Attaque raciste dans les Yvelines, manifestations en France, montée du RN... Le "8h30 franceinfo" de Sandro Gozi
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Questions et réponses
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- 1:12OuverteRéponse directe
Sandro Gaudi, qu'est-ce que vous inspire cette attaque raciste qui s'est déroulée dans notre pays ?
- 1:56FerméeRéponse directe
Vous voulez cibler le Rassemblement National ?
- 2:10RelanceRéponse partielle
Est-ce que ces discours, comme il le dit, font des morts ensuite ?
- 4:03OuverteRéponse directe
Sandro Gauthier, dans l'actualité également ce matin, il y a ces manifestations hier en France.
- 4:26OuverteRéponse directe
Vous êtes satisfait de la manière dont s'est déroulée cette journée ?
- 5:17RelanceRéponse directe
C'est intéressant quand vous dites que le choix du parcours était le bon.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:24Invité politiqueFait
« Et il est clair que c'est un attentat suprématiste, raciste. »
- 1:42Invité politiqueFait
« Mais il faut appeler un chat un chat, c'est un attentat raciste, suprématiste, blanche. »
- 3:32Invité politiqueFait
« En France, il y a eu Vichy. On a envoyé des gens dans les camps, à l'extrême droite, avec les nazis dominés en France. »
- 3:39Invité politiqueFait
« En Italie, on a fait la même chose. »
- 4:12PrésentateurChiffre
« 800 000 personnes dans les rues selon la CGT, 410 000 selon le ministère de l'Intérieur. »
- 4:16PrésentateurChiffre
« À Paris, 110 000 personnes selon le ministère de l'Intérieur, 250 000 selon le syndicat. »
- 8:00Invité politiqueChiffre
« La France, c'est le pays qui dépense le plus de l'éducation nationale, plus de 6% du budget. »
- 8:06Invité politiqueChiffre
« Une grande partie de ce budget, je crois un tiers, est destiné à des retraites pour des profs qui vont à la retraite à 62 ans. »
- 12:33Invité politiqueFait
« Sans Emmanuel Macron, Marine Le Pen aurait été présidente en 2017. »
- 17:01Invité politiquePromesse
« Marine Le Pen provoquerait tout de suite une crise budgétaire institutionnelle. »
Temps de parole
- Sandro Gozi61 %
- Invité17 %
- Présentateur14 %
- ?5 %
- Invité 22 %
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Bonjour Camille.
Bonjour Benjamin.
Bonjour Sandro Gozzi. Bonjour. Eurodéputé du groupe Renew, le groupe politique lié dans l'Union Européenne à la majorité présidentielle en France, également conseiller de Paris pour le Modem. On va revenir avec vous sur les mobilisations d'hier contre la vie chère, mobilisation en France aussi dans votre pays en Italie et plus globalement dans de nombreux pays en Europe. Mais tout d'abord une première action sur cet attentat terroriste, raciste qui a frappé la France. C'était vendredi dans les Yvelines. Un homme est mort, cinq personnes blessées dont une enfant de 12 ans. s'était attrapé à la verrière. Lors de son interpellation, le suspect a déclaré « je n'en peux plus deux ».
Tout laisse à penser qu'il évoquait en disant cela les personnes de couleur qu'il a visées. Le maire de la verrière, Nicolas Denville, était notre invité ce matin. C'est l'une des villes ciblées par le meurtrier et il a témoigné à l'antenne sur France Info.
Le caractère raciste, pour moi, n'a jamais fait l'objet de doutes, puisqu'effectivement, nous à la verrière, ce sont trois personnes de couleur noire qui ont été ciblées. C'est un homme que des habitants ont vu, ont vu de leurs propres yeux. Et ils m'ont fait part de son sang-froid, de sa détermination à tuer, qui leur faisait froid dans le dos.
Sandro Gaudi, qu'est-ce que vous inspire cette attaque raciste qui s
'est
déroulée dans notre pays ?
C'est inacceptable que dans la République française de l'Union Européenne, on puisse être tué parce qu'on a la mauvaise couleur de peu, selon l'assassin. Et il est clair que c'est un attentat suprématiste, raciste. On l'a vu dans d'autres pays, on l'a vu à Buffalo, côté de New York, on l'a vu à Christchurch, dans la Nouvelle-Zélande. Maintenant, c'est arrivé en France.
J
'ai une pensée vraiment très émue pour les victimes, et je veux aussi saluer la rapidité des interpellations. Mais il faut appeler un chat un chat, c'est un attentat raciste, suprématiste, blanche. Et je voudrais que toutes les forces politiques en France les nomment ainsi, une à une qui me semble avoir du problème, a utilisé les mots racistes pour ces
attentats. Vous voulez cibler
le Rassemblement National ? Il se cible tout seul. Alors, il y a beaucoup d'élus à gauche, notamment Ali Rabé, le maire de Trappes, qui exprime depuis vendredi le fait que certains discours politiques stigmatisent les arabo-musulmans. C'était ces mots vendredi. Est-ce que ces discours, comme il le dit, font des morts ensuite ? Est-ce que ça nourrit ces idéologies et ces passages à
la tête ?
Moi, je pense qu'il est clair qu'il y a une instrumentalisation et du fait religieux
et
des couleurs de la peu. Ça ne concerne pas seulement un groupe ou une religion. En France, malheureusement,
on
a été tué parce qu'on est chrétien
et
on a été tué aussi parce qu'on est juif.
Donc,
il y a vraiment un retour de la violence. Après, du côté de l'extrême gauche, il y a aussi une manipulation de certaines questions géopolitiques, avec aussi les facteurs religieux. Je pense évidemment à Gaza et la France insoumise,
qui
sont très dangereuses. Mais qu'on voit aussi en Italie, qu'on voit aussi dans d'autres pays, l'extrême gauche attise la violence et joue avec le feu.
Mais
là, dans ce cas de cette attaque terroriste raciste, c'est plutôt du côté des mouvements
de l'ultra-droite ou de cette idéologie.
Et d'ailleurs, au domicile de ce Kevin T, qui a avoué être l'auteur de l'attentat, a été retrouvé un exemplaire de Mein Kampf, d'Adolf Hitler. Est-ce que vous êtes inquiet ? Vous parliez tout à l'heure des suprémacistes, mais aussi de cette résurgence du néonazisme en France et en
Europe.
On essaie de réécrire l'histoire.
Et
on essaie de réécrire l'histoire dans des pays qui ont vécu la tragédie du nazisme,
du
fascisme. En France, il y
a
eu Vichy. On a envoyé des gens dans les camps, à l'extrême droite, avec les nazis dominés en France. En Italie, on a fait la même chose. En Allemagne, les alliés de certaines parties en France, les alliés de Sarah Knafo et d'Éric Zemmour, Alternative U Deutschland, produisent des cartes dans lesquelles l'Alsas, la Moselle et les Oadiges italiens redéviens allemands. Donc, il y a la volonté de réécrire l'histoire. C'est très dangereux. Il faut vraiment s'inscrire en feu contre
cette stratégie.
–
Sandro Gauthier, dans l'actualité également ce matin, il y a ces manifestations hier en France. Nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère. Mobilisation très suivie à nouveau. 800 000 personnes dans les rues selon la CGT, 410 000 selon le ministère de l'Intérieur. À Paris, 110 000 personnes selon le ministère de l'Intérieur, 250 000 selon le syndicat. Beaucoup de monde dans la rue. Pas de scène de chaos comme on l'avait vu la semaine dernière. Vous êtes satisfait de la manière dont s'est déroulée cette journée ?
–
Oui, j'étais très inquiet en tant qu'élu parisien. J'étais très inquiet parce que ce qu'on a vu la semaine dernière, c'était vraiment épouvantable.
Et
on a vraiment détruit la vie des commerçants, des gens qui ne veulent que faire leur travail. Et je crois que la frustration sociale ne peut jamais devenir violence.
Et
donc, la journée d'hier,
ça
s'est bien passé. Il y a eu seulement quelques black blocs, quelques représentants de l'outra-gauche qui ont mis l
'interpellation.
–
Mais
je pense que c'était une journée mieux gérée, bien gérée. Je crois aussi que les choix du parcours, c'était nécessaire. Parce qu'on ne pouvait pas prendre les risques de revoir les scènes de violences qu'on a vues, Beauvoir-Voltaire, République et dans d'autres quartiers de Paris-Centre la semaine dernière.
– C'est intéressant quand vous dites que le choix du parcours était le bon. En effet, à Paris, la manifestation a eu lieu sur les boulevards maréchaux en périphérie. Ça a été le cas aussi dans plusieurs villes de France. Cela veut dire qu'on ne peut plus manifester en France dans le cœur des villes, dans le cœur de la capitale à Paris ?
–
Cela veut dire qu'on peut les faire, mais qu
'on
ne pouvait pas prendre les risques de les faire cette fois-ci.
–
Donc là, c'était exceptionnel. Ça ne doit pas se reproduire à chaque manifestation.
– Ça ne doit pas être
une règle, mais ça ne me choque pas par rapport à ce qui s'est passé la semaine dernière. Il faut concilier les droits légitimes, démocratiques, de manifester pour les citoyens, pour les représentants des syndicats, etc. avec les droits des Parisiens de vivre une vie normale pendant le week-end.
– Alors cette manifestation, justement, elle a eu un certain succès, le rappelait Benjamin à l'instant. Le gouvernement est sous pression. Est-ce qu'il doit, en plus d'avoir organisé ses manifestations, qu'elles puissent se dérouler correctement ce week-end, est-ce qu'elle doit aussi apporter, le gouvernement doit apporter des réponses politiques plus claires et plus rapides, selon vous
?
–
Selon moi, oui. Selon moi, oui. Tout en sachant que les demandes, les revendications
de
ceux qui manifestent en France ne sont pas différentes de ceux qui manifestent en Grèce. J'étais en Grèce hier, en Belgique, en Italie. La jeunesse est inquiète en France, notamment pour la question de l'éducation. Donc, évidemment, il faut revoir Parcoursup. Dans notre famille, on a galéré pour Parcoursup.
– Oui. C'était vraiment très compliqué. – Père
de famille, vous l'avez expérimenté.
– Très compliqué. –
Et le Président de la République, lors de sa rencontre vendredi avec les organisations lycéennes, a en effet ouvert la porte à une modification de Parcoursup.
Vous le maintenez, il faut revenir sur
Parcoursup. – Oui. En tant que père de famille, j'ai dit que oui, il faut le faire. Il faut travailler sur les bâtiments scolaires. En Belgique, les étudiants sont dans la rue pour les prix de l'université.
– C
'est une crise générationnelle européenne ?
– C'est une crise générationnelle mondiale, je dirais, parce qu'on voit des milliers de gens dans la rue en Inde.
On
a même des réactions. Pas dans la rue parce que c'est une dictature. En Chine, il y a pas mal de la jeunesse chinoise qui rénonce, qui ne croit plus
à
la croissance économique.
– Parce que c'est le manque de perspective. – C'est le manque de perspective.
– C'est le manque de perspective qui génère ça un
peu partout dans le monde. – C'est la
difficulté d'échanger à une transition épocale, liée notamment à l'intelligence artificielle
et
à une tendance démographique qui doit nous amener à revoir notre modèle social. Et là, je vous dis ce que vos collègues, vos confrères d'autres pays disent, écrivent quand ils voient les étudiants français de la rue.
On
les comprend, il y
a
des révérendications légitimes. C'était les mêmes qui manifestaient contre la réforme des retraites. Or, la France, c'est le pays qui dépense le plus de l'éducation nationale, plus de 6% du budget. Une grande partie de ce budget, je crois un tiers, est destiné à des retraites pour des profs qui vont à la retraite à 62 ans.
C
'est contradictoire. Je ne
veux
pas réouvrir les débats.
Mais
du point de
vue de la révérendication étudiante… – Mais vous ouvrez quand même un peu en
disant qu'il faut donner moins à nos seniors et plus aux jeunes
en France. –
Du
point
de
vue de la
révérendication étudiante, c'est très contradictoire. – Et ça veut dire que demain, par exemple, les licences sont reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour revenir juste à ses revendications, pour calmer les choses. Il doit annoncer maintenant des choses très concrètes.
– Moi, je
ne
sais
pas, je ne
suis
pas le Premier ministre, moi je pense que sur l'augmentation du nombre de profs sur les bâtiments scolaires et sur les parcs en soupe, il faut annoncer… – Les engagements. – Je crois, j'espère, je le souhaite en tant qu'élu parisien et européen, je souhaite que le Premier ministre aille dans cette direction.
– Sandro Gauzy, il y a aussi une crise du pouvoir d'achat qu'on entend dans les mobilisations. Est-ce que l'Union européenne, qui est souvent critiquée, peut apporter des solutions aux Français qui se mobilisent ? Mais là encore, c'est un mouvement qui frappe plusieurs pays en Europe.
– Oui, une partie de la réponse évidemment, parce que la réponse du pouvoir d'achat est une réponse qui est locale, nationale et européenne. Je pense sans doute que face à des manifestations dans tous les pays, on ne peut pas donner 27 réponses sécuritaires, point.
Il
faut aussi voir comment on peut travailler au niveau européen. –
Il peut y avoir une réponse globale ?
– Du point de vue des coûts de l'énergie,
du
point de vue… Finalement, l'Europe s'occupe aussi du logement. Le logement, c'est une question parisienne, française, mais de mettre des fonds européens pour la construction des logements sociaux, de travailler pour simplifier les procédures pour la construction des logements, de donner des aides et des garanties à un jeune couple qui doit acheter un
appartement…
–
Donc ça passe par des plans de financement
communs entre les 27
pays de l'Union européenne
? –
Dans
l'organisation du nouveau budget européen, il y a une partie du fonds social européen et une partie des fonds régionaux qui devront être destinés à la question des logements sociaux. Je crois que c'est une bonne réponse de l'Europe. Ce n'est pas la solution tout entière, mais c'est une contribution européenne à la solution.
–
Merci Sandro Gaudzi, vous restez avec nous. On va évoquer le lancement de campagne de Marine Le Pen dans un instant, le congrès du Rassemblement national à Orléans.
– Le
8.30 France Info, Camille Girère, Benjamin Recouvreur.
–
Sandro Gaudzi, euro député du groupe Renew, le groupe lié dans l'Union européenne à la majorité présidentielle, et vous êtes également conseiller de Paris pour le Modem, et vous êtes donc notre invité ce matin de 8.30 France Info. Ce week-end se tient à Orléans le congrès du Rassemblement national, un meeting sous tension, et une ville sous cloche, manifestation d'opposants interdites aujourd'hui, couvre-feu aussi prononcé pour les mineurs de moins de 15 ans. Est-ce que ce dispositif de sécurité exceptionnel vous paraît justifié
? –
Il faut éviter qu'il y ait de la violence, ça ne tombe pas que les Français et les Françaises se mobilisent
face
à un fait exceptionnel qu'on voudrait banaliser. Le fait que l'extrême droite aujourd'hui dans les sondages soit les premiers partis en France, une extrême droite qui selon moi est encore très soulignée des valeurs de liberté,
des
fraternités républicaines et absolument anti-européennes, n'est pas un fait anodin, et donc qu'il y
ait
une
réaction civique. – Ce ne sont pas des intimidations, des perturbations comme l'a dénoncé par exemple Marine Le Pen ou d'autres voix au Rassemblement national ?
–
Marine Le Pen a assez d
'expérience
pour ne pas laisser intimider pour des manifestants pendant son congrès. Non, elle essaie d'analyser ce qui ne peut pas être banalisé. Parce que l'extrême droite qui s'approche, j'espère qu'elle n'aura pas, mais qui semble s'approcher du pouvoir en France, c'est un fait exceptionnel contre lequel nous devons nous battre
dans
l'intérêt de la France, dans l'intérêt de l'Europe. –
Justement, Marine Le Pen, elle est donnée à des niveaux très élevés dans toutes les enquêtes d'opinion pour l'élection présidentielle en France. Et pourtant, à son arrivée en pouvoir en 2017, Emmanuel Macron s'était engagé à faire baisser les extrêmes. On écoute un extrait de ce discours prononcé dans la Cour du
Lui. –
Je ferai tout
durant
les cinq années qui viennent
pour
qu'il n'ait plus aucune raison
de
voter
pour
les extrêmes.
–
Vous êtes engagé auprès du président de la République depuis…
– Depuis le début. –
Depuis
avant
le début, parce que je connais depuis 2013-2014. –
C'est une défaite du macronisme que vous représentez, ce niveau
si élevé de l'extrême
droite en
France. –
Écoutez,
moi je pense que sans Emmanuel Macron, Marine Le Pen aurait été présidente en 2017.
Donc
je crois que déjà Emmanuel Macron, deux fois, a évité que Marine Le Pen arrive au pouvoir. – Il
a aussi bénéficié d'une forme de barrage républicain à l
'époque. – Oui. –
Oui,
sans doute. Mais sans Emmanuel Macron, je crois que Marine Le Pen aurait été déjà présidente. Après, est-ce que tout a bien marché ? Non. Il y a eu aussi des événements exceptionnels.
Je
veux dire, avant la crise des Gilets jaunes, après 30 ans de frustration sociale en France. Parce que les Gilets jaunes, ce n
'est
pas Macron qui les a créées. C'est 30 ans
de
frustration
sociale. – Et c'est arrivé très vite dans son
mandat.
– À
un
moment de mandat. La guerre en Ukraine, la crise de l'énergie, etc. Sans doute, il y a eu des questions économiques et sociales qui n
'ont
pas été résolues. La question de l'assignation à résidence,
sur
laquelle Emmanuel Macron avait fait justement une campagne 2017, je dois avouer, en tant que son soutien, ça n'a pas marché. Encore en France, il y a un problème d'assignation à résidence. On a encore des problèmes à trouver un travail parce qu'on a un certain nom, un prénom, on habite dans un quartier. Là, il faut dire que c'était une promesse qu'on n'a pas réussie à manier.
– Oui, c'était
au cœur de sa campagne en 2017. En effet, aider les jeunes et notamment les jeunes des quartiers. Aujourd'hui, la jeunesse, elle est dans la rue. La comtesse, elle dit qu'il n'y a pas justement d'espoir suffisamment. Vous nous dites que cet échec, c'est surtout dû à une multiplication de crises extérieures au pouvoir d'Emmanuel Macron.
–
Moi, je crois qu'il y a eu une multiplication des crises qui ne sont pas extérieures parce qu'elles sont au cœur de la société. Et après, je crois que… –
La manière de les gérer aussi.
– La première partie de la présidence d'Emmanuel Macron, dans laquelle il n
'y
avait pas une implication des corps intermédiaires, des syndicats, des associations, etc., n'a pas marché. Et je crois que si on avait travaillé beaucoup plus sur les dialogues avec la société civile, sur les dialogues sociaux, etc., peut-être qu
'on
aurait pu résoudre pas mal de choses. Après, je dois dire qu'il y
a
eu un dialogue social pendant les conclaves avec Bayrou, Premier ministre, sur la réforme des retraites et l'attitude du patronat était totalement décevant et pas à l'auteur. Donc, même
quand on a
essayé à travailler avec les dialogues sociaux, on n
'a
pas trouvé des corps intermédiaires à l'auteur.
–
C'est arrivé après une adoption de la réforme des retraites.
– Absolument.
– Ça a marqué aussi
le
quinquennat d'Emmanuel Macron. – Je crois, comme je dis, je crois que les dialogues sociaux doivent être partis de la façon de gouverner un pays compliqué et diversifié, toujours plus diversifié. – Ça
va être
dur, là, les six derniers mois. Il est à bout de souffle, c'est l'expression utilisée par la tribune dimanche ce matin. On sait que depuis la dissolution, par exemple, c'est dur pour lui. Il est un peu esselé à la tête du pouvoir. Comment vous qualifieriez ce moment qui arrive pour lui
? – Vos collègues de la presse française, ils décrivent les présidents de la République au bout de souffle depuis deux ans. Donc, oui, il y en a un autre article qui dit qu'il
est
au bout de souffle. Moi,
je
crois qu'on va, sur le niveau européen, international, il faut vous assurer qu'on va regretter Emmanuel Macron. Parce qu'il a exercé un leadership, parce qu'il a imposé des thèmes, penser à l'autonomie européenne, à l'autonomie stratégique, à la défense européenne, à son travail pour défendre le multilatéralisme par rapport aux alliés de Marine Le Pen et de Giorgio Melloni. Vous parliez de Bolsonaro avant, de Donald Trump. Et je crois qu'il y
a
encore du travail à
l
'international, parce que la situation internationale ne me semblait pas exactement apaisée.
– Justement, Sandro Gozzi, on parle de l'élection présidentielle en France, mais il va y avoir aussi une élection importante en Italie. Vous craignez, d'ici à cet été, une alliance entre Marine Le Pen élue en France et Giorgio Melloni en Italie ?
–
Giorgio Melloni serait la pire nouvelle pour Marine Le Pen. – Pourquoi ? – Et Marine Le Pen serait la pire nouvelle pour Giorgio Melloni. Parce que les nationalistes sont toujours en conflit.
Parce
que les nationalistes ne trouvent pas des accords au niveau international européen. Et donc, on l'a vu, les nationalistes sont d'accord pour détruire. Donc, ils seront d'accord pour essayer de paralyser l'Union européenne, mais ce n
'est
pas de l'intérêt de l'Italie, pas de l'intérêt de Melloni qui a reçu 200 milliards d'euros de l'Europe de paralyser l'Union européenne. Mais quand ils doivent construire quelque chose ensemble, évidemment, ils sont toujours les unes contre les autres.
– Mais l'accès au pouvoir
en France et en Italie de l'extrême droite, ça ne modifierait pas le projet de l'Union européenne ? –
Oui, mais pas de façon constructive ou alternative, comme ils disent. Parce qu'on irait vers la paralysie. Marine Le Pen provoquerait tout de suite une crise budgétaire institutionnelle. Elle l
'a
annoncée, elle l
'a
confirmée. Et donc, de ce point de vue, sans doute, d'avoir en Italie Giorgia Meloni à la place de Mario Draghi ou de Romano Prodi, ce serait sans doute un problème, parce qu'on n'aurait pas une Italie qui se battrait contre cette attitude et cette volonté de détruire et de paralyser de Marine Le Pen. Mais ils n'arriveront jamais à rien faire ensemble. On les voit aussi au Parlement européen. – Merci beaucoup
Sandro Gozzi,
euro
-député du groupe Renew et élu au Conseil de Paris. Invité de France Info ce matin dans le 8.30.
Sandro Gozi