Philippe Tabarot : "la sécurité est notre priorité dans les transports"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:34OuverteRéponse directe
Est-ce que les trains circulent normalement ce matin dans le secteur ?
- 1:25FerméeRéponse partielle
Vous allez les laisser bloquer jusqu'à quand ces agriculteurs ?
- 2:43RelanceRéponse directe
On le sait maintenant, le budget n'a pas été adopté. Qu'est-ce que ça veut dire ?
- 4:07OuverteRéponse directe
Vous parliez de l'importance de célébrer le ferroviaire qui plaît tant aux Français. Je voudrais qu'on parle des moyens alloués à ce mode de transport.
- 5:27OuverteRéponse partielle
Et c'est un reproche que vous faites à votre ancienne famille politique ?
- 6:00FerméeRéponse directe
il a été question d'avoir recours au 49.3 lors de ce Conseil des ministres hier soir ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:43Invité politiqueChiffre
« un record de billets vendus avec pratiquement 6 millions de billets vendus. »
- 2:47Invité politiqueChiffre
« 11 000 TGV qui vont circuler. »
- 2:50Invité politiqueChiffre
« 600 TGV, ne serait-ce que pour la journée du 24. »
- 2:53Invité politiqueChiffre
« un million de personnes vont prendre le train entre le samedi et le dimanche. »
- 4:44Invité politiquePromesse
« J'avais une commande à lancer au mois de janvier de nombreux trains de nuit. »
- 4:56Invité politiqueFait
« la commande d'environ 1 milliard que je devais passer en début janvier ne pourra pas être passée. »
- 5:01Invité politiqueFait
« On va être obligé de repousser ces investissements, comme repousser d'autres investissements sur des routes ou sur des voies ferrées. »
- 7:06Invité politiqueChiffre
« à court terme, c'est surtout 6,5 milliards de recettes en moins dès le début de l'année. »
- 9:51Invité politiqueChiffre
« Quand on vous annonce le décès d'une personne parce que son airbag a explosé de manière intempestive, et là, ça a été le cas pour 20 personnes sur pratiquement 46 accidents »
Temps de parole
- Philippe Tabarot73 %
- Présentateur26 %
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7h44, Céline Landreau
RTL Matin jusqu'à 9h30
Pas
de grève sur les rails cette année, mais pas de trêve de Noël non plus pour le ministre des Transports, barrage d'agriculteurs, inquiétude des secteurs ferroviaires et aériens sans budget à ce stade pour les rassurer. En guise de cadeau, les dossiers sensibles sont donc bien sur votre bureau. Bonjour Philippe Tabarro.
Bonjour.
Ministre des Transports, merci d'être avec nous ce matin. Je voudrais d'abord évoquer avec vous les intempéries qui frappent le sud du pays. L'Hérault, on le rappelle, est en vigilance rouge au cru. On sait que des routes sont coupées. Est-ce que les trains circulent normalement ce matin dans le secteur ?
Écoutez, on doit faire le point dans quelques instants avec la SNCF concernant les TER. Les grandes lignes, bien sûr, ne sont pas coupées dans l'immédiat. On a fait passer un message de vigilance pour toutes les personnes qui devaient se transporter dans ce département hier et dans les autres départements limitrophes, d'éviter de circuler notamment à côté de cours d'eau, pour les raisons qu'on comprend. Mais c'est vrai que les infrastructures pour l'instant de transport ne sont pas touchées. Mais je parle au conditionnel, puisque la pluie continue et la situation est suivie de très très près.
Pas de problème non plus sur les grands axes routiers à ce stade, on le précise. Des grands axes routiers qui sont en revanche parfois barrés par les agriculteurs moins nombreux, mais toujours existants. C'est le cas dans le sud-ouest du pays sur la 63, la 64 ou encore la 75 en Lauser. Vous allez les laisser bloquer jusqu'à quand ces agriculteurs
? Vous l
'avez dit, il reste trois points un petit peu durs sur la 63, la 64, la 75. Je dirais que la mise en place du plan de transport avec des déviations ne perturbe pas de manière très importante la circulation, si ce n'est un
temps
de
parcours. Mais je ne vous cache pas que nous étions plus inquiets il y a quelques jours. Les choses semblent rentrer dans l'ordre. Et l'idée, c'est qu'il n'y ait pas une contagion comme cela avait été évoqué sur l'ensemble du réseau national. Puisque vous l'avez dit, cette année, nous n'avons pas de grève sur la SNCF. Et c'est une grande première depuis un certain nombre d'années, ni au niveau des contrôleurs aériens. Et il est important que nos concitoyens puissent également se déplacer. Puisque je le rappelle, il va y
avoir
des millions de Français qui vont se déplacer. Entre le week-end déjà qui vient de passer, la journée du 24, qui est une journée très importante demain. Et le week-end, ça s'est croisé, le prochain week-end à venir.
En fréquentation importante
dans les cas, notamment
avec ce record de billets vendus.
Écoutez, un record de billets vendus avec pratiquement 6 millions de billets vendus. 11 000 TGV qui vont circuler. Et 600 TGV, ne serait-ce que pour la journée du 24. Le week-end prochain, un million de personnes vont prendre le train entre le samedi et le dimanche. Donc vous voyez qu
'il
y a des chiffres records. Il y a une envie de transport dans notre pays, de se transporter. Une envie de train aussi, je tiens à le signaler. Parce qu'on revient à des niveaux supérieurs au niveau qu'on avait connu avant le Covid. Ce qui est un geste et un signe fort et important pour le transport ferroviaire.
Alors justement...
Et puis pour le transport aérien aussi, pardon, puisque je ne veux pas l'oublier, on a des compagnies qui sont fortement mobilisées. Et puis on aura très probablement dans les semaines du 21 au 4, 30 000 vols qui vont arriver ou décoller d'Orly et de Roissy. Et avec des personnels aussi là qui sont très mobilisés. Et si vous me le permettez, encore un petit mot pour remercier toutes les personnes du transport qui vont être mobilisées pendant ces journées. Et qui vont faire leur boulot au service des autres. Et en tant que ministre des Transports, c'est la moindre des choses d'avoir un petit mot pour eux ce matin.
Et qui permettent à tous les Français de se retrouver quand ils le souhaitent en famille. Vous parliez de l'importance de célébrer le ferroviaire qui plaît tant aux Français. Je voudrais qu'on parle des moyens alloués à ce mode de transport. On le sait maintenant, le budget n'a pas été adopté. Ce budget, il prévoyait notamment un milliard supplémentaire pour aider au développement des trains de nuit. Qu'est-ce que ça veut dire ? Pas de budget pour ce secteur-là. Ça veut dire que les trains n'arriveront pas
?
Vous
venez de le dire, une conséquence concrète. Alors, pas dans le service, pas dans le nombre de trains qui vont circuler à partir du 1er janvier. Ce sera le plan de transport qui était prévu. Par contre, un retard au niveau des investissements. J'avais une commande à lancer au mois de janvier de nombreux trains de nuit. Parce que le train de nuit également est en vogue dans notre pays. On se prépare à l'échéance 2030. Il y a des lignes qui ont été réouvertes ces dernières années. On a besoin de moderniser ce matériel. Et la commande d'environ 1 milliard que je devais passer en début janvier ne pourra pas être passée.
Dans le même esprit, on a une grande réforme du contrôle aérien qui doit se faire en matière d'investissement. On va être obligé de repousser ces investissements, comme repousser d'autres investissements sur des routes ou sur des voies ferrées. Ça, c'est la conséquence du non-vote du budget avant le 31 décembre. Et la loi spéciale que nous allons voter, ou que le Parlement va voter aujourd'hui, je l'espère, ne nous permettra pas de faire ces investissements.
Et c'est un reproche que vous faites à votre ancienne famille politique ? On sait que les sénateurs, LR notamment, n'ont pas été très enclins à
des concessions.
C'est un constat. Je ne veux incriminer personne spécialement. C'est un constat. Un des rôles des parlementaires, c'est de voter un budget avant la fin de l'année. Et en l'occurrence, cela n'a pas été fait. Et le message que je souhaite faire passer, puisque c'est le message qu'on a eu en Conseil des ministres hier, vous l'imaginez bien, c'est que la situation de la loi spéciale ne va pas pouvoir durer. Et
justement, pour ne pas la faire durer, il a été question d'avoir recours au 49.3 lors de ce Conseil des ministres hier soir ?
Non. Le Président a simplement rappelé les possibilités pour faire voter un budget dans le pays, les possibilités constitutionnelles, que ce soit un vote pour des parlementaires, après, je dirais, pratiquement une deuxième lecture entre les deux assemblées, la possibilité d'utiliser le 49.3 ou la possibilité d'utiliser les ordonnances. Le
simple fait de
rappeler cette possibilité qui a été écartée par le Premier ministre, ce n
'est
pas une manière de faire pression sur Sébastien
Lecornu ?
Il a rappelé le cadre constitutionnel, tout simplement, et les trois possibilités qui s'offraient à nous maintenant. Ce qu'il a, par contre, clairement rappelé, et bien sûr, tout le monde était d'accord autour de la table, c'est que personne dans le pays n'a intérêt à ce qu'on reste trop longtemps en loi spéciale. C'est un sparadrap pour un temps donné. Ça a été six semaines de mémoire l'année dernière. Ça ne pourra guère durer plus cette année, parce que le pays serait devant de graves difficultés, des recettes qui vont venir en moins. On l'a calculé environ... C
'est
quand même des économies...
Écoutez, à court terme, c'est surtout 6,5
milliards
de recettes en moins dès le début de l'année. Donc voilà une conséquence aussi concrète. Et puis, des retards, un pays qui n'investit pas est un pays qui se meurt.
Alors,
mon collègue du logement a très bien parlé également du sujet de ma prime rénov'. Moi, je vous ai parlé de mes deux sujets qui me préoccupent le plus dans les transports et de tous les chantiers qui devaient se tenir dans le pays. Ce n
'est
pas bon.
Il y a quelque chose qui préoccupe aussi les Français dans les transports. C'est leur sécurité, je voudrais. D'un mot, revenir sur cet incident sur le vol Paris-Ajaccio. Les passagers qui ont décidé de porter plainte contre Air France pour mise en danger de la vie d'autrui. Leur avion, c'était un A320, a dû se poser en urgence après un problème sur un moteur. Est-ce que vous pouvez rassurer tout le monde ce matin en assurant aux Français que les avions sont suffisamment contrôlés dans notre pays ?
Oui, je le dis, je le répète. La sécurité est notre priorité dans les transports en général et particulièrement dans le transport aérien. Je crois que nous l'avons prouvé récemment avec Airbus en immobilisant plus de 6 000 Airbus avec les conséquences pratiques que ça pouvait avoir, des conséquences économiques, vous l'imaginez bien, pour cette grande compagnie mondiale.
Mais la sécurité
est une priorité. absolue et je souscris totalement à ce qui a été dit par la compagnie Air France. Les passagers, même si c'est des épisodes traumatisants, je l'ai vécu il y a quelques années. J'ai atterri aussi en catastrophe à Lyon et dès que j'ai l'occasion, je le raconte à mes amis. Mais les passagers n'ont pas été en insécurité, pour autant mis en danger. C'est un incident qui est désagréable, qui peut traumatiser certaines personnes. Il y a toujours un rapport difficile des Français, je dirais plus largement, de tout le monde. Avec l'aérien, on pense que c'est le mode de transport le plus dangereux, alors que c'est le mode de transport le plus sûr.
Mais on a toujours un rapport à l'avion qui est très particulier.
Il y
a
un mode de transport qui est un peu plus dangereux en ce moment, c'est l'automobile.
Je
voudrais juste d'un mot parler du contrôle technique qui change à partir du 1er janvier. C'est dans le dossier des airbags Takata. Ça donnera lieu obligatoirement à une contre-visite, si on se rend compte que votre véhicule est équipé d'un airbag Takata, airbag qui ont provoqué 20 décès en France, dont 18 en Outre-mer, on le rappelle. Pour être très concret, M. le ministre, les automobilistes concernés n'auront plus le droit de rouler avec leur véhicule si le contrôle technique montre qu'ils ont un airbag défectueux
?
Ils
iront en contre-visite.
C
'est le cas de 4 millions d'automobiles aujourd'hui sur les 22 000 qui vont au contrôle technique. C'est un filet de sécurité supplémentaire.
Il
y a des décisions qui ont été difficiles à prendre sur ce sujet, mais je
n
'ai pas voulu mettre la poussière sous le tapis. Quand on vous annonce le décès d'une personne parce que son airbag a explosé de manière intempestive, et là, ça a été le cas pour 20 personnes sur pratiquement 46 accidents, on se doit de prendre des décisions quand on est ministre des Transports, ministre de la Sécurité des Transports dans notre pays, de prendre ces décisions. Donc, on a fait beaucoup de rappels
pour les airbags. C'est un million qui sont concernés encore.
Exactement. Il y a encore des véhicules qui circulent et qui ne devraient pas circuler. C'est une mesure supplémentaire. Mais ce que je conseille à nos concitoyens, c'est d'aller sur le site du ministère des Transports, de voir s'ils
sont
concernés par
cette mesure
et d'intervenir en amont. Les constructeurs sont dans l'obligation de leur donner un rendez-vous gratuit pour changer leurs airbags avant même leur contrôle technique.
Merci beaucoup, Philippe, d'abord au ministre des Transports. Merci d'être venu dans RTL.
Philippe Tabarot