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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 11 octobre 2021 27 min

Nucléaire, prix des carburants, présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Yannick Jadot

Bonjour Yannick Jadot, Emmanuel Macron présentera demain son plan pour la France de 2030, 30 milliards d'euros sur la table pour financer l'intelligence artificielle, les batteries électriques ou encore la relance du nucléaire. Il a raison, le chef de l'État c'est l'avenir aujourd'hui, c'est redevenu l'avenir le nucléaire.

0:19
Invité

C'est 1970, c'est jusqu'à un. On a un fantasme d'une électricité peu chère, d'une électricité abondante, d'une électricité qui ne pose pas de problèmes environnementaux. La réalité aujourd'hui est tout autre. Moi je trouve exceptionnel ce qu'a fait la France dans les années 70. Moi je suis anti-nucléaire parce qu'un réacteur ça peut nous péter à la figure. Rappelons-nous Fukushima, ce sont des déchets, c'est une énergie de plus en plus chère. Mais la France dans les années 70 a été capable d'investir massivement dans sa transition énergétique. Est-ce qu'on peut aujourd'hui prendre acte de la réalité économique dans le secteur de l'énergie ?

Dans le monde entier, plus de 80% des nouvelles capacités de production électrique installées sont des énergies renouvelables, qui sont des énergies aujourd'hui deux fois moins chères que le nucléaire. Vous choisissez le nucléaire ou vous choisissez des énergies renouvelables, c'est un rapport de 1 à 2 en termes de coûts. Mais quand le vent s'arrête, les éoliennes s'arrêtent aussi. Mais attendez, on est dans un système européen avec un grand réseau européen. Les énergies renouvelables, c'est de l'éolien, de plus en plus efficace, notamment l'offshore.

Ce sont évidemment du photovoltaïque, c'est du solaire thermique, c'est de l'hydraulique, c'est de la géothermie, ce sont des énergies marines, c'est de la biomasse. Autant dire qu'il y a, quand vous organisez un mix d'énergie renouvelable, c'est un mix qui est solide, résilient, qui permet d'alimenter. Parce que je suis parfaitement responsable. Personne ne dit qu'on va fermer les centrales nucléaires françaises demain. Jean-Luc Mélenchon dit 2030. Oui, mais moi je ne suis pas Jean-Luc Mélenchon. Vous dites comme vous, alors. Non, mais attendez, l'enjeu c'est, on a, voyez bien, on a une crise énergétique.

Les Françaises et les Français, on est très vulnérables au prix du gaz, au prix de l'électricité, parce que nous en dépendons beaucoup. Donc première priorité, ça n'est malheureusement pas la priorité du Président de la République, isoler nos logements. Je propose, notamment pour les familles les plus vulnérables, que cette isolation des logements soit sans frais avancés. C'est l'enjeu majeur, c'est un enjeu social, de création d'emplois, c'est un enjeu de pouvoir d'achat, 5 à 600 euros d'économisés par an. Ça, c'est le premier enjeu.

Ça n'est toujours pas la priorité de ce gouvernement, ça n'était pas la priorité du gouvernement socialiste avant, ça n'était pas la priorité du gouvernement de droite avant. Tous ces gouvernements qui ont retardé, procrastiné sur les économies d'énergie, on en paye le prix, les Français en payent le prix. Deuxième priorité, déployer des énergies renouvelables. Ce sont des énergies de territoire, ce sont des énergies qui créent beaucoup d'emplois et beaucoup d'entreprises sur nos territoires.

Et progressivement, comme je suis responsable, progressivement, on va économiser l'énergie, déployer les énergies renouvelables, et progressivement, on fermera les réacteurs nucléaires sans se mettre jamais en danger. C'est quand on a installé notre parc nucléaire à peu près en 20 ans. Moi, je vois une sortie en 20 ans. Et je suis un pragmatique, s'il faut mettre 50 plus, on mettra 50 plus. Mais on ne va pas construire ou on ne va pas mettre de l'argent aujourd'hui dans des petits réacteurs qui de toute façon ne seront disponibles que dans au moins 20 ans. Dans au moins 20 ans, quand on aura gagné ou perdu la bataille du climat.

Quand on aura gagné ou perdu la relocalisation de notre économie.

4:02
Yannick Jadot

Vous ne faites pas partie de ceux qui disent, face à l'urgence climatique, face au réchauffement, face au fait qu'il va bien falloir trouver de l'électricité pour faire rouler les voitures électriques qui arrivent dans les années qui viennent, l'urgence veut que finalement on garde le nucléaire encore un peu plus longtemps que ça, puisque c'est une électricité qui ne produit pas de CO2 et qui, l'avenir peut-être, nous permettra de régler la question de l'enfouissement des déchets ou de l'avenir des déchets. Peut-être un jour, depuis 50 ans, on se pose la question des déchets.

4:25
Invité

Il y a des écologistes aujourd'hui qui... Non mais, j'entends le débat. Là, il y a une priorité climatique, mais c'est la mienne, cette priorité climatique. Là, on est face à... On a nos centrales qui arrivent quasiment à 40 ans d'âge. OK ? C'est pour cette période qu'elles ont été construites. La seule question, c'est de savoir... Ce n'est pas de savoir si ça ne nous coûte rien de garder le nucléaire et on investit dans des énergies renouvelables qui nous coûtent cher. Ce n'est pas ça le sujet. Le sujet, c'est qu'on doit mettre de l'investissement, les privés vont mettre de l'investissement, est-ce qu'on choisit le nucléaire ? Est-ce qu'on choisit les énergies renouvelables ?

Moi, je suis pour... Vous savez, je suis pour qu'on forme des ingénieurs et des salariés du nucléaire. Parce qu'on en a encore pour longtemps du nucléaire. Et qu'aujourd'hui, on n'a pas... Même les EDF et le gouvernement n'ont pas fait ce travail de former...

5:18
Yannick Jadot

Ce que vous nous dites ce matin, pour être parfaitement clair sur les dates, ça a son importance dans la campagne présidentielle qui s'ouvre, c'est la fin du nucléaire. En France, au mieux, c'est 2040, dans 20 ans. Peut-être 2045, en tout cas, on prendra le temps qu'il faudra.

5:29
Invité

Je suis pragmatique. Mais quand on doit choisir aujourd'hui quel type d'investissement on fait, il y a les tenants du statu quo qui n'ont rien fait sur l'isolation des logements et mettent les Français en difficulté de pouvoir d'achat, qui n'ont rien fait sur les énergies renouvelables et laissent tous nos concurrents prendre le train, créer les emplois, les entreprises des énergies renouvelables. Ça, c'est les tenants du statu quo. Et on continue avec le nucléaire, et on nous invente les petits réacteurs nucléaires qui vont mettre dans 15 ans ou 20 ans, ou de relancer la filière EPR. Enfin, il faut quand même que vos auditrices et vos auditeurs l'entendent.

La filière EPR, c'est l'EPR de Flamanville ? 17 milliards de surcoûts !

6:10
Yannick Jadot

Mais il se trouve qu'il doit ouvrir, si tout va bien, s'il n'y a pas de nouveau report, il doit ouvrir... Si tout va bien, mais ça fait des années qu'on nous dit si tout va bien. Attendez, je pose juste ma question avant que vous y réagissez, si vous voulez bien. 2023, si tout va bien, s'il n'y a pas de nouveau report, si vous êtes président et que l'EPR commence à produire l'électricité en 2023, vous dites, j'arrête tout de suite. Mais je n'arrête pas un EPR qui... Donc vous l'utiliserez tout de même.

6:29
Invité

S'il est mis en route. Simplement, vous vous rendez compte qu'il y a des responsables au sein d'EDF et des responsables dans l'État, au gouvernement, qui sont responsables d'un surcoût de 17 milliards, d'un retard de plus de 10 années. Et personne n'a à se justifier. Personne n'a à rendre compte, y compris devant la représentation nationale. Moi, je veux qu'on sorte du gaspillage. Et je veux qu'on rentre dans l'économie. Qu'on choisit les entreprises. Qu'on choisit la plupart des démocraties dans le monde. C'est d'aller vers les énergies renouvelables. Et surtout, priorité des priorités, on économise l'énergie et on rend du pouvoir d'achat aux Françaises et aux Français.

8h40, le fil info avec Mélanie Delaunay

7:15
Yannick Jadot

et on vous retrouve dans un instant. Yannick Jadot.

7:18
Invité

Et cette étude qui confirme l'efficacité des vaccins contre le Covid, il protège à 90% des formes graves de la maladie. Les chercheurs de l'assurance maladie et de l'agence du médicament ont suivi 22 millions de personnes de plus de 50 ans vaccinées et non vaccinées en France. Des dizaines de milliers d'écoliers supplémentaires rejoignent leur classe. Le visage découvert, fin du port du masque obligatoire. Dans les écoles de 21 départements de plus, la carte est sur franceinfo.fr. 1500 migrants ont tenté de traverser la Manche pour rejoindre l'Angleterre pendant le week-end à la faveur du temps clément.

Sur France Info, la maire de Calais, Natacha Bouchard, estime qu'il est temps de rompre l'accord sur la gestion des frontières avec les Britanniques. Elle accuse le Royaume-Uni de cynisme en favorisant le travail illégal. Les Bleus en grande forme à un an du Mondial de foot grâce au but de Mbappé et Benzema. La France balle Espagne 2 buts à 1 et ça juge la Ligue des Nations.

8:17
Présentateur

France Info Le 8.30 France Info Salia Braquia, Marc Fauvel. Toujours avec Yannick Jadot, candidat écologiste à l'élection présidentielle. La maire de Paris, Anne Hidalgo, qui est aussi candidate à l'élection présidentielle et socialiste, elle propose de baisser les taxes sur les carburants. Est-ce qu'elle a raison ? Est-ce que c'est une bonne proposition ?

8:35
Invité

Les Français, je l'ai dit, sont face à une crise énergétique que les gouvernements précédents n'ont pas anticipée. On refusait d'agir pour réduire nos consommations d'énergie et donc notre vulnérabilité à l'énergie. Je vous ai dit ce qu'il faut faire sur le bâtiment. Évidemment, nous portons l'investissement dans les transports collectifs, dans le train, tout ce qui permet de réduire. Nous portons... Mais là, contre le feuille des Français,

8:59
Présentateur

les carburants.

9:00
Invité

Non, non, mais bien sûr. Mais la question, c'est comment, déjà, structurellement, on lutte contre ça. Bon. Conjoncturellement, qu'est-ce que j'ai proposé ? Il y a eu 2 milliards, 2 milliards et demi de taxes supplémentaires liées à la hausse des prix de l'énergie, des carburants, du gaz, de l'électricité. Je propose que ces 2 milliards, 2 milliards et demi soient rendus aux Français sous la forme d'un chèque énergie qui serait de 400 euros, 400 euros pour, vous savez, les 5,8 millions de familles qui bénéficient parce qu'elles sont très... Il est aujourd'hui dans du monde

9:36
Yannick Jadot

de 150 euros, ce chèque. Vous l'augmentez, vous l'abondez de 150 euros. Non, je rajoute 400 euros. Ah, vous rajoutez 400 euros.

9:42
Invité

Je mets les 2 milliards et demi, 2 milliards, 2 milliards et demi de recettes supplémentaires de l'État sont rendus aux Français. 400 euros pour les 5,8 millions de familles les plus en difficulté pour faire face à cette crise de leur facture énergétique et 100 euros pour 15 millions de familles supplémentaires les classes moyennes qui sont touchées par ça. Voilà ma mesure conjoncturelle. Structurellement, je vous l'ai dit, en matière d'investissement et puis, structurellement, nous donnerons les premiers mètres cubes d'eau, de gaz et d'électricité. Alors, c'est moi qui vais dire parce que si vous ne répondez pas tout à fait, on les rendra à la question de Salia, Yannick Jadot.

10:22
Présentateur

La proposition d'Anne Hidalgo, ce n'est pas du tout ça.

10:24
Invité

Quand on baisse la fiscalité pour tout le monde, ça ne s'appelle pas une mesure sociale. Ça veut dire qu'en fait, le propriétaire d'un gros 4x4 qui utilise beaucoup de carburant va beaucoup gagner avec ce type de mesures alors que la personne qui a un petit véhicule gagnera peu. Moi, je préfère que, si vous voulez, on ait vraiment des mesures sociales, des mesures de redistribution vers les personnes qui sont aujourd'hui le plus en difficulté. Pourtant, quand on l'écoute Anne Hidalgo,

10:53
Présentateur

elle dit qu'elle ne veut pas faire peser la transition écologique sur les plus fragiles, sur les plus modestes. Là, vous dites l'inverse.

10:59
Invité

Écoutez, moi, je sais ce que je propose. Ce que je propose est éminemment social puisque ça vise à redonner du pouvoir d'achat aux plus fragiles. Et vous savez, c'est même dans mon programme ce que j'appelle le 13e mois écolo du pouvoir de vivre.

C'est-à-dire que, quand vous, permettez, grâce à l'isolation des logements, 500-600 euros d'économie, quand vous baissez la TVA sur les produits réparables, loin du gaspillage, loin de l'obsolescence programmée, quand vous investissez dans le logement social, quand vous permettez, c'est ce que font nos mères, aux familles en difficulté comme aux jeunes d'accéder à des transports collectifs moins chers, voire gratuitement, vous rendez du pouvoir d'achat aux Français. Et dans mes calculs, c'est l'équivalent d'un 13e mois. Ça, c'est faire du social.

11:44
Yannick Jadot

Votre concurrente, lors de la primaire écologiste, Yannick Jadot, Sandrine Rousseau, proposait d'augmenter, chaque année, si elle était élue, les prix des carburants de 6 à 10 centimes. Chaque année, pendant tout son quinquennat, ce qui faisait donc...

11:55
Invité

Ce n'est pas ce qu'il y a dans le projet écologiste. Vous n'avez pas repris cette mesure-là. Ce n'est pas ce qu'il y a dans notre projet écologiste.

11:58
Yannick Jadot

Il n'y aura pas de hausse des prix des carburants dans votre programme.

12:01
Invité

L'idée d'augmenter volontairement les prix des carburants, ça n'est pas dans notre programme. En revanche, ce qui est vrai, c'est que... Ni hausse, ni baisse. Non, mais... C'est le chèque énergie que vous venez de détailler là. C'est le chèque énergie. Ni hausse, c'est très clair, c'est comme ça. Moi, je pense qu'il faut trouver le moyen qu'il y ait une évolution un peu stabilisée des prix de l'énergie, qu'il y ait une forme de serpent. Vous savez, à une époque, il y avait la TTIP flottante. C'était l'idée qu'en fait, vous faites évoluer un peu votre niveau de taxation en fonction des chocs de marché. Donc, on peut parfaitement réfléchir à moduler...

Si je résume, ni Anne Hidalgo, ni Sandrine Rousseau sur l'essence. Moi, je suis sur le projet écologiste. Et le projet écologiste aujourd'hui, il est de... structurellement combattre la dépense quand on propose, par exemple, qu'il y ait le forfait obligatoire de mobilité durable pour les entreprises. C'est l'idée que les entreprises remboursent quand vous faites du covoiturage, quand vous prenez votre vélo, quand vous trouvez d'autres moyens que la voiture pour aller au boulot. Mais il y a plein de gens qui ont besoin de leur voiture. Vous savez, moi, je viens de Picardie, je viens de l'Aisne, je sais d'où je viens.

Sur beaucoup de nos territoires, des femmes et des hommes doivent faire 30, 40, 50 km par jour pour aller bosser. Et bien ça, il faut lutter structurellement contre ça et conjoncturellement, je l'ai dit, c'est un chèque énergie très élevé pour ces familles.

13:23
Présentateur

Yannick Jadot, vous dites ce matin que vous proposez des mesures sociales. Anne Hidalgo, donc la candidate socialiste, c'était l'invité de Francis Lothelier hier dans Dimanche en politique sur France 3 et elle, elle explique pourquoi elle a un avantage sur vous.

13:34
Invité

On l'écoute. Moi, je suis une femme de gauche, je suis socialiste, je suis de la gauche de gouvernement, de cette gauche qui ne refuse pas les responsabilités, de cette gauche qui a compris que bien sûr, l'écologie est un élément central parce qu'il va falloir décarboner notre économie. Ce que je dis aussi, c'est que j'ai une expérience, une expérience de la gestion réelle, de la gestion réelle dans une grande ville que n'a pas Yannick Jadot et une crédibilité aussi à l'échelle internationale

14:05
Présentateur

que n'a pas Yannick Jadot

14:06
Invité

que vous n'avez pas. Écoutez, je ne suis pas sûr que ce soit à la hauteur du débat que nous devons avoir mais il y a un élément sur lequel Anne Hidalgo a raison, c'est que les socialistes ont géré ce pays.

14:18
Présentateur

Et donc ?

14:19
Invité

Les socialistes ont géré ce pays, vous savez, c'était il y a 4 ans, 4 ans et demi. Elle n'était pas au gouvernement. On a eu, non mais attendez, elle dit les socialistes ont une expérience de gouvernement. Elle est la candidate du parti socialiste, les socialistes ont géré ce pays. Et bien, pardonnez-moi de constater qu'il y a eu quand même de sérieuses limites. Moi, je veux bien qu'on me renvoie la question sociale. Le gouvernement socialiste a fini avec les lois travail, les lois El Khomri. Il ne m'a pas semblé que c'était une révolution sociale, en tout cas, c'était plutôt une révolution sociale conservatrice qu'une révolution sociale progressiste.

Mais, et puis sur l'écologie, enfin franchement, le quinquennat Hollande, on a été catastrophé du peu d'ambition qu'a eu ce gouvernement. Elle dit,

14:57
Présentateur

je suis écologiste.

14:58
Invité

D'accord, mais enfin, elle dit, elle est socialiste, elle dit, elle est écologiste. Bon, écoutez, moi, mon sujet, ce n'est pas Anne Hidalgo. Mon sujet aujourd'hui, c'est comment on prépare notre pays à une remise en cause de nos conditions même d'existence, les pandémies, les dérèglements climatiques, la chute de la biodiversité. Comment on organise cette transition pour que notre futur soit bienveillant pour nos enfants et comment on le fait pour qu'il n'y ait personne au bord de la route, qu'on combatte en même temps l'explosion de la pauvreté dans notre pays, les inégalités, l'affaissement démocratique. Ça, c'est le projet écologiste.

15:34
Présentateur

Il va quand même falloir s'entendre avec Anne Hidalgo parce que tout ce que vous proposez là aujourd'hui, si vous êtes seul, vous n'y arriverez pas.

15:40
Invité

Mais la question, ce n'est pas avec Anne Hidalgo ou sans Anne Hidalgo. La question, c'est avec les Français ou sans les Français. Mon projet, il s'adresse aux Français et aux Français. Il ne vous a pas échappé.

15:50
Présentateur

Vous dites quoi aux socialistes ce matin ?

15:52
Invité

Ils font leur congrès, ils décident de leur candidature. Très bien. J'ai tendu la main au printemps dernier à toute la gauche. Ils sont tous venus. Ils sont tous venus. Après, il y en a qui sont venus en faisant semblant de venir et d'autres. Moi, ma main reste tendue à tous les progressistes, à tous les humanistes. Mais face au dérèglement climatique, face à l'effondrement de cette biodiversité, face aux pollutions plastiques partout, face à la pauvreté, on voit des fils de gamins qui font la queue pour avoir un collier alimentaire. Eh bien, je veux proposer un projet qui soit cette écologie qui ne transige pas avec le climat, la biodiversité. Et qui s'adresse à toute la gauche.

Et qui s'adresse à tous les Françaises, à tous les Français. Parce qu'aujourd'hui, c'est les Françaises et les Français qu'on a besoin de rassembler. Et je souhaite évidemment, derrière ce grand projet écologiste, tout le monde dit qu'il faut se recomposer, se repenser autour de l'écologie. Eh bien, ça tombe bien. Il y a un projet écologiste, il y a une candidature écologiste.

16:52
Présentateur

Vous, vous direz jusqu'au bout, le 10 avril, il y aura un bulletin Yannick Jadot ?

16:55
Invité

Parce qu'on ne peut plus transiger. On ne peut plus transiger. On ne va pas refaire un quinquennat Hollande où on n'a pas su ce qu'on allait faire sur l'écologie. Et je l'ai dit, sur le social, il n'y a eu aucune grande mesure sociale. L'écologie aujourd'hui, un grand projet. Un grand projet qui n'est pas de diviser les Français. Un grand projet qui n'est pas, au fond, de trier les Français. Comme le fait Zemmour. C'est un grand projet qui vise à gagner justement en réconciliant notre Français. Vous avez des candidats aujourd'hui qui veulent réécrire l'histoire. Eh bien, nous, on veut écrire l'avenir. Qu'est-ce que vous dites

17:28
Présentateur

aux socialistes qui espèrent encore aujourd'hui que vous allez les rejoindre avant le premier tour ?

17:31
Invité

Eh bien, écoutez, qui regardent notre projet. Je les entends discuter entre eux. Mais ce n'est pas mon sujet. Le Parti socialiste a une grande histoire. Je ne la conteste pas. Bravo, félicitations. Moi, je suis écologiste. Et je pense qu'aujourd'hui, c'est le projet écologiste qui nous permet d'offrir un avenir à nos enfants, qui nous permet de résoudre les questions sociales, qui nous permet de revitaliser l'économie, de relocaliser cette économie, ces entreprises. Vous savez que je vais proposer dans les semaines qui viennent un grand plan de réindustrialisation de notre pays. Eh bien, ça, c'est le projet écologiste.

18:06
Yannick Jadot

8h51. Yannick Jadot, l'invité de France Info. Yannick Jadot, candidat donc jusqu'au premier tour, nous dit-il ce matin. Et au second, c'est ce que vous espérez. Je suis là pour gagner. Ça veut dire que... Si la question cesse que je... Puis-je tenter de vous poser, même si on est un peu en retard sur le fil info, la question d'une autre façon. Vous êtes prêt, si vous êtes élu, à gouverner avec des hommes et des femmes socialistes dans votre équipe ? Vous imaginez bien que si on gagne... Ou uniquement avec vos rivaux à la primaire.

18:29
Invité

Mais non, mais non, mais non. Vous imaginez bien que si on gagne cette élection présidentielle, c'est qu'on aura rassemblé très largement les progressistes et les humanistes.

18:35
Yannick Jadot

Et donc, les insoumis seront les bienvenus, les socialistes seront les bienvenus ?

18:37
Invité

Mais vous savez, déjà, pour gagner, ce sont les électrices et les électeurs. Ce sont les électrices... Mais après, il y a la question de la majorité qui se pose assez vite. J'entends ça, M. Fauvel. Mais voyez à quel point notre débat politique s'est affaissé, particulièrement ces dernières semaines. Les préoccupations des Françaises et des Français, ce n'est pas de savoir si Pétain a été un grand résistant. Ça, c'est juste immonde. C'est de savoir si demain, nos enfants mangeront bien la cantine. C'est de savoir si demain, on aura des services publics de proximité. J'ai été la semaine dernière avec les sages-femmes.

On est en permanence autour de l'hôpital, de l'école, du commissariat, du tribunal. C'est de savoir s'il va y avoir un boulot à côté de chez nous, s'il va y avoir des paysans à côté de chez nous. C'est ça que... Et les Français veulent être fiers de leur pays. Les pieds dans la terre, mais en regardant l'Europe avec fierté et pas ce débat nauséabond qu'on a aussi sur l'Europe. Regardez le monde en se disant « Waouh ! On fait partie de l'humanité et on va participer à sauver l'humanité

19:32
Yannick Jadot

face au grand défi du climat. » Le Filinfo à 8h52. Mélanie Delaunay, on vous retrouve dans un instant.

19:38
Invité

Dans les Pyrénées-Atlantiques, la Gironde, l'Oise, le Barin, la Réunion, les écoliers tombent à leur tour le masque. Ce matin, ils restent en vigueur en élémentaire dans un tiers des départements dont toute l'Île-de-France. Le dernier budget du quinquennat arrive cet après-midi devant les députés. 12 milliards d'euros de crédit supplémentaire. Sans compter le plan d'investissement et le revenu d'engagement pour les jeunes, l'opposition dénonce un budget incomplet. Le dépistage gratuit du VIH en laboratoire est sans ordonnance. Le ministère de la Santé veut étendre à toute la France ce qui était expérimenté jusqu'ici à Paris et dans les Alpes-Maritimes.

Les pommes, les citrons, les choux-fleurs emballés dans du plastique se sera terminé en janvier. Il y aura des exceptions pour les fruits et les légumes déjà épluchés ou coupés ou bien les plus fragiles comme les pêches ou les fraises. La meilleure des vitamines c'est de gagner des titres pour Didier Deschamps. Les footballeurs de l'équipe de France en ont fait le plein. Ils remportent la Ligue des Nations en battant l'Espagne 2-1.

20:39
Présentateur

France Info Le 830 France Info

20:43
Yannick Jadot

Yannick Jadot vous venez de signer une tribune dans Le Monde pour dire le scandale des Pandora Papers le scandale d'évasion fiscale où 300 responsables de la planète ont été pris. La France est complice de ce scandale. Dites-vous le gouvernement est complice. Qu'est-ce qui vous permet de dire ça ?

21:01
Invité

On a eu au printemps dernier au niveau européen la question de la transparence complète des firmes multinationales. Où est-ce qu'elles ont de l'activité ? Où est-ce qu'elles ont des emplois ? Où est-ce qu'elles payent de l'impôt ? Et la France a participé de ces pays y compris les plus réfractaires à lutter contre les paradis fiscaux pour remettre le secret des affaires au cœur de ces réglementations. Vous savez ? Ça fait des années que Bruno Le Maire plaît pour cette taxe. Vous êtes en train de nous dire que c'est un double jeu de sa part. Bruno Le Maire c'était la taxe GAFAM. C'est un peu autre chose. Qui est l'autre volet d'accord qui a été conclu.

Donc là c'est la transparence de ces multinationales sur leurs activités. où est-ce qu'elles déclarent leurs impôts ou pas ? Et donc la France a fait partie de ces pays qui ont dit secret des affaires. Vous savez ? C'est secret auquel vous aussi journalistes vous êtes confrontés quand il y a des lanceurs d'alerte ou quand vous faites des enquêtes. Deuxième chose quand Biden arrive au pouvoir vous vous souvenez ? Il dit allez 20% taux minimale d'impôt sur les sociétés. L'Europe aurait pu saisir cette balle au bon pour stopper la concurrence fiscale. Et finalement ce sera comme l'Allemagne.

22:06
Yannick Jadot

Mais vous connaissez aussi l'argument vous êtes député européen l'argument de l'Europe c'était si on fait 21 l'Irlande qui a un taux aujourd'hui de 12,5 ne signera pas cet accord. Et donc c'était soit tous ensemble à 15 soit sans l'Irlande ce qui du coup tuait l'accord en Europe.

22:19
Invité

Imaginez que la France l'Allemagne l'Italie et l'Espagne les 4 grandes puissances économiques de ce pays avec la Pologne et d'autres on dit et bien maintenant c'est 21%. Il se trouve que la fiscalité il suffit d'une voix pour faire capoter l'accord. Non parce que vous pouvez le faire à l'échelle d'une coopération renforcée. Mais rien n'empêche les pays européens

22:39
Présentateur

Sur la question de fiscalité il faut que ce soit unanime ?

22:41
Invité

Non. Pour que ce soit la règle européenne mais vous ne pouvez pas empêcher un pays et surtout un groupe de pays quand ce sont les pays le plus puissants

22:49
Yannick Jadot

vous auriez fait 21% en Europe et il y aurait eu un petit pays au nord-est qui restait en musée et du coup la corde ne servait à rien et les grands groupes les gars-femmes restaient en Irlande comme aujourd'hui.

22:59
Invité

Le combat que nous menons par exemple sur la question des paradis fiscaux c'est d'empêcher McDonald's de puiser dans tous les profits vous savez tous les restos McDonald's ils ne font quasiment jamais aucun profit vous savez pourquoi ?

Parce qu'en fait chaque resto chaque franchise McDonald's paye à McDonald's Luxembourg grand paradis fiscal la marque et donc il faut absolument arrêter cette évasion fiscale c'est la mort de toute perspective de solidarité c'est la mort du consentement à l'impôt donc à la fin c'est moins d'hôpitaux moins de lits de réanimation moins d'écoles des enseignants moins payés ou des policiers qui ne sont pas dans les rues à un moment donné il faut faire un choix politique et malheureusement j'aimerais que sur ces questions des paradis fiscaux on ait une Europe absolument exemplaire

23:47
Présentateur

Justement sur l'Europe vous voyez Yannick Jadot dans cette présidentielle plusieurs candidats à droite comme à gauche veulent remettre en cause la supériorité des lois européennes sur les lois françaises Michel Barnier Marine Le Pen il y a aussi Arnaud Montebourg à gauche qui dit le retour de la souveraineté de la France passera par la supériorité de la loi française sur les décisions européennes quand vous entendez ça vous député européen comment vous réagissez ?

24:13
Invité

Mal mal parce que vous savez si la Pologne choisit de remettre en cause la primauté du droit du droit européen c'est son tribunal constitutionnel c'est pour mettre la justice au pas au pas du parti au pouvoir ultra conservateur ce même parti qui combat le droit à l'avortement qui combat les homosexuels les LGBT vous n'étiez pas le monde attendez quand vous avez des responsables politiques qui sautent sur l'occasion pour dire super ce qu'a fait la Pologne on n'est pas totalement d'accord mais super ça veut dire qu'en fait vous savez tous les démocrates se sont toujours battus grâce à un droit supérieur à leur pays quand on se bat sur le climat on se bat en référence à l'accord de Paris c'est un droit mou mais c'est quand même une perspective internationale qui peut sauver l'humanité quand on se bat sur nos pollutions vous savez la France est condamnée par l'Union Européenne sur la pollution de l'air aujourd'hui par la justice sur le climat sur la protection des sols grâce au droit européen c'est un levier extraordinaire de progrès alors à un moment donné quand vous remettez en cause la supériorité du droit européen ça s'appelle le Frexit vous savez le débat en Grande-Bretagne sur le Brexit il a été sur quoi ?

la fin de la supériorité du droit européen et les migrants quel est le débat que nous avons dans notre pays ? l'immigration et la supériorité du droit européen que ces responsables politiques arrêtent de faire de l'électoralisme back-case que ces gens regardent ce que peut être la souveraineté française elle est nationale elle est locale mais elle est aussi européenne sur le climat on a parlé des paradis fiscaux sur le terrorisme vous croyez que c'est tout seul qu'on va résoudre nos problèmes ?

il faut faire avec les autres il faut toujours avoir vous savez l'écologie c'est les pieds dans la terre les pieds sur terre c'est revaloriser nos territoires nos terroirs retrouver de l'implication locale mais c'est toujours un regard sur l'Europe un regard sur l'universel c'est ça être français c'est ça être français

26:13
Yannick Jadot

merci Yannick Jadot merci et bonne journée si vous aimez le 830 France Info on vous conseille Élisez la bataille le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses à découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr

Nucléaire, prix des carburants, présidentielle... Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot — Yannick Jadot · Pourquijevote