Invité : Christophe Borgel - Parlement hebdo (16/12/2016)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
D'abord, la confiance accordée à Bernard Cazeneuve. Le nouveau Premier ministre a fait son discours de politique générale.
- 3:00OuverteRéponse directe
Les députés ont voté la prolongation de l'état d'urgence jusqu'au 15 juillet. Vous l'avez senti dans l'hémicycle ?
- 5:00RelanceRéponse partielle
Si tout était si bien que ça, si le bilan est si bon, alors pourquoi François Hollande n'y est pas allé ?
- 7:00OuverteRéponse partielle
Manuel Valls veut supprimer le recours au 49.3. Bonne idée, coup de bluff ou provocation ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Vous avez vu le climat. Les accusations des uns sur les cotisations, etc. Est-ce que vous dites aujourd'hui 'halte' ?
- 12:00FerméeRéponse directe
La liste définitive des candidats sera annoncée samedi. Est-ce que ça veut dire que deux candidats vont être exclus demain ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00KathiaFait
« Sénateurs et députés ont voté la prolongation de l'état d'urgence jusqu'au 15 juillet. »
- 7:00KathiaFait
« Manuel Valls veut supprimer le recours au 49.3 qui permet au gouvernement de faire passer un texte sans vote. »
- 9:00KathiaChiffre
« 66 % des Français pensent aujourd'hui qu'il est impossible, pour celui qui sortira de cette primaire, de rassembler jusqu'à Mélenchon et Macron. »
- 11:00Christophe BorgelChiffre
« Les organisateurs de la primaire espèrent mobiliser entre 1,5 millions et 2 millions d'électeurs lors des deux tours prévus les 22 et 29 janvier prochains. »
- 13:00Christophe BorgelFait
« La Haute Autorité a entre les mains les parrainages déposés par Gérard Filoche. »
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(générique) --- -Bonjour et bienvenue dans "Parlement hebdo", l'essentiel de l'actu politique et parlementaire de la semaine. Bonjour, Michaël. -Bonjour, Kathia.
Notre invité est Christophe Borgel. Vous êtes député socialiste de Haute-Garonne et - c'est très d'actualité - président du comité d'organisation de la primaire de la gauche. Avant d'en parler, on déroule le fil de l'actu de la semaine. -Oui.
D'abord, la confiance accordée à Bernard Cazeneuve. Le nouveau Premier ministre a fait son discours de politique générale. Il a promis que son bail de cinq mois à Matignon serait utile pour l'avenir du pays. -Sénateurs et députés ont voté la prolongation de l'état d'urgence jusqu'au 15 juillet. -On ouvrira une séquence politique avec l'organisation de la primaire à gauche.
Neuf candidats pour le moment dont une femme. Le vote aura lieu les 22 et 29 janvier. -L'image de la semaine, c'est le vote de confiance et le discours de politique générale.
Les députés ont accordé une large confiance au nouveau Premier ministre, Bernard Cazeneuve. Voici son intervention. -Je vous propose de nous consacrer aux grandes causes, et il n'en est pas de plus grande que de servir notre pays. -Dans ce discours de trois quarts d'heure, Bernard Cazeneuve a expliqué comment il comptait occuper ses cinq mois à Matignon.
Il a aussi notamment prôné le respect en politique. Regardez cette séquence. -Au coeur de mon action, la notion de respect, le respect qui proscrit le cynisme, qui proscrit le mensonge, qui proscrit les postures, qui proscrit la violence, qui proscrit les outrances.
L'engagement que je prends devant vous, c'est d'être à chaque instant dans le respect de l'opposition, de ne jamais chercher les vaines querelles, de ne jamais convoquer les basses polémiques, et d'être dans un comportement qui rehausse la politique. Parce que les Français qui nous voient sont aussi les Français qui nous jugent. -Les députés ont donc accordé la confiance à Bernard Cazeneuve par 305 voix pour et 239 contre.
C'est une confiance plus large que celle accordée à Manuel Valls. Ca veut dire que la majorité est rassemblée autour de Bernard Cazeneuve ? -Je crois qu'il y a un climat nouveau, qui vient aussi de ce que dit l'opposition, de ce qu'elle veut faire pour la France.
Jamais on n'a eu, depuis... -Merci l'opposition, alors. -Je ne sais pas si on doit lui dire merci parce que, pour le moment, dans les sondages, elle est en situation de l'emporter.
Mais jamais, depuis la Seconde Guerre mondiale, on n'a eu un candidat de la droite qui s'est avancé avec un programme qui remettait en cause la Sécurité sociale... -On va en parler. -Je crois qu'il y a ce climat-là qui impacte sur la gauche.
Et puis, on a eu un discours d'un Premier ministre qui... est un Premier ministre qui était extrêmement apprécié comme ministre de l'Intérieur, qui a trouvé des mots - vous avez montré cette très belle séquence sur le respect.
Et enfin, on a un vote de confiance qui intervient à un moment où un certain nombre de débats qui ont pu opposer la gauche sont quelque part dépassés par les résultats. -Donc il y a une ambiance de rassemblement. Vous l'avez senti dans l'hémicycle ? -Elle était là, oui.
On l'a vu avec les applaudissements. -"Dépassés par les résultats", donc tout ce qui a été fait jusqu'à présent - déchéance de nationalité, loi travail -, c'est le passé ? -Non, je dis pas ça.
Je dis que le grand débat qui a opposé les uns et les autres, c'est le débat avec la politique économique. Mais aujourd'hui, même si c'est pas assez... ..et même en annonçant une croissance plus faible que prévu, l'INSEE continue à annoncer que le chômage va continuer à reculer, c'est pas assez.
Il faut continuer à se battre. Mais malgré tout, tout ça crée une ambiance. Et une fois de plus, je disais "merci l'opposition", oui, devant ce qui peut arriver, chacun a conscience qu'un certain nombre de divisions... -Si tout était si bien que ça, si le bilan est si bon, alors pourquoi François Hollande n'y est pas allé ? -Je crois pas avoir dit que tout était si bien que ça.
Vous me posez une question sur les raisons d'une confiance largement acquise au Premier ministre et au nouveau gouvernement. Il faut avoir un regard lucide sur le bilan. Le paradoxe du jugement des Français sur le bilan, c'est que quand vous leur demandez un jugement global, ils le balayent d'un revers de main, mais si vous le traitez sujet par sujet, ils partagent bien souvent les mesures qui ont été arrêtées. -Cette question en passant, puisqu'on parle de Premier ministre, l'ex-Premier ministre Manuel Valls veut supprimer le recours au 49.3 qui permet au gouvernement de faire passer un texte sans vote.
Bonne idée, coup de bluff ou provocation, lui qui l'a utilisé si souvent ? -Mon rôle, c'est d'organiser la primaire. -Donc vous pouvez pas... -Je vais pas juger. -Mais sur le fond ? -Oui, mais si je commence à commenter chaque position des uns et des autres...
Par contre, je suis assez étonné de la manière dont la presse a commenté, au-delà du fond, mais cette idée que si on a fait quelque chose... ..en gouvernant, on ne peut pas avoir un regard sur son action avec une lucidité qui permet d'en tirer des conclusions. -Ca fait virage à 180 degrés, soyons francs. -Euh...
J'ai pas l'impression. En l'occurrence, je crois que ce qui a été exprimé hier, c'est quelque chose que de nombreux députés socialistes ont déposé dans un mandement il y a un moment dans le débat parlementaire, à l'époque où la droite était au pouvoir. Cette idée qu'on restreignait le 49.3 aux questions budgétaires.
Mais... ..il y a eu pas simplement le débat sur le 49.3 dans le débat sur la démocratie.
On a vu la demande de nos concitoyens de participation. On a vu les difficultés sur un certain nombre de projets locaux. On voit que le processus démocratique d'élaboration de divers sujets dans notre société ne répond pas à la demande de participation. -Il doit être changé. -C'est là-dedans que le candidat Valls inscrit ses propositions.
Mais on ne peut pas constater que bien au-delà du rejet de la loi travail, les Français jugent que l'utilisation de cet article 49.3 est hors du temps démocratique, qui appelle la volonté de participer. Et dire, quand un candidat dit "j'enregistre ça"... -Mauvais procès, c'est ce que vous dites. -Au-delà du jugement "est-ce qu'il faut le faire", oui, quand même.
Mais on a l'habitude. On dit blanc, la presse nous demande pourquoi on dit pas noir. Et vice versa. -On va passer à un autre sujet.
On va voir quelle couleur c'est. -L'état d'urgence, qui sera en vigueur en France jusqu'au 15 juillet au moins. Députés et sénateurs ont donc voté le projet de loi qui prolonge cet état d'exception permettant perquisitions et assignations à résidence.
Compte rendu de séance avec François Chevret. -L'Assemblée nationale a adopté. -C'est tard dans la nuit que les députés ont voté la cinquième prorogation de l'état d'urgence depuis les attentats du 13 novembre 2015.
Un état d'urgence devenu caduc avec la démission du Premier ministre Manuel Valls. Pour déjouer les attaques terroristes, il est prolongé jusqu'au 15 juillet prochain. La date n'est pas choisie au hasard. -Ils peuvent s'attaquer à ce que sont l'organisation des élections, qui rythment la vie démocratique de notre République, et à ce troisième titre, nous ne devons absolument pas baisser la garde. -Pour les opposants à l'état d'urgence, l'argument ne tient pas. -En quoi ces réunions, ces rassemblements concentrent-ils plus de danger qu'une rame de métro bondée, une exposition de musée ou un marché le dimanche matin ?
Cette disposition ne traduit qu'une chose : vous ne savez pas comment arrêter cet état d'urgence. C'est une machine infernale impossible à arrêter. -Les Républicains ont voté pour l'état d'urgence, mais ils reprochent au gouvernement un certain manque d'ambition. -Vous devez vous interroger sur la pertinence d'un cinquième renouvellement et mettre en oeuvre à la place une véritable législation antiterroriste de droit commun. -Le texte est arrivé au Sénat ce matin.
S'il est adopté, la France connaîtra 20 mois d'état d'urgence consécutifs. Un record depuis la création de ce régime d'exception lors de la guerre d'Algérie. -Vote assez large à l'Assemblée sur ce projet de loi.
Les sénateurs aussi l'ont voté. C'est assez rare. Ca ne pourrait pas arriver plus souvent sur des textes ? -Oui, bien sûr.
Je pense que c'est dans la réflexion qu'on évoquait sur la démocratie. Il y a une réflexion à avoir sur le fonctionnement de notre Parlement. On a un mode de scrutin qui conduit, jusqu'à présent...
On verra dans la nouvelle réalité tripartite de la vie politique gauche-droite-extrême droite ce qu'il en est, mais ce mode de scrutin concourt à des majorités nettes d'un camp, et donc qui concourt plutôt à des blocs contre blocs. Opposition, ce n'est pas le cas. Il y a plein de pays, j'étais en mission parlementaire au Danemark, ça marche. -En Allemagne aussi. -En Allemagne, où le mode de scrutin conduit souvent à l'obligation de trouver des majorités.
Mais il y a une vraie réflexion à avoir sur ces aspects-là. Oui, bien sûr. -Sur le fond du texte sur l'état d'urgence, on a l'impression que c'est devenu un vote automatique.
Vous avez eu cette impression ? On demande au Parlement de voter, et c'est fait dans l'express, et vous l'avez dit, d'une façon assez large. Pas d'automaticité ? -Je ne sais pas si on peut dire qu'il y a une automaticité.
Il y a une conviction de la majorité assez large des parlementaires que vu la menace terroriste, on ne peut pas lever le pied. On ne peut pas lever la garde. Il faut donner des garanties pour l'Etat de droit.
C'est la logique du gouvernement. On n'est pas dans la création d'un état d'exception permanent avec ce que certains nomment...
L'intervention... -De Cécile Duflot, par exemple ? -Je pensais à celle de M.
Goujon : "une loi de haute sécurité". Non, il y a besoin de mesures particulières dans un moment exceptionnel. -Préparer la sortie de l'état d'urgence, comme disait Mme Duflot, c'est une chose à anticiper. -Oui, mais...
Souvenez-vous après l'attentat de Nice. Le président de la République avait indiqué qu'il préparait la sortie. Et tout le monde lui est tombé dessus en disant : "Quelle légèreté, d'avoir annoncé "la sortie alors qu'on vient d'avoir un attentat." A tout moment, à tout moment, ça peut se produire. -Ca peut durer des années ? -Je ne sais pas... -Personne ne sait.
Les députés ont montré leur désarroi en disant, surtout les Verts, dans le débat parlementaire : "Personne ne sait comment sortir de cet état d'urgence." -Non mais, attendez. J'entends certains collègues, et j'ai l'impression que l'état d'urgence, c'est l'état de non-liberté.
J'ignore comment vous circulez, je prends le métro. Venir à mon domicile francilien à l'Assemblée nationale, ou aller à Toulouse, dans ma circonscription, je circule en transport en commun. Je n'ai pas l'impression d'être dans un pays en état de guerre, où les libertés sont bafouées.
Donc on a besoin, par moments, dans la bataille contre le terrorisme, d'aller vite. -Et de donner plus de moyens. -Oui.
De donner plus de facilités. Ce qui ne veut pas dire le fait de renier les libertés de l'ensemble de nos concitoyens. -On va ouvrir une page politique.
Primaires à gauche. Mais aussi l'actualité à droite. Vous parliez de François Fillon, vous pourrez parler de ses propositions, en matière de santé, son projet sur la Sécurité sociale.
Voici un reportage. On posera quelques questions après. -M.
Fillon n'en finit plus de s'expliquer sur son projet de santé. Dans une tribune du Figaro, devant les députés et les sénateurs, et lors d'une visite d'un hôpital, le candidat à la présidentielle répète : -A aucun moment, je n'ai voulu privatiser l'Assurance maladie. -Plus de distinction entre gros risques de santé couverts par l'Assurance maladie et petits risques laissés aux mutuelles, comme dit lors de la primaire.
Ses soutiens parlent d'un exercice de clarification nécessaire. Une question demeure. Comment compte-t-il atteindre les 20 milliards d'économies sur les dépenses de santé ?
Que prévoit son programme ? Les leviers ne sont pas nombreux : baisse des moyens des hôpitaux ou du remboursement des soins. Aucune réponse.
Une convention précisera le projet. -Je vais continuer prochainement mes rencontres avec les professionnels. J'organiserai ensuite, avec mes amis parlementaires, dont beaucoup sont ici et vous l'avez compris, sont des médecins, une convention qui nous permettra de préciser ce projet, en étroite concertation avec les professionnels de la santé de tous les secteurs. -En attendant, son discours met l'action sur l'état des finances publiques.
Il compte mandater des experts pour réaliser un audit des comptes sociaux. -François Fillon a essayé de clarifier un petit peu sa position sur la Sécurité sociale, la santé et son programme. C'est un recul, un rétropédalage ou une prise de conscience que son projet n'est pas applicable ? -Je n'y ai vu aucune prise de conscience.
Il a un objectif incompréhensible. Il faut faire 20 milliards d'économies sur l'Assurance maladie ? Alors que l'instance indépendante qui juge les comptes de la Sécurité sociale nous dit qu'il y a longtemps qu'ils ne se sont pas portés comme ça et qu'on retrouve l'équilibre ?
Et que quand on se projette dans l'avenir, ça va même aller en s'améliorant encore ? Mais quel est l'objet ? On est dans cette espèce de dogmatisme qui est non pas des économies pour trouver une bonne gestion de nos finances publiques, mais des économies par une espèce de dogmatisme.
C'est le même sujet que quand on évoque 500 000 suppressions de fonctionnaires. C'est une espèce de dogme vis-à-vis de tout ce qui fait la solidarité. -François Fillon est dogmatique ? -Oui.
Je pense que là, on est vraiment avec une droite qui a cette espèce de dogme vis-à-vis de tout ce qui est l'action publique. -Vous pouvez définir ce dogme ? Une privatisation future programmée de la Sécurité sociale ? -Mais attendez.
Ce n'est pas compliqué. Le journaliste qui commentait est très clair. Vous voulez faire 20 milliards d'économies.
Il n'y a pas 36 manières de les faire. Soit vous déremboursez, soit vous baissez ce qui va vers l'hôpital public, donc, on voit bien que ce que la droite avait déjà fait à travers les franchises médicales, et en filigrane, ce qu'il y a dans la primaire, pour la gagner, François Fillon s'est dévoilé. Maintenant, dans la présidentielle, parce que ça va lui poser un problème, il veut avancer masqué.
Beaucoup plus qu'une clarification, Le sentiment que ça me donne, c'est qu'on essaie d'avancer masqué sur ce sujet-là. Mais la vérité est simple. Quand son porte-parole va sur une antenne pour s'expliquer, il nous explique que c'est en fonction de l'intensité du rhume qu'on va être remboursé.
Et donc, on voit bien que ce qui pointe derrière, c'est un moindre remboursement pour la protection de nos concitoyens vis-à-vis de la santé. -On a peur de dire la vérité du fond du projet ? C'est ce que vous dites ? -Il y a bien un sujet sur lequel les Français n'accepteront jamais qu'on abaisse leur protection, c'est celui de la santé.
C'est clair. -Kathia ? -Et on va parler de votre actualité.
Puisqu'à gauche, jeudi 15 décembre, était le jour de clôture pour les candidatures à la primaire de la gauche. Ils sont 9 à avoir déposé leur candidature. Etat des lieux avec François Goulin. -Dernière arrivée et seule femme en lice, Sylvia Pinel du Parti Radical de Gauche et ministre sous Hollande pendant 4 ans.
Elle veut incarner le renouvellement. Vincent Peillon, ancien ministre de l'Education de François Hollande de 2012 à 2014, défend le bilan du président, mais prend ses distances. -Dans les 5 ans, de bonnes choses ont été faites.
Et en même temps, j'ai déjà dit quelles étaient les difficultés de ce quinquennat. La situation dans laquelle nous sommes, y compris la situation qui a conduit le président à ne pas se représenter, c'est bien qu'il y avait des problèmes. -L'ex-ministre de l'Intérieur puis Premier ministre, Manuel Valls, dans la course suite au retrait de François Hollande, se veut le continuateur de la ligne politique du chef de l'Etat. -Si je suis candidat à la présidence de la République après le choix qui a été celui de François Hollande, c'est parce que je pense que je peux incarner la France dans ce monde d'aujourd'hui, d'incarner nos valeurs et d'incarner une France forte et généreuse. -A l'inverse, Arnaud Montebourg, ex-ministre de l'Economie, critiquant l'action du gouvernement depuis qu'il l'a quitté en 2014, espère renouveler la donne politique à gauche. -C'est l'air du grand large qui s'engouffre dans les partis, qui les bouscule lorsqu'ils veulent imposer leur candidature, leurs projets, leurs éléphants, leurs dinosaures.
Libérons-nous des figures et des visages imposés, des stratégies diviseuses des appareils, emparons-nous de la primaire comme on se saisit de sa propre liberté. -Autre ministre démissionnaire, Benoît Hamon veut réduire le temps de travail, mettre en place un revenu universel et supprimer la loi El Khomri. Gérard Filoche, issu de l'aile gauche du PS, souhaite revaloriser le SMIC à 1800 euros et plafonner les hauts salaires.
François de Rugy, du parti écologiste, et Jean-Luc Bennahmias de l'Union des Démocrates et Ecologistes, sont également dans la course. Les organisateurs de la primaire espèrent mobiliser entre 1,5 millions et 2 millions d'électeurs lors des deux tours prévus les 22 et 29 janvier prochains. -Alors, on va revenir un peu plus sur ces primaires.
Deux questions politiques. D'abord, sur ça, vous avez vu le climat. Les accusations des uns sur les cotisations, etc.
Est-ce que vous dites aujourd'hui "halte" ? -Je dis surtout à partir de demain, Thomas Clay, le président de la Haute Autorité, va annoncer la liste des candidats qui ont rempli les conditions de candidature. Pour la primaire de la droite, il y a eu un décalage entre ceux qui ont déposé et ceux dont on a constaté qu'effectivement, ils avaient les parrainages.
Quand la Haute Autorité à droite a dit : "M. Mariton ne peut pas être candidat", il n'y avait pas eu de commentaires. Il avait accepté les règles.
Demain, il y aura les candidats, il faut passer au débat des propositions. On a vu un peu de polémique sur des histoires de cotisations, mais on a déjà un débat des propositions. On l'évoquait.
Celles de l'ancien Premier ministre Manuel Valls, mais pendant son meeting, Benoît Hamon en a fait. Tout ça... -Mais il y a un climat qui est plutôt malsain.
Est-ce que vous dites : "Ca suffit" ? -Il y a un climat à gauche qui est un climat de division. Celui qui vient vous dire l'inverse sur un plateau fait de la langue de bois.
Ce climat de division peut conduire la gauche à être éliminée. C'est pour ça qu'on fait une primaire. Et si c'est la primaire des chicayas, eh bien, elle sera un échec.
Les gens ne viendront pas voter. Si c'est la primaire des propositions tournées vers l'avenir, avec un débat loyal, normal, sur ce que nous avons fait pendant cinq ans au gouvernement, alors, j'en suis convaincu, les femmes et les hommes de gauche seront au rendez-vous de janvier comme ceux de droite l'ont été en novembre. -Ceux de droite peuvent être les bienvenus à cette primaire pour voter ? -Pour voter, il faut être électeur et souscrire à un engagement sur les valeurs de gauche et écologistes. -Ca n'a pas empêché, à la primaire de la droite... -Je vais vous dire, j'ai passé mon temps à dire que les gens de gauche n'iraient pas voter.
Je me suis totalement trompé. Je pensais qu'il y en aurait 2 ou 3 %, et il y en a eu visiblement entre 12 et 15 %. Mais je continue à garder un raisonnement simple.
Si on partage les valeurs de droite, on vote à la primaire de droite, si on partage les valeurs de gauche, on vote à la primaire de gauche. -Vous leur demandez donc de rester sagement chez eux ? -Je ne me vois pas signer que je partage les valeurs de la droite alors que je suis de gauche. -Vous disiez que si cette primaire devient la primaire des chicayas, elle ne pourra pas rassembler. 66 % des Français pensent aujourd'hui qu'il est impossible, pour celui qui sortira de cette primaire, de rassembler jusqu'à Mélenchon et Macron.
C'est mission impossible ? -Non, je ne crois pas. Je comprends. -Sondage ViaVoice sorti dans Libération. -Je connais le sondage de ViaVoice publié par Libération.
Comment voulez-vous, quand on voit l'image, avec des candidats déjà déclarés qui disent "Moi, je", "Moi, je suis le renouveau de la vie politique", "Moi, je suis la vraie gauche "radicale"...
Mais j'ai envie de leur dire "Moi, je", "Moi, je", "Toi, tu es éliminé comme tout le monde." Certains se gargarisent peut-être d'être les premiers éliminés. La belle affaire.
Si à la fin, les hommes et les femmes qui croient dans un chemin progressiste pour la France n'ont comme choix au second tour que Fillon ou Marine Le Pen. -Jim Jarrassé du Figaro est là, il va vous interroger sur la primaire. Bonjour, Jim. -Bonjour, Christophe Borgel. -La liste définitive des candidats sera annoncée samedi.
Vous souhaitiez uniquement sept candidats, il se trouve que neuf candidats ont déposé leurs parrainages vendredi. Est-ce que ça veut dire que deux candidats vont être exclus demain ? -Non.
La décision de savoir qui est candidat appartient à la Haute Autorité. Je me suis fixé une règle : chaque fois que la Haute Autorité nous demande d'aller dans un sens ou dans un autre dans une primaire, je suis leur avis. Ils décideront librement de la liste.
J'ai fait une remarque purement au regard des débats de la droite. Au-delà de sept, ça peut être compliqué. S'il y a huit candidats qui remplissent les conditions, on fera avec. -Celui qui aura échoué devra accepter le résultat. -Je préside le comité national d'organisation de la primaire.
J'en suis à la huitième résolution de la Haute Autorité. Je les ai toutes appliquées sans rien dire. Ce que je suis capable de faire, c'est-à-dire accepter l'avis de cette Haute Autorité que nous avons mis en place, une autorité indépendante, Thomas Clay l'a reconstituée pour cette primaire, on l'a mise en place parce qu'on a besoin d'avoir une espèce de gardien de la paix de cette primaire qui juge de son éthique, qui juge de son ambiance et qui décide qui remplit les conditions pour être candidat et qui va valider les résultats.
J'accepte les avis de la Haute Autorité. Je suggère à tous d'en faire autant. -Gérard Filoche dit que la direction du PS fait tout pour l'empêcher d'être candidat.
Qu'est-ce que vous lui répondez ? -Que la Haute Autorité nous a demandé de faire connaître la candidature de Gérard Filoche, qui est socialiste, à tous les membres du conseil national du Parti Socialiste pour qu'il puisse demander leur parrainage. Nous l'avons fait immédiatement après que la Haute Autorité nous l'ait demandé.
La Haute Autorité a entre les mains les parrainages déposés par Gérard Filoche. Soit il a les parrainages suffisants dans l'une des quatre catégories dans lesquelles il fallait les avoir, les membres de notre conseil, les parlementaires, les maires de villes de plus de 10 000, les conseillers départementaux, soit il ne les a pas, la Haute Autorité nous le dira. -Il a mauvaise presse auprès de la direction du PS.
On se souvient de ses propos sur le patron de Total, M. de Margerie, qui est décédé, il l'avait qualifié de suceur de sang le jour de son décès. Une procédure de sanction avait été lancée.
Rien ne s'est passé depuis. Est-ce que son éventuelle sortie de la primaire, ce serait justement la sanction de cet événement ? -Non, non, non.
Il ne faut pas mélanger les choses. Vous êtes généreux. Il y avait le patron de Total, et il y a eu un commentaire tout à fait sympathique sur un accident de car en Gironde, sur le fait que c'était les cars Macron, qui était encore plus choquant que le patron de Total. -Ca le disqualifie ? -Non.
Ce n'est pas l'objet. On n'a pas pris de mesures. Il y a des règles d'organisation de la primaire.
Elles sont les mêmes pour tout le monde. Je ne doute pas que soit il a effectivement les parrainages, et sa candidature sera validée, soit elle ne l'est pas, et ça voudra dire simplement qu'il a déposé un dossier où il n'y avait pas les parrainages. -Trois débats vont être organisés en l'espace de sept jours en janvier.
Est-ce que ce n'est pas trop ? La droite l'a fait, en un mois. Vous n'allez pas saturer l'espace ? -Quand on évoquait un ou deux débats, les journalistes, pas vous, puisqu'on n'en a pas parlé ensemble, disaient : "Des médias vont être exclus des débats ? "Mais comment, vous n'allez en faire que deux ?" -Je parle des Français, pas des journalistes. -Je réponds.
Vous posez la question. Vous n'avez pas un sondage où les Français vous disent : "Trois débats, c'est beaucoup trop." Il y a des médias différents, et attendez de voir l'audience.
Ce que je constate, c'est que l'audience de ces débats de primaire, que ce soit la nôtre de 2011 ou celle de la droite en novembre, fait plus de gens devant les télévisions que toutes les émissions politiques que les rédactions inventent. -Dernière question. -Le PS annoncera demain la majorité de ses investitures pour les législatives.
Qu'en est-il des soutiens d'Emmanuel Macron, Richard Ferrand et Christophe Castaner ? Ils sont investis par les militants. Leur candidature va être validée par le parti ? -La convention nationale le dira.
Il n'y a pas de raison que ce ne soit pas le cas. Les choses sont claires. De surcroît, c'est déjà public.
Les candidats qui ont l'investiture ont reçu une lettre leur rappelant ce que ça voulait dire, être investi par le Parti Socialiste : après la primaire, quand nous aurons notre candidate ou candidat, celui qui gagnera la primaire, ceux qui sont investis par le Parti Socialiste devront soutenir ce candidat. Pour être clair et pas langue de bois, ceux qui ne le soutiennent pas ne seront plus investis par le PS. -Ce sera le mot de la fin.
Merci, Christophe Borgel. Les règles sont claires. -Merci à tous, très bonnes fêtes.
SOUS-TITRAGE : ERICSSON (générique) ---
Christophe Borgel