, les carburants de nouveau augmentent en France. Soit c'est des affaires politiques. On a eu l'affaire Benalla qui a complètement éclipsé
la
victoire des Bleus au Mondial de football. Et puis, cette affaire Benalla commençait à se... C
'est un... ou à
s'éteindre, ou à se mettre un petit peu en sommeil à la faveur de l'été. Et on a une autre affaire qui commence à prendre le relais. Donc là aussi, il faut être prudent, voir comment les choses vont se dérouler. Mais on s'aperçoit qu'il
y a
une espèce de feu roulant qui s'est mis en branle. Et le média qui est à l'initiative de cette affaire a pour habitude en général de feuilletonner, comme on dit dans le jargon journalistique. Donc c'est pas improbable qu'il y ait d'autres... d'autres éléments en stock ou en magasin. Pour conclure là-dessus, Mathilde Sirot, vous sentez de l'inquiétude, vous, dans l'entourage d'Emmanuel Macron ?
Disons que les ministres et les proches du président de
la
République reconnaissent qu'il y aura quand même un avant et un après à faire Benalla. Donc le climat, dans l'opinion, on le voit dans vos enquêtes notamment, a pu être perturbé par ces affaires-là. Ça a jeté le trouble, les suspicions sur le pouvoir. Or, Emmanuel Macron, il a besoin justement pendant cette trêve estivale, le gouvernement y compris, de retrouver un lien avec les Français et pour lui permettre à la rentrée d'être fort, d'être puissant et de pouvoir continuer à réformer et d'appliquer son programme présidentiel.
Il
n
'y
a pas que le pouvoir à connaître un été difficile. On va parler maintenant du Rassemblement National de Marine Le Pen qui est lui aussi dans une forme de tourmente. C'est une tourmente financière en l'occurrence après la saisie par la justice de 2 millions d'euros. Ce sont les suites de l'affaire dite des emplois fictifs du Parlement européen. Mais le résultat est là. Il y
a
un gros trou dans les caisses du Rassemblement National. Nouveau nom du Front National, vous le savez. Et donc des militants qui sont contraints d'en appeler à la générosité de leurs électeurs jusque sur les marchés où les ont suivis Juliette Vallon, Dominique Lemarchand et Laurent Hirsch.
Quand
on est militant,
on
milite
y
compris pendant les vacances. Bonjour monsieur, des juges attaquent le Rassemblement National, le parti de Marine Le Pen. C'est le cas de ces adhérents du Rassemblement National, présents ce matin sur un marché de Rennes. Objectif, informer les électeurs et surtout, tenter de les convaincre de donner de l'argent à leur formation politique
qui
traverse actuellement une mauvaise passe sur le plan financier.
D
'habitude, les tracts sont payés par le siège du parti,
mais
plus en ce moment. A nous d'imprimer nous-mêmes sur nos moyens de la fédération. Donc on est obligé de le faire en moins grande quantité. Aujourd'hui, pour ce marché, on en a imprimé 150. Aucun don ce matin sur ce marché rennais et des électeurs pour le moins
circonspects.
Moi, je n'épouse pas du tout les causes
et
puis les principes.
Donc
j'estime, je n
'ai
pas à payer pour eux. Mais ils ont des adhérents, les adhérents, le finance, point, c'est tout. Pour le parti ou contre, il faut faire quelque
chose. Pour les autres partis, il ne faut pas toucher. C
'est la fin du monde.
On parle beaucoup de démocratie. Il faut la faire vivre. Et aujourd'hui, notre parti, il est en danger de mort. Pourquoi ? Et surtout, comment le parti de Marine Le Pen en est-il arrivé là ?
Pour
le comprendre, retour un mois plus tôt.
C
'est la mine des mauvais jours ce 8 juillet à Nanterre, au siège du Rassemblement National. Marine Le Pen révèle que dix jours plus tôt, deux juges d'instruction ont confisqué préventivement à son parti
2
millions d'euros d'aides publiques.
Sans
même qu'il y ait eu jugement.
Les
juges d'instruction, Mme Tepo et M. Von Ruenbeck, appliquent à un mouvement politique une condamnation à mort à titre provisoire.
Ils
nous appliquent
la
guillotine à titre provisoire.
Les
deux juges poursuivent leur enquête sur les assistants présumés fictifs du parti au Parlement européen. 17 députés et une quarantaine de leurs collaborateurs sont visés pour un préjudice total estimé à près de 7 millions d'euros.
Pour
les responsables du Rassemblement national, cette confiscation de 2 millions d'euros est un assassinat politique. Une situation digne des pires dictatures.
Pas
du tout selon la magistrature.
C
'est une saisie qui est de plus en plus courante. C'est permis depuis la loi de 2010 de saisir n'importe quel type de biens pour permettre les paiements ultérieurs, notamment des amendes.
Sans
ces 2 millions d'euros, le Rassemblement national affirme qu'ils risquent de mettre la clé sous la porte d'ici la fin de l'été. Alors mi-juillet, Marine Le Pen réagit. Sur le site internet du parti, elle appelle tous ses fidèles à verser leur obol.
Aidez-nous.
Aidez
-nous, sans cela, nous serons en cessation de paiement fin août et le Rassemblement national sera donc condamné à la disparition.
Vous
pouvez donner 5, 10, 20, 50 euros d'un simple clic.
Près
d'un mois après cet appel à l'aide, le parti aurait récolté environ 500 000 euros. De quoi respirer un peu, d'autant que le nombre de ses adhérents serait par ailleurs en chute libre.
Il
serait 31 000 à jour de leur cotisation, quasiment 3 fois moins qu'il y a un an.
Des
chiffres difficiles à vérifier, surtout quand le trésorier du parti lui-même affirme ne pas les connaître.
Je ne suis pas celui qui pilote le service des adhésions. Je n'ai donc pas ce chiffre.
En tant que trésorier, vous ne connaissez pas le nombre d'adhérents
de
parti environ ? Non,
non, je sais. Vous n'avez pas non plus la
somme récoltée ? Non, non, je ne la connais pas exactement.
Dur
dur. L'été 2018 pour le Rassemblement national et pour sa cinquantaine de salariés.
Le
parti doit se serrer la ceinture.
Même
le meeting en plein air de Marine Le Pen prévu à Fréjus à la fin de l'été est annulé.
Mais
de toute façon, nous devions réduire cette voilure. et
nous vivons depuis toujours quand même très sobrement par rapport à d'autres mouvements politiques, mais il faut encore vivre de façon encore plus sobre.
Ce
feuilleton estival est loin d'être terminé. Le Rassemblement national a fait appel pour annuler la confiscation de leur dotation,
mais
les magistrats doivent rendre leur décision le 26 septembre. Question d'un téléspectateur ou d'une téléspectatrice. Peut-on imaginer que le Rassemblement national
disparaisse ? Il
peut disparaître comme une entreprise qui dépose le bilan. Il va y avoir faillite d'un parti politique. S'il n
'y
a plus d'argent, oui. Vous êtes mis en liquidation judiciaire, on licencie le personnel, mais de la même façon que quelqu'un peut, un entrepreneur peut déposer le bilan, il peut recréer dans les mois qui viennent une autre structure. Donc ce qu'il faut bien voir, là, c'est qu'on a un aspect éminemment financier et juridique de cette affaire, mais que le Front National, même dans les mauvaises années, fait des scores très importants aux élections en France depuis une trentaine d'années, qu'il a traversé
de
nombreuses crises, la scission avec Bruno Maigret, les tensions entre le père et la fille Le Pen. Ils sont à chaque moment des crises financières de la même manière ? C'est couplé
? Ce
n
'est
pas forcément à chaque fois des crises financières, mais il y a toujours un parfum quand même un peu financier dans les affaires du Front National. Ce parti avait été aussi mis en grande difficulté financière
après
2007, quand Nicolas Sarkozy avait été élu président de la République, puisqu'il y avait eu des... Le Front National avait enregistré une contre-performance électorale à la présidentielle, puis surtout aux législatives où plusieurs centaines de ses candidats
n
'avaient pas été en mesure de faire le score nécessaire au remboursement et le Front National avait mal calibré à l'époque ses dépenses de campagne. Il s'était retrouvé exsangue. Ça n'avait pas empêché quelques années plus tard le Front National de revenir au meilleur niveau. Donc cette affaire-là, elle est grave parce qu'elle entache l'image du parti. Elle va sans doute réduire ses moyens organisationnels. Il y aura moins de permanents,
il
y aura moins de meetings, moins de déplacements.
Il
y aura des licenciements comme
il y en a eu au PS, au Parti
Socialiste.
Et comme il y en avait
eu aussi à droite. Vous vous souvenez quand il y avait eu le fameux Sarkoton. Donc c'est une vieille histoire aussi, les relations entre l'argent et les partis politiques en France. Donc ça va gêner bien évidemment la reprise d'activité du Rassemblement National qui avait essayé de se relancer en changeant de nom. Mais ce n
'est
pas forcément la fin de ce coureau de pensée et de cet électorat qui lui va demeurer. Marine Le Pen dit que
c'est
la première fois qu'on applique une mesure comme celle-là à un parti politique. Vrai
?
Oui,
je
pense. Alors la saisine, elle est... Le
gel
des
biens, mais
se justifie tout à l'heure juridiquement. Ça
c'est ce qu'on
a entendu. Mais pourquoi pas le Modem par exemple qui est impliqué dans une affaire également d'emploi fictif présumé au Parlement européen ? D'abord, dans le Modem, je pense que l'investigation n'en est pas au même niveau qu'à propos du Front National. Et sur le fond, il me semble que le cas du Modem est tout à fait différent de celui, en tout cas très différent de celui du système de financement du Front National. Paradoxe d'ailleurs parce que c'est ce parti très anti-européen qui se serait financé sur des fonds européens. Ça touche quand même sans doute une quarantaine d'assistants parlementaires, plus de 15 élus européens, enfin du Parlement européen.
C'est quand même un système et c'est un système qui est très différent de celui du Modem dans la mesure où au Modem ce qui est reproché c'est je dirais le découplage ou le flou dans le découpage des temps partiels des assistants. C'est-à-dire qu'ils étaient déclarés officiellement à la fois assistants parlementaires et militants du parti et membres du Modem. Tandis que là on a quand même des choses qui sont on a un garde du corps de Marine Le Pen qui perçoit un salaire d'assistant parlementaire. on a des secrétaires du Parlement qui travaillent pour le Front National.
Il semblerait en tout cas que dans son ampleur et dans le caractère non ambigu de la fraude il y ait quand même quelque chose de très différent du cas du Modem. Est-ce que les difficultés financières du Front National aujourd'hui, cette cessation de paiement à laquelle Marine Le Pen dit qu'elle va être acculée fin août si rien ne change, est-ce qu'elle paye le fonctionnement de la justice plutôt la décision de la justice ou est-ce qu'elle paye finalement,
elle
continue à payer sa présidentielle
? Elle
peut aussi continuer de payer sa gestion de l'argent parce qu'au Front National on a vu en dehors de l'affaire judiciaire actuelle par exemple un Nicolas Bay qui est vice-président du parti épinglé pour des frais exorbitants de Bush liés à ses fonctions au Parlement européen donc il y a quand même aussi
peut
-être des comptes à rendre à leurs électeurs et aux Français sur comment ils utilisent l'argent du Parlement
européen par exemple vous
parlez de Fred Bush exorbitant parce que Fred Bush ça rappelle
d
'autres affaires il
rappelle les affaires de l'Amérique de Paris par exemple des invitations
au restaurant pour des sommes astronomiques il ne s'en est pas encore expliqué en tout cas ça nuit vraiment à la crédibilité du parti d'autant à un an des élections européennes elle
est contestée en interne Marine Le Pen
à
ce stade pas vraiment mais quand même deux petites précisions il y a 13 personnes mis en examen dans cette affaire dont le Front National lui-même le Rassemblement National en tant que personne morale mais ce qui est toujours intéressant c'est d'écouter aussi le contrepoint et on a vu quand même il faut le dire des personnalités politiques
dire
que bien sûr
il
ne s'associait pas au Rassemblement National Bien sûr il contestait la position victimaire du Rassemblement National d'autant plus que Marine Le Pen a refusé de se rendre aux auditions des juges d'autant plus que le Rassemblement National a épuisé tous ses recours à Bruxelles puisque c'est deux procédures différentes procédure administrative à Bruxelles avec quand même une perte pour le Parlement européen de 7 millions d'euros c'est pas rien et procédure judiciaire au pénal en France mais on a quand même vu des François Bayrou
des
membres du Parti Socialiste et d'autres dire
c
'est quand même une première cette saisie effectivement conservatoire
donc s'en
inquiéter pour eux-mêmes vous voulez dire
éventuellement pour le futur oui de s'inquiéter
sur le financement de la vie politique et on a vu ressurgir l'ancienne proposition de François Bayrou sur la banque publique de la démocratie je crois qu'il l
'a
appelée comme ça et ça de nouveau surgit dans le débat ça je suis tout à fait d'accord parce que ça
pose effectivement le
problème majeur du financement de ces partis qui n'étaient pas les grands partis que ce ne
sont
pas des partis marginaux mais des partis de second plan et qui comme les verts aussi ça de tout temps ça a posé problème et d'ailleurs ça a conduit le Front National à d'autres dérives financières c'est pas la première affaire qui les touche il y a des enquêtes depuis 2013 sur le micro-parti Jeanne c'est lié avec l'agence de communication rivale etc il y a eu des enquêtes déjà sur un premier micro-parti de Jean-Marie Le Pen à l'époque donc il
y
a quand même tout un vécu toute une histoire des affaires au Front National mais fondamentalement effectivement ça pose le problème du financement de ces partis moyens ou jusqu'à présent moyens qui n'ont pas véritablement suffisamment de moyens justement pour assumer leur rôle On passe aux questions SMS
Là
justement qu'est-ce qui pourrait sauver le Front National ?
Il
y a qu'est-ce ou
qui pourrait
sauver le Front National
? Alors
qui ça peut
Le
Rassemblement National pardon
Et qui
ça peut être les adhérents ou les sympathisants d'après votre reportage ils auraient déjà versé
la
somme de 500 000 euros ce qui dit le Rassemblement National ce qui n
'est
pas rien On rappellera avec une surface politique plus importante que l'UMP après l'affaire du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy avait lancé ce que les médias avaient appelé le Sarkoton
et
que les électeurs de droite s'étaient mobilisés alors ils sont plus nombreux sans doute aussi plus fortunés que les électeurs du Front ils étaient parvenus les Républicains ou l'UMP à l'époque à ramasser la somme de 11 millions d'euros ce qui était quand même colossal donc ça peut être une mobilisation de ces électeurs ou ces adhérents en jouant un petit peu sur la corde victimaire en disant vous voyez les juges
qui
nous ont envoyé à la guillotine sont deux membres du syndicat de la magistrature c'est le syndicat de la magistrature qui est classé à gauche c'est le Parlement européen notre ennemi de toujours qui veut nous faire taire et donc j'en appelle à vous patriotes c'est d'ailleurs le titre des tracts qui sont distribués
à
venir verser votre écho pour sauver la démocratie mais effectivement il y a aussi un petit bruit de fond quand même répété et lancinant sur des affaires quand même d'argent qui entachent la réputation du Front avec des largesses accordées à des entreprises des amis ou autre
Marion
Maréchal pourrait-elle voir un éventuel retour en politique terni par ces problèmes
?
Non bien au contraire je pense que Marion Maréchal n'envisage pas un retour à court terme elle joue le temps elle a compris que le temps en politique c'était une donnée absolument fondamentale elle est jeune elle a le temps Personne l'envisage aujourd'hui au Rassemblement National pour elle
à
sa place ? Oui
qu'elle revienne plutôt prévue
? Marion Maréchal l'avantage de Marion Maréchal c'est que tout le monde y pense y compris bien sûr au Rassemblement National y compris dans cette union des droites un peu comment dire qui est un peu dans le marais ces gens qui voudraient bien réunir LR le Front National les Ménards enfin bref voilà on y pense on y pense mais Marion Maréchal elle va prendre son temps elle sait que le temps joue en sa faveur que son image ne cesse de
entre
guillemets se bonifier donc elle n
'a
pas à revenir dans un état de crise du Rassemblement National L'opposition pensait pouvoir avec l'affaire Benalla ferrailler pendant l'été pourquoi n'a-t-elle pas pu le faire Jean Garry
? C
'est-à-dire je trouve qu'on a beaucoup ferraillé sur l'affaire Benalla on en a fait une affaire d'Etat pendant
tout l'été c'était la question pendant tout
l'été voilà parce qu'on voit très bien l'enchaînement des affaires et ce qui est aussi alors si on prend un peu de recul cette multiplication des affaires c'est aussi un signe de vitalité d'une démocratie parce que l'affaire Benalla par exemple elle a permis de voir réémerger une forme de revanche des contre-pouvoirs contre-pouvoirs médiatiques qui s'étaient sentis un peu méprisés par la Macronie contre-pouvoirs des parlementaires contre-pouvoirs des partis et là on s'aperçoit qu'il y a cette nouvelle affaire colère on s'aperçoit aussi qu'une exigence se fait de transparence vis-à-vis des financements du Front National je rappelle d'ailleurs qu'en 2007 quand le Front National avait voulu se sortir de la crise il avait fallu vendre le paquebot le fameux centre névralgique du Front National à l'époque donc voilà il y a en permanence des choses qui relancent la machine
Pourquoi
le Président et le Premier Ministre n'assistent-ils pas aux commémorations d'Amiens
? C
'est un choix politique de ne pas y assister Il
y a pourtant
la Première Ministre britannique C
'est vrai que ça a été très critiqué mais voilà le choix a été fait de ne pas perturber la trêve estivale Florence Parly y était pour
représenter
le Président de la République C'est peut-être pour ça
que Thérèse Hamet est reçue en avant-première à Brégançon pour faire taire les critiques de nos amis britanniques Où est Édouard Philippe
? Dans
les Hautes-Alpes
Il l'a caché on ne
comprend pas bien pourquoi il est là
C
'est
le seul membre du gouvernement qui a refusé de donner la destination de ses vacances mais je crois qu'au bout de 24 heures la presse locale l'avait retrouvé à une terrasse d'un café donc malheureusement pour lui le secret n'a pas été On
ne va pas rester un
primitôt aussi longtemps
qu'il aurait
voulu Où est Laurent Wauquiez et que fait-il
?
Laurent Wauquiez c'est très intéressant je trouve le positionnement de Laurent Wauquiez pendant l'affaire Belala il a pris du champ c'est-à-dire qu'il n'est pas intervenu dans les médias on l'a dit l'opposition s'est retrouvée en quelque sorte après un an de questionnement ontologique et de déprime de dépression même l'opposition les oppositions
ont
retrouvé de la voix ont retrouvé leur boulot c'est de s'opposer
et
dans le groupe LR ce qui était très intéressant c'est que le groupe LR est divisé les groupes LR Sénat Assemblée le parti était divisé par rapport à Laurent Wauquiez donc lui il a pris du champ d'abord parce qu'il n'est pas député et donc là on a revu aussi les députés même au sein du Parti Socialiste qui en a vu Olivier Faure on n
'a
pas entendu Stéphane Le Foll par exemple
et
bien Laurent Wauquiez il a choisi de ne pas faire de l'arsen donc en fait il laisse le groupe se réunifier se requinquer et peut-être qu'à la rentrée avec les traditionnels rendez-vous de la rentrée il va tenter de reprendre cette dynamique qu'il n'a pas su créer depuis son élection nos téléspectateurs ont de la mémoire dans la série des affaires on ne parle plus du dossier Fillon
où
est-ce qu'on en est du dossier Fillon
?
ça fait un an et demi ça l'a empêché d'être candidat à la présidentielle il
a été candidat ça a empêché d'être en
finale ça a empêché d'être en finale l'affaire suit son cours
on peut
voir on voit à quelle vitesse vont d'autres affaires
on
voit à quelle vitesse et puis à quelle vitesse celle-ci a été enclenchée très très rapidement et maintenant il y a le temps de l'instruction ce qui est intéressant aussi c'est que au cœur de l'été on a vu les républicains dénoncer l'affaire Benalla dénoncer l'attitude du président de la république qui s'en prenait très vertement à la presse on était à front renversé l'affaire Fillon a permis à Emmanuel Macron d'être élu
pas
que c'est ça mais quand même et à l'époque les mêmes et je les ai en tête dénonçaient la presse aussi vertement que l'a fait Emmanuel Macron à propos effectivement de François Fillon et de ses affaires l'alignement des planètes n'est plus aussi favorable pour Macron est-il conscient des difficultés à venir et saura-t-il y faire face
est
-il
conscient d'abord
écoutez je pense que là il a le temps pour y réfléchir en tout cas et pour étudier le climat politique dans lequel il se trouve c'est vrai qu'à chaque fois les rentrées politiques sont à un moment assez délicat l'année dernière il y avait eu la polémique sur la hausse des APL qui avait un petit peu durci la rentrée politique là il va falloir reprendre la main après un été compliqué et des affaires qui pour la première fois ont fragilisé le sommet de l'État
va
-t-on voir ce sera la dernière question les organisations syndicales se rapprocher pour mieux contrer les réformes conduites par Macron et le gouvernement on a vu un échec des organisations syndicales sur le fond de la lutte pour la SNCF il y a en revanche une organisation on ne
parle
pas assez qui est la CFDT dont le rôle à mon avis pourrait être crucial pour l'avenir de la Macronie et je pense que qu'on
peut avoir
une rentrée chaude c'est ça que vous voulez dire je pense que pour l'instant en tout cas Emmanuel Macron n'a pas su se rapprocher suffisamment de la CFDT qui pourrait être pour lui me semble-t-il un interlocuteur majeur merci à tous les quatre de vos éclairages vous pourrez revoir cette émission ce soir à 22h30 et on se retrouve évidemment demain pour un nouveau C'est dans l'air à demain
à demain c'est dans l'air
Emmanuel Macron