"Il faut que l'État montre qu'il fait des efforts !" (Benoit Perrin)
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7h 9h Europe 1 matin. [musique] Il est 7h11 sur Europe Dimitri Pavlenko. Vous recevez ce matin le président de l'association contribuables associés peut-être directeur plutôt. Non directeur Benoît c'est bien aussi directeur c'est pas vrai. On a une association donc il y a un président et un directeur. Oui oui pardon autant pour moi. On avait que des fuites aussitôt démenties par le premier ministre qui se plaignait des fuites justement comme si ça faisait pas partie de la comédie budgétaire. Il a parlé ce weekend Sébastien le Cornu pour dire il faut 6 milliards d'économies tout de suite sur les retraites. La question étant de savoir s'il faut épargner ou non les plus petites pensions. Et euh il nous a aussi annoncé Sébastien Lecnu qu'il allait faciliter les donations du vivant avec un plan
baptisé transmission 2027. A priar ça ne se ferait qu'une seule fois l'an prochain. Alors on va détailler avec tout ça avec vous Benopérin. Mais d'abord cette double annonce coup de matraque sur les sur les retraites pilam et puis de l'autre ce succrer pour faciliter les transmissions juste avant un seminaire gouvernemental qui doit avoir lieu jeudi sur le budget. Comment vous interprétez tout ça ? Alors ce qu'il faut comprendre c'est bien sûr le contexte dans lequel s'explique en quelque sorte les annonces du gouvernement. Il faut bien comprendre que la semaine dernière on a compris que la croissance était vraiment panne. On va être à peu près à 0 % selon le gouvernement 04 % selon l'INC. L'INC nous dit que le chômage va continuer à monter jusqu'à peu près euh 8,6 %. Et
enfin, [grognement] vous avez, on le sait bien et là les Français le constatent tous les matins, euh le la reprise de l'inflation qui est vraiment de plus en plus euh dynamique. Donc malheureusement, on a on avait déjà pour ce budget 2027 une marche qui était assez haute pour atteindre les 5 % d'économie de de déficit, pardon. Et là maintenant, la marche est encore plus haute. Et c'est vrai que je pense que ce que ce qu'attendent les Français en grande partie euh ils sont bien conscients qu'il y a des efforts à faire, mais ces efforts, je crois seront acceptés à partir du moment où et bien des dépenses assez importantes sont justement combattues. Typiquement les frais de fonctionnement de l'État, typiquement la lutte contre la fraude, typiquement l'égibité à certaines
prestations sociales. Tant que ça n'est pas fait, je suis pas convaincu que le gouvernement arrive à convaincre les Français qu'il faut faire des économies. Donc vous dites ce matin en substance la lutte contre la fraude et cetera, on sait que ça ne fera pas les 30 milliards d'économies recherchées. En revanche, il y a une question d'exemplarité qui se joue là-dedans selon vous avant de toucher en retraite, il faut envoyer ces signaux là. Je pense, voyez, on une des idées qui était évoqué, c'était le fait de baisser la rémunération des ministres. Ouais. [grognement] Euh bon, c'est symbolique. C'est sûr que c'est pas grâce à ça que vous allez rétablir les grands équilibres budgétaires. Je dis juste que euh avant de demander des efforts aux gens, il faut, je crois, que
l'État lui-même montre qu'il fait des efforts et je suis d'accord, ça ne résoudra pas le problème budgétaire qui sont importants. 150 milliards de déficit, c'est absolument énorme. Mais sans cette exemplarité, on peut pas demander des efforts aux gens. Alors, c'est Agnès Verdier Moligier qui sera demain matin avec nous à à 7h20, Ben Perin qui dit "Revenez justement sur cette proposition de baisser l'indemnité des ministres." dit en fait ça sert à rien si vous faites pas la même chose pour les les les grandes les grandes directions de l'administration. Il faut conditionner les rémunérations des haut fonctionnaires et des ministres à leur résultat. Sinon ça ne marchera pas. Sinon il ne se passera rien. Vous êtes d'accord avec cette idée à exer en argent par exemple. Je dirais même que
il faut parmi les objectifs qu'il faut donner au patron des administrations, il faut un objectif de rétablissement justement des équilibres, la lutte effectivement contre les gaspillages. Bref, faire en sorte que notre argent soit pour le coup mieux géré et ça doit faire partie pleinement des objectifs des haut fonctionnaires dont on sait qu'ils sont une grande partie à toucher le maximum justement de leur prime sans qu'il y ait d'enjeu budgétaire, ce qui me semble effectivement être une erreur fondamentale. Mais sur le fond, Benoît Perin, vous dites "Bon, les retraites ça passera jamais d'une certaine manière. Est-ce que malgré tout, il faut pas toucher à ce qui est le mastodonte budgétaire ? 380 milliards par an, c'est 41 % des dépenses de prestation sociale. On est
obligé de toucher en retraite. Surtout que dès que vous passez d'une année à l'autre et que vous revalorisez sur l'inflation, bah ce sont les 6 milliards que cherchent aujourd'hui Sébastien Lecnu. 6 milliards de plus chaque année, année après année. Écoutez, au-delà des aspects symboliques euh dont on vient de parler, euh les candidats aux élections présid à l'élection présidentielle prochaine qui évitent de parler du sujet de la retraite, qui évite de parler du sujet de l'assurance maladie, c'est l'électorat qui vote le plus, qui évite de parler du nombre de fonctionnaires voire même de du 1feuille administratif, ce sont effectivement des candidats qui vont mentir au français parce qu'effectivement, il faut rappeler que sur 1000 € de dépenses publiques,
vous en avez 25 % qui sont dédiés à la retraite, 20 % à l'assurance maladie. Donc vous simplement sur 1000 € de dépenses publique, vous avez déjà 45 % de la dépense publique qui est tributaire des retraites ou de l'assurance maladie. Pas de la dépense sociale, la dépense publique dans son ensemble. Dans son ensemble, exactement. 1700 milliards l'an dernier. Exactement. Donc si on n pas ce ce c ces chiffres en tête, en fait, on ne comprend pas comment on peut rétablir lesqu budgétaire. Donc c'est certain qu'il faut faire des choses sur la retraite, mais permettez-moi quand même de vous dire que c'est je trouve un peu injuste de se dire qu'il faut aller récupérer de l'argent dans la poche des retraités quand justement on a mis en suspend la réforme des retraites qui va
on le sait en 2027 coûter à peu près un peu moins de 2 milliards d'euros. Ah oui, do y avoir un regret à Matignon là ce sujet là aussi pourquoi avoir suspendu cette réforme de traite qui était enfin une réforme structurelle pour être pour faire des compromis avec le Parti socialiste pourquoi l'avoir fait et là aujourd'hui on est obligé effectivement de récupérer 6 milliards. Encore une fois je pense que tout le monde est prêt à faire des efforts. Tout le monde est prêt à faire des efforts. Seulement il faut que l'État montre l'exemple. Personne ne n'est dispensé là. Vous savez les les épisodes budgétaires, c'est toujours la même histoire. une espèce de de d'obus qui passe au-dessus de la tête de tout le monde et on est tous en train de se cacher en se disant "J'espère que l'obu
va pas tomber sur ma tête". Ça c'est certain, on est tous dans la même situation. Néanmoins, compte tenu des enjeux, c'est sûr que ça sera impossible de rétablir les comptes sans toucher retraite. Benoît Perin, directeur de contribuable associé, est avec nous ce matin sur Europe 1 dans le je vous ai lu hier dans le JDD également, vous dites "La France est sous la menace d'une intervention alors non pas du FMI mais de la BCE." Qu'est-ce que vous voulez dire par là, Benoît ? Et bien ce que je veux dire par là, c'est que si jamais les taux s'emballent sur les marchés euh et donc la France a de plus en plus de mal à emprunter sur les marchés ou en tout cas le peut le faire mais à des taux de plus en plus élevés, la BCE, donc la Banque centrale européenne a mis en place un
outil juridique en 2022 qui s'appelle le TPI et qui permet effectivement qui autorise qui l'autorise à racheter des titres sur le marché secondaire pour justement calmer la la flambée des taux. Mais pour ça, ça se fait pas ça se fait pas comme ça. Ça se fait à deux conditions. Un, il faut respecter nos engagements budgétaires européens. Et là, c'est pas aux auditeurs d'Européens que je vais l'apprendre. La France ne respecte jamais ses engagements européens. Oui, c'est pas 5 %, c'est 3 % rappelle hein, dans les traités européens. Et de et ce qui est presque pire, c'est l'acceptation d'un programme d'ajustement. Donc très concrètement, programme d'ajustement c'est quoi ? C'est gel des pensions, baisse des salaires publics, hausse d'impôt décidé sous contreur. Bref,
ça ne se fait pas sans contrepartie massive. Et si ça ça ne suffit pas, effectivement le FMI intervient pour euh racheter une partie des dettes. Autrement dit, ce qu'on ne fera pas nous-même, euh ben l'extérieur nous forcera à le faire. C'est un petit peu cette sombre prévision que vous nous faites ce matin. Benoît Perin, le directeur de contribuables associés est avec nous ce matin. Merci beaucoup euh Benoît, bonne journée à vous. Il est 7h18.