Ouverture – Daniel Goldberg, président de l’Uniopss et Brigitte Vigroux, présidente de l’Uriopss IDF
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« Notre région représente aujourd'hui 2% du territoire, mais concentre 18% de sa population. »
- 4:56InvitéChiffre
« Elle accueille près de 1 million d'étudiants et d'apprentis. »
- 5:03InvitéFait
« Nous sommes aussi la première région touristique mondiale. »
- 6:03InvitéChiffre
« Le nombre de Franciliens de plus de 85 ans va doubler d'ici 2040. »
- 6:41InvitéFait
« Notre région est identifiée comme le premier désert médical de France. »
- 7:51InvitéChiffre
« 1,8 million de personnes en Île-de-France vit sous le seuil de pauvreté. »
- 10:58InvitéChiffre
« 55% des bénéficiaires de l'AME en France sont franciliens. »
Temps de parole
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- Présentateur26 %
- ?8 %
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Madame
la ministre, mesdames et messieurs, chers amis, voilà le moment que nous préparons depuis des mois.
Et
même si nous ne sommes pas aux Jeux olympiques et paralympiques, je déclare ouvert Paris 2026, le 36e congrès de l'Uniops.
Vu
d'ici, votre mobilisation et votre présence sont belles à voir. Je vous salue donc ici, toutes et tous, vous qui venez de l'Ile-de-France, la région qui accueille le congrès et des différentes régions représentées, vous les bénévoles, les professionnels, qui mettez en œuvre au quotidien des réponses aux vulnérabilités de l'existence, quelles qu'elles soient.
Nous
sommes ainsi plus de 1100 participants à ce congrès sur deux jours. Et d'ailleurs, soyez attentifs et prêts à la fin de cette matinée, car nous mettrons en valeur toutes les organisations présentes ce matin.
Ce
beau congrès qui commence se tient à l'engagement sans faille de l'équipe de l'Uniops, qui l'organise, qui vous a accueillis, et que vous pouvez déjà applaudir, et notamment Stéphane Lenoir, son directeur général,
qui
est là-bas. Nous aurons donc deux jours de travaux intenses, avec quatre séances de plénière, 20 ateliers participatifs, plus de 90 intervenants, des chercheurs, des acteurs engagés de nos secteurs, des hauts fonctionnaires, des analyses de la société française, et des amis qui font vivre avec nous la société civile organisée, que je remercie toutes et tous également.
Nous
avons conçu ce congrès pour questionner les sujets du moment qui se pose à l'action sociale, et plus globalement à notre société.
Nous
parlerons d'empathie, d'éthique, de politique publique, de politique tout court, au sens premier du terme, de fracture sociale,
de
fracture territoriale, de la pérennité du modèle non lucratif, ou encore de notre système de protection sociale. Et nous aurons le plaisir de la présence de personnalités fortes du monde de la culture, Delphine de Vigan et Thomas Joly, qui viendront, avec leurs mots sans doute, nous dire en quoi l'écriture et le spectacle vivant participent, tout comme nous, à penser la société, à la recoudre, à la faire avancer. Madame la Ministre, je vous remercie de votre présence, qui marque la reconnaissance du réseau qu'est l'Uniops dans son ensemble depuis près de 80 ans, et plus largement votre volonté de construire avec nous les politiques publiques dont vous avez la responsabilité.
Ce
congrès, j'ai le plaisir de l'organiser avec l'Uriops Île-de-France, et en particulier avec mon amie Brigitte Vigroux, sa présidente, avec Claire Pardoun, sa directrice, et avec toute l'équipe qui a été au rendez-vous de cette organisation. Et l'Uriops Île-de-France vous a préparé ce soir une soirée festive, pour laquelle je crois qu'il reste encore quelques places, et qu'il serait vraiment dommage de manquer à ce qu'on m'en a dit de ce qu'il va s'y dérouler.
Je
passe donc maintenant tout de suite la parole à Brigitte Vigroux, pour qu'elle vous parle de son action dans la région et de la dimension régionale de notre manifestation.
Bonjour à toutes et à tous. Donc en ma qualité de présidente de l'Uriops Île-de-France, et au nom de nos administrateurs et de toute notre équipe,
mais
également au nom de tout le réseau, je souhaite la bienvenue aux plus de mille congressistes réunis aujourd'hui dans cette salle. Bienvenue aux adhérents nationaux, aux adhérents des Uriops de toutes les régions françaises, et je pense à ceux qui ont dû se lever assez tôt ce matin. Bienvenue aux partenaires, qu'ils soient institutionnels ou économiques. Bienvenue aux étudiants en travail social que nous avons souhaité associer à ce congrès. Bienvenue aux intervenants et aux animateurs d'ateliers de grande qualité qui feront vivre ce congrès. Bienvenue Madame la Ministre, et bienvenue à tous ceux et celles qui sont aujourd'hui dans cette salle.
Bienvenue en Île-de-France, dans ce magnifique centre de la cité des sciences et de l'industrie à la Villette.
Après
les congrès de Rennes en 2022 et de Lyon en 2024, bienvenue à Paris,
où
le congrès ne s'est pas tenu depuis 1997, c'est-à-dire depuis près de 30 ans.
Notre
région représente aujourd'hui 2% du territoire, mais concentre 18% de sa population.
C
'est la première région économique française,
avec
23% des emplois, 31% du PIB
français, et
elle accueille près de 1 million d'étudiants et d'apprentis.
Nous
sommes aussi la première région touristique mondiale, et la réussite des JO et des JOP 2024, ainsi que la reconstruction de Notre-Dame, n'ont pas du tout arrêté sa fréquentation, c'est le moins qu
'on
puisse dire. Alors, notre région est constituée de 8 départements extrêmement variés,
des
zones très denses, des quartiers politiques de la ville, des zones rurales, les périurbaines.
Nous
sommes la première région urbaine de France, mais nous sommes aussi une grande région agricole, rurale et forestière.
Nous
avons 80% d'espaces ruraux, ce qui ne saute pas à l'œil quand on arrive ici. Mais c'est une réalité.
Cette
région comporte donc des atouts indéniables, mais elle est confrontée aussi à des enjeux spécifiques et des grandes inégalités territoriales et sectorielles, et je vais en évoquer quelques-unes, je ne pourrai pas être exhaustif, bien entendu.
Donc
nous devons faire face, comme toutes les régions, au vieillissement de la population, une diminution de la natalité.
Et
donc, le nombre de Franciliens de plus de 85 ans va doubler d'ici 2040, ce qui aura bien sûr un impact sur le besoin d'accompagnement et sur l'offre de soins du secteur social et médico-social à construire, tant au domicile qu'en hébergement. Deuxième sujet, nous sommes
dans
une région où la population francilienne est globalement en bonne santé.
Nous
proposons une offre sanitaire dense avec une concentration de ressources hospitalières inégalée à l'échelle nationale, mais la réalité de la santé n'est pas forcément très bonne et notre région est identifiée comme le premier désert médical de France.
car,
je l'ai dit tout à l'heure, mais il ne faut pas seulement regarder Paris quand on regarde l'île de France
et
la région enregistre effectivement une densité inférieure à la moyenne nationale en médecins généralistes,
en
infirmiers et en sages-femmes, avec en plus
une
répartition inégale des profitables de santé entre les départements
et
en leur sein entre les quartiers.
De
plus, les inégalités sociales conduisent à de fortes différences d'accès effectifs aux soins malgré le développement de l'exercice coordonné entre la médecine de ville et les médecines hospitalières. Troisième point, malgré un niveau de richesse globale très supérieur aux autres régions françaises,
l
'île de France est touchée par un phénomène de très grande pauvreté et de précarité
et
compte le département le plus pauvre de France, la Seine-Saint-Denis, et demain ou aujourd'hui, je ne sais plus, nous aurons le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis pour évoquer ce département.
Et
ainsi, il faut noter que 1,8 million de personnes en Ile-de-France vit sous le seuil de pauvreté.
Je
terminerai sur la spécificité d'Ile-de-France avec l'exposition aux risques environnementaux et à l'impact des changements climatiques aussi avec des îlots de chaleur urbains qui sont très nombreux et ce qui explique aussi la prévalence de certaines pathologies.
Ainsi,
certains territoires franciliens sont particulièrement concernés
par
de multis expositions environnementales, que ce soit la pollution de l'air,
de
l'eau, des
sols ou
du bruit. Quant à notre secteur social et médico-social, il fait face à de grandes fragilités et là aussi quelques exemples.
Tout
d'abord, du fait d'un sous-équipement tant pour accueillir les enfants et les adultes en situation de handicap
et
aujourd'hui, les adultes vieillissants
en
situation de handicap
et
de la question du domicile
qui
n'est pas traitée à la hauteur des enjeux démographiques et des besoins.
Autre
spécificité et fragilité, la question du logement et de l'hébergement
avec
des logements qui ne sont pas abordables, avec des capacités d'hébergement qui sont insuffisantes
et
qui génèrent des phénomènes de sans-abrisme,
d
'hébergement cédé tiers, de logements indignes, d'habitats insalubres, etc. Enfin, en matière de protection de l'enfance, mais on pourra en citer d'autres, le manque de professionnels ne permet pas de mettre en œuvre les décisions administratives et de justice nécessaires ou avec grand retard et le traitement des mineurs non accompagnés est inégal selon les départements.
Et,
évidemment, cerise sur le gâteau, mais vous le savez tous, la tension sur les ressources humaines en Ile-de-France demeure le sujet prioritaire
car
elle fragilise la qualité de l'offre et d'accompagnement
et
épuise les équipes.
Dans
ce contexte, l'URIOPS Île-de-France, depuis 75 ans, soutient ses près de 400 associations, fondations et mutuelles, gestionnaires d'environ
1
700 établissements et services dans le champ de la santé et de la solidarité.
Elle
leur propose de l'expertise, des événements, des partages d'actualités, des échanges, notamment en termes d'innovation.
Nous
avons un organisme de formation
et
nous sommes présents auprès de 80 instances régionales, dont le Césaire, la CRSA, les instances de démocratie en santé.
Par
ailleurs, nous accompagnons le développement de systèmes d'information dans les établissements.
Enfin,
nous co-construisons
des
plaidoyers, formulant des recommandations aux préconisations auprès des pouvoirs publics, portant ainsi la voix des adhérents et des personnes vulnérables qu'ils accompagnent au quotidien.
Ainsi,
nous avons produit récemment, par exemple, un plaidoyer pour l'attractivité des métiers en Ile-de-France,
un
autre sur l'aide médicale d'État, sachant que l'Ile-de-France est la région la plus concernée, car 55% des bénéficiaires de l'AME en France sont franciliens.
Ou
bien, nous avons également traité le sujet des leviers à activer en Ile-de-France
pour
les enfants à double vulnérabilité, qui relèvent du champ de
la
protection de
l
'enfance et du handicap.
En
conclusion, je voulais vous dire que ce moment, c'est le vôtre. Nous sommes là pour échanger, pour nous rencontrer,
pour
partager et que les réalisations des uns soient les inspirations des autres.
Nous
sommes là pour dresser des perspectives,
pour
que notre vision d'une société humaine et inclusive devienne plus réalité
et
que nos propositions soient partagées, entendues, retenues.
Nous
défendons ici les associations,
leurs
bénévoles, les professionnels et les plus vulnérables. Démontrons ensemble la force d'un réseau avec nos atouts,
la
proximité,
le
savoir-faire,
notre
vision intersectorielle et transversale,
notre
non-lucrativité,
nos
engagements, nos convictions, nos réussites.
Et
puis, je vous espère nombreux au boum-boum-vilette ce soir. Vous n'avez qu'un pas à franchir pour vous amuser ce soir parce qu'il faut aussi de la joie et de la fantaisie dans notre société.
Donc,
je vous souhaite un excellent congrès à tous et à toutes et je repasse la parole à notre président, Daniel Goldberg.