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Podcast / conversationManon Aubry· 21 janvier 2022 21 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & familleEnvironnement & énergie

AQC #74 : FACE À MACRON AU PARLEMENT EUROPÉEN MON DEBRIEF & NOTRE STRATEGIE EUROPÉENNE !

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:42Invité politiqueFait
    « votre bilan européen n'est qu'une arrogance impuissance et manigance »
  • 2:42Invité politiqueFait
    « Sur le fond, vous êtes le champion des compromissions et des doubles discours »
  • 2:42Invité politiqueFait
    « Mépris envers la protection sociale qui coûte, selon vous, un "pognon dingue" »
  • 2:42Invité politiqueFait
    « Mépris envers les précaires "qui ne sont rien" »
  • 2:42Invité politiqueFait
    « Mépris envers les chômeurs qui "n'ont qu'à traverser la rue pour trouver du travail" »
  • 2:42Invité politiqueFait
    « Mépris envers "les fainéants, les illettrés, les Gaulois réfractaires" »
  • 3:25Invité politiqueFait
    « le peuple vous "l'emmerder" »
  • 4:07Invité politiqueFait
    « La présidence française de l'Union européenne, ça arrive une fois tous les 14 ans »
  • 6:14Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron a traité le peuple français ces dernières années. Que ce soient les Gaulois réfractaires, ceux qui ne sont rien, vous savez, les chômeurs qui doivent traverser la rue »
  • 7:30Invité politiqueFait
    « il sait très bien que la Charte des droits fondamentaux en Europe. Il faut l'unanimité des Etats membres pour la changer »
  • 7:30Invité politiqueFait
    « la Pologne ou Malte, qui interdisent le droit à l'avortement, ne sont pas d'accord »
  • 7:30Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron, c'est celui qui a pactisé avec Viktor Orban »
  • 7:30Invité politiqueFait
    « c'est le premier ministre en Hongrie, qui est celui qui saccage l'Etat de droit »

Temps de parole

  • Manon Aubry100 %

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Manon Aubry

Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans ce nouvel épisode de l'Aubry qui court et dans nos nouveaux bureaux. Parce que oui, qui dit nouvelle année. On a fait les choses en grand avec Manu et Leila. Oops, je vais commencer à tout casser dans le bureau. On s'est installé dans des nouveaux bureaux tous les trois. Donc là, vous pouvez voir, par exemple, le bureau de Leila, qui a déjà un peu de meubles. Vous allez voir que ce n'est pas le cas de tout le monde, donc vous avez mon bureau qui est juste là, derrière. Promis, on a prévu d'acheter des meubles. C'est juste que le début d'année était super chargé. Et là, on arrive dans le bureau de Matthieu.

Matthieu, il est de dos, mais Matthieu filme un peu déjà tout. Voilà, ce n'est pas. Il a commencé un petit peu à s'étaler, mais bon, je réalise avec tout ce qu'on fait là sur le bureau. En réalité, c'est le premier épisode de l'Aubry qui court de l'année. Je voulais vous souhaiter une bonne année. Je ne sais pas vous, mais moi, j'ai l'impression qu'il s'est déjà passé une éternité depuis le Nouvel An. Mais ça tombe bien parce que ça veut dire qu'on a fait campagne à 3000 à l'heure. Alors campagne le week end dernier, le meeting à Nantes. Vous avez vu une première mondiale immersif. J'y étais. C'était pour ce qui était. C'était assez, assez fort.

On avait l'impression d'être dans l'espace, au bord de l'eau, au bord de la mer. Et puis, surtout, une grande réussite en termes de mobilisation. De nouveaux, un meeting aussi cette semaine à Strasbourg, où on a parlé notamment des questions européennes. Et c'est ça que je vais vous débriefer dans l'AQC cette semaine. Débriefer la venue d'Emmanuel Macron au Parlement européen, il était juste à côté de moi. Et puis la sortie de ça, qui est notre stratégie sur les questions européennes. Comment s'y prendrait? Comment nous, on renverserait la table sur la scène européenne pour être en capacité d'appliquer notre programme. Allez c'est parti, générique !.

Alors, le grand événement de cette semaine, c'était évidemment la venue d'Emmanuel Macron au Parlement européen, alors imaginez pour nous, c'était un peu particulier. D'habitude les sessions plénières sont assez tranquilles. Puis l'on a vu débarquer des dizaines et des dizaines de journalistes qui nous poursuivaient partout dans les couloirs au passage. Un petit message pour eux s'ils veulent venir plus souvent au Parlement européen et s'intéresser au combat qu'on mène. Ils sont les bienvenus. C'est vrai que c'était un moment assez particulier et dans lequel, à travers lequel on a voulu évidemment confronter Emmanuel Macron et moi.

C'est ce que j'ai voulu faire dans mon intervention et je vais revenir après. Alors, vous annoncez en grande pompe, on l'a vu au moment de la présentation de la présidence française un slogan Relance, puissance, appartenance. Mais en réalité, votre bilan européen n'est qu'une arrogance impuissance et manigance. Sur le fond, vous êtes le champion des compromissions et des doubles discours, mais sur la forme, vous n'avez cessé d'être le président du mépris. Mépris envers la protection sociale qui coûte, selon vous, un "pognon dingue". Mépris envers les précaires "qui ne sont rien". Mépris envers les chômeurs qui "n'ont qu'à traverser la rue pour trouver du travail".

Mépris envers "les fainéants, les illettrés, les Gaulois réfractaires". Et un mépris qui s'exprime aujourd'hui encore envers vos partenaires européens, envers nous, députés européens. Quand vous choisissez de maintenir la présidence française de l'Union européenne en pleine campagne électorale. Oui, monsieur le président, vous êtes le président du mépris, mais au moins vous l'assumer. Et comme vous l'avez résumé, le peuple vous "l'emmerder". Mais très vite, le débat qui a surgi et qu'a essayé de faire monter la République en marche, c'est de s'offusquer du fait que ça vienne s'entrechoquer avec le débat présidentiel en France, mais pardon, déjà Emmanuel Macron.

Premièrement, il est président de la République en France depuis 5 ans, donc il agit sur la scène européenne depuis 5 ans, donc c'est l'occasion de faire son bilan sur la scène européenne. Et puis, deuxièmement, petit rappel utile à tous nos amis macroniste : Emmanuel Macron lui même, qui a essayé d'ironiser sur le fait que je dénonçais que c'était un marchepied électoral. C'est Emmanuel Macron et La République en marche qui ont choisi sciemment de maintenir cette présidence française de l'Union européenne pendant ce semestre. Petit rappel, j'avais déjà eu l'occasion de vous en parler.

La présidence française de l'Union européenne, ça arrive une fois tous les 14 ans parce que ça tourne tous les six mois entre les Etats membres. Donc, évidemment, c'est une chance qui est assez rare et Emmanuel Macron savait pertinemment que ça tomberait en pleine campagne présidentielle. Et son but, c'était de s'en servir, de l'instrumentaliser, de dire "Regardez, moi je suis le gentil Européen et vous êtes tous les autres, les méchants anti-européens." Et il voulait cliver là dessus. Donc évidemment, c'est de sa responsabilité. Si le débat a été mêlé à des questions, à des questions françaises, je crois aussi que ça veut dire quelque chose. Je me faisais la réflexion.

C'est vrai dans notre système politique français. C'est aussi ce qu'on essaye d'expliquer aux Européens qui avaient du mal à comprendre. C'est que en réalité, en France, on n'a jamais eu l'occasion d'interpeller le président de la République. On a un monarque républicain qui ne répond à absolument personne et pourtant qui concentre une grande partie des pouvoirs entre ses mains. Et donc, quand on voit de manière aussi rare que celle là, le président de la République, en face, en face de nous, on veut lui dire sa vérité. On veut lui dire ses vérités.

Et c'est aussi ce que j'ai voulu lui dire en me disant OK quand t'es là, dans l'hémicycle, à côté de lui, alors ça a un petit côté impressionnant parce que c'est pas tous les jours que ça nous arrive. Mais je ne parlais pas en tant que Manon Aubry.

Je parlais en tant que députée France insoumise, en tant que présidente d'un groupe, et puis décide de porter une parole collective et de se demander comment on peut transmettre le sentiment qu'Emmanuel Macron renvoie et que j'ai résumé en disant Oui, monsieur Macron, vous êtes le président du Mépris et c'est ça pour moi, un des messages principal qui était majeur à faire passer au président de la République et que j'espère que de cette manière, j'ai réussi à apporter votre voix, celle de millions de Français qui voulaient dire à quel point il avait été blessé, choqué par la manière dont Emmanuel Macron a traité le peuple français ces dernières années.

Que ce soient les Gaulois réfractaires, ceux qui ne sont rien, vous savez, les chômeurs qui doivent traverser la rue, etc. Donc ça, c'est sur la question un peu de la forme du débat ensuite sur le fond et sur le discours de Macron. Bon, il a fait une grande annonce, c'est de mettre le droit à l'avortement l'IVG, et l'environnement dans la Charte des droits fondamentaux. Et là, c'est du marketing classique. Vous savez, le docteur Emmanuel qui va dire oui, il faut protéger l'environnement et le droit à l'avortement. Et puis le mystère maintenant, qui en fait fait tout l'inverse sur le droit à l'avortement. Pourquoi il a fait ça?

Parce qu'en France, il s'oppose à l'allongement du droit à l'avortement, par exemple, de 12 à 14 semaines. Donc, s'il a fait ça, c'est parce qu'en fait, il voulait masquer le fait que la veille, son groupe au Parlement européen avait soutenu Roberta Metsola, à la présidence du Parlement européens, qui est une anti IVG. Donc son groupe au Parlement européen, soutien à la présidence du Parlement européen, une anti-avortement et dans le même temps, il essait de prétendre qu'il va défendre ce droit alors qu'il est bien silencieux quand le droit à l'avortement est saccagé en Pologne.

Et puis, par ailleurs, c'est une annonce à moindre coût parce qu'il sait très bien que la Charte des droits fondamentaux en Europe. Il faut l'unanimité des Etats membres pour la changer. Manque de pot et on se doute bien que la Pologne ou Malte, qui interdisent le droit à l'avortement, ne sont pas d'accord. Et puis sur le droit à l'environnement. Emmanuel Macron, c'est celui qui a pactisé avec Viktor Orban.

Je rappelle quand même que c'est le premier ministre en Hongrie, qui est celui qui saccage l'Etat de droit et donc il s'est mis d'accord avec lui pour inclure le gaz et le nucléaire comme des énergies soi disant vertes, alors qu'on sait très bien que le gaz et le nucléaire sont des énergies extrêmement polluantes. Et donc, cette classification au niveau européen est super dangereuse. Et puis, on parle pas du bilan de Macron en matière environnementale. C'est quand même fait condamner pour une action climatique en France ou c'est aussi celui qui a jeté à la poubelle les mesures de la Convention citoyenne pour le climat. Bref, on a eu ce que Macron sait faire de mieux.

Des beaux mots, des belles promesses, mais qui sont complètement déconnectés de ce qu'il fait véritablement en France et sur la scène européenne. On a aussi fait son bilan. On dire que Macron, c'est celui qui signait les accords de libre échange, c'est celui qui bloque le congé parental en Europe. C'est celui qui essaie de ralentir la directive de protection des travailleurs ubérisés Vous le savez, les travailleurs de Uber, Deliveroo, etc. C'est celui qui fait en sorte que le plan de relance inclut des mesures austéritaires, donc des coupes dans les budgets publics encore.

Bref, c'est ça le bilan de Macron sur la scène européenne et c'est ça aussi, dont il doit être comptable et qu'on a voulu dénoncer dans l'hémicycle. Au final, c'était un débat agité. C'est vrai qu'Emmanuel Macron n'a pas vraiment l'habitude de la contradiction. Vous pourrez retrouver mon intervention qui s'affiche quelque part par là où j'ai essayé de lui dire ses quatre vérités, mais aussi de dresser des perspectives. Ce qui m'a frappé aussi.

Pour conclure sur ce débat, c'est que s'il y avait un sentiment de déséquilibre aussi, puisque Macron a pris la parole pendant quasiment une demi heure, moi, je lui ai répondu en cinq minutes et après, il a repris la parole pendant quasiment une demi heure. Ça en dit long sur sa vision du débat démocratique puisqu'ils ont refusé à ce que nous, les présidents de groupe, on puisse reprendre la parole derrière lui pour qu'il y ait un vrai débat.

Et pour couronner le tout, et en dire donner un signe sur comment Emmanuel Macron voit la démocratie, en particulier la liberté de la presse, il a fait une conférence de presse juste après, à laquelle il a refusé de répondre aux questions des journalistes, à tel point qu'une partie des journalistes a décidé de quitter la salle. Voilà la démocratie façon Macron en 2022. J'espère que vous en prendrai pas pour quelques quelques années encore. Mon collègue Manu avait une bonne proposition. Au mois d'avril, on pourra l'envoyer retrouver son ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, à Ibiza. Ils pourront siroter un petit cocktail et penser au protocole pour les écoles.

Mais puisque Macron voulait parler d'Europe, ce là où on en fait, on a énormément de propositions à faire et c'était d'ailleurs présenté. Bon, ça, ça. C'est notre stratégie sur les questions européennes qu'on a sorti cette semaine. Vous l'avez peut être vue, c'est disponible en ligne, donc je vous invite à aller le voir en détail. C'est le premier plan de la série de plans qu'on va sortir pour préciser l'Avenir en commun. Et celui là, il est particulièrement important parce qu'il décrit une méthode comment on s'y prendrait concrètement si on était au pouvoir et a fortiori dès le mois d'avril?

Comment s'y prendre aussi pour la forme de la présidence française de l'Union européenne, puisqu'on compte bien changer de président de la République? Et c'est un travail super important pour moi en particulier, qui bosser et coordonner le travail depuis. Depuis qu'on arrivée au Parlement européen où on avait cette envie de préciser la méthode. Et puis, notre travail au Parlement européen nous a aussi permis de documenter les pratiques des Etats membres, voire qu'en réalité, certains Etats désobéissent déjà et qu'en en réalité, c'est aussi comme ça que nous créons du changement politique.

Pour vous résumer un peu l'analyse qui est la nôtre et qu'on a présenté à notre grand meeting cette semaine à Strasbourg, où il y avait près de 2500 personnes, ce qui est énorme, c'est un coup de force majeur pour une ville comme Strasbourg. On a dû ouvrir une seconde salle. Et puis un hall. Il y avait des gens aussi dans le hall. L'analyse qui est la nôtre, pour résumer, c'est en gros de dire on prend l'avenir en commun. J'aurais pu vous prendre en commun avec moi et on analyse l'ensemble de nos mesures et leur compatibilité ou non avec les règles européennes. Et on s'aperçoit qu'il y a un certain nombre de blocages qui sont posés par les règles européennes.

Si vous voulez renationaliser le fret, faire des cantines bio et locales, sanctionner les paradis fiscaux européens, faire des taux de TVA à taux zéro sur les produits de première nécessité si vous voulez un pôle public de l'énergie. Bref, je vous fait une liste assez longue ici, un grand plan d'investissement dans la bifurcation écologique. En réalité, ça compte, reviendra. Ce sera contraire à un certain nombre de règles européennes, que ce soit les règles budgétaires, que ce soit le droit de la concurrence, que ce soit le libre échange inscrit dans le marbre dans les règles européennes et tous les traités de libre échange et donc non élucidés.

Et ça, c'est un élément fondamental de notre analyse sur les questions européennes parce qu'on n'a pas envie de trahir, parce qu'on a entendu trop de fois des gens qui vont vous promettre monts et merveilles, qui vont vous promettre, par exemple, renationaliser fret ou des cantines bio et local. En fait, qui se retrouve coincé et limité par les règles européennes qui l'en empêchent? On se souvient tous de François Hollande qui avait dit Mon ennemi, c'est la finance que finalement, c'était son meilleur ami. On se souvient de tout ce qui était question de renégocier le traité de Lisbonne et qui n'a jamais été renégocié.

Donc, nous, on parle de ce premier constat qui est essentiel pour ne pas vous mentir ou dire oui, c'est vrai. Si on veut appliquer l'avenir en commun, il faudra ne pas respecter un certain nombre de règles européennes et donc nos stratégies face à ces blocages. Elle est simple. Elle peut se résumer dans une volonté de confrontation de ces règles européennes au nom de la souveraineté populaire. Parce que si on est élus, on a un mandat qui vient du peuple et on le respecte. Et donc, c'est au nom de cette souveraineté populaire qu'on confronte les règles européennes. Et si vous voulez, on a deux principes fondamentaux sur cette stratégie européenne.

Le premier, c'est quoi qu'il arrive, on appliquera notre programme, donc quoi qu'il arrive, c'est notre programme qui prévaudra sur les règles européennes. Première chose et deuxième chose qui est lié. Deuxième principe c'est un principe de non régression sociale et écologique. Ce qu'on veut dire, y compris dans le cadre du travail qu'on fera dans la construction de la Sixième République, cette pose un principe constitutionnel de non régression. Aucune règle européenne ne s'appliquera si elle implique un retour en arrière dans nos droits sociaux ou dans la lutte contre le changement climatique.

Dit autrement, par exemple, la directive des travailleurs détachés qui impose la concurrence entre des travailleurs de l'autre bout de l'Union européenne qui n'ont pas la même protection sociale et qui peuvent travailler en France avec des droits sociaux de leur pays d'origine. Eh bien, nous nous disons clairement que cette directive ne s'appliquera pas et que les travailleurs de ces pays pourront travailler évidemment en France. Mais avec les mêmes droits sociaux qu'on créera pas cette compétition inégale qu'on appelle du dumping social. Donc, ce principe de non régression, il est fondamental.

Ensuite, la stratégie, elle repose sur deux piliers pour arriver à nos fins et être en mesure d'appliquer notre programme. Le premier, c'est du rapport de force et ça s'est toujours fait dans l'histoire de l'Union européenne. On se souvient du général de Gaulle qui parlait de la politique de la chaise vide et en réalité, on peut le faire. On peut le faire, par exemple, sur les accords de libre échange que Macron a signé à tour de bras au passage sur les accords de libre échange. On peut imposer notre veto, donc on dit nous, la France, on ne cédera pas et il n'y aura pas d'accord de libre échange.

Mais on peut aussi aller plus loin dans cette confrontation et dire écoutez, on est élu sur un programme. On veut bien évidemment contribuer au budget européen, mais pas si vous nous demandez de renoncer à notre programme. Et donc, on peut conditionner notre contribution budgétaire, sachant qu'on est. Excédentaires qui versent plus d'argent que ce qu'on reçoit, c'est la solidarité européenne, mais on ne le fait pas. Si derrière, ça implique qu'on renonce à notre programme. Donc, si vous voulez pas qu'on déroge au sacro saint 3% de déficit, aux sacro saintes règles de la concurrence qui veut qu'on privatise tous nos barrages, nos transports publics, etc.

Eh bien, on abaissera notre contribution française à l'Union européenne. Voilà des outils qui sont par ailleurs utilisés par tous les autres Etats membres et qui font partie de la réalité de l'Union européenne. Donc, ça, c'est la stratégie du rapport de force. Et puis, la deuxième stratégie, c'est pas quoi qu'il arrive : on le fera. Quoi qu'il arrive, on fera et on est prêt à désobéir. On est prêt à ne pas appliquer un certain nombre de règles européennes parce qu'on n'aura pas été élu sur ce mandat. Et ça veut dire que la règle des 3% de déficit, on impliquera pas, je vais vous dire. En réalité, elle est souvent utilisée comme une excuse. Cette fameuse règle de l'austérité.

Parce que ce qu'on a, ce qu'on s'est aperçu ici et grâce au travail qu'on a fait dans ces règles budgétaires, elles ont été violées 171 fois en vingt ans. Et devinez combien a eu de sanction ? Zéro absolument aucune. Donc, en fait, c'est possible de déroger à ces règles et beaucoup le font déjà. Et même parfois, ça peut entraîner d'autres Etats. Je pense à l'Espagne récemment qui, face à la flambée de les prix de l'énergie, a proposé de contrôler les prix de l'énergie. Réduire la TVA, c'était contraire au droit de la concurrence européen. Ils l'ont fait quand même. Bruxelles l'a autorisé. Résultat tout le monde l'a fait au final. Donc, c'est aussi pour vous dire qu'on peut agir en éclaireur.

On peut montrer la voie. La France est un pays fondateur de l'Union européenne. La France est la deuxième économie de l'Union européenne. Et donc, si la France demande, dis nous ces règles, nous ne les appliqueront pas. Nous non. Voudrons plus, vous croyez qu'ils vont nous dégager? Nous mettrons dehors? Non. En réalité, on se redonne juste ce qu'on n'a pas fait, ce qu'on n'a pas essayé ces dernières années, c'est à dire du courage politique. Et d'appliquer quoi qu'il en soit notre programme. Et on sait qu'en réalité, c'est faisable. Je le dis, encore faut il le vouloir.

Et cette confrontation aux règles européennes, on le fait pas pour le plaisir, mais on fait précisément pour appliquer notre programme. Voilà ce qui, je crois finalement, n'a jamais été racontée dans autant de précisions, autant de détails. Vous verrez qu'on n'a documenté aussi avec énormément d'exemples de choses qui se font déjà et qui démontrent la crédibilité de notre programme. Mais je vais terminer là dessus pour vous dire nous, on a pris les questions européennes, mais comme toutes les autres questions au sérieux. Et j'ai aussi envie d'interpeller les autres acteurs politiques et en particulier à gauche, qui peuvent parfois parler de protectionnisme.

Ça tombe bien, on a mené, mais il peut être gagner des batailles culturelles sur le sujet. Mais quelle est votre crédibilité quand la seule chose que vous dites sur les questions européennes, si on va convaincre les autres Etats membres? OK, si vous y avez pas, vous faites quoi? C'est quoi votre plan? C'est quoi votre stratégie? Vous avez renoncé comme tous les autres. Ils ont fait avant nous. On vous propose une méthode et je pense que cette méthode, elle peut convaincre largement, largement en disant nous, on est prêts à mener les rapports de force. On est prêts à désobéir.

On est prêts à faire aussi ce qu'on appelle des opt out, c'est à dire un droit de retrait, sur de nouvelles règles, des nouveaux programmes qui sont négociés. Je pense à l'Europe de la défense qui veut organiser dans la lignée de l'OTAN, une forme d'Europe de la guerre. Et les options, elles sont nombreuses à notre disposition. Encore faut il les utiliser. C'est la fin de cette semaine marathon. Vous pouvez voir la taille de mes cernes et de ma fatigue. Je ne sais même plus quel numéro d'AQC on a. Bref, c'est la campagne à 3000 à l'heure, mais c'est ça qu'on aime. Parce que parce que c'est aussi comme ça qu'on va convaincre des gens. Et on sent que la dynamique est de notre côté.

On va continuer à se battre. On a ce week end notre prochaine session du Parlement de l'Union populaire qui continue à s'élargir. Et croyez moi, on vous réserve encore des surprises. On ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Et puis, je vous donne rendez vous sur les routes de France pour nos prochains meeting, nos prochaines réunions publiques. Et puis, d'ici là, on compte sur vous. Merci pour tout simplement de mener la bataille à nos côtés. Comme d'hab, n'hésitez pas à partager la vidéo des petits commentaires des petits like. Bref, où vous abonner si vous passez par là pour la première fois. Surtout, n'hésitez pas aussi à le partager.

Pour tous ceux qui se demandent ce qu'on raconte sur les questions européennes, c'est l'occasion de faire de la pédagogie. C'est aussi notre façon de faire, de propager nos idées, faire l'éducation populaire. N'hésitez pas à tout ça. Et puis, je vous dis à très vite. Et comme j'ai beaucoup parlé de Macron et de sa petite tendance au mépris qu'il méprise, nous, il méprise la présidence française de l'Union européenne à peu près tout.