Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 10 octobre 2022 23 min

Pénurie d'essence : "On fait tout pour que cette situation s'améliore dans la semaine", dit Gabriel Attal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le ministre délégué au compte public. Questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Bonjour Gabriel Attal. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. On va détailler avec vous l'examen du budget 2023 dans quelques instants. Mais commençons d'abord par le week-end tendu qu'ont connu tous ceux qui ont une voiture et ont dû faire la queue, parfois longtemps devant les stations-service pour pouvoir faire le plein d'essence. Cette situation va durer encore combien de temps ?

0:29
Gabriel Attal

Je crois que c'est plus qu'un week-end tendu, c'est un week-end de galère pour des millions de français, des millions d'automobilistes qui ont eu le plus grand mal à pouvoir trouver de l'essence. Et moi, le message que je veux leur passer, ce que ça vaut entre guillemets, c'est qu'on a bien conscience des grandes difficultés, probablement des gens qui nous écoutent en ce moment, qui font la queue dans des stations-essence pour essayer de s'approvisionner et qu'on fait tout vraiment pour que cette situation puisse se régler, comme l'a dit la première ministre, et s'améliorer en tout cas dans le courant de la semaine.

0:56
Intervenant

Mais vous faites tout, ça veut dire quoi ? Vous demandez instamment ce matin au micro, au patron de Total, d'augmenter les salaires, puisque c'est ça qui bloque ? Vous faites quoi concrètement ?

1:06
Gabriel Attal

On fait tout, ça veut dire un, d'abord effectivement qu'on met la pression, entre guillemets, pour que le dialogue puisse se nouer le plus rapidement possible, puisque le cœur quand même de ce problème, c'est le blocage de raffinerie, de dépôt de carburant par la CGT, qui veut anticiper un certain nombre de discussions sur les salaires. Chez Total, par exemple, il y a des discussions qui devaient avoir lieu en novembre, et donc il y a une forme de grève préventive, de blocage décidé par la CGT, pour dire on veut discuter plus tôt. Est-ce que c'est acceptable ça, la méthode de la CGT ?

Moi je trouve toujours assez curieux de faire une grève préventive, qu'il y ait des négociations, une décision, et que des syndicats disent on n'est pas d'accord avec la décision, on fait grève pour la contester. Moi je l'entends parfaitement. Là en l'occurrence, il y a des discussions qui étaient annoncées, on a demandé à Total de les anticiper, et donc elles vont démarrer plus tôt que prévu, dès ce mois-ci. Je crois que c'est aussi le cas chez ESSO. Et donc dans ces conditions-là, moi il me semble curieux de ne pas attendre que les discussions se soient nouées, et qu'une décision ait été prise, ou en tout cas proposée au syndicat.

Mais en tout cas, il y a cette pression qui est mise pour que le dialogue social ait lieu, c'est la première chose. Et dans l'intervalle, il y a des décisions qui sont prises pour alimenter davantage les stations essence. Je rappelle qu'on a augmenté nos importations, notamment de carburants venant de Belgique, pour la région Hauts-de-France, qui est la région la plus touchée. Je rappelle par ailleurs qu'on a assoupli un certain nombre de règles pour que les camions-citernes puissent circuler le week-end, puissent faire davantage d'heures. Tout ça pour pouvoir alimenter les stations-services. On a libéré aussi un certain nombre de, ce qu'on appelle, les stocks stratégiques de l'État.

Bref, tout ça pour essayer de simplifier au mieux, même si je sais que ça reste la galère pour beaucoup de monde.

2:41
Présentateur

Bruno Retailleau vous a plagié hier en parlant de la grève des raffineries. Il dit qu'il faut sortir de la culture de la grève, de la gréviculture. Ça, c'est un mot que vous aviez prononcé il y a 5 ans, Gabriel Attal. Vous étiez alors tout jeune ministre ou député. Il a raison, Bruno Retailleau, il faut sortir de la gréviculture, c'en est un exemple.

3:00
Gabriel Attal

Je viens de vous dire à l'instant que j'avais du mal à comprendre ce concept de grève préventive, alors même que des discussions sont annoncées et qu'une hausse de salaire est annoncée. Ensuite, il va y avoir une discussion, une négociation sur le niveau.

3:13
Intervenant

C'est ce que j'allais vous dire. Peut-être aussi qu'ils entendent, les salariés de Total, que Total va verser 2,5 milliards d'euros à ses actionnaires de dividendes, que l'entreprise fait des bénéfices incroyables depuis le début de la guerre d'Ukraine et qu'ils sont peut-être pressés de voir l'augmentation de salaire et qu'ils n'ont peut-être pas envie d'attendre jusqu'en novembre.

3:29
Gabriel Attal

A nouveau, Aléa Salamé, je ne conteste évidemment pas la légitimité des syndicats à demander des hausses de salaire dans ce contexte-là. Encore une fois, je ne conteste pas non plus le droit de grève évidemment qui est constitutionnel et j'ai le plus grand respect pour notre constitution et pour le droit de grève, le droit de manifester. Ce que je trouve simplement curieux, c'est de bloquer et de faire une grève alors même qu'une discussion est annoncée, qu'elle va démarrer. Encore une fois, faire une grève, lancer un mouvement parce qu'on n'est pas content d'une décision, c'est une chose. Le faire avant même que la discussion ait lieu, je trouve ça curieux.

3:58
Intervenant

Ceux qui nous entendent ce matin dans leur voiture qui sont depuis une heure en train de faire la queue parce que ça a été le cas de beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens ce week-end en France. Je ne sais pas si vous avez une voiture, mais ça a été un enfer. Vous leur dites quoi ce matin aux gens ?

4:11
Gabriel Attal

Je leur dis ce que je viens de vous dire, c'est-à-dire que

4:13
Intervenant

ça va s'arranger quand ?

4:14
Gabriel Attal

On fait tout pour que la situation...

4:16
Intervenant

Demain, après-demain, dans trois jours ?

4:17
Gabriel Attal

La première ministre a dit dans la semaine on fait tout pour que la situation s'améliore le plus rapidement possible. Encore une fois, en faisant en sorte que la discussion ait lieu dans les entreprises. Je crois qu'hier soir, ESSO a annoncé qu'ils rencontreraient les organisations syndicales aujourd'hui. Et Total a annoncé qu'ils anticipaient aussi les discussions. Puis on fait tout dans l'intervalle tant que la grève n'est pas levée pour alimenter le plus possible les stations essence en augmentant les importations, en libérant des stocks stratégiques. Mais encore une fois, je suis très conscient que c'est très difficile pour beaucoup de Français.

4:47
Présentateur

Allez, venons-en au budget Gabriel Attal avec l'examen cette semaine de la première partie de votre texte. Dans l'hémicycle, 3000 amendements déposés. La droite LR répète qu'elle ne le votera pas, ce budget. Question simple, 49-3. C'est pour quand ? Jeudi, vendredi, samedi ?

5:02
Gabriel Attal

D'abord, il n'y a pas grand-chose de nouveau du côté des oppositions puisque dès la fin du mois d'août, je le rappelle, ils ont indiqué qu'ils voteraient contre le budget quoi qu'il y ait dans le budget. Ils ont dit de toute façon, on votera contre pour des raisons politiques symboliques parce que voter un budget, ça veut dire faire partie d'une majorité. Et quand on est dans l'opposition, on doit voter contre un budget.

5:21
Intervenant

Vous entendez cet argument qui a été donné effectivement par les LR et par tous les partis ?

5:26
Gabriel Attal

Non, j'ai du mal à le comprendre. Enfin, je sais parce que je suis par ailleurs élu local et parce que je sais que dans la politique, c'est vrai qu'on dit souvent voter un budget, c'est faire partie d'une majorité. Je connais cet argument-là. Et moi, je pense que les Français, ils attendent aujourd'hui tout simplement que les textes qui vont dans la direction d'une meilleure protection, des Français, d'un renforcement de nos services publics, ils puissent être adoptés. Les symboles politiques, ils n'ont jamais rempli le frigo des Français, ils n'ont jamais fait baisser la facture des Français.

Et donc, s'opposer à un texte pour des raisons symboliques, moi, je ne suis pas sûr que ça soit totalement au niveau. Mais on a quand même une discussion avec eux. On a travaillé plus d'une dizaine d'heures dans les dialogues de Bercy puisque j'ai anticipé le passage du texte en Conseil des ministres pour leur transmettre toutes les informations sur le contenu. On a retenu un certain nombre de leurs propositions. Je constate qu'ils indiquent que de toute façon, ils voteront contre le texte. Et ce sera donc

6:12
Présentateur

pour jeudi, vendredi ou samedi ?

6:13
Gabriel Attal

Je ne peux pas vous le dire. Ça dépendra aussi... Vous n'en avez pas la moindre idée. Non, je pense qu'on va voir aussi comment les débats se tiennent. Je constate qu'il y a un nombre record d'amendements qui ont été déposés, plus de 3500. Je crois que depuis 10 ans, on n'a pas vu autant d'amendements. Et d'ailleurs, il y a 10 ans, je crois que c'était 4 fois moins.

6:30
Intervenant

Mais c'est quoi en fait ? Pardon, pour parler honnêtement et franchement, vous vous dites quoi ? Vous vous dites « On va laisser le débat se faire pendant un jour, deux jours, trois jours, quatre jours pour dire qu'il y a eu un débat démocratique et puis on fait tomber le 49-3 ? » Ou est-ce que vous vous dites « On ne va pas perdre notre temps avec 3000 amendements, jamais il n'y en a eu autant et on va aller vite et mercredi, c'est terminé ? » Je pense que le débat,

6:50
Gabriel Attal

il est toujours utile. Moi, je crois au dialogue. Je viens de vous dire que pendant des semaines, j'ai dialogué...

6:54
Intervenant

Pourquoi sert le débat quand on sait comment ça se termine, c'est-à-dire par un 49-3 ?

6:57
Gabriel Attal

D'abord parce que c'est toujours utile d'échanger des arguments, retenu. Précisément, moi, ce que j'ai montré ces dernières semaines, c'est qu'on était capables de s'ouvrir aussi à des propositions venant de l'opposition et de la majorité, évidemment, mais on a repris un certain nombre de leurs propositions sur la question de la rénovation énergétique, sur la question de nos forêts, sur la question des collectivités locales. Il y a des propositions qui ont émergé dans ce dialogue que j'ai engagé avec elles avant qu'on démarre à l'Assemblée qu'on a reprises.

Moi, j'attends aussi beaucoup du débat, mais encore faut-il qu'il y ait un débat, qu'il n'y ait pas d'obstruction ou de volonté de blocage.

7:32
Présentateur

Le MEDEF et le Haut Conseil des Finances ont vivement critiqué le manque d'ambition de votre budget pour réduire les dépenses. Même critique venant d'Edouard Philippe hier dans Le Parisien qui vous accuse d'être trop dépensier. Il faut dire la vérité, notre pays se tourne systématiquement vers la dépense publique quand il se trouve face à un problème. C'est un mauvais réflexe, dit-il. On dépense toujours plus sans que nos concitoyens aient le sentiment que ça va beaucoup mieux. Vous lui répondez quoi, à Edouard Philippe. Il y a un réflexe de la dépense publique en France ?

7:58
Gabriel Attal

Je pense qu'Edouard Philippe s'adressait, et j'ai lu son interview avant tout, à ceux, je cite, qui disent que la dette, ce n'est pas grave, qu'on peut ne pas maîtriser nos dépenses. On dit précisément l'inverse. Nous, ce qu'on dit, c'est qu'il faut être capable de maîtriser la progression de nos dépenses. Et c'est ce que montre ce budget. Ce budget, il fixe une limite de déficit à 5% l'année prochaine, donc il continue à baisser, tout en augmentant des moyens en faisant des choix d'investissement stratégiques pour la santé, pour l'éducation, pour l'environnement et la sécurité. C'est les 4 grandes priorités de ce budget.

Maintenant, Edouard Philippe, il sait aussi que quand vous avez des situations de crise, quand les Français ont besoin d'être protégés, évidemment qu'il faut être au rendez-vous. Je rappelle qu'il était Premier ministre au moment où on a fait le quoi qu'il en coûte. C'est l'année où il y a eu les plus grands déficits dans notre pays depuis 10, 20 ou 30 ans. Donc, je vais vous dire, moi je suis en plein accord avec cet objectif de maîtriser nos dépenses publiques.

8:48
Intervenant

Il s'adresse aussi à vous dans cette interview à un moment quand il vous dit la trajectoire budgétaire n'est pas forcément très ambitieuse. Vous avez dit on reviendra au 3% en 2027. Il vous dit, Edouard Philippe, tous nos voisins européens ils ont prévu de revenir deux ans avant et en 2025. Mais ça, vous m'avez déjà

9:03
Gabriel Attal

entendu le dire moi-même dans des médias. Oui, d'accord, mais vous ne le faites pas. Oui, mais vous avez décidé 2027. Alors, il y a une chose, c'est qu'on assume de ne pas faire de l'austérité brutale en sortie de crise. Parce que ça, on a vu ce que ça donnait au moment de la crise 2008-2010. On dit très rapidement et très brutalement on va rétablir les comptes d'un coup. Qu'est-ce qu'on a vu derrière ? On a vu que ça avait été terrible pour notre économie et donc pour nos finances publiques. Et qu'en plus derrière les impôts des Français avaient augmenté.

Donc nous, on assume de ne pas faire un rétablissement de nos comptes trop brutal mais de le faire de manière sérieuse puisque je rappelle que le déficit il était à 9% en 2020 à 6,5% l'an dernier il est à 5% cette année donc il baisse et il sera sous les 3% en 2027. On assume C'est de l'austérité brutale ce que dit Edouard Philippe ? Non, ce qu'il dit c'est qu'il faut tenir une trajectoire et moi c'est ce que j'ai déjà eu l'occasion de dire effectivement la plupart des pays européens annoncent qu'ils reviendront sous les 3% en 2025.

Je mets un petit bémol là-dessus parce qu'en général il y a plusieurs pays qui ont annoncé des trajectoires de retour à l'équilibre rapide et qui derrière ont annoncé des plans massifs de dépenses publiques face à la crise de l'inflation aussi. Donc il faudra voir comment chaque pays revient sous les 3% et si le calendrier qui est annoncé est tenu. En tout cas nous je vous dis on se met en situation de tenir notre calendrier. La dépense publique par rapport au PIB par rapport à notre richesse nationale elle baisse l'année prochaine par rapport à cette année et elle va continuer à baisser tout au long du quinquennat. Sauf que quand vous prenez

10:27
Intervenant

comme objectif pas de nouvelles dépenses qui ne soient financées à l'euro près vous ne cessez de dire que votre budget il est sérieux et il n'y a pas de nouvelles dépenses quand même il y a beaucoup des dépenses. Vous prévoyez 500 milliards d'euros de dépenses dans ce budget contre un peu moins de 350 milliards de recettes. Donc on n'est pas vraiment à l'euro près ou on est à 150 milliards d'euros près ce qui n'est pas exactement la même chose. Moi je pense que

10:48
Gabriel Attal

ce qui est important on s'est fixé une règle c'est qu'on veut que la progression de nos dépenses le rythme auquel nos dépenses augmentent soit moins rapide que le rythme auquel nos recettes augmentent parce qu'on considère qu'il faut produire pour redistribuer. Mais ça n'empêche pas de faire des choix d'investissement. Moi je ne suis pas là pour vous dire on va couper brutalement dans nos dépenses. Précisément notre pays a besoin évidemment qu'on agisse sur le pouvoir d'achat aujourd'hui mais qu'on investisse pour l'avenir. Mais beaucoup vous reprochent d'être beaucoup trop dépensiers vous entendez ça ?

Oui mais les mêmes en général qui nous reprochent ceux-là ont le plus grand mal à nous dire où est-ce qu'il ne faudrait pas dépenser. Est-ce qu'ils sont contre qu'on mette 3,7 milliards d'euros en plus dans l'éducation pour recruter des accompagnants pour enfants en situation de handicap et pour augmenter le salaire des enseignants ? Est-ce qu'ils sont contre qu'on mette plusieurs milliards d'euros en plus pour l'écologie pour créer un fonds vert pour financer les collectivités locales qui mettent en place de la rénovation énergétique des bâtiments par exemple ?

Est-ce qu'ils sont contre qu'on augmente le budget de la santé pour renforcer l'hôpital public pour la première fois dans l'histoire le budget de l'hôpital public dépassera les 100 milliards d'euros ? Est-ce qu'ils sont contre qu'on recrute 3 000 policiers et gendarmes supplémentaires l'an prochain pour renforcer la sécurité des Français ? Moi je veux bien entendre les leçons je veux bien entendre les aimables conseils aussi mais encore faut-il dire clairement où est-ce qu'il faut couper ?

12:00
Présentateur

Mais il y a un conseil pour accroître les recettes c'est celui du chef économiste de la Banque Centrale Européenne Philippe Lein qui appelle à taxer les riches et les super profits les gouvernements devraient soutenir les revenus et la consommation des ménages et des entreprises qui souffrent le plus cela pourrait prendre la forme d'une hausse des impôts sur les hauts revenus ou sur les industries et des entreprises qui sont très rentables malgré le choc énergétique imposer davantage les hauts revenus c'est toujours le tabou des tabous pour vous ou les propos de Philippe Lein vous font réfléchir ?

12:29
Gabriel Attal

D'abord soutenir la consommation et le pouvoir d'achat des Français c'est ce qu'on fait depuis un an il y a peu de pays qui vous proposent un mécanisme il y a peu de pays au monde qui ont dépensé autant que nous pour soutenir le pouvoir d'achat et encore une fois on a eu raison de le faire on a quatre points d'inflation de moins

12:43
Présentateur

de pour les recettes

12:44
Gabriel Attal

mais alors je vais vous dire maintenant sur la question des super profits et des super riches nous on a d'ores et déjà indiqué qu'on était favorables à récupérer la rente d'un certain nombre d'entreprises et de secteurs issus de l'inflation sur les prix de l'énergie donc les énergéticiens les pétroliers etc et deux on a dit que pour être efficace ce mécanisme devait être européen qu'est-ce qui s'est passé depuis ?

il y a un mécanisme qui a été décidé au niveau européen et donc on a déposé un amendement qui va être discuté dans le cadre du budget cette semaine qui prévoit précisément ce que je viens de vous dire c'est-à-dire dans le secteur de l'énergie où vous avez effectivement des entreprises qui ont fait des profits du fait de l'inflation et de la hausse des prix de l'énergie et bien l'État va récupérer ses profits voilà c'est très clair et je pense que c'est ce qu'attendent nos citoyens

13:32
Intervenant

mais sur NG

13:33
Gabriel Attal

NG ça va il n'y aura pas vous ne toucherez pas d'NG il y a deux mécanismes Léa Salamé il y a un mécanisme sur les énergéticiens de l'électricité les énergies renouvelables par exemple

13:43
Intervenant

on avait le patron d'NG qui nous expliquait qu'il n'était pas touché par cette mesure qu'NG et Total combien ils vont payer ? Très peu parce qu'ils disent qu'ils sont déficitaires en France

13:51
Gabriel Attal

Vous avez un mécanisme sur les énergies fossiles donc Total par exemple sur le raffinage en France qui va être discuté par le Parlement et qui va permettre de récupérer un certain nombre de profits Très peu

14:01
Intervenant

Vous en convenez Total et NG très peu les entreprises françaises ont très peu payé

14:04
Gabriel Attal

Je ne dirais pas très peu je pense que le débat va avoir lieu et que le mécanisme va être adopté j'espère il faut voir le mécanisme qui est adopté pour être capable de mesurer et de chiffrer ce qui va être récupéré voilà Moi je rappelle aussi qu'on a mis une énorme pression sur Total et que c'est pour ça que l'essence aujourd'hui est bien moins chère en France que chez nos voisins parce qu'ils ont fait une ristourne ils ont dépensé 500 millions d'euros pour ça Mais vous voyez bien qu'on avait dit il faut un mécanisme européen l'Union Européenne a trouvé un mécanisme on le transpose dans le droit national comme on s'y était engagé Maintenant créer une surtaxe sur toutes les entreprises en France qui font des profits comme le proposent certains ça on n'est pas d'accord on n'est pas d'accord précisément parce qu'on a quand même réussi à retrouver depuis maintenant 5 ans une attractivité dans notre pays pour les investissements étrangers on l'a fait aussi parce qu'il y a une forme de stabilité fiscale qui donne confiance aux investisseurs ça fait 3 ans que notre pays est classé pays le plus attractif en Europe pour les investissements étrangers c'est aussi pour ça qu'on a eu une création d'activités record l'an dernier qu'on a le taux de chômage le plus bas depuis 15 ans le taux de chômage des jeunes le plus bas depuis 40 ans on ne veut pas casser tout ça en envoyant un contre-signal mais on est pour aller chercher les profits là où ils doivent être récupérés

15:09
Présentateur

allez on passe au standard d'Inter où nous attend Pascal Pascal bonjour bonjour vous êtes directeur du SAMU social de Lyon et vous avez une question précise sur le budget

15:20
Invité

oui merci énormément à François Terre de me donner cette opportunité monsieur le ministre comment expliquez-vous que dans le budget on puisse prévoir une baisse de 7000 places des places d'hébergement d'urgence en France qu'on baisse de 5% en réalité les crédits de l'urgence sociale alors même que les situations à la rue ne cessent d'enfler monsieur le ministre je vous appelle à l'aide il y a une urgence sociale absolue nous avons de plus en plus de personnes très âgées à la rue nous ne savons plus quoi leur offrir il faut des miracles pour les mettre à l'abri s'il vous plaît rétablissez d'urgence ces places

15:51
Présentateur

merci Pascal Gabriel Attal vous répond

15:54
Gabriel Attal

on est monté pendant la crise Covid et le confinement à un niveau record d'hébergement d'urgence dans notre pays et c'est vrai que depuis la crise du Covid on a réduit légèrement légèrement les places d'hébergement d'urgence mais surtout pourquoi on l'a fait parce qu'on augmente le budget d'un autre plan qui s'appelle logement d'abord précisément pour que les personnes qui sont aujourd'hui dans l'hébergement d'urgence elles puissent trouver un logement plus pérenne donc on augmente ces crédits là et la deuxième chose c'est qu'on fait aussi un travail sur les nuitées hôtelières parce que la réalité c'est que derrière hébergement d'urgence il y a souvent des hôtels qui entre guillemets parfois et des hôteliers qui parfois profitent un peu de la situation avec des tarifs qui sont totalement déraisonnables et on fait aussi un travail sur ce sujet là c'est pour ça que quand on dit qu'un budget baisse c'est aussi qu'on demande est-ce que la tarification qui est faite à l'Etat diminue mais évidemment qu'il y a une très grande priorité pour soutenir ceux qui sont à la rue aujourd'hui pour soutenir ceux qui sont dans la grande précarité

16:48
Invité

Frédéric Ostandard bonjour bienvenue oui bonjour à tous monsieur Attal bonjour vous affichez une grande rigueur budgétaire avec comme l'a dit Bruno Le Maire un budget à l'euro près et de la même façon que ça nous rappelle il n'y a pas d'argent magique mais entre les deux entre les deux il y a eu le quoi qu'il en coûte le quoi qu'il en coûte qui a vu se déverser sur le pays non pas un milliard ni des dizaines de milliards mais des centaines de milliards de façon me semble-t-il un petit peu y réfléchir j'aimerais savoir si un jour ce quoi qu'il en coûte qui est présenté de façon unilatérale comme il a été une perfection j'aimerais savoir si ce quoi qu'il en coûte devra un jour être bilanté si on fera un bilan sur ces dépenses vraiment absolument gigantesques et abyssales

17:36
Présentateur

merci Frédéric pour cette question Gabriel Attal le retour d'expérience le bilan du quoi qu'il en coûte sera-t-il fait et quand ?

17:42
Gabriel Attal

d'abord il y a des bilans qui sont faits et notamment par des économistes je vous cite une étude l'étude CEPREMAP qu'est-ce qu'elle dit ?

elle dit s'il n'y avait pas eu le quoi qu'il en coûte il y aurait eu 10 points de dette supplémentaires parce qu'il aurait fallu financer l'assurance chômage de tous ceux qui auraient perdu leur boulot et l'accompagnement de toutes les boîtes qui auraient fait faillite je peux vous citer Paul Krugman l'économiste prix Nobel bien connu qui a dit que la réponse de la France à la crise Covid avec le quoi qu'il en coûte avait été la plus efficace d'un point de vue économique et budgétaire donc moi j'assume totalement le quoi qu'il en coûte on aurait dépensé plus si on ne l'avait pas fait et je pense que parmi bénéficiais quand même de ce soutien qui ont pu garder leur emploi pour ça et je ne crois pas qu'ils le regrettent maintenant ce qui est certain c'est qu'il fallait que cette politique soit temporaire et c'est pour ça qu'on est sortis du quoi qu'il en coûte le quoi qu'il en coûte on ne se fixait même pas d'objectif de déficit public

18:32
Intervenant

ça vous êtes le seul à le dire même le MEDEF dit le quoi qu'il en coûte il est toujours là

18:36
Gabriel Attal

je vais vous dire de manière très claire quand on fait le quoi qu'il en coûte en 2020 on est à 9% de déficit et on se préoccupait même peu de savoir à combien on serait de déficit puisque l'important c'était de permettre à notre pays de tenir aujourd'hui on a des objectifs très précis et on les atteint et le déficit baisse chaque année sur l'année précédente

18:51
Présentateur

encore une question rapide sur l'application d'Inter Etienne pourquoi le gouvernement ne prend-il pas ses responsabilités en nationalisant temporairement les entreprises d'énergie l'Etat a-t-il d'ailleurs les moyens de les nationaliser pour 6 mois Gabriel Attal

19:04
Gabriel Attal

d'abord on a fait un choix stratégique sur EDF je le rappelle qui est certains parlent de nationalisation ou de monter à 100% au capital en tout cas on considère que l'enjeu pour notre pays d'investir massivement dans le nucléaire dans les années à venir est évidemment vital et que pour ces raisons-là on n'hésite pas à monter à 100%

19:21
Intervenant

au capital de l'entreprise Pour ce qui se passe avec les stations d'essence vous n'envisagez pas de réquisitionner les grévistes ? Écoutez à ce stade il n'y a pas de décision prise en la matière

19:31
Gabriel Attal

ce qu'on souhaite c'est de renouer le dialogue on a vu par le passé Léa Salamé dans certains conflits de ce type qu'il y avait pu y avoir des décisions de réquisition prises et qu'en fait elles avaient été d'une efficacité limitée puisque derrière il y avait eu des arrêts maladie qui avaient été mis en place pour les personnes réquisitionnées donc je pense que l'important c'est que le dialogue ait lieu qu'il ait lieu vite qu'il ait aussi une responsabilité collective parce que ce qu'on voit aujourd'hui c'est que c'est quand même quelques centaines ou quelques milliers de syndicalistes qui s'assoient sur l'intérêt de dizaines de millions de français surtout qu'une discussion est annoncée et que les entreprises ont déjà dit qu'elles allaient augmenter les salaires

20:05
Intervenant

On entend le message deux questions pour terminer d'abord il y a un problème de communication du gouvernement sur la réforme des retraites vous allez peut-être nous aider à clarifier parce que vous disiez vous dans Ouest France à la question la réforme des retraites pourra-t-elle servir à financer autre chose que les retraites vous disiez oui la réforme permettra évidemment de stabiliser les comptes des retraites mais aussi de réformer la transition écologique l'éducation et la sécurité à ce micro Olivier Dussopt votre collègue à ce micro à la même question dit il n'y aura pas un euro de la réforme des retraites qui servira à financer à autre chose que les retraites

20:35
Gabriel Attal

alors c'est qui dit juste alors pour être très précis parce que j'ai écouté mon collègue Dussopt il a dit qu'il n'y aura pas un euro de cotisation qui serviront à financer effectivement les cotisations retraites elles financent les retraites maintenant quand vous faites une réforme des retraites où vous décalez l'âge légal de départ ça veut dire que vous avez plus de français qui travaillent plus vous avez de français qui travaillent plus vous avez de recettes y compris fiscales pour l'état on a la direction générale du trésor qui nous a remis à Bruno Le Maire et moi-même une estimation sur l'impact de la réforme des retraites à horizon 2027 c'est 15 à 20 milliards d'euros de recettes notamment fiscales en plus pour l'état et oui quand vous avez des recettes fiscales supplémentaires vous pouvez financer l'éducation

21:11
Intervenant

donc la réforme des retraites financera aussi l'éducation et la transition écologique

21:15
Gabriel Attal

par effet indirect parce que vous aurez plus de monde sur le marché du travail et parce que vous aurez un taux d'emploi qui s'améliorera

21:20
Présentateur

un mot rapidissime sur les jets privés la majorité propose de doubler la taxation du kérosène pour ces jets est-ce que vous confirmez que le gouvernement soutient cette proposition

21:28
Gabriel Attal

oui on aura le débat il s'agit d'aligner en réalité moi ce que je dis simplement c'est que on peut être plus ambitieux que ça voilà moi je pense que plutôt qu'être le premier pays comme certains le proposent à interdire ou à surtaxer les jets soyons le premier pays à leur imposer de voler au biocarburant il y a quelques mois Airbus a fait voler un A380 au biocarburant donc c'est possible ça coûte très cher effectivement et moi je préfère

21:50
Présentateur

là c'est quoi ?

21:51
Gabriel Attal

c'est doublé ? moi je préfère que les riches entre guillemets qui prennent des jets privés payent plus cher leur billet parce qu'ils volent au biocarburant et donc ils ne polluent pas plutôt qu'ils payent une taxe que de toute façon ils peuvent se payer pour continuer à polluer

22:02
Intervenant

deux dernières questions pour terminer politique on est à 5 ans de la prochaine présidentielle il y a déjà 2 candidats ou presque dans votre majorité qui sont déclarés qui trépignent Edouard Philippe qui dit qu'il y aura un candidat horizon face à vous face au candidat Renaissance il est très clair et puis alors François Bayrou qui se dit prêt à être candidat en 2027 vous comprenez leur impatience ou vous leur dites on a le temps les amis ?

22:23
Gabriel Attal

je ne suis pas là pour donner des leçons chacun fait comme il veut voilà c'est 2 personnes qui ne participent pas au gouvernement je pense que quand on est au gouvernement effectivement on est concentré quand même sur les dossiers qu'on a gérés vous voyez qu'ils sont nombreux François Bayrou candidat en 2027 ? honnêtement je n'ai pas de de commentaire à faire sur ce sujet là ou de non j'ai rien à dire sur ce sujet là voilà merci Gabriel Attal France Inter France Inter France Inter France Inter

22:53
Locuteur

France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter France Inter

Pénurie d'essence : "On fait tout pour que cette situation s'améliore dans la semaine", dit Gabriel Attal — Gabriel Attal · Pourquijevote