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InterviewUnion Populaire Républicaine· 10 avril 2016 25 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

François Asselineau invité de Natacha Polony sur Paris Première - 09/04/2016

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    Il s'est passé un vote à l'Assemblée nationale cette semaine : une modification de la loi organique sur les élections. Vous trouvez qu'on vous a volé l'élection ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Vous pensez que ces nouvelles règles vont modifier votre possibilité d'émerger ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Concrètement, ces signatures étaient en partie publiques. Pourquoi publier toutes les signatures en temps réel ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    François Asselineau, pourquoi vous dites que vous n'êtes pas un petit candidat ?

  • 8:00OuverteRéponse partielle

    Est-ce que la notion d'équité fondée sur les sondages permet l'exercice démocratique ?

  • 10:00OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'en France, un mouvement comme Podemos peut surgir aussi rapidement qu'en Espagne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00François AsselineauFait
    « J'ai préparé des voyages présidentiels de très haut niveau. J'ai été reçu avec Jacques Chirac chez le président chinois Jiang Zemin. »
  • 8:00Christophe BarbierFait
    « L'égalité, ça tue la politique, parce qu'à partir du moment où vous avez 8, 10, 12 candidats et que vous dites « égalité stricte », il n'y a plus de débat possible. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[*] = inaudible (La fin des petits candidats : un coup fourré du PS ?) — {Natacha Polony :} Merci beaucoup d'être là. Il s'est passé un truc qui est quand même passé inaperçu cette semaine : un vote à l'Assemblée nationale, qui d'ailleurs est en fait la résultante de plusieurs épisodes.

Il y a d'abord eu un vote le week-end de Pâques. 20 députés étaient présents. Cette fois-ci, bon, c'est quand même une majorité qui a voté.

Mais tout de même, association du PS avec quelques députés républicains. Et le résultat, c'est quoi ? Le résultat, c'est une modification de la loi organique qui régit l'organisation des élections.

Donc il est question du temps de parole lors de la période qui précède le vote. Il est question de la règle sur les 500 signatures. Alors vous, messieurs, vous êtes des habitués du commentaire politique : journaliste, politologue.

Mais vous, vous êtes tous les deux ce qu'on appelle justement des petits candidats. Vous trouvez qu'on vous a volé l'élection, qu'on est en train de vous voler la démocratie ? Rafik. — (Rafik Smati - Chef d'entreprise, porte-parole d'Objectif France) Écoutez, il y a un contexte particulier où le niveau de défiance des Français vis-à-vis de la classe politique n'a jamais été aussi élevé.

C'est le cas depuis des décennies. Vous avez 8 Français sur 10 qui demandent à ce que la société civile soit représentée à l'élection présidentielle. Élection présidentielle où les barrières à l'entrée sont déjà compliquées.

Et un an avant l'échéance...

Pas cinq ans avant, un an avant l'échéance, on modifie en catimini les règles du jeu pour se présenter à cette élection en rajoutant des barrières à l'entrée qui sont évidemment au service des vieux partis politiques. — {Natacha Polony :} Alors vous, vous êtes candidat, Rafik Smati. Vous pensez que ça va vous empêcher, que ça va modifier quelque chose dans votre possibilité d'émerger ? — {Rafik Smati :} Alors, et ça va être évidemment – soyons lucides – extrêmement compliqué, et en particulier la collecte des signatures.

Et moi, parmi tout l'arsenal législatif qui est voté, pour moi, le plus compliqué, ... — {Natacha Polony :} ...c'est la question des signatures. — {Rafik Smati :} ...c'est la question des signatures. — {Natacha Polony :} Concrètement, ces signatures, jusqu'à présent, étaient en partie publiques.

Il y en avait une partie qui était publiée. — {Rafik Smati :} Oui. — (Olivier Duhamel - Professeur à Sciences Po et politologue) À l'origine, elles étaient confidentielles.

Et il n'y en avait que 100. Là, c'était le rêve pour les petits partis ou même les partis ultra-gauche et trotskistes...

Qui faisait ses études, allait voir un vieux grand-père paysan qui avait sa petite mairie. Il faisait : « J'arrête mes études si tu signes pas ». Il signait.

Personne le savait. Ensuite, on est passés de 100 à 500. — {Natacha Polony :} Voilà. — {Olivier Duhamel :} Et on a décidé qu'on publierait une partie des signatures par tirage au sort.

Et là, la décision, c'est de les publier toutes, et en temps réel. — {Natacha Polony :} C'est-à-dire que l'élu qui doit signer doit envoyer son formulaire au Conseil constitutionnel. — {Olivier Duhamel :} Voilà.

Et si vous voulez, là, j'ai beaucoup beaucoup de mal à comprendre la critique, quand même, parce que c'est un acte important que de s'engager au profit d'un candidat à la présidence de la République. Donc c'est parfaitement démocratique que l'on sache qui soutient qui. C'est démocratique en soi de le savoir.

Et en plus, ça empêche des manœuvres. Il faut savoir que dans l'histoire politique française, il y a eu des manœuvres sur des petits candidats. Il y a au moins un cas connu dans lequel Charles Pasqua, pour embêter Mitterrand, avait sollicité un troisième candidat trotskiste.

Il y a un autre cas qui a été révélé aussi dans lequel François Mitterrand avait fait en douce que Marie-France Garaud ait des signatures pour morceler l'électorat de droite. Avec la publication, ce genre de choses devient très difficile. Et c'est normal que des manœuvres soient évitées.

Donc c'est démocratique en soi. Et ça évite les manœuvres. — {Natacha Polony :} François Asselineau, vous pensez que ça évite les manœuvres que... — (François Asselineau - président de l'Union populaire républicaine) Non.

Enfin je crois que d'abord, il faudrait revenir peut-être sur une définition des mots dont on parle. Vous avez commencé en disant que j'étais un petit candidat. Pourquoi je serais un petit candidat ?

Il se trouve que j'ai une expérience... — {Natacha Polony :} Oui, j'ai utilisé le terme générique, enfin le terme habituel. — {François Asselineau :} Il se trouve que j'ai une expérience professionnelle, par exemple, qui m'a amené dans les allées du pouvoir, dans un certain nombre de cabinets ministériels sous Balladur et sous Juppé.

J'ai préparé des voyages présidentiels de très haut niveau. J'ai été reçu avec Jacques Chirac chez le président chinois Jiang Zemin. J'ai serré la main de Jean-Paul II.

J'ai déjeuné avec Nelson Mandela... — {Natacha Polony :} Et vous étiez candidat en 2012.

Mais vous n'avez pas eu vos signatures. — {François Asselineau :} J'ai beaucoup plus d'expérience que M. Hollande, qui n'était qu'un apparatchik du PS.

Moi, M. Hollande est un tout petit candidat. Même du point de vue intellectuel, d'ailleurs.

Donc qu'est-ce qui décide que c'est un petit candidat ? Un petit candidat, c'est en fait quelqu'un qui n'appartient pas aux 2 ou 3 grands partis politiques qui sont constamment promus dans les médias. — {Natacha Polony :} Oui, mais la question qu'évoquait Olivier sur l'idée qu'un élu qui décide de soutenir un candidat à la présidentielle doit le faire savoir parce qu'il le doit à ses électeurs.

C'est ça. — {François Asselineau :} Encore une fois, c'est un problème de définition des mots. À l'origine, il ne s'agit pas...

D'ailleurs, c'est pas un parrainage. Officiellement, pour le Conseil constitutionnel, c'est la présentation d'un candidat. Et ce système a été débattu en 1962.

On en trouve d'ailleurs la trace dans le livre « C'était De Gaulle » d'Alain Peyrefitte. Et il s'agissait à l'époque d'écarter les candidats fantaisistes. Tout le monde parlait au Conseil des ministres d'un fantaisiste de l'époque qui s'appelait Ferdinand Lop.

Voilà. Donc il s'agissait... — Qui voulait prolonger le boulevard Saint-Michel jusqu'à la mer. — Voilà, absolument.

Qui voulait prolonger...

Donc c'était de ça qu'il s'agit. Il ne s'agit en aucun cas...

Ça a d'ailleurs été rappelé par le président de l'Association des maires de France en 2012...

Il ne s'agit pas d'un premier tour. On peut très bien avoir des maires qui apportent une présentation d'un candidat alors qu'ils ne votent pas pour lui. Moi, j'ai vu des maires qui sont des maires proches de ce qu'était auparavant le RPR qui apportent leur parrainage au candidat de Lutte ouvrière, qui m'ont dit : « Jamais je ne voterai pour Lutte ouvrière ». — C'est pas une magouille, comme le disait Olivier, enfin une manipulation ? — Non mais je ne dis pas...

Il peut y avoir...

En fait, que voulait faire Charles de Gaulle avec la candidature à l'élection présidentielle ? Il s'agissait de court-circuiter... — La rencontre d'un homme et du peuple...

Court-circuiter les partis. — De court-circuiter les partis. Il l'a dit expressément à Alain Peyrefitte.

Depuis lors, on voit que les partis politiques essayent de rétablir une espèce de partitocratie, de maintenir une emprise sur la politique française, ce qui est grave, parce que comme le disait Rafik tout à l'heure, en fait, la situation est de plus en plus grave quand vous allez sur le terrain. Il y a 80% des Français qui ne veulent plus voir une tête politique habituelle. — Avec l'ancien système, vous n'avez pas non plus vos signatures.

D'ailleurs, il vous en manquait combien ? — Mais la dernière fois, nous étions un tout petit parti politique. Maintenant...

D'ailleurs, puisqu'on parle de petits candidats, figurez-vous que l'UPR, le parti que j'ai créé, nous avons dépassé les 10 800 adhérents. Nous avons multiplié par 2,5 le nombre de nos donateurs. — Oui, mais... — Aux régionales, on a fait 190 000 électeurs.

On a fait pratiquement 1% des voix. Sans être jamais passé sur aucun des très grands médias nationaux français, qu'ils fussent radiophoniques, télévisés ou journaux. — Alors justement, venons-y, parce qu'il y a aussi la deuxième dimension du problème.

C'est la question du temps de parole. Et là, Christophe, vous qui officiez également sur une télévision, vous savez qu'on est enquiquinés à chaque fois par cette histoire de temps de parole, à chaque élection. C'est extrêmement problématique.

Pour autant, est-ce que la notion d'équité fondée désormais sur les sondages autant que sur le nombre d'élus, sur...

Enfin les critères qui vont apparaître aujourd'hui, est-ce que ça va permettre l'exercice démocratique, c'est-à-dire la possibilité de faire émerger toutes les idées ? — (Christophe Barbier - Directeur de la rédaction de l'Express) L'équité, c'est une manière pour les pouvoirs publics de se débarrasser du problème sur les chaînes et de leur dire : « Soyez responsables de ce que vous faites ». L'égalité, ça tue la politique, parce qu'à partir du moment où vous avez 8, 10, 12 candidats et que vous dites « égalité stricte », il n'y a plus de débat possible, il n'y a plus d'émission possible.

Et donc que font les chaînes ? Elles descendent le nombre d'heures consacrées à l'élection. En l'occurrence, elles affaiblissent la démocratie. — « Plus de débat possible », pourquoi ?

Parce que... — La France...

Excusez-moi, la France est à peu près, avec la Roumanie – je crois –, le seul pays dans lequel on ait cette conception chronométrée de la démocratie. Pourquoi ça existe comme ça dans notre pays ? Ça existe comme ça parce que nous sommes une des rares « démocraties » entre guillemets qui a eu une période de télévision extrêmement autoritaire et sous contrôle : l'ORTF, les journaux télévisés directement organisés par le ministère de l'Information, etc.

Et c'est cette ombre portée qui a justifié l'introduction de la conception chronométrée des temps de parole. Mais le monde d'aujourd'hui n'a plus aucun rapport avec ça. Mais cela dit... — Vous voulez dire que François et Rafik ne doivent pas avoir autant de temps de parole que par exemple François Hollande s'il se représente... — Mais je suis bien pire que ça.

Je veux dire que je suis très content – et ça fait partie du jeu et du plaisir – que dans la pré-précampagne, ils puissent se déclarer candidats et que du coup, on les reçoive sur Paris Première et dans quelques autres médias et qu'on en parle. Ça, c'est légitime. Chacun peut... — {Christophe Barbier :} Puis ça montre la vitalité de la citoyenneté. — {Olivier Duhamel :} Voilà. — {Rafik Smati :} Non mais monsieur, vous êtes terriblement condescendant. — En revanche, pour répondre à votre question, je trouve qu'il est légitime qu'ils ne soient pas candidats s'ils représentent trop peu de choses, parce que sinon, c'est la foire d'empoigne généralisée, c'est pas une élection sérieuse.

Et je suis absolument en faveur de l'équité, c'est-à-dire que ceux d'entre eux qui franchissent le barrage, ils aient un temps de parole grosso modo à proportion de ce qu'ils représentent, parce que sinon, comme l'a dit Christophe Barbier, c'est impossible, c'est absurde. Pendant la campagne, pour les régionales, j'ai fait des émissions à la radio sur Europe 1 où on nous disait : « Attention, vous n'avez le droit de parler que 3 minutes de tel candidat. Après, il faut que vous passiez sur le Grand Est.

Et vous ne parlez pas du Nord-Pas-de-Calais. Ça n'a pas de sens. — Vous voulez dire que...

Alors Rafik, ça veut dire que vous ne représentez pas suffisamment. — Mais c'est à cause de réflexions telles que celle-ci que la démocratie française, aujourd'hui, est malade, et que les Français ne croient plus en la politique. Je vais vous dire... — C'est peut-être pour ça.

Ce serait trop beau. — Là où je suis d'accord avec vous, c'est que pour être candidat à une élection présidentielle, il faut représenter quelque chose. Et nous, l'idée que nous soutenons, c'est que nous puissions avoir en parallèle de la signature de 500 élus le parrainage de 500 000 citoyens. 500 000 citoyens.

C'est pas rien, 500 000 citoyens. — Là, je suis d'accord. — 500 000 citoyens, c'est plus que le nombre de militants de tous les partis réunis. — Non, non, je suis d'accord. — Nous n'avons pas peur du peuple.

Nous n'avons pas peur des citoyens. La caste gouvernante, la bande des trois : le PS, le FN, LR, ils ont peur des citoyens, et ils créent des barrages. Ils construisent des barrages pour interdire, pour verrouiller l'élection présidentielle.

Nous sommes là non seulement pour contribuer au débat, mais pour apporter des idées, parce que nous sommes dans la bataille des idées. Eux ont renoncé à la bataille des idées. — Je suis assez choqué [Bug].

Ça ne consiste pas à donner moins d'argent à ceux qui n'en ont déjà pas. Ce qu'on appelle le commerce équitable, ça consiste dans le commerce avec les pays du Sud de donner un peu plus d'argent, notamment aux producteurs de cacao par exemple de Côte d'Ivoire qui n'en ont pas assez selon les lois du marché. Donc normalement, l'équité, ça devrait être le moment où, justement, on donne un peu plus la parole aux mouvements politiques qui ne l'ont jamais, parce que ce qu'il se passe actuellement, c'est que d'ores et déjà, sur les grands médias, il y a totale inégalité de traitement.

Par exemple, on l'a vu en 2015 pour les régionales : l'UDI plus EELV plus LR plus le PS ont eu à eux quatre plus de 80% des matinales sur toutes les radios et chaînes de télévision. Ils ont fait 23% des électeurs inscrits dans les urnes. — C'est pas le pourcentage des voix qu'on escompte.

C'est la capacité de gagner. Et les régions sont toutes dirigées par des gens issus de ces partis. — Oui mais pardon, est-ce que ça pose pas un problème démocratique énorme ? — Bien sûr.

C'est pour ça que le mot « équité », en effet, est un mot usurpé. C'est plus la rationalité. On se dit : « Bon, qui a des chances de gagner ?

X, Y et Z ». Donc il faut qu'ils puissent présenter aux Français leurs idées, parce que c'est ce qui va tomber sur la tête des Français au niveau politique. — Oui mais alors pardon Christophe... — Et ça pose un problème.

Et ça pose un problème. — Mais vous voulez dire par là qu'il y a des partis qui ne représentent plus suffisamment. Mais le système majoritaire fait qu'ils sont élus.

Et donc on va les favoriser parce que le système majoritaire verrouille. — Et voilà. Et on a un système présidentiel à deux tours.

Donc il en reste deux au final. On se dit que si c'est X face au candidat du FN, X a toutes les chances de gagner. Et du coup, on va construire un temps médiatique en fonction de la probabilité d'une victoire. — {Olivier Duhamel :} Mais c'est compl... — Ce qui est très contestable, en effet.

Mais néanmoins, c'est le moins pire des systèmes. — Le sous-entendu de départ, qui a d'ailleurs été repris avec le mot « vieux parti », qui est que les deux grands : PS et UMP devenue Républicains verrouillent tout, n'a pas de sens. Vous, si vous êtes une force politique dynamique, vous pouvez être un petit... — {François Asselineau :} Mais quand on ne passe jamais...

Mais vous ne pouvez... — {Natacha Polony :} Attendez.

Laissez finir. — Laissez-moi juste finir l'argumentation. Ça va être très court.

Pas forcément vous déranger, en plus. Un petit parti peut devenir moyen ou grand. Le FN...

En 1974, Jean-Marie Le Pen faisait 0,75% à l'élection présidentielle. Il ne représentait rien. — {Christophe Barbier :} Et les écolos, pareil. — Aujourd'hui, le FN est un parti politique à 25%. — {François Asselineau :} Oui mais... — Le Parti écologiste, il a connu une ascension de même nature.

Et maintenant, il régresse. Donc c'est pas vrai de dire que sur ordre de deux partis, l'État... — {Christophe Barbier :} En revanche, en revanche, cette ascension, elle passe par des élus locaux dans les élections intermédiaires.

Et c'est là, peut-être, où vos mouvements n'ont pas encore franchi cette marche-là. Quand je dis « vos mouvements », je pense aussi à tous ceux qui se disent maintenant expression de la base citoyenne et qui cherchent un moyen de se rassembler, de se renforcer. — Aux élections européennes, on avait fait 0,4% des voix.

Aux élections régionales, on a fait 1% des suffrages. Le magazine L'Express comme le magazine Le Point nous ont absolument boycottés. Interdits de même parler de nous. — {Christophe Barbier :} Non !

C'est pas du boy...

C'est juste...

Il y a peu de place. Et on va vers les vainqueurs potentiels. — Donc qu'est-ce que ça veut dire ?

Moi, je voudrais dire ici que Charles de Gaulle, aujourd'hui, n'aurait pas accès aux grands médias. C'était d'ailleurs ce qui s'est passé en 1940. C'est pour ça qu'il est allé à la BBC, puisque la BBC de 1940, c'est Internet aujourd'hui. — {Olivier Duhamel :} Attendez, comparer aujourd'hui avec la situation du régime de Vichy, là, vous poussez trop loin le bouchon. — {Natachy Polony :} Oui mais...

Enfin les situations sont quand même pas les mêmes. — {Rafik Smati :} Ce qui est en train de se passer, c'est que la France, aujourd'hui, est dans un contexte où notre pays va dans le mur, mais à une vitesse que vous ne voyez peut-être pas de là où vous êtes, mais à une vitesse absolument effarante. Vous donniez l'exemple des écologistes ou de Jean-Marie Le Pen.

Il a fallu 50 ans à Jean-Marie Le Pen pour créer sa formation. Nous, Objectif France, nous nous sommes lancés il y a 1 an. Nous avons 16 000 militants, plus qu'Europe Écologie Les Verts.

La dynamique, aujourd'hui, elle est du côté de la société civile. Parce que les Français n'en veulent plus, que ça vous plaise ou non. Les Français ne veulent plus de ce schéma-là. — Alors pourquoi passer par l'élection ?

Pourquoi ne pas changer la société par des associations, par des mouvements citoyens, en se disant que, finalement... — Mais vous êtes en train de dire que la politique ne sert à rien ? — {Natacha Polony :} Eh !

Rafik, non ! — {Rafik Smati :} Vous êtes en train de dire que la politique ne sert à rien ? — Peut-être que la politique peut se faire sans participer à ce grand cirque présidentiel. — {François Asselineau :} Non mais il y a quand même des idées fondamentales... — {Natacha Polony :} Mais est-ce que la politique française peut se faire sans participer au grand cirque présidentiel ? — {Christophe Barbier :} C'est un peu...

C'est un peu...

C'est la disjonction que vous décrivez entre des partis... — {Natacha Polony :} C'est peut-être là, le problème.

C'est que les institutions fonctionnent là-dessus. — {Rafik Smati :} Non mais attendez... — {Olivier Duhamel :} S'ils sont dans une dynamique aussi forte, ils vont...

Écoutez, il y a 36 000 maires en France. S'ils sont dans une dynamique aussi forte, ... — {Christophe Barbier :} ...vous aurez les 500. — {Olivier Duhamel :} ...ils vont aller convaincre quand même 500 maires sur 36 000. — {Natacha Polony :} Mais Olivier, c'était quoi, l'idée du PS de lancer cela ?

Leur intérêt, c'est...

Ils ont peur de l'émergence d'une candidature citoyenne ? — {Christophe Barbier :} D'abord, vous avez raison. Le faire dans la foulée de la présidentielle précédente, où il y avait eu beaucoup de problèmes dans la campagne...

On s'était rendu compte que ces règles marchaient pas. La clôture des bureaux à 18 heures, le temps de parole...

Ça marchait pas. On change à l'automne 2012. On change pas au printemps 2016. — {Rafik Smati :} Et on a demandé à Jospin de faire des propositions. — {Christophe Barbier :} Bien sûr. — {Rafik Smati :} Et il a proposé 150 000 parrainages citoyens. (Inaudible) — {Christophe Barbier :} Par ailleurs, le PS, là, agit comme les autres, un peu en état de panique.

En état de panique parce qu'on voit bien que c'est devenu un système... — {Natacha Polony :} Ils ont peur d'une candidature citoyenne qui viendrait leur piquer... — {Christophe Barbier :} Toutes les candidatures qui, prenant 0,5% ici, 1,5% là, peuvent faire passer François Hollande ou le représentant en troisième position. — {Olivier Duhamel :} Oui, au Kazakhstan, pendant que vous y êtes... — {Natacha Polony :} Alors simple question.

Est-ce qu'en France, dans l'état actuel des règles électorales, du système...

On peut y ajouter la primaire. C'est le sujet de votre livre « Les primaires pour les nuls ». Ça s'ajoute à l'ensemble institutionnel qui est le nôtre aujourd'hui.

Est-ce que dans l'état de ces institutions, un mouvement comme Ciudadanos, comme Podemos peut surgir aujourd'hui aussi rapidement qu'il a surgi en Espagne ? — {Olivier Duhamel :} Oui. Je pense que oui.

Je pense que c'est une des vraies interrogations que de savoir pourquoi, à l'heure actuelle, ça ne se produit pas. Alors il y a un certain nombre d'explications. La première explication, c'est que... — {Rafik Smati :} Ça se relie. — {Olivier Duhamel :} ...il y a une partie qui a été toute petite, mais une partie qui a été captée dans la rhétorique par le Front de gauche.

Mais le Front de gauche est un vieux parti. C'est l'association de vieux partis, malgré la création du Parti de gauche en son sein. Et la deuxième raison, c'est qu'en France, si vous voulez, la virulence de la révolte anti-système, – disons-le clairement – elle a été captée par le FN.

Elle a été captée par le FN. — {Natacha Polony :} Oui. Mais justement, est-ce que les règles-là... — {Olivier Duhamel :} Et pourquoi ni en Grèce, ni en Espagne, ça n'a pu se produire ?

Parce que ce sont des pays qui ont connu relativement récemment des dictatures, et que donc il y a encore un discrédit de l'extrême-droite, comme en France il y a eu 45 ans durant un discrédit de l'extrême-droite à cause du régime de Vichy. Et donc chez eux, ça pouvait pas se faire par l'extrême-droite. Chez nous...

Il faut le reconnaître. C'est un fait. C'est Marine Le Pen qui a capté la figure du renouvellement. — {Natacha Polony :} D'accord.

Mais on peut pas en parler... — {Olivier Duhamel :} C'est son mouvement qui a capté l'anti-système. — {François Asselineau :} Mais je ne peux pas laisser dire ça.

Mme Le Pen, M. Le Pen, le gendre Le Pen, la petite-fille Le Pen, toute la smala Le Pen ont constamment table ouverte dans tous les grands médias du système. Donc ne dites pas que c'est un opposant.

Je suis désolé. Les véritables opposants, ce sont ceux qui se développent en ce moment sur Internet et qui, grâce à Internet et aux réseaux sociaux, et contre le blocus total médiatique qui leur est opposé, se développent. C'est ça, la vérité. — {Natacha Polony :} Alors justement... — {Olivier Duhamel :} Je disais qu'elle tient un discours anti-système.

Quand je dis une telle banalité et vous me dites que je ne peux pas dire ça, je ne peux plus rien dire. — {Natacha Polony :} Attendez, monsieur. Rafik. — {Rafik Smati :} Je voudrais vous poser une question.

Est-ce que, très honnêtement, vous vous satisferiez vous en tant que citoyen d'une présidentielle de 2017 qui soit la revanche de 2012 ? — {Olivier Duhamel :} En rien, en rien, en rien. — {Rafik Smati :} Si vous me dites que vous vous satisfaites de ça, vous faites la une de L'Express tout de suite, parce que vous êtes le seul. — Et je me satisfais en rien.

Mais c'est pour ça que je pense que les primaires sont des bonnes choses et que la primaire de la droite et du centre va nous éviter cela. Je pense que si on n'avait pas eu la primaire, on avait le risque du côté droit que ce soit la reproduction à l'identique avec Nicolas Sarkozy et François Bayrou. Je pense qu'à gauche, le problème est différent, parce que c'est la question d'un président sortant.

Mais je pense qu'un président sortant lui-même devrait se soumettre à une primaire, comme ça se passe aux États-Unis et comme parfois ils ont été obligés de renoncer à cause de primaires qu'ils ont perdues. Et donc je pense que la primaire est un des éléments de renouveau démocratique. — {François Asselineau :} Mais non !

Mais la primaire, il s'agit... — {Olivier Duhamel :} Parce que si on a les mêmes, c'est une catastrophe. — {Natacha Polony :} Alors Christophe.

Pardon... — {Rafik Smati :} L'élément du renouveau démocratique, ce devrait être les idées. — {François Asselineau :} C'est les idées. — {Rafik Smati :} Or, elles sont absentes, et y compris de la primaire. — {Christophe Barbier :} Non, ce n'est pas vrai.

La primaire à droite, par exemple, a fait écrire des livres et produire des idées à Le Maire, Fillon, Juppé... — {François Asselineau :} Mais tout ça, c'est... — {Christophe Barbier :} ...plus que s'il n'y avait pas eu de primaire.

De ce côté-là, ça a quand même fait turbiner un peu les... — {Natacha Polony :} Oui, mais Christophe, lors des dernières élections... — {Rafik Smati :} On est passés de 0 à 10 sur [*]. — {Christophe Barbier :} Il y a encore du travail. — {Natacha Polony :} Lors des dernières élections européennes, régionales, etc., ceux qu'on a vus sur les grandes chaînes de télé et de radio, c'est l'organisation de débats à trois avec un représentant du PS, un représentant de l'UMP, un représentant du FN.

C'est-à-dire que le système médiatique a entériné le tripartisme. Est-ce que ça ne veut pas dire qu'en fait, on laisse le monopole de l'alternative au FN ? — Non.

Quels étaient les vainqueurs potentiels ? Les sondages nous le disaient. Ils étaient invités.

Voilà. Les autres, ceux qui n'étaient pas vainqueurs potentiels mais adjuvants potentiels de tel ou tel, s'il y avait des seconds tours avec des alliances, étaient invités en second rideau. C'est comme ça... — Mais si on ne veut pas laisser au FN le monopole de l'alternative, du discours alternatif, est-ce qu'on n'a pas intérêt justement à faire surgir d'autres choses ? — Non.

Je pense que si ce discours alternatif surgit ailleurs et contre le FN, à un moment donné, il aura aussi sa place dans ce scénario du vainqueur potentiel incontournable et donc invité. Les écologistes ont eu cette place. Aux régionales de 1992, par un jeu d'appareil, ils ont réussi à prendre une région.

Ils se sont inscrits dans le paysage. Ils ont été à un moment donné indispensables au pouvoir par la gauche. Ils étaient invités au même titre que les autres.

Et puis ça s'est dégradé. C'est pas aux médias de créer une alternative. C'est à une alternative de surgir. — {Olivier Duhamel :} Et voilà.

Et voilà. — {Christophe Barbier :} Et à ce moment-là, les médias se précipitent sur... — {Olivier Duhamel :} Les mouvements qui progressent accèdent aux médias. — {Natacha Polony :} Donc vous avez qu'à.

Messieurs, vous n'avez qu'à. — {Rafik Smati :} Là où je vous rejoins, c'est que moi, je ne crois pas – peut-être contrairement à vous – qu'il y a un complot médiatique. Nous avons juste des médias... — {Olivier Duhamel :} Merci. — {Rafik Smati :} ...qui n'ont peut-être pas le niveau, qui sont suiveurs, suiveurs d'une opinion publique.

La France, vous savez, c'est un pays qui ne se réforme pas, mais qui avance que par sursauts. Il y a une vraie dynamique populaire. La réalité, c'est que lorsque vous arriverez dans la bataille, vous arriverez avec un tour de retard.

Mais ça, c'est votre droit. La réalité, c'est que la dynamique...

Et si vous allez sur Internet, une signature contre la loi de « modernisation » – enfin je mets ce mot entre guillemets – de l'élection présidentielle...

En 3 jours, nous avons atteint 100 000 signatures. C'est grâce à Internet, et sans le support des médias. — {Christophe Barbier :} Bien sûr. — {Natacha Polony :} Donc ça, c'est votre pétition contre la... — {Rafik Smati :} Exactement. — {Natacha Polony :} Et il y a celle d'Alexandre Jardin, il y a celle de Corinne Lepage.

Enfin il y en a différentes autres. — {Rafik Smati :} Non mais en fait...

Nous sommes tous partis seuls de notre côté au début. — {Natacha Polony :} Et tout le monde s'est... — {Rafik Smati :} Et nous nous sommes fédérés parce que nous nous fédérons... — {Christophe Barbier :} Il faut que cette fédération aboutisse à une réunion de vos forces, ... — {Rafik Smati :} Mais nous le faisons.

La semaine dernière... — {Christophe Barbier :} ...pour qu'il y ait moins de candidats sollicitant les signatures. — {Olivier Duhamel :} Voilà.

Les médias ne peuvent que suivre. Ils doivent suivre au plus près, mais ils ne peuvent pas précéder. Si on ouvre les choses comme vous dites, si on ouvre et les médias et l'accès à la candidature, on va se retrouver avec 20, 30, 40 candidats. — {Rafik Smati :} Mais nous, nous n'avons pas les médias.

Nous, nous parlons aux citoyens français. Et nous savons comment leur parler. Et vous arriverez après la bataille.

Mais c'est votre droit. — {Christophe Barbier :} Non, non, mais c'est pas après la bataille. C'est dans la bataille.

C'est pas avant. — {François Asselineau :} Tous les gens savent que le FN a été lancé. C'est la décision de François Mitterrand de lui donner accès aux très grands médias, notamment « L'heure de vérité ».

Ne racontez pas des histoires. Le FN, pendant 10 ans, était resté à 0,1%. À partir du moment où François Mitterrand l'a fait passer sur les grandes chaînes de télévision, d'un seul coup, il a été propulsé.

Donc ça...

Comment ? — {Olivier Duhamel :} C'est mon métier. J'ai écrit une histoire de la Ve République.

Je vous dis très gentiment : « Vous faites erreur ». Le FN a explosé... — {François Asselineau :} « L'heure de vérité » avec François-Henri de Virieu, ça n'a jamais existé ? — {Olivier Duhamel :} Mais bien sûr que si. — {François Asselineau :} Ah ! — {Olivier Duhamel :} Mais le FN a explosé avec une élection municipale à Dreux, ... — {Christophe Barbier :} 83. — {Olivier Duhamel :} Une autre à Paris XXe arrondissement, et juste après les élections européennes, en 1984. — {Christophe Barbier :} Les européennes de 84.

Et c'est là que Mitterrand se dit : « Tiens, chic ! ». — {Olivier Duhamel :} Et ce que vous évoquez, c'est après.

C'est pas avant. — {Christophe Barbier :} Il a mis de l'huile sur le feu. Il n'a pas allumé le feu. — {Olivier Duhamel :} Voilà. — {François Asselineau :} Oui, oui, enfin ça, c'est une version écourtée. — {Christophe Barbier :} Plus la proportionnelle de 86 qui a été évidemment un booster. — {François Asselineau :} Un mouvement politique comme le nôtre, qui fait 1% des suffrages aux régionales, est-ce que vous estimez qu'il est normal qu'il ne soit jamais passé depuis 9 ans sur aucun des très grands médias français ?

Jamais une seule mention, un seul article dans L'Express ou dans Le Point ou dans Le Figaro ou dans Le Monde ! Est-ce que vous trouvez normal que lorsqu'on saisit le CSA, ils nous disent : « Bah oui, finalement, c'est normal » ? Est-ce que vous trouvez ça normal ?

À quoi sert le CSA ? — {Christophe Barbier :} Mais parce que 99% vous manquent. 1%, pour les grands médias...

Mais en revanche... — {François Asselineau :} Oui.

Mais nous faisons 1% alors qu'il n'y a peut-être que 2% des Français qui nous connaissent. Ça veut donc dire que nous avons... — {Christophe Barbier :} Et là où vous aviez des candidats aux régionales... — {François Asselineau :} Nous avions 1 971 candidates et candidats. — {Natacha Polony :} Simplement, je sais d'avance qu'en effet, on vous réconciliera pas.

On peut se dire que vous avez la chance d'être à une époque où Internet, justement, supplée, où vous avez la possibilité de vous faire connaître parce que la puissance des réseaux est absolument immense. Mais tout de même... — {Olivier Duhamel :} Natacha Polony vous invite parce qu'elle aime pas les grands.

Et donc ça vous donne aussi une audience. — {Natacha Polony :} Exactement. Ou plutôt parce que j'aime bien l'idée que je me fais de la démocratie.

On peut ne pas partager cette idée. On peut débattre. Et on peut débattre pendant des heures, Olivier.

On sera pas d'accord. Simplement, est-ce qu'il n'y a pas quand même – allez – un coup fourré du PS, quand même, de faire passer ça maintenant ? — {Christophe Barbier :} Bien sûr, non mais bien sûr. — {Olivier Duhamel :} Je crois. — {Natacha Polony :} Pour conclure, est-ce qu'on peut au moins se mettre d'accord là-dessus ? — {Christophe Barbier :} Il était légitime de corriger les règles par consensus juste après la présidentielle qui avait dysfonctionné en 2012 médiatiquement, ne serait-ce qu'avec Twitter qui donnait les résultats à 19h alors que nous, ... — {Natacha Polony :} Oui, bien sûr.

Non, mais on le savait tous qu'il y aurait des articles. — {Christophe Barbier :} ...on pouvait pas les commenter avant 20h.

C'était ridicule. C'est illégitime de le faire 1 an avant. Non pas en catimini, parce que ça s'est vu.

Vous en êtes la preuve. Mais avec retard. Ça, c'est pas normal.

En revanche, il faut bien penser que la liberté d'expression et le droit de représentation, c'est deux choses différentes. C'est pas parce qu'on a des choses à dire et qu'on peut être nombreux à les dire que, forcément, ça doit donner le droit à avoir des candidats, des élus, et a fortiori un candidat à la présidentielle. — {Olivier Duhamel :} J'aimerais bien que ce soit un coup fourré, parce que ça prouverait que... — {Christophe Barbier :} ...ils réfléchissent. — {Olivier Duhamel :} ...ils sont vraiment malins, ils calculent leur truc.

Malheureusement, les connaissant, je crains que ça relève davantage de l'incompétence et qu'ils se posent le problème du feu que quand il y a une première mèche qui est allumée. Ils ne se posent pas le problème de la matière inflammable à froid. Et donc ils n'ont pas fait à froid parce qu'ils font quasiment rien à froid.

Et c'est un des problèmes de notre société et de nos politiques. — {Natacha Polony :} Vous voyez, messieurs, ça veut dire que quand il y a autant d'incompétence en face, vous avez finalement toutes vos chances. Et merci beaucoup, messieurs.

Bonsoir. — {Christophe Barbier :} Merci beaucoup. Et bonne chance !