SAUVER L'ESSENTIEL : LA PAIX, L'ÉTAT, LA RÉPUBLIQUE
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Chapitres
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- 0:45Fait
« De quel droit Marine Le Pen convoquera-t-elle un référendum constituant sous article 11 alors qu'on sait que le Conseil constitutionnel s'y opposera. »
- 10:15Promesse
« Augmentons les droits de succession au-dessus de 1 et de 5 millions d'euros. Mais abolissons les droits pour toute succession en dessous d'un million d'euros. »
- 11:43Fait
« Il faut un impôt sur la fortune claire, juste et économiquement viable. »
- 12:27Promesse
« Le travail doit payer. C'est le sens de ma proposition de bascule du financement de la protection sociale des cotisations vers la CSG. »
- 13:11Promesse
« Mettre la prévention au cœur du modèle de santé en mettant en place des rendez-vous obligatoires et réguliers de prévention. »
- 13:55Promesse
« La rénovation de 4 millions de logements anciens et la production de 500000 nouveaux dans le parc social, coopératif et privé. »
- 14:39Chiffre
« Un fond France de souveraineté et de solidarité de plus de 1200 milliards d'euros avec un pilier de capitalisation publique obligatoire investi dans l'économie réelle. »
- 15:24Promesse
« un prix du carbone clair avec une taxe carbone élastique, »
- 16:07Chiffre
« un plan de 5 milliards pour l'enseignement supérieur, la création de 60000 places d'ingénieurs et de techniciens, »
Temps de parole
- ?100 %
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La campagne présidentielle n'a pas déraillé. Elle a au contraire accéléré sur sa trajectoire folle. Elle va encore plus vite vers son résultat inéluctable, le conflit civil. Notre pays sucombe au campisme. Quoi qu'il arrive, tout se polarise autour de deux camps avec deux règles simples. Toujours s'en prendre au camp adverse. Ne jamais désavouer quelqu'un de son propre camp. Notre pays sucombe à l'ivresse de la violence ceux qui la pratiquent. mais aussi ceux qui la regardent et la commentent. La sidération empêche de penser. Notre pays sucombe au majoritarisme l'illusion que parce qu'on a 50 % plus 1, on est en
droit de s'imposer à l'autre moitié le temps que celle-ci devienne majoritaire et défface tout. Si rien ne se produit, c'est la garantie du durcissement après l'élection. Soyons lucides. Aucun des deux camps n'aura les moyens législatifs d'appliquer son programme. De quel droit Jean-Luc Mélenchon convoquera-t-il une assemblée constituante sans réunir la majorité des de tiers au Congrès qui paraît bien improbable ? De quel droit Marine Le Pen convoquera-t-elle un référendum constituant sous article 11 alors qu'on sait que le Conseil constitutionnel s'y opposera. Aucun des deux camps ne laissera l'autre gouverner. Nous
n'aurons pas l'ordre avec Marine Le Pen, mais l'insurrection permanente et ce que nous avons vu les 17 et 18 octobre aura été une répétition générale. Nous n'aurons pas la justice avec Jean-Luc Mélenchon parce qu'il n'y aura pas la stabilité indispensable pour enraciner l'esprit de justice. Alors quoi ? On ne change rien. C'est tout le calcul des héritiers du macronisme. Emmanuel Macron, deux fois élu par le Front républicain, c'est la mécanique du statut qu au milieu des dégagismes. Il viv au nom de trois maximes. C'est pas ma faute, ce sont les extrêmes qui bloquent tout. C'est pas ma faute, c'est la crise l'une après l'autre. C'est pas
ma faute, c'est le reste du monde qui est contre nous. Nous ne pouvons compter sur eux. Non, il faut encore et toujours partir des idées. Répéter qu'il y a des solutions que nous pouvons réussir à nouveau parce que nous avons réussi par le passé. Les prouesses technologiques des tres glorieuses, les succès dans le combat contre les dégâts environnementaux du passé, les dissensions surmonté, tout cela prouve suffisamment que nous en sommes capables. Mais il faut pour cela se donner du mal et s'atteler ensemble à la tâche d'une refondation républicaine radicale et réaliste. Radicale parce que la charpente même de notre état s'est embrasée comme celle de Notre Dame.
Réaliste parce que nous devons partir du réel. pour agir sur le réel. Ce que la politique semble avoir oublié. Cette refondation prendra du temps comme toujours. C'est pourquoi l'élection de 2027 et la capacité à travailler avec un parlement divisé, l'ancien ou le prochain, devront être le signal d'un nouveau départ, d'une autre façon de faire de la politique. Prenons un moment de recul. Pourquoi est-ce difficile ? Pourquoi est-ce plus difficile pour la France que pour d'autres ? Je crois que c'est parce que notre République est fille de la paix mais né dans la guerre. Fille de 1945 d'abord et du plus jamais
ça. Ce poids de la mémoire explique la place centrale du rejet de l'antisémitisme et du racisme dans notre pays. L'immunité du Rassemblement national dans les sondages aux révélations de l'engagement antisémite du président du parti. montre que ce pacte est rompu. Le racisme criminalisé s'est fait clandestin, insidieux, codé, mais nous savons tous qu'il est partout. L'essentialisme et l'identitarisme y progressent chaque jour. Fille ensuite de la guerre d'Algérie, cette guerre qui ne passe pas. Mais si la Constitution de la 5e République est née des événements d'Algérie, elle a reçu son second baptême de la paix desviant, une
République née pour la guerre. mais capable de faire la paix. Elle a eu pour mission jusqu'à aujourd'hui de donner de la stabilité, de l'équilibre à une société inquiète déjà de son déclat. Elle a conservé jusqu'à aujourd'hui une plie ouverte, celle de la question coloniale qui nous a enfermé dans un engrenage de violence. La paix civile est-elle encore possible ? C'est la question urgente de notre temps. J'ai la conviction qu'elle l'est, mais qu'elle demandera du courage, de l'imagination et même un peu de bonne fortune. Mais pour autant, rappelons-nous que le coût d'un affrontement serait bien plus élevé
encore. Il faut être clair sur l'objectif que l'on se fixe. Tous les projets présidentiels avec leurs mesures chamarrées et leurs promesses clinquantes sont désormais caduc. À cette heure, il n'y a qu'un objectif qui vaille. La sauvegarde de l'essentiel, la paix, c'est d'abord la sauvegarde de l'État républicain. Cela signifie aujourd'hui sortir de l'impuissance tout en se gardant des tentations de la toute puissance. Canicule estivale et incendie, crise de la dette publique, mobilisation de la jeunesse lycéenne, crise de la vie chère, explosion de colère et de violence de l'automne. Tous les derniers événements montrent une seule chose. L'État est devenu incapable
de nous protéger. C'est aussi la sauvegarde de l'Europe. On le voit, tous les empires résurgents ont un intérêt direct à diviser les Européens. Affaire d'une grande assiette 27 petites bouchées. Si la construction européenne ne survit pas aux 10 prochaines années, les Européens seront voués à une vassalisation durable et importeront sur leur sol les guerres que les grandes puissances veulent mener loin de chez elles. C'est pourquoi il faut désormais avancer avec prudence. sur les élargissements et concentrer l'action sur les coopérations qui améliorent la vie quotidienne des Européens. C'est ensuite la sauvegarde de la démocratie. La démocratie libérale affaiblie,
discréditée est aujourd'hui contestée par une démocratie ilibérale populiste qui s'imagine en toute puuissance de la majorité renversant sur son passage tous les contrepouvoirs gênants. La Constitution et son gardien, les juges et l'état de droit, les journalistes et la libre information, la délibération collective de l'Europe, ce sont les cibles communes de tous ceux qui sont prêts à renoncer. à la démocratie libérale et ils sont loin de se cantonner aux extrêmes. La vérité, c'est que 10 ans de macronisme ont d'ors et déjà fait glisser nos institutions vers l'illibéralisme. Il s'agit donc de rétablir la démocratie.
C'est enfin la sauvegarde de notre environnement et de notre habitat face au dérèglement du climat et de la diversité du vivant. Voilà ce qui dessine une exigence collective en temps d'élection présidentielle alors que la France fait face à un défi existentiel. Redresser l'État, remettre la justice au cœur de la société, transformer la France. En d'autres termes, conjuguer ensemble souveraineté, justice et progrès. Voilà notre feuille de route. Le point de départ, c'est le redressement de la puissance publique. C'est ce qui doit répondre à la question politique de notre temps. Comment trouver l'équilibre entre la décision et la contestation ? Comment articuler
République et démocratie dans un nouveau régime du consentement ? Cela suppose d'abord de rétablir la puissance de l'État. La puissance, c'est la maîtrise de ces finances publiques. Cela suppose un grand acte de simplification fiscale pour rétablir l'équilibre vis-à-vis des marchés financiers. C'est ce que j'appelle la nouvelle nuit du 4 août. La puissance, c'est une police et une justice qui forme une chaîne pénale efficace au service de la sécurité au quotidien des Français. C'est pourquoi je propose une simplification du code de procédure pénale. La puissance, c'est la souveraineté d'une robe politique. C'est l'objet du pacte de souveraineté et du
conseil de sécurité que je propose. Décider, avancer, alléger. La puissance c'est la mise en ordre de la fonction publique. Un nouveau pacte avec les agents de première ligne autour de trois priorités. faire confiance, former, valoriser. Cela suppose simultanément de renforcer la légitimité de l'État. Elle tient nécessairement au consentement citoyen. 50 % plus 1. Ce n'est plus une base suffisante pour gouverner. La légitimité, c'est la concertation à travers une méthode de conduite du débat public que je propose pour la réforme des retraites. donner du temps,
consulter tout le monde, donner le dernier mot au français sur une année complète enchaîner rigoureusement une conférence d'experts, une conférence sociale des partenaires sociaux, une convention citoyenne, un débat parlementaire et un référendum pour que le peuple tranche une question qui décide de son avenir. La légitimité, c'est l'exclusivité de la règle générale et le partage de l'action dans le particulier. Un périmètre exclusif de négociation pour les partenaires sociaux, notamment sur la revalorisation du salaire minimum ou sur la durée de travail. Elle a été trop longtemps dévitalisée par les empiètements de l'État et doit être garantie par la constitutionnalisation
d'une charte sociale. Une autonomie renforcée des collectivités locales dans une démarche partenariale pluriannuelle avec des objectifs chiffrés. Il faut se soucier enfin des limites de l'action de l'État. Les limites, c'est un conseil constitutionnel respecté et une justice indépendante grâce à un procureur général de la nation élu au suffrage universel indirect. Les limites d'institution de contrôle et d'inspection, notamment les inspections générales, qui doivent être rattachées au Conseil d'État pour jouir d'une plus grande indépendance. Les limites, c'est un journalisme indépendant et protégé des grands intérêts économiques et un audiovisuel public fort et indépendant
de l'État. Ensuite, deuxème acte, en réalité simultanée de la refondation républicaine, rétablir la justice sociale. Elle est la condition nécessaire d'une paix durable. C'est la réponse à la question sociale qui nous préoccupe depuis de siècles et qui aujourd'hui est la question du refus. de la transformation oligarchique. La première clé, c'est de rétablir l'équilibre entre riche et pauvre. C'est le cœur du contrat social français. C'est la question des droits de succession pour éviter le risque d'une société d'héritier mais favoriser la transmission. Augmentons les droits de succession au-dessus de 1 et de 5
millions d'euros. Mais abolissons les droits pour toute succession en dessous d'un million d'euros. C'est la question de l'impôt sur la fortune dans le cadre du redressement des finances publiques. Il faut un impôt sur la fortune claire, juste et économiquement viable. C'est la question de l'autonomie des jeunes avec un versement à chaque jeune d'une somme sur un compte bloqué à sa naissance sur la base des droits de succession de l'année. La deuxième clé, c'est le travail. Le travail doit payer. C'est le sens de ma proposition de bascule du financement de la protection sociale des cotisations vers la CSG. [grognement] Le travail doit être possible. C'est le
sens d'un revenu de transition pour anticiper les situations de l'emploi liées au déploiement de l'intelligence artificielle. La progression par le travail doit être accessible à tous. Cela suppose une formation continue diplômante qui permett tout au long de la vie. La troisième clé, c'est la protection des Françaises et des Français face au risques de la vie. Et là, je veux faire trois propositions. L'accès égal à la santé en luttant contre les déserts médicaux par des bourses d'études pour les futurs médecins conditionnés à un engagement à servir dans des zones sous-dotées. Mettre la prévention au cœur du modèle de santé en mettant en place des
rendez-vous obligatoires et réguliers de prévention. mettre la reconnaissance des vulnérabilités au cœur du modèle social grâce à un référent social personnel et constant pour chaque personne en situation de vulnérabilité. La 4ème clé, c'est enfin le logement. Pour déverrouiller les blocages dans les vies et les projets des Français. Trois mesures doivent en faciliter massivement l'accès. La rénovation de 4 millions de logements anciens et la production de 500000 nouveaux dans le parc social, coopératif et privé. une banque publique du logement pour contribuer au financement de spécialité que les
banques n'assument pas une garantie locative universelle pour permettre à tous d'accéder au marché locatif sans discrimination. Enfin, transformer la France et rallumer le moteur du progrès pour une France habitable et dynamique, c'est la réponse à la question écologique et économique de notre temps qui est celle des questions de possibilités de l'abondance, seul capable d'assurer la transformation effective, durable et collective. Il faut planifier et investir pour rouvrir les sources de cette abondance. Et trois mesures doivent le permettre. une réforme du plan et du conseil économique, social et
environnemental en assemblée du futur. Un fond France de souveraineté et de solidarité de plus de 1200 milliards d'euros avec un pilier de capitalisation publique obligatoire investi dans l'économie réelle. contractualiser la relation de garantie, d'équilibre et d'intérêt général avec les entreprises de plus de 1000 salariés sur les questions de stabilité fiscale comme d'emploi des jeunes et des seniors. Il faut engager la transformation écologique de la France pour épouser les cycles de l'abondance vivante. Trois propositions permettent d'avancer dans cette direction. un prix du carbone clair avec une taxe carbone élastique, un plan de
transformation agricole pluriannuelle décidé à l'échelle départementale avec les agriculteurs. Un aménagement du territoire sous la forme de contrat état région pluriannuelle faire de lance de l'atténuation et de l'adaptation. Il faut également transformer l'école et l'université pour en refaire le centre de la transmission. Nous n'avons pas d'autres vraies richesses que l'avenir de nos enfants. Comment y parvenir ? un plan de 5 milliards pour l'enseignement supérieur, la création de 60000 places d'ingénieurs et de techniciens, la mise à niveau des universités, la sanctuarisation du budget de l'éducation
nationale pour augmenter la dépense par élève et augmenter les salaires des enseignants. Une école humaniste qui mette la personne au milieu des enseignements et qui transmettent les savoirs et les héritages communs. une école de la tête, de la main et du cœur. Il faut libérer les entreprises pour leur permettre de créer des richesses et d'abonder l'intérêt général. Libérer la production avec la fin des impôts de production dans le cadre du Big Bangiscal, donner accès à l'énergie électrique, bon marché, contrat pour différence et fin des certificats d'économie d'énergie sur l'électricité.
permettre de transmettre l'outil de travail, son entreprise sans taxe, à sa famille ou à ses salariés à condition de le conserver dans la durée. Est-ce que je prétends avoir toutes les solutions au problème de la France ? Non. Mais j'ai à cœur de montrer qu'il y a des solutions, qu'au lieu de l'illusion, c'est l'imagination qu'on peut mettre au pouvoir. Nous pouvons sortir de notre torpeur et de notre impuissance. Nous avons le choix. Nous avons le devoir de réussir.