Benjamin Lucas : conférence de presse du groupe Écologiste et social à l'Assemblée -27/05/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bien, bonjour à toutes et à tous. Écoutez, comme vous vous en doutez, aujourd'hui nous allons d'abord réagir à ce qui s'est passé hier dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale qui est dégueulasse. Dégueulasse sur le fond.
Tout d'abord, on parle de l'extinction de la biodiversité, on parle de cancer, on parle d'empoisonnement, on parle de réintroduction de pesticides extrêmement dangereux, de l'effondrement à terme de la filière apicole, de décisions qui ont un impact sanitaire, environnemental dramatique, catastrophique, étayé par la science. Et ici, on croyait qu'on était pas chez Trump. Euh et donc de voir à ce point la ministre, le rapporteur, des membres de la majorité bien timide hier, d'ailleurs, beaucoup d'entre eux n'étaient pas là, euh nier la réalité scientifique, nier la réalité sanitaire des conséquences du choix politique qui a été fait hier.
Voilà, j'ai pas d'autres mots que celui de euh de dégueulasse euh parce que ça aura des conséquences, hein. Euh les choix qu'on fait ici dans des domaines comme cela, ils vont être responsables hein de d'effondrement d'espèces à venir. Ils vont être responsables de cancer à venir.
Ils vont être responsables de drames sanitaires environnementaux à venir. Donc il faut pas minimiser, nier ou invisibiliser cette cette réalité là. et puis dégueulasse sur la forme.
C'est la première fois, c'était rappelé par Delphine Bateau hier à la tribune de l'Assemblée nationale. C'est la première fois dans l'histoire de la 5e République qu'une motion de rejet préalable qui normalement est un outil à disposition de l'opposition pour rejeter un texte avant son examen. D'ailleurs, la dernière qui avait été adoptée était au moment de la loi Sérade sur l'immigration de Gérald Armanin.
Une motion de rejet préalable, normalement c'est un outil pour l'opposition pour rejeter le texte. Or là, hier ça a été présenté par le rapporteur du texte lui-même et soutenu par le gouvernement. C'est-à-dire que c'est une manœuvre, un détournement de procédure de la part de gens qui font en permanence des leçons de maintien et de respect des institutions.
Là aussi, il y a quelque chose de dégueulasse qui affaiblit euh la bonne visibilité de nos institutions, euh la confiance dans les institutions démocratiques de la part de nos concitoyens. Ils le font parce que euh contrairement à ce qu'il raconte et on aura peut-être l'occasion de déconstruire avec vous toutes les fake news qu'on a entendu sur une prétendue obstruction. La présidente Châtelin a rappelé hier 40 amendements par députés du groupe écologiste et social.
C'est rien du tout hein. Si on avait voulu faire de l'obstruction, on aurait pu euh la faire. Euh nous avions des chefs de fil extrêmement compétents sur le sujet, Benoît Bito, Delphine Bateau qui ont déposé des amendements.
Je vous mets au défi d'en trouver un seul qui soit un amendement d'obstruction, qui soit un amendement qui ne soit pas sur le fond, sur les questions sanitaires, sur les questions environnementales, sur les questions de la protection, y compris de la santé de nos agriculteurs. Parce que c'est pas une loi de protection des agriculteurs, c'est une loi d'empoisonneur. C'est une loi directement dictée par le lobby de l'agrochimie.
D'ailleurs, je me demande quelle est la contrepartie qu'auront obtenu madame Jeunevar, monsieur Div, monsieur Bairou de la part de ce lobby là. Il faudra sans doute une commission d'enquête dans les années qui viennent pour établir l'entrisme de ces lobby là au plus haut sommet de l'État. Donc il y a eu un travail sérieux parlementaire.
D'ailleurs, en commission, ça s'est bien passé. Mais ce récit sur l'obstruction, il était construit dès avant même l'examen en commission par Annie Genevard. Donc tout ça a été totalement totalement ridicule.
Ils ont voté cette motion de rejet parce qu'ils ont eu peur. Peur du débat démocratique, peur de la solidité de nos arguments sur le fond, peur surtout du réveil des consciences et de la mobilisation citoyenne autour de cet enjeu de santé publique majeur. Et bien nous ne nous arrêterons pas là.
Nous ne baissons pas les bras. Il y aura un examen en CP, le texte reviendra. Nous utiliserons évidemment les outils démocratiques et parlementaires nécessaires et nous en appelons évidemment dans le respect d'organisation des uns et des autres.
Nous en appelons une vaste mobilisation citoyenne, populaire pour interpeller euh les élus qui ont fait euh des choix dramatiques. Nous sommes ici nombreux et nombreux euh à être des parents euh quand on apprend qu'un certain nombre de substances, quand on sait qu'un certain nombre de substances peuvent rentrer jusque dans le cerveau des nourrissons, hein. Et c'est ça qui s'est passé hier, c'est ça qu'on veut réintroduire aujourd'hui.
Alors, on peut pas prendre des décisions ici à l'Assemblée nationale qui ne sont pas des décisions d'intérêt général, d'intérêt sanitaire et qui de fait sont des décisions qui vont conduire à à des drames. Donc nous nous amplifierons et nous continuerons cette mobilisation. Nous avons pris un coup sévère hier, c'est une défaite lourde.
On ne s'attendait pas à un tel cynisme, un tel déni à une telle manœuvre. Mais vous le savez, les écologistes ont toujours fait preuve de résilience et de combativité. Euh, nous savons que nous avons avec nous plus de 8 français sur 10 qui sont contre la réintroduction des néonicotinoïdes parce que eux croient dans la science, parce que eux croient dans la santé publique, parce que ne croient pas les balvernes et les mensonges et les manipulations du lobby de l'agrochimie et de sa porte-parole au gouvernement, madame Genevard.
Et donc, nous continuerons à nous battre. Mais euh malheureusement et Léa va vous en dire un mot, tout ça euh euh n'est pas un cas isolé et s'inscrit dans une continuité et plusieurs points qui se suivent forment une ligne et celle du gouvernement, celle de ce cartel qui nous gouverne est clairement antiscience et anti-écolo. [Musique] Merci euh Benjamin. effectivement le pas l'examen mais le passage en force de la loi du plomb dans sa version la plus antiscience, la plus dangereuse pour les agricultrices et les agriculteurs eux-mêmes, c'est la continuité d'un travail de SAP de ce que le gouvernement avait essayé de faire au début de son du mandat Macron et de ce que les associations avaient essayé d'obtenir.
Je vais vous donner trois exemples. Le premier exemple, c'est la réintroduction par une loi de la possibilité de poursuivre les travaux concernant la 69. La 69, cette autoroute qui n'est pas jugée d'intérêt public par la justice et bien les parlementaires souhaitent s'affranchir d'une décision de justice et donc c'est une autoroute contre l'état de droit, contre la nature, contre l'intérêt général.
Le 2e backlash écologiste, c'est la loi simplification dont nous avions beaucoup parlé euh il y a quelques semaines et qui va revenir en débat à l'Assemblée nationale avec la suppression de la ZFE, la suppression aussi euh d'organisations qui nous permettent d'avoir la science comme appui pour prendre nos décisions publiques. Et le troisème exemple peut-être pour vous donner une ambiance particulière, celle que subissent les menaces que subissent les associations notamment l'association Bloom qui défend les fondsmars. Cette association dont la présidente Claire Nouvian fait l'objet de menace lors d'une projection d'un documentaire il y a quelques jours et bien ces associations sont menacées.
Euh c'est aussi euh les permanences de parlementaires qui s'opposaient à la loi du plomb qui ont été menacés. Vous voyez, je crois queon en parle pas assez. Ce qui est en train de se passer, c'est non seulement une régression pour notre débat démocratique, mais je vais dire, les députés, ils sont parfois habitués.
Une régression aussi sur la capacité de ces associations à porter des sujets de protection de la nature, protection de l'environnement, protection de notre santé, elles y sont parfois rompues. Mais là, ce qui est en train de se passer véritablement, c'est un grave danger et personne n'en parle. C'est celui d'un renoncement sur l'ensemble des avancées que nous avions obtenu de hautees luttes pour la protection du vivant, pour la protection de notre avenir, pour la protection de notre santé.
C'est extrêmement grave et je crois que il faut qu'on puisse mesurer la responsabilité qui est en train euh d'avoir ce gouvernement qui est fait de briquet de broc mais surtout de droite et d'extrême droite qui revient sur ses avancées non parce que ils y ont euh parce que ce sont des des dogmatiques mais surtout parce qu'ils y ont un intérêt particulier. Ils servent les puissants. Ces puissants qui ont besoin de détruire la nature pour s'enrichir.
Et c'est la raison pour laquelle il continue à avancer euh vers la destruction du vivant. Clément Permot pour la chaîne parlementaire. Est-ce que vous avez décidé de vous associer à la France insoumise concernant la motion de censure ?
La réunion de groupe a lieu en ce moment pour discuter de ces initiatives. Évidemment, d'abord on encaisse le choc si vous voulez bien de ce qui s'est passé hier et réagissant à ce que disait quand même hier la ministre de l'agriculture a déclaré devant non pas des agriculteurs, devant des représentants d'un syndicat d'agriculteur qu'on connaît bien la FNS dit il faut vous en prendre aux écologistes et à la gauche faut vous en prendre et donc elle encourage aussi à cette violence là. Donc d'abord, on est aussi dans une réaction dans aussi l'étendue de du soutien au nôtre.
Nicolas Thierry, notre collègue à Bordeaux, a eu sa permanence attaquée hier. Donc on est dans cette réaction là, mais on discutera évidemment des des suites à donner et puis de ce qui va se passer à l'issue de la CMP. Oui.
Est-ce que alors il y a le microion politique, est-ce que vous êtes favorable à l'esquise faite ce matin par le premier ministre social ? Non. Euh non.
Euh et je vais vous expliquer pourquoi. Euh je crois que là c'est ça c'est vraiment euh de l'amateurisme voire de l' imbécilité. C'est que on a un premier ministre qui nous explique que nous avons un déficit à résorber.
Sur ce point nous sommes d'accord et qu'il faut aller chercher euh des ressources nouvelles. Sur ce point nous pourrions être d'accord également. Mais ces ressources nouvelles, nous les connaissons.
Nous en avons fait déjà la démonstration. Elles existent. C'est la taxe zu notamment. et elle a été adoptée à l'Assemblée nationale.
Elle doit pouvoir poursuivre son chemin parlementaire et avoir même le soutien du gouvernement. Parce que plutôt que d'avoir une TVA sociale qui ne va pas aller chercher l'argent là où on peut aller le chercher, c'est-à-dire parmi les plus hauts patrimoine français et c'est pas un petit patrimoine, c'est plusieurs millions d'euros de dizaines de millions d'euros de patrimoine. Et bien c'est plutôt vers là que nous devons aller chercher des nouvelles recettes pour le financement de notre dette et le financement de nos services publics.
Je crois que c'est plutôt dans cette direction que le premier ministre devrait regarder. Mais encore une fois, il nous sort des vieilles recettes d'un autre temps, le temps où il faisait de la politique. Et maintenant, il faut regarder plutôt les solutions nouvelles, celle que les écologistes proposent.
D'autres questions ? Merci. Merci.
M.
Benjamin Lucas