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InterviewSud Radio (sur YouTube)· 29 août 2026 9 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieAgriculture & alimentationÉconomie & entreprises

Sécheresse : "C'était prévisible mais on a fait comme si le dérèglement climatique n'existait pas"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Bonjour Benoît Bito, comment allez-vous ?

  • 2:01OuverteRéponse directe

    Pour vous en tant qu'agriculteur, est-ce qu'on est face à quelque chose qui va devenir normal ?

  • 4:01OuverteRéponse directe

    Quelles solutions proposez-vous face à cette sécheresse inédite ?

  • 13:01OuverteRéponse directe

    Que demandez-vous aux candidats à la présidentielle ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[musique] Restez avec nous dans quelques instants. Nous parlerons de septembre en or, une organisation pour combattre les cancers pédiatriques. Mais tout de suite, nous accueillons notre invité, une invité qui nous permettra de parler de la sécheresse mais surtout des conséquences de la sécheresse et comment peut-être arranger tout cela.

Benoît Bito, bonjour. Bonjour Laurence, comment allez-vous ? Bien et vous-même ?

Ça va, ça va. C'est un plaisir de vous retrouver de bonne heure et de bonne humeur. Je vois vous êtes nickel à 7h40.

On vous retrouve également en direct sur la page Facebook de Sud Radio puisque vous êtes avec nous en visio. Vous êtes député écologiste de Charante Maritime, vous êtes vous-même agriculteur. Nous allons évidemment parler de cette sécheresse qui a particulièrement touché notre pays.

L'été 2026, c'est l'un des plus secs jamais enregistré en France. On a plus de 1500 cours d'eau qui sont touchés par des ruptures d'écoulement, des assèchements selon l'office français de la biodiversité. C'est une situation qui a été jugée très critique, plus critique encore que la sécheresse historique de 2022. 14 pardon 74 départements mi-août comptaient des secteurs en situation de crise sécheresse avec des arrêtés de restriction d'eau qui se sont multiplié tout l'été.

On a confirmé que le printemps 2026 et le mois de juillet, le mois d'août sont parmi les plus secson Météofrance et les plus chauds de l'histoire. Vous êtes agriculteur de profession avant d'être élu. J'aimerais savoir d'abord votre regard sur ce qui s'est passé.

On a battu des records de sécheresse. Pour vous en tant qu'agriculteur, est-ce qu'on est face à quelque chose qui va devenir normal ? Alors effectivement, ce qu'on a vécu cet été est parfaitement inédit.

C'est c'est historique. On n jamais vécu ça. Euh de mémoire d'agriculteur, moi j'ai j'étais j'étais j'étais enfant.

Ce qui avait marqué les esprits c'était 76. Depuis 76, on n jamais vécu quelque chose de similaire. Et là, on a dépassé ce qui s'est passé en 76.

Donc effectivement, en terme de sécheresse, c'est parfaitement inédit. En revanche, on pouvait prédire contrairement à ce que dit un certain Emmanuel Macron qui dit "Mais qui aurait pu qui aurait pu prédire on pouvait le prédire puisqu'on a des scientifiques qui depuis des années nous alertent sur l'évolution du dérèglement climatique et euh et notamment euh les effets de ce dérèglement climatique sur la gestion de l'eau, sur les effets qu'ils peuvent avoir sur la ressource en eau et euh et malgré ça, on a continué on a continué de de construire l'aménagement du territoire comme si tout ça n'existait pas, comme si ces alertes climatiques n'étaient pas fondées et et à continuer comme on a on a fait depuis 60 ans et bien là on arrive dans des situations extrêmes où parce que vous avez pas évoqué ça Laurence mais on a eu aussi des inondations sévère au début de l'année 2026 et en vérité ces deux ces deux phénomènes que sont les inondations qu'on a vécu au début de l'année 2026 et les sécheresses qu'on constate maintenant en été sont les deux phases de la même pièce qui sont bien sûr lié au dérèglement climatique mais qui sont aussi liés à des à des logiques d'aménagement du territoire qui n'ont pas intégré le dérèglement climatique et c'est la raison pour laquelle on est dans ces dans ces extrêmes là euh au debout inondation sécheresse. Il aurait fallu savoir accueillir l'eau, la retenir, la ralentir, la laisser s'infiltrer de manière à ce que ces inondations n'existent pas.

On aurait pu si on avait accueilli cette eau éviter que des zones aménagées soient inondées. On aurait on aurait retenu l'eau dans des endroits dédiés. Et parce qu'on aurait retenu l'eau dans ces endroits dédiés, on aurait parce qu'on aurait entretenu la fertilité des sols, on aurait eu aussi euh atténuer les effets de la sécheresse cet été et sûrement les étés qui viennent.

Je vous sais Benoît très actif effectivement sur les solutions à proposer. Allez-y sur Sud Radio. Comment maintenant aujourd'hui, même si je pense qu'il n'est pas trop tard, même si c'est très très avancé, que proposez-vous vous Benoît Bitau ?

Alors, il est il est jamais trop tard euh mais plus on diffère le moment où on on engage les vraies solutions et plus euh on met euh dans la dans la difficulté euh les victimes de ces de ces dérèglements climatiques, que ce soit euh la sécheresse et les inondations, moi je je traite des deux sujets en même temps. La je le disais, c'est l'aménagement du territoire, c'est-à-dire que il faut inverser la la tendance qu'on a vécu depuis 60 ans. C'est-à-dire qu'il faut recréer des zones humides par exemple de manière à ce que quand l'eau est en excès, qu'on a pas forcément de ressources souterraines capable de de de recevoir cette eau puisque il y a il y a pas des nappes souterraines partout extrêmement extrêmement importantes.

Et bien, il faut ces zones humides qui elles en surface vont vont savoir stocker l'eau. Ces zones humides ont d'autres intérêts. Elles sont des réservoirs de biodiversité dont on a besoin en agriculture notamment pour polliniser les plantes.

Elles ont aussi un autre intérêt, c'est que c'est des des pluies de carbone, donc des des zones qui qui captent les le carbone qu'on aimité par nos activités humaines et qui évitent d'accélérer le dérèglement climatique. Donc on a des zones stratégiques qui sont ces zones humides. On a d'ailleurs le colloque Ramsar.

Ramsar, c'est une c'est une association mondiale qui reconnaît le rôle des zones humiles à la Rochelle cette semaine là, enfin en début de semaine de 3 et 4 euh 2 3 et 4 septembre pour prendre conscience de du rôle de ces zones humides, ce que n'a pas pris en compte la loi d'urgence agricole. C'est-à-dire qu'on a on a une loi d'urgence agricole qui a été malheureusement votée là juste avant l'été et cette loi d'urgence agricole euh continue de mettre en difficulté les zones humides n'a pas intégré le rôle stratégique de ces zones humides. Et puis on a le rôle de la fertilité des sols, c'est-à-dire que quand on a des sols en bon état qui ont séquestré du carbone et c'est là encore une fois il y a un lien avec le dérèglement climatique et la capacité à atténuer le dérèglement climatique.

Quand on a capté du carbone, ça veut dire qu'on a de la matière organique dans les sols et ça veut dire qu'on a augmenté la réserve utile des sols. Et c'est beaucoup plus efficace que de vouloir coûte que coûte arriver avec de l'eau d'irrigation qui viendrait de stockage. Et et et sans vouloir être polémique, dire que nous les écologistes par exemple, on est contre le stockage est absolument faux.

On n'est pas contre le stockage. On est en train de dire que si on ne travaille pas sur la réparation, la restauration du grand cycle de l'eau dans les meilleur délai, on ne pourra pas alimenter ces équipements de stockage. C'est-à-dire que l'eau dont on a besoin pour remplir ces équipements de stockage ne sera pas disponible si on n pas réaménagé ce territoire.

Donc y compris pour les agriculteurs, si on avance sur des équipements de stockage sans avoir reconsidéré l'aménagement du territoire, la reconstruction de ce que j'ai essayé de décrire qui s'appelle le grand cycle de l'eau, on ne pourra pas remplir ces équipements de stockage. [raclement de gorge] Et il y a un éléphant dans la pièce, c'est l'argent public. C'est-à-dire que derrière ces équipements de stockage ou derrière l'aménagement du territoire où on a arraché les arbres, arraché les redresser les cour d'eau, détruit les zones humides, il y a beaucoup beaucoup d'argent public.

Et donc si on parle d'argent public aujourd'hui, il faut qu'il soit orienté dans les vraies bonnes réponses. Et la première la première bonne réponse, le premier bon usage de l'argent public, c'est la réparation des zones des zones humides, pardon. C'est euh la la réaménagement du territoire.

Et quand on aura fait ça, on pourra imaginer du stockage qui sera efficace. Mais si on ne fait pas ça, les premières victimes seront les agriculteurs eux-même quiont l'argent dans des équipements qui ne seront pas fonctionnés. Et puis au-delà de l'argent, les conséquences après pour l'agriculture, le fait de nourrir la population et cetera, nous sommes il me reste à peine une minute, Benoît, excusez-moi, mais oui oui, vous avez raison et ça boucle et ça boucle le propos.

C'est-à-dire qu'en vérité, il faut revenir au aux fondamentaux. Ce qui ce qui ce qui menace la souveraineté alimentaire, c'est le dérèglement climatique et l'effondrement de la biodiversité. Donc on a besoin de ces aménagements de territoire qui reconstruisent et le climat parce qu'on peut encore atténuer le dérèglement climatique et la restauration de la biodiversité.

On est dans une année présidentielle. Que demandez-vous concrètement à ceux qui vont se présenter et surtout au futur ou à la future président présidente de la République ? Je vous laisse une minute jeune homme [rires] science, c'est d'écouter la science.

Bon, ça ça ça va pas prendre plus d'une minute. C'est d'écouter la science. C'est-à-dire que malheureusement, on a on a de ces alertes scientifiques parmi parmi ces scientifiques, beaucoup apportent des propositions, des solutions.

Il faut écouter la science plutôt que de céder à la pression des propos corporatistes et notamment des des propos corporatistes agricoles qui ne veulent rien changer et qui ensuite se trouvent dans des graves difficultés et et sollicitent la solidarité pour venir les sortir de la difficulté dans laquelle ils sont euh mais dans laquelle ils se sont mis aussi. Non, en tout cas, vous nous expliquez l'agriculture, j'ai j'ai une phrase, l'agriculture est victime du dérèglement climatique. Elle est en partie coupable parce qu'elle aimait les gaz à effet de serre, mais elle peut être la solution et c'est autour de ce triptique là qu'on doit construire l'avenir de l'agriculture.

Voilà, retrouvons du bon sens et recréons des zones humides. Déjà, redonnons le pouvoir de la diffusion de l'eau à à la terre qui l'avait bien avant que l'humain ne soit là. Normalement qu'il devrait le retrouver.

Merci beaucoup Benoît Bito d'être intervenu sur Speed Radio.