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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 12 octobre 2026 95 minAutoproduitActualité / polémiqueSolidarités & familleInstitutions & électionsSécuritéÉconomie & entreprises

GILETS JAUNES : LA COLÈRE QUE MACRON N'A PAS ÉTEINTE (FENWICK, EN INTÉGRALITÉ)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 4 %Attaque 42 %Défensif 25 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 12:07?Chiffre
    « Avec ce qui va nous tomber sur la tête avec les plus de 3000 milliards de dettes qu'on a tout le monde va la payer. »
  • 26:48IsabelleFait
    « Ils nous ont éborgné. Ils nous ont éborgné. Ils nous ont mutilé. Ils nous ont dénigré. »
  • 32:48?Fait
    « Je suis fonctionnaire de police sur la région Renalbe. J'ai 25 ans d'exercice. Au moment des gilets jaunes, j'étais en unité de maintien de l'ordre. »
  • 45:06AlexisFait
    « Le jeu de cette société tout ça, moi j'ai pas choisi. C'est simplement que j'ai pas envie d'y perdre non plus. »
  • 55:36Maxime NicoleFait
    « La mobilisation citoyenne devrait, je pense à mon sens se concentrer sur un élément, retrouver sa souveraineté. »

Temps de parole

  • ?98 %

≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Locuteur

J'ai envie d'espoir pour mes enfants, pour mes petits enfants, pour vous qui êtes jeunes. Le jeu de cette société, tout ça, moi [musique] j'ai pas choisi. C'est simplement que j'ai pas envie d'y perdre non plus. Donc j'essaie de gagner le plus possible mais ça veut pas dire je suis d'accord [musique] avec les règles. Mais au final c'est quoi ? C'est la société humaine qui est responsabilite. On a tous une part de responsabilité dans ça. Ils servent à quoi ? On n'est même pas gouverné à l'heure actuelle. On est des esclaves. Pas de crier dans les manifestations. C'est une moyen d'expression tout ça, mais est-ce que c'est un moyen de changer les choses ?

C'est pas c'est pas terrible terrible mais au moins je suis pas dehors quoi. Regarde là, je devrais être en panique moi. Mais m'en bat les couilles. [rires] J'ai quatre petits enfants. J'ai [ __ ] mais ils vont faire la gueule là. C'est quoi ? On est tout le temps dans l'adversité. Alors que moi, j'aimerais [musique] tellement qu'on soit dans la complémentarité. Bonsoir à toutes et à tous. Je suis ravi de vous retrouver sur le plateau de Derrière les docs. Le film que je vous présente ce soir est un petit peu spécial car il nous emmène auprès des gilets jaunes de la première heure. Celui des insurrections, place de l'étoile, des violences policières et judiciaires.

Celui qui a peut-être plus que jamais fait trembler le pouvoir. Une insurrection plus que jamais d'actualité au regard de la conjoncture économique et sociale et l'inflation galopante sur les carburants. Aussi bien dans les cœurs que dans les corps, ce mouvement a laissé des traces. Ce sont ces traces que Lena Ichkan questionne. Fenwick, le nom du film, a été tourné dans la Drome, en Bourgogne, à Saint-Étienne et même dans les quartiers populaires à Aubervilier. Interroger cette colère sociale et écoutez ceux qui ont porté ce mouvement historique. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous spoiler.

Je vous laisse maintenant avec votre film du soir et je vous dis à tout à l'heure pour l'entretien de Der. Nous serons justement accompagnés de la réalisatrice Lena Cagnant. Alors, bon visionnage à tous et à tout à l'heure.

3:55
Non speech

[musique]

4:34
Locuteur

Un chemin vers soi. Oh, naturothérapie machin et tout. Ça faut que je me lance là dedans ça. Bah ouais. Ouais. Ça te s je pense. De quoi ? Ça te s démerder. Tu marches trop vite. Je je te porte. Non, je veux pas que tu me portes. Je veux que tu marches moins vite. [rires] [ __ ] tu serais pas un casse-couille de la région toi ? Toujours pareil. Toujours pareil. Qu'est-ce c'est ? On leur montre les ursulines avec, tu te rappelles là, c'est un hôtel mais genre de luxe et tout où le mec il a cramé toutes les tunes et à l'époque il faisait d'un truc sur la terrasse, ça s'appelait les apé rosé. C'était genre les apé rosé, l'été, belle terrasse et tout et tout. Ah c'était sympa l'idée. Ouais.

Ah juste après la soirée quand il est obligé de fermer, il y avait le maire qui était là, il y avait la gendarmerie, il y avait tout le monde. Ils sont arrangés une petite soirée dans la cave tout au black. euh [rires] avec l'autorisation du maire déductible des impôts. Bah flut non, c'est ils ont ils ont fermé de l'intérieur. Hm hm. Tu peux peut-être prendre une chambre là-haut. [ __ ] mais ouais, je suis à la rue moi. Je peux prendre une chambre. C'est une bonne idée ça [ __ ] Oh la vache w Ils ont tout [ __ ] C'est méchant. Ça se fait pas. Ah c'est tout pété. Tu te rappelles qu'on venait ici ? Oh les bâtards. Wouh ! [rires] Oh le con ! Ça te rappelle pas des souvenirs ici ?

[rires] Ouais ouais. Wou ! Ça va où ça encore ? Ça va là c'est les chambres. Ah là tout là tu as les chambres. Là tu as les salles de meing ici. Ouais. Et si tu trouves des toilettes tu me le dis. Tu es con gros. Toi, tu en penses quoi ? Tu vois que ça ça reste abandonné ? Bah c'est lamentable. Alors que tu as des gens qui sont à la rue gros. C'est lamentable. Ouais mais ça c'est c'est censé être un hôtel de luxe. Tu vas pas y [ __ ] des SDF. Tu es con quoi. [rires] Toas tu t'as pas vraiment tu as pas le sens de de des affaires des non des convenances. Tu te rappelles pas l'aventure là quand je bossais au domaine là-haut là je la conteste là. Bah quoi ?

Un jour, je suis arrivé pour lui demander un truc pour son cheval, c'était tout de suite qu'il me fallait la réponse. C'est pas demain ou dans 3 jours. Puis que son fils est arrivé, il non, vous devez vous adresser au régisseur pour tout ce qui concerne les écuries. Et je lui dis "Bon, mais c'est le cheval de votre mère, c'est pas pas le régisseur, il connaît rien, j'ai pas besoin de lui." Je dis "Puis c'est par rapport à elle ?" "Non je vous ai dit que vous deviez vous adresser au fait faut pas leur parler." Bah ouais, tu vois les portraits que tu vois de domaine de machin, tu vois toujours des belles dames avec des ombrelles, des trucs.

Tu vois jamais ces [ __ ] de jardinier qui font le jardin en en peinture. Non, c'est vrai ça. Voilà, tu vois les gens qui vivent dedans, pas ceux qui font vivre le truc. Tu vois, eux, ils sont C'est un mal nécessaire. Non, c'est vrai, c'est le guapement

7:58
Non speech

[musique] [musique]

8:14
Locuteur

être seul. Si tu travailles pas, bah tu as pas de contact social avec les gens. Ben moi, j'ai un peu de contact quand même. Heureusement, je tis toi. Après, j'ai l'atelier de cuisine là deux fois par mois là. Ouais. Où je vais là 5 balles l'année, ça m'assure de pas de repas dans le mois sûr. Moi, je me souviens pas d'un truc où c'était pas de la débrouille, je me souviens ma mère qui bossait à l'hôpital d'Utin gros. Euh, c'était économie sur économie. H mais quand j'ai économie de les centimes et vu qu'elle bossait en tant KSH dans une maison de retraite, vas-y à l'époque tu pouvais encore prendre les repas qui allaient jeter, tu vois.

Donc gros, nous vas-y pendant une période à un moment c'était les repas de l'hôpital bouffé de Yashi par moi. Ah mon gars, les [rires] col de dégueu. Mais mais tu vois, c'est pas ça. Mais par contre, tu vois, en fait, en faisant comme ça, ma mère nous donnait tout ce qu'elle pouvait, tout ce qu'on voulait aussi, tu vois. Et c'est pour ça où moi je me plaindrai jamais de ce que j'ai eu parce que je veux dire ma mère elle s sacrifié aux quatre veines pour nous hein. [musique] Voilà c'est des événements dans son apparté. Hein ? Tension appart. Ouais, c'est de l'autre côté. Ben ça va, je m'en sors pas mal, hein. Ouais, tu 44, ça pourrait être pire. Tu as les 9 m² réglementaires.

Ah bah non, j'en suis loin. [ __ ] ça va. Ça sent pas trop le fénec. Ça va, tu air [rires] tu as 10 minutes tous les matins. Ouais, j' a. Bah, normalement oui, j' a mais aujourd'hui, j'ai pas eu le temps en fait. Voilà. Donc tu vois, on s'organise avec des trucs qui se plient, tu vois, des bassines, des machins. Donc ça c'est quand quand je bouge d'ici. Sinon gros, tu étais visionnaire, tu aurais pu faire l'émission. Là, j'arrive à aller chez quelqu'un là pour me laver et puis manger en ce moment. Puis des fois au sias là, je peux utiliser des douches dans les communes les unes les autres. Voilà, on se on se démerde.

C'est pas c'est pas terrible terrible mais au moins je suis pas dehors quoi. C'est un frigo ça ? Non, c'est une glacière. Ah ouais, une glacière souple. OK. Qui se branche mais bon ça fait sur l'allume cigare là. Ça fait pas du super froid non plus. Ouais. Pourquoi c'est comme ça ça ? Moi ouais moi ça met en colère sur la société. Clairement. Clairement. Mais moi ça met en colère sur tout le monde, tu vois. Autant les politiciens, autant que le prolo qui je sais pas qui va te balancer parce que tu as volé un bout de steak ou un paquet de jambon ou un truc à bouffer. Je peux pas être en colère que sur les les politiciens, même si pour moi c'est eux aussi les responsables.

Au final c'est quoi ? C'est la société humaine qui est responsable. C'est tout le monde. On a tous une part de responsabilité dans ça. Si demain on était pas accroché à notre confort de vie, je pense qu'on pourrait peut-être changer un petit peu de choses. Je dis pas que ça changerait tout parce que malheureusement la machine, elle est huilée depuis des siècles et des siècles et ça continuera comme ça tout le temps. Je pense qu'on s'adapte aussi. Ouais, regarde là, je devrais être en panique moi. Ouais, tu mais c'est ce que je disais gros. Tu en as plus rien à [rires] [ __ ] toi. C'est Mais je m'en bats les couilles. Tu en as plus rien à [ __ ] gros.

Toi ce que [rires] je disais que moi je comprends pas la commerciale là, elle me cherche partout. Elle demande aux gens il est où il est où machin et tout ? Mais c'est avant qu' fallait me trouver venir me proposer des trucs machin. C'est pas maintenant maintenant que je suis dans Tu es dehors ? Je suis de je suis dehors. Tu vas tu vas me dire quoi ? Tu vas me faire peur moi ? Tu vas tu vas me [ __ ] dehors ? Je suis déjà dehors. On ira tout à l'heure. Ouais, on ira. Ça va Émile ? Ouais. Bonjour. Bonjour. Vous parlez de quoi ? On parle de toi. Non, pas quand même. Non. Bah moi je suis pas une référence. [rires] La politique Ouais. La politique actuelle.

Alors la politique du jour d'aujourd'hui, le premier ministre, il passe cet après-midi à l'assemblée, il va excusez-moi du il va se faire démonter. Ah ben j'espère parce que avec ce qui va nous tomber sur la tête avec les plus de 3000 milliards de dettes qu'on a tout le monde va la payer. Ah oui, c'est eux la dette. Ils servent à quoi ? On n'est même pas gouverné à l'heure actuelle. Nous là à l'heure actuelle on travaille hein. On est on on est on est gouverné par des cons. Ah mais tout mais [musique] excusez-moi excusez-moi, excusez-moi de parler comme ça. C'est la vérité. C'est la vérité parce que moi moi avant il y avait pas il y avait pas c il y avait pas cette galère là.

Les gens avant ils comptaient pas quand ils achetaient. Maintenant ils prennent quoi ? Ça calculatrice sur le téléphone portable. Ouais. Pour aller au sentin prêt. Si ça s'arrête, faut que tout le peuple français descende dans les rues, qu'on manifeste et tout, qu'on arrête juste. B on est on est on est pris pour on est des esclaves, des fourmis. On est des fourmis. On est des numéros.

13:31
Non speech

[musique]

13:47
Locuteur

Je je savais pas comment ça se passait en fait. J'étais pas c'était ma première fois manifestation revendication et je suis resté je suis quasiment jamais rentré. J'ai fait [musique] j'ai fait des mois et des mois et des mois sur mon point de blocage. Je m'appelle Yvan, je suis un citoyen français, gilet jaune et résistant. On a su faire plein de choses extraordinaires, c'est-à-dire entre guillemets, c'est pas schématisé, mais aller au combat avec un gars du Rassemblement national et un gars de la LFI, mais tous vêtus de la même pour une seule cause, ça c'est quelque chose d'extraordinaire.

Voilà, ça on a su le faire au début parce que on avait une une on était envahi d'une de quelque chose qui qui nous disait "Allez-y, vous allez y arriver. La cause c'est bien mais la cause elle nourrit pas ou très peu en tout cas très peu. On n jamais manqué de nourriture sur les points de blocage. Vraiment on a toujours été ravitaillé par des personnes l bas qui soutenaient la cause qui pouvait pas être là parce que elle devait travailler parce que des enfants basâge parce que plein de choses plein des excuses tout aussi valables les unes que les autres.

Mais ce qui m'a fait rester, c'est euh c'est euh les gens euh les les les gens que tu connais pas euh et qui t'écoutent vraiment et qui compatisent à ton problème comme toi tu compatis à leurs problèmes et ça c'est quelque chose que tu pouvais plus retrouver enfin moi que je retrouvais même plus chez mes amis. repartir. J'ai vu donc un groupe de gars énervés qui était à côté de moi casser du pavé au marteau. Voilà, enlever des petits morceaux de cailloux, casser du pavé au marteau. Et à côté, une mamie qui avait 70 ans mais bien tassé vraiment avec des cabas en plastique remplir le caba des cailloux que le jeune il était en train de casser pour préparer le ravitaillement du front.

C'est extraordinaire. Comment tu fais pour lui dire je suis fatigué ou j'ai ou non j'ai un peu mal ? Il y a pas d' peu mal, elle a pas de masque. Elle avait même pas de masque rien au milieu des gaz lacrymogènes. Et la fraternité, elle vient de là aussi. Tu vois des choses, tu dis "Je peux pas, je peux pas rentrer chez moi et dire j'en ai marre, je peux pas. dans l'histoire, ils ont tous essayé de sortir un peu, tu vois, des bouquins, les actes, les questionnements aussi. C'était ça le nom du gilet jaune avant. C'était le le tu vois, je te Il y a plein de trucs en fait. Il y a plein de trucs et ça c'était c'était notre base, la solidarité, l'échange, tout ça. Et aujourd'hui, on en est là.

On va se poser la question si demain on va y arriver. Ça a créé des liens chez nous qui sont indestructibles. Vraiment indestructible quand tu te retrouves dans le feu et quand je t'ai dit dans le feu dans le vrai feu de l'action, c'est inexplicable mais il faut voilà, il faut le vivre. C'est moi aujourd'hui c'est un petit peu ma deuxième c'est ma deuxième famille voir ma première tu vois fait partie de ma première famille. J'ai ma famille, c'est c'est commencé hein, on choisit ses amis, pas sa famille. Ah, j'ai la chance de pouvoir choisir ma deuxième famille. Mais non, non, c'est des gens très très importants pour moi.

Serait ils sont ils sont là, même s'ils sont à 900 km, ils sont là tous les jours. Pourtant, on avait rien de prédestiné à se rencontrer tous autant qu'on est. J'aimerais bien qu'il y a une cohésion. J'aimerais bien que que qu'on puisse qu'on puisse écouter vraiment. Je pense que c'est la base. C'est s'écouter, accepter que l'autre il est différent et accepter que il fasse pas la même chose que toi. accepter que malgré qu'il pense différemment, il veut la même chose que toi.

18:28
Non speech

[musique] [musique]

18:54
Locuteur

effrayé où avec stupeur les gens regardent à gar les dégâts. Je me rappelle de leur dire mais moi je leur réponds ce n'est pas de notre faute. Macron ne nous a pas écouté, c'est Macron le coupable et c'est Sbir. Nous arrivons avec Cédric à la gare de Lyon, toujours pas peu fier de notre journée. Nous nous racontons les actions divergentes de notre révolution et commençons à parler de l'histoire qui aura été créée par cette contestation citoyenne. Nos enfants nous demanderont mais comment tout cela a pu-il se passer et pourquoi nous nous sommes égarés. Nous nous sommes engagés, excusez-moi. De retour dans mon village, je m'arrête sur le rond-point tenu par quelques gilets jaunes.

Je ne le sais pas encore, mais ça va devenir des frères, les frères d'armes. Bien décidé à faire plier ce système mortifère. Nous avançons dans la même direction et nous avons la même façon de réfléchir. Maintenant, les soi-disant complotistes et violents, les inutiles comme Macron aime nous appeler, nous passons la soirée à relater ce qui vient de se passer. Souvent une bière à la main avec pour certains des revications écrites sur un bout de carton. Je m'appelle Marc Bouffar et je suis restaurateur et voilà, j'étais gilet jaune des premiers actes en 2018 et il y a 15 ans, j'étais loin des gilets jaunes. C'est ça qui est dingue.

C'est en fait ça m'a rattrapé 7 ans après la création du restant quoi. Est-ce que tu peux nous parler de la réaction de ton [grognement] ton entourage ? Ouais. Ouais. Euh quand quand tu t'es engagé vraiment pour les ch à quelle place ça a pris ? Quelles conséquences tuant attirer ? Des questions mmeux à chaque fois. Donc je vais répondre à ta question qui qui est qu'est-ce que ça fait dans ton entourage le fait de participer à ces manifestations ? et ils se sont tous inquiétés pour moi. Bien sûr, la peur la peur que je revienne pas entier de ces manifestations parce que ce qu'ils avaient vu à la télé leur faisait très peur.

Autant la première et trouvé ça rigolo que je participe à une manifestation, autant quand ils ont vu ce que c'était les manifestations et ce qu'on leur faisait voir, en tout cas, ils voyaient pas la réalité. Je leur disais souvent, tant que vous serez pas venu en manifestation, vous pourrez pas voir ce qu'on vit en manifestation parce qu'il y a de l'amour aussi. Il y a pas que de la violence, il y a aussi beaucoup d'amour et de fraternité. Et les gens qui ont jamais manifesté peuvent pas comprendre que ça nous donne des frissons, qu'on est super fier de nous, qu'on qu'on partage des moments qui seront inoubliables dans nos dans notre être.

Ma mère s'inquiétait beaucoup forcément, elle m'a demandé ma main et ma main de fois d'arrêter, de redevenir comme j'étais avant. Sauf comme je dire en amont, je suis super fier de moi et je reviendrai pas en arrière. Et ça maintenant, aujourd'hui 7 ans après, elle l'a compris et elle m'écrit souvent que elle est super fière de moi et que je suis juste extra pour elle quoi. Alors est-ce que la lutte me libère ? Non. Non. moi m'a fait plus de mal que de bien aujourd'hui.

Euh c'est un peu comment dire contrariant ce que je peux dire parce que j'aurais presque aimé rester innocent parce que ça m'a tellement pesé parce que j'ai été malade au niveau du ventre parce qu'on dit que le ventre c'est le cerveau principal en fait. Je suis certainement rentré en dépression sans m'en rendre compte. Ma compagne m'a quitté parce qu'elle avait marre de cet esprit révolté révolutionnaire en colère. par tout ce qui pouvait se passer même encore aujourd'hui. Euh voilà, mes enfants comprenaient pas pourquoi je rentrais et que je peux aller à les cram et pourquoi je saignais et pourquoi j'avais du sang sur moi quand je rentrais. Tout le monde était inquiet.

Mon frère, ma sœur, mon beau-frère, même encore il y a très peu de temps me dit "C'est bon, tu as arrêté de réfléchir." Vous voyez, c'est hyper touchant en fait quand tu as dit "C'est bon, tu as arrêté de réfléchir mais pourquoi faudrait que j'arrête de réfléchir ? Les premiers actes de les premiers actes de je par les actes les tr les tr oui il y a pas tout le monde qui peut faire ça ça c'est sûr. que c'est bien qu'il y a des gens comme Marcus qui s'investissent et tout mais en faisant attention à sa famille, en faisant attention à à tu tu tu perds pas tout sur un projet. C'est un peu comme quand tu investis de l'argent, tu mets pas tout dans c'est la même chose. Il faut être raisonnable.

Et là, en fait, en faisant ça, bah il a mis sa famille en son affaire en pâure, ses amis en pâure et même si tout le monde le comprenait, moi je suis d'accord les retraités qu'ont pas d'oseille, je suis d'accord les sens bien sûr je suis d'accord mais ça veut pas dire que parce que tout est cher, je vais aller exploser des bagnoles dans Paris ou moi je suis ça, je suis contre. Moi j'ai fait 16h par jour, c'est facile de dire ça maintenant, mais il y a des gens, ils ont fait 6h par jour et ils viennent de me dire à moi c'est pas possible écoute, bouge-toi le cul va bosser, tu verras.

Moi par contre, je suis pas je trouve pas normal qu'on doiv travailler 6h par 16h par jour qu'on mette qu'on voit pas ses enfants, sa famille. Mais moi lui il a perdu sa famille parce que il s'est investi dans des trucs. Moi je l'ai perdu parce que je travaillais trop. Ça marche dans les deux sens. Donc en fait maintenant je veux pas tout [ __ ] en l'air. Moi je veux conserver ce que j'ai fait. Par contre si d'un seul coup je m'aperçois que je peux avoir je peux faire quelque chose et que ça sert pour de vrai et que je fous pas en l'air tout ce que moi j'ai fait. Moi, je suis d'accord. Je pourrais pas changer en fait. Je moi je suis bien comme je suis aujourd'hui.

J'ai réussi à à équilibrer un petit peu mes émotions, à évoluer avec ça, à faire une nouvelle [musique] clientèle au niveau du restaurant, à avoir des gens avec qui euh voilà, on peut discuter maintenant parce que ceux qui voulaient pas discuter [musique] dans mon restaurant, bah ils sont épurés d'eux-mêmes. Si on en veut tout le temps aux personnes qui qui sont proches de nous, [musique] à notre famille, à nos amis, on narrive pas à évoluer, on est tout le temps dans leur rancur et vivre avec une ranqueur, c'est pas possible quoi. Donc j'ai réussi peut-être à pardonner ce que j'arrivais pas à pardonner au premier moment, sinon on vit plus. Ils vont rentrer là. Oh les con ! Oh les con !

Je je je connais la vidéo [cri] et ma comment je peux dire bien sûr que c'est pas bien de l'avoir fait mais sincèrement je suis contente qu'il qu'il y en a qui ont osé

26:46
Non speech

[musique]

26:48
Locuteur

Je m'appelle Isabelle, j'ai 67 ans, je suis retraitée et j'étais cadre de la fonction publique [musique] territoriale spécialisée en développement économique et économie solidaire et sociale. Quand on sait après ce qui est devenu le gribois, je me dis c'était un symbole. Ils nous ont éborgné. Ils nous ont éborgné. Ils nous ont mutilé. Ils nous ont dénigré. Bah c'est un petit symbole. Je n'en veux pas au aux camarades qui ont fait ça. Mais après tout un symbole qui nous appartient. Les ministères, c'est nos maisons. C'est c'est c'est notre bien. C'est notre bien. Pourquoi est-ce que c'est la résidence d'un ministre ou de ses Non, d'après toi, pourquoi ils sont pas rentrés ?

Ils auraient pu rentrer, saccager ou même peut-être prendre le pouvoir ? Pourquoi il ils sont restés aux portes d'après toi ? Bah d'après moi, tu sais, c'est même si c'est des biens qui nous appartiennent collectivement, c'est les biens du peuple. Le peuple ne va pas jusqu'à les détruire. Là, c'est là que j'adore qui est qui est une photo de Serge d'Ignacio. Et ça c'était devant la préfecture de Bobini et j'avais derrière derrière moi j'avais une centaine de flics et j'étais morte de trou. J'étais morte de truit, j'avais mon petit truc là, stop la violence d'état avec tous les flics derrière et j'étais toute seule façon comme ça avec les flic dans le dos. Mais j'adore cette photo.

[acclamation] Je ne suis pas en colère contre les Français qui sont pas allés dans la rue parce que ce qui était donné à voir, c'était des poubelles qui flombaient, des voitures qui flambaient, le dénigrement des médias. a été terrifiant et a cassé la beauté lumineuse puisque de la lumière, on nous a mis dans les ténèbres, l'obscurité, on nous a traité de tout hein. Euh et et puis faot hein, on nous a traité de fachot, on a vraiment traité de tout. Je peux comprendre que beaucoup de gilets jaunes ai une défiance terrible vis-à-vis des syndicats puisque les leaders syndicaux nous ont traité comme traité les les les médias. Ils nous ont aussi détruit. Pour eux, nous étions des des des jaunes.

Voilà, nous étions des jaunes. Alors celui-ci, celui-ci je l'adore. Ami entends-tu le vol des seigneurs de la terre ? Ces mâs maléfiques nous mènent à la guerre. Unissons-nous, ne les laissons pas faire. Et sinon à toutes mes à toutes les manifes, donc je mets mon gilid et je mets je me fais des petits des petits dossards que je mets devant derrière. Voilà des petits messages. J'ai envie en fait vous savez quoi ? J'ai envie d'espoir pour mes enfants, pour mes petits enfants, pour vous qui êtes jeune. J'ai j'ai j'aimerais tellement que notre pays devienne le pays des droits de l'homme qu'il fut. C'est c'est quelque chose vraiment c'est quelque chose.

J'ai envie de chaler tellement ça me touche. Moi j'ai envie de de d'un pays sans racisme, d'un pays de dignité où chacun peut manger à sa fin, avoir un salaire digne au lieu de ce qu'on est en train de vivre. Pleure pas parce que j'ai envie aussi de pleurer. Viens là. Tu vois, je pense je pense à vous tous et à mes enfants et tu vois et à mes petits enfants. J'ai quatre petits enfants. J'ai [ __ ] mais ils vont faire la guerre là. C'est quoi ? C'est c'est tu vois et ce truc [musique] de compétition dans laquelle ils nous mettent l'éducation, on est tout le temps dans l'adversité. Alors que moi, j'aimerais tellement qu'on soit dans la complémentarité,

31:00
Non speech

[musique]

31:01
Locuteur

qu'on soit vraiment dans la complémentarité et pas qu'on soit les ennemis les uns des autres dans les classes partout. Et je me dis mais pourquoi on est arrivé là ? C'est vraiment pour moi une source de de oui de de réflexion de pourquoi pourquoi sur ces 4 années de manifestation

31:24
Non speech

[musique]

31:25
Locuteur

mais moi j'ai vu des choses mais de ma vie j'avais jamais pensé va autant de cruauté de la part de ceux qui doivent qui nous doivent protection c'est-à-dire de la des forces de l'ordre. J'ai vu dans dans les dans dans les l'acte de matraquer, de gazer, de nous insulter. Combien de fois on s'est fait insulter moi-même de me traiter de de je vais même pas le dire parce que c'était voilà euh des choses vraiment innommables, innommables par par des policiers. Euh et et je me dis et je me souviens des regards, c'était des regards de jouissance. Quand il frappe, il jouissent. Je n'ai pas d'autres mots.

Si j'avais un CS face à moi, je lui dirais : "Regarde-moi, j'ai l'âge d'être ta mère ou ta grand-mère. Est-ce que tu frappes ta mère et ta grand-mère ?" et sois digne. Respecte l'humanité qui est en moi et qui est en chacun les manifestants. Nous sommes des humains comme toi. C'est ça que je lui dirait vraiment. Si j'ai un CRS face à moi, c'est ce que je dirais. Je dis nous sommes nous sommes des citoyens comme toi. [cri] Je suis fonctionnaire de police sur la région Renalbe. J'ai 25 ans d'exercice. Au moment des gilets jaunes, j'étais en unité de maintien de l'ordre, ce qui n'est plus mon cas à ce jour.

Les gendarmes avec nous, vous êtes des militaires avec nous, avec le peuple, vous gagnez rien. Vous avez rien à gagner. Venez avec nous. En tant que policier, bon, on a très vite compris que le au vu de ce qui se passait sur Paris, que ça allait de toute façon comme les violences urbaines lorsqu'elles commencent sur une ville peuvent déborder ailleurs. Mais là, ça a explosé. On a tous été surpris en fait par l'amplur de la haine que certaines personnes avent envers nous. Il y a il y a des choses que je peux pas légitimer comme je pourrais pas légitimer des dérapages de notre côté. Euh même si je peux les comprendre. J'ai du mal à comprendre l'excès dans lequel c'est tombé les premiers temps.

Après, c'était l'exaspération et après l'effet de groupe de masse. Il existe du côté des on va dire des belligérants, il existe sûrement de notre côté aussi. Mais ça, j'arrive pas à me l'expliquer. Par contre, je peux pas légitimer. Ça hors de question, je pourrais jamais quoi. En face, on a des collèges qui ont eu à [musique] faire leurs enfants en face d'eux. On fait comment ? Ouais. Et pourtant, on vous demande bah c'est que là, on va envoyer trois grenades, après on va charger et vous savez qu'il y a vos enfants devant. On dit souvent que réfléchir c'est désobéir.

Après on va peut-être loin c'est une phrase toute faite mais on maintient de l'ordre si les ordres sont vraiment carrés c'estd que de toute façon quand c'est passé par toutes les strates voilà c'est que c'est carré et lorsqu'il faut y aller il faut y aller. Après en ton cascom on est confronté il faut savoir au même problème que la population le pouvoir d'achat l'insécurité l'avenir pour pour nos enfants, pour ceux qui en ont pour nous-mêmes les retraites. Nous aussi on se pose beaucoup de questions qu'en fasse de l'ordre quand vous changez de premier ministre trois fois en l'espèce de quelques mois, on est dans le fou comme notre population.

Après, on a des instructions, on a des ordres et après le maintien de l'ordre et surtout depuis les gilets jaunes, il y a vraiment une doctrine du maintien de l'ordre. Je veux dire c'est quand même très structuré maintenant le maintien de l'ordre. Vous avez pas l'impression d'être utilisé contre le peuple auquel vous appartenez ? sûrement sûrement ou on sait qu'on est dernier rempart mais on met quoi ? Mais des soldats avec des famasses et voilà nos conditions de travail se sont se sont détériorées. Le le regard de la population a changé notamment depuis depuis l'épisode des des gilets jaunes.

Ça a pas daté 2018 mais ça fait ça fait changer le regard d'une partie hein de euh bah de notre public quotidien. Et après en tant que policier ça nous est alors on a pas le droit au droit de grève mais après dans le cadre de de mouvement pour montrer notre mécontement pareil sous couvert ou avec nos organisations syndicales, il nous est arrivé de montrer notre mécontentement très souvent et de plus en plus souvent. D'ailleurs, tu m'as dit une phrase qui qui m'a marqué "Je suis pas néflic mais je mour flic." Ça veut dire quoi ? parce que je me verrais pas faire autre chose. Même si le métier a beaucoup évolué, l'évolution serait une connotation positive, hein.

Donc ce qui est pas forcément le le cas. Euh mais après je me verrai pas faire autre chose. Voà c'est vraiment euh ouais ça coule dans les lors de de l'Épiphanie. Euh je me rappelle un soir euh avoir amené des galettes euh sur un rond-point gilet jaune. Donc j'étais en panaché hein, donc j'étais reconnaissable par ma tenue et j'ai arrêté mon véhicule à un endroit qu'on allait certainement dégager d'ici quelques temps et il voulait pas la manger. Il pensait qu'elle était empoisonnée. Donc il a fallu que j'en mange deux parts. Bon ça faisait du bien. Il a fallu que j'en mange deux parts pour leur proposer et donc on a échangé comme on est en train d'échanger là.

Après il y en avait un ou deux qui était super remonté hein. On était vraiment dans le dur et je sais pas pourquoi j'ai voulu faire ça mais je regrette pas.

38:02
Non speech

[musique] [musique]

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Locuteur

vu qu'

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Locuteur

Heureusement qu'on est là depuis des années parce que c'est un point d'appui tu vois regarde aujourd'hui la G se fait ici parce que c'est un point d'appui parce qu'on sait qu'il y a toujours quelqu'un ici. Mais c'est vrai que je devrais penser que à Dijon, il m' On se rend pas compte que le modèle social qu'on a eu, bah c'est des gens qui sont crevés la paillasse. Il y en a qui sont pris des balles, qui se sont fait tuer pour avoir tous les conquis sociaux qu'on a eu. Il y a un moment, bah il faut faut regarder ce qu'on fait les anciens. Puis avant, je je veux pas dire, mais avant les gens, ils étaient dans l'bistro, il y avait pas la télé, il y avait rien du tout.

tu aller dans l'bistro comme dans d'autres pays en Irlande, ils vont encore dans l'bistr ça ça ça fait ça crée du lien, ça crée de la solidarité. Une société c'est ben c'est un équilibre. S'il y a pas d'équilibre, s'il y a des gens qui se gavent qui ont plein de pognons et puis qu'il y en a qui crèvent la dalle, c'est pas une société. On peut pas accepter ça. C'est pareil quand on voit les les anciens qui retravaillent. [ __ ] des gens qui ont donné toute leur vie à travailler et en fin de compte après en fin de compte ils sont ils peuvent plus vivre correctement, ils peuvent plus se nourrir. Tu te dis mais c'est quoi cette société soit-disant moderne ? Non mais arrêtez quoi.

Donc voilà, c'est tout des choses qui révoltent. Tu es en colère ? Ah moi je suis révolté. Ouais. Ouis, je suis révolté. Bah tu ça me fout les frissons d'ailleurs. Mais voilà parce que enfin moi je peux pas supporter des injustices comme ça et du coup c'est pour ça que je suis là. [musique]

39:57
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Locuteur

Chacun vient avec la force, la détermination, avec les moyens, avec l'envie, avec tout. Si euh des gens préfèrent rester devant certains médias euh dont je ne citerai pas le nom euh de à la dans le canapé, libre à eux maintenant qui viennent pas se plaindre que l'on va il y a une il y a des idées de supprimer euh de jours fériers. Euh euh il y a eu la réforme des retraites, il y a eu le le passe pseudoanitaire, il y a eu des choses. Là aussi, il y a des gens qui sont sortis, il y a des gens qui sont pas sortis. Chacun fait comme il veut à son âme et conscience.

maintenant libre à eux de dire à leurs enfants de dire ben non moi en 2021 2022 en 2025 et cetera, je suis pas sorti du monde qui sont là pour servir la population. On est là on est là on est là. Même si Macron le veut pas, nous on est là pour défendre les salariés, pour défendre les retraités, pour défendre la liberté. Nous, on est là, on est là, on est là. Comment ça va ? Comment c'est Lucien ? Ça va et toi ? Ça va et toi ?

41:44
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Locuteur

Franchement, moi j'aime bien j'aime bien Macron, tu vois. Ouais, j'aime bien Macron. J'aime bien la France, j'aime bien, j'aime franchement, je trouve que c'est c'est un luxe quand même. Sur certaines choses, il y a des choses qui nous énervent tous au quotidien, mais il y a des choses quand même ici, on peut toucher les aides sociales, on peut on peut bénéficier d'un privilège que tout le monde n'a pas. Tu vois, tu vas dans les pays du tiers monde ou je sais pas où, tu peux pas avoir d'aide social. Tu es pauvre et tout, tu es tout seul, tu es tu es personne. Tu es dans la rue et tu survis pas. Mais Macron, j'aime bien. Pourquoi ? Parce que c'est quelqu'un de cultivé.

C'est quelqu'un qui c'est pas c'est pas juste un c'est et c'est un businessman et c'est quelqu'un cultivé et c'est quelqu'un qui a une certaine classe, un certain charisme. Franchement, il y a des choses que j'aime bien de lui, tu vois. Dans dans mon milieu de lequel je viens, ils sont pas trop branchés tout ça, tu vois. Dans toute ma famille, ils sont pas là-dedans. Ils se font leur vie, tu vois. Ils font pas de manifestation. Ils essayent de gagner leur vie, tout ça, c'est comme ça. C'est les mentalités d'arabes, tu vois, les Arabes tout ça, ils sont comme ça.

Ils font leur vie, ils essaie de travailler, d'avoir une vie, une situation, ils s'intéressent pas à tout ça parce que chez eux, ils sont très ils sont très réprimés et s'ils font ça, ça sert à rien. Tu vois, tu auras plus de casque de bénéfices. Et toi, ça t'a jamais intéressé à la politique ? Si, ça m'intéressera un jour peut-être. Quand je serai quelqu'un, j'aurai un poids dans la société. Oui, ça m'intéressera certainement. Mais maintenant je joue personne, tu vois. Je suis à un gosse ici, tu vois. Je viens ici, je vais voir des darons tout ça. Moi moi qu'est-ce que je vais leur faire ? Tu vois, c'est ce que je dis tout ça, ça n'a aucun poids. Ça n'a aucun poids.

Je peux leur mettre une droite, c'est tout. Tu vois, je vais pas tout ce que je leur dis, ça n'a aucun poids. Donc oui, je suis personne actuellement. Je suis personne. Il faut avoir un poid. Il suffit pas de crier dans les manifestations. Ça ça c'est une moyen d'expression tout ça, mais est-ce que c'est un moyen de changer les choses ? Je pense pas. Parce que [grognement] changer les choses ici c'est subtil tu vois. C'est pas dans dans la force tout ça tu peux changer les choses. Mais vraiment il faut avoir beaucoup de force. Ça veut dire il faut changer les choses de manière subtile de l'intérieur. Si tu veux changer les choses et il faut être dans le système à mon avis. Et voilà.

Une question qu'on m'a souvent posé. Donc pourquoi tu enfin comment tu peux être antisystème alors que tu travailles dans une banque ? Moi je pense que l'un n'empêche pas l'autre. Ben je m'appelle Alexis, je suis originaire du vaccin en 95 en banque parisienne pas loin de Sergie. Je suis ingénieur en cybersécurité dans le secteur financier dans une grande banque française. [musique] Le jeu de cette société tout ça, moi j'ai pas choisi. C'est simplement que j'ai pas envie d'y perdre non plus. Donc j'essaie de gagner le plus [musique] possible mais ça veut pas dire que je suis d'accord avec les règles. Donc moi ces règles me plaisent pas. Je les [musique] ai subi dans longtemps.

Ça m'a rendu malheureux quand j'étais jeune. Quand j'ai commencé à comprendre tout ça vers mes 14 15 [musique] 16 ans. J'étais beaucoup plus révolté, beaucoup plus malheureux. Ça me faisait pas mal de mal de comprendre un peu tout ce système là. J'ai toujours su que il fallait que je sorte de ma condition et pas subir tout ça, même si je suis en système. Je sais que je peux conciler les deux simplement parce que en fait on peut lutter pour changer les règles du jeu euh même si on joue au jeu quoi. J'avais la chance d'être bon à l'école, d'avoir des capacités tout ça.

Donc je savais que le fait de devenir ingénieur, c'était quelque chose qui allait me sortir de ma condition et et donc ouais non, je suis je suis pas tiri parce que c'est un choix qui est conscient que j'ai fait tout au long de mes études. Je savais que quand je faisais mes études, c'était pour aller dans une direction. J'ai fini par arriver à cette à cet objectif là. Aujourd'hui, je suis en tr et je suis plus ou moins heureux. Donc je suis pas charé.

Le fait de faire partie du système pour pouvoir le critiquer pour moi c'est totalement primordial en fait si tu es un zadiste babo dread et que tu vas au festival de riac tous les ans et que tu es antisystème bah en fait les gens qui sont dedans ils vont te regarder vont dire bah d'accord gros mais en fait on s'en fout de ce que tu nous racontes parce que tu es pas dedans. On s'en fout. Je pense que si tu es ingénieur en cybersécurité et que t'explique à quel point c'est de la merde ce genre de choses et tu tu as fait le parcours, tu le comprends et que tu expliques aux autres qui sont en gros à peu près de ta même classe sociale et tout pourquoi c'est de la merde.

Malheureusement, ils vont t'écouter. Enfin, les gens ils écoutent les gens qui leur ressemblent. Si tu es trop différent, on va pas t'écouter. C'est trop antisystème. Si tu subis le système, bah ouais, mais en fait, tu décris quelque chose que tu subis. Je sais que j'aimerais bien avoir un engagement supplémentaire. Moi je pourrais propager des idées un peu transpartisane. Je le fais pas encore parce que j'ai envie de préparer la chose plus ou moins bien. Je pensais notamment à un compte Twitter sur lequel je pourrais partager des informations, des événements de lutte ou des choses comme ça.

Je le fais pas encore pour certaines raisons d'animation internet et parce que j'ai pas envie d'engager ma personne totalement. Pour l'instant, je vais juste m'engager en tant que participant au manifestation et on verra pour pour la suite.

48:13
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Locuteur

Aujourd'hui, je travaille dans la communication dans le secteur politique et je vis à Paris. J'ai des conditions de vie meilleures que mes parents. Euh en début de carrière, je gagne plus que mon père qui va être à la retraite. Moi, je viens d'un milieu où mes parents étaient ouvriers, artisans, mais mes grands-parents de tous les côtés étaient étaient agriculteurs. J'ai toujours voulu autre chose parce que je sentais trop fort sur mes épaules ce mépris euh justement de la classe dominante sur le ma classe à moi d'où je venais. Et euh et moi je voulais pas du tout ça pour ma vie.

Et donc euh ça a pas été sans effort hein, parce que 6 ans d'études, euh un crédit étudiant sur le dos, euh j'allais dire des fins de mois mais des débuts de mois dans le rouge. En vrai, je suis fière de ce que je fais aujourd'hui parce que on a besoin de personnes qui vont dans ces sphères impénétrables pour justement essayer au maximum bah de dénouer ces ces ces bulellitis, tu vois, pour emmener des changements et créer quelque chose de plus juste. Alors évidemment, je mets beaucoup de nuances dans ce que je dis. C'est des choses qui se font à plusieurs et c'est très lent. Et ça par contre, s'il faut beaucoup de patience, je ne suis pas très patiente. Ma génération n'est pas très patiente.

Et en toute humilité, je j'ai je pense que je fais partie de ces gens-là avec une équipe géniale. Pour moi, c'est un peu une sorte un peu de révolution douce.

50:02
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Locuteur

On est en colère parce qu'on est impuissant. C'est tellement facile de créer un réseau d'entraide qui est assez rapide pour des trucs on va pas s'envoyer. Tu vois, on parle pas d'un médecin là, tu vas quand même aller à l'hôpital mais je sais pas moi, tu as besoin d'un de fruits et légumes. Est-ce qu'on peut pas commencer à construire des réseaux d'entraide ? Puisqu'on veut plus faire partie de leur monde, créons le nôtre. Ça c'est super possible.

Si tous les gens qui étaient dans la rue qui étaient gilet jaunes, il juste ils avaient décidé de pas manifester pour dire à ces gens rendez-nous ce qui nous appartient comme des esclaves qui demandent une cage plus grande mais qui disent seulement voulez pas de nous on s'en va et vous verrez enfin voilà débrouillez-vous avec ce qui restent mais ça serait tellement plus rapide mais ça personne n enfin tout le monde est incapable de le faire parce que ça viendrait toucher ton individualité ton confort et ça viendrait toucher à ta vie et ça ils sont pas pris à le faire. C'est là où je dis que la conviction, elle suit pas les actes. Oui, mais pareil, c'est pas possible en fait.

Mais euh la fonction publique, c'était un engagement que j'ai pris assez tôt vers 18 ans parce que je pensais vraiment euh tu vois dans ma famille, ils sont fonctionnaires. Je pensais vraiment que c'était euh être bon citoyen, tu vois, déjà premièrement et je pensais qu'il fallait être à l'intérieur pour changer les choses. Et et ça, tu vois, j'avais pris acte. Donc je me suis dit voilà, on va se rapprocher des gens qui qui travaillent pour la société, qui œuvrent pour l'entraide. Puis c'est tu fais un job utile aussi parce que c'était aussi tout un enjeu de trouver un job qui est du sens.

Et du coup, je pensais qu'en étant à l'intérieur de ces structures, on pouvait peut-être évoluer, échanger les choses et aussi apprendre. Finalement non, je me suis confrontée qu'à un contexte un petit peu cloisonné, soumis aux règles, soumis à la hiérarchie constamment. C'està-dire qu'il y a aucune place pour l'autonomie, il y a aucune place pour la créativité, ça c'est assez remarquable.

Du coup, je j'ai fait un espèce de bout à force d'avoir rien à faire ou des choses insignifiantes parce que tu as toujours des travails à faire mais vraiment quand tu vas chercher dans le fond, tu te rends compte que c'est des processus sur processus, que tu fais le job que quatre autres font et qu'en fait tu dois attendre que lui il l' fait pour enfin faire ton job pour que celui d'en dessous fasse le même job pour que le dernier dise "Vous avez bien travaillé". C'est vraiment comme ça que ça se passe.

Donc en continuité de toute l'évolution que j'ai que j'ai fait en moi dans la vie et l'évolution de la société en général, je me suis dit que le meilleur moyen en fait c'était de changer ma vie à moi et de briller par l'exemple. Donc soyons force de conviction et suivons nos propres convictions pour qu'enfin peut-être quelqu'un les entende et envie de suivre les siennes qui intimement, je le sais seront les mêmes. Mais c'est ça, ouais, c'est se rapprocher plus de soi et je pense pouvoir dire vraiment que radicalement ça va nous éloigner d'un d'un monde qui est mort à mon sens. Pour d'autres qui est en train de mourir, pour moi, il est déjà mort.

À partir du moment où les acteurs vivants le quittent, c'est un monde mort.

54:29
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Locuteur

Et ben, je m'appelle Maxime Nicole. Je vais sur mes 38 ans. Euh je viens de de Bretagne à la base.

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Locuteur

Je pense que dans l'histoire dans l'histoire de l'humain, ça a toujours été cyclique. Et là, on est arrivé à une fin de cycle où les inégalités sont trop importantes, où c'est les les privilèges et l'argent est détenu par une minorité, une ultra minorité même. Une fois qu'on a tout essayé, la discussion, les débats, les manifestations, les conférences, les productions de contenu euh de réflexion, euh évidemment qu'à un moment donné et légitimement on en vient à se dire qu'est-ce qui marche ?

Puis on regarde ce qui se passe dans l'histoire et dans l'histoire à chaque fois que les populations sont arrivées à un stade où ils se portent plus, où c'est plus vivable pour une majorité de la population, les populations se lèvent. La mobilisation citoyenne devrait, je pense à mon sens se concentrer sur un élément, retrouver sa souveraineté. Quand on récupère sa souveraineté, qu'on construit ou qu'on récupère des institutions pour lesquelles on met des contrepouvoirs citoyens sans possibilité pour des gens d'accaparer le pouvoir et de détourner ses institutions dans son intérêt, on n pas ce genre de problème. C'est pas le moment.

Le moment, c'est quand les inégalités sont trop élevées et là ça touche de plus en plus de gens mais il y a encore un confort chez certaines personnes qui sont les personnes qui décident décident d'obéir. En tout cas, il a toujours un déclencheur qui fait que l'idée a mûri dans l'idée des gens. La volonté de changer les choses est présente depuis des décennies. Ça, je pense que même ça a jamais disparu.

Mais ce qui ce qui fait que le mouvement des gilets jaunes n'a pas donné de de résultat concret sur le la souveraineté populaire, c'est que c'est que c'est pas le moment encore et que malheureusement quand ce sera le moment, c'est qu'il y aura déjà énormément de gens qui souffriront de ce ces situations. Ce qu'on a besoin, c'est de changer de système. C'est pas de virer un politique ou Et je pense que ça beaucoup de gens l'ont compris aujourd'hui. C'est bien pour ça que la réponse estatique, c'est des armes des flics et les et et de la violence. C'est parce qu'ils savent très bien que si jamais ils tombent, c'est pas pour remettre un de leurs copains à côté après.

C'est terminé pour le jeu après. Donc non, je suis pas en colère, je suis déterminé. Et les peuples quand ils deviennent déterminés, il y a une phrase qui est mexicaine si [musique] je me rappelle bien qui dit qui veut dire un peuple un ne sera jamais vaincu. Ça prendra le temps que ça prendra mais ça finira par marcher.

57:23
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[musique] [musique]

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Jordan, il m'a dit que le 10 dans 2 jours, il allait euh il allait manifester, il allait rejoindre tous ces gens en colère contre l'État et contre tout ce qui se passe. Euh vous qu'est-ce que vous en pensez ? Ah [rires] il m'avait pas dit ça, hein ? J'espère que tu n'y vas pas toi pour dire il faut renverser Bairou, je ne sais plus. Non, j'espère que bon euh il faudrait en fait dans ton combat rester aussi neutre, ne pas avoir de casquettes. Non non, justement cette marche là, elle est partisane et c'est ça et c'est ça qui est bien là. Ça va mal pour tout le monde. Regarde moi maman, je suis artiste. Tu sais c'est quoi ma vie ? tu sais c'est quoi être intermittent du spectacle.

Tu sais que il y a plus de subvention, l'État donne plus rien pour les artistes. Donc les artistes enfin peut-être que demain j'aurai plus de travail, tu vois ce que je veux dire ? Et en fait ce se ce se mobiliser euh c'est pas une mobilisation juste pour les artistes, juste pour les cheminaux, juste c'est toute la société qui doit se mettre à l'arrêt pour faire comprendre au puissant que ça suffit, qu'il faut partager, que ça y est. Tu tu vois ce que je veux dire maman ? Sans sans casse. Oui. Non non, c'est pas une question de casse voilà. Non non, l'éducation que je vous ai toujours donné pas de violence. C'est pas une question de casser les choses ou quoi que ce soit.

Je sais que tu as je sais que tu as peur par rapport à la police aussi. tu bon je sais je sais tout ça à un moment il faut absolument qu'on fasse entendre les choses et c'est ça c'est un c'est un rapport de force à engager avec les les élites mais les élites n'écoutent plus ah mais de toute façon ils ont pas le choix que d'écouter Oui mais c'est Oui mais c'est qui la force de travail ou la dernière fois la force de travail mam tu tu te souviens ce qui s'est passé pendant les retraites les éboueurs, ils ont arrêté de travailler hein ceux qui se lèvent à 6h du matin ceux qui nous ressemblent tout ça ils ont arrêté travailler La la France du bas, voilà, la France.

Voilà, quand ça puait dans les rues de Paris là, hein. Et ben là, ils ont commencé à se bouger. Ils ont eu peur parce que c'est en fait sans nous, ils sont rien ces gens-là. Ils sont rien ces gens-là. Et il faut leur faire comprendre. H c'est c'est c'est important, tu vois. C'est important qu'on le fasse. Je viens du du Bénin mais origine. Et mon papa il a fait la guerre de 39 ici, il était tirageur mon père aimait la France, il aimait les grands classiques d'ù mon prénom Léopoldine, Victor Hugo, tout ça. Euh il aimait les disons les philosophes, les grands philosophes, tout ça. Donc et euh on se dit la France est un grand grand pays donc d'ouverture d'esprit.

quand je suis arrivée, franchement bien sûr on on sent qui j'ai senti tout de suite j'ai dit ou le combat ça va être dur rude mais euh j'ai toujours j'ai reçu une éducation telle que la main qui veut recevoir doit savoir se tendre encore plus loin et quand je suis arrivée j'avais plutôt peur de ça en disant est-ce que je serai caba pas à la hauteur de ce qu'on attendait de moi, de l'exigence que je je voyais en fait euh chez le le blanc, enfin ce que le blanc était à mes yeux.

1:01:44
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[musique]

1:01:51
Locuteur

À Aubertvilier, le conservatoire, il était pas encore régionalisé. Voilà. Donc c'est-à-dire que les habitants des quartiers pouvaient avoir accès à la culture. C'est pour ça que moi petit j'ai pu faire du violon sel, j'ai pu faire des trucs comme ça parce que maman aussi elle elle me boostait à à faire ces choses-là. À un moment donné le conservatoire s'est régionalisé donc il y a eu des comment dire des évaluations pour savoir si vous étiez compétent pour rentrer dans dans cette école là et cetera. Et il y a plein de gens des quartiers qui ont fini par ne plus du tout aller, qui ont plus été conviés à s'inscrire au conservatoire et cetera.

J'avais la haine, je vous dis mais [raclement de gorge] merde alors ces enfants ont besoin. Euh la culture n'est pas uniquement pour les riches, pour les ceci. Non, c'est pas possible. Personnellement pour les enfants, je me suis toujours battue toute seule toute seule comme une guerrière une Amazone. Moi, je j'ai l'âme de l'Amazon dans mon Donc non, je me suis toujours battue toute seule.

1:02:56
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Locuteur

av pas de bouclier donc j'ai pas mis mais je compte aujourd'hui si je fais ça c'est juste pour [musique] faire réfléchir les CRS on pas tous des cass C'est juste

1:03:26
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[musique]

1:03:33
Locuteur

tu peux laisser le son. Il y a il y a pas de son. Il y a pas un bâtard. Ouais. Attention la derrière la prise de la bassie. V2 cass V2 de la tu vas avec une grue mais j'ai vu cette vidéo elle est [rires] gros c'est comme au moyen âge ma gueule jure c'est la bast ils sont rentrés après ouais je pense he vu commenter la porte trop timide non ils sont pas rentrés mais ils sont pas rentrés gros ils sont pas rentrés ils sont pas rentrés gros tu vois ils sont timides il y a il y a il y a casser des magasin pour piller.

Donc c'est des trucs intéressés et il y a des trucs une action politique tu vois c'estàdire c'est un symbole là tu attaques ce truc là c'est un symbole tu fais pas de casse tu tapes pas des gens n juste tu casses le trucosition for dire ouais vas-y viens on va per deux trois trucs on va prendre il y a rien à piller là-bas tu veux per quoi tu vas per des des documents le ral bol le en fait le truc il te casse les couilles et tu vois c'est histoire de marquer le coup tu Parce qu'au final manifesté quand tu es entouré de CRS et vas-y au final tu te finis gazer là tu vois tu rentres dans un truc de base il y a personne qui fait ça tu vois c'est après on compare la basia maintenant nos ventres ils sont remplis à l'époque ils avaient faim ils avaient faim sais quoi on doit on doit faire de la France pour agir comme ça je pense.

Non non en vrai non le système il nous met dedans. Nous on est trop confort. Tu as vu rien qu'on manque un jour de taf on perd 80 balles. 80 balles c'est dur. Demain, demain, demain par exemple le 10 là, s'il y a un mouvement et c'est repris sur les réseaux, qu'est-ce qui pouvait qu'est-ce qui pourrait vous faire rentrer dans le mouvement ? Tu as vu des vrais actes ? Si c'est pour marcher dans la rue, j'ai d'autres ch à faut livre, je préfère regarder en fait.

On sait que pas donc toi par exemple, si demain tu vois les cufs rejoindre le mouvement, ça va te pousser à à y aller parce que je vais me dire que peut-être que j'y vais là-bas, j'aurai moins de chance de me faire casser la gueule en fait. [rires] Ah c'est vrai [ __ ] à rien. Si par exemple les CF ils font des dingueries là tu dis ouais c'est bon là on peut y aller. Si demain par exemple OK on est dans des manifestations justement ça attaque les symboles c'est une manifestation orientée tout ça est-ce que parce que à côté de vous il y aura des gens qui vont pas du tout penser comme vous.

Est-ce que vous seriez capable de manifester à côté de gens qui sont d'extrême droite ou potentiellement racistes ? Il y a des gens d'extrême droite, il sont pas forcément d'accord avec ce au pouvoir comme des gens d'extrême gauche. Ouais, c'est v le gars d'extrême droite, même s'il a par exemple, il peut avoir des pensées racistes. Ah ouais voilà. Quel type de Il peut avoir des pensées racistes de ouf tu vois. Mais en fait en côtoyant, il va un peu changer d'idée. Tu vois, vous êtes là pour la même cause en fait. En fait, on a tous le même objectif. En fait, il y auras la même finalité, mais pas le même objectif. Alors on est tous pauvre. Ouais, c'est ça.

En fait, en fait, il faut il faut une alliance des prolétaires en fait. Ouais. Ouais. Ouais. Et puis après on voit, on a toujours fait ça. C'est-à-dire que entre nous, on a des communautés qui sont différentes avec même à l'intérieur du racisme. Le racisme, il est partout. Nous, les gars de banlieu euh issu de l'immigration et pas que, tu vois, en fait, on s'est toujours adapté. On s'est toujours adapté. C'est-à-dire que déjà, on est arrivé dans des endroits où les gens, ils étaient pas de la même culture que nous. On a créé, on a créé quelque chose. On a on a réussi à pas tuer en fait. Tu vois, ça veut dire qu'on est capable de le faire. On est capable de le faire.

On est capable de le faire avec tout le monde. Mais pour ça, moi je pense qu'il faut faut qu'on se parle. Ce truc, il est possible si euh nous on fait un pas vers eux. Genre et pourquoi ça serait nous de faire un pas vers eux ? Ah moi je suis Attends. Ah ça c'est non ça non ça c'est déjà. Non mais ça c'est une bonne question. C'est vrai que pendant le le les gilets jaunes et autres, mais c'était une je pense que c'était une bonne lutte, mais les gens des quartiers, vous imaginez, ils n'ont pas à manger, ils ont du mal à joindre les debouts. Ils ont du mal à apporter à manger à leurs enfants et ils ne voi pas l'avenir. Là où l'État doit investir, l'État n'investit pas.

Il y a certains politiques politiciens qui viennent dans les quartiers qui profitent de cette misère là. H et qui nous disent oui voilà il vous faut quoi ? Oui euh voilà on va discuter. Les discussions ça reste là. C'est juste pour montrer que ah oui, je suis député. Ah ben voilà, vous savez ce que je fais dans tel quartier. Et en fait, c'est pour ça que la plupart des gens des quartiers ne se mobilisent pas parce que parce que ils se disent c'est les mêmes choses. Tous les syndicats, les les trucs qui sont dans la rue, CGT et cetera, c'est la même chose. C'est des gens qui ont on ont on la bouche mais au final dans le concret, il y a rien qui change pour nous.

Donc pourquoi on va aller on va aller manifester ? Pourquoi on va perdre une journée de salaire sachant qu'on peut pas se le permettre pour au final se faire mépriser et et rien en tirer ? Je pense que il y a beaucoup de gens des quartiers qui se disent ça. Moi je pense qu'il y a beaucoup de de préjugés justement entre les beaufes et les barbares. Certains, ce qu'on appelle les beauffes vont entendre parler des noirs et des Arabes qu'à travers ces news, les médias, BFM et cetera. Euh, ils connaissent pas la réalité des gens qui vivent ici. Ils savent pas que les gens qui foutent la merde, c'est une minorité.

Moi tous mes potes que je connais, on travaille, on charbonne, on c'est la vie, elle est dure mais on est des gens honnêtes et on essaie de faire les choses bien comme eux, comme comme ce qu'on les beauff Jean Coto aussi et les gens des quartiers aussi ont des préjugés sur ce qu'on appelle les beauffes. C'est pas tous des fonctionnaires, c'est aussi il y a beaucoup de gens qui galèrent. Voilà et ce qui serait incroyable, c'est que les deux arrive à voilà à trouver tron commun et à faire quelque chose. Moi, j'ai envie d'y aller.

Je sais que c'est important, c'est nécessaire de le faire, de dépasser tout ça et de se dire "OK, il y a quelque chose qui se joue là en France et il faut saisir l'occasion pour unifier le prolétariat." Euh mais c'est pas le cas de tous, mais il y a une colère, elle est légitime, on sait d'où elle vient, on l'a vécu, on on l'a ressenti. Euh cette colère là, il il faut la mettre au bon endroit. Donc en fait, faites pas ça ici. Euh allez voir euh allez voir les coupables en fait, les responsables. Aller leur demander des comptes à eux. C'est c'est ça mettre la colère au bon endroit. C'est aussi euh c'est aussi la pensée. Il faut pas que ce soit juste une émotion violente.

Il faut aussi qu'elle soit pensée qu'il y a un projet derrière cette violence qui qui est légitime et euh nécessaire sur le coup. Mais il faut qu'elle il faut c'est pas qu'elle soit politique, mais en tout cas il faut qu'elle soit pensée cette violence. Sinon, c'est juste un feu qui brûle tout et et Prêt ?

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Non speech

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Locuteur

Bonsoir à toutes et à tous. On se retrouve ce soir pour l'entretien de Derooc. Je suis en compagnie de Lena Ichcagnan, réalisatrice du film Fenwick. Bonsoir Lena, merci d'être avec nous sur ce plateau. Bonsoir, merci de l'invitation. Alors pour commencer, le titre Fenwick, histoire qu'on confonde pas avec le personnage Galager Fanwick par exemple, c'est une référence à un moment très précis euh du film et surtout de du mouvement des gilets jaunes. Oui. Euh en fait, j'ai pris cet événement là comme référence parce que j'ai je l'ai trouvé très beau.

En fait, ça fait ça fait référence à à l'événement qui s'est passé en novembre 2018 où il y a des gilets jaunes qui ont pris un fan, un chariot élévateur et qui ont défoncé les portes du bureau du porte-parole du gouvernement. Euh à l'époque, c'était Benjamin Griveau. [grognement] Et donc j'ai trouvé ce moment très beau. Ouais. Euh symboliquement parce que c'est un outil ouvrier qui arrive dans les dans les quartiers du du du pouvoir et qui défonce ces portes-là. Et donc voilà, j'ai appris j'ai appelé le film comme ça. [rires] Ça va, la Mark Fenwick n'a pas posé de problème.

Si si, mais on en parlera pas mais ouais, j'ai quelques litiges avec eux à ce propos mais tout va bien, tout va bien se passer. OK. [rires] Oui, après tout le chariot élévateur n'y est pour rien. Sont les Ils ont pas de souci à se faire en théorie. Euh [rires] mais ça représentait quoi du coup pour toi ? Est-ce que pour justement ce passage où avec le chariot élévateur, il défonce un peu la porte du ministère, est-ce que pour toi ça a représenté un peu ça représente juste la l'insurrection à son paroxisme ou quelque chose de plus complexe ? Est-ce que tu peux nous faire la symbolique ?

Je la trouvais très belle mais aussi moi ma question c'est en fait ils ont défoncé les portes mais ils sont restés aux portes. Ils sont pas rentrés. Ils auraient pu rentrer même si ça même si ça allait être très s'il avait voulu. Ouais, ouais, absolument. Et en fait, certains gilets jaunes qui étaient bah là à ce moment-là, il ils ont dit en fait nous on se sentait pas légitime d'intégrer ces lieux de pouvoir. On avait aussi l'impression que toute la France n'était pas avec nous et qu'en fait on n' pas l'habitude d'intégrer ces lieux de pouvoir là, de d'y être en fait physiquement.

Et donc tout ça, ça me ça m'intéressait beaucoup aussi euh ce truc de d'être aux portes mais de pas rentrer et que ce soit encore un éème avertissement mais qu'on on n'y aille pas quoi. Ouais. Alors moi ce qui est ce que j'ai trouvé quand même assez fascinant, c'est que donc au visionnage du film, on voit que tu as tu fais un petit peu un tour de France euh de ces anciens gilets jaunes du coup parce qu'on peut-être les appeler anciens gilets jaunes.

Donc ex gilets jaunes de la première heure parce qu'il te témoigne quasiment tous de la des premières manifestations de novembre de décembre surtout celle dont on son le plus où il y a eu énormément de de violences policières sur la place de l'étoile et tout. Ton film est entièrement autoproduit. Oui. Euh donc moi je me posais la question, comment tu as réussi à organiser un petit peu tous ces tournages dans endroits différents ? Comment ça s'est passé un petit peu la production du film ? Euh c'était un c'était très pirate [rires] à vrai dire. Ouais. Euh en fait le film c'était un peu un coup de speed. Enfin, je l'ai fait un peu en coup de speed.

J'avais besoin de le faire assez rapidement euh pour moi parce que j'avais envie de de rencontrer ces gens-là et j'avais envie de de leur donner la parole et je sentais je sentais la colère montée surtout que c'était quelques mois avant les le 10 septembre [grognement] et donc du coup il y avait toutes les annonces et cou la manifestation enfin le mouvement bloc contou de l'année dernière. Voilà. Exactement. Euh et donc du coup, je suis pas allée chercher les financements institutionnels, le CNC et cetera. Et aussi parce que en fait, j'avais vraiment besoin d'avoir une liberté éditoriale la plus totale. Ouais.

[grognement] Et donc je me suis dit bon, on va y aller en pirate, on va prendre une caméra. Et [grognement] en fait, on a commencé à faire des appels à témoignage que j'ai balancé un peu de partout sur les réseaux sociaux. Ouais. Et donc dans ces appels à témoignage, j'expliquais que je cherchais et des gilets jaunes mais aussi des Français en colère qui avaient pas été forcément dans le mouvement mais qui voulaient prendre la parole et cetera.

Et en fait ce que j'ai j'ai été surprise parce que j'ai reçu beaucoup plus de témoignages de français en colère qui voulaient prendre la parole, qui m' envoyé des pavés comme ça par mail qui m'expliquaient ce qui dysfonctionnait et pourquoi ils étaient en colère plutôt que des gilets jaunes qui voulaient prendre la parole parce qu'en fait ils ont été d'une certaine manière trahis par les médias mainstream et du coup ils ont du mal à à faire confiance quand quand il y a un projet cinématographique qui parle parle de du mouvement et euh et donc du coup en fait c'est tout des gens qui sont venus à moi qui m'ont écrit et puis en fait un mois plus tard on était on était en tournage, on a loué un camion aménagé.

Ouais. On est parti à quatre jeunes professionnels du ciné et on allait rencontrer toutes ces personnesl. Donc on est allé dans le tard, on est on est allé en Bourgogne, on est allé en périphérie de Paris, on a essayé de faire un bon petit tour. [grognement] Ça a duré 9 jours de tournage et voilà et c'était c'était très intense. C'était pour moi la meilleure expérience de ma vie de rencontrer tous ces tous ces gens-là très différents. Ouais. Ben justement, on te sent on te sent impliqué dans le film. On voit même une scène où à un moment donné, tu échanges quand même tu échanges un moment d'émotion assez fort avec une des personnes que que tu interviewes, que tu rencontres.

Euh qu'est-ce qui toi personnellement t'a lié avec le mouvement des gilets jaunes ? Qu'est-ce qui t'a lié avec ce mouvement ? Euh alors moi à l'époque j'avais 16 17 ans. Donc à vrai dire moi le mouvement il m'est passé un peu au-dessus. [rires] Je m'intéressais pas du tout à la politique à l'époque. Euh j'ai pas été élevée dans un milieu militant ou quoi que ce soit.

Et en fait, c'est un peu plus tard, ben 7 ans plus tard quand j'ai commencé à m'intéresser à la politique, à l'actualité, que j'ai compris que le mouvement des gilets jaunes avait été un mouvement très beau, d'une grande beauté, inédit, très puissant et et j'ai voulu prendre comme point de départ du film le mouvement des gilets jaunes parce que pour moi, ils avaient réussi à créer quelque chose qui est très compliqué à à faire. aujourd'hui, c'est qu'ils ont ils ont réussi à créer de la fraternité entre eux. Euh et donc voilà, c'était c'était vraiment une référence pour moi et voilà, mais j' j'avais pas d'attache vraiment directe avec le mouvement à la base quoi. Ouais.

Alors aujourd'hui, on est quand même dans un contexte mais fait raisonne d'autant plus avec l'actualité qui a parce qu'il y a la manifestation du 17 octobre. Oui. Euh qui laisse présager, on va voir ce que les ce que les jours qui suivent nous nous disent nous diront ce que les jours qui suivent nous diront. Mais en tout cas, ça laisse certains pensent à un éventuel retour des gilets jaunes. Quand on regarde la conjoncture parce que quand on regarde la conjoncture qui a fait éclater le premier mouvement et quand on regarde celle d'aujourd'hui, on se dit effectivement ça peut peut-être repéter un jour et pourquoi pas. Bah qu'est-ce que tu en comment tu vois les choses toi ?

Bah alors, j'en ai beaucoup rencontré parce que là, on est à à peu près 40 projections partout en France. J'ai projeté mon film dans des cinémas mais aussi des lieux alternatifs, des universités, bref. Et euh et donc j'ai rencontré pas mal de gilets jaunes, mais j'ai aussi rencontré pas mal de de Français en colère qui ont pas trop de lien avec les le mouvement des gilets jaunes. Mais euh je je crois que le le retour des gilets jaunes est possible, même si euh une certaine partie des gilets jaunes euh ont vraiment morflé il y a 7 ans et on le voit aussi dans le film euh c'est qu'il y a eu plusieurs trajectoires. Il y a il y a des gens qui ont vraiment tout perdu.

Ça a laissé beaucoup de séqueles, beaucoup de traces sur leur sur leur vie personnelle. Utiler pour l'exemple hein. Absolument. Et puis des traces, il y en il y en a qui ont divorcé, il y en a qui ont perdu leur job. Enfin voilà. et euh et euh et en a pour qui ça reste et ils ont une grande fierté à être gilet jaune. Moi ce que j'ai ressenti dans tout tous les échanges que j'ai eu en projection lors des débats, c'est que les gilets jaunes sont un peu sur le qui vivent, c'est-à-dire qu' ils guettent un peu savoir quand est-ce que ça va péter, mais eux n'iront pas. En fait, je crois qu' ils attendent une majorité pour y aller eux aussi et rejoindre. Voilà. un vrai nombre.

[grognement] Ben d'autant qu'en plus l'année dernière ça a un peu été euh ça fait il y a eu un premier il y a eu un le 10 septembre bloquou laissait déjà présager un retour un éventuel retour des gilets jaunes. Finalement ça s'est pas fait d'autant que les syndicats ils ont un peu un peu fait les choses de leur côté. C'est ça un peu périclité très ça a périclité très vite. Euh donc effectivement on sait pas trop sur comment ça peut évoler.

Puis évidemment le d'ailleurs c'est marrant parce que dans ton film on en parle un petit peu de la responsabilité des syndicats, dans le fait qu'ils ont pas vraiment suivi le mouvement que h ouais après les syndicats, c'était aussi un sujet dans les interviews, mais il y a tellement de il y a tellement de sujets abordés qui qui sont liés à la colère sociale. en en 1h10, c'était un peu compliqué de de tout voir, mais effectivement, il y a il y a [grognement] il y a une défiance envers les syndicats, ça c'est sûr. Et et c'est pour ça que d'ailleurs les gilets jaunes ont créé leur propre syndicat, le syndicat des gilets jaunes qui se bat beaucoup pour sur sur tout un tas de sujets.

Euh mais en tout cas oui euh globalement euh il j'ai l'impression en tout cas, mais c'est que mon prisme, que ils iront pas au front directement et qu' ils ont assez morflé et ils ont été euh assez euh ils ont subi les violences policières très fortes. Donc c'est tout de suite ça freine beaucoup quoi. Ouais. Bah il y il y avait violence policière mais même violence judiciaire. On se souvient des comparisions immédiates des gilets jaunes notamment après les manifes de décembre qui avait été aussi pareil symboliquement et judiciairement très violente.

Euh puis il y a aussi euh enfin depuis le cou les sous les ponts, il y a eu par exemple la réforme de retraite h où des millions de manifestants sont allés dans la rue pour dire non on en veut pas, ça n'a rien changé. Euh il y avait une majorité à l'Assemblée nationale pour dire non sur ce texte. Il y a quand même eu le 493. Après 2024, les élections législatives, Macron ne respecte pas le résultat des élections, ne pas ne nomme pas un premier ministre issu du NFP, même pas un un PS à la place, il continue d'aller toujours plus à droite. Il va même jusqu'à nommer Bruno Rotaillot au minist au ministère de l'intérieur.

Donc vraiment en terme de piétinement des de piétinement d'un résultat électoral, on peut pas peut difficilement faire pire. En tout cas, plus foutage, on peut définitivement faire plus foutage de gueule que ça. [soupir] Est-ce que pour toi tu dis pas il y a pas enfin je sais pas est-ce que il te les gens que tu as eu que tu as rencontré te l'ont peut-être confié aussi. Peut-être qu' aussi il y a une sorte de résignation. C'està dire que manifester ça sert plus à rien. La faire la grève ça ne sert plus à rien. Voter ne sert plus à rien. H est-ce que tu as bien sûr mais bien sûr il y a plein de gens qui sont résignés.

Il y a il y a plein de gens qui en tout cas de ceux que j'ai rencontré qui ne votent plus, qui ne qui ne se qui ne se sentent pas représentés par aucune figure politique, par aucun parti politique. Et c'est assez intéressant parce que très rapidement quand j'ai parce que comme j'ai fait le le le film un peu en pirate, j'ai pas eu de producteur, j'ai pas eu de distributeur. Donc quand j'ai voulu le distribuer en cinéma, c'était très compliqué. C'est moi qui qui démarchait les cinémas pour leur proposer des projections et cetera. Et en fait euh bah personne voulait m'ouvrir les portes, c'est-à-dire que les cinémas euh il me prenait pas au sérieux.

Il voyait une petite réalisatrice de 24 ans qui a fait un petit documentaire sur la colère sociale. Il me riait au nez. Ouais. Et en fait euh quand j'ai commencé à parce que j'ai du coup sur les réseaux sociaux, j'en ai parlé et cetera, j'ai vu une une intelligence collective se mettre en place. euh [grognement] des collectifs, des associations, des citoyens, des mouvements citoyens qui m'envoyaient des messages pour me dire "OK, moi j'ai pas vu ton film mais par contre j'ai envie de le diffuser près de chez moi. Comment je fais pour t'aider ? Comment je fais pour démarcher mon cinéma ?" et cetera. Et c'est comme ça qu'on est arrivé à à faire 40 projections.

Et en fait, tout ça pour dire que euh je pense que beaucoup de gens sont désespérés et en même temps ce que j'ai ressenti qu'il y a un besoin de se mettre en mouvement, il y a un besoin de de de d'agir. Donc là, c'était pour diffuser un film sur la colère sociale, mais en fait, il y a énormément de de gens qui commencent à rejoindre des mouvements citoyens ou des partis politiques et cetera, mais qui [grognement] ont envie de commencer à réfléchir ensemble de comment comment on fait, quelle est l'issue et quels outils on a aujourd'hui. Donc effectivement euh aujourd'hui le vote ça sert plus à rien, les les les pétitions ça sert plus à rien.

[grognement] C'est très compliqué mais j'ai senti qu'il y avait un vrai besoin de de se mettre en mouvement quoi, de se rencontrer, de réfléchir et cetera. Et ça ça m'a ça m'a donné beaucoup d'espoir lors des des rencontres. Mais justement comme tu disais dans ce que comme tu me disais tout à l'heure, pour que le mouvement euh fonctionne ou en tout cas pour que des personnes qui s'étaient déjà mises en mouvement à l'époque repartent, ils font une majorité ou en tout cas une masse. H euh et à un moment donné, moi je trouve très intéressant la la une des dernières séquences du film où tu es à Auberviler. Oui. où tu vas interroger les gens des quartiers populaires d'Aubervilier.

Euh et donc des gens qui sont qui vont sans doute être plus sur des thématiques antiracistes et cetera, des colonials et tout parce que c'est bah c'est tu tu parles avec des personnes qui sont racisées donc on des problèmes qui ont des des problématiques bien différentes quand même même si on peut dire que c'est la même chose mais ils ont quand même des problématiques différentes que les classes populaires rurales. Et donc tu poses la question évidemment de cette convergence des luttes parce que c'est le mot qui apparaissait tout le temps à l'époque en 2019 convergence des luttes. Est-ce que toi tu penses que cette convergence est possible ?

Et d'ailleurs même, je pousse même le bouchon encore plus loin. Est-ce que par exemple une convergence entre les prolétaires du du tertiaire, ceux qui travaillent dans les euh dans les supermarchés euh qui sont employés de bureaux et cetera peuvent ça peuvent aussi converger vers le le prolétaire classique, donc celui du secondaire, celui de l'industrie manufacturière. Est-ce que tu penses que ces convergences d'utes là sont sont [rires] possibles ? Enfin, en tout cas qu'il y ait une volonté comme ça qui l'attente au moins ? Euh alors moi j'aime j'en sais rien mais moi j'aimerais j'aimerais beaucoup et [grognement] et c'était assez intéressant.

Moi, j'ai vraiment voulu aller aussi dans les quartiers populaires parce que euh les quartiers populaires étaient euh très peu présents voire absent du mouvement des gilets jaunes. Et du coup, il y en avait quand même parce qu'il y avait la justice, il y avait le mouvement Vérité pour Adama, tout ça. Oui. Oui, il y en avait.

Mais en tout cas, quand j'ai rencontré des militants des quartiers populaires de Saint-Étienne, parce que moi je viens de Saint-Étienne, ils me disaient tous "Mon, nous à l'époque en fait, on n pas rejoint parce que nous ça fait déjà 10 15 ans qu'on parle de misère, qu'on parle de violence policière et là il fallait que un groupe de blancs de classe moyenne se lève pour que nous on se lève alors que nous on nous écoute pas depuis depuis trop longtemps." Et du coup, cette rupture là, elle m'intéressait beaucoup.

Et c'est vrai que à la fin du film, on voit on voit on voit Jordan qui qui explique que bah lui, il aimerait bien que qu' ait cette convergence et euh et je pense que en tout cas, je crois que la solution, elle est elle est elle est par là. C'est-à-dire que il faut commencer à remettre du lien.

Euh et j'ai été j'étais assez étonnée des réponses parce que j'ai on on s'attend toujours à des réponses avant d'interroger les gens et en fait ils m'ont beaucoup surpris Jordan et ses amis euh quand je leur ai posé la question, je leur ai dit si demain il y a un mouvement populaire euh en bas de chez vous euh est-ce que est-ce que est-ce que le fait de potentiellement manifester à côté de gens qui ont pas du tout les mêmes idées que vous, qui sont qui ont des qui potentiellement votent RN, qui ont peur de vous, qui ont de la haine et cetera, qui sont racistes. Est-ce que est-ce que ça vous dérangerait ?

Et la majorité du groupe me disait "Mais en fait nous on attend qu'aller rencontrer ces gens-là." C'est-à-dire que il y a pas assez d'espace de rencontre et on on sait pas où ils sont. Ils nous connaissent pas. Voilà. Et en fait nous nous nous on a envie de on a envie de le rencontrer et ils verront très bien que en fait ils sont on n'est pas ce que ce qu'ils pensent qu'on est. Et en fait ça, j'ai trouvé intéressant toutes ces toutes toutes ces toutes ces réponses là et je me je moi ça m'a donné beaucoup d'espoir euh là-dessus et et c'est quand quand Jordan dit "Moi, j'ai envie que les beauffes et les barbares euh ça reprend ce que disait Au Boutelia euh se mettre en ensemble et converge.

Euh moi je crois que rien ne se fera si on le fait pas quoi." Ouais. OK. Alors euh pour finir euh cet entretien, tu as mis euh des choses en place pour aider ton film. Tu d'ailleurs tu en as un petit peu parlé via les les diffuseur qui ont demandé comment on pouvait soutenir ce film. Et pour les gens euh qui regardent cette émission, comment ils pourraient faire pour comment ils peuvent faire pour soutenir ton film ? Euh et ben on a euh on a pardon [rires] sorti un site qui s'appelle Fick le film. Euh donc les gens peuvent regarder où est-ce qu'il y a des projections un peu partout en France, il en reste et puis j'espère que on va on va pouvoir encore en organiser un peu de partout.

Euh moi je je j'ai vraiment envie de de pas me m'enfermer dans les cinémas mais d'aller vraiment chercher les gens là où ils sont. C'està-dire euh je sais pas même dans les dans les usines, faire des projections dans des dans des usines euh à l'université, dans des lieux alternatifs, des maisons de quartier. J'ai envie que les gens puissent se saisir du film et donc sur ce le site Fanwick lefilm.fr, ils peuvent me contacter et qu'on puisse organiser ça ensemble. Euh tu en as pas mal des projections prévues d'ailleurs d'ailleurs dans des endroits où tu as tourné déjà précédemment. Oui. Ouais. Ouais. Ouais.

Et ce qui était assez intéressant, c'est que on a eu beaucoup de de demandes [grognement] dans des dans des petits bleds et pas forcément dans des dans des grosses villes, mais en fait euh j'ai rencontré plein de gens et j'ai découvert du pays que je ne connaissais pas. Donc c'était assez intéressant et euh et voilà comment aider le film après me suivre sur les réseaux sociaux et puis euh et [grognement] puis voilà, je crois que c'est tout. [rires] OK, ça marche. Et bah prenez note. Le site fanwcklefilm.fr fr je pose. C'est ça. Et puis euh bah suivez euh Lena Ich Canagan sur sur les réseaux sociaux pour soutenir son le petit [rires] clin à la caméra. C'est habile habile toujours.

Euh et du coup je me demandais bah puisque il y a ce ce les soutiens à ton film, est-ce que ça veut dire que derrière en fonction de comment ça marche peut-être que tu vas mettre en place d'autres projets de de film ou peut-être que tu as déjà des trucs en tête si jamais tu veux [rires] un petit un petit teasing de comment comment va évoluer la carrière du [souffle coupé] Can. Euh alors ce film, il m'a vraiment euh permis de me rendre compte que je voulais faire ça de ma vie. Avant, j'étais complètement perdue, je savais pas ce que je voulais faire. Ouais.

Et en fait euh Et le cinéma, tu as vraiment Ouais, mais [raclement de gorge] vraiment les les documentaires et moi, j'ai vraiment envie de de continuer là-dessus et et de donner la parole à ce qu'on invisibilise. H donc euh donc voilà, ça après j'ai des idées mais pour l'instant je vais faire une petite pause par que je suis un peu fatiguée de porter le film toute seule. Mais j'ai envie de euh plus largement de reconnecter les les gens les uns avec les autres et de générer un peu plus d'amour dans le dans le débat.

Donc toutes ces questions de démocratie euh euh et toutes ces questions sociétales plus largement, elles m'intéressent beaucoup et aller filmer les gens les gens euh et les personnes dont on parle pas, ça m'intéresse beaucoup. Donc euh voilà, on verra ce que ce que je deviens dans 5 10 ans. Je suis en freestyle pour l'instant. J'ai le temps. Bah écoute, [rires] il y a l'émission d'c pour suivre ça de très près, hein. Ouais, carrément. [souffle coupé] Bon, en tout cas, merci beaucoup euh Lena d'être venu sur ce plateau. Parlez donc de ton film Fenoui que je vous invite à voir ou revoir, hein.

Euh, il est disponible pendant une semaine en replay sur euh sur notre chaîne YouTube exceptionnellement parce que bah voilà, la conjoncture, le contexte l'impose he si j'ose dire. Merci beaucoup Lena. Merci beaucoup. Quant à vous, vous l'aurez compris, derrière les docs, c'est fini pour ce soir. Si vous voulez que le documentaire continue de vivre sur le média, rendez-vous sur capsurdicap.lemleediatv.fr pour devenir un de nos 10000 donateurs mensuels. Merci pour votre attention et votre fidélité et je vous dis à dimanche prochain pour un nouveau numéro de Der. [sifflotement]