Benjamin Haddad : « C'est la Russie de Poutine qui tourne le dos à la paix »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Benjamin Adadour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes mise délégué chargé de l'Europe.
On était ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Christelle Bertrand du groupe Laêche. Bonjour Christel. Bonjour Orian.
Bonjour Benjaminad. Bonjour. On va parler des dossiers européens.
Évidemment, ils sont nombreux Benjamin Adad mais pour commencer évidemment on revient sur ce qui s'est passé hier. ce drame à nos gens en Hautmarne, cette surveillante de 31 ans tu es poignardée par un jeune collégien de 14 ans. Est-ce que comme le dit Bruno Rota on peut parler d'une société du laxisme qui engendre parfois une fabrique de barbares ?
On voit un déf déferlement de violence aujourd'hui chez une partie de la jeunesse. Moi, comme beaucoup, j'ai été profondément choqué par ce drame, par cet assassinat, cette surveillante de de 31 ans, Mélanie. Euh et il faut y apporter des réponses extrêmement fermes.
On peut pas euh tolérer une forme d'américanisation de la société où on accepte cette violence quotidienne qui pourrait avoir lieu dans nos écoles. Ça passe comme l'a dit euh le Premier ministre par euh plus de contrôle par euh l'interdiction de la vente d'armes, des armes blanches au mineur. Mais ça c'est efficace parce que pardon des couteaux il y en a dans toutes les cuisines.
En quoi c'est efficace d'interdire la vente d'armes blanche aux mineurs ? Alors mais c'est un arsenal de de réponse aussi bien l'interdiction de la vente d'arme au mineurs et le fait par exemple de s'assurer quand il y a des commandes sur internet parce qu'on voit aujourd'hui des façons de détourner la vente directe de faire en sorte que ce soit vraiment un adulte qui signe mais je crois que le président de la République a eu raison d'évoquer aussi la question des des réseaux sociaux. On voit le rôle que jouent les réseaux sociaux dans la violence, dans une forme de radicalisation, dans la santé mentale aussi qui est un sujet aussi et quand on parle des réseaux sociaux depuis quelques années, on parle beaucoup la polarisation de nos sociétés, de la montée des extrémismes ou de la désinformation, des ingérences, mais la la santé mentale en particulier pour les plus jeunes, les phénomènes dépressifs, les phénomènes d'isolement, ça c'est une question qu'il faut adresser et l'interdiction des réseaux réseaux sociaux aux plus jeunes au moins de 15 ans.
C'est un combat qu'on doit porter au niveau européen. C'est une priorité de certaines de mes collègues. Je pense notamment à Clara Chapaz ou à Aurore Berger qui se sont positionnés sur sur ce sujet.
On a des outils en Europe pour réguler les réseaux sociaux. vous le savez, par exemple le Digital Service Act qui permet notamment de mettre plus de pression aux plateformes pour qu'elles modèrent leur contenu, pour qu'elles lutte contre la haine en ligne, pour qu'elle lutte contre la désinformation, la manipulation des algorithmes comme on a pu le voir, je me suis rendu ces derniers mois en Roumanie, en Moldavie, on a pu voir le les ingérences. Là, il faudra aller plus loin et vraiment préserver nos enfants de de ce fléo.
Et je crois que le contrôle des réseaux sociaux en fait partie. Ça fait longtemps que le chef de l'état pointe du doigt, l'influence des réseaux sociaux sur la santé mentale des enfants, il avait fait dans sa conférence de presse il y a un an et demi déjà. Pour l'instant, rien a bougé.
Visiblement, tout est bloqué au niveau européen. Est-ce qu'il est possible de légiférer en France sans l'Europe ? Alors oui, maintenant c'est vrai qu'on aurait une réponse plus efficace si on pouvait le porter au niveau européen.
Je vous citais à l'instant l'exemple du Digital Service Act. Quand on est 27, quand on se met d'accord, c'est aussi une façon de mettre plus de pression aux plateformes, qu'elle respecte nos règles. Donc on portera ce sujet au niveau européen.
Mais en effet, alors je crois qu'il y a une prise de conscience euh euh de plus en plus euh importante au niveau des des pays européens. Encore une fois, c'est ce qu'on a vu avec des règles comme le DSA ou comme le DMA contre les pratiques monopolistiques. C'était il y a encore quelques années, c'était impossible et on voit progressivement parce que c'est des sujets nouveaux et c'est des sujets au fond auxquels toutes les sociétés européennes sont confrontées et et donc des euh des thématiques qui n'étaient peut-être pas prégnantes dans le débat chez nos voisins il y a quelques années le sont aujourd'hui chez nous parce qu'ils sont confrontés aux mêmes problématiques.
Maintenant, encore une fois on le portera au niveau européen, mais la France sinon si on narrive pas à dégager un consensus, la France montrera la voix et le mettra en Mais ça veut dire que ça va prendre encore énormément de temps s'il faut attendre de savoir si ça fonctionne au niveau européen. Le président président a dit dans les prochains mois a dit qu'on avancera. Donc là c'est on est face à une épid quelques droits pour arriver à une mobilisation.
On est face on est face à une épidémie effectivement àquelle il faut apporter des réponses fortes et structurelles. La question des réseaux sociaux en fait partie et encore une fois on peut le faire soit au niveau européen soit au niveau national. Sur la réponse judiciaire.
Alors, il y a eu ce texte, il a été voté par le Parlement il y a quelques semaines de Gabriel Atal sur la justice des mineurs. Gérald Armanin, lui, il envisage d'aller plus loin, de supprimer le surcis, de réinstaurer des peines minimales ou des peines planchées. Est-ce que ça ça va dans le bon sens pour vous ?
Moi, je suis favorable à tout ce qui peut renforcer effectivement la fermeté de la réponse pénale. J'ai eu les de le dire. Je soutiens par exemple les propositions de Gérald Arrmanin en ce sens ce qui est pas le cas chez tout le monde.
Brun piv elle a l'air beaucoup plus sceptique. Je vous ai donné ma réponse. Vous comprenez que ça crée des divisions dans votre camp ?
Mais moi je comprends que tous ces sujets soient l'objet de débat. C'est ça qu'on est qu'on ait des débats face à la meilleure réponse à ça veut dire Gérald Darmanin il sera pas forcément soutenu par tout renaissance. Vous savez là vous êtes en train de faire de la politique politicienne ça m'intéresse pas.
Moi je vous on vous parle par on parle de sujet par on parle de sujets de société qui sont encore une fois lié à une augmentation de la violence dans toutes nos sociétés. une réponse pénale à apporter, il y a une réponse sur les réseaux sociaux, il y a une réponse sur la régulation aussi de l'accès aux armes. Moi, je suis favorable encore une fois pour protéger nos enfants et pour protéger aussi d'ailleurs les ceux qui surveillent, ceux qui protègent, ceux qui enseignent bien sûr puisque là on parle d'une d'une surveillante.
Je favorable à ce qu'on ait une réponse coordonnée et ferme. On va parler des dossiers européens, on commence par l'Ukraine. Oui.
Avantier, l'armée de Vladimir Poutine a lancé un assa précédent contre l'Ukraine avec le lancement de 479 drones. Est-ce que le drone est devenu la nouvelle arme de guerre ? On voit la façon effectivement dont vous savez la guerre en Ukraine montre à la fois des caractéristiques d'une guerre du 19e ou du 20e siècle, c'est-à-dire des guerres de tranché, des guerres qui mobilisent les sociétés qui sont extrêmement violentes, qui ont été profondément coûteuses en homme, mais aussi gar du 20e siècle, c'est-à-dire avec l'utilisation de drone, avec l'utilisation du cyber, des attaques informatiques et tous les instruments hybrides aussi de la guerre.
Les Ukrainiens ces trois dernières années ont montré euh une capacité d'innovation, euh une habileté aussi sur le champ de bataille face à un champ face, un adversaire qui paraissait euh euh bien sûr déséquilibré, mais les Russes aujourd'hui utilisent. Moi, je pense que ce que ça montre fondamentalement ces derniers jours, c'est que euh l'Ukraine depuis des mois, par la voix de son président, par la voix de ses diplomates, n'a cessé de répéter qu'elle était prête à des négociations, elle était prête à la diplomatie, à accepter un cesser le feu inconditionnel de 30 jours. C'est une proposition qui a été acceptée à de nombreuses reprises par le président Zelenski.
C'était la proposition initiale de la France. C'est une initiative qui est soutenue à la fois par les Européens et par les Américains qui continue de tourner le dos à la diplomatie, à la négociation, à la paix. C'est la Russie de Vladimir Poutine.
La seule réponse pour cela, c'est de continuer à faire monter la pression économique et militaire sur la Russie pour qu'elle comprenne que cette que cette guerre n'a pas d'issue, que la seule issue possible est la négociation et la qui permettra après les conditions d'une paix juste et durable où les Européens devront jouer tout leur rôle. monter la réponse militaire. Juste, on va parler de la réponse économique, mais comment on fait monter la réponse ?
Continuer les livraisons d'armes. Continuer les livraisons d'armes à la fois de la part des États-Unis et de l'Europe. Vous savez, lorsque le président Zelenski s'est rendu il y a quelques semaines à Paris, nous avons annoncé deux nouveaux milliards d'euros d'aide militaire supplémentaire.
Nous sommes en train d'accélérer le décaissement du prêt qui est financé sur les intérêts des avoirgelés de la Russie. C'est ce qu'on appelle le préera, c'est près des des pays du J7 que les Ukrainiens utilisent entre autres un peu pour leurs besoins économiques mais aussi pour leurs besoins militaires. Faut aller plus vite pour donner les moyens aux Ukrainiens de se défendre.
Et d'ailleurs, je veux dire, il faudra même continuer après parce que même si demain on a un incessé le feu, un arrêt des des hostilités, l'enjeu ce sera bien sûr de dissuader une future agression parce qu'on sait très bien que la Russie pourrait utiliser cette période de quelques années pour réarmer pour et pour se préparer à une nouvelle attaque. Donc avoir là aussi une armée ukrainienne forte, indépendante, robuste, ce sera la meilleure garantie de cité. Il y a le coût de la défense, il y a le coût de la reconstruction.
On parle de plus de 500 milliards. Est-ce que dans ce contexte là, on peut se passer de saisir les avoir russes gelés ? les avoir gelés déjà, vous le savez, on donc ils sont gelés depuis euh le début de la guerre euh et on les utilise aujourd'hui.
On utilise les intérêts qui sont générés par ces avoirlà. Donc ça fait euh quelques milliards par an, mais on les utilise comme la garantie d'un emprunt de 50 milliards. Et après, nous on l'a déjà dit, toutes les options sont sur la table.
Ça pose des questions juridiques, ça pose des questions en terme de précédent économique aussi pour les investisseurs étrangers, mais ça fait partie des leviers dont on dispose dans un rapport de force avec la Russie. Donc on pourrait on pourit mais c'est mais c'est un sujet, je voudrais quand même dire, c'est un sujet sur lequel il faut aussi créer un consensus en Europe. Vous le savez aujourd'hui il y a pas de consensus.
Il y a des pays qui sont plus exposés que d'autres. Je pense par exemple à la Belgique aujourd'hui les avoirs dont on parle ils sont dans c'est une une clearance house comme on a dit Euroclear qui est en Belgique. Donc certains pays sont plus exposés que d'autres mais de fait on les utilise aujourd'hui pour financer cet emprunt sur les sanctions.
Alors de nouvelles sanctions ont été décidées contre la Russie. Question naïve. Ça veut dire qu'on éétait pas allé au bout de ce qu'on pouvait faire en terme de sanction et pourquoi ?
Ah mais ça veut dire aussi que les Russes s'adaptent et que tout le monde s'adapte que fondamentalement c'est une un rapport de force qui est évolutif, les sanctions. Je vous donne l'exemple de la flotte fantôme. On a mis des contrôles sur les exportations de pétrole.
Donc notamment une limite sur le prix auquel la Russie peut exporter son pétrole et des états tierces. Les Européens eux n'achètent plus de pétrole la Russie, ça fait partie des sanctions. Mais la Russie continue à exporter.
Mais on a au niveau international mis une limite mais la Russie utilise des navires fantômes sans pavillons qui passent notamment par exemple en en mer Baltique pour les exporter. Ça c'est un phénomène qui a été plus récent et donc on a renforcé largement nos outils pour pouvoir lutter contre cette flotte fantô. Le 17e paquet de sanction euh qui a été voté par l'Union européenne vise précisément à renforcer nos instruments contre la flotte fantôme.
Il faudra aller plus loin. Il faudra aller plus loin avec un 18e paquet notamment pour cibler le secteur énergétique qui continue d'être une ressource pour financer euh le l'effort de guerre de la part de la Russie. Ça c'est côté européen.
Vous savez que côté américain et nous en parlons beaucoup avec nos collègues américains, le Sénat américain aussi prépare un un paquet de sanction massif qui touchera notamment d'ailleurs les pays qui aident la Russie à contourner les sanctions, ce qu'on appelle des sanctions secondaires. Ça c'est un paquet de sanctions qui a été proposé par le sénateur Linzra. C'est un républicain proche de Donald Trump.
Il y a aujourd'hui près de 80 sénateurs républicains comme démocrates sur 100 qui le soutiennent. Nous sommes en coordination aussi avec les sénateurs, donc côté américain comme européen. Aujourd'hui, on est aligné, je le dis parce que on nous avait dit il y a quelques mois, les Européens seront isolés, les États-Unis vont faire la paix en 24 heures.
On voit aujourd'hui notamment grâce aux efforts diplomatiques du président de la République et de la France qu'on a mis les Européens et les Américains autour de la table et que nous sommes capables d'avancer aujourd'hui de façon coordonnée avec le même objectif qui est de retrouver la paix en Europe. Mais aujourd'hui, celui encore une fois qui s'y refuse et qui choisit l'agression, c'est Vladimir Poutin. Donc il faut faire augmenter la pression.
Ce matin dans l'Express, le Premier ministre ukrainien estime qu'il est possible pour son pays de rejoindre l'Union européenne dès 2026. Ça vous paraît possible à vous aussi ? Je pense que c'est optimiste.
Moi, vous savez déjà, je je suis très admiratif du travail qu'ont fait les Ukrainiens pour continuer à réformer leur pays, à le préparer sur le chemin de l'Union européenne alors qu'ils sont sous les bombes. Et on l'a vu, on a des rapports réguliers de la Commission européenne qui montrent le travail qui a été fait. Et au-delà de la défense, de leur liberté, de leur souveraineté, les Ukrainiens se battent bien sûr pour la sécurité de l'Europe et ils se battent pour un idéal européen.
Faut jamais oublier que cette guerre, elle commence quand ? Elle commence sur la place du Maïdane à Kiev en 2014 lorsque les Ukrainiens brandissent, les jeunes Ukrainiens par dizaines de milliers brandissent le drapeau européen qui pour eux est la promesse d'un meilleur avenir démocratique de l'état de droit, de la liberté, de la lutte contre la corruption. C'est ça que Vladimir Poutine voulait viser.
C'est ça qu'il voulait assassiner. C'est ce rêve. Et cette aspiration européenne si vous dites 2026 c'est optimiste pour vous c'est à quelle échéance que après vous savez c'est c'est aux Ukrainiens précisément de continuer à se réformer d'intégrer cet acquis communautaire.
C'est un processus qui est exigeant euh quand ils seront prêts. Je passe beaucoup de temps dans les pays candidates dans les Balkans. Je serai encore en Bosnière Zegovine dans les prochaines semaines.
J'étais en Albanie avec le président de la République il y a 2 semaines. Je travaille beaucoup avec les Moldas. Vous avez là des pays qui font ses efforts, c'est une cet élargissement pour nous c'est une nécessité en terme de stabilité géopolitique parce qu'on peut pas laisser 2 ans.
Mais c'est pas à moi de le dire mais c'est vous savez c'est pas une décision politique votre souhait mais c'est pas une question de souhait. Moi je souhaite que les que les Ukrainiens que les pays des Balkans ou les moldav rentrent quand ils seront prêts quand ils auront réformé et quand ils auront intégré cet acquis communautaire. Ce que je dis en revanche c'est que cet élargissement il est dans l'intérêt de l'Europe et de la France.
Il apporte de la stabilité géopolitique à nos frontières. dans des zones qu'on aurait pu délaisser qui sont des zones aussi d'ingérence pour les Russes ou euh pour d'autres. Il apportera aussi de la prospérité, l'approfondissement du marché unique, l'élargissement de euh de des débouchés pour nos entreprises.
Après, charge à ces pays de faire ce chemin en terme de réforme. Ce que je dis en revanche, c'est que des pays comme l'Ukraine l'ont fait et l'ont fait dans un contexte qui était dramatique, difficile et il faut saluer là-dessus le travail des autorités ukrainiennes. Mais il reste bien sûr du travail à faire.
Et justement, on va parler de la par sécurité. Oui, c'est ça. Euh la semaine dernière, les pays européens annoncé un gros effort financier en matière de défense européenne.
Pas la France. Pour quelle raison ? Et pardon, excuse-moi.
Je disais que les pays européens ont annoncé un effort financier assez important en matière de défense européenne. La France semble en retrait. Je vous demander pour quelle raison ?
Mais je ne suis pas d'accord avec le présupposé de votre question. sur les deux mandats d'Emmanuel Macron ont doublé le budget de défense de la France et nous avons voté l'an dernier une loi de programmation militaire qui permet justement d'aller plus loin et c'est la France qui a porté cet effort de réarmement bien sûr au niveau national mais aussi au niveau européen. Nous avons finalisé il y a 2 semaines la négociation du plan safe.
C'est un grand emprunt de 150 milliards d'euros que la Commission européenne va contracter pour aller financer des projets de coopération au niveau européen pour réduire nos dépendances notamment vis-à-vis des États-Unis, là où on a besoin de réarmer dans le cyber, dans le drone, dans les capacités de frappe en profondeur, dans le satellite quand on voit le rôle que joue Starlink en Ukraine. Ça c'est tout le discours qui est porté par le président de la République depuis le discours de la Sorbonne en 2017. C cet effort de réarmement qui permet aux Européens d'être plus souverains, de prendre leur destin en main et c'est nous qui poussons justement.
Il faudra d'ailleurs et je voudrais le dire parce que il y a eu des avancées majeures ces dernières semaines au niveau européen comme ce plan de 150 milliards comme la la possibilité maintenant pour les États-membres d'exclure un certain nombre de dépenses de défense des calculs de déficit de la Commission européenne mais il faudra aller plus loin. Il faudra aller plus loin dans le cadre du débat budgétaire qu'on va avoir au niveau européen ce qu'on appelle le cadre financier pluriannuel où il faudra réhausser l'ambition en matière de défense et de spatial. Mais réhaussé à combien ?
Il va y avoir un sommet à l'aide en 3 semaines où les pays membres de l'OTAN pourraient acter des efforts de dépense à hauteur de 5 % du PIB. Pour la France, ça voudrait dire redoubler à nouveau son effort budgétaire sur le militaire. Dans le contexte actuel, est-ce que c'est possible ?
Est-ce que vous allez adhérer à cet objectif de 5 % ? Mais il y a plusieurs alors plusieurs éléments pour répondre à cette question déjà. Donc la France fait partie des pays de l'OTAN aujourd'hui qui remplissent leurs obligations et qui ont augmenté encore une fois le le budget de défense.
Pas parce que d'autres nous le demandent mais parce que nous voulons être souverains et autonomes et parce que nous faisons face à des menaces. Quand on voit la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine, la Russie fait poser aussi une menace sur la France par ses ingérences, par ses sabotages, par les attaques cyberes, c'est toute l'architecture sécurité européen. Deuxièmement, c'est aussi pour cela que précisément nous poussons cet effort de coopération européenne.
Pourquoi ? Parce qu'avant de parler des points de PIB, la question c'est de savoir qu'est-ce qu'on veut faire, quel est notre objectif, qu'est-ce qu'on veut faire en commun et assurons-nous aussi de de justement d'investir dans la coopération industrielle européenne dans une industrie de défense européenne autonome, donc pas pour aller subventionner les industries de défense des des uns et des autres et faisons en commun aujourd'hui. Mais on va adhérer ou pas à cet objectif de 5 ?
On est à peu près à de aujourd'hui. On verra on verra les négociations sur les chiffres. Mais au-delà de ça, encore une fois, moi ce que je vous dis c'est que parler juste en terme de points de PIB n'a pas beaucoup de sens quand on ne se pose pas la question de ce dans quoi on veut investir et de la façon dont on le fait.
Prenez l'Europe aujourd'hui, vous avez 27 états et la vérité c'est que vous avez énormément de systèmes différents de missiles, euh de tank, de cyber et donc on a intérêt aussi à mettre cela en commun et pouvoir avancer ensemble parce que sinon on a un marché qui est fragmenté, qui est éclaté et qui est extrêmement redondant par rapport au au besoins. Mais la question qui se pose, c'est dans un budget extrêmement contraint, tel que sera le budget 2026, est-ce qu'on peut augmenter encore les dépenses ? On doit continuer à augmenter les dépenses de défense mais on doit continuer sur mais c'est un mais c'est un effort générationnel.
C'est un eff génération lo programmation militaire ou en suivant la trajectoire dans la et c'est pour ça que je vous dis qu'il y a des instruments européens aussi qui existent et que il faut précisément mettre des moyens au niveau européen. Je donne un exemple qui est un débat qui commence à émerger au niveau européen qui a été porté par des gens comme l'ancien première ministre estonienne Kaya Kayas. Pendant la crise du Covid, on a fait face à une menace existentielle et on nous avait dit que les Européens allaient se diviser apporter des réponses nationale.
On a su se mettre en commun et faire le grand emprunt next generation new, le plan de relance 750 milliards d'euros sous l'impulsion de la France et de l'Allemagne pour relancer nos économies. Pour la première fois, on a fait de la tête européenne et bien là, on est face à un autre moment existentiel. Pourquoi ne pas poser la question aussi de Eurobonds, de dette européenne pour la défense où on a besoin d'investissement urgent ?
C'est la proposition qui est faite par un certain nombre de de dirigeants, d'experts européens. Ça c'est d'ailleurs une proposition qui avait été portée déjà par le président de la République. C'est le moment de penser aussi de façon créative et innovante.
Mais bien sûr que ce réarmement, il devra être durable et pérenne d'ailleurs au-delà des prochaines années. C'est un effort générationnel. Pourquoi ?
Parce que depuis la Seconde Guerre mondiale, on a fait reposer notre sécurité. Alors nous, moins que d'autres en Europe, on a fait reposer notre sécurité sur les États-Unis. Or, qu'est-ce qu'on voit ?
Les États-Unis au-delà de Donald Trump sont en train de tourner le dos à l'Europe, sont en train de se concentrer sur la Chine. C'est ce que déjà nous disait Barack Obama. Sont en train aussi de se replier vers eux-mêmes.
Alors que nous vivons dans un monde de conflictualité, de tension, de crise à nos frontières, nous devons être capables de prendre notre destin en main. Ça passe par le militaire, pas uniquement. Ça passe par l'effort dans l'innovation, dans l'intelligence artificielle, dans le spatial mais dans l'investissement dans notre autonomie stratégique.
Emmanuel Macron avait fait une autre proposition. Il avait ouvert la porte à un partage de la dissuasion nucléaire française. Où est-ce qu'on en est de cette proposition ?
Le président de la République l'avait évoqué. C'est un dialogue qu'il a proposé d'avoir, c'était pas nouveau d'ailleurs, avec des voisins notamment avec l'Allemagne. Bien sûr, il s'agit pas, comme le font croire certains, par exemple le Rassemblement national avec beaucoup de mensonges et de démagogie, il s'agit pas de partager la décision d'utiliser l'arme nucléaire, le bouton nucléaire.
Ça ça relèvera toujours bien sûr de la souveraineté de la France et de la décision du chef de l'État. mais de réfléchir à la façon dont dont la dissuasion dont la dissuasion nucléaire française peut contribuer à la sécurité des euh des Européens euh dont la dimension européenne peut intégrer les intérêts vitaux. Et ça ce seront des discussions que l'on pourra avoir avec nos partenaires et qui et qui comme vous vous en doutez sont euh euh extrêmement sensibles et relève bien sûr des dirigeants.
Un mot puisque le président euh brésilien Loula était à Paris il y a quelques jours, il a exhorté Emmanuel Macron a signé le mercour. Est-ce que vous allez céder ? Alors nous la position sur le mercouro a toujours été très claire.
On n'est pas contre les accords de libre échange et la France a soutenu les accords de libre échange avec la Nouvelle-Zélande ou encore avec le Canada. Mais pour que ces accords soient effectifs, euh il faut qu'ils soient équitable, il faut qu'il y ait de la réciprocité. On peut pas dire à nos agriculteurs, on va vous imposer des normes, des contraintes, des standards, par exemple, dans le domaine environnemental et en revanche, on va aller importer des produits de pays qui ne les respectent pas.
Donc ce qu'on a dit, c'est qu'on était opposé à l'accord avec le Mercosour en l'État parce qu'il ne protège pas aujourd'hui les intérêts notamment de nos agriculteurs. Pourquoi d'autres accords ont fonctionné ? parce qu'on y avait mis par exemple des clauses miroir donc la réciprocité sur les normes ou des clauses de sauvegarde.
C'est la possibilité d'avoir un frein sur les importations de certains produits quand ça vient déstabiliser nos marchés. C'est tout l'objectif qu'on poursuit dans tous les accords du libre change dont l'accord avec le mercour. Et je voudrais rajouter d'ailleurs sur ce sujet parce qu'on parle souvent de la position française mais moi j'ai beaucoup travaillé avec mes partenaires européens sur ce sujet et ce que je constate c'est que il y a beaucoup de pays qui partagent nos préoccupations.
La Pologne, l'Italie, l'Irlande, le l'Autriche. Mais est-ce que vous aurez est-ce que vous aurez de quoi bloquer ? Moi je je vous viens de vous citer plusieurs pays importants de l'Union européenne moment, il partage Ah bah là avec ce que je vous ai cité en l'occurrence voilà.
Non, moi ce que je vous ce que je vous dis, moi je sais même pas quand un vote potentiel pourrait avoir lieu. Donc, on va pas commencer à spéculer là-dessus. Ce que je vous dis en revanche, c'est que on a beaucoup de pays, des pays importants de premier plan européens qui partagèent nos préoccupations, que il y a eu des débats aussi au Parlement européen qui montrent que beaucoup de parlementaires européens, peut-être une majorité si on regarde les votes sur certains amendements sur le sujet, partagèent les préoccupations et donc à un moment nous on continuera à maintenir cette ligne très claire qui est qu'on protège nos agriculteurs.
On est ouvert au libre échange, on est ouvert à la diversification des partenariats naturellement, mais il faut le faire en protégeant nos intérêts. Au fond, sur ce sujet, comme sur tant d'autres, comme sur le militaire, d'ailleurs, la ligne de la France a toujours été la même. C'est d'avoir une Europe qui sort de sa naïveté et qui est capable de défendre ses intérêts, sa souveraineté.
Un mot avant de revenir à la politique nationale sur le le déplacement, le voyage, la fie de la liberté de la députée européenne Rima Hassan. Juste, est-ce que vous savez quand elle sera rapatriée en France ? Non, je ne le sais pas.
Ce que je sais, c'est que vous avez vu que la France a demandé effectivement à ce que les ressortissants français puisse puisse rentrer. Manifestement, certains des Français ont refusé de signer un document d'extradition. Vous savez, moi je voudrais dire que sur un sujet qui est si grave et on est mobilisé, on est mobilisé pour l'aide humanitaire.
La France d'ailleurs avec ses partenaires a vraiment pris un leadership sur l'aide humanitaire aux Palestiniens pour retrouver aussi le chemin d'une solution politique. On aura la semaine prochaine à New York une conférence précisément qui vise à créer une dynamique de reconnaissance mutuelle entre Israël et et Palestinien et à tracer la voie vers la construction d'un état palestinien souverain au côté d'Israël à relancer le dialogue régional. On peut pas faire des coups de com.
On ne peut pas faire au fond du tourisme sur la misère. C'est un sujet grave. C'est pas un sujet électoraliste, c'est pas un sujet politicien.
Les diplomates français quand ils se réveillent le matin, ils pensent pas à la façon dont il peut faire de la la politique sur le dos des Païiens, mais la façon don dont on peut retrouver le chemin de la paix, retrouver le chemin de la sécurité du du dialogue. C'est un sujet extrêmement grave. Et l'instrumentalisation politique qui est faite par la France insoumise pour cliver, pour diviser sans aucune considération sur les résultats réels sur le terrain vraiment c'est déplorable.
Et et donc je voudrais vraiment la saluer l'effort de de notre diplomatie de nos de nos diplomates. On aura encore une fois je le disais cette conférence la semaine prochaine précisément pour retrouver la la voix de la paix et la voix du soutien humanitaire. Une dernière question sur la mairie de Paris puisque vous êtes également élu de l'Europe mais vous êtes voilà aussi élu parisien.
Euh Rachid Adati est pressenti pour être candidate à la mairie de Paris. Est-ce que elle sera soutenue par Renaissance comme ça été dit ? Je le souhaite, je la soutiens.
Je pense qu'on a besoin d'unité. Euh les expériences récentes, la dernière élection municipale à Paris a montré que la division, c'est la voie de la défaite. Aujourd'hui, après 25 ans de la même majorité socialiste, les Parisiens veulent de l'alternance, les Parisiens veulent du changement.
On a une majorité qui a opposé les Parisiens entre eux, qui a opposé les Parisiens aux habitants des banlieux. On a aujourd'hui des familles entières qui tout Paris. La capitale, la capitale se la capitale se dépeuple.
Moi, je pense aujourd'hui qu'elle est la mieux placée en étant mais elle est en gage d'unité parce qu'on voit chez vous euh tout le monde n'est pas euh qu' vous dit qu'il y ait des elle est la mieux placée pour l'emporter. Elle est membre du gouvernement et loyal au chef de l'État. Elle est membre des républicains.
Travailler avec nous. Ouais, naturellement faut que après on ait des discussions sur la façon dont on va structurer la campagne, sur le projet que l'on va porter, sur la vision qu'on a pour Paris et pour les Parisiens. Mais encore une fois, mettons-nous au travail.
On a là, je crois, une opportunité de de l'emporter et de donner encore une fois une autre voix, la voix de réconciliation, de l'apaisement, de la sécurité pour les Parisiens et ça doit être avant tout, c'est ça notre objectif. Merci beaucoup Marin Madame, merci d'avoir été notre invité. Merci Christelle.
On regarde la une de la dépêche, c'est une affaire de pédophilie dans votre région ce matin, la une de votre journal. Merci beaucoup. On va évidemment revenir sur ce qui s'est passé en haut mar tout de suite dans le club des territoires. [Musique]
Benjamin Haddad