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interviewRMC — Face à Face· 17 février 2025 21 min

Face à Face : Manuel Bompard - 17/02

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Vous êtes 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Manuel Bompard Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions Vous êtes le coordinateur de la France Insoumise Vous êtes député des Bouches-du-Rhône, député de Marseille On va parler motion de censure, on va parler politique Mais je voudrais d'abord vous interroger sur Notre-Dame de Bétaram François Bayrou, samedi, a rencontré pendant 3 heures Les victimes de Notre-Dame de Bétaram A l'issue des échanges et des témoignages, il faut le dire, bouleversants Des victimes qui étaient d'ailleurs aux côtés de François Bayrou Le président de l'association des victimes parle d'une journée historique D'une grande victoire, il dit qu'il croit François Bayrou Il estime, je cite, qu'il est sincère sur le fait qu'il ne savait pas Les violences sexuelles qui se déroulaient à Bétaram Est-ce que vous demandez malgré tout toujours la démission de François Bayrou ?

0:59
Manuel Bompard

D'abord, je veux vous dire que c'est bien que cette journée ait existé Je pense que vous avez un collectif qui s'est constitué Qui rassemble des victimes Des victimes de violences physiques et des victimes de violences sexuelles Et qui avaient besoin, je crois, d'une reconnaissance officielle De leur statut de victime Et que je pense que cette réunion y a contribué Je veux dire que cette réunion, elle n'aurait malheureusement sans doute pas existé Si la semaine dernière, à l'Assemblée nationale, nous n'avions pas, à plusieurs reprises Interrogé le Premier ministre sur ce sujet Si nous n'avions pas, en quelque sorte, contribué à faire connaître ce sujet

1:35
Présentateur

Et si nos confrères aussi, notamment de Mediapart, n'avaient pas sorti tous ces dossiers

1:40
Manuel Bompard

Dans un premier temps, d'ailleurs, si un certain nombre de médias n'en avaient pas parlé Donc je pense que c'est une bonne chose que cette réunion ait pu avoir lieu Je pense qu'il ne faut pas que ça en reste à une réunion Et donc je crois qu'il faut qu'il y ait des mesures qui soient mises sur la table Pour d'abord permettre aux victimes d'avoir effectivement une reconnaissance judiciaire Mais aussi de répondre à ce qu'a été une faillite Comment vous pouvez avoir pendant 60 ans, dans une institution Pas seulement une personne, mais plusieurs, plus de 10 personnes qui sont en tout cas mis en cause Je ne sais pas s'ils seront tous jugés coupables Et plus de 100 plaintes Et on sait que malheureusement, dans ce type d'affaires, généralement Le nombre de victimes réelles est plus important que le nombre de personnes qui ont déposé plainte

2:22
Présentateur

C'est d'ailleurs ce que dit Alain Esquer, qui est le président de l'association des victimes Il estime qu'il y aura sans doute beaucoup plus de victimes

2:28
Manuel Bompard

Donc ça c'est évidemment que cette journée elle était utile Maintenant le sujet c'est aussi un sujet...

2:33
Présentateur

Vous ne demandez plus à démission, vous ne dites plus le mot démission

2:34
Manuel Bompard

Attendez, je vais y venir Apolline de Malherbe J'essaye d'abord, parce que le plus important dans cette affaire C'est d'abord que la parole des victimes soit reconnue Maintenant il y a un problème politique qui a été posé C'est que quand nous venons devant l'Assemblée Nationale Et que nous interrogeons le Premier Ministre mardi dernier Le Premier Ministre dit, je n'ai jamais été informé de rien Et puis on apprend depuis qu'un juge d'instruction, qu'une ancienne victime Hier soir on apprenait à la télévision qu'un gendarme Qui a été en charge d'une première enquête pour violences sexuelles Dise, ah ben non, M.

Bayrou, pour le juge Il est venu nous rencontrer pour nous demander des informations sur le sujet Le gendarme nous dit, M. Bayrou est intervenu dans la procédure judiciaire Et donc le Premier Ministre a menti devant la représentation nationale Et moi je fais partie des gens qui pensent que quand on ment devant la représentation nationale Quand on n'a rien fait face à des accusations et face à des faits d'une telle gravité On ne peut pas rester décemment Premier Ministre Donc oui, évidemment que je considère encore plus après la journée de samedi Que le Premier Ministre ne peut plus rester en fonction

3:35
Présentateur

Pour vous, le Premier Ministre doit démissionner Je précise que vous faites référence à un témoignage d'un gendarme qui a été recueilli par TF1 Il semble que le groupe TF1 ce matin publie un démenti Ou en tout cas une prise de distance par rapport à ce témoignage Par ailleurs, vous dites qu'il y a un juge d'instruction Le juge d'instruction lui-même dit qu'il n'a jamais eu la moindre information là-dessus Ou en tout cas qu'il ne s'en souvient pas Ce qui est sûr, c'est que pour le coup, là...

3:59
Manuel Bompard

Non, non, Madame, pardon, excusez-moi de vous interrompre

4:02
Présentateur

Le juge d'instruction dit hier soir qu'il n'en garde pas le souvenir

4:06
Manuel Bompard

D'accord, mais vous lui avez donné la parole jeudi et vendredi matin

4:09
Présentateur

Non, il dit qu'il a eu rencontre effectivement avec François Bayrou Il dit en revanche que sur les propos que tenait le gendarme Sur le fait que François Bayrou serait, je cite, intervenu Notamment avant la mise en examen du père Caricard La mise en examen, en tout cas, on peut le dire, a bel et bien eu lieu Elle n'a pas été empêchée

4:29
Manuel Bompard

Évidemment, mais personne n'a dit que François Bayrou avait empêché une mise en examen Ce que je vous dis, c'est que François Bayrou... Est-ce que oui ou non, François Bayrou, mardi dernier devant l'Assemblée nationale, a dit Je ne suis au courant de rien

4:41
Présentateur

Tout à fait, il a dit, un, j'affirme n'avoir eu aucune information Et deux, il dit, la même semaine, à la fin de la semaine Quand j'ai appris, en 1996, alors que j'étais ministre de l'Éducation nationale J'ai fait organiser une inspection générale de l'établissement Il faut être tout à fait précis là-dessus, ce que lui dit, mais auquel visiblement vous n'adhérez pas Il dit, quand je dis que j'en ai jamais eu la moindre information, c'était sur les violences sexuelles Et en effet, dans l'enquête, il y a deux temps Il y a un temps avec des violences physiques Et il y a un temps avec des violences sexuelles Lorsqu'il dit qu'en 1996, alors qu'il est ministre de l'Éducation, il a appris Ce serait sur les violences physiques et non pas les violences sexuelles qui n'ont été dénoncées qu'en 1998

5:23
Manuel Bompard

Alors, d'abord, ce n'est pas ce que disait François Bayrou devant l'Assemblée nationale mardi Ou mardi, il disait, je n'ai jamais été informé de cas de violence, a fortiori de cas de violence sexuelle Donc, le fait même que lui-même reconnaisse désormais qu'en 1996, quand il était ministre de l'Éducation nationale Il a commandité une inspection sur ce sujet Et déjà la démonstration de son mensonge de mardi devant l'Assemblée nationale Puisque s'il a demandé une enquête sur ce sujet, c'est précisément parce qu'il avait été informé de difficultés Ensuite, je redis, j'entends ce que vous venez de m'apprendre sur le gendarme

5:56
Présentateur

Je vais être très précise, TF1 qui a l'instant sur les réseaux sociaux, à propos de l'affaire Betaram, dit, je cite Cite, au fond, le témoignage du procureur général qui dit Je n'ai vraiment pas le souvenir qu'on m'ait dit que M. Bayrou serait intervenu Il contredit ainsi, c'est TF1 qui le dit, il contredit ainsi le témoignage du gendarme en charge de l'enquête

6:16
Manuel Bompard

Donc TF1 ne remet pas en cause le témoignage du gendarme

6:19
Présentateur

Tout à fait, c'est pour ça que je voulais dire précisément l'intervention de TF1

6:21
Manuel Bompard

Et confronte un autre témoignage d'une personne qui ne dit pas exactement la même chose Dans tous les cas, et indépendamment de ce témoignage-là Vous estimez qu'il y a mensonge ? Non, ce n'est pas ce que j'estime, Apolline de Malherbe, c'est factuel, enfin pardonnez-moi

6:32
Présentateur

Non, mais François Bayrou, lui, il dit, je n'ai pas menti, j'ai dit que je n'avais pas la moindre information sur les violences sexuelles

6:38
Manuel Bompard

Mais ce n'est pas ce qu'il a dit, est-ce que je me trompe quand je dis que, mardi devant l'Assemblée nationale, François Bayrou a dit Je n'ai jamais été informé de quoi que ce soit de violence ou de violence a fortiori sexuelle, jamais Voilà, je cite exactement les propos tenus par François Bayrou

6:51
Présentateur

Il a menti, il doit démissionner

6:53
Manuel Bompard

Évidemment, écoutez, je sais que désormais dans notre démocratie, on considère que la force qui gagne l'élection peut être appelée à ne pas gouverner Mais un Premier ministre qui vient devant l'Assemblée nationale, qui répond à la représentation nationale sur une question d'un député Et la question que nous posons, c'est une question qui est légitime En plus, le député qui la pose, le député Paul Vannier, il est en charge depuis plusieurs mois d'une mission d'information sur le contrôle des établissements privés confessionnels Donc évidemment qu'il est dans son droit de poser une question sur ce sujet Nous ne nous attendions pas à cette réponse Mais quand il répond cela, François Bayrou, et qu'ensuite il y a toute une série d'éléments qui vient attester du fait que ce qu'il dit est un mensonge Alors ça pose un problème politique grave

7:36
Présentateur

Qu'est-ce que pour vous le problème ? On a bien compris, le problème c'est qu'il est menti devant la représentation nationale Est-ce que vous ajoutez à cela l'idée qu'il ait tenté d'étouffer l'affaire ou même peut-être d'entraver la justice ?

7:47
Manuel Bompard

Non mais moi je n'ai pas d'éléments qui me permettent de dire qu'il aurait tenté d'entraver la justice Néanmoins, il y a évidemment un problème de mensonge devant la représentation nationale Et il y a évidemment un problème du fait des fonctions qu'exerçait François Bayrou Que ce soit jusqu'en 1997 en tant que ministre de l'éducation nationale Que ce soit en tant que député de la circonscription Que ce soit en tant que président du conseil général A l'époque, le conseil général a notamment dans ses missions la protection de l'enfance Bon, du fait des statuts qui étaient les siens Et évidemment qu'il était au courant Et d'ailleurs il y a un certain nombre de témoignages qui l'attestent Et on peut quand même dire qu'il n'est pas normal qu'à partir du moment où il avait été au courant Il n'a pas pris de mesures pour faire en sorte que ces faits s'arrêtent Que cet établissement, par exemple, ferme si ces éléments s'y reproduisaient de manière systémique

8:36
Présentateur

Alors il dit qu'il a demandé une instruction, en fait une inspection générale de l'établissement Cette inspection générale aurait conclu qu'il n'y avait pas de problème au-delà d'un cas particulier

8:47
Manuel Bompard

Mais vous avez lu le rapport, en tout cas moi je l'ai lu Le rapport qui a été publié en 1996 à la demande manifestement de François Bayrou A l'intérieur il est dit, par exemple, qu'un élève se retrouve puni On le met dehors, dans le froid Dans le froid, à zéro degré

9:04
Présentateur

Et qu'il est ensuite tapé

9:06
Manuel Bompard

Bon, c'est quand même... Et ça c'est dans le rapport Et il y a des conclusions qui en sont tirées Dans lesquelles on dit, bon, il faut que l'établissement s'interroge sur sa conception de la discipline Dans lesquelles on dit, il faut mettre un terme à une pratique C'était qu'on demandait à certains élèves de surveiller les autres Et est-ce que, oui ou non, ensuite dans ce rapport Les préconisations de ce rapport ont été suivies On n'a aucune réponse sur ce sujet Manifestement, ce n'est pas le cas Donc, pardonnez-moi, je trouve que...

9:31
Présentateur

Et les témoignages sont épouvantables

9:33
Manuel Bompard

Moi, je ne veux pas l'accuser de choses qu'il n'a pas faites Je dis seulement que, du point de vue de la fonction qui était la sienne Il devait alerter, il devait changer un certain nombre de choses Pour que ce type d'actes ne puisse pas continuer à se produire

9:46
Présentateur

Le président de l'association des victimes, je le répète, lui dit croire à la sincérité de François Bayrou Et il dit, je refuse de faire le procès de François Bayrou Parce que si on fait le procès de François Bayrou Alors on fait le procès de toute la population locale Tout le monde savait, absolument tout le monde

10:01
Manuel Bompard

Mais d'abord, moi je ne suis pas là pour faire le procès de qui que ce soit Je dis que François Bayrou, en tant que Premier ministre Pour les raisons que je vous ai indiquées et que je ne veux pas répéter Je pense qu'il ne peut pas rester décemment en fonction Pour autant, maintenant, la question qui est la plus importante Évidemment, c'est la question de savoir comment on fait en sorte Que jamais ce type d'événement puisse se reproduire Donc, est-ce qu'il y a des contrôles réguliers dans ce type d'établissement ? Est-ce qu'il y a des moyens qui sont apportés à la justice Pour faire en sorte que l'ensemble de ces plaintes soient effectivement traitées ?

Et on a besoin pour ça de comprendre ce qui a dysfonctionné Et ça, je pense que c'est quand même notre devoir Moi, vous savez, je suis parlementaire, un député, il a notamment dans ses fonctions Le contrôle de l'action du gouvernement Et donc, c'est normal de demander des explications Sur la manière avec laquelle la vérité n'a pas pu être faite Et a mis autant de temps à émerger sur ce sujet

10:51
Présentateur

Est-ce qu'au-delà de la seule question Et déjà tragique et énorme De Notre-Dame de Bétarame Vous estimez qu'il y a un problème en France Avec les écoles privées religieuses au contrat ?

11:04
Manuel Bompard

Je pense qu'il y a un problème de déficit de contrôle Comment vous pouvez accepter que Là, on parle de faits qui s'étalent sur une période Depuis plus de 50 ans Combien y a-t-il eu de contrôle de cet établissement ? Je rappelle que les établissements privés comme celui-ci Ont un agrément avec l'État C'est-à-dire qu'ils bénéficient Sous contrat Sous contrat Ils bénéficient d'une forme de financement de l'État Donc l'État a quand même le droit et le devoir De demander en échange qu'un certain nombre de règles soient respectées Et elles ne le sont pas

11:36
Présentateur

Est-ce que vous considérez aujourd'hui Je vous repose la question Au-delà de cette école-là Est-ce que vous considérez qu'aujourd'hui Il y a un problème avec les écoles privées religieuses ? Est-ce que vous vous dites Que peut-être qu'il faudrait même envisager De mettre fin à ce système d'écoles sous contrat ?

11:51
Manuel Bompard

Le rapport qui a été publié par la mission d'information Qu'a pris en charge mon collègue Paul Vénier Ne va pas sur ce chemin-là Ne va pas jusqu'à dire Il ne faut plus du tout qu'il n'y ait aucune école sous contrat Mais est-ce que vous vous l'envisagez ? Non mais ce n'est pas aujourd'hui dans nos propositions Je ne vous demande pas si c'est dans vos propositions Je vous demande si c'est dans vos propositions Je vous réponds à ce stade non

12:11
Présentateur

Mais on pourrait y réfléchir

12:14
Manuel Bompard

On pourrait en débattre Mais le point de départ C'est de faire en sorte qu'il y ait des contrôles De faire en sorte que ces établissements Je veux dire il n'y a pas que bêta 1 On a connu Alors évidemment c'était des faits pas du tout de la même gravité Mais on a connu il y a quelques mois de ça Des révélations sur un certain nombre de propos Qui ont été tenus à l'intérieur de l'école Stanislas Qui posaient là aussi des difficultés Je ne compare pas les faits évidemment Mais ça a montré qu'il y avait une défaillance dans le contrôle

12:41
Présentateur

C'est pour ça que je vous repose la question Pour vous le problème c'est le contrôle Ou est-ce que pour vous le problème ce sont ces écoles religieuses ?

12:45
Manuel Bompard

Je pense que le problème c'est le contrôle à ce stade Après personnellement Si vous me demandez mon modèle de l'école Je suis plutôt favorable à défendre à chaque fois que possible l'école publique Je ne suis pas forcément le plus à l'aise avec ce type d'établissement Maintenant ces établissements ils existent Et on voit bien qu'on ne pourrait pas du jour au lendemain y mettre un terme Pas du jour au lendemain

13:05
Présentateur

Mais c'est-à-dire qu'à terme vous vous dites S'il n'y a que l'école publique en France c'est souhaitable

13:09
Manuel Bompard

Je pense que de manière générale Je pense qu'un des grands acquis de la République C'est le fait qu'il y ait une école publique Laïque, ouverte à tous Gratuite Et qu'il vaut mieux aller sur ce schéma-là

13:20
Présentateur

Sur ce schéma-là Ça veut dire que vous vous dites À terme J'ai bien compris

13:24
Manuel Bompard

Mais à terme vous seriez favorable

13:28
Présentateur

A ce qu'il n'y ait plus que des écoles publiques

13:29
Manuel Bompard

Mais je ne veux pas vous répondre De telle sorte qu'après ça donne l'impression Que ma proposition immédiate est celle-là Alors que ce n'est pas ce que je vous ai indiqué Non j'ai bien compris Ce n'est pas immédiat Mais maintenant Je vous dis juste que Du point de vue de l'idée que je me fais de l'éducation Je pense que l'éducation elle doit être gratuite Or dans un certain nombre d'établissements privés Ce n'est pas le cas Et donc ça crée des inégalités dans l'accès à l'éducation Je pense que l'école elle doit être laïque Et que donc je ne suis pas le plus grand partisan Des écoles et des établissements religieux Maintenant ils existent Ils sont encadrés par la loi Mais manifestement pas suffisamment Donc au moins dans un premier temps Qu'on fasse en sorte qu'ils soient contrôlés Et qu'on ne traite pas les établissements religieux A géométrie variable en fonction de la religion Vous savez pourquoi ça amène à mon part ?

Je vais vous dire ce que ça veut dire Ça veut dire que ces derniers mois On a fermé un certain nombre d'écoles religieuses musulmanes Qui ont été contrôlées 5 ou 6 fois dans la même année Et on apprend maintenant qu'il y a des écoles confessionnelles catholiques Qui n'ont pas été contrôlées pendant des dizaines et des dizaines d'années Donc je dis Elles n'ont pas d'appréciation ou de contrôle A géométrie variable Faisant en sorte que les règles s'appliquent de la même manière que tout le monde

14:31
Présentateur

Donc vous êtes favorable à des contrôles partout ? Évidemment Et le plus souvent possible Manuel Bompard Une motion de censure sera déposée par les socialistes mercredi Est-ce que vous la voterez ?

14:38
Manuel Bompard

Oui et nous on vote toutes les motions de censure de gauche Pour essayer de faire renverser le gouvernement Maintenant je pense que tout le monde a compris Le côté pistolet à eau De cette motion de censure Puisque le parti socialiste a refusé à 5 reprises consécutives Depuis le début du mois de janvier De censurer le gouvernement de François Bayrou Il a refusé de censurer le gouvernement de François Bayrou Sur des sujets majeurs La semaine dernière c'était sur le budget Et le budget de la sécurité sociale En ne censurant pas Pas seulement le parti socialiste Le Rassemblement National non plus n'a pas censuré En ne censurant pas Ils ont laissé passer Par exemple le fait d'augmenter la TVA sur les micro-entrepreneurs Par exemple le fait de soumettre les apprentis Qui gagnent au moins que le SMIC à la CSG Donc pour un apprenti qui gagne 1000 euros par mois Il va perdre 30 euros Ce ne sont plus nos alliés Voilà ce que dit Jean-Luc Mélenchon désormais Attendez je vais aller au bout de mon raisonnement Donc je vous disais juste Évidemment que cette motion de censure Elle a un caractère assez artificiel Maintenant moi je ne suis pas là pour régler des comptes Avec qui que ce soit A chaque fois qu'il y a une opportunité De renverser ce gouvernement Qui fait une mauvaise politique Je vote en faveur de cette motion de censure

15:42
Présentateur

Donc je vais le faire Vous n'êtes pas là pour régler des comptes Avec qui que ce soit Non ça ne m'intéresse pas Moi je veux bien que ça ne vous intéresse pas Mais en tout cas Vous vous êtes dans ces cas là Peut-être répartis les rôles En quelque sorte Puisque Jean-Luc Mélenchon s'en charge pour vous Ce ne sont plus nos alliés Voilà ce que dit Jean-Luc Mélenchon hier Il veut tourner la page d'une alliance Je cite « toxique » avec les socialistes Les socialistes n'ont d'ailleurs jamais eu l'intention D'être des partenaires En réalité ils voulaient juste profiter de nous

16:09
Manuel Bompard

Mais ce n'est pas régler des comptes C'est dire les choses de manière assez franche Et assez directe Vous savez on a été élus En tant que parlementaires du nouveau Front populaire Avec un engagement Un engagement programmatique Et moi pardon Peut-être que c'est un peu désuet aujourd'hui Parce que j'ai bien compris Que maintenant vous avez des responsables politiques Qui font des promesses pendant les campagnes électorales Et qui font l'inverse Une fois qu'ils ont été élus Mais moi je crois à la fidélité A la parole donnée aux électrices et aux électeurs Je crois à la sincérité Et je crois au fait que Quand vous avez été élus sur l'idée Que vous voulez constituer une alternative au macronisme Quand vous avez été élus sur l'idée Qu'il faut par exemple Des mesures en faveur du pouvoir d'achat Qu'il faut davantage d'investissement Dans les services publics Vous ne laissez pas passer un budget Macroniste Qui va se traduire par des coupes historiques Et le budget le plus austéritaire De ces 25 dernières années

16:55
Présentateur

Donc c'est parce que vous êtes fidèle Alors certains qui étaient pourtant des fidèles Parmi les fidèles A la fois de vous et de Jean-Luc Mélenchon Quelqu'un comme Raquel Garrido Notamment Elle estime que en fait Tout ça n'est que cynisme Elle le dit Vos calculs cyniques Voilà ce dont elle parle Si Mélenchon veut rompre son accord avec le PS C'est tout simplement parce qu'il estime Que c'est son intérêt politique Point

17:13
Manuel Bompard

Mais bon Elle dit ce qu'elle veut Je m'en fiche Je vous le dis sincèrement

17:17
Présentateur

Il y a des problèmes de fidélité Vous dites Moi je suis pour la fidélité En tout cas chez vous Il y a des problèmes de fidélité Il y en a qui sont traîtres Il y en a qui sont rejetés Il y en a qui partent

17:25
Manuel Bompard

Là vous utilisez des mots Que vous avez peut-être remarqué Que personnellement Je n'ai pas employé Mais moi je vous ai parlé Non vous ne les avez pas utilisés Mais Jean-Luc Mélenchon Je vous ai parlé Mais non Jean-Luc Mélenchon N'a pas utilisé le mot de traître

17:34
Présentateur

Il a utilisé le mot de relation toxique C'est ce que Raquel Garrido critique

17:38
Manuel Bompard

Si vous voulez inviter Raquel Garrido Invitez-la Mais je vous dis sincèrement Les choses Je crois que ce qui est important C'est de ne pas prendre les gens Les électrices et les électeurs Le peuple français Pour des imbéciles Et c'est difficile De convaincre les gens D'aller voter Vous savez à une élection Et c'est difficile Notamment parce que les gens Ils se disent Bon ben En fait c'est tous les mêmes Bon ben en fait Ils disent des choses Pendant les campagnes Et après ils font l'inverse Une fois qu'ils sont au pouvoir Donc moi pardonnez-moi Je ne suis pas d'accord Pour participer de ce jeu De la duperie Permanente Où on est élu sur un programme Et on fait l'inverse Une fois qu'on est au pouvoir C'est ma seule boussole C'est mon seul cap Donc à partir du moment Où il y a des gens Qui ont envie de rester fidèles A rester dans l'opposition Au macronisme Continuer à porter Les valeurs Qu'on a portées ensemble Aux élections législatives On va continuer ensemble Si d'autres Tournent le dos A cet engagement Qu'est-ce que vous voulez Que je vous dise d'autres Qu'on prend acte Et puis maintenant On continue la bataille

18:31
Présentateur

Avez-vous eu accès Au cahier des doléances Le cahier des doléances Après les gilets jaunes Avaient été recueillis Partout en France François Bayrou Dit qu'il veut les rouvrir Qu'il veut s'en inspirer Est-ce que vous Vous y avez eu accès ? Est-ce que les élus De France y ont eu accès ?

18:44
Manuel Bompard

Je n'ai pas eu accès Directement Après j'ai pu consulter Des études qui ont été faites Par un certain nombre De chercheurs

18:49
Présentateur

On peut aller dans les archives Nationales pour les chercher Mais disons que c'est Quand même compliqué

18:53
Manuel Bompard

C'est une démarche Qui est plutôt Une démarche faite par On va dire Des historiens Ou des sociologues Et c'est vrai Que ce n'est pas Accessible comme ça Au gros public Moi je serais favorable A ce que ce soit accessible Au gros public Premièrement Et deuxièmement Si François Bayrou Veux veut désormais S'en inspirer C'est bien Mais alors il faut Qu'il prenne acte D'un certain nombre De revendications Qui sont à l'intérieur Par exemple Une des grandes revendications Des gilets jaunes C'était le rétablissement Sur la fortune Ça manifestement François Bayrou Il ne veut pas Une des grandes revendications Des gilets jaunes C'était le référendum D'initiative citoyenne La possibilité Pour un certain nombre De citoyens De pouvoir poser un sujet Et qu'ils deviennent Un sujet sur lequel On demande l'avis Au peuple français Par référendum Tout ça Ce sont des mesures Que François Bayrou Et avant lui Les différents premiers Ministres macronistes Ont allègrement balayé D'un revers de la main Et d'ailleurs Le président de la république Emmanuel Macron Lui-même avait dit On va faire des cahiers De doléances Après on va en tenir compte Il n'en a jamais tenu compte

19:48
Présentateur

Personne à vos yeux N'en a tenu compte

19:50
Manuel Bompard

C'est pas juste à mes yeux Vous savez quand vous analysez Quand vous consultez Le travail des historiens Sur les cahiers de doléances Ils vous disent Le sujet qui revient le plus C'est la justice fiscale C'est comment on fait en sorte Que chacun contribue A la hauteur de ses moyens

20:01
Présentateur

La vérité pour tout vous dire C'est que moi qui vous reçois Tous De droite comme de gauche Ce mot de justice fiscale Vous l'avez tous à la bouche Simplement vous y mettez chacun Ce que vous voulez y mettre Mais le mot de justice fiscale Je peux vous dire On l'entend beaucoup

20:13
Manuel Bompard

Dans justice fiscale Il y a deux mots Il y a justice et fiscale Fiscale c'est les impôts Justice ça veut dire Faire en sorte qu'on paye nos impôts En quelque sorte A la proportion de nos moyens

20:20
Présentateur

Vous le reconnaîtrez Chacun voit ce qu'il a envie de voir

20:23
Manuel Bompard

Oui je veux bien le reconnaître Mais quand vous avez Un budget Qui est passé en force Par 49,3 Et dans lequel on préfère Taxer les apprentis Qui gagnent moins de 1000 euros par mois Que les 147 milliardaires du pays Je pense qu'on ne peut pas vraiment dire Que c'est un budget de justice fiscale On peut essayer de tordre les mots Mais à un moment Les mots ils ont quand même Une signification

20:42
Présentateur

Votre définition en tout cas De la justice fiscale

20:45
Manuel Bompard

Je préfère qu'on taxe les milliardaires Plutôt que les apprentis Et d'ailleurs j'en profite Pour vous dire que je dis A l'Assemblée nationale Dans la niche parlementaire Du groupe écologiste Il va y avoir une proposition de loi Pour mettre en place Un impôt Zuckman C'est un impôt de 2% Sur le patrimoine des milliardaires Et je pense que c'est un sujet Très important Et vous invitez tout le monde A voter Ça permet de rentrer 20 milliards d'euros De recettes Donc j'invite tout le monde A voter Ça c'est de la justice fiscale C'est pas que des mots C'est des actes Manuel Bompard Coordinateur de la France Insoumise

21:11
Présentateur

Merci d'avoir répondu à mes questions Il est 8h53 sur RMC BFM TV

Face à Face : Manuel Bompard - 17/02 — Manuel Bompard · Pourquijevote