Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement "Renaissance n'a pas suffisamment été un lieu de débats et d'idées"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 52 %Attaque 26 %Défensif 23 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:04OuverteRéponse directe
Est-ce une bonne nouvelle, une commission d'enquête sur le dérapage des finances publiques ?
- 3:03OuverteRéponse partielle
Comment interprétez-vous le SMS de Bruno Le Maire sur la vérité qui apparaîtra plus tard ?
- 3:57RelanceÉludée
Vous connaissez la vérité sur l'écart de déficit ?
- 5:43OuverteRéponse directe
La promesse de justice fiscale du Premier ministre est-elle tenue ?
- 6:26RelanceRéponse partielle
L'indexation des retraites sur l'inflation décalée de 6 mois touche les retraités modestes, non ?
- 7:20OuverteRéponse directe
La grande priorité d'Emmanuel Macron, l'hôpital, est-elle préservée dans ce budget ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:25Invité politiqueFait
« Moi, je crois qu'il y a une différence entre chercher des réponses, en revanche, et mener une chasse à l'homme. »
- 3:38Invité politiqueChiffre
« Je me rappelle des 10 milliards de réductions qu'il annonce en février dernier. »
- 4:20Invité politiqueFait
« En tout cas, je crois que c'est quelqu'un qui a sincèrement fait du mieux qu'il pouvait pour mener une politique auquel il croit, une politique d'attractivité, de l'offre pour l'emploi, très pro-entreprise, pro-business, et en même temps, en essayant de mettre le frein sur l'augmentation des dépenses. »
- 5:54Invité politiqueFait
« Elle est tenue, et je crois qu'elle est tenue et elle est souhaitable. »
- 7:41Invité politiqueChiffre
« Le budget de l'assurance maladie augmentera de près de 9 milliards d'euros l'année prochaine. »
- 10:33Invité politiqueChiffre
« Plus de 7 Français sur 10 sont favorables à une nouvelle loi d'immigration. »
- 19:05Invité politiqueFait
« On vient de deux familles politiques différentes, qui ont des cultures politiques réellement différentes, des histoires politiques réellement différentes aussi. »
- 23:06Invité politiqueFait
« Les Français n'ont pas fait le choix de la pensée unique. »
- 36:00Invité politiqueChiffre
« ces troubles ont augmenté de 30 à 40% depuis le Covid »
- 41:23Invité politiqueChiffre
« 60% de l'énergie consommée en France provient de l'énergie fossile »
- 40:51Invité politiqueFait
« l'électricité produite à partir du nucléaire c'est une électricité décarbonée »
- 41:04Invité politiqueFait
« il n'y a pas d'énergie parfaite »
Temps de parole
- Maud Bregeon71 %
- Invité25 %
- Locuteur non identifié2 %
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Un podcast France Culture.
Jeune ingénieure chez EDF chargée des questions nucléaires, elle se demande si elle est de droite ou de gauche. Ça dépend des jours. Elle qui a grandi dans la Vienne, au sein d'une famille qu'elle décrit comme cathode gauche, marquée par l'ascension sociale. Un beau jour de 2016, depuis son bureau de Levallois, dans les Hauts-de-Seine, elle prend sa carte en marche en vue du dépassement et fascinée par l'agilité d'Emmanuel Macron. Elle s'engage au sein du parti et très vite devient la référente du département. En 2020, sur les conseils de Darmanin, elle se lance au municipal de Levallois. Les Balkany ne se représentent pas.
Elle arrive en deuxième position et devient conseillère municipale d'opposition. Élue députée en 2022 dans les Hauts-de-Seine, elle se fait très vite repérer pour son franc-parler, ses passages médias remarqués et son expertise sur le nucléaire qu'elle met au service d'un texte du gouvernement en 2023 adopté. Aujourd'hui, à la tête du porte-parole, elle a récemment déclaré au sujet de cette mission, « Je n'aurai peut-être pas toujours réponse à tout, mais je prendrai le risque de l'honnêteté. » Et c'est bien sur ce risque que l'on compte, Maude Bréjon. Bonjour. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation et merci à vous de nous écouter.
Comme chaque samedi, nous sommes ensemble avec la porte-parole du gouvernement de Michel Barnier jusqu'à 13h30. Une commission d'enquête sur le dérapage des finances publiques va être organisée par le président de la commission des finances, Eric Coquerel. Est-ce une bonne nouvelle ?
Il est tout à fait légitime que les parlementaires, et c'est d'ailleurs leur rôle, souhaitent comprendre ce qui s'est passé, approfondir, en tirer des conclusions, pour ne pas que les écarts qu'on a constatés cette année se reproduisent. Moi, je crois qu'il y a une différence entre chercher des réponses, en revanche, et mener une chasse à l'homme. Si c'est pour trouver des coupables, je pense par exemple à Bruno Le Maire, puisqu'il est souvent cité par l'opposition, je ne vois pas ce que ça apportera de bon. Si c'est pour, en revanche, diagnostiquer l'origine des écarts, les fautes de prévision, des dépenses qui, peut-être, auraient pu être coupées en amont, c'est le rôle du Parlement.
Le rôle du Parlement, c'est de contrôler l'action du gouvernement, et donc que les députés sont pleinement légitimes à le faire, et les ministres ou anciens ministres se tiennent à disposition du Parlement, et c'est bien normal.
Comment interprétez-vous le mystérieux SMS de Bruno Le Maire, qui a dit à nos confrères de France 2, à ce sujet, la vérité apparaîtra plus tard ?
Je ne vais pas interpréter un SMS dont je n'ai pas directement les connaissances. Ce que je peux vous dire, c'est que moi, j'ai passé beaucoup de temps avec Bruno Le Maire ces deux dernières années, en tant que député, à l'Assemblée nationale, mais également lors de moments de rencontres qu'il organisait à Bercy. Et j'ai toujours sincèrement vu quelqu'un qui était très conscient de la situation, qui rappelait régulièrement les parlementaires à la nécessité de faire des réductions de dépenses. Je me rappelle des 10 milliards de réductions qu'il annonce en février dernier.
Enfin, le résultat, Maud Bréjean, c'est quand même qu'il annonce en octobre 2023 un objectif de 4,4% de déficit, et on est à plus de 6%. Dès début de l'année 2024, on parle de 4,4%.
En début d'année, il commence très tôt à tirer la sonnette d'alarme. Il y a quand même un écart énorme qu'on n'a jamais vu, Maud Bréjean. Vous connaissez, vous, la vérité ? En février, quand on se rend compte que les recettes sont moins importantes que prévues, il annonce immédiatement une coupe de 10 milliards. Il va, je crois, au 20h chez vos confrères de TF1. Ça crée des remous au sein même de la majorité. Donc, pour vous, il a un bon bilan sur la gestion des finances publiques, Bruno Le Maire ?
En tout cas, je crois que c'est quelqu'un qui a sincèrement fait du mieux qu'il pouvait pour mener une politique auquel il croit, une politique d'attractivité, de l'offre pour l'emploi, très pro-entreprise, pro-business, et en même temps, en essayant de mettre le frein sur l'augmentation des dépenses. Dans une assemblée, où réduire la dépense publique, croyez-moi, n'est pas simple. Moi, j'ai vu pendant deux ans beaucoup de collègues avoir des idées de nouvelles taxes ou de dépenses supplémentaires. Les propositions d'amendements qui visaient à réduire la dépense publique étaient objectivement beaucoup moins régulières.
Enfin, ça, c'est terminé en 49-3, des textes budgétaires, donc l'Assemblée, à la rigueur, n'avait pas vraiment son mot à dire. Enfin, ça va ensemble, parce qu'un 49-3, ça peut faire suite à une motion de censure, donc il est malgré tout normal d'avoir des discussions avec les parlementaires, au sein même de sa propre famille politique. La commission d'enquête et les investigations qui seront menées à Bercy permettront de trouver des réponses à ce qui s'est passé. Moi, ce que je veux maintenant, c'est regarder en face.
Alors, justement, parlons-en du présent, puisqu'en effet, vous êtes porte-parole du gouvernement de Michel Barnier, et non pas de celui, le précédent de Gabriel Attal, et l'examen du budget a commencé cette semaine à l'Assemblée. Est-ce que, selon vous, Maude Bréjon, la promesse de départ du Premier ministre sur la justice fiscale est-elle tenue ? Je rappelle, c'était mettre à contribution les ménages les plus riches et les entreprises les plus importantes.
Elle est tenue, et je crois qu'elle est tenue et elle est souhaitable. Je pense que, dans un moment extrêmement compliqué, sur le plan budgétaire, les Français, et notamment les classes moyennes, ne comprendraient pas qu'après avoir massivement aidé l'ensemble de la population, peu importe les niveaux de revenus, et après avoir massivement aidé les entreprises, y compris les grandes entreprises, on s'interdise, au nom d'un dogme qui serait anti-augmentation d'impôts, quoi qu'il en coûte, de demander des efforts à ceux qui peuvent.
Mais quand, par exemple, vous annoncez que l'indexation des retraites sur l'inflation va être décalée de 6 mois, là, ça touche tout le monde, même les retraités les plus modestes.
Je ne dis pas, mon point n'est pas de dire qu'il n'y a pas un effort collectif qui est demandé au sein de ce budget. Ce que je dis, c'est que dans la façon dont l'effort est réparti, il faut que ceux qui peuvent contribuer davantage, contribuent davantage. Vous savez, moi, j'ai été marquée pendant ma campagne législative sur deux points. Et deux messages, je pense, assez forts que nous ont envoyés les électeurs. Le premier, on y reviendra, mais c'est un besoin de davantage d'ordre, davantage d'attente sur la sécurité, sur le régalien. Et le deuxième, c'est sur la justice fiscale, qui est au fond de la justice sociale. Et je pense que chacun, aujourd'hui, est prêt.
En tout cas, je crois que beaucoup de Français sont prêts à faire des efforts. Ils en font déjà beaucoup. Mais à condition qu'il y ait un sentiment de justice dans sa répartition.
Dernière question sur le budget. Est-ce que la grande priorité d'Emmanuel Macron depuis cette enquête, l'hôpital, est préservée ? Vous avez vu que quatre syndicats de la fonction publique hospitalière appellent les agents à se mettre en grève le 29 octobre pour protester contre ce budget.
D'abord, je veux redire évidemment la considération et la gratitude qu'est la nôtre à l'égard de tous les soignants. Et pour autant dire à la place qui est la mienne qu'il faut raison garder. Le budget de l'assurance maladie augmentera de près de 9 milliards d'euros l'année prochaine. 2,8%. 9 milliards d'euros.
C'était 3,3% d'augmentation en 2024. Donc on continue à augmenter le budget de 9 milliards d'euros. Le Fédération hospitalière de France, que vous connaissez bien, dit que ça va toujours aggraver la situation et que ça ne suffit pas. C'est en deçà des besoins.
Encore une fois, il pourrait y avoir des discussions. Mais ne laissons pas penser que le budget de l'assurance maladie et que le budget de la santé baissera l'année prochaine. Il sera en augmentation de 9 milliards. C'est considérable, 9 milliards. Ça suffit. Et on restera un des systèmes de santé où, par exemple, le reste à charge est le plus faible de l'ensemble des pays de l'OCDE. Donc, mon point n'est pas de dire que tout est rose et qu'il n'y a plus aucune amélioration à faire. Ce n'est pas vrai. Et les soignants nous le rappellent. Pour autant, la situation n'est pas complètement noire. Et sur le plan budgétaire, elle est en hausse.
Il faudra une nouvelle loi et une migration pour adapter un certain nombre de dispositions. Et je me permets de prendre quelques minutes pour les expliquer. À quelle échéance ? Bruno Retailleau a, par exemple, mis sur la table une proposition qui doit permettre de faciliter la prolongation de détention des étrangers en situation irrégulière qui présente des profils dangereux dans les centres de rétention administratives. Il propose que les profils les plus dangereux puissent être maintenus en détention, non pas au maximum 90 jours comme c'est le cas aujourd'hui, mais jusqu'à 210 jours. Pour le faire, on a besoin d'une loi. Ça passe par du législatif, ce n'est pas du réglementaire.
Et donc, on présentera ces propositions législatives plus tôt en début d'année 2025. Et on ne s'interdit pas, au sein de ces propositions législatives, d'y mettre d'autres dispositions qui, encore une fois, nous apparaîtraient au sein du gouvernement et avec les discussions qu'on aura avec les groupes parlementaires comme utiles pour protéger les Français.
C'est votre voix, Maude Bréjean, porte-parole du gouvernement, qu'on entend. Vous étiez l'invité dimanche 13 octobre de BFM Politique et vous annoncez, à cette occasion, une nouvelle loi sur l'immigration pour le début d'année 2025. Encore une demande de Marine Le Pen que vous...
Vous accordez ? Vous savez, je suis toujours stupéfaite de voir qu'aujourd'hui, en France, on ne peut plus tenir un discours de fermeté en matière migratoire et de volonté de reprise de contrôle de l'immigration sans être immédiatement ramené à Marine Le Pen et à l'extrême droite. C'est même au sein de votre famille politique qu'on est contre cette idée.
Gabriel Attal, Guillaume Gouffier, Ludovic Mendes... J'entends les discussions qu'il peut y avoir.
D'abord, deux choses. Un sondage qui vaut ce qu'il vaut, mais enfin qui est quand même assez conforme à ce qu'on entend un peu partout en France. Plus de 7 Français sur 10 sont favorables à une nouvelle loi d'immigration. Est-ce que plus de 7 Français sur 10 aujourd'hui sont racistes ? Est-ce que plus de 7 Français sur 10 veulent répondre à des attentes de Marine Le Pen ? Je ne crois pas. Et nous, notre rôle en tant que gouvernement, c'est aussi de les entendre. On ne peut pas prétendre le lundi qu'il faut écouter l'ensemble des Français et le mardi refuser d'entendre cette attente extrêmement forte, sauf à prendre le risque qu'aux prochaines élections, les Français montent encore le son.
Ça, c'est la première chose. Et de façon plus générale, qui pense aujourd'hui que nous sommes en matière migratoire arrivés au bout du chemin ? Que tous les dispositifs fonctionnent en matière de contrôle, mais aussi en matière d'intégration.
Il y a eu de lois depuis 1945 sur l'immigration, Maud Bréjon.
Je sais bien, mais si on estime que... On en est à 118 textes. Oui, et il y a eu combien de lois sur le pouvoir d'achat ? Il y a eu combien de lois sur l'écologie ? Ce n'est pas une loi d'affichage. Non, mais ça ne veut pas dire... Ce n'est pas une loi d'affichage. Les contextes changent. Et face à des contextes qui évoluent, et face à des attentes populaires qui grandissent, il est normal, en tant que gouvernement, qu'on cherche à répondre à ces nouveaux contextes et à ces nouvelles attentes. Donc prenez l'exemple de l'annonce qui était la mienne dimanche.
Des gens qui, aujourd'hui, sont en situation irrégulière, présentent des profils dangereux pour la sécurité des Français, ne pourraient pas être maintenus en centre de rétention administratif plus de 90 jours, alors même que l'Union Européenne nous le permet.
Alors justement, 210 jours, vous souhaitez faire une loi pour augmenter cette durée jusqu'à 210 jours. Qu'est-ce que ça va changer très concrètement au bout de ces quelques jours supplémentaires ?
Alors, quelques jours supplémentaires, c'est... Pardonnez-moi, c'est 130 jours, 120 jours supplémentaires. C'est autant de temps pour échanger avec les pays d'origine afin d'obtenir les laissés-passés consulaires. Voilà. Et encore une fois, on parle là de profils qui sont des profils dangereux, qui mettent en péril la sécurité de nos compatriotes. Et donc, on estime normal de pouvoir maintenir des rétentions plus longues afin de faciliter, encore une fois, l'obtention de ces laissés-passés consulaires et donc, à la fin, l'application des obligations à quitter le territoire français.
Qui a dit « Nous vous demandons de remettre à l'agenda dès le premier trimestre 2025 une loi immigration restrictive reprenant à minima les dispositions censurées par le Conseil constitutionnel ? »
Dites-moi.
C'est Marine Le Pen. Et qui a dit « Je souhaite un nouveau texte reprenant les mesures censurées par le Conseil constitutionnel » sur France 2, le 15 octobre dernier ?
Dites-moi.
Bruno Retailleau. D'accord. Et quelle conclusion vous en tirez ? Que c'est un copier-coller ?
Non, mais vous savez, ce qui alimente Marine Le Pen aujourd'hui et ce qui alimente le vote du Rassemblement national, ce n'est pas Bruno Retailleau qui fait un constat qui est aujourd'hui partagé, je pense, par une large majorité de Français. Ce qui alimente le vote du Rassemblement national, c'est le sentiment d'impuissance des politiques publiques en la matière. Pas uniquement en matière migratoire, d'ailleurs, mais notamment.
Mais la dernière loi est évoquée il y a moins d'un an sur l'immigration. Le vote Bréjon, elle n'est même pas encore totalement appliquée. Oui, mais d'abord, elle est en partie appliquée. Il manque des décrets.
Mais moi, je ne crois pas que la loi, qui était somme toute très utile, réponde à l'intégralité des problèmes et des difficultés auxquelles on est confronté en matière de politique migratoire. Je veux bien qu'on soit en permanence ramené aux propos de Mme Le Pen et du Rassemblement national. Mais moi, je ne me lève pas le matin en me demandant ce que pense Mme Le Pen et en me positionnant en pour ou en contre par rapport aux propos qu'elle a tenus la veille. Non, mais est-ce qu'il y a des différences dans vos projets ? C'est ça la question de fond. Il y a aujourd'hui, encore une fois, je le redis, des attentes extrêmement fortes, grandissantes.
Je pense que ne pas y répondre, c'est précisément ça qui reviendra à faire le lit du Rassemblement national. Et il y a des différences de vision majeures entre le Rassemblement national et nous, je le pense, à commencer par le fait que nous n'estimons pas que l'étranger, pour notre part, est mauvais par nature.
Pourtant, si on reprend, pardonnez-moi Maud Bréjon, les articles qui ont été censurés par le Conseil constitutionnel lors de la dernière loi de l'année dernière et qui ne sont pas forcément inconstitutionnels, c'était considéré comme des cavaliers législatifs. Il y a le resserrement des critères du regroupement familial. C'est-à-dire que maintenant, il faudrait une durée de résidence de 18 à 24 mois. Ça, vous y êtes favorable, par exemple, dans la nouvelle loi ? On étudiera.
La prochaine loi ne vise pas à reprendre l'intégralité des dispositions qui ont été censurées par le Conseil constitutionnel. Ah, parce que c'est ce que dit Brune Réjon. Et j'ai eu l'occasion de le préciser. Qu'est-ce que j'ai dit ? J'ai dit qu'il faudrait un nouveau véhicule législatif, en l'occurrence une nouvelle loi, pour intégrer notamment cette augmentation de la durée de rétention en centre de rétention administrative. J'ai dit aussi que dans le cadre des discussions qu'on aurait avec les différents groupes parlementaires, on ne s'interdisait pas d'y faire figurer d'autres mesures qui nous paraissent utiles aujourd'hui au regard de la situation.
Eh bien, ça fera, pardonnez-moi, ça fera partie des échanges. Je ne vais pas préempter les échanges qui auront lieu entre le ministre de l'Intérieur, le Premier ministre, avec ses différents groupes parlementaires. Mais je ne serai pas de ceux qui, aujourd'hui, disent circuler, il n'y a rien à voir, tout va bien. L'immigration incontrôlée et clandestine ne pose aucun problème en France. « Continuons comme ça et dormez, mais braves gens ! » Dernière question sur ce sujet. Pardonnez-moi, c'est quand même d'une hypocrisie sans nom.
Il faut être sacrément déconnecté pour penser qu'il n'y a plus aucune mesure à prendre et que la situation est pleinement satisfaisante aujourd'hui, malgré la dernière loi portée par Gérald Darmanin.
Dernière question sur ce sujet. Vous semblez vous inspirer de la méthode Mélonie, qui externalise les demandes d'asile dans des pays tiers. Vous avez dit cette semaine sur Sud Radio, on ne s'interdit pas de regarder. Là encore, c'est une inspiration d'extrême droite.
Non, mais on ne s'interdit pas de regarder les mesures qui sont prises dans les différents pays européens, pas uniquement en Italie, il y en a d'autres, le Danemark, etc. Et de voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Moi, je vais vous dire, ma position et celle du gouvernement, c'est au fond une position de bon sens. Lorsque l'immigration est incontrôlée, lorsque ceux qui viennent chez nous viennent de façon illégale, ne respectent pas nos valeurs, ne respectent pas nos lois, ils n'ont rien à faire sur le territoire français.
Lorsque des gens viennent dans un cadre légal, sont légitimes à rester sur notre sol, par exemple de par le droit d'asile ou de par les études, lorsqu'ils respectent nos lois, nos valeurs, qu'ils travaillent dans l'industrie, dans l'agriculture, dans la restauration, par exemple, ils sont une chance pour la France. C'est une bonne solution, c'est-à-dire que l'immigration, c'est un sujet complexe. Il faudrait qu'on arrive, et c'est probablement un vœu pieux, mais avoir un débat apaisé en la matière, on ne peut pas apporter de réponse simpliste et manichéenne. Pour autant, c'est aujourd'hui une réalité à laquelle on doit se confronter.
France Culture, Sens Politique, Astrid De Villene. Je peux dire quelques mots, là ? J'ai bien aimé la manière dont vous m'avez donné des... Non, pas des leçons, hein. Enfin, les enseignements, même si ça n'a duré que huit mois, que l'on apprend quand on est Premier ministre. Ça va me faire très, très utile. J'ai bien aimé aussi la manière dont vous m'avez dit que mon bureau... Enfin, je l'ai trouvé un peu vide, là, tout à l'heure. Mais j'ai compris qu'il y avait des tas de projets de loi en suspens, qui n'avaient pas pu être menés à bien. Vous me permettrez... Bien sûr, je vais les reprendre. Il y en a plusieurs auxquels je tiens, d'ailleurs. Peut-être d'ajouter ma propre valeur ajoutée.
Bien sûr.
Vous vous souvenez de ce moment, Maud Bréjot ? Je me souviens de ce moment. Qu'en avez-vous pensé ?
Écoutez, d'abord, je pense que, très sincèrement, Gabriel Attal et la famille politique qu'il représente, à laquelle j'appartiens, a aujourd'hui besoin et intérêt de travailler avec Michel Barnier et réciproquement.
Vous voulez dire que ce n'est pas assez le cas ?
Du reste, non, mais je vais vous dire, ce que je pense fondamentalement, c'est qu'on vient de deux familles politiques différentes, qui ont des cultures politiques réellement différentes, des histoires politiques réellement différentes aussi. On s'est combattus par le passé. Parfois, durement. Michel Barnier, lui-même, a voulu être candidat contre le président de la République. C'est dire qu'il n'est pas, initialement, dans notre majorité. Et donc, tout ça demande un petit peu de temps. Et, au fond, il faut qu'on arrive à, comment dire...
Cohabiter.
Je ne dirais pas à cohabiter, à s'apprivoiser. Vous parlez d'une colocation.
Donc, c'est un nouveau terme, parce que c'est vrai que personne n'arrive vraiment à bien qualifier la situation.
Colocation, c'est quand, au fond, on vit ensemble, qu'on partage un loyer et qu'il faut arriver, pour que tout ça se passe bien, à définir des règles communes. C'est quand on partage certaines pièces et pas d'autres. Et donc, je trouvais que cette métaphore était bienvenue. Au bout du bout, on rentre tous dans nos circonscriptions et on entend des électeurs, et moi, je l'entends chez moi, Anthony, à Châtenay-Malabry, qui nous disent qu'on veut que ça marche parce que, un, on ne veut pas de crise, on ne veut pas de crise institutionnelle, on ne veut pas de crise financière. Et il n'y a pas, aujourd'hui, d'alternative.
Nous avons intérêt à travailler ensemble, et je pense qu'au-delà des passés politiques différents, on a des plus petits dénominateurs communs. Et moi, c'est pour ça que j'ai accepté d'être porte-parole de Michel Barnier. C'est parce que j'ai confiance dans l'homme qu'il est et parce qu'au fond, je sais ce qui nous rassemble sur les sujets nationaux, mais aussi sur les sujets européens. En tout cas, sur les sujets sociétaux, vous êtes très opposés.
Est-ce que vous craignez... En quoi ? Avec Bruno Retailleau et certains autres ministres, j'imagine, sur les sujets...
Avec Michel Barnier, ce n'est pas le cas. Il a été très clair sur la question.
Mais je veux dire, est-ce que, par exemple, sur la fin de vie, vous craignez que ce soit cette ligne plus conservatrice qui l'emporte ?
Alors, l'objectif est de représenter un projet de loi, fin de vie à l'Assemblée nationale et au Sénat, plutôt en début d'année 2025, conformément à ce qu'il a dit... Après l'immigration ou avant ? C'est toujours du pas arrêté, très sincèrement. Ça veut dire qu'on ne sait pas encore... Il y a un certain nombre de lois qui devront être présentées début 2025. Il y en a d'autres, la simplification. Et il y aura un travail, des échanges avec les groupes pour définir le calendrier. Je pense que... Autant une solidarité gouvernementale est nécessaire sur un certain nombre de sujets, notamment sur le budget.
Je crois qu'en revanche, sur la fin de vie, les Français comprendront qu'au sein du collectif qui est le nôtre, on puisse avoir des avis divergents. De même qu'au sein de renaissance du groupe parlementaire, il y a des avis divergents. Il s'était déjà exprimé lors du débat à l'Assemblée nationale. On touche à un sujet qui est de l'ordre de l'intime. Et moi, je n'ai pas de problème aujourd'hui à partager un gouvernement avec des gens qui seraient pour et des gens qui seraient contre. Tant ça ramène à des convictions, des histoires personnelles, culturelles, cultuelles également. Et il faut vraiment respecter qu'on puisse avoir des avis différents.
Restons un instant, si vous le voulez bien, Maude Bréjean, porte-parole du gouvernement sur cette colocation entre les macronistes et LR, pour le dire simplement. Il y a eu pas mal de couacs depuis cette passation de pouvoir qu'on vient d'entendre. C'était le 5 septembre dernier. On peut penser au récent sur la hausse de la fiscalité du gaz, mais d'autres plus importants, sur quand Bruno Retailleux a déclaré que l'immigration n'était pas une chance. D'autres ministres qui lui ont répondu l'inverse. Il y a déjà deux ministres plutôt de l'aile gauche qui ont menacé de démissionner récemment, Agnès Pannier-Runacher et Didier Migaud à propos de leur budget.
Est-ce que pour vous, c'est facile à gérer ces couacs ? Est-ce que ça peut tenir sur le long terme ? Et dernière question, à quoi sert le poste de Marie-Claire Carrerget, ministre déléguée chargée de la coordination gouvernementale ?
Alors, on va reprendre dans l'ordre les questions. Il faut remonter à ce qui a été le vote des Français, je pense, aux dernières législatives. Les Français n'ont pas fait le choix de la pensée unique. Qu'est-ce que ça veut dire la pensée unique ? Ils ont fait le choix d'une assemblée nationale extrêmement plurielle, d'aucun dirait fracturée. Et face à ça, Michel Barnier a composé, et c'est la mission que lui a donnée, je pense, le président de la République en le nommant, le gouvernement le plus large possible. Mais de facto, au regard de ce qu'est l'Assemblée nationale et du socle qui aujourd'hui compose le soutien à Michel Barnier, on n'est pas un gouvernement de clones.
Et moi, je crois qu'il faut l'assumer. je ne vais pas passer mon temps à expliquer qu'il n'y a absolument aucune différence de conviction entre Agnès Pannier-Runacher et Bruno Rotaillot. Parce qu'en fait, c'est faux. Je crois qu'il faut assumer qu'on a un gouvernement composé de gens qui parfois pensent différemment, qui prennent la liberté de s'exprimer au regard, encore une fois, de ce que sont leurs histoires et leurs convictions, mais qui partagent une volonté de travail commun et de chemin de compromis.
Maude Bréjean, on a cette question sur Instagram de Anne qui nous écrit, elle vient de Paris. Comment continuer de convaincre les jeunes d'aller voter alors que vous n'avez pas respecté les résultats des urnes ?
Je pense qu'il faut couper court à cette idée reçue. Le nouveau Front Populaire n'avait pas de majorité, il y était moins de 200 députés. Mais ils étaient en tête.
Oui, mais... Et vous savez que ça a beaucoup choqué pour ceux qui se sont mobilisés de manière historique pour aller voter pour le nouveau Front Populaire qui est arrivé en tête et que le président de la République n'a pas respecté cette...
Mais le nouveau Front Populaire qui n'avait aucune majorité loin de là... Mais si vous, vous étiez arrivé en tête, Maude Bréjean,
vous vous trouvez légitime d'avoir un premier ministre issu de vos rangs ?
Qu'est-ce qui se serait passé ? Moi, je veux bien qu'on dise que le président aurait dû nommer Lucie Casté puis elle aurait été démise, censurée deux, trois jours après. Parce que c'est précisément ce qui se serait passé. Le président de la République n'a pas voulu jouer l'institution et je pense qu'il a eu raison. Il a donc essayé de trouver le socle le plus large possible qui permettait de garantir non pas l'avenir de sa propre famille politique mais la stabilité institutionnelle et c'est son rôle de chef de l'État que de préserver la stabilité des institutions.
Comment continuer de convaincre les jeunes d'aller voter alors que vous n'avez pas respecté les résultats des urnes ? C'est vrai qu'on peut comprendre ce qu'elle veut nous dire. C'est-à-dire qu'elle a sans doute peut-être mobilisé dans son camp contre l'extrême droite et aujourd'hui, voilà, vous avez respecter le résultat
des urnes. Respecter le résultat des urnes, ce n'est pas nommer une première ministre désignée par l'extrême gauche qui serait tombée dans la foulée de jours après par une motion de censure, situation qui aurait conduit le pays dans une instabilité je pense institutionnelle et politique profonde. Vous êtes très à l'aise
vous avec ce...
Ecoute, respecter le résultat des urnes, c'est entendre ce que les Français ont voulu que l'on porte. Et quand on porte davantage de justice fiscale, quand on porte davantage de fermeté sur les sujets régaliens, je pense que précisément là, on entend le message des Français.
Alors votre parti Renaissance, Maude Bréjean, doit tenir son congrès les 23 et 24 novembre prochains. Qui serait la bonne personne pour remplacer Stéphane Séjourné, devenu commissaire européen ? Alors, j'attendrai de voir les candidatures se déclarer
puisqu'aujourd'hui...
Il y en a deux au moins.
C'est l'Elisabeth... Enfin, on entend que Gabriel Attal a des fourmis dans les jambes. Et je laisserai à Gabriel se déclarer, évidemment, avant de parler à sa place. Moi, ce qui m'importe, c'est qu'aujourd'hui, on est... D'abord, je vais vous dire le fond de ma pensée. Je suis davantage intéressée par l'avenir du pays et par les défis budgétaires, économiques qui sont devant nous que par l'avenir de mon propre parti politique. Mais pour vous, quand même, Gabriel Attal ou Elisabeth Borne ? En tant que porte-parole du gouvernement et que membre du gouvernement aujourd'hui, c'est davantage à ça que je m'attèle et c'est fondamentalement ça qui m'intéresse.
Moi, je jugerais sur les projets qui seront présentés par les différents candidats lorsqu'ils sont déclarés. J'estime d'une part que Renaissance ne pourra pas à l'avenir s'autosuffire et qu'il faut continuer à avoir des liens solides et entretenus avec nos amis du Modem, d'Horizon et à continuer à s'élargir ce qui était notre esprit initial. Je pense qu'ensuite on a un travail colossal à faire en matière d'ancrage local pour accompagner nos élus qui n'ont peut-être pas suffisamment été pour préparer les échéances municipales qui me tiennent à cœur pour avoir été moi-même candidate.
Je ne serai pas de nouveau candidate mais néanmoins ça a été une aventure importante pour moi et puis pour créer des lieux de débat. Je pense que Renaissance doit de nouveau être un lieu de débat, un lieu où émergent des idées et force est d'admettre que ça ne l'a pas suffisamment été ces dernières années. Je le dis avec toute l'amitié que j'ai pour et Stéphane Séjourné et Stanislas Guérini qui ont mené une mission très difficile être à la tête d'un parti qui est celui de la majorité présidentielle c'est très difficile. Ils ont fait de leur mieux aujourd'hui les choses ont changé et Renaissance doit être un lanceur d'idées.
Il avait raison donc Gérald Darmanin quand il disait à propos du parti plus de bistro moins de visio.
moins de visio plus de bistro c'était dans ce sens-là oui il avait raison
il a raison surtout que vous connaissez une perte historique c'est peut-être pour ça que vous vous inquiétez Maude Bréjean porte-parole du gouvernement puisque le Figaro rapporte que vos militants à jour de cotisation chez Renaissance sont passés de 35 000 à 8 500
en un an. Je vais vous dire c'est très difficile hors période électorale de faire vivre un parti politique donc pour être très honnête c'est moins sain qui m'inquiète que notre capacité à faire émerger de nouvelles idées et un nouveau projet en le faisant au-delà des murs qui sont les nôtres la question c'est comment est-ce qu'on prolonge ce qu'on a porté depuis 7 ans de façon forcément un peu différente avec qui on le fait dans quel au-delà encore une fois de renaissance au-delà avec quel attelage et c'est tout ça auquel il faudra répondre.
Alors on va parler
un petit peu de vous Maude Bréjon puisqu'on ne vous connaît pas forcément encore très bien vous venez d'être nommée porte-parole du gouvernement avant vous étiez députée et vous avez grandi à Poitiers dans un HLM dans un milieu modeste à quoi rêviez-vous à cette époque et pensiez-vous
être ministre un jour ? Alors je ne pensais pas du tout être ministre ni faire de la politique à quoi je rêvais ? Je rêvais d'être vétérinaire il faut être très honnête puis prof de maths voilà dans l'ordre non je oui moi j'ai grandi dans un logement social jusqu'à mais 18 ans ?
Non non 3 ou 4 ans et ensuite on a déménagé avec mes parents dans un petit pavillon à côté de Poitiers j'ai en fait une histoire familiale qui repose notamment sur l'histoire de mon propre père mon père qui est d'origine vendéenne comme ma mère d'ailleurs qui a arrêté l'école à 14 ans qui est devenu bûcheron dans la Syrie de son père et qui ensuite a exercé des différents métiers chauffeur poids lourd jusqu'à reprendre des études en devenant éducateur spécialisé puis de nouveau reprendre des études autour de 5 ans de balai et de faire une thèse en sociologie voilà il nous bassinait matin, midi et soir avec Pierre Bourdieu c'est limite si on n'avait pas un portrait de Pierre Bourdieu sur la cheminée et ça a beaucoup ça a beaucoup inspiré mon parcours parce que c'est à la fois un exemple d'ascenseur social absolument formidable mais qui a été porté par quelqu'un qui n'a cessé de me répéter qu'il était au fond un cas à part et que et qu'aujourd'hui la reproduction sociale la reproduction des inégalités était encore prégnante prégnante et parfois elle s'aggrave même et donc on a ensuite avec ma soeur suivi un peu un parcours similaire c'est à dire que on n'était pas on n'était pas mauvaise à l'école mais enfin on n'était pas les premières de notre classe on n'a pas été dans les meilleurs établissements et pour autant on s'est construit par le travail et par l'école de la république
alors en 2016 vous adhérez en marche je le disais en introduction vous devenez assez vite la référente des partis dans les Hauts-de-Seine et notamment à Levallois-Péret et donc c'est Gérald Darmanin qui vous incite à vous présenter au municipal numéro 2 sur la liste ensemble en 2020 dans la ville des Balkany alors en fait
j'étais même tête de liste au premier tour j'ai fusionné au second tour
ah pardonnez-moi
c'est moi qui portais la liste j'ai vu que le résultat du tour c'est moi qui portais la liste au premier tour oui Gérald qui est un ami qui est quelqu'un qui m'a beaucoup aidé beaucoup conseillé depuis mes tout premiers pas m'a donné ce conseil c'était un dimanche midi on déjeunait ensemble à Levallois d'ailleurs en me disant mais en fait la politique c'est d'abord et avant tout se confronter aux élections quand bien même on les perd et il avait probablement conscience à l'époque que mes chances de victoire étaient assez faibles mais son message était de dire encore une fois il ne faut pas avoir peur du suffrage des gens et puis c'est pas parce que t'as 28 ans c'est pas parce que t'as jamais été élue c'est pas parce que t'as jamais fait de politique et que t'es une jeune femme que tu peux pas prétendre être tête de liste dans une ville de 65 000 habitants et en fait ça m'a donné beaucoup de courage et beaucoup de confiance pour les suites
en 2020 vous recevez un drôle de mail dans votre boîte devenez porte-parole de la République et vous postulez c'est comme ça qu'on recrute les porte-parole au sein du parti présidentiel par mail
c'est comme ça que ça s'est passé pour moi je vous promets que je reçois ce mail vous aussi devenez porte-parole et je me renseigne auprès du parti pour savoir si cet appel à candidature en était réellement un ou si les décisions étaient en réalité déjà prises ils ont dit mais non c'est tout vert vas-y et je me lance dans cette candidature là et je suis nommée porte-parole en octobre 2020 et s'en suit une aventure assez extraordinaire mes premiers plateaux télé en parallèle d'un métier à temps plein puisque je faisais cette mission de porte-parole de façon bénévole donc en parallèle de mon job d'ingénieur chez EDF et je mène pendant deux ans cette double vie en réalité ingénieur la journée et sur les plateaux de BFM de CNews de LCI Yannco le soir et en plus on est en plein Covid
donc vous êtes repérés à ce moment là est-ce que vous vous dites ce job est fait pour moi est-ce que c'est comme ça que vous décidez d'être députée et du coup est-ce que c'est aussi pour ça qu'on vous a choisi pour succéder à Priscatevion à ce poste de porte-parole du gouvernement ?
Alors je ça faisait déjà un certain temps que j'avais envie de faire de la politique en réalité quand j'étais en terminale je voulais faire Sciences Po j'ai eu cette idée là et mon père m'a dit mon père qui avait vécu lui-même des périodes de chômage me dit non non deviens ingénieur parce que t'auras la sécurité de l'emploi mais la politique m'a suivie et ça m'a enfin ça a été en tout cas un passage important dans la trajectoire politique qui a été la mienne après les municipales à Levallois-Péret ça me donne de la visibilité de la légitimité au sein du parti et ça contribue effectivement fortement à me permettre d'être ensuite candidate au nom de renaissance dans ma circonscription chez moi à Anthony
on a une autre question sur Instagram est-ce que c'est pas trop dur de porter la parole de ce gouvernement
c'est pas trop dur parce que d'abord parce que je l'ai choisi ça c'est important et je l'ai choisi parce que j'y crois moi j'ai j'ai confiance d'abord en Michel Barnier je suis heureuse de travailler avec lui j'ai jamais cru à l'opposition entre le nouveau monde et l'ancien monde je considère que dans la vie politique comme dans la vie en général il doit y avoir une continuité et il doit y avoir de la transmission et qu'au fond ce retour à une forme de normalité est aujourd'hui assez sain et ensuite parce que sur le fond quand il parle de justice fiscale je suis d'accord avec lui je considère que ça ne doit pas être un gros mot et quand il souhaite qu'on aille plus loin sur l'ordre et sur la sécurité c'est aussi quelque chose que moi j'ai beaucoup porté depuis deux ans
Michel Barnier a également fait des annonces récemment sur la grande cause qu'il veut faire pour 2025 la santé mentale il les a fait de ces annonces chez vous dans la Vienne là où vous avez grandi Maude Bréjon comment vous en tant que porte-parole du gouvernement vous avez envie d'incarner cette grande cause
en tout cas je souhaite m'y impliquer autant que possible parce que la question de la santé mentale et des pathologies que ça engendre est en fait aujourd'hui encore un grand tabou français quand j'étais députée j'avais demandé à l'époque à Catherine Vautrin une mission parlementaire sur les troubles du comportement alimentaire donc tout ce qui touche à l'anorexie à la boulimie ces troubles ont augmenté de 30 à 40% depuis le Covid 30 à 40% donc c'est absolument absolument énorme un spécialiste un jour m'a dit en parlant de cette maladie là que c'était en France une des dernières maladies honteuses et je pense qu'il y a beaucoup de jeunes femmes de jeunes hommes aussi qui sont dans des familles où ils ne sont pas compris ils ne sont pas entendus qui n'ont pas accès à des professionnels c'est un sujet social et sociétal majeur dont on parle peu et je crois que le Premier Ministre a au fond je vais vous dire et je conclurai là-dessus quand le Premier Ministre en fait une grande cause nationale il démontre qu'il a parfaitement compris son époque
en effet il veut déstigmatiser les maladies mentales il va même doubler les maisons des adolescents il a prévu 600 millions d'euros mais dans le même temps c'est un peu la grande difficulté de ce budget vous réduisez de 20% la dotation de l'AGFIP c'est l'association gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées
ma collègue Astrid Panossian-Bouvé a eu l'occasion de répondre à l'Assemblée là-dessus en disant que s'il y avait eu des maladresses dans la façon dont c'était formulé au sein du budget il n'y avait aucune volonté de le réduire et que des amendements et que des amendements non de précision seraient portés en ce sens lors du débat
sens politique l'archive de l'invité
non la France n'est pas incapable elle a lancé en 7 ans un programme de 45 centrales nucléaires elle a construit oui vous criez où mais vous êtes tout seul la majorité du peuple français la majorité du peuple français a choisi l'indépendance nucléaire parce que c'était un choix de courage nous ne voulions pas être dépendants indéfiniment du bon vouloir ou des caprices de ceux qui nous décomptaient le pétrole et qui ont fixé le prix à leur guise alors si vous êtes pour la France asservie si vous voulez que la vie économique et sociale de la France dépendent des caprices des autres alors vous pouvez dire non mais vous dites non tout seul
mais vous dites non tout seul merci pour cette archive le président Valéry Giscard d'Esta en pleine campagne présidentielle de 1981 pendant un meeting dans les Landes à Dax ce qui est extraordinaire dans ce sonore c'est que même dans un meeting de Valéry Giscard d'Esta en 1981 il y a des opposants au nucléaire ce qui n'est plus du tout le cas aujourd'hui au centre il y a un opposant il y a un opposant comment vous expliquez ce paradigme c'est à dire qu'on a la sensation que le combat culturel contre le nucléaire qui était très présent dans les années 70 et même 80 a été perdu par ceux qui s'y opposaient
alors
vous qui êtes une ingénieure je rappelle
très présent très présent oui néanmoins tous les présidents de la république jusqu'à François Hollande de droite comme de gauche ont préservé le consensus national autour de cette grande industrie de ce grand fleuron industriel français et c'est tout à leur honneur il y a quand même beaucoup d'aller-retour même de la part d'Emmanuel Macron d'abord pour revenir sur ce sonore il est à la fois vieux et en même temps très contemporain on pourrait tenir le même discours aujourd'hui sur la souveraineté au regard de ce qui s'est passé notamment avec la Russie et donc ça montre qu'on n'a pas totalement appris de nos erreurs et que le démantèlement partiel de la filière nucléaire par le parti socialiste de François Hollande aurait dû s'inspirer déjà de ces leçons de l'époque et puis ensuite il y a le volet climat qui n'était pas porté à l'époque par Valéry Giscard d'Estaing mais qui aujourd'hui est absolument prégnant et être en fait être écologiste en 2024 c'est être pro-nucléaire alors ça dépend Maude Bréjean parce que et je pense que les français ont considérablement évolué là-dessus
est-ce que vous avez vu juste je voudrais vous faire réagir sur cette information que vous avez peut-être vu passer ces géants de la tech aux Etats-Unis Microsoft d'autres grandes entreprises de l'intelligence artificielle qui ont des besoins de plus en plus importants d'électricité pour stocker leurs données je dis par exemple que j'ai appris que ChatGPT consomme plus de 10 fois l'électricité d'un moteur de recherche comme Google et qui rachète des centrales nucléaires qui utilisent le nucléaire qui créent même des réacteurs aux Etats-Unis pour voilà leurs besoins là-dessus qu'en pensez-vous en termes justement de souveraineté et de sobriété Maude Bréjean vous qui êtes une ingénieure
on aura besoin de davantage d'électricité à l'avenir et c'est une bonne chose parce que utiliser davantage d'électricité c'est moins utiliser d'autres sources d'énergie carbonée l'électricité produite à partir du nucléaire c'est une électricité décarbonée et le nucléaire est un des piliers me semble-t-il aujourd'hui mondial majeur de la transition avec tous les dangers
et les problèmes des déchets
beaucoup de pays beaucoup de pays beaucoup de pays y reviennent il n'y a pas d'énergie parfaite mais l'urgence c'est de freiner une émission de gaz à effet de serre et le nucléaire permet ça on a mis beaucoup de temps dans le débat français à retrouver un peu de rationalité dans le débat à arriver à poser des faits mais aujourd'hui face encore une fois au mur du réchauffement climatique 60% de l'énergie consommée en France provient de l'énergie fossile on ne peut pas se passer du nucléaire de même qu'on ne peut pas se passer des énergies renouvelables on n'a pas le luxe d'exclure l'une ou l'autre des énergies décarbonées une dernière question
Maud Bréjon porte parole du gouvernement de la part de Jean-Baptiste qui nous écrit de Corse n'êtes-vous pas frustré en tant que spécialiste et technicienne du nucléaire de ne pas avoir été nommé à la place d'Agnès Pannier-Runacher ministre de l'énergie ?
non parce que d'abord le nucléaire n'est pas mon seul combat parce que je l'ai moi porté je pense à la meilleure place à savoir dans le monde de l'industrie dans le monde de l'entreprise et puis parce que le parcours politique et professionnel c'est quelque chose de long donc j'ai que 33 ans
merci Maud Bréjon porte parole du gouvernement d'être venue dans le sens politique et de ne pas avoir trop usé de la langue de bois merci à Luca Liberati qui m'a aidé à préparer cette émission à la réalisation Luc-Jean Reynaud à la technique Noé Chaban et à la vidéo Timothée Hubert vous pouvez réécouter cette émission sur l'application Radio France et sur franceculture.fr on se retrouve samedi prochain
Maud Bregeon