Anne Hidalgo était l'invitée de RTL Matin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:29OuverteRéponse directe
Pourquoi maintenant ? Pourquoi avant les législatives il y avait une urgence ?
- 1:16RelanceRéponse directe
Pourquoi maintenant ?
- 2:04OuverteRéponse directe
Pour qu'on comprenne votre démarche, vous écrivez qu'il faut s'émanciper des vieux carcans. Mais dans le fond, c'est le même diagnostic qu'Emmanuel Macron.
- 2:33RelanceRéponse directe
Mais avec quelle vocation ?
- 3:36OuverteRéponse directe
Pourquoi vous ne l'avez pas fait au sein du Parti Socialiste ?
- 4:16RelanceRéponse directe
Mais donc les partis politiques, le parti, votre parti, le PS... Aujourd'hui, n'est pas le lieu opportun pour faire ce type de démarche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:16Locuteur 1Fait
« Mais dans le fond, c'est le même diagnostic qu'Emmanuel Macron. »
- 2:18Locuteur 1Fait
« Il a, lui, lancé un mouvement qui devait le conduire et ça l'a conduit à la présidentielle. »
- 2:42Locuteur 1Fait
« Nous sommes, toutes les femmes et les hommes qui sont engagés dans la tribune qui a été publiée hier, des gens qui croient à l'innovation, qui croient à la démocratie, à l'Europe, profondément européen. »
- 2:53Locuteur 1Fait
« qui croient au fait que les grands défis sont d'abord l'écologie, le défi du changement climatique, mais aussi que la société ne peut pas vivre sans solidarité. »
- 3:04Locuteur 1Fait
« Nous voulons une société inclusive. »
- 3:40Locuteur 1Fait
« Bernard Cazeneuve, vous l'avez entendu, qui trouve, excusez-moi l'expression, c'est un peu familier, que ça tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. »
- 3:54Locuteur 1Fait
« Ce n'est pas un parti, c'est vraiment un mouvement, dans la durée, sur le long terme. »
- 4:24Locuteur 1Fait
« Vous savez, quand je me suis lancée pour être maire de Paris, j'avais créé exactement un mouvement de cette nature, à l'échelle parisienne, ça s'appelait Oser Paris. »
- 4:38Locuteur 1Fait
« Jean-Christophe Cambadélis, lui-même, l'a dit encore hier. »
- 5:13Locuteur 1Fait
« Tous les jours, dans les villes, les maires gèrent des situations en parlant aux entreprises, en innovant, en proposant des opportunités pour les jeunes, en créant justement cette société inclusive. »
- 6:55Locuteur 1Fait
« il y en a qui disent, et ça leur coûte très cher, le PS est mort. »
- 6:59Locuteur 1Fait
« Ce n'est pas mon constat. »
- 7:31Locuteur 1Fait
« jeter les partis à la poubelle, c'est prendre un risque pour la démocratie. »
- 10:43PrésentateurFait
« Dimanche soir, il est de notoriété publique que vos relations avec lui étaient fraîches. »
Temps de parole
- Présentateur89 %
- ?8 %
- Locuteur 13 %
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RTL
Matin.
7h44, Elisabeth Martichoux, vous recevez ce matin Anne Hidalgo, maire de Paris.
Bonjour
Anne Hidalgo. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous dans ce studio d'RTL. Vous publiez une tribune dans Le Monde, datée de ce jeudi, avec Martine Aubrey, Christiane Taubira, 200 personnalités de la société civile, pour lancer un mouvement baptisé « Dès Demain ». On va parler des réponses qu'il entend apporter aux défis français, telles que vous appelez les difficultés de la France. Mais d'abord, pourquoi maintenant ? Pourquoi avant les législatives il y avait une urgence ? D'abord,
c
'est un mouvement qui est un mouvement citoyen. Vous avez cité des belles personnalités du monde politique, mais il y a surtout aussi beaucoup de responsables associatifs. Je pense à beaucoup de personnalités qui viennent du monde de la solidarité. Patrick Doutreline, Bruno Morel, Eric Pliès, des personnalités qui viennent du monde de l'écologie. Je pense à Yann Arthus-Bertrand, des intellectuels, des artistes, beaucoup, beaucoup de gens comme Nicolas Hazard, qui viennent de l'entrepreneuriat social et solidaire. Donc, c'est un mouvement très, très large, qui n'est pas un parti politique, qui n'a pas vocation à jouer, d'ailleurs, ni dans les recompositions du PS
ou des autres formations. Mais
pourquoi maintenant ? Parce que je pense qu'il y a aujourd'hui un besoin. Il est exprimé d'ailleurs depuis longtemps. Ça fait longtemps que je pense, d'ailleurs, avec d'autres, ces fameux responsables dont j'ai parlé, à créer une plateforme, un réseau, un mouvement qui permettent de reprendre toutes les initiatives, les solutions qui sont aujourd'hui trouvées en France dans tous les domaines.
Tous
les jours, on innove. Dans les collectivités locales, il y a énormément d'élus locaux dans ce réseau. En Europe aussi, j'ai des maires européens, les maires sociodémocrates de Lisbonne, Bruxelles, Copenhague ou encore Stockholm. On rejoint ce mouvement. Des initiatives, des innovations
dont on
parle très peu.
Ou alors, on en parle de façon extrêmement parcellère. Pour qu'on comprenne
bien votre démarche, vous écrivez, il faut s'émanciper des vieux carcans et des débats internes aux appareils politiques. Mais dans le fond, c'est le même diagnostic qu'Emmanuel Macron. Oui, je le
partage.
Mais lui,
il
l'a fait il y
a
un an et demi. Ce n'est pas du tout la même démarche. Il a, lui, lancé un mouvement qui devait le conduire et ça l'a conduit à la présidentielle. Ce mouvement-là n'a pas vocation à servir une élection ou une personne. C'est un mouvement collectif avec beaucoup de collectifs. Mais avec quelle
vocation
? Justement, vous
savez,
pour faire quoi ? Pour porter toutes ces solutions dont on ne parle jamais et faire sens. Nous sommes, toutes les femmes et les hommes qui sont engagés dans la tribune qui a été publiée hier, des gens qui croient à l'innovation, qui croient à la démocratie, à l'Europe, profondément européen, qui croient au fait que les grands défis sont d'abord l'écologie, le défi du changement climatique, mais aussi que la société ne peut pas vivre sans solidarité. Nous voulons une société inclusive. Et c'est ce que nous faisons sur nos territoires,
dans nos villes, dans nos associations. Inclusive, c'est le nouveau jargon politique
pour dire lutte
contre les inégalités. Non, vous savez, ce n'est pas un nouveau jargon. Vous savez,
même par exemple, l'OCDE a lancé un grand mouvement, auquel d'ailleurs beaucoup d'entre nous et la ville de Paris y participent, sur la croissance inclusive. Il y a un grand mouvement aujourd'hui qui considère dans le monde, pas simplement à l'échelle française, que si l'on veut faire de la croissance, il faut tenir compte du défi écologique. Et en même temps, de l'inclusion sociale.
Mais pourquoi vous ne l'avez pas fait au sein
du Parti Socialiste ? C'est Bernard Cazeneuve, vous l'avez entendu, qui trouve, excusez-moi l'expression, c'est un peu familier, que ça tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Il dit, au moment où nous devons mener la bataille, sous-entendu des législatives, certains semblent tout à coup pris de la tentation de créer quasiment autant de partis qu'il y aurait de militants au sein du PS.
D
'abord, ce n'est pas un parti, c'est vraiment un mouvement, dans la durée, sur le long terme. Vous savez, quand je me suis lancée pour être maire de Paris, j'avais créé exactement un mouvement de cette nature, à l'échelle parisienne, ça s'appelait Oser Paris, et ça prenait effectivement tous ces acteurs de la société civile, tous ces collectifs, tous ces citoyens, qui portent ces innovations.
Mais donc les partis politiques,
le parti,
votre parti, le
PS...
Aujourd'hui, n'est
pas le lieu opportun pour
faire ce type de démarche ? Je ne suis pas
engagé dans un travail de congrès.
Vous
savez, là où je partage le constat, bien sûr, d'Emmanuel Macron, c'est que les vieux partis, avec leur logique, parfois un peu sectaire, très centrée sur eux-mêmes, ça c'est fini, en effet. D'ailleurs, je crois que Jean-Christophe Cambadélis, lui-même, l'a dit encore hier. Donc, bien sûr que ça, c'est une ouverture qu'il nous faut faire aujourd'hui, mais je travaille comme ça depuis des années. L'idée de fédérer et de rendre visibles toutes ces initiatives, de les porter avec une vision très décentralisatrice. Je ne pense pas que l'on puisse inventer des solutions d'en haut. Et je crois que les solutions s'inventent sur les territoires, dans les villes. Vous savez,
tous les jours, les maires des villes... Et donc derrière les déclarations, derrière ce
texte, Ami Dago. Attendez, laissez-moi juste terminer. Tous les jours, dans les villes, les maires gèrent des situations en parlant aux entreprises, en innovant, en proposant des opportunités pour les jeunes, en créant justement cette société inclusive. Parce que quand la société est fracturée par les inégalités, et notamment les inégalités sociales, ça ne marche pas. Ça génère aussi de la violence. Tous les jours, on fait ça. Et cette voix, c'est une parole, une parole portée par des élus locaux, par des maires, par des associations. Et nous avons envie de lui donner une plus grande visibilité et une perspective.
Nous réunir dans
le cadre d'un mouvement pour porter ces
solutions à
une échelle nationale et européenne. Pour qu'un mouvement vive,
il
faut une incarnation. Il faut que quelqu'un le porte. Est-ce que vous, vous êtes cette incarnation ? Est-ce que vous serez la présidente de ce mouvement ?
On
verra, ça c'est quelque
chose qu'on doit... Mais est-ce que vous y êtes
prête ? Je suis très impliquée, je le serai, bien sûr. Et vous êtes
prête, le président n'est pas toute seule. Mais c'est important.
Bien sûr. Et si j'ai décidé, ça faisait longtemps d'ailleurs, que beaucoup de responsables associatifs, d'intellectuels ou de responsables politiques me disaient ce que tu es en train de faire, notamment à Paris, ce que tu as fait avant d'être maire de Paris avec ce réseau qui était Oser Paris. Tout cela, ce sont des solutions, c'est positif, c'est optimiste. Et ça permet d'avancer.
Parce que je
crois dans les chances, effectivement, de ce travail de terrain et de cette parole et de ces solutions
que nous portons.
Vous ne m'avez pas tout à fait répandue sur le moment. Vous voyez bien ce qui se passe. Vous voyez bien que le Parti Socialiste, ça part dans tous les sens. Il y
a
Benoît Hamon aussi, qui a lancé son mouvement. C'est une coïncidence ? Rien
à voir ? Ça, je n'en sais rien. Hier, en tout cas, vous n'êtes pas associé à Benoît
Hamon. Ce
que je
veux dire, c'est qu'il y en a qui disent, et ça leur coûte très cher, le PS est mort. Manuel Valls est venu le dire mardi matin.
Ce n'est pas mon constat. Est-ce que vous, vous n'êtes pas en train
d'acter, je vous demande d'être franche, d'acter aussi la mort du Parti
Socialiste, tel qu'il fonctionne aujourd'hui ? Je ne l'ai
jamais ni théorisé, ni souhaité. Je pense qu'on
est à la fin d'un
cycle.
Il doit évoluer, en tout
cas. Bien sûr. On est à la fin d'un cycle, et ça fait longtemps, d'ailleurs, que je pense qu'on aurait dû évoluer, notamment avec cette ouverture à la société civile, avec cette plus grande porosité, avec les associations, le monde des intellectuels. Il y
a
eu des tentatives qui ont été faites à plusieurs reprises. Alors, à quoi sert
le Parti Socialiste aujourd
'hui, Anne Hidalgo
? Moi, je crois
profondément que jeter les partis à la poubelle, c'est prendre un risque pour la démocratie. En revanche, il faut absolument que les partis se renouvellent. Comment
?
Mon objectif avec ce mouvement n'est pas de rentrer dans ce que sera demain, après-demain, la vie interne du Parti Socialiste, sa nécessaire redéfinition, et de rentrer dans une bataille d'appareils. Si ce mouvement peut aider les socialistes ou d'autres à effectivement prendre des idées, y compris en termes de méthode... Quels autres ? Parti Socialiste. Il y
a
des écologistes qui sont avec nous, il y a des associations. Ce mouvement n'est pas un mouvement né du Parti Socialiste. C
'est
un mouvement... Vous mettez en avant trois noms, et vous avez raison, parce qu'ils sont importants. mais si vous regardez la liste des signataires, vous avez des personnes, j'ai Dominique Versigny, mon adjointe, qui ne vient pas du Parti Socialiste, Jean-François Martins, le président du maire des
communes... Il faut qu'on avance, Ani Daly. Non, non, mais
j'avance. Le président des maires
des
communes rurales,
qui n'est pas non plus un membre
du Parti Socialiste, qui participe à ce mouvement...
Pardon,
excusez-moi de vous interromper,
mais
il nous reste très peu de temps, il y en a encore des choses importantes à dire sur cette démarche. Vous avez soutenu Benoît Hamon à la présidentielle au premier tour. Pourquoi ne pas travailler ensemble ? Pourquoi ne pas
faire un mouvement ensemble ? Je n'ai pas
soutenu au second tour.
Enfin, à la primaire. Vous l'avez
soutenu à la présidentielle. Vous
avez
soutenu Benoît Hamon à
la présidentielle. Voilà, pas à la
primaire.
J
'avais entendu la primaire. Présidentielle, pardon. Présidentielle. Oui ? Pourquoi ne pas faire un mouvement ensemble ? D'abord, je pense qu'il y a... Vous
n'êtes pas d'accord avec sa démarche ? C'est un
mouvement politique au sens où ce n'est pas un travail partisan sur le parti socialiste. Je pense que, et je rejoins, je le redis, ce constat qu'avait posé Emmanuel Macron sur les partis et parfois leur caractère sclérosant. Je n'ai pas la même conclusion, à savoir, je pense que les partis politiques
sont nécessaires à la vie politique. Donc la démarche de Benoît Hamon est trop politique
pour vous ? Mais non, vous dites trop politique. Chacun va avoir des démarches. On est dans une période où il va y avoir des recompositions. Ne fermez pas le débat. Ne mettez pas ce débat sur la nécessaire recomposition des familles politiques qui sortent extrêmement éprouvées, voire même lessivées, de cette présidentielle comme un problème pour la démocratie. C'est quand même normal que des femmes et des hommes qui croient, qui ont des idées, qui ont des convictions, qui se sont investies, pour certains, dans des mouvements politiques, pour d'autres, dans des mouvements associatifs, se posent des questions au moment où nous sommes. Ce qui serait très étrange, c'est qu
'on
ne se pose aucune question et qu
'on
se dise « Allez hop ! » On continue comme avant avec des figures nouvelles sans se poser des questions sur ce que l'on peut faire pour être utile dans cette société. Donc c'est bien que dans le Parti Socialiste comme dans d'autres formations politiques, il y ait des gens
qui réfléchissent
à l'avenir de ces partis.
Moi,
le
mouvement que je lance
est un mouvement d'une autre nature.
C
'est un mouvement citoyen avec beaucoup
d'associations,
avec beaucoup
d'élus locaux. Vous l'avez bien expliqué. Un mot d'Emmanuel Macron qui est élu. Nous allons avancer
de cette façon. Dimanche soir, il est de notoriété publique que vos relations avec lui étaient fraîches. Vous avez toujours les mêmes réserves à son égard ? Vous savez, vous démarrez par une affirmation que je récuse. Il est de notoriété publique. Je suis maire
de Paris. Vous
l'avez publiquement. Vous avez dit à son endroit, à son intention, par exemple, je ne m'intéresse pas aux aventures individuelles. Ce n'était pas précisément un compliment. Ce n'est pas un compliment, mais c'est un constat de vie politique, Madame Martichoux. On est dans la vie politique. Je suis maire de Paris. Je porte des convictions, un projet, je m'occupe de ma ville et je resterai maire de Paris. Je ne suis pas membre de telle ou telle organisation. Et donc, pour répondre à votre question, je suis respectueuse. Je suis très heureuse qu'Emmanuel Macron ait gagné.
J'ai soutenu et j'ai fait une campagne et d'ailleurs, le résultat de Paris est aussi un résultat lié aux Parisiens avec un FN à 10%. Et donc, Emmanuel Macron à 90%. Et
je suis ravie. 34% au premier tour. Oui, bien sûr. Il peut remporter
la mise aux législatives avec En Marche. Vous savez la situation. Mais pour conclure, on verra. Moi, je soutiens mes camarades socialistes dans cette campagne des législatives et j'espère, parce qu'ils seront utiles à la France, qu'ils seront nombreux, plus nombreux que ce que l'on prédit, à pouvoir siéger au Parlement. Merci beaucoup,
Anne
Hidalgo, d'avoir été avec nous ce matin dans ce studio d'RTL.
Le nouveau mouvement citoyen baptisé Dès Demain est un mouvement positif où doivent s'exprimer des solutions de terrain à l'échelle européenne comme locale, vient de nous dire la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui lance ce mouvement, notamment avec Christiane Taubira et Martine Aubry. Je vous le rappelle, l'entretien est à retrouver dans son intégralité sur le site rtl.fr. Merci à vous deux.