Xavier Bertrand, invité de RTL du 18 juin 2020
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:17OuverteRéponse directe
On voit bien depuis quelques temps que tout le monde se réclame du gaullisme. Marine Le Pen s'est rendue sur l'île de Sein. Emmanuel Macron ira au Mont-Valérien, puis à Londres aujourd'hui. Il y a captation d'héritage selon vous ?
- 0:56RelanceRéponse directe
Elle a raté le rendez-vous ? Qu'est-ce que vous voulez dire exactement ?
- 1:22OuverteRéponse directe
Vous vous réclamez du gaullisme ?
- 2:16OuverteRéponse directe
On dit parfois que le gaullisme social, c'est ce que vous souhaitez incarner.
- 2:49OuverteRéponse directe
Comment ça peut se traduire, Xavier Bertrand, dans cette sortie de crise, ce que vous êtes en train de décrire ? Réconcilier les petits, réconcilier avec cette économie qui est plombée.
- 3:47FerméeRéponse directe
Quoi ? Il faut annuler cette réforme ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« le président de la République se rende à Londres aujourd'hui pour cet anniversaire exceptionnel, c'est normal. »
- 0:51Invité politiqueFait
« le jour de la capitulation par le maréchal Pétain. »
- 1:10Invité politiqueFait
« Le gaullisme, c'est le rassemblement. »
- 1:49Invité politiqueFait
« on parle beaucoup de souveraineté, de souveraineté industrielle, il l'a fait, il l'a fait. »
- 3:14Invité politiquePromesse
« n'attendons pas l'automne pour lancer un grand plan contre le chômage et contre le chômage des jeunes. »
- 3:28Invité politiqueFait
« À la rentrée, le pire, c'est qu'il y a une réforme de l'assurance chômage. »
- 3:40Invité politiqueChiffre
« Ceux qui seront au chômage toucheront pour certains jusqu'à 200 euros de moins. »
- 3:51Invité politiqueFait
« -là qui va pénaliser les gens. »
- 5:23Invité politiqueFait
« La crise sociale, je la vois venir. Elle me préoccupe. »
- 7:13Invité politiqueChiffre
« Les faits en question, c'est jusqu'à 10 ans ou c'est jusqu'à 30 ans. »
- 8:37Invité politiqueFait
« Aux élections municipales, la République en marche s'est prise une raclée et va se prendre une raclée. »
- 8:45Invité politiqueFait
« Aux élections régionales, ça va être exactement la même chose. »
Temps de parole
- Xavier Bertrand73 %
- Présentateur16 %
- ?6 %
- Présentateur 25 %
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Vous
êtes
sur RTL.
Fiat.
RTL Matin. Julien Cellier. Allez, très bon réveil avec RTL. 7h42, Alba Ventura. Vous recevez ce matin le président de la région Hauts
-de
-France, Xavier Bertrand. Bonjour Xavier Bertrand. Bonjour. Nous sommes le 18 juin. On voit bien depuis quelques temps que tout le monde se réclame du gaullisme. Marine Le Pen s'est rendue sur l'île de Sein. Emmanuel Macron ira au Mont-Valérien, puis à Londres aujourd'hui. Il
y
a captation d'héritage selon vous
? Que
le président de la République se rende à Londres aujourd'hui pour cet anniversaire exceptionnel, c'est normal. Nicolas Sarkozy, j'étais avec lui, je m'en souviens bien à l'époque,
j
'étais à la tête de l'UMP, s'était rendu également à Londres. Par contre, que Marine Le Pen se rende à l'île de Sein, j'entendais ce matin sur votre antenne. Vous avez vu la réaction des habitants
?
Oui,
ça s'est
pas bien passé. Puis elle, elle a choisi de se rendre pour
un an algérien
de Gaulle le
17,
le jour de la capitulation par le maréchal Pétain. Tout est dit.
Elle a raté le rendez-vous ? Qu'est-ce que vous voulez dire exactement
? Que
l'héritage
des
dirigeants
du
Front National,
c
'est pas le gaullisme,
c
'est le renoncement, c'est une France repliée, c'est tout l'inverse du gaullisme. Le gaullisme, c'est le rassemblement. Les dirigeants du Front National, la famille Le Pen, c'est la division, c'est pas le rassemblement, c'est tout le contraire. Et vous alors
? Vous vous
réclamez du gaullisme ?
Il n
'y
a qu'un général de Gaulle. Il n
'y
aura qu'un général de Gaulle. Un homme exceptionnel dans des circonstances exceptionnelles. Mais il y a une permanence des idées gaullistes. Alors c'est difficile pour les plus jeunes qui nous écoutent de savoir ce qu'est le général de Gaulle, de ce qu'il a fait. Mais il faut savoir qu'à deux époques où tout semblait foutu, fini, que la France était par terre, il y
a
quelqu'un qui dit non, c'est pas vrai, c'est pas fini, c'est pas fichu et on peut se redresser. Et comment ? Avec l'attachement à la grandeur de la France, à son indépendance, on parle beaucoup de souveraineté, de souveraineté industrielle, il l'a fait, il l'a fait. C'est quelqu'un qui pensait également qu'il fallait réconcilier, rassembler les Français, qui était encore plus divisé, plus déchiré qu'aujourd'hui. C'était la guerre, c'était quelqu'un qui pensait que l'autorité, l'État de droit, ça n'était pas des options. Et que cette autorité, c'est ce qui permettait de tout faire tenir, l'État et les Français ensemble.
On va y venir, mais on dit parfois que le gaullisme social, c'est ce que vous souhaitez incarner.
Parce que pour le gaullisme,
c
'est de rassembler tout le monde, les Français qui vont bien et ceux qui vont pas bien.
Des
grands dirigeants d'entreprises et les ouvriers et les employés. Et c'est ça qui est important. Les petits comptaient autant que les grands. Il y a ce rapport avec le peuple chez de Gaulle qui est important. La politique pour lui, c'est la France, mais c'est les Français également. Et qu'un dirigeant ait autant cette conception des gens, cette proximité avec le peuple,
c
'est rare.
Alors
comment ça peut se traduire, Xavier Bertrand, dans cette sortie de crise, ce que vous êtes en train de décrire
?
Réconcilier les petits, réconcilier avec cette économie qui est
plombée. Avec
une véritable politique économique et sociale. Et quand on parle aujourd'hui de l'endemain de guerre, il y
a
une guerre qui s'annonce. Une vraie guerre. Le président de la République avait parlé de guerre. Non, c'est la guerre contre le chômage.
Le
chômage qui est déjà là et le chômage qui monte. Et encore une fois, n'attendons pas l'automne pour lancer un grand plan contre le chômage et contre le chômage des jeunes. Il y
a
des précaires aujourd'hui. Des gens qui faisaient des extras. Des gens qui voient leur fan CDD. Qui étaient en intérim. Qui n'ont plus de contrat. Qui n'ont plus de perspective. Et à la rentrée, le pire, c'est qu'il y a une réforme de l'assurance chômage. Qui va précariser quasiment des centaines de milliers de personnes. Avec les nouvelles règles, à partir de septembre, il faut le savoir. Ceux qui seront au chômage toucheront pour certains jusqu'à 200 euros de moins. Il y a deux priorités aujourd'hui dans notre
pays. Donc vous dites
quoi ? Il faut annuler cette
réforme ? Bien sûr. Bien sûr, cette réforme
-là qui va pénaliser les gens. Et encore une fois, qui va toucher qui ? Les petits salaires, les petites rémunérations. Il ne faut pas l'appliquer. Parce qu'il y a deux priorités, je vous l'ai dit. L'emploi, le pouvoir d'achat. Les deux. Et dans cette crise
qui nous a fait tant de mal... Les 500 milliards
d'aides de l'État, ce n
'est
pas suffisant ? C'est ce que vous êtes en train de nous dire
? Il
y
a
eu deux choses. Il y a deux choses. Il y a le rôle de l'État, notamment l'action de Bruno Le Maire, au cœur de la crise. Le fameux PGE, des mesures d'urgence qui ont été prises. Honnêtement, ça, ça a été vraiment dans le bon sens. Mais là, aujourd'hui, il y
a
une dimension économique. Il faut reconstruire notre pays. Le reconstruire. Mais il faut aussi penser aux gens. Et cette dimension sociale, on ne peut pas attendre la rentrée. Moi, je suis demandeur. Toutes les mesures qui vont dans le bon sens. Mais mon sens, je suis là en tant que président
de région
pour pouvoir travailler tout de suite.
Regardez, Air France va supprimer 8000 emplois. 7 milliards d'aides pour le secteur. Malgré tout,
ça va être inéluctable.
J'aimerais bien savoir.
Ils
ne sont pas les seuls.
J'aimerais bien savoir, quand on a discuté du fameux PGE, le prêt garanti par l'État avec eux, si on a clairement parlé emploi. Et si tout a été mis sur la table. Alors, je ne suis pas dans le secret des dieux. Mais ça, j'aimerais bien savoir.
Qu
'est-ce que vous demandez
?
La clarté, la transparence. Quand il y a eu cette discussion avec Air France qui était menacée de disparition. Et je n
'ai
pas envie de voir Air France disparaître. Mais clairement, est-ce que la question de l'emploi a été mise sur la table ? Alors, encore une fois, cette préoccupation sociale, vous m'en parliez. Il est essentiel. Il est essentiel d'anticiper. La crise sanitaire, beaucoup de pays ne
l
'ont pas vu venir. La crise sociale, je la vois venir. Elle me préoccupe. Mais je ne
reste
pas les bras ballants. Je veux que l'on puisse aider les salariés à retrouver un emploi. Et je veux aussi, encore une fois, que l'on puisse se doter de nouveaux outils. Notamment pour les jeunes.
Vous qui êtes devenu un partisan de l'écologie. Et notamment parce que vous dites que ça créera de l'emploi. On parle du gaullisme. Il y
a
dans l'air l'idée d'organiser un référendum sur l'écologie. C'est une bonne ou une mauvaise idée ?
Le référendum, si c'est pour savoir si c'est pour ou contre 110 km heure sur l'autoroute, vous connaissez la réponse. Après, un référendum, c'est aussi pour dégager une vision. La crise sanitaire,
beaucoup
ne l'ont pas vu venir. La crise écologique, on la voit venir pour nos enfants. Et de toute façon, là encore, ça n'est pas une option. Maintenant, si c'est un référendum, il vaut mieux que ce soit un référendum avec des questions multiples. Autrement, ça va être un référendum pour ou contre Macron. Et je vous donne déjà le résultat. Vu la colère qu'il y
a dans le pays.
Il vaut mieux d'ailleurs qu'il l'entende bien. Et puis moi,
je
veux une question précise. Tout projet éolien, je veux un référendum local de la population. De façon à ce qu
'on
demande l'avis des gens.
Donc plusieurs référendums partout où on va installer de l'éolien. Que
l'on
puisse donner la possibilité à une mairie, à un conseil régional, de dire il y
a
un projet. Nous estimons par exemple chez nous qu'il y a besoin d'y voir clair.
Est
-ce qu
'il
y
en
a trop ou pas ? Et bien c'est vous qui décidez. La parole aux gens. La parole au peuple.
On dit du général de Gaulle qu'il était l'incarnation de l'autorité. Vous y avez fait référence tout à l'heure. Ce pouvoir, manque d'autorité.
Quand
on voit ce qui se passe à Dijon,
c'est qu'il y a plein d
'expéditions
punitives.
Et que personne ne fasse de reproche à la police. La police, elle obéit aux ordres.
Il
n'y a pas eu l'ordre d'intervenir. Et donc pendant plusieurs jours, ça a été la peur pour les populations de ce quartier. Et on a laissé certains régler leur compte. Alors pour moi, le problème est très simple. Si ce sont des délinquants armés, c'est
interpellation,
condamnation, prison. Parce que les faits en question, c'est jusqu'à 10 ans ou c'est jusqu'à 30 ans. Et avant même de savoir la nationalité, des délinquants demandeurs d'asile, c'est dehors.
Quand
vous ne demandez pas
à
la police d'intervenir, c'est que vous avez peur. Vous savez, la rue, c'est très simple.
Le gouvernement a peur ?
Bien sûr. Pourquoi il n
'y
a pas eu d'intervention
?
Comprenez bien. L'ordre dans la rue, c'est soit les policiers, soit les voyous qui font régner. Moi, je préfère que ce soit les policiers. Ça veut donc dire aussi qu'il peut y avoir des affrontements et des victimes. Il faut l'assumer. Mais si on ne met pas, on ne rétablit pas l'état de droit
tout de suite, je vous dis que ça va être
terrible dans les mois et dans les années qui viennent. Christophe
Castaner a encore sa place
au gouvernement
?
Le
problème n'est même plus Castaner. M. Castaner,
c
'est qui ? C'est le monsieur qui fait des tweets dans son bureau
?
Il ne
va
pas rester. Tout le monde l'a compris. Ni Nicole Bellouet. Le responsable, c
'est
le chef de l'État.
Xavier Bertrand, il y a une autre idée qui circule à l'Élysée. On change de sujet. Celle de reporter les élections régionales.
C'est la dernière, c'est la meilleure.
Elles sont
prévues en mars 2021. Elles pourraient être reportées à l'automne 2022, pour ou contre ?
Il y a une élection
qu
'on aurait dû reporter.
C
'était le premier tour des municipales pour des raisons sanitaires. Et ça,
ils
ne l'ont pas fait.
Et
pourquoi ils ne l'ont pas fait ? Alors, je vais vous dire juste une chose. Moi, j'ai un rendez-vous avec les habitants de ma région. C'est en mars prochain. Parce qu'un politique doit rendre des comptes. Et je veux leur rendre des comptes. Mais, je vais vous raconter la véritable histoire, pas celle qu'on va vous raconter, je vais vous dire. Aux élections municipales, la République en marche s'est prise une raclée et va se prendre une raclée. Aux élections régionales, ça va être exactement la même chose. Exactement la
même
chose. Et le président de la République ne veut pas qu'à un an d'élection présidentielle, parce qu'il n'entête que sa réélection, il ne veut pas qu'il y ait une raclée pour la République en
marche.
Tout le reste,
c
'est du baratin.
Tout le reste,
c'est du baratin. Vos
collègues de PACA et de Normandie, M. Muselier et M. Morin, ne sont pas hostiles. C'est une question financière, dit-on, une manière d'associer les
régions
au plan de relance.
C'est du chantage de la part du président.
Bon alors, dites-nous la vérité.
C'est une manœuvre politique.
Mais je vous l'ai dit, ils ne veulent pas se prendre une raclée à un an de l'élection présidentielle. Tout le reste, c'est du baratin. Tout le reste, c'est de la flûte. La seule chose,
c
'est que vous savez qu'on a de la chance. Est-ce
que c'est une
manière de vous mettre gentiment à l'écart pour la présidentielle
? Vous croyez
qu'ils ont peur
de vous ?
Heureusement que l'élection présidentielle, elle est fixée par l'article 6 de la Constitution parce que le président de la République, il est tout à fait capable de nous proposer de voter plus tard pour la présidentielle. Et un pays comme le nôtre, l'État de droit se respecte. Le président de la République doit respecter les institutions. Il doit respecter les élections et ne jamais avoir peur du peuple. Jamais. Vous
pensez qu'Emmanuel Macron a
peur
d'être
battu
par vous en 2022 ? Mais le sujet,
c
'est pas moi. Le problème, il est tout simplement qu'aujourd'hui, on est dans une situation extrêmement difficile et on a besoin aujourd'hui d'avoir un chef de l'État qui soit guidé par l'intérêt du pays. Le seul intérêt du pays et pas l'intérêt électoral de sa famille politique est de protéger les Français. Et ça, je voulais que je vous dise, j'attends des actes. Moi, je suis partenaire pour aider les Français, pour les protéger. Mais j'aimerais bien qu'à tous les niveaux de l'État, on ait la même conception. 18 juin, l'intérêt général.
Mais
ça veut dire que la question de la décentralisation, c'est une manœuvre, selon vous, de la part de...
Mais pas du tout. Mais moi, ça fait deux ans que
je
fais des propositions au président de la République. Notamment en termes de... pour retrouver une souveraineté économique. Je propose qu'on me laisse la possibilité, pour faire venir des entreprises, de dire à une entreprise qui vient s'installer, une nouvelle entreprise, dans des secteurs difficiles, sur l'industrie. Moi, je veux pouvoir leur dire, je préfère les emplois plutôt que les impôts. Si vous venez vous installer chez moi, vous n'aurez pas d'impôts pendant tant d'années. Les impôts régionaux. Ça fait deux ans que je propose. Vous avez la réponse, vous ? Moi,
je
ne
l
'ai pas.
Merci, Xavier Bertrand. Merci, Alba. Merci, Xavier Bertrand. Xavier Bertrand, nous retenons ce matin ces prises de position. Elles sont nettes. Il ne faut pas appliquer la réforme de l'assurance chômage pour protéger les petits. Ce sont vos mots. Sur l'éventualité d'un référendum, il faut des questions multiples. Dites-vous, sur les violences à Dijon, il faut assumer des affrontements police voyou. Et enfin, pas question de reporter les régionales, c'est du chantage. Je vous cite, vous exprimez un désaccord clair. L'entretien, bien entendu, à retrouver en vidéo sur RTL.
Xavier Bertrand