Agriculteurs : premières violences - Annie Genevard est l'invitée des 4V du 20 novembre 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:21FerméeRéponse directe
Est-ce que la coordination rurale va trop loin ?
- 0:58OuverteRéponse directe
Ils disent qu'ils veulent vous rencontrer, ils font ça pour avoir un rendez-vous avec vous. Vous répondez quoi, vous regardez votre agenda ?
- 1:28FerméeRéponse partielle
Ils disent qu'ils veulent bloquer les points stratégiques dans les heures et les jours qui viennent. Comment faire pour empêcher que ça arrive ? Est-ce que vous allez envoyer des CRS dès le premier blocage ?
- 2:09FerméeRéponse directe
Mais est-ce que vous pointez du doigt plus spécifiquement, disons les choses, la coordination rurale et ses dirigeants ?
- 2:25FerméeRéponse directe
Et ils agissent de façon irresponsable ?
- 2:32OuverteRéponse directe
Quand ils appellent au chaos, à la pénurie alimentaire, ce sont des mots très très forts.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24Invité politiqueFait
« Nous l'avons dit d'emblée, protester contre le Mercosur, exprimer ses inquiétudes, revendiquer un certain nombre d'avancées dans différents domaines, c'est légitime, »
- 0:36Invité politiqueFait
« sans prendre au bien, sans prendre au personne, bloquer durablement le pays, ça, ça n'est pas acceptable. »
- 0:41Invité politiqueFait
« Et je le dis aux membres de la coordination rurale qui, dans six départements de France hier soir, se sont livrés à des actes de dégradation, de blocage à la frontière espagnole. »
- 1:05Invité politiqueFait
« Ils ont une présidente, Véronique Lefloc, que j'ai rencontrée à plusieurs reprises, que j'avais encore au téléphone il y a peu. »
- 1:36Invité politiqueFait
« Les Français ont de la sympathie pour leurs agriculteurs. Ils aiment leurs agriculteurs. »
- 3:24Invité politiquePromesse
« Je leur réponds que les engagements qui ont été pris auprès d'eux il y a 10 mois sont tenus ou sont en passe de l'être. »
- 3:24Invité politiquePromesse
« Avant la fin de l'année, ceux qui ont besoin d'être soutenus dans leur trésorerie seront soutenus. »
- 3:24Invité politiquePromesse
« Avant la fin de l'année, ceux qui ont besoin d'être indemnisés quand ils ont perdu des animaux seront indemnisés. »
- 4:13Invité politiqueChiffre
« concrètement, les choses changent. Lorsqu'ils demandent d'être davantage écoutés, d'être davantage soutenus, 300 millions d'allègements de charges, »
- 4:24Invité politiqueFait
« la mise en œuvre de la réforme des retraites prenant en compte les 25 meilleures années, le soutien à la trésorerie, l'indemnisation de leurs animaux morts de maladie, »
- 4:40Invité politiqueFait
« Le contrôle administratif unique qui demandait depuis des mois, je l'ai mis en place, à peine étais-je arrivé. »
- 5:25Invité politiqueFait
« Lorsque tout un pays se dresse contre un projet d'accord et qu'il s'agit d'éclairer les Français, les Français ont le droit de savoir pourquoi leurs parlementaires s'opposent à ce traité. »
- 5:42Invité politiqueFait
« Ce traité qui va amener davantage de production au prix de la déforestation, avec des substances chimiques qui sont interdites depuis 20 ans en France, avec des hormones de croissance. »
- 6:23Invité politiqueChiffre
« Alors, vous savez, prenons l'exemple de la volaille. Aujourd'hui, un poulet sur deux consommé en France vient de l'extérieur. »
- 6:27Invité politiqueFait
« Quand vous importez 180 000 tonnes de volaille sur le continent européen, vous déséquilibrez un peu plus par un effet cumulatif ces filières qui ont besoin de vivre. »
Temps de parole
- Annie Genevard72 %
- Présentateur28 %
≈ 6,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Oui, Annie Gennevard, on est content de vous entendre ce matin parce que vous faites face au premier grand conflit social de l'herbarie, celui des agriculteurs. La coordination rurale, on le voit depuis hier, est entrée dans la danse avec des images assez fortes. Il y a eu des violences à Guéret, également à Agen. On a vu les images dans le journal, à la préfecture d'Agen, des images assez fortes. Est-ce que la coordination rurale va trop loin ?
Nous l'avons dit d'emblée, protester contre le Mercosur, exprimer ses inquiétudes, revendiquer un certain nombre d'avancées dans différents domaines, c'est légitime, sans prendre au bien, sans prendre au personne, bloquer durablement le pays, ça, ça n'est pas acceptable. Et je le dis aux membres de la coordination rurale qui, dans six départements de France hier soir, se sont livrés à des actes de dégradation, de blocage à la frontière espagnole. Je pense que ça n'est pas raisonnable et ça ne sert pas à la cause agricole.
Ils disent qu'ils veulent vous rencontrer, ils font ça pour avoir un rendez-vous avec vous. Vous répondez quoi, vous regardez votre agenda ?
Mais pas du tout, je les rencontre en permanence. Ils ont une présidente, Véronique Lefloc, que j'ai rencontrée à plusieurs reprises, que j'avais encore au téléphone il y a peu. Je rencontre les responsables syndicaux et ma porte n'est aucunement fermée. Mais voilà, ils ont des exigences et je pense qu'on peut dialoguer sans violence, sans dégradation.
Ils disent qu'ils veulent bloquer les points stratégiques dans les heures et les jours qui viennent. Comment faire pour empêcher que ça arrive ? Est-ce que vous allez envoyer des CRS dès le premier blocage ?
Les Français ont de la sympathie pour leurs agriculteurs. Ils aiment leurs agriculteurs. Si demain, à l'approche de Noël, certains membres de ces organisations syndicales bloquent le pays, empêchent les Français d'aller travailler, de préparer les fêtes de fin d'année, de consommer, si les commerçants ne peuvent pas travailler, si les artisans sont empêchés de faire ce qu'ils ont à faire, je pense que véritablement, cette sympathie, ce mouvement de sympathie qu'ils ont, que les Français ont pour les agriculteurs, se dissipera et je ne le voudrais pas.
Mais est-ce que vous pointez du doigt plus spécifiquement, disons les choses, la coordination urale et ses dirigeants ?
Moi, je ne pointe personne du doigt. Je leur dis simplement, vous avez une responsabilité vis-à-vis de vos agriculteurs, de ceux que vous représentez, dont vous défendez les droits.
Et ils agissent de façon irresponsable ?
Alors, quand ils dégradent et quand ils bloquent durablement, je pense que ça n'est pas responsable.
Quand ils appellent au chaos, à la pénurie alimentaire, ce sont des mots très très forts.
Exactement, les mots sont très forts. Pénurie, chaos, ce n'est pas ce qu'attendent les agriculteurs. Non, ce n'est pas ce qu'ils veulent. Les agriculteurs veulent qu'on reconnaisse le travail dur qu'ils fournissent pour nourrir les Français. Ils veulent moins de contraintes administratives. Ils veulent du soutien lorsque leur trésorerie est en berne. Ils veulent être indemnisés quand leurs animaux meurent de maladie. Ils veulent être entendus. Ils veulent pouvoir vivre de leur travail. C'est ça, leurs revendications. Et moi, j'agis à leur côté pour cela.
Sauf qu'eux, ils disent, pour tout ce que vous avez dit, il y a des promesses qui nous ont été faites il y a 10 mois, mais ces promesses ne sont pas tenues, ou pas suffisamment. En tout cas, on est encore loin du compte. Vous leur répondez quoi ? Est-ce que vous dites que ces promesses, elles vont être davantage tenues, peut-être là, dans les jours qui viennent ?
Je leur réponds que les engagements qui ont été pris auprès d'eux il y a 10 mois sont tenus ou sont en passe de l'être.
Ils disent que ce n'est pas le cas. Alors, qui dit vrai ?
Avant la fin de l'année, ceux qui ont besoin d'être soutenus dans leur trésorerie seront soutenus. Avant la fin de l'année, ceux qui ont besoin d'être indemnisés quand ils ont perdu des animaux seront indemnisés. Moi, je me suis efforcée depuis 50 jours d'agir au plus vite, d'agir juste, de les entendre, d'entendre ce qu'ils demandent, davantage de simplification, moins de contraintes dans l'exercice de leur métier, plus de soutien financier quand c'est nécessaire, et j'ai délivré systématiquement ce qu'ils m'ont demandé.
Est-ce que vous allez aller encore plus loin, peut-être, dans les annonces ? Est-ce qu'il y a de nouvelles choses qui pourraient leur être accordées dans les jours qui viennent ?
Je crois que ce qu'ils attendent surtout, c'est de la considération pour le travail très dur qu'ils font pour nourrir les Français.
Oui, mais ça, ce sont des mots, pardon, c'est ça qu'ils vous disent, les belles paroles, le blabla, il y en a marre, la considération, d'accord, on est super, mais nous, on veut que les choses changent et on a l'impression que ça ne change pas.
Alors, concrètement, les choses changent. Lorsqu'ils demandent d'être davantage écoutés, d'être davantage soutenus, 300 millions d'allègements de charges, la mise en œuvre de la réforme des retraites prenant en compte les 25 meilleures années, le soutien à la trésorerie, l'indemnisation de leurs animaux morts de maladie, tout ça, c'est du concret. Et alors, pourquoi ils reprennent les tracteurs ? Pourquoi ils les remettent sur les routes ? Pourquoi ils dégradent ? Le contrôle administratif unique qui demandait depuis des mois, je l'ai mis en place, à peine étais-je arrivé. En réalité, c'est probablement l'accumulation d'incompréhension, le sentiment de n'être pas écouté.
Et puis, il y a eu cette année des conditions exceptionnelles. Quatre épidémies sanitaires qui touchent les élevages. Une météo, on ne peut plus défavorable, qui a diminué les rendements de production, donc le revenu des producteurs. Et puis, ce Mercosur.
Alors, parlons-en justement du Mercosur, parce qu'on sent bien que c'est un point de blocage important. On a appris hier qu'il allait y avoir un débat parlementaire, ce sera sans doute la semaine prochaine. Mais franchement, ça sert à quoi un débat sur cette question, alors que tous les groupes parlementaires sont contre ? Vous allez débattre de quoi ?
Vous savez, à l'Assemblée nationale, il y a peu de sujets qui recueillent l'unanimité.
Justement, ce n'est pas la peine d'en débattre.
Lorsque tout un pays se dresse contre un projet d'accord et qu'il s'agit d'éclairer les Français, les Français ont le droit de savoir pourquoi leurs parlementaires s'opposent à ce traité. Ce traité qui va amener davantage de production au prix de la déforestation, avec des substances chimiques qui sont interdites depuis 20 ans en France, avec des hormones de croissance. Ils ont le droit de savoir pourquoi leurs parlementaires s'opposent à ce traité.
Sauf qu'il y a des normes pour empêcher que ces hormones de croissance soient utilisées dans le bœuf qui est envoyé en France. Vous dites que l'ensemble du pays est contre, ce n'est pas tout à fait vrai. Le Mercosur, pas si mauvais que ça, c'est ce qu'écrit le parisien aujourd'hui. On entend de plus en plus de voix pour dire, mais pardon, le Mercosur, la France a beaucoup à en gagner. Est-ce un accord si mauvais que ça ? Parce que la France, elle s'ouvrira un marché colossal, 220 millions de consommateurs. Et les quantités de viande importées, au fond, sont relativement faibles. Un steak par ressortissant européen par an.
Alors, vous savez, prenons l'exemple de la volaille. Aujourd'hui, un poulet sur deux consommé en France vient de l'extérieur. Quand vous importez 180 000 tonnes de volaille sur le continent européen, vous déséquilibrez un peu plus par un effet cumulatif ces filières qui ont besoin de vivre. Mais ça représente très peu de pourcents, on ne sait rien du tout, 1 ou 2%. Mais vous savez, notre agriculture, c'est une agriculture familiale dont les équilibres sont fragiles. Il faut peu de choses pour les déséquilibrer. Et on ne peut pas admettre qu'on importe des produits qui sont faits dans des conditions. La déforestation là-bas, l'abandon des prêteries ici, ce n'est pas possible.
Et vous dites quoi aux producteurs de vin ou aux producteurs de fromage qui, eux, ont tout à gagner d'un accord sur le Mercosur ?
Je dis simplement qu'un accord qui se fait sur le dos de l'agriculture n'est pas un bon accord.
Pas tous les agriculteurs. Je vous ai cité les vignerons et les producteurs de fromage.
Vous savez, dans un accord, le tout, c'est l'équilibre. Quand il y a des facteurs de déséquilibre, on ne peut pas l'accepter. Donc l'accord du Mercosur, le projet d'accord du Mercosur dans ces conditions n'est pas acceptable.
Mais vous ne pensez pas qu'il sera... Tout le monde sait qu'il sera voté. De toute façon, les forces en présence pour le faire passer sont trop puissantes. On va vers un échec pour la France. Vous en convenez ou pas ?
Alors non, je n'en conviens pas du tout. Tout le travail que nous faisons avec le Premier ministre, avec ma collègue Sophie Primat, c'est précisément d'amener à nous les pays qui, aujourd'hui, partagent les mêmes doutes que nous. Parce que toutes les populations des pays européens ont envie de consommer des produits sains, des produits qui sont faits dans leur pays, aux conditions qu'ils se sont données. Donc je ne suis pas aussi affirmatif que vous. Tout ce travail, nous le faisons. Nous le faisons.
C'est ce qu'on verra dans les semaines qui viennent, avec la poursuite de ces discussions. Vous essayez de faire venir à vous l'Italie et une déclaration du ministre, mais aussi la Pologne ou les Pays-Bas. On verra ce que diront ces pays. Merci beaucoup, madame la ministre.
Annie Genevard