Ce gouvernement ne défend pas à Bruxelles les priorités de la France.
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Chapitres
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- 2:26Invité politiqueChiffre
« Cet emprunt européen va en réalité coûté plus cher à la France qu'ils ne l'aidera aujourd'hui. Aujourd'hui nous pouvons toucher 40 milliards d'euros dans le cadre du plan de relance, demain nous devrons rembourser plus de 60 milliards. »
- 1:13Invité politiqueFait
« il y a un sujet majeur, c'est : comment voulez-vous construire une politique énergétique crédible quand vous dites que vous tenez à l'énergie nucléaire et que simultanément vous voulez fermer de manière anticipée des centrales nucléaires pour dépendre du coup de plus en plus du gaz, du charbon »
- 3:04Invité politiqueFait
« Est-ce que finalement Emmanuel Macron n'a pas raison de faire passer l'Union européenne d'abord ? Est-ce que la France ne sera pas plus forte si l'Union européenne est plus forte ? »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy100 %
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On peut commenter la vie politique allemande, mais moi je suis un responsable politique français, j'ai été élu par des Français, pour les représenter au Parlement européen. Ce que je constate c'est que nous avons un défi majeur qui est de réussir à faire entendre la voix de la France dans les institutions européennes. Les Allemands n'ont pas de difficulté à défendre les priorités de leur pays dans le débat européen, et ils ont bien raison de le faire ; et c'est nous qui sommes bien trop souvent aux abonnés absents sur des sujets qui sont pourtant majeurs. Je pense, par exemple, aux sujets d'énergie, qui vont être décisifs dans les mois et les années qui viennent.
On voit que les prix de l'énergie aujourd'hui pour les Français ne cessent d'augmenter, pour beaucoup de citoyens en Europe, sous l'effet de politiques écologiques qui me paraissent complètement myopes et totalement aberrantes au regard de la compétition mondiale. Et bien il me semble que nous devons, dans le débat qui entoure par exemple la taxonomie dont on parle enfin un peu - nous défendons ce sujet depuis deux ans, défendre la place du mix énergétique français, défendre le nucléaire... Le gouvernement ne le fait pas assez pour vous ? Et c'est là le grand paradoxe de ce gouvernement : c'est que c'est le "en même temps" perpétuel !
Bruno le Maire à Paris dit, il y a seulement quelques semaines, que ceci est un sujet important ; ça fait deux ans qu'on tire la sonnette d'alarme ! Mais pendant ce temps là, la vérité c'est que l'administration française qui négocie à Bruxelles, c'est celle de madame Pompili qui ne se cache pas d'être anti-nucléaire. Donc il y a un sujet majeur, c'est : comment voulez-vous construire une politique énergétique crédible quand vous dites que vous tenez à l'énergie nucléaire et que simultanément vous voulez fermer de manière anticipée des centrales nucléaires pour dépendre du coup de plus en plus du gaz, du charbon, parce que c'est ce qui se passe aujourd'hui.
Lorsqu'on a fermé Fessenheim, lorsque ce gouvernement a fermé Fessenheim, il nous a rendus plus dépendants d'une énergie importée qui est produite avec du gaz et du charbon. Donc on perd sur tous les tableaux. Et cette espèce de fragilité qui naît des incohérences de la politique du gouvernement aujourd'hui, elle doit absolument avoir une fin cette année. Et j'espère que l'élection présidentielle sera l'occasion de donner à notre pays un gouvernement enfin solide, clair dans ses orientations, et qui fera peser la voix de la France dans les institutions européennes. Est-ce que ça veut dire que la France est trop effacée en Europe, qu'elle ne défend pas assez ses intérêts ? - Bien sûr !
Mais c'est une certitude. C'est une évidemment un problème de long terme, le gouvernement n'est pas responsable de tout - et ça fait trop longtemps qu'on a peu investi, pas assez investi sur le débat européen. Mais ce que je constate avec ce gouvernement c'est que, au fond nous le voyons sur ce sujet d'énergie, c'est un exemple comme sur tant d'autres, la France ne défend pas ses intérêts. Elle est souvent la seule à défendre ce que nous regardons comme un espèce d'intérêt européen. Je prends un exemple tout simple : le grand emprunt dont on nous a vanté les mérites. Cet emprunt européen va en réalité coûté plus cher à la France qu'ils ne l'aidera aujourd'hui.
Aujourd'hui nous pouvons toucher 40 milliards d'euros dans le cadre du plan de relance, demain nous devrons rembourser plus de 60 milliards. Donc pour le contribuable français c'est évidemment une mauvaise affaire - à un moment où par ailleurs la France n'a aucun problème de financement sur les marchés.
Et ça c'est un exemple de plus que, en prétendant être un grand européen, Emmanuel Macron joue en réalité contre les priorités qui devraient être celles de la France et qui doivent être aussi celle de la France pour l'équilibre général de l'Union européenne, parce que l'Union européenne c'est, j'en suis convaincu, un projet qui peut nous permettre de nous renforcer dans la mondialisation, mais aujourd'hui, c'est une certitude aussi, c'est une manière de nous fragiliser. Est-ce que finalement Emmanuel Macron n'a pas raison de faire passer l'Union européenne d'abord ? Est-ce que la France ne sera pas plus forte si l'Union européenne est plus forte ? - Non.
L'Union européenne ne sera forte que si elle démontre aux citoyens des pays qui la constituent qu'elle renforce leurs États dans le monde qui se dessine. Je ne crois pas du tout à une Union européenne qui remplacerait les États ; je ne crois pas à une Union européenne qui consisterait à transférer notre souveraineté à l'échelle européenne - c'était le mot de la République en Marche pendant l'élection européenne. Je ne crois pas à cette illusion fédéraliste. Et la vérité c'est que si on regarde la manière dont l'Allemagne se comporte, l'Allemagne ne croit pas du tout à une Union européenne qui consisterait à abolir les intérêts de chaque pays.
Et d'ailleurs ce serait absurde : nous sommes une alliance de démocraties, mais chacune de nos démocraties vit, a son propre agenda, et nous pouvons nous renforcer si nous arrivons justement à construire un dialogue dans lequel chacun se fasse respecter et entendre.
François-Xavier Bellamy