Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 16 avril 2025 21 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileÉconomie & entreprisesSécuritéInstitutions & élections

Jean-Philippe Tanguy : "Nous demandons des mesures fermes contre l'Algérie !" (BFMTV)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:32OuverteRéponse partielle

    Vous saluez la manière forte employée par Paris ?

  • 1:10RelanceRéponse partielle

    Est-ce que c'est la bonne décision, au moins ?

  • 1:48OuverteRéponse directe

    Vous plaidez pour la rupture des relations avec l'Algérie ?

  • 2:24OuverteRéponse directe

    François Bayrou a dressé un tableau apocalyptique des finances publiques. Vous êtes d'accord ?

  • 3:22OuverteRéponse directe

    La survie du pays est en jeu selon Bayrou. Vous êtes d'accord ?

  • 4:31RelanceRéponse directe

    Les grands arbitrages budgétaires sont-ils déjà faits ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:02Invité politiqueFait
    « Nous on avait au moins une position claire, qui était une fermeté définitive, et de ne pas faire des allers-retours permanents. »
  • 2:07Invité politiqueFait
    « Des mesures fermes sur les visas, sur les droits des dignitaires, sur les mouvements financiers entre la France et l'Algérie, on est extrêmement ferme. »
  • 3:37Invité politiqueChiffre
    « M. Bayrou co-gouverne la France depuis 7 ans. Donc il y a 1000 milliards de dettes, c'est lui et ses amis macronistes. »
  • 3:51Invité politiqueFait
    « On ne peut pas dire que c'était une force d'opposition aux politiques qui ont été menées depuis 30 ans, demandant toujours plus d'argent pour les collectivités territoriales. »
  • 6:11Invité politiqueFait
    « Cette non-réforme des retraites a des conséquences sur la vie des gens qui ont un coût indirect considérable sur le reste des comptes sociaux. »
  • 11:08Invité politiqueFait
    « Pour moi, il y a deux échelons qu'il faut supprimer, l'échelon intercommunal, l'échelon régional, qui sont très mal gérés. »
  • 12:20Invité politiqueFait
    « Croire qu'on a besoin d'une immigration non qualifiée qui vient submerger le marché du travail, qui est déjà bien en peine, c'est complètement déraisonnable. »
  • 12:36Invité politiqueFait
    « Oui, si vous faites venir des ingénieurs ou des ouvriers qualifiés, évidemment ça rapporte, si vous faites venir des chômeurs qui sont au chômage, ça rapporte rien du tout et ça coûte beaucoup. »
  • 17:25Invité politiqueChiffre
    « La politique de formation professionnelle, 30 milliards d'euros pour des résultats minables. »
  • 20:02Invité politiqueFait
    « Ce qui est sûr, c'est qu'on a voté la loi contre le narcotrafic. Et je vous fais remarquer que sans les députés du Rassemblement national, cette loi serait finie dans le décor. »

Temps de parole

  • Jean-Philippe Tanguy35 %
  • Invité26 %
  • Présentateur25 %
  • Locuteur non identifié11 %
  • Présentateur 23 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

On parlera dans un instant bien évidemment de l'économie, d'ailleurs vous êtes le monsieur économie du Rassemblement National, c'est comme ça qu'il faut vous présenter, mais ça vous fait rire, je ne sais pas si ça commence bien. Juste avant Jean-Philippe Tanguy, sur ce qu'on était en train d'aborder, ce choix de la fermeté qui est fait par Paris, 12 agents consulaires expulsés, c'est une décision de la France, l'ambassadeur de France à Alger a rappelé pour consultation, je vous ai beaucoup entendu sur la question des relations entre la France et l'Algérie ces dernières semaines, considérer que la solution diplomatique, le choix de la diplomatie, ça ne fonctionnait pas.

Vous saluez ce soir la manière forte qui est employée par Paris ?

0:36
Jean-Philippe Tanguy

La manière forte, on verra dans la durée, parce que c'est surtout une politique totalement illisible. Donc la semaine dernière, M. Barrault venait à Alger, soi-disant tout allait mieux, tout serait arrangé, et puis finalement pas du tout, maintenant c'est encore pire qu'il y a deux semaines. Bon, moi je n'arrive pas à comprendre ni à lire ce qui se passe entre Paris et Alger, il n'y a pas de colonne vertébrale ni de stratégie sur cette relation. Donc nous on avait au moins une position claire, qui était une fermeté définitive, et de ne pas faire des allers-retours permanents.

On voit bien en tout cas que la grande réconciliation, d'où d'ailleurs le débat qu'il y a eu sur votre antenne à l'instant, la grande réconciliation n'a rien donné.

1:10
Présentateur

Mais est-ce que, à minima, vous soulignez l'illisibilité, est-ce que, à minima, vous dites, oui, Paris a raison d'expulser ses 12 agents consulaires et de rappeler l'ambassadeur pour consultation ? Est-ce que c'est une... vous pouvez dire c'est tardif, mais est-ce qu'au moins c'est la bonne décision, c'est la bonne décision à prendre ?

1:25
Jean-Philippe Tanguy

C'est la bonne décision si, suite à ça, il y a des mouvements très fermes et une politique ferme. Si c'est faire cela, puis recéder, se resoumettre au désirata du régime algérien la semaine prochaine, ça ne servira à rien. Pire, ce serait une nouvelle preuve de faiblesse. Donc moi je ne juge pas, moi je sais que je ne suis pas le cabri qui saute sur mon siège pour commenter les allers-retours de M. Macron et ses amis qui, de toute évidence, ne sait pas à quel sein se vouer.

1:48
Présentateur

Mais juste pour bien comprendre Jean-Philippe Tanguy, ce pourquoi vous plaidez, vous plaidez pour la rupture des relations, c'est-à-dire qu'il ne faut pas seulement rappeler l'ambassadeur pour consultation, mais juste dire, on supprime la représentation diplomatique à Alger, on rond les consultations, on rond les relations entre la France et l'Algérie ?

2:02
Jean-Philippe Tanguy

D'extrême exception près, on est contre toute rupture des relations diplomatiques, c'est le sens de la diplomatie. Par contre, des mesures fermes sur les visas, sur les droits des dignitaires, sur les mouvements financiers entre la France et l'Algérie, on est extrêmement ferme, pour le moment il n'y a rien annoncé.

2:20
Présentateur

Voilà donc le Rassemblement national qui dénonce un manque de stratégie. Je voudrais, Jean-Philippe Tanguy, qu'on parle donc de cette prise de parole du Premier ministre ce matin, tableau apocalyptique sur les finances publiques, et pour planter le décor, je vous propose que vous l'écoutes. Ah bon, Étienne Jarnet ne le dit même pas, mais on va écouter ce que disait ce matin François Bayrou au sujet donc de ces finances publiques. Écoutez. L'exercice de vérité que nous faisons ce matin ensemble est essentiel, ou devrais-je dire les preuves de vérité tant les constats dressés nous font prendre conscience des déséquilibres que notre pays traîne depuis des décennies.

Aucun gouvernement, ni le nôtre, ni ceux qui viendront après nous, ne pourra éluder cette question. C'est de la survie de notre pays qu'il s'agit, de son indépendance, de sa liberté, de son équilibre et de sa paix civile. On parlera avec Étienne Jarnet et Agnès Verdi-Bollinier des solutions, et on imagine qu'il y aura pas mal de désaccords autour de cette table. Mais est-ce qu'au moins, Jean-Philippe Tanguy, sur le constat, la survie du pays est en jeu ? Est-ce que vous êtes d'accord ?

3:27
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais M. Bayrou découvre que la terre est ronde. Donc on a eu le droit à une demi-heure d'enfance-salle de porte ouverte, où François découvre le bilan de Bayrou. Donc M. Bayrou co-gouverne la France depuis 7 ans. Donc il y a 1000 milliards de dettes, c'est lui et ses amis macronistes. Et avant, il a été associé à un certain nombre de gouvernements. Alors certes, il avait été critique du niveau de la dette, mais on ne peut pas dire que c'était une force d'opposition aux politiques qui ont été menées depuis 30 ans, demandant toujours plus d'argent pour les collectivités territoriales, pour ça, n'étant pas capable de faire le grand ménage. M.

Bayrou, il a été à la planification, il a été soi-disant commissaire au plan. Donc il est au courant de tout cela. Ou alors il ne servait à rien comme commissaire au plan. L'un n'empêche pas l'autre. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que là, il n'y a eu aucune annonce.

4:06
Présentateur

Non mais ça, pour le coup, c'était dit. Ça sert à quoi ? Qu'on plantait le décor et qu'on disait, et dans l'occurrence, c'est ce qu'a dit François Bayrou, d'ici le 14 juillet, on saura à quelles mesures sont mises en avant.

4:15
Jean-Philippe Tanguy

Non mais d'ici le 14 juillet, quand on connaît le budget, à 14 juillet, les grands arbitrages, ils sont déjà faits. Donc en fait, on nous balade, on joue sur la méconnaissance des uns et des autres des processus budgétaires. En fait, M. Bayrou nous met devant le fait accompli. Et le 14 juillet, les grands arbitrages sont faits. Donc dans ce cas-là, il ne fait pas semblant de consulter les oppositions.

4:31
Présentateur

Etienne Gernel, juste avant d'écouter François Bayrou, je disais tableau apocalyptique, et vous disiez non, même pas ?

4:35
Locuteur non identifié

Non, il a décrit les choses. C'était pas mal d'ailleurs, les infographies étaient bien faites. Il a réhabilité le travail des infographistes. Il a trouvé quelqu'un qui a apprécié... Non, mais c'était bien fait, c'était intelligent, c'était juste, il n'y avait rien à dire. C'était un peu en dessous de la main, parce qu'il y a quand même un sujet qu'il n'a pas évoqué, qui est les retraites. Or, les retraites, c'est le quart de la dépense publique. Mais sinon, j'aurais pu publier, moi, ces tableaux, dans le point, c'était très bien fait, c'était du bon travail. Et le sujet, c'est qu'est-ce qu'on en fait après ?

Alors après, il était bon aussi, c'était très intéressant, tout ce qu'il a raconté, évidemment, sur l'excès d'imposition en France, ce qui est une réalité, sur le manque de quantité de travail, ce qui ne va pas tout à fait dans votre sens, parce que pour travailler plus, il faut aussi travailler plus longtemps, pas que, mais il faut aussi travailler plus longtemps. Et il a dit une chose qui est très importante, et qui n'est pas assez souvent dite, c'est que c'est parce qu'on ne travaille pas assez qu'on a un PIB par habitant qui est trop faible. On est trop pauvre.

Donc ça, le tableau, il était bien, c'était un travail de pédagogie, c'était aussi l'expression de quelqu'un qui n'a pas de majorité, donc qui ne peut, à l'heure actuelle, rien en faire de sérieux, sinon les amis de M. Mélenchon et les amis de M. Tanguy vont le censurer.

5:46
Présentateur

– Je vous donne la parole dans un instant, Agnès Verdi-Moligny, mais je prends la balle au bon, puisque vous parlez des retraites, Étienne Gernell, compte tenu des chiffres qui sont donnés, de la dette de ce mur, pour reprendre le titre de votre livre, Agnès Verdi-Moligny, est-ce que c'est vraiment raisonnable, quand on est au Rassemblement national, de continuer à plaider pour une réforme des retraites qui, j'ai retrouvé le chiffrage, coûte 10 milliards d'euros ? On a vraiment les moyens de mettre en œuvre une réforme comme celle-là, vu la situation financière ?

6:11
Jean-Philippe Tanguy

– Oui, parce que cette non-réforme des retraites a des conséquences sur la vie des gens qui ont un coût indirect considérable sur le reste des comptes sociaux. La réforme Fillon l'avait montré. Mais dans la réforme de Marine Le Pen, par exemple, ce n'est pas contradictoire à ce que vous avez dit, puisqu'il y a beaucoup de mesures pour inciter les jeunes à rentrer plus tôt sur le marché du travail, et pour permettre à nos aînés de travailler jusqu'au bout.

Parce que décaler l'âge de départ à la retraite, quand il y a autant de jeunes sans emploi ou d'inactivité et sans formation, capables de les emmener à un vrai emploi, et autant de personnes, d'aînés de nos seniors qui sont mis au chômage d'office, dont la productivité n'est pas acceptable parce qu'ils n'ont pas eu de formation tout au long de la vie, il y a d'autres chantiers à faire. En fait, ce débat permanent sur l'âge de départ à la retraite efface et cache tous les autres débats que nous devrions avoir sur la politique économique. On ne parle que de l'âge de départ à la retraite et on ne parle pas des autres enjeux.

7:00
Locuteur non identifié

– Mais parce qu'on est les tout seuls en Europe à avoir un âge de départ aussi bas.

7:03
Jean-Philippe Tanguy

– Oui, mais on est aussi les seuls à avoir aussi peu de jeunes qui travaillent et aussi peu de personnes seniors qui travaillent.

7:08
Locuteur non identifié

– Et pardon, mais ce qui s'est passé dans tous les pays européens, je dis bien tous les pays européens qui ont augmenté l'âge de la retraite, c'est que ça a augmenté le taux d'emploi des seniors. Ça suit, c'est comme ça, c'est des faits, c'est vérifiable.

7:18
Jean-Philippe Tanguy

– Non, si vous enlevez l'effet retraité et l'en fait des sociétés parapubliques, l'effet est très faible.

7:23
Présentateur

– Agnès Verdier-Molinier, c'est vrai que sur la question des retraites, et on parlera dans un instant de la question de savoir si les retraités peuvent ou non contribuer au redressement, mais il y a quand même quelque chose d'étonnant à avoir un Premier ministre qui arrive en disant que la situation est très grave et qui est le même Premier ministre qui soumet à la concertation la possibilité de revenir sur la réforme des retraites qui pourtant génère des économies, vous ne direz sans doute pas assez, mais qui en génère. Quel regard est-ce que vous avez porté sur la potion, puisque ce n'est pas encore une potion, mais du moins sur ce tableau dressé par François Bayrou ?

7:50
Invité

– Ce tableau, on ne travaille pas assez, on ne produit pas assez en France, on taxe déjà trop, on dépense trop. 57% de dépenses publiques par rapport à la richesse nationale, c'est énorme, 57%, 1700 milliards de dépenses, on est sur une situation qui est qu'on a dépensé toujours plus et on parle tout le temps des recettes qui ne rentrent pas, alors qu'en réalité, ce qu'on voit nous à la Fondation IFRAP, c'est que ce qui s'est passé en 22, en 23 et en 24, c'est que là où ça a dérapé le plus, c'est sur les dépenses.

96 milliards de dépenses de plus par rapport à ce qui avait été voté en 2022, 27 milliards de plus de dépenses par rapport à ce qui avait été voté en 2023 et 32 milliards de dépenses en plus par rapport à ce qui avait été voté en 2024. À un moment, c'est les collectivités locales et c'est les dépenses de sécurité sociale. Donc, c'est les retraites, c'est la santé, c'est les collectivités. C'est aussi les aides sociales. Donc là, si on veut 40 milliards d'euros d'économie, c'est possible. Donc moi, je trouve qu'il faut dire au Premier ministre, oui, chiche, on y va, on fait des vraies économies, parce que sinon, qu'est-ce qu'on va faire ?

On va augmenter les impôts et donc ça, ce n'est pas possible et ce n'est pas acceptable.

8:55
Présentateur

Un exemple, puisque vous y travaillez à l'IFRAP, dans votre livre, d'une mesure qui tout de suite générerait un maximum d'économies et ensuite, on la soumettra à Jean-Philippe Tanguy. Quelque chose me dit qu'il ne sera pas forcément d'accord, mais allez-y.

9:06
Invité

Tout simplement, refaire un pacte déjà avec les collectivités locales pour qu'elles freinent leurs dépenses de fonctionnement. Là, on va sortir une nouvelle étude à la Fondation IFRAP qui est absolument incroyable. C'est qu'on a 8 milliards d'économies, si rien qu'en se mettant à la moyenne des dépenses de fonctionnement par habitant de l'ensemble des collectivités locales, strat par strat, 8 milliards d'économies, rien qu'en se mettant à la moyenne, c'est 20 milliards d'économies et plus en se mettant sur les meilleurs gestionnaires. Les collectivités, elles nous disent, notamment les maires, nous, on ne veut pas participer au débat. Mais attends, ce n'est pas possible.

Sur 23-24, le dérapage au niveau des collectivités locales, c'est 21 milliards.

9:41
Présentateur

Donc il y a de la marge, c'est ça ?

9:42
Invité

Mais il y a une marge énorme sur les dépenses de fonctionnement, sur les dépenses d'administration. On a des doublons partout. On a des opérateurs qui nous coûtent aussi de plus en plus cher, qui ne publient pas leurs comptes. On va le montrer aussi dans les prochains travaux qu'on va publier sur 145 opérateurs qu'on a pris, les agences de l'État. On a trouvé que 20 comptes. On a les comptes détaillés et on n'a pas, en réalité, les informations sur comment a été utilisé véritablement l'argent public derrière. Donc on a devant nous un travail énorme à faire. Moi, je crois qu'il faut dire qu'il faut encourager ce gouvernement à aller jusqu'au bout de la logique de baisser la dépense.

Évidemment, il faudra repousser l'âge de départ à la retraite. Je suis complètement d'accord avec Étienne Jernel. Dans mon livre, je dis 66 ans en 2033. Et ce n'est pas une potion amère. La réalité, c'est même beaucoup plus faible en termes de l'âge de départ par rapport à ce qui est déjà le cas dans les pays européens. Donc, voilà, le sujet de la baisse de la dépense, si on ne veut pas augmenter les impôts de nos concitoyens, c'est clairement, il faut passer sur la question du social et du local. Et il faut aller très, très vite.

10:46
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, le social, le local. Là encore, et ce n'est pas seulement valable pour le Rassemblement national, mais plus généralement pour les oppositions, on ne peut pas dire qu'on soit submergé de propositions d'économie.

10:58
Jean-Philippe Tanguy

Si, si, nous, on a présenté un contre-budget avec beaucoup de mesures d'économie, en particulier, effectivement, sur les collectivités territoriales. Nous, on a le courage de dire, effectivement, aux collectivités territoriales, qu'il y a beaucoup de gabegies. Pour moi, il y a deux échelons qu'il faut supprimer, l'échelon intercommunal, l'échelon régional, qui sont très mal gérés. Moi, je le vois sur mon territoire, mes petites communes, mes 230 communes sont très bien gérées. Il n'y a aucun dérapage budgétaire. Les intercommunalités, c'est n'importe quoi, c'est illisible. Il y a des dépenses de fonctionnement complètement dingues.

Il y a des fonctions de support qui ne servent à rien territoire, et en plus, on prive les citoyens de leur pouvoir sur leur maire et les maires de leur pouvoir sur leur territoire.

11:32
Présentateur

Et sur le social, est-ce qu'il est tabou, Jean-Philippe Tanguy ? Il y a plusieurs idées dans l'air. Par exemple, l'idée de désindexer, c'est-à-dire de faire en sorte que les pensions de retraite n'augmentent pas aussi vite que l'inflation. L'idée aussi de revenir sur ce qu'on appelle l'abattement de 10% pour les pensions de retraite. Est-ce que ça, c'est des idées taboues pour faire des économies ?

11:49
Jean-Philippe Tanguy

Mais ce n'est pas que c'est tabou, c'est qu'avant de priver une fois plus les Français d'un droit social, il y a de la gabegie Rien n'est un de l'or, mais c'est toujours pour les mêmes en l'occurrence. Mais par exemple, le tabou de l'immigration en France, est-ce qu'un jour il va tomber ? Combien il faudra que le Rassemblement National ?

12:07
Présentateur

Quel que soit le sujet qu'on évoque, la réponse c'est les économies de l'immigration.

12:09
Jean-Philippe Tanguy

Non, je ne crois pas, vous m'invitez régulièrement, je ne pense pas que vous pouvez dire que quand je réponds à vos questions sur l'économie et les finances, je ne parle que de ça. Mais en tout cas, ne pas vouloir parler du tabou de l'immigration, des dépensiers à l'immigration dans un pays où il y a entre 3 et 5 millions de chômeurs, selon la façon dont on compte, et qu'il faut trouver un travail ou une formation. Croire qu'on a besoin d'une immigration non qualifiée qui vient submerger le marché du travail, qui est déjà bien en peine, c'est complètement déraisonnable.

Voilà les études qui disent que l'immigration rapporte de l'argent, quand on lit dans le détail et qu'on n'est pas dans la caricature. Oui, si vous faites venir des ingénieurs ou des ouvriers qualifiés, évidemment ça rapporte, si vous faites venir des chômeurs qui sont au chômage, ça rapporte rien du tout et ça coûte beaucoup. Et évidemment aujourd'hui, le chômage dans la population immigrée en France, ce n'est pas une généralité dans toute l'OCDE, mais en France, il le double du taux de chômage des nationaux, donc ça ne sert à rien de survenir du monde.

12:58
Présentateur

Etienne Jernet, l'Agnès Verdumonine, je voudrais vous souhaiter une piste d'économie qui est explosive, on en parlera dans un instant avec le patron de la Cour des comptes, Pierre Moscovici. C'est tout à la fin du rapport qu'il rend en proposant des économies de dépense sur le social, le fait d'indexer les remboursements de soins en fonction des revenus. Est-ce que ça c'est une piste intéressante ?

13:19
Invité

En fait, c'est un nouvel impôt, en réalité. Parce que ça c'est clairement l'idée de dire, vous payez déjà énormément d'impôts. Parce qu'il y a une étude qu'on a sortie à la Fondation IFRAP qui montre que sur les 10% qui déclarent le plus de revenus, en fait, ils payent 75% de la recette d'impôt sur le revenu et sur la totalité des impôts directs, ils payent plus de 50% de la totalité des impôts directs. Donc dire à ceux qui payent déjà le modèle social, en fait, vous ne serez pas aussi bien remboursés que les autres et vous devrez payer en partie pour les frais de santé. Moi, je pense que ce n'est pas du tout une bonne piste. En revanche, allez sur les transports sanitaires.

Il y a 6 milliards de dépenses de transports sanitaires. Les transports sanitaires sont mieux remboursés à 93% que les soins en général à 77%. Il n'y a pas un truc qui ne va pas là-dedans ?

14:05
Locuteur non identifié

Je suis d'accord, mais en fait, on cherche toutes les excuses pour ne pas faire les choses qu'il faut faire. La dépense sociale, c'est la moitié de la dépense publique. On ne peut pas baisser les dépenses sérieusement et c'est la partie chez nous en France qui est la plus hypertrophiée par rapport à nos voisins européens. Donc c'est évidemment d'abord là qu'il y a des ressources et c'est là qu'il faut aller chercher de l'argent. C'est une évidence absolue et on cherche par tous les moyens des excuses, des prétextes pour ne pas le faire et notamment à LFI, ça c'est très fort, ou à RN qui ressemble beaucoup à LFI sur l'économie en dehors de la question de l'immigration.

Mais vous êtes quand même très très proche, vous pouvez le dire quand même, je suis désolé. Moi j'ai souvent du mal à vous distinguer. Tout à l'heure, j'aurais vu M. Porte ou je ne sais pas. Oui, bien sûr. Ça aurait été la même chose.

14:51
Jean-Philippe Tanguy

Thomas Porte ou NPA, vous avez raison. Tout le monde va croire que je suis au NPA, vous avez raison. C'est vraiment très distingué. Il était au NPA, il n'est plus.

14:58
Locuteur non identifié

Il y a un moment où il faut accepter de dire que nous avons des dépenses sociales qui sont hypertrophiées par rapport à tous les voies européennes et que ça n'est pas viable.

15:07
Invité

Il y a aussi autre chose. Ça n'est pas possible. Non mais c'est un problème de liste, pardon. La Cour des comptes aurait pu souligner qu'on a des coûts administratifs de la santé qui sont énormes. On a 15 milliards de dépenses administratives dans la santé. 15 milliards. C'est quand même absolument gigantesque. Et pourquoi ? Parce qu'on a l'assurance maladie obligatoire, un premier étage que tout le monde connaît. C'est là qu'on envoie sa feuille de sécu à la caisse première d'assurance maladie. Et on a un deuxième étage obligatoire, c'est la complémentaire santé.

Dans beaucoup de pays européens, on a mis en concurrence ces assureurs au premier euro en disant « Voilà, vous avez du choix, comme ça vous avez aussi de l'accompagnement, vous avez de l'information sur le parcours de soins. » Et ça pourrait donc coûter 4 à 5 milliards de moins par an, rien qu'en faisant cette mise en concurrence des assureurs privés, publics. Pourquoi on ne le fait pas ? Est-ce que nos concitoyens ne seraient pas contents d'avoir un seul assureur en concurrence qu'ils pourraient choisir ?

Non, finalement, on ne remet jamais en question cette situation et on fait des milliards de dépenses en trop sur l'administratif et ce n'est pas des soins aux patients, c'est de la paperasse supplémentaire.

16:06
Jean-Philippe Tanguy

Évidemment, d'ailleurs, on le voit bien sur le terrain, les soignants, les fonctionnaires eux-mêmes ne supportent plus cette bureaucratie. Moi, je le vois sur ma circonscription une fois plus, je le rencontre des directeurs, des directrices d'écoles, de petites écoles rurales, des soignants sur le terrain qui passent un temps fou, je ne parle même pas des entrepreneurs, un temps fou à remplir des papiers. Et donc, on voit bien qu'avec beaucoup moins d'argent, on pourrait faire beaucoup mieux et la souffrance des fonctionnaires sur le terrain, elle est réelle. Donc, ce n'est pas opposer les agents du service public, les soignants avec la bonne gestion du service public.

On n'est pas du tout là-dedans. Par ailleurs, je suis totalement d'accord, je voulais juste répondre sur le fait de faire payer les classes moyennes parce que c'est elles dont on parle plus pour leurs soins, un déremboursement, un remboursement sur les revenus. C'est le contraire total du modèle de tout le monde parle, le modèle du conseil national de la résistance. Et déjà, les classes moyennes, comme ça a été dit, n'en peuvent plus. Elles ont l'impression de payer pour tout, elles ne vont avoir le droit à rien. Donc, si on rajoute ça, le modèle social français, il est fini.

16:52
Présentateur

Et on en parlera dans un instant avec Pierre Moscovici. Juste sur le plan politique, Jean-Philippe Tanguy, est-ce que ce que vous avez entendu ce matin, de la part de François Bayrou, vous rapproche de la censure ?

17:03
Jean-Philippe Tanguy

Oui, oui, c'est-à-dire, moi, il y a un moment, on est consterné, si vous voulez. On ne peut plus attendre...

17:08
Présentateur

Oui, mais vous n'arrêtez pas de dire que vous êtes consterné, mais... Parce qu'on attend des décisions.

17:12
Jean-Philippe Tanguy

Quelles décisions sont prises ? Je vais vous donner un exemple. On a demandé des revues de dépenses, vous savez qu'on ne propose rien. On avait demandé une revue de dépenses sur la politique du logement. 40 milliards, des sommes très importantes pour des résultats minables. La politique de formation professionnelle, 30 milliards d'euros pour des résultats minables. Donc, on voit bien que ce n'est pas un problème de montant, c'est un problème de pilotage du budget public. Ça fait deux ans que le Rassemblement national a obtenu ces revues de dépenses.

17:31
Présentateur

Si demain, la gauche, au sens large, déposait une motion de censure, est-ce que vous la voteriez ?

17:38
Jean-Philippe Tanguy

Mais ça dépendra, c'est Marine Le Pen qui décidera. C'est toujours Marine Le Pen qui décide.

17:43
Invité

En même temps, dans la situation actuelle des finances publiques, il faut absolument soutenir des économies en dépense. Mais on en a soutenu des économies. Je vais vous donner un exemple. C'est là qu'il y a une responsabilité politique que vous avez, je pense, qui est très importante aujourd'hui. La France est dans une situation très grave, avec un risque qu'à un moment, on est le FMI qui arrive en France et qui coupe les dépenses de retraite de manière beaucoup plus importante que même une petite désindexation de six mois sur un an. Et je crois que la responsabilité de tout un chacun aujourd'hui, c'est de comprendre cette situation.

Vous ne pouvez pas dire à chaque fois, ah bah tiens, on va appuyer sur la censure, s'il y a un effort fait par les Français.

18:19
Jean-Philippe Tanguy

Il n'y a pas d'économie, madame. Ils savaient très bien, ils ont menti sur le budget. Ils ont mis 10 milliards de soi-disant en réserve, qui étaient en fait prévus depuis le début. Ils savent qu'ils ont menti sur le budget. Ça fait trois ans qu'ils mentent sur le budget. Et vous le dites vous-même dans les équipements que vous publiez.

18:29
Invité

La responsabilité de l'ensemble des Français aujourd'hui, c'est de pousser vers plus d'économies en défense publique. On est d'accord. Et de mettre toutes les propositions sur la table pour le faire. Et ces 40 milliards d'économies pour 2026, ils sont absolument essentiels.

18:42
Jean-Philippe Tanguy

Ah mais on n'a pas dit qu'on était contre les 40 milliards d'économies.

18:44
Locuteur non identifié

Non, mais en tout cas, on voit que la dernière fois, vous avez voté.

18:46
Jean-Philippe Tanguy

Non, on a voté contre les impôts. C'est pas vrai, on a voté contre les hausses d'impôts.

18:49
Présentateur

Alors, Jean-Philippe Tanguy, mais en tout cas, il se passe quelque chose d'intéressant. Jean-Philippe Tanguy dit que l'IFRAP a raison. Ça, vous pourrez le déranger.

18:55
Invité

Mais Jean-Philippe Tanguy, c'est important de ne pas se tromper de combat. Parce que souvent, quand on a dit qu'on faisait des économies en France, effectivement, qu'est-ce qu'il y a eu ? On a eu des hausses d'impôts. Oui, M. Barnier avait menti. Alors, Jean-Philippe Tanguy. C'est ça le problème. Mais à un moment, il faut quand même qu'on se rende compte que c'est le sujet numéro un pour pouvoir ensuite créer des emplois marchands, créer des entreprises, les développer, réindustrialiser ce pays. Sinon, on ne pourra jamais le faire.

19:19
Présentateur

Il nous reste quelques minutes. Je voudrais juste aborder deux sujets avec vous. Le premier, c'est cette spectaculaire attaque. On ne sait pas si elles sont coordonnées, du moins simultanées, dans la nuit dimanche à lundi et dans la nuit de lundi à mardi. Des établissements pénitentiaires qui sont visés. Il y a eu des incendies, des véhicules dégradés. Il y a même eu des tirs à la Kalachnikov, vous les voyez à droite, sur cette porte de la prison de Toulon. Gérald Darmanin dit que la République ne reculera pas et explique au fond que ça veut bien dire que la politique contre le narcotrafic est efficace, même s'il y a encore une interrogation sur les profils et les responsables de tout cela.

Est-ce que là, pour le coup, vous êtes d'accord avec lui quand il dit que c'est la preuve que la politique de lutte contre le narcotrafic est efficace ?

19:57
Jean-Philippe Tanguy

Je ne sais pas. Je n'ai pas d'élément. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on a voté la loi contre le narcotrafic. Et je vous fais remarquer que sans les députés du Rassemblement national, cette loi serait finie dans le décor, aurait été dictée par LFI puisqu'il n'y avait pas de député LR et pas de député macroniste. Donc c'est quand même un peu triste que ce soit le Rassemblement national qui est obligé de soutenir les quelques rares bonnes lois de ce gouvernement par notre présence, assumées au Parlement, pendant que les autres étaient en circonscription et étaient prêts à laisser à LFI la réécriture de la loi, comme ça avait lieu en commission.

En tout cas, je voudrais être toute ma solidarité avec le personnel pénitentier. Et c'est quand même un bon exemple du mauvais usage des finances publiques, parce qu'on voit l'état de nos prisons, les heures supplémentaires de la pénitentiaire qui ne sont pas payées, des gens qui travaillent beaucoup, qui font beaucoup d'heures supplémentaires, jamais payées. On voit bien que l'argent public est mal utilisé.

20:38
Présentateur

Pierre Moscovici est là. Dans un instant, un tout dernier mot avec vous, Jean-Philippe Tanguy. La famille de Martin Luther King est en colère après que Marine Le Pen a invoqué le combat pour les droits civiques du pasteur américain après sa condamnation. Réponse du fils de Martin Luther King à BFMTV.com. Cela constitue une distorsion inappropriée de l'histoire et porte atteinte au sacrifice consenti par ceux qui se sont opposés à la haine et se sont battus pour la justice. Vaut mieux éviter les comparaisons historiques, non ?

20:59
Jean-Philippe Tanguy

Non, je pense que ce monsieur n'est sans doute pas très bien au courant de la doctrine de Marine Le Pen, qui est une doctrine universaliste basée sur l'universalisme français. Donc la comparaison entre Marine Le Pen et Martin Luther King, et c'est exactement la même doctrine d'ailleurs qu'a valu à la France d'être à la tête de la lutte pour les droits civiques dans les années 60, notamment avec nos héroïnes comme Joséphine Baker, pendant qu'aux États-Unis, évidemment, il y avait le régime ségrégationniste et qu'à l'époque, ça ne faisait pas bouger un dirigeant français.

21:23
Présentateur

Merci Jean-Philippe Tanguy. Merci.

21:25
Locuteur

Merci. Merci.

Jean-Philippe Tanguy : "Nous demandons des mesures fermes contre l'Algérie !" (BFMTV) — Jean-Philippe Tanguy · Pourquijevote