Anne HIDALGO : « Il faut résister au retour du pétainisme et des discours de haine »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:05OuverteRéponse directe
Bonjour Annie Dalgo. Vous êtes maire de Paris depuis 2014...
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Les ZFE sont contestées... C'est une erreur selon vous ?
- 5:12OuverteRéponse directe
La réforme du scrutin municipal est envisagée... scandalisée ?
- 7:24OuverteRéponse directe
Emmanuel Grégoire pourrait être candidat... vous soutenez Rémy Ferot ?
- 11:39OuverteRéponse directe
Vous parlez de trahisons à la mairie de Paris...
- 16:00OuverteRéponse directe
Les Jeux Olympiques ont été critiqués...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48Chiffre
« la pollution de l'air à Paris c'était le sujet numéro 1. Pour moi, quand je suis arrivée comme mère, il fallait absolument agir de façon encore plus déterminée. Et aujourd'hui par exemple, c'est mo-s 40 % la pollution de l'air à Paris. »
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« C'est une faute même. Vous savez, j'entends he ce discours très appuyé aussi par le lobby automobile hein, les constructeurs, le lobby du diesel, tout ce que j'appelle aussi les les fossiles, les énergies fossiles qui essayent quand même de s'accrocher à leur vieux monde. »
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« la pollution de l'air, c'est la principale cause de mortalité aujourd'hui dans le monde. »
- 5:12Fait
« je suis vraiment scandalisée que à moins d'un an, mais vraiment moins d'un an d'une élection municipale, certains s'amuse à changer le mode de scrutin. »
- 14:33Fait
« Comment peut-on encore me dire un truc pareil ? Qu'est-ce qu'on a encore à subir, nous les femmes, pour que quelqu'un puisse me dire ça les yeux dans les yeux et que ça lui paraisse normal ? »
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« Cyril Anouna qui a été caricaturé avec les codes des affiches antisémites de la Seconde Guerre mondiale »
- 20:20Fait
« Mon grand-père a alors commis l'erreur de il était socialiste de repartir en Espagne. Il a été condamné à mort sous franco par une cour martiale. »
- 22:28Fait
« Marine Le Pen a cité Martin Luther King dans son meeting pour s'en prendre au juge dans sa condamnation dans l'affaire des assistants parlementaires en disant qu'elle était une victime un peu comme Martin Luther King. C'est une honte absolue. »
- 24:38Fait
« Il est citoyen d'honneur de Paris. C'est vous savez Paris dans le monde compte beaucoup hein parce que c'est la patrie de Victor Hugo, parce que c'est la patrie des droits humains »
Temps de parole
- ?100 %
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Bonjour Annie Dalgo. Bonjour à vous. Vous êtes maire de Paris depuis 2014, président de l'Association internationale des maires francophones. Vous avez été classé parmi les 25 figures les plus influentes de 2024 par le Financial Time et les 100 personnalités les plus influentes par le Time sur le climat. Euh c'est vrai que là, on vient d'avoir les chiffres de Air Parif qui dit que depuis 20 ans, la pollution de l'air en Île-France a été divisée par de vous estimez que c'est votre victoire ?
C'est une victoire collective hein bien sûr, mais c'est la victoire de toutes celles et ceux qui pensent que quand on agit ça produit des résultats et qu'il faut absolument agir parce que on ne peut pas laisser la planète dans cet état et les effets sur notre santé parce qu'en fait la question de la pollution de l'air à Paris c'était le sujet numéro 1. Pour moi, quand je suis arrivée comme mère, il fallait absolument agir de façon encore plus déterminée. Et aujourd'hui par exemple, c'est mo-s 40 % la pollution de l'air à Paris. Et c'est lié à quoi ?
des mesures assez simples hein, des mesures sur nos infrastructures pour limiter la place du trafic automobile qui est une des principales causes. Donner des alternatives, c'est le vélo, c'est les transports en commun, c'est aussi la marche à pied, c'est permettre au taxis de mieux rouler dans Paris parce qu'ils font partie du service public des transports. Voilà toutes ces alternatives pour faire baisser la pollution qui tue et ça marche quand on agit. Donc je suis très heureuse de cela. Je travaille beaucoup avec l'OMS, avec tous les réseaux de ville qui se sont engagés à Londres aussi hein.
Mon collègue Sadic Kh à Londres a aussi des résultats extrêmement intéressants et beaucoup d'autres à Bruxelles. Tous les maires des grandes capitales font la même chose pour justement permettre d'avoir une meilleure qualité de l'air et d'avoir un effet sur notre santé, c'està-dire permettre de mieux vivre. Mais mais c'est souvent très contesté et vous avez dû faire face à des contestations très fortes. Vous racontez dans ce livre qui s'appelle Résister le paris de l'espoir qui est plus de l'observatoire hein. Les FFE les fameuses zones à faible émission en discussion à l'Assemblée nationale.
Il y a une forte opposition de certains qui disent que c'est une politique antigue contre les pauvres. Ça va être remis en question ces Z NFE. C'est vous vous dites c'est c'est une erreur. C'est quoi ? C'est une faute même. Vous savez, j'entends he ce discours très appuyé aussi par le lobby automobile hein, les constructeurs, le lobby du diesel, tout ce que j'appelle aussi les les fossiles, les énergies fossiles qui essayent quand même de s'accrocher à leur vieux monde. Et ils nous font le procès de quoi ? Ils disent s'attaquer à la voiture, c'est s'attaquer aux pauvres. Mais de qui se moque-t-on ?
Si on veut permettre aux gens modestes, aux classes moyennes, au à tous ceux qui travaillent, qui ont besoin de se déplacer évidemment comme moi, comme vous et comme beaucoup d'autres, si on veut vraiment les aider, il faut d'abord investir dans les transports en commun, dans les transports publics, dans des tramouets, dans des métros, dans des bus, dans aussi des aides pour acheter des véhicules disent les opposants, ça n'a pas été assez préparé. n'est pas au rendez-vous. Alors, l'État n'est pas au rendez-vous.
Il l'a été un peu à un moment donné quand il avait mis en place cette aide sur le fameux leasing social qui permettait d'accéder à l'achat de véhicules électriques et puis ils l'ont arrêté pour des raisons budgétaires et des raisons de succès de cette aide. Donc c'est ça qui va pas. Mais pour autant euh si la France reculait sur cette question euh des ADFE, elle serait le seul pays en Europe à reculer, hein, parce que c'est quand même la solution euh celle qui consiste à contrôler et à permettre d'avoir des alternatives à la voiture individuelle thermique pour permettre de mieux respirer. Vous savez que la pollution de l'air, c'est la principale cause de mortalité aujourd'hui dans le monde.
Et donc, on ne peut pas faire comme si ça n'existait pas. Ce sont les enfants, ce sont les personnes âgées, ce sont toutes les personnes qui ont des fragilités. On sait aussi que ça l' un effet sur pas simplement les maladies respiratoires mais aussi cardio-vasculaires. Donc il faut agir. Et je sais que puisque la France est quand même sous le coût de condamnation européenne et que la un des point qui la sauve un peu ces dernières années, c'est justement que des grandes villes comme Paris, Lyon notamment se sont engagé avec des EDF et qui ont permis justement à la France d'avoir des résultats de meilleure qualité.
Donc je pense que notamment sur Lyon et sur Marseille, la France ne reculera pas sous l'impulsion de tous ces climatosceptiques qui qui vraiment enfin je je le dis à nos concitoyens, le monde d'avant ça va plus marcher, ça ne marche pas. La prédation des ressources naturelles, la prédation des par les énergies fossiles et la pollution de l'air, de l'eau, ça ne permettra pas à l'humanité de survivre. Donc il faut absolument agir. Oui. Oui. Dans moins d'un an des élections municipales, vous avez annoncé que vous ne seriez pas candidate. Il y a une modification du mode de scrutin qui est envisagé. Une loi PLN.
Ça sera plus de démocratie, ça sera mieux plus de représentation des votes des citoyens, ça sera mieux. Vous savez, je suis vraiment scandalisée que à moins d'un an, mais vraiment moins d'un an d'une élection municipale, certains s'amuse à changer le mode de scrutin. C'est soutenu par le gouvernement, c'est renaissance dans une alliance quand même contre nature hein avec l'extrême droite et l'extrême gauche qui pousse et qui pousse pourquoi pas pour plus de démocratie hein. à l'arrivée, ça va donner des élections beaucoup plus politisées, beaucoup plus hors sol, beaucoup plus éloigné des préoccupations de nos concitoyens.
Et moi, j'ai je me suis battue, je je le raconte aussi dans ce livre, pour que à Paris la démocratie ça ait un sens et elle existe. Vous savez, il y a un système qui peut paraître compliqué mais qui ne l'est pas puisque le maire de Paris est élu comme tous les maires de France par son conseil municipal. Mais comme on est une très grande ville, on a des arrondissements et l'arrondissement, les Parisiens et je leur dis, ils y sont attachés euh à leur arrondissement, ils sont attachés à leur mère d'arrondissement, c'est l'échelon de démocratie de proximité. Et ça marche comme ça.
Euh et aujourd'hui un certain nombre de personnes pour des calculs politiciens mais vraiment de très bas étages et parce que ils ne ils n'ont pas réussi leur coût aux dernières élections et qu'ils ne veulent pas faire l'effort de l'implantation politique, c'est-à-dire d'aller chercher la confiance des gens dans chaque quartier, dans chaque rue, et bien ils essayent de passer par cette modification électorale. J'espère que le Sénat bloquera cette régression démocratique parce que ça n'a pas de sens, ça n'a pas de sens aujourd'hui de s'attaquer à ce sujet. À Paris, ça marche. Il y a peut-être d'autres urgences démocratiques dans le pays que Paris. Ouais.
Et un écho dans le canard enchaîné de ce matin dit que votre ancien premier adjoint Emmanuel Grégoire pourrait être candidat pour vous succéder, soutenu par Renaissance le parti d'Emmanuel Macron plutôt que de soutenir Rashida Dati. Oui, j'ai vu ça. Je je pense que moi je soutiens Rémy Ferot parce qu'au moins il y a de la clarté. Je sais que c'est un homme de gauche, que c'est un homme fidèle, que c'est un homme pas sectaire, que c'est un homme qui aime profondément Paris, qui a été maire d'arrondissement, qui a pu développer vraiment toute toute sa connaissance de de Paris, de nos quartiers.
Et en plus, c'est quelqu'un, puisque je suis sur une chaîne internationale, qui est très engagé sur des combats pour les droits humains. Je pense notamment à tout son engagement euh pour les populations kurdes, je pense à tout son engagement sur les chrétiens d'Orient. C'est vraiment une très très belle personnalité et voilà faites, il faut faire le choix de la clarté parce que cet écho veut dire que c'est pas clair, quoi. C'està-dire que là, c'est quand même votre je disais, votre ancien premier cha pourrait être soutenu par la droite au fond. J'ai c'est ce que j'ai lu. Alors euh bon, je le laisserai s'en expliquer ça vous choque ?
Écoutez, je je vais pas commenter un écho du canard enchaîné mais je pense que pour qu'il y ait pas ce type d'écho, il vaut mieux être dans la clarté et comme ça, on évite d'avoir euh ce type de de commentaire. Ouais. Vous racontez dans ce livre Nidalgo Résister le paris de l'espoir, votre parcours. Alors évidemment ça pourrait être une très longue émission mais c'est vrai que rien que ça tiens, on y faisait allusion. Euh vous parlez à un moment d'une révolution de palais, un carteron de pied niyclé qui à un moment donné essaie de, j'allais dire de prendre le pouvoir à la mairie de Paris. Il se passe de drôles de choses à la mairie de Paris.
Justement la démission jusque de ce de ce fameux premier adjoint. Euh c'est ça, c'est au fond les trahisons. Ça fait partie de la vie politique. Oui, malheureusement. Alors, c'est pas ce qu'on aime retenir, hein, mais c'est vrai que je je raconte un peu, je je ce livre porte plutôt sur de l'espoir et sur ce que permet la politique et j'essaie de réhabiliter justement l'idée de la politique parce que s'il y a pas de politique, s'il y a pas des parties avec une éthique, une morale forte, un travail aussi sur le fond, un lien avec les citoyens, avec aussi les milieux intellectuels, les artistes, s'il n'y a pas tout cela, alors c'est la démocratie qui perd.
Mais c'est vrai que dans ma vie politique de femme politique, j'ai été souvent à amené à rencontrer la trahison, la misogénie, les tentatives de révolution. On parne pas d'être une femme et ça vous le dites à plusieurs reprises dans ce livre. Oui, on ne le pardonne pas. Je je donne aussi l'exemple de Michel Rubirola qui est une de mes amies et je raconte dans ce livre une conversation qu'on a eu toutes les deux quand elle a gagné la mairie de Marseille et qu'elle a été elle-même aussi confrontée à à ce type de difficulté.
Moi, j'avais 20 ans derrière moi, hein, de vie politique et donc du coup euh je je j'ai réagir, j'ai su parce que j'ai eu ce temps, cette durée-là, construire aussi une équipe heureusement de fidèles parce que il y a les trahisons mais il y a aussi les fidélités. Et euh mon équipe, l'équipe d'élus, euh mon équipe de collaborateurs autour de moi est une équipe qui est là depuis très longtemps. Vous savez, j'ai des collaborateurs qui sont là avec moi depuis le début, c'est-à-dire depuis 2001, je n'étais pas encore mère. C'est aussi euh une très très belle aventure humaine. Mais il faut, et je je le dis aussi, moi je n'ai pas cherché à me faire une carapace.
C'est-à-dire souvent en politique comme la trahison est à chaque coin de rue, les politiques ont tendance à se refermer sur eux-même et finalement à regarder chaque rencontre comme une rencontre suspecte. Moi, je me suis dit, je veux me laisser vraiment dans l'ouverture, dans la confiance euh dans les rencontres, dans les les équipes que je constitue. Et puis s'il y a une trahison, bah je ferme la porte à double tour et je passe à autre chose.
Je ne veux pas me fermer à parce que la trahison sera à chaque coin de rue parce qu'il y a aussi à chaque coin de rue des très très belles aventures et des choses qu'on fait dont on est fier comme par exemple les résultats sur la pollution d'air ou alors les Jeux Olympiques et paralympiques hein fait dans un système tout vous avez dit et vous le racontez aussi ça ne marchera pas les colibés des moqueries on vous dit c violent c'était très très violent c'était des campagnes internationales hein aussi relayé par des réseaux internationaux, des campagnes contre Paris, des campagnes contre moi pour expliquer que Paris c'était l'enfer sur terre.
Et puis ben on a tenu bon là aussi il y avait Tony Estanguet, il y avait toute une équipe, une espèce de commando hein Pierre Rabadan qui est absolument magnifique, mon adjoint euh chargé des des sports et des Jeux Olympiques. et on a porté cette candidature et les jeux et vous savez le fait d'avoir donné quand même beaucoup de bonheur et d'espoir de ce moment qui a été quand même exceptionnel où les Français, les Parisiens ont retrouvé une confiance en eux, en leur capacité, ça fait partie de ces réalisations politiques qu'on arrive à porter avec de la conviction. Je pense qu'il faut beaucoup de conviction. C'est ce qui manque aujourd'hui beaucoup au monde politique.
Il faut de la détermination, il faut de la méthode, il faut du professionnalisme et aussi savoir s'entourer et en tous les cas ne pas s'arrêter à ceux qui voudraient vous bloquer pour des raisons qui n'ont rien à voir avec les convictions et qui sont des raisons souvent très politiciennes et sans intérêt. Oui. Mais mais votre candidature à l'élection présidentielle, vous dites dans ce livre "Je savais que ça allait être dur. Je savais que j'allais reprendre plein la figure. Vous dites presque "Je savais que je ne gagnerais pas mais j'ai décidé d'y aller quand même." Et on vous a dit "Mais non, une femme ne sera jamais présidente de la République." On vous l'a dit ça. On me l'a dit.
C'est d'abord j'y suis allé parce que c'est vrai que à l'époque si il n'y avait pas eu de candidature socialiste, il y aurait plus de Parti socialiste. Parti socialiste est un parti qui existe parce que il joue dans cette cour là. Alors bien sûr, le résultat a été terrible, violentissime.
Si je n'avais pas relevé le drapeau avec les quelques personnes qui ont accompagné, je les cite dans mon livre parce que vraiment elles ont été héroïques, hein, héroïqu de d'accompagner cette aventure politique là, il n'y aurait pas aujourd'hui de Parti socialistes, mais pour autant c'est vrai que j'ai rencontré, y compris dans des soutiens des je voilà, je le mentionne, un député qui me dit "Tu sais, je voterai pour toi, tu es ma candidate et cetera." et un député socialiste. Mais quand même, je n'arrive pas à me faire à l'idée qu'une femme puisse incarner le régellien, c'est-à-dire la voilà la sécurité, l'autorité, ça c'est pas possible.
Et je me suis dit mais on est en 2022 à l'époque, on était en 2022. Comment peut-on encore me dire un truc pareil ? Qu'est-ce qu'on a encore à subir, nous les femmes, pour que quelqu'un puisse me dire ça les yeux dans les yeux et que ça lui paraisse normal ? Oui, vous dites dans ce livre, je vous cite, "Le péténnisme, tout comme l'extrême droite continue de prospérer." Et c'est vrai que vous mettez en cause les réseaux sociaux, vous mettez en cause certaines émissions de télévision, certains animateurs aussi euh qui ont mené des campagnes euh très rudes contre vous et vous dites au fond non contre la démocratie d'une façon générale, hein.
La personne n'est pas mais mais vous dites non, la démocratie ça ne sera jamais ça. qui n'est pas comp vous citez que vous accusez d'antisémitisme et vous dites pas s'alliment plus qu'à la frontière de l'antisémitisme. Je ne les je ne les accuse pas d'eux, mais tous les signes qu'ils donnent montrent effectivement leur leur gêne et le fait que ils vont sur un terrain aussi très communautariste pour attiser des différences qui sont basées sur la religion et et oui puis là vous montrer aussi ses ses affiches et cetera.
Bon, ça c'est pas mon monde mais c'est c'est Cyril Anouna qui a été caricaturé avec les codes des affiches antisémites de la Seconde Guerre mondiale, lequel Cyril Anouna aussi vous a beaucoup attaqué et vous le dites dans le livre. Et je le dis dans le livre mais pourquoi la démocratie va mal ? Parce que on n' pas on n' pas été assez prévenant, assez vigilant. Euh les partis politiques traditionnelles se sont effondrés en grande partie à cause de leurs propres batailles internes qui les a conduit nulle partire même au dégoût d'une partie de la population.
Des mouvements euh politiques sont arrivés qui n'avaient plus rien à voir avec l'histoire des partis et des mouvements très appuyés justement sur la bataille démocratique qui se jouait sur les médias et sur les réseaux sociaux. Il y a un livre très inspirant euh de Julian Oda qui étaiit les ingénieurs du chaos. Il vient de de d'écrire un nouveau livre sur les grands prédateurs euh et notamment sur euh les grands leaders de la tech et de ses réseaux sociaux. Tout cela a abîmé la démocratie. On a pensé au début des acteurs de haine he vous dites. Oui, c'est des acteurs quitté X d'ailleurs je l'ai quitté il y a plus d'un an.
Je l'ai quitté en en novembre 2023, donc bien avant que tout le monde ne se mette à quitter X parce que je me suis dit en fait il faut que les politiques reviennent à la source de ce qu'est la démocratie et leur rôle. La rencontre avec les citoyens, le dialogue face-à dans des réunions. Les partis politiques doivent redevenir ces autorité morale, éthique qui permettent aux citoyens d'avoir aussi une lecture du monde qui n'est pas celle qui nous est dictée aujourd'hui par des médias détenus par des milliardaires. Disons les choses dont certains on ont pour seul objectif que de faire gagner l'extrême droite.
Je pense évidemment aux médias bolorés dans notre pays, mais vous l'avez vu aussi notamment aux États-Unis et des réseaux sociaux qui aujourd'hui sont dans un une manipulation totale de nos cerveaux. Regardez ce que fait Elon Musk avec X. Personne ne peut dire aujourd'hui que sa contribution à la démocratie est indispensable. C'est le trumpisme qui est en train de de conquérir du terrain. Quand on voit ce que fait Donald Trump en ce moment aux États-Unis, beaucoup de terrain, pas simplement aux États-Unis, un peu partout dans le monde parce que je le dis, il y a certains politiques, certains élus, certaines personnes qui rentrent là-dedans.
Moi, je les appelle les élus TikTok hein, ils confondent la rencontre avec les citoyens et les projets avec les likes sur leur compte. pas sur le terrain, vont pas rencontrer les population, ils s'en foutent, ils s'en foutent des gens, ils s'en fichent des gens, ils n'en ont mais vraiment rien à faire. Ils en ont rien à faire d'élaborer des propositions avec les gens en discutant avec eux, en les portant, en faisant changer les choses, en menant des batailles. Moi, j'ai mené des batailles qui n'étaient pour certaines pas très populaires mais dont on a les résultats aujourd'hui, notamment celle sur la pollution de l'air, mais et pas que.
Donc ce sont des gens qui rentrent dans un monde où ils pensent que la politique ça se joue sur des plateaux de télé dans des jeux de verbal et des plateaux de télé d'ailleurs où les journalistes ont disparu hein. ces news, il y a plus de journalistes, c'est c'est de l'affrontement permanent pour essayer de faire passer un message idéologique en démolissant les adversaires, c'est-à-dire les démocrates, les gens qui portent une idée progressiste de la société, les femmes, les écologistes, les humanistes d'une façon générale. Bah, il faut avoir conscience que c'est ce monde-là qui est le monde dans lequel la démocratie peut disparaître.
En tout cas, la thèse de mon livre, c'est que on a encore le temps et les moyens d'agir. Il faut de la lucidité et c'est peut-être ce qui manque aujourd'hui et aussi de l'engagement, de la détermination de tous les acteurs de la démocratie dont les journalistes aussi hein pour justement faire en sorte qu'on ne bascule pas vers le pire parce que c'est ce qui est arrivé notamment aux États-Unis. Mais mais alors vous dites aussi qui qui je suis et vous rappelez vos origines Espagne franquiste immigré femme c'estàd que au fond vous savez ça oui moi je sais ça de façon très viscérale quoi.
C'est c'est dans mes gênes parce que je suis née dans cette espagne franquiste parce que mon grand-père mon père ont été réfugiés en France pendant la guerre d'Espagne. Mon grand-père a alors commis l'erreur de il était socialiste de repartir en Espagne. Il a été condamné à mort sous franco par une cour martiale. J'ai retrouvé les documents de cette cour martiale, c'est glaçant. Je même en vous en parlant ici, je suis ému. Il n'a pas été exécuté. Et ensuite, nous sommes venus en France avec mes parents, mon papa dans une immigration économique et politique dans les années 60. Et je porte avec moi cette histoire de l'exil.
Je porte avec moi cette histoire euh de euh de ce que la le fascisme, la dictature euh ça ça existe et je trouve que la mémoire des êtres humains que nous sommes est parfois un peu courte. finalement, elle dure la durée d'une vie humaine et là on est 80 ans après la fin de la la deuxième guerre mondiale et on voit bien que cette mémoire là, elle se perd et certains voudraient l'oublier.
Pour ça que je parle du péténnisme et je parle de Zemour et de la façon dont il a été visiblement enfin plus que visiblement table ouverte pendant la présidentielle et que derrière l'extrême droite qu'incarne Zemour, il y a plusieurs types d'extrême droite mais cette extrême droite là qui est une extrême droite dans la tradition française, elle a aujourd'hui pour objectif la réhabilitation de Pétin. réhabilité pétin serait la dernière digue qu'il pourrait faire tomber pour que cette extrême droite là puisse être vraiment réhabilité faire oublier son passé et jouer dans la cour des démocrates. Nous ne pouvons pas laisser faire ça.
Et je me réjouis d'ailleurs que la justice, je ne sais pas quand mais prochainement devra se prononcer sur la mise en cause du négationnisme supposé puisqu'il n'est pas encore aujourd'hui condamné. de Zemmour pour ses propos sur Pétin qui aurait sauvé les juifs. Vous citez en ouverture du livre Martin Luther King qui dit "Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." Et c'est vrai que Marine Le Pen a cité Martin Luther King dans son meeting pour s'en prendre au juge dans sa condamnation dans l'affaire des assistants parlementaires en disant qu'elle était une victime un peu comme Martin Luther King. C'est une honte absolue.
Enfin, d'abord les juges dans notre pays et nous avons heureusement la chance d'avoir encore une justice indépendante qui est le garant de l'état de droit. Parce que s'il n'y avait plus ça, alors on ne pourrait plus parler de démocratie. Je suis évidemment indigné de toutes les attaques qui ont eu lieu contre les juges. Indignée lorsque Marine Le Pen se fait passer pour une victime. Elle est quand même elle a été condamnée sur une affaire dans laquelle elle a utilisé des moyens publics, les moyens du Parlement européen à des fins qui n'étaient pas celles prévues par les les lois et les textes européens.
Donc elle est condamnée, elle est coupable, elle n'est pas la victime et les juges ne sont pas les coupables et la justice française n'est pas coupable. La justice française là est victime des attaques de Marine Le Pen. Et c'est vous savez c'est ce procédé hein qu'on voit chez ces populistes assez dangereux. Plus c'est gros, plus ça passe. On va prendre la référence d'un homme, Martin Luther Kim, qui est euh vraiment un des héros euh du euh de de la bataille pour les droits civiques euh des afro-américains, pour les droits humains, pour les libertés qu'il a payé de sa vie.
et Marine Le Pen ose utiliser euh ce cette figure cette figure du combat euh antiraciste et du combat pour les droits euh pour se l'approprier euh cette appropriation culturelle là, elle est absolument honteuse. J'espère que pas grand monde ne tombe dans le panneau. Oui, un mot. Vous vous avez fait citoyen d'honneur, le maire d'Istanbul emprisonné par Erceep Erdogan en Turquie, empêché de se présenter à l'élection présidentielle. Il est citoyen d'honneur de Paris. Oui, il est citoyen d'honneur de Paris.
C'est vous savez Paris dans le monde compte beaucoup hein parce que c'est la patrie de Victor Hugo, parce que c'est la patrie des droits humains, parce que ça s'est vu aussi dans la cérémonie d'ouverture, cette liberté qui nous qui nous anime et donc donner la citoyenneté d'honneur à au maire d'Istanbul qui est aujourd'hui emprisonné tout simplement parce que le président turc veut l'empêcher de concourir à l'élection présidentielle dans laquelle Écrême Imamoglou aurait toutes ses chances.
Euh évidemment que la protection de Paris nous paraissait une évidence et qu'elle a été d'ailleurs attribuée à l'unanimité du Conseil de Paris, ce qui est quand même aussi un signe de euh voilà cette communauté de de d'élus de droite de gauche qui euh se retrouve pour défendre les droits humains quand ils sont attaqués et quand une personnalité comme Écrême Imamoglou est privée de liberté dans son pays. Encore un mot à Dalgo. C'est vrai que vous racontez la bataille du périphérique, la rue de Rivoli, la promenade du Pont Dienna qui s'ouvre sur la tour Effel qui est devenue piétonne, la place de la Concorde qui va être couverte d'herb de d'un gazon. C'est ça. Ça va être très beau tout ça.
Vous vous vous dites, je vais laisser une empreinte personnelle dans cette capitale éternelle, cette ville monde qui est qui est Paris. Je sais pas si c'est personnel parce que je suis pas toute seule à porter cela et je pense que c'est un travail d'équipe, voilà. Et sans sans une équipe. Alors, c'est vrai qu'il y a eu ma détermination et ma volonté d'avancer et que finalement j'ai été résistante parce que il y a eu il y aura encore des des vents contraires et des gens pour vous faire céder.
Mais moi, je céderai jamais sur les questions de démocratie, sur les questions de climat, sur les questions de droits humains, sur les questions de réfugiés, sur tous ces sujets qui sont éminemment importants et sur lesquels il faut des voix, beaucoup de voix pour les sans voix, beaucoup de voix pour porter ses combats. Moi, je suis contente que Paris finalement soit resté fidèle à son histoire qui est, comme le disait Victor Hugo, Paris est là pour bousculer les choses, est là pour faire naître des étincelles, pour faire naître de la lumière. Ça reste vraiment un phare aujourd'hui dans le monde, notamment sur ces questions humanistes et démocratiques. Très très important.
Et vous vous dites, j'ai pas tout réussi. Oui, bien sûr. Oui, il y a des choses que j'aurais aimé, des erreurs. Je Oui, je vais pas, vous savez, c'est tellement dur, je vais pas venir là sur un plateau me battre la coupe parce que je pense que quand même les réussites sont belles et elles sont saluées et elles apportent du mieux vivre à beaucoup de gens et c'est ça qui m'importe. Mais bien sûr, avec l'expérience, il y a des choses qu'on fait différemment.
Je raconte d'ailleurs hein que aguéri au combat des voix surges euh bah la bataille du périphérique elle est beaucoup plus facile hein disons les choses parce que on sait beaucoup mieux comment s'y prendre on sait mieux comment expliquer les choses. On sait mieux aussi comment justifier apporter les preuves de de ce que l'on dit et de des effets qu'on attend.
Et puis quand les gens, ce qui est très intéressant quand on a la durée de vie que j'ai en politique, hein, parce que c'est quand même aussi rare de pouvoir euh euh être j'ai été élu la première fois euh il y a quasiment 25 ans euh à Paris comme première adjointe de Bertrand de la Noé et puis euh quasiment euh enfin 11 ans maintenant comme maire de Paris. Euh quand on a cette expérience et cette durée, on voit que les choses qu'on apporté surtout dans un travail de mère et bien les gens bénéficie, ils les expérimentent, elles deviennent finalement des expériences personnelles.
Les voir surge, beaucoup de gens criaient, hurlaient et puis le jour où ils ont commencé à se promener avec leurs enfants sur les quai, ils sont dit "Ah ouais, non, quand même, c'est cette expérience qu'on vit au bord de la scène avec ce plaisir et en se disant avant c'était une autoroute." Oui, on dira sur place de la Concorde. Ça ça va être quelque chose d'extraordinaire. Et là par exemple, voilà, on apprend aussi, j'ai pour la place de la Concorde qui est vraiment un lieu mythique historique, j'ai souhaité euh il y a un an à peu près, c'était avant les Jeux Olympiques, réunir une commission avec beaucoup d'experts du patrimoine parce qu'évidemment c'est un lieu qui compte.
C'était la place royale, c'est une place dans notre histoire. J'avais pas décidé toute seule. euh de comment on allait l'aménager. Ça ne m'a jamais traversé l'esprit. Et on a réuni une commission et qui a permis d'aboutir mais dans un consensus impressionnant à l'idée que cette place peut être végétalisée sous bien sûr un certain nombre de conditions et le projet que nous avons choisi avec qui est le projet de l'équipe Propst et est vraiment un projet extraordinaire. J'ai hâte mais bon, je serai plus mère hein quand elle sinon il y aura. Vous dites vous dites dans ce livre Annie Dalgot : "Je déborde tellement d'énergie et d'amour pour résister et agir.
Je veux envoyer un message à mes enfants, à mes petits enfants. Le plus beau reste à venir." C'està-dire qu'au fond, vous n'allez jamais vous n'allez pas quitter Paris. Vous n'allez pas quitter le Non, quittez Paris jamais. Non. Non, quitter Paris jamais puis garder de l'énergie et de l'espoir parce que je pense que quand on a la chance, j'ai eu la chance de de mener jusqu'à présent ma vie de façon très très libre et sans me laisser ni corrompre ni pervertir par les désirs des autres. Voilà. et et en même temps de faire des choses utiles.
Quand j'ai cette chance là, je la mesure surtout d'où je viens, de l'immigration espagnole, d'une histoire vraiment très très modeste qui ne me conduisait pas ici de façon naturelle, je me dis et bien j'ai encore des choses à à apporter parce que l'expérience, la liberté, cette ouverture au monde que j'ai que j'avais et que j'ai aussi cultivé en étant maire de Paris, c'est des choses qui peuvent être utiles dans un monde monde qui va si mal où les grands prédateurs ont l'air de de dire que rien ne leur résiste. Et bah si, il faut résister. Merci Annie Dalgo. Et d'ailleurs, vous allez annoncer les commémorations des 10 ans des accords de Paris pour le climat. Résister le paris de l'espoir.
Votre livre Annie Dalgo donc est publié aussi sur l'observatoire. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Merci. eh
[Musique]
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