Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLCP - Assemblée nationale· 11 mars 2025 32 min

Mathilde Panot : conférence de presse du groupe LFI à l'Assembée nationale - 11/03/2025

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Donc bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce point hebdomadaire du groupe parlementaire de la France Insoumise Nouveau Front Populaire. Je commence par dire que nous avons gagné l'inscription à l'ordre du jour d'un texte qui est porté par notre collègue Pierre-Yves Cadalin qui tend à créer un institut océan de l'Université des Nations Unies en France, ce qui n'existait pas auparavant et qui est une première victoire importante, notamment sur l'enjeu immense que représente la mer dans l'avenir de l'humanité.

Je continue par dire qu'évidemment nous sommes très inquiets du nouvel ordre international qui est en train de se montrer devant nos yeux, évidemment avec le sujet de la guerre en Ukraine avec d'ores et déjà un million de morts et de blessés et trois ans de conflits qui durent, avec des pourparlers pour la paix qui se tiennent en ce moment même sans la présence des Européens et la crainte de voir une paix non durable qui soit imposée à l'Ukraine, notamment en échange de donner son sous-sol aux multinationales états-uniennes.

Nous redisons que nous voulons, nous, des garanties de sécurité mutuelles, la protection des réacteurs nucléaires, dont nous avons eu de cesse de dire qu'immédiatement il fallait que des forces de l'ONU puissent s'interposer et faire en sorte de protéger ces réacteurs nucléaires pour éviter une catastrophe dans la catastrophe et le vote des régions concernées, notamment, je pense évidemment, au Donbass et à la Crimée.

Pour ce qui concerne les annonces qui ont été faites par Emmanuel Macron la semaine dernière, même si nous avons d'ores et déjà réagi, nous redisons avec force que nous refusons que la France et l'Europe soient entraînés vers une économie de la guerre, que nous voulons au contraire une économie de paix qui permette évidemment de répondre aux besoins de sécurité, et des intérêts vitaux de la France, mais aussi aux besoins de santé, de logement, de sécurité écologique et de tous les autres besoins à l'aune du XXIe siècle, et que la priorité n'est surtout pas de relancer une course à l'armement, mais bien d'être à la hauteur des enjeux du XXIe siècle, notamment du plus grand défi, celui de conserver un écosystème compatible avec la vie humaine.

Je continue avec notre inquiétude qui continue sur ce qui se passe au Proche-Orient, évidemment à Gaza, où vous avez vu maintenant l'électricité est coupée à Gaza, l'aide humanitaire ne rentre toujours pas à Gaza, avec des situations où la faim est utilisée comme arme de guerre, et donc nous sommes très inquiets sur les suites de ces étapes de cesser le feu qui devaient avoir lieu, et nous redisons que la France doit impérativement et immédiatement peser de tout son point et reconnaître l'État de Palestine.

Nous sommes inquiets aussi, puisque je parle du Proche-Orient, du massacre que nous voyons en Syrie, avec depuis le 6 mars 1500 morts au total, dont plus de 1000 civils halawites et chrétiens, avec des scènes d'horreur, d'exécution de masse, des populations terrorisées pendant plusieurs jours, des coupures d'eau et d'électricité, et à la suite de l'appel de l'ONU, nous appelons aux besoins urgents de processus de justice transitionnel, et sommes inquiets de ce qui va se passer. Nous redisons que plus que jamais la France doit avoir une voie non alignée au service de la paix.

Je continue avec ce qui a fait les grandes mobilisations de la semaine dernière, c'est-à-dire des mobilisations en nombre en fin de semaine pour le 8 mars, pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, qui en plus avait une résonance particulière pour nous cette année, puisque, je le rappelle, il y a un an exactement, la France parlait au monde en garantissant le droit à l'IVG dans la Constitution, devenant ainsi le premier pays au monde à inscrire les droits des femmes à disposer de leur corps dans la norme suprême.

Nous sommes fiers d'avoir participé fortement avec le groupe parlementaire, partout dans le pays à ces mobilisations, qui étaient des mobilisations populaires extrêmement fortes.

Je rappelle que, par exemple, en 2020, il y avait 60 000 personnes annoncées par les organisatrices à Paris, et que, pour juste Paris, il y avait, cette année en 2025, 120 000 personnes qui défilaient, notamment à la fois, évidemment, pour revendiquer des droits, mais aussi contre l'extrême droite qui, partout dans le monde et aux États-Unis en premier lieu, ne cessent d'attaquer les droits des femmes, ne cessent d'attaquer les droits des minorités de genre, et donc rappeler que l'extrême droite est à contresens de l'histoire sur les droits des femmes, et que nous continuerons de toutes nos forces à nous battre pour continuer à obtenir et à garantir ces droits pour l'ensemble des femmes du pays, mais aussi du monde.

Et cela vient avec ce qui se passe dans le pays, et je terminerai par ça, parce que nous avons plusieurs autres sujets à vous présenter, mais quand nous voyons partout dans le monde des attaques qui se passent contre les droits des femmes, j'en parlais notamment, nous avons, par exemple, je le dis parce que ça intéresse peu la presse, et que je crois que ça devrait, au contraire, être un sujet de préoccupation majeure, quand vous voyez l'Agence de développement états-unienne, qui décide de geler les aides états-uniennes, avec notamment 8 000 femmes qui vont mourir d'un accouchement, dont 7 200 femmes en Afrique, du fait de gel de l'aide états-unienne.

Quand vous avez 2,7 millions de femmes qui, en trois semaines seulement, se retrouvent sans contraceptif du fait, là aussi, du gel de l'aide, et que l'ONU-SIDA parle de 6 millions de morts supplémentaires d'ici à 2029 du SIDA, du fait, là aussi, du gel de l'aide au développement états-unienne, je crois que ça devrait être une de nos priorités. Et la France n'est pas épargnée par cette offensive d'extrême droite. Nous avons eu de nouvelles attaques de crepuscules d'extrême droite dans notre pays.

Vous avez votre confrère Jean-Michel Apathy, qui a été sanctionné d'une chaîne, juste pour avoir rappelé des faits historiques, avérés et relatés par des historiens imminents sur les crimes coloniaux de la France en Algérie, et qui, pour cela, se fait sanctionner. Je rappelle que cette même radio, par exemple, Salarié Zemmour, sans qu'il n'y ait aucun problème, je rappelle que sur d'autres chaînes, il y a, par exemple, Barbara Lefebvre, qui appelait juste à une apologie de crime contre l'humanité en appelant à vider la bande de Gaza.

Il est donc l'heure de la riposte populaire de masse, et nous allons mettre nos forces cette semaine et la semaine prochaine sur la manifestation du 22 mars contre l'extrême droite, contre le racisme, une manifestation qui, du coup, devient aussi internationaliste pour la paix, et nous appelons à cette manifestation aux côtés de 200 autres organisations. Donc, évidemment, ce sera une mobilisation très importante pour le groupe parlementaire et le mouvement de la France insoumise. Je vais laisser Hugo Bernalicis et Antoine Léaumant pour l'actualité parlementaire.

6:47
Invité

Je te laisse sur le logiciel. Bien. Bonjour à toutes et à tous. Alors, on fait un petit point sur la proposition de loi dite narcotrafic, que la France ne tombe pas dans le piège du narcotrafic, pour être précis, qui a été examinée en commission, pour laquelle nous avons obtenu un certain nombre de victoires par rapport au texte qui revenait du Sénat, qui prévoyait notamment sur les questions de surveillance, par exemple, de pouvoir décrypter les conversations chiffrées sur les messages décryptés. Bon, au-delà de l'impossibilité technique, je veux dire, la volonté de faire ça a été mise en échec en commission des lois et ça a été supprimé.

Je pense notamment aussi au dossier coffre, vous savez, qui a fait tant parler, pour lequel les avocats se sont mobilisés en expliquant qu'il y avait une grosse difficulté à soustraire un certain nombre d'informations dans l'enquête du point de vue des grands principes du droit et du droit pénal. Et c'est à une voie que le dossier coffre a été rejeté en commission des lois. Donc c'est une victoire aussi, également.

Néanmoins, nous restons opposés à ce texte sur les narcotrafic pour une raison assez évidente, c'est qu'il sera complètement inefficace pour lutter contre le narcotrafic, en tout cas, la criminalité organisée, ce qu'on appelle du haut du spectre, c'est-à-dire les plus organisées et les plus criminelles. Pourquoi ? Parce que, pour vous donner un exemple très simple, qu'est-ce qui pourrait être efficace pour lutter contre l'entrée de grosses quantités de drogues en France ? Mettre des scanners dans les ports, notamment au port du Havre, et des scanners mobiles. Y a-t-il besoin d'une proposition de loi pour mettre des scanners dans les ports ? Non.

Par exemple, autre élément, les offices centraux de la police judiciaire qui luttent justement contre ce haut du spectre, dans tout un tas de domaines, l'Office central de lutte contre le blanchiment, l'Office central de lutte contre les infractions fiscales et financières, l'Office central de lutte contre la criminalité organisée, oui, oui, il y en a un qui s'appelle comme ça, donc c'est déjà aujourd'hui fait. Tous ces offices centraux sont en sous-effectif, drastiquement en sous-effectif. Y a-t-il besoin d'une proposition de loi pour embaucher les effectifs suffisants ? Non.

Y a-t-il besoin d'une proposition de loi pour avoir une juridiction centralisée, nationale, qui coordonne l'action judiciaire en matière de criminalité organisée ? Non, puisqu'il existe déjà la Junalco, la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée. Donc en réalité, ce texte de loi est un texte de communication politique à la main de Gérald Darmanin et de Bruno Retailleau, les deux ministres de l'Intérieur qui comptent maintenant désormais la France et qui, du coup, ont envie de faire croire qu'ils vont faire quelque chose de plus que ce qui ne serait pas fait aujourd'hui.

Avec cet élément supplémentaire, c'est que néanmoins, le texte comporte des reculs très graves et des problématiques discriminatoires extrêmement importantes qui n'ont rien à voir avec le haut du spectre. Je veux notamment parler de cet article qui prévoit une interdiction de paraître dans un quartier ou l'obligation pour un bailleur de rompre le bail dans des HLM, dans les quartiers populaires, si quelqu'un est suspecté d'appartenir au trafic de stupéfiants. C'est-à-dire une décision administrative si on vous suspecte de participer au trafic de stupéfiants. On en est là. C'est vrai que M.

Retailleau n'est pas très fan de l'État de droit, mais quand même, on n'est pas obligé d'aller sur des mesures qui sont complètement discriminatoires et disproportionnées. Donc nous continuons de nous opposer à ce texte de loin tout en réaffirmant notre volonté de lutter efficacement contre la criminalité organisée.

Et ça, je vous renvoie vers le document qui a été édité par le groupe parlementaire de la France insoumise il y a maintenant quelques mois, plan de lutte contre le narcotrafic, qui rappelait toute une série de mesures, à la fois de lutte contre la criminalité organisée, évidemment, mais aussi de dire qu'on ne luttera pas efficacement contre les stupéfiants si on ne réduit pas la consommation. Et le maire moyen de réduire la consommation, c'est encore de faire des véritables politiques de prévention et notamment cette proposition de légalisation du cannabis qui est un marqueur important pour nous puisque c'est soustraire aussi plusieurs milliards d'euros des mains des trafiquants. Merci.

Sur ce texte, on va continuer le travail en hémicycle et Hugo a déjà dit les victoires que nous avons obtenues. Je rencontre demain le ministre de l'Intérieur, pardon, le ministre, vous voyez comme quoi, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, pardon, c'est l'habitude, pour lui présenter nos propositions et nos contre-propositions sur le sujet et en particulier évoquer un sujet avec lui qui est la question des logiciels de la police nationale puisque vos confrères du monde révélaient au début de l'année que le logiciel XPN qui a changé de nom plusieurs fois, qui a coûté quand même entre 15 et 20 millions d'euros, n'existe toujours pas. Ça fait 8 ans que la police attend un logiciel.

C'était censé être une des pierres angulaires de la construction aussi du travail de la police judiciaire et donc voilà des moyens concrets de lutter contre le narcotrafic. Quand j'ai été par ailleurs à la Junalco, j'ai découvert stupéfait que les personnes qui s'occupent de la lutte contre le blanchiment n'avaient toujours pas le renouvellement de la licence du logiciel qui leur permet de faire ça. Je crois rêver. On a des ministres qui viennent dans l'hémicycle et qui nous disent la lutte contre le narcotrafic, contre le blanchiment, c'est le cœur de notre politique et les gens n'ont même pas les logiciels qui leur permettent de travailler correctement.

Je pense qu'on peut commencer par là et ça fera partie des propositions que nous porterons devant Gérald Darmanin. Je dis juste que compte tenu de l'ampleur du scandale que ça représente, nous avons déposé une proposition de résolution pour créer une commission d'enquête sur ce sujet et nous essaierons de faire signer d'autres groupes parlementaires pour essayer d'obtenir que cette proposition de résolution passe devant l'Assemblée nationale et crée effectivement cette commission d'enquête puisque nous avons déjà utilisé notre droit de tirage.

12:21
Présentateur

Merci infiniment. Du coup, deux initiatives parlementaires maintenant, Alma Dufour, François Pigmal,

12:27
Invité

Bonjour à toutes et tous. C'est l'histoire de Natacha et Uriel qui sont petits commerçants dans une épicerie à Toulouse et qui un jour voit arriver la franchise Carrefour pour s'installer en face dans un ancien magasin de mobilier. Il y a une mobilisation des petits commerçants, des habitants, des habitants parce que cette installation ne correspond à aucun besoin essentiel et en plus, elle met en péril l'activité commerciale d'Uriel et Natacha qui sont plus qu'une épicerie mais aussi un lieu de vie et un lieu de solidarité. Ce qui leur est arrivé est arrivé à des milliers de petits commerçants ces dernières années en France.

On a signé des pétitions, interpellé les institutions et celles-ci, comme la mairie de Toulouse, sont restées bien appuissantes comme c'est souvent le cas. Pourquoi ? Parce que l'emprise de surface sur laquelle comptait s'installer le carrefour était de 800 m2 or la commission départementale d'aménagement commercial ne peut donner une autorisation que pour des surfaces supérieures à 1 000 m2.

C'est pourquoi avec nos équipes parlementaires d'Alma Dufour mais aussi de Sébastien Rome, notre ancien collègue qui était là lors de la précédente mandature, nous avons décidé d'agir et nous avons bâti une proposition de loi après avoir auditionné un certain nombre de structures avec nos équipes que je tiens à remercier et à féliciter ici. Et ce travail a duré un an et aujourd'hui il aboutit à quelque chose de fourni qui se dégage en quatre axes. Je vous en donne deux et je laisse Alma présenter les deux autres.

Le premier, c'est donner les moyens à la commission départementale d'aménagement commercial d'avoir un droit de regard et d'autorisation sur l'installation des grandes enseignes et du e-commerce quand les surfaces sont supérieures à 400 m2 et non plus à 1 000 m2 comme c'était le cas auparavant. La création aussi au niveau départemental d'une société coopérative à intérêt collectif dans chaque département pour préserver et assurer la revitalisation du tissu commercial. Bien sûr, cette proposition de loi a un enjeu de préserver le petit commerce qui est aussi une ressource face à l'étalement urbain et pour la transition écologique face au e-commerce et aux grandes enseignes.

Je serai très brève. Je pense qu'il faut qu'on mesure à quel point le commerce en général, le petit commerce en particulier est en danger. Vous le savez, on a battu un record historique de faillites. Concernant le commerce de gros, c'est plus 30% de faillites entre 2023 et 2024. Ça fait des années qu'on alerte. Moi, avant d'être députée, je travaillais aux Amis de la Terre sur la question du e-commerce et d'Amazon.

Ça fait des années qu'on alerte sur le fait qu'il y a un bouleversement dans le commerce qui va entraîner la destruction en solde net de plusieurs centaines de milliers d'emplois et que ce qu'on a connu avec la désindustrialisation des années 80, on va le connaître de nouveau concernant le commerce. Et on le voit. Vous entendez tous les jours des nouvelles faillites, notamment dans le secteur du textile. Voilà, vous savez Pinky, vous savez que Gap a fermé ses magasins. Vous savez qu'en fait, on est sur un processus qui ressemble beaucoup à ce qui s'est passé aux États-Unis, ce qui s'est passé au Royaume-Uni. Je vous donne un chiffre.

Il y a deux ans, on avait déjà perdu 85 000 emplois seulement du fait de l'expansion des géants du e-commerce. Mais ce n'est pas le seul problème. Les commerces sont également, comme tu le dis, des fois menacés par des commerces plus gros qui s'installent un peu en dépit en jouant de la loi, mais aussi par un univers économique qui est de plus en plus délétère, et notamment des loyers commerciaux qui continuent à augmenter avec l'inflation alors que le pouvoir d'achat des Françaises et des Français est en berne et que justement ça les pousse à consommer de moins en moins dans les petits commerces.

Donc on a quelque chose de complètement contracyclique et si nous n'agissons pas, si nous n'agissons pas, on est au devant d'une catastrophe. J'ai encore reçu hier un message d'une boulangère de ma circonscription qui me disait qu'elle n'arrive pas à se payer. Ça fait maintenant trois ans qu'elle ne peut pas se payer et qu'elle est à deux doigts de mettre la clé sur la porte et c'est vraiment pas la seule. C'est partout. Donc il faut qu'on agisse. On a une loi complète. Donc tu as parlé des autorisations commerciales. On va encadrer drastiquement les entrepôts de e-commerce qui sont complètement en dehors de la législation commerciale.

Ce sont des entrepôts destinés à faire du commerce mais ils ne sont pas concernés par les autorisations d'exploitation commerciale. Ils ne sont pas non plus concernés par les taxes sur les surfaces commerciales que payent les grandes enseignes physiques des magasins. Et enfin, nous allons traiter de l'éléphant dans la pièce, c'est-à-dire l'encadrement des loyers. Et nous voulons geler les loyers commerciaux parce qu'on est vraiment dans une crise drastique et résoudre un petit problème qui peut paraître un détail mais qui est énorme. C'est que depuis des années, les propriétaires, les bailleurs font payer aux locataires commerciaux la taxe foncière.

Alors que normalement, c'est une taxe qui doit être payée par les propriétaires comme son nom l'indique. Elle est répercutée dans le loyer des commerçants. Vous pourrez faire le test et demander à n'importe quel commerçant qui loue son fonds de commerce, il voudra qu'il paye cette taxe. Et c'est une demande de la Confédération des commerçants de France que soit mis fin à cette aberration. Je vous remercie.

17:35
Présentateur

Merci beaucoup. Dernière proposition. Thomas Porte.

17:40
Invité

Bonjour à toutes et à tous. Il y a 622 jours, Naël était tuée à bout portant par un policier. Des images qui ont choqué. Fait le tour de la France, le tour du monde, suscitait une colère légitime et une colère qui a été réprimée dans la force sans aucune réponse apportée à toutes celles et ceux qui se sont mobilisés. On a eu une décision importante cette semaine. Après des mois d'enquête, d'audition, le parquet de Nanterre a requis un procès pour meurtre contre Florian, le policier qui a tué Naël.

Je veux d'abord ici dire que c'est une décision importante pour toutes les familles de victimes de violences policières qui, depuis des années, mènent des combats longs, difficiles, semés d'embûches, d'entraves pour avoir accès à la justice et la vérité. Je veux aussi avoir une pensée pour Naël et sa famille, traînée dans la boue depuis des mois et encore récemment par des syndicats policiers d'extrême droite. Je veux aussi avoir une pensée pour Souley, El Kalfawi, Jean-Paul, Rayana, Boubacar, Fadjigui, Amine, Inès, Aliou Senkamara, toutes celles et ceux qui sont morts sous les balles de la police après des refus d'obtempérer.

Je veux aussi dire ma colère et notre honte d'avoir eu les propos du ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, qui s'est une fois de plus comporté comme un porte-parole des syndicats policiers d'extrême droite. Le même ministre qui a été incapable de condamner des actions de groupuscules nazis dans les rues de Paris est venu apporter un soutien direct et légitime aux violences policières. Le préfet des Hauts-de-Seine qui s'est déplacé au commissariat de Nanterre le jour de la décision de justice a envoyé un message clair de légitimation des actes commis par Florian. Et il faut dire les choses de manière très claire dans ce pays. Le problème aujourd'hui de la police, ce n'est pas la justice.

Le problème de la police, c'est les violences policières. C'est les morts après les refus d'obtempérer. C'est les contrôles au faciès. Voilà le problème de la police dans ce pays. Et nous déposons aujourd'hui à nouveau, et nous le ferons à chaque fois qu'il faudra le faire, une proposition de loi pour abroger ce qu'on appelle l'article L435-1 du Code de sécurité intérieure issu de la loi de 2017 à l'époque où Bernard Cazeneuve était Premier ministre. Je l'ai souvent rappelé, j'ai conduit une enquête là-dessus suite au dépôt de cette proposition de l'ordonnance parlementaire. Cette loi a eu des conséquences mortelles. J'ai cité les noms.

Mais c'est aussi plus 35% de tirs sur des véhicules en mouvement. C'est une explosion multipliée par 5 des morts après cette loi. C'est un record d'Europe du nombre de morts suite au refus d'obtempérer. Et plus que jamais, dans le contexte actuel, il est temps d'abroger cette loi. Je le dis de manière ferme, nous serons toujours aux côtés de celles et ceux qui sont victimes de violences policières, qui sont victimes du racisme systémique. Je rappelle aussi qu'une des porte-parole de l'ONU avait dénoncé après la mort de Nael le racisme systémique au sein de la police française.

De rendez-vous, Mathilde l'a dit, une grande mobilisation le 22 mars contre l'extrême droite, contre le racisme et une autre mobilisation samedi à l'appel des collectifs contre les violences policières. Il faut y participer, les soutenir et abroger cette loi et nous serons toujours à leur côté. Merci.

20:34
Présentateur

Question.

20:42
Invité

Merci. Léonard Attal, TF1-LCI. Vous avez déclaré tout à l'heure qu'il ne fallait pas relancer une course à l'armement. Le président de la République a déclaré que la Russie, selon lui, était une menace existentielle pour la France, pour l'Europe. Est-ce que cela veut dire que, selon vous, la Russie n'est pas une menace militairement existentielle pour la France ? Et si tel est le cas, pourquoi ne pas relancer justement cette course à l'armement ? Bonjour. Hugo Capeli, BFMTV. Une question, justement, un petit peu dans la poursuite de ce qu'a avancé Léonard. Vous avez notamment évoqué le budget de la France. Je voudrais parler du budget de la défense qui pourrait être augmenté.

Le patron du COR, le Comité d'orientation des retraites, a dit qu'il ne fallait plus qu'il y ait des débats autour de 64 ans en revenir sur cette réforme parce que ça ne servait à rien en vue du contexte international. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Est-ce que vous partagez son point de vue ? Bonjour, Ilia Bergel de la Radio France Info. Dans le cadre du désengagement des États-Unis au soutien financier de l'Ukraine, est-ce que, selon vous, l'Europe doit compenser ce financement ? Est-ce que la France doit y participer ? Et si la France doit y participer, qui, en France, mettra contribution pour financer l'effort de guerre ukrainien ? Oui.

Bonjour, Gabriel Bourovitch pour l'agence France Presse. Sur le thème de l'Ukraine, toujours, il y a, et en lien avec l'ordre du jour, il y a une proposition de résolution européenne déposée par un de vos collègues, Eliott, qui doit être examinée demain après-midi. Ça a été avancé. Le texte a été déposé il y a un mois. Il a été débattu en commission. Vous devez probablement en avoir pris connaissance. Quelle sera votre position ? Il s'agit, le titre, c'est de renforcer le soutien à l'Ukraine. Et j'en profite, parce que, petite question à la tiroir, votre position sur la proposition de loi Paris-Lyon-Marseille qui arrive en commission demain ?

22:54
Mathilde Panot

Merci à ces questions. On va commencer sur Paris-Lyon-Marseille, si vous me le permettez. Écoutez, la situation issue de la loi de 82 sur Paris-Lyon-Marseille est totalement aberrante. Pourquoi ? Parce que nous vivrions dans une ville, dans une de ces trois villes, nous ne pourrions pas élire directement les conseillers qui élisent ensuite le maire. Donc, revoir ce système est en effet une réforme démocratique à laquelle nous sommes favorables. De la même manière, réduire de 50 à 25 % la prime majoritaire est une bonne chose. Alors, évidemment, nous n'aurions pas écrit le texte de cette manière-là. Évidemment, nous ne l'aurions pas fait dans ce calendrier.

Évidemment, nous aurions revu la totalité du système de gestion des communes, des intercos, les primes majoritaires à 50 %. Nous aurions fait une loi globale. Bon, force est de constater que la loi qui nous est proposée aujourd'hui n'est pas une loi globale, mais c'est une loi qui va dans le bon sens. C'est une loi que nous soutiendrons parce que nous pourrons l'utiliser ultérieurement pour demander à ce que, dans toutes les communes, la prime majoritaire revienne à 25 %, parce qu'il y aura là donc une inversion du déni démocratique. Pourquoi 25 % à Paris-Lyon-Marseille ? Pourquoi 50 % dans les 35 000 autres communes de France ?

Donc, une fois que cette loi aura été adoptée, cela ne sera que le début d'un travail nécessaire pour redémocratiser l'ensemble de nos institutions. Le plus simple serait quand même de convoquer une assemblée constituante pour une VIe République. Cela permettrait de régler tous les problèmes démocratiques de ce pays en une fois. Bon, ce n'est pas le choix qui est fait par le gouvernement. Nous prenons ce que nous pouvons prendre, la démocratie plus importante dans Paris-Lyon-Marseille. Voilà pour Paris-Lyon-Marseille. Sur l'Ukraine, le président n'a pas dit que la Russie était une menace existentielle pour la France.

Il a même dit que la France n'était pas vraiment menacée d'une invasion russe parce que nous avions la dissuasion nucléaire. Il faut être cohérent. Oui, tout à fait. Ce n'est pas pareil. La France, ce n'est pas l'Europe. Et l'Europe, ce n'est pas encore la France. Donc, il faut regarder les choses telles qu'elles sont. Aujourd'hui, l'enjeu pour la France, c'est de garantir la protection de ces frontières, ces frontières où qu'elles soient dans le monde. Je vous rappelle que la principale frontière française terrestre, c'est avec le Brésil et que la principale frontière maritime française, c'est avec l'Australie.

Des frontières bien éloignées de l'Europe et bien éloignées des préoccupations de la Russie et de l'Ukraine. Nous sommes une nation universelle présente dans l'ensemble des océans. Notre vision ne peut pas être une simple vision européenne centrée. Alors, oui, il y a évidemment une vision européenne, mais l'enjeu, c'est la défense de notre territoire, la garantie de l'intégrité de notre territoire et la protection de nos populations. Donc, à ce titre-là, non, la Russie n'est pas une menace existentielle pour la France parce que la France est une puissance dotée de l'arme nucléaire et cela nous a coûté suffisamment cher pour que nous puissions jouir de ces bénéfices aujourd'hui.

Et donc, à partir du moment où les menaces de la Russie, le président a parlé de menaces sur les hôpitaux, par exemple, dans le domaine du cyber, dans le domaine du spatial, ce sont des sujets importants. Mais ce n'est pas en construisant des canons de 155 que l'on va arrêter des attaques cyber ou que l'on va arrêter un satellite qui viendrait butiner des informations sur un autre de nos satellites. Il faut répondre aux menaces qui existent par les bonnes solutions. Et cela nous amène sur la question du budget. Plus 1% du PIB. Mais pourquoi pas plus 5% du PIB ? Tant que l'on n'a pas répondu à la question de pourquoi faire ? Comment allons-nous utiliser cet argent ?

Pour doter la France de quelles capacités spécifiques ? Nous n'aurons servi à rien et nous aurons pu dépenser autant de milliards que vous voulez. L'objectif ? Garantir les frontières et les populations de notre pays. Maintenant, en face, il faut se doter la France des capacités qui lui manquent. Oui, nous avons des manques dans le domaine du renseignement. Oui, nous avons des manques dans le domaine de la communication. Oui, nous avons des manques dans le domaine du transport. Mais est-ce que cela nécessite 50 milliards ? Ça se discute. L'important n'est pas le bon temps, à part si l'idée est de satisfaire M. Trump.

Parce qu'en effet, les 800 milliards que Mme von der Leyen a promis, on pourra revenir dessus si vous le souhaitez, mais parce que ça n'existe pas, ces 800 milliards. Il n'existe pas. Mais ces 800 milliards, c'est ce qui permet d'atteindre les objectifs fixés à l'OTAN par M. Trump. Et donc, une fois de plus, on le voit. L'idée que l'on avance de défense européenne toujours plus, etc., au final, elle se fait toujours dans le même cadre. Ce cadre atlantiste qui nous a menés dans l'impasse dans laquelle nous sommes aujourd'hui.

Parce que si les Américains se désinvestissent de l'Ukraine, si les Américains se désinvestissent de l'Union européenne, que proposent ceux qui nous ont emmenés dans cette impasse ? Cela fait 20 ans en France que nous avons des dirigeants qui disent l'OTAN, l'OTAN, l'OTAN depuis la réintégration dans le commandement intégré de 2008. Aujourd'hui, que les Américains ne sont plus là, qu'est-ce qu'ils font ? Ils nous disent qu'il faut qu'on retourne chercher les Américains. Donc, on le voit, ils n'ont pas de réponse. Ils n'ont aucune réponse aux problèmes qu'ils ont eux-mêmes créés. Nous n'avons plus de voie autonome de la France à l'international.

Le président Macron a détruit le corps diplomatique français. Nous n'avons plus de politique autonome parce qu'il faut faire la stratégie de l'autonomie stratégique européenne qui n'existe pas parce que dans les traités, dans les traités, la défense de l'Europe est soumise à l'OTAN. Et je sens qu'il faut que je conclue. L'essentiel de l'aide américaine à l'Ukraine n'était pas tant financière que matériel. Aujourd'hui, nous n'avons, dans aucun pays européen, n'a les stocks de matériel pour fournir du matériel directement à l'Ukraine. Donc déjà, ça, c'est quelque chose que nous ne pouvons pas remplacer.

Le renseignement militaire que les États-Unis fournissaient à l'Ukraine, c'est quelque chose que nous ne pouvons pas remplacer parce que nous ne l'avons pas et nous n'avons pas cette capacité de renseignement qu'ont les Américains. Donc l'aide américaine à l'Ukraine, elle n'est pas remplaçable. Voilà, c'est tout. L'Europe ne s'est pas dotée des moyens de pouvoir remplacer l'aide américaine si celle-ci ne vient pas. Donc la question de qui doit payer ne s'applique quasiment pas. Sur la PPRE, écoutez, nous avons proposé des amendements de réécriture parce que cette PPRE va au-delà d'apporter de l'aide, de dire le renforcement de l'aide à l'Ukraine. Elle prévoit des troupes au sol.

Elle prévoit... On ne sait pas dans quelles conditions. Elle prévoit... Elle prévoit... Elle prévoit... Elle accuse la Chine de... Elle intègre la question de la Chine dans le problème ukrainien. Bref, elle va bien au-delà de ce que les Ukrainiens, de ce dont les Ukrainiens ont besoin aujourd'hui. Donc nous avons proposé des amendements de réécriture et nous verrons en fonction du sort de ces amendements quelle sera notre position sur le vote.

30:23
Présentateur

Nous verrons selon les amendements. C'est ce qu'on vient de vous dire. Dernière chose, juste sur ce qui a été posé tout à l'heure sur ce que disait Le Corre sur 64 ans. Et je vois bien que ici et là, des macronistes expliquent que, puisqu'il y a une situation dramatique pour l'Ukraine qui risque de se voir imposer une paix au prix notamment de ces minerais, que du coup, l'abrogation de la retraite à 64 ans ne serait plus à l'ordre du jour. Nous ne sommes pas du tout d'accord avec cela.

Et c'est exactement ce que je pointais tout à l'heure en disant que nous refusons une économie de guerre qui n'est là que pour fabriquer plus d'armes, pour vendre plus d'armes, dont souvent d'ailleurs nous les achetons aux États-Unis. Donc il faut aussi penser à ce que ça veut dire derrière, quand on voit que plus de 50% des dépenses militaires sont des dépenses d'achat directement de matériel étasunien. et avec nous, ce que nous voulons, c'est-à-dire une économie autour des besoins, une économie de paix qui réponde aux besoins. Donc pourquoi faire ? On parlait Bastien Lachaud à l'instant.

Et nous ne serons jamais d'accord pour qu'on fasse comme ça a été fait par exemple au Danemark où au prétexte de la guerre, on a imposé la retraite à 70 ans. Nous ne sommes pas d'accord avec cela. Et s'ils veulent, il y a des besoins à financer sur la question de la sécurité, il y a aussi des besoins à financer sur la question de l'hôpital public, sur la question de l'éducation nationale qui est à terre, sur la question du logement. Et donc pour cela, il y a une condition, ça s'appelle le partage des richesses et ça commence par faire contribuer les plus riches de ce pays.

Nous aurons l'occasion de reparler de l'Ukraine puisque jeudi, nous serons au ministère comme l'ensemble des groupes parlementaires. Et je vous prie de nous excuser puisque nous avons la réunion du groupe parlementaire. Merci à vous.