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InterviewLe Média (sur YouTube)· 17 mars 2022 65 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSécuritéInstitutions & électionsSolidarités & famille

BLACK-OUT MÉDIATIQUE, SALAIRES, POLICE : PHILIPPE POUTOU EST FACE AUX INDES | FACE AUX INDES #4

Au micro : Rémi Kenzo-Pagès Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 46 %Défensif 14 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:09OuverteRéponse directe

    Pourquoi les médias mainstream excluent-ils certains candidats comme vous ?

  • 4:57RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce que l'annulation des débats présidentiels révèle du système démocratique ?

  • 8:17OuverteRéponse directe

    Comment se passe votre campagne dans ce contexte de crise ?

  • 8:45OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça change concrètement pour vous, ce contexte politique ?

  • 11:07OuverteRéponse partielle

    Comment faire face à la concentration des médias aux mains de milliardaires ?

  • 14:54OuverteRéponse directe

    Pourquoi poursuivre la campagne malgré les difficultés ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 16:09PrésentateurChiffre
    « Vous êtes à moins de 7 heures de temps de parole, vous et vos soutiens. »
  • 20:28InvitéPromesse
    « Vous proposez de relever le revenu minimum à 1 800 euros net par mois. »
  • 31:32InvitéPromesse
    « Nous, on pense qu'il faut abolir la police. »
  • 34:30InvitéFait
    « Ils se sont fait tirer à vue. LBD, Grenade, d'une manière complètement injustifiable. »
  • 34:52InvitéFait
    « Tout à fait, parce que l'État est raciste, parce que l'État est encore colonial et que l'ennemi intérieur, ça reste le monde arabe, le monde des Noirs, toutes ces populations qui sont issues des peuples... »
  • 35:31InvitéFait
    « Et c'est les mouvements des Gilets jaunes qui ont permis peut-être de faire sortir cette violence-là, de la rendre un peu plus visible. »
  • 36:54InvitéFait
    « Qu'un policier soit armé dans un quartier populaire, c'est injustifiable. C'est ça qui fait qu'il y a des morts. »
  • 40:11InvitéPromesse
    « Ah non, mais nous, on est pour diminuer, évidemment, mais enfin, nous, on est convaincus... »
  • 41:43InvitéFait
    « Oui, un avatar. »
  • 42:36InvitéFait
    « La preuve, c'est que le gouvernement, il enlève le statut d'EPS alors qu'il aurait dû le faire depuis très longtemps. »
  • 45:46InvitéFait
    « Si Darmanin dit ça, c'est qu'il flippe. »
  • 48:40InvitéFait
    « On a commencé par la dénonciation de l'agression de Poutine et de l'impérialisme russe, donc on ne les met pas dos à dos. »
  • 48:58InvitéFait
    « Non, c'est l'agression caractérisée d'un impérialisme, celle de Poutine. »
  • 49:39InvitéPromesse
    « Le retrait des troupes russes, l'arrêt de la guerre, nous, le parti, on est, évidemment, on pense qu'il faut, et d'ailleurs, on est pour aussi une livraison d'armes pour la population ukrainienne. »
  • 50:10InvitéFait
    « Non, mais ce n'est pas un changement, parce que pour la Syrie, on disait pareil, pour la situation kurde, on disait pareil, on est pour, en général, les livraisons d'armes. »
  • 52:15InvitéFait
    « La France vend des armes à l'Arabie saoudite, elle vend des armes à l'Égypte qui servent après à réprimer leur propre peuple. »
  • 52:24InvitéFait
    « Et en plus, comme moi, la France, elle a participé à la militarisation de la Russie. »
  • 54:02InvitéFait
    « Non, mais pas d'offense du tout. Parce que moi, je n'étais pas pour... Et même l'organisation, on ne voulait pas que ce soit moi. »
  • 57:03InvitéPromesse
    « c'est la socialisation des banques. Il n'y a que ça. »
  • 57:10InvitéFait
    « un monopole public bancaire parce qu'il n'y a que ça qui peut faire que cet outil-là soit transparent. »
  • 58:11InvitéFait
    « Ben, bien sûr. Largement. Largement, mais ça fait longtemps. »
  • 58:22InvitéFait
    « on est plutôt sur l'idée d'une dépénalisation de l'ensemble des drogues, de l'utilisation des drogues, de la consommation des drogues. »
  • 58:46InvitéFait
    « on est pour des salles de shoot, on est pour aussi une prise en charge collective dans la société »
  • 59:32InvitéFait
    « Le barrage de Sivins, Notre-Dame-des-Landes, le centre d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure, tous ces projets-là. »
  • 1:00:10InvitéFait
    « on est à fond là-dedans, évidemment, parce que derrière, c'est la remise en cause justement de ce pouvoir des riches qui font ce qu'ils veulent. »

Temps de parole

  • Invité74 %
  • Présentateur13 %
  • Invité 27 %
  • Invité 35 %

≈ 1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

1:04
Présentateur

Merci à toutes. Bienvenue dans Face aux Indes, la grande émission politique hebdomadaire des médias indépendants pour l'élection présidentielle 2022. On est en direct. Chaque jeudi sur ce plateau, on interroge un candidat ou une candidate que nous avons invité. Des candidats qui répondent aux questions des journalistes du Média, de Regards, de Street Press, de Radioparleurs et aussi d'autres rédactions indépendantes comme ce soir le BondiBlog. Une émission pour vous faire vivre la campagne autrement, avec ce que l'on estime être des angles morts du débat présidentiel. Une heure pour interroger notre invité sur son programme, sur son projet, sur sa politique.

Et ce soir, c'est Philippe Poutou, candidat du nouveau parti anticapitaliste qui est avec nous sur ce plateau. Bonsoir Philippe Poutou. Bonsoir. Alors je vous présente aux deux mots. Philippe Poutou, vous avez déjà porté à deux reprises les couleurs du NPA à l'élection présidentielle. Vous avez récolté 1,15% des voix, c'était en 2012 et environ 1% en 2017. Sur le plan professionnel, vous avez longtemps travaillé à l'usine Ford Blanquefort en Gironde. Vous étiez là-bas délégué syndical CGT. En 2019, vous êtes licencié. C'est la fermeture de cette usine et vous vous lancez dans la campagne des municipales à Bordeaux. Vous obtenez 12% des voix dans une alliance avec la France insoumise.

Ça vous permet d'être aujourd'hui conseiller municipal d'opposition à Bordeaux. Je veux aussi accueillir les journalistes qui vont être avec nous toute cette heure, membres des médias indépendants qui vont vous questionner ce soir. Elena Bercaoui, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes journaliste au BondiBlog. Rémi Kenzo-Pagès, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes vous, journaliste au Média TV. Pour toutes celles et ceux qui nous regardent, n'hésitez pas à partager vos réactions. Posez-nous vos questions dans le chat. À la fin de cette émission, on va sélectionner trois questions, Philippe Poutou, et on va vous les poser, ces questions de nos internautes.

Et puis bien sûr, vous nous regardez, vous likez, vous partagez cette vidéo. On compte sur vous pour nous partager vos avis. Et dans ce façon d'indépendant, on va prendre le temps de détailler votre programme, Philippe Poutou. On va aussi évoquer la situation en Corse et la guerre en cours en Ukraine. On va aussi avoir une invitée surprise. Elle a enregistré spécialement pour vous une question, rien que pour vous. Enfin, on vous posera trois questions, je l'amène de le dire, adressées par nos internautes. Mais pour commencer, on va se pencher sur un sujet qui vous concerne beaucoup, les médias mainstream et leur rôle dans la campagne.

Vous qui nous regardez, vous l'avez peut-être remarqué, si vous avez suivi l'émission Face à la guerre sur TF1, c'était ce lundi 14 mars, on a bien vu des candidats se relayer les uns après les autres, un peu dans une sorte de scène de théâtre. Mais il manquait quatre d'entre elles et eux, ils n'avaient pas été invités. Je les donne, Jean Lassalle, Nicolas Dupont-Aignan, Nathalie Arthaud et vous, Philippe Poutou, vous n'étiez pas présents. Dommage car lors de votre dernière intervention d'un débat présidentiel, vous aviez quand même marqué les esprits.

3:41
Invité

– Voilà, il est en face de moi. Que des histoires et plus on fouille, plus on sent la corruption, plus on sent la triche. Et à côté de ça, en plus, c'est des bonhommes qui nous expliquent qu'il faut la rigueur, qu'il faut l'austérité et eux-mêmes, ils piquent dans les caisses publiques. Donc il n'y a quand même un petit problème de ce côté-là. – Monsieur Poutou, on n'accuse pas comme ça. – Oui, d'accord. – Merci. – Donc, c'est ce que j'ai dit, je l'ai dit. – Ensuite, il y a aussi Le Pen, à côté, alors elle va peut-être réagir aussi. Mais Le Pen, pareil, on pique dans les caisses publiques. Alors là, ce n'est pas ici, c'est l'Europe.

Alors l'Europe, pour quelqu'un qui est anti-européen, ça ne gêne pas de piquer de l'argent de l'Europe. Et le pire, c'est qu'en plus, le FN qui se dit anti-système, ne s'emmerde pas du tout, se protège grâce aux lois du système, grâce à l'immunité parlementaire. Et donc, il refuse d'aller aux convocations policières, donc peinard. Donc là, tout ça, ça illustre… – Ce coup-là, vous êtes pour la police ! – Ça illustre, oui, quand nous, on est convoqués par la police, nous ouvriers, par exemple, on n'a pas d'immunité ouvrière. Désolé, on y va. Voilà, vous, vous avez une chance, le système vous protège. Tant mieux pour vous.

– Alors, Philippe Poutou, cette passe d'armes, elle a fait un petit peu votre réputation. Malheureusement, cette année, vous n'aurez pas forcément le loisir de vous confronter de la même manière aux autres candidats à l'élection présidentielle. En effet, BFM TV a annoncé vouloir annuler ce débat du premier tour, suite au refus d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, qui ne veulent pas y participer. Il n'y aura donc, a priori, pas de débat, même sans eux, puisqu'on aurait éventuellement pu envisager un débat juste entre vous dix. Mais non, ils nous privent, finalement, de ce moment traditionnel dans une campagne présidentielle.

Qu'est-ce que cela dit de notre système médiatique et de notre système démocratique ? – Déjà, sur la question du débat, dans toute l'histoire des élections présidentielles, il y en a eu un seul, c'est celui qui a eu lieu le 4 avril 2017, où il y avait tous les candidats, les candidates en même temps. Ce n'est jamais arrivé avant. Et là, on voit que ça ne va certainement pas arriver après, parce que dès le lendemain de ce débat-là, plusieurs candidats avaient dit plus jamais ça. En fait, c'est la suite de ce moment-là, parce que le deuxième débat qui avait eu lieu à France 2, deux semaines après, fin avril, ce n'était déjà plus un débat. Et on avait un peu oublié ça.

Et puis on s'était dit, cinq ans après, ça va démarrer sur des bases un peu différentes. Mais non, il se trouve que Macron et compagnie, ils n'ont pas oublié. Et là, ils ont bien intégré, en fait, que pour eux, c'était quelque part un risque, une prise de risque, et qu'il n'était pas question de relancer un genre de débat comme ça, où il y a tout le monde. Parce qu'en fait, ce qui les emmerde, ce n'est pas tellement de se disputer politiquement, parce qu'ils sont capables de le faire, mais entre eux en famille. Mais dès qu'on sort un peu de la famille, dès qu'il y a des candidatures avec une liberté de parole comme la nôtre, là, ça leur pose un problème. Et voilà, c'est clair.

Donc ce n'est pas un hasard si c'est Macron et Le Pen qui ne veulent pas... Ils s'en souviennent très bien, ils étaient à ce débat-là. Oui, parce que d'ailleurs, sur la libération, il y a eu un article qui dit qu'Emmanuel Macron, en fait, a peur de se faire, entre guillemets, fusiller par vous. Voilà, ça a été dit par son entourage, effectivement. Donc après, le mot peur, il faut arriver à le discuter. Qu'est-ce que ça veut dire, cette peur-là ? Évidemment, ce n'est pas la peur comme ça, mais c'est qu'ils n'ont pas envie de s'emmerder, en fait. Ils ne prennent pas de risque. Macron, il est en tête, Le Pen est deuxième dans les sondages.

Je pense que ce calcul est tout simple, c'est que pas de prise de risque. Et le débat, c'est une prise de risque, de fait. Ils peuvent se retrouver dans des situations un peu inconfortables. Mais alors ça dit, disons, que les élections, ce n'est pas du tout démocratique, mais ce n'est pas un scoop non plus. La loi des parrainages, c'est quelque chose de profondément antidémocratique. Même quand on franchit ce cap-là, on s'aperçoit que derrière, de toute façon, on n'est pas traité de la même manière. Il y a la question de Macron, de Le Pen et des gros candidats qui ne veulent pas débattre.

Derrière, on voit les gros médias qui jouent le jeu, en fait, qui s'adaptent à la fois aux lois du CSA ou de l'ARCOM et qui s'adaptent à la volonté des gros candidats. Et puis du coup, tout le monde se plie à ça. Et puis voilà, il n'y a pas de débat parce qu'en fait, tout le monde s'en fout, en réalité. La campagne électorale ou l'élection présidentielle, c'est un petit spectacle politicien. Et ça va quand ça tourne entre eux. Mais peut-être ce qui est en train de changer, c'est que ça s'assume sans honte maintenant. Le déni de démocratie s'assume beaucoup plus clairement qu'avant. Et c'est peut-être ça qui est en train de changer.

Mais à l'image de ce qui se passe dans la société, parce qu'on peut se plaindre de l'absence de démocratie, mais nous, ce qu'on a envie de dire, c'est que l'absence de démocratie, elle est aussi au quotidien, avec un pouvoir de plus en plus autoritaire, avec une répression de plus en plus systématisée, des droits d'expression, des droits de contestation qui sont très limités. On est dans une société qui se durcit. Et finalement, ce qui se passe dans l'élection, dans la campagne, c'est juste un petit reflet d'une réalité, d'une société qui est de moins en moins démocratique. Là, c'est une campagne qui est hyper particulière. On arrive à une sorte de paroxysme de ce point de vue-là.

On a un président sortant qui ne veut pas débattre. On a une crise sanitaire qui, j'imagine, a dû vous empêcher. Dans les meetings, dans le tractage, il y a la guerre en Ukraine, tout ça. Vous, votre campagne, elle se passe comment ? Ça fait peut-être bizarre de le dire, mais on a une campagne qui se passe bien. Enfin, entre guillemets, évidemment. Comme vous dites, on est obligé de le relativiser par rapport à l'actualité internationale, par rapport à toutes les difficultés économiques. Et puis même, il y a une véritable misère, une pauvreté, une précarité. Et puis, donc, une société qui se durcit.

Et puis, dans une ambiance hyper réactionnaire, avec des émours et compagnie, avec une sorte de décomplexion d'idées de haine. Bon, donc, c'est difficile de dire que ça se passe bien. On va en parler juste de dire.

8:45
Présentateur

Mais concrètement, qu'est-ce que ça change pour vous, ce contexte qu'a expliqué l'État ?

8:48
Invité

On ne sait pas trop ce que ça change. Parce qu'en fait, quand on est candidat à une élection comme celle-là, c'est toujours compliqué. Bon, les parrainages, et derrière, ça reste compliqué. Parce qu'en fait, c'est comment on arrive à se faire entendre le plus fort possible. Alors, même avec une absence de démocratie dans les médias, même avec des débats qui sont supprimés, de toute façon, pour nous, c'est déjà un moment important, dans le sens où on s'adresse déjà beaucoup plus largement à la population. On milite au quotidien. Tout ce qu'on dit là, dans la campagne électorale, on le dit tout le temps. Mais c'est vrai que dans une campagne... On n'entend pas les candidats, en fait. Comment ?

On n'entend pas les candidats. Ben si, on l'entend quand même. Enfin, nous, on le voit, on fait des meetings à 600. Jamais on ne fait ça encore d'une campagne. Vous savez dans tout ce que c'est... Ah non, mais c'est efficace. Ah non, et nous, on voit la différence, évidemment. Les réseaux sociaux, pour nous, on est à une échelle basse. Mais on a des scores, on nous regarde, on nous écoute, ça réagit. Dans la rue, moi, je le vois. Non, c'est hyper visible. Pour nous, c'est hyper visible quand on fait la différence entre une situation hors campagne et maintenant. Et c'est beaucoup de discussions.

Et on voit, d'ailleurs, on mesure peut-être un peu mieux aussi, même si on est dans un climat de résignation, ou même si on ne voit pas des grosses luttes et tout ça. N'empêche qu'il y a beaucoup de gens qui se posent des questions, qui sont très réceptifs à ce qu'on raconte. Mais comment on fait ? Comment on s'en sort de tout ça ? Et notamment une jeunesse. Dans les meetings, on a beaucoup de jeunes, et des très jeunes, 18 ans, 19 ans, 20 ans, parfois même des jeunes mineurs qui viennent au meeting, qui viennent discuter, qui viennent poser des problèmes sur les oppressions, sur la révolte contre cette société-là. Donc en fait, ce qu'on fait là, on voit que c'est utile.

C'est utile parce qu'on fait entendre quelque chose, et on donne un petit peu d'air aussi à des gens qui étouffent dans ce climat réactionnaire. Donc en fait, voilà. C'est pour ça que pour nous, c'est une campagne qui est intéressante, parce qu'on est des militants, et plus on a de l'activité, plus les gens sont réceptifs à ce qu'on dit, plus on discute. Et derrière, c'est aussi l'idée de comment on reconstruit des outils militants. Et il y a l'idée évidemment que le NPA, on n'est pas très costaud, donc si on arrive à se renforcer dans cette campagne-là, tant mieux.

Mais au-delà de la question du NPA, c'est comment on arrive à poser le problème d'un outil politique à gauche, d'une gauche radicale qui manque. Et c'est ça qu'on veut mettre aussi sur la table de cette présidentielle-là, d'un débat, de perspectives politiques. Et la campagne électorale, de fait, même avec ses limites, même avec tout ce qu'on disait tout à l'heure, c'est aujourd'hui pour nous quelque chose qui va nous aider beaucoup. Alors il y a un collectif, le collectif Stop Bolloré, qui organise demain un meeting à Paris, pour dénoncer la concentration des médias aux mains de quelques milliardaires, dont la figure la plus caricaturale est celle de Vincent Bolloré.

Comment fait-on aujourd'hui face à ces grands groupes qui font main basse sur la presse ? Après, sur les questions comme ça, je ne sais pas comment répondre. Parce qu'on est dans une période où on subit pas mal de choses, même quasiment tout. Et ça fait des années, des décennies même, qu'on est plutôt dans des logiques de défaite. Dès qu'on se bat, que ce soit des réformes antisociales, comme la réforme des retraites ou les réformes des retraites, où tout ce qui arrive, on voit bien qu'on n'arrive pas à se défendre, on n'arrive même pas à empêcher les reculs. Alors on pense donc arriver à gagner des choses. Donc on est en face d'une grosse machine qui maîtrise un peu tout.

Bolloré et ses amis milliardaires, enfin je ne sais pas s'ils sont amis, mais enfin ses collègues milliardaires qui prennent le contrôle des médias, mais qui prennent le contrôle de toute façon de l'économie dans son ensemble. Comment on fait face à ça ? Il y a des groupes industriels en plus de Vincent Bolloré, il y a des intérêts en Afrique. C'est bien compliqué peut-être. On l'a vu il y a quelques années à Canal+, par exemple, pour enquêter sur la France-Afrique.

Je veux dire, aujourd'hui, c'est difficile pour les journalistes, d'autant plus qu'Emmanuel Macron, comme d'autres, comme les candidats de droite et d'extrême droite, ils ont dit qu'ils souhaitent mettre fin à la redevance audiovisuelle. Non, mais là, de toute façon, oui, on est dans une sorte de surpouvoir. Bon, les capitalistes... Un phénomène qui va s'accélérer. Oui, qui dirige l'économie depuis... Enfin, c'est la définition même du capitalisme. C'est le pouvoir et la propriété du capital, et c'est eux qui contrôlent l'économie et qui décident. Mais c'est vrai que les années d'ultralibéralisme ont renforcé ce pouvoir-là.

Et aujourd'hui, on est dans une sorte de surpouvoir ou d'un pouvoir absolu, à tel point que les États, que les pouvoirs publics ou la puissance publique, elle est quasiment au service de ces ultra-riches-là. Et on le voit avec la politique de Macron, c'est l'illustration presque parfaite de ça. Donc nous, après, on est confrontés à ça. Comment on se défend ? Et on sait que la seule véritable force qui est capable de bousculer ça, c'est une mobilisation sociale profonde. Enfin, c'est des millions de gens dans la rue. Et c'est ce qui nous manque aujourd'hui pour bousculer ça.

Donc nous, après, c'est comment on y arrive, comment on arrive à redonner un peu de confiance, comment tout ça, ça se reconstruit, comment on retrouve de la force par en bas. Et c'est les questions qu'on se pose. Et c'est ça qu'on essaie aussi de faire dans la campagne, c'est d'aider à ce qu'il y ait un débat et une discussion qui avance sur ces questions-là. Mais on sait, nous, on est convaincus que pour contrecarrer le pouvoir d'un Bolloré et les autres milliardaires, c'est des révoltes, c'est des batailles sociales par en bas. Mais il faut être en capacité de l'organiser.

Non, non, je voulais juste souligner que dans votre programme, il y avait des propositions assez concrètes concernant la concentration des médias, comme la suppression de l'ARCOM remplacée par un organisme indépendant, une réforme du système d'aide à la presse. On voit que c'est quelque chose qui a été pensé. L'ARCOM, le texte, c'est ça. Oui, c'est ça. Oui, mais en fait, sur tous les sujets, on va avoir des revendications qu'on pourrait dire presque réformistes dans le sens où c'est comment on contrecarre, comment on limite un pouvoir. Mais nous aussi, on pose un autre problème.

C'est quand la réalité, c'est qu'on va pour vraiment neutraliser des Bollorés ou empêcher les moyens de nuire à ces puissances-là, à ces multinationales ou à ces capitalistes-là, c'est l'expropriation. En fait, c'est une économie qui est socialisée. Et les grands groupes. Oui, notamment les grands groupes, évidemment. On discute de ceux qui ont le pouvoir. Par exemple, du groupe Bolloré. Oui, du groupe Bolloré, de Total. Là, on parle des médias, mais on peut discuter de toutes ces grosses multinationales. Donc la seule solution, c'est l'expropriation, la socialisation. C'est-à-dire en faire que des secteurs entiers de l'économie soient complètement sous contrôle de la population.

Et c'est le système bancaire, notamment. C'est pour ça que...

14:42
Présentateur

Je précise que dans votre programme, vous voulez nationaliser notamment les industries de l'énergie et des médicaments.

14:45
Invité

C'est même pas nationaliser, c'est socialiser.

14:47
Présentateur

On a encore des questions sur ce sujet des médias. Et ensuite, on passera encore quelques minutes. et ensuite, on passera à la suite.

14:52
Invité

Oui. On a vu un candidat, pour ne pas le nommer, Jean Lassalle, qui a dit que lui ne voulait plus faire semblant et qu'il envisageait très sérieusement de renoncer à sa candidature. Effectivement, on peut se poser la question, quid de l'intérêt de poursuivre la campagne dans ces conditions-là, en fait ? Non, mais nous, on voit qu'il y a un intérêt. De toute façon, franchement, on ne s'est pas fait chier d'avoir les 500 parrainages pour abandonner au bout. Là, on est... On se trouve à ce qu'on les avoir. On ne découvre pas non plus. Mais symboliquement, ça pourrait avoir un effet, déjà, en fait, dans ces conditions. Oui, mais on n'a pas envie d'être dans la posture de la...

Parce qu'on peut toujours dire, oui, on est victime un peu. Non, ben oui, OK, on fait un constat. On fait un constat, mais ce n'est pas non plus un scoop, encore une fois. On ne se découvre pas. Justement, vous parliez de l'ARCOM, mais justement, c'est aussi un petit peu l'ARCOM qui fixe les règles du jeu. Et là, ce qu'on voit, c'est que, notamment, on l'a vu à TF1 lundi dernier, on le voit aussi, là, avec BFM, pour le débat. C'est la justification, c'est de dire, bon, ben, il y a l'égalité du temps de parole, on ne peut pas, Philippe Poutou, il a déjà eu trop de temps de parole dans les médias. On rigole. Et voilà, vous, justement, là-dessus, vous dites, il faut démanteler l'ARCOM.

Mais est-ce que ce sera suffisant ? Ce n'est pas que l'ARCOM, c'est l'ensemble des lois...

16:05
Présentateur

Je sais pas, rapidement, Philippe Poutou, vous êtes à moins de 7 heures de temps de parole, vous et vos soutiens. Un exemple, par exemple, au 11 mars, selon Le Monde, c'est plus de 150 heures pour Emmanuel Macron. Histoire de se redonner...

16:13
Invité

C'est un petit écart. Ce qui explique en partie l'écart dans les sondages, même si tout ne s'explique pas par la présence médiatique. Mais oui, c'est un effet. Ça ne change pas tout, mais c'est un effet de tassement, ou en tout cas de marginalisation et de discrédit politique. Voilà, ça joue, forcément. Mais oui, il y a la règle de l'ARCOM, c'est l'impression, quoi. Oui, mais c'est l'ensemble des règles électorales. Parce que, bon, je reviens sur les parrainages, mais après, c'est la question aussi financière. Des partis politiques qui ont des millions à disposition, c'est évident qu'ils ont d'autres moyens d'agir, de se faire entendre. Ce n'est pas juste la question médiatique, en fait.

C'est aussi la présence au quotidien, en dehors des campagnes électorales. Et nous, on arrive, on ne découvre pas ça. D'autant plus que l'absence de démocratie, ce n'est pas juste la liberté de parole ou le temps de parole dans une campagne électorale. Encore une fois, il faudrait discuter de la destruction des services publics. La remise en cause démocratique dans la société, c'est quand même plus ça. À la fin de la rue, on est aussi là-dedans. Oui, parce que c'est des logiques de démantèlement de services publics, c'est des logiques de contrôle par les financiers ou par les milliardaires de l'information et de la culture. Donc, c'est un peu tout ça qu'il faut arriver.

Alors, nous, on arrive et on voit ça. On ne va pas dire, ciao, on ne savait pas que ça allait être comme ça. On ne peut pas dire ça. On n'est pas même...

17:24
Présentateur

On va accepter de jouer un jeu qui est déjà... Vous le critiquez, pourtant, vous jouez dedans.

17:28
Invité

Oui, on sait, mais on sait qu'en participant à une élection, d'abord, on n'est pas électoraliste. Bon, déjà, on va à une élection et on dit que ce qu'il faut, c'est des révoltes. C'est ce qui se passe en Corse, la solution. Ce n'est pas un bulletin dans l'urne. C'est ce qui se passe en Corse. Donc, déjà, ça. Deuxièmement, la fonction présidentielle, on n'en veut vraiment pas. Et on ne va pas faire les naïfs là-dessus. On ne veut pas être président de la République. L'objectif, c'est une tribune et que... Non, mais ce n'est pas qu'une tribune. Ce n'est pas qu'une tribune. Parce que, justement, on peut, effectivement, dire « Ah oui, mais alors, vous servez des élections comme une tribune.

» C'est ce qu'on disait souvent à un moment donné. Mais ce n'est pas une tribune. En fait, il n'y a aucune raison, en réalité, qu'on ne soit pas dans cette élection-là. C'est ça. Dans l'autre sens. On peut nous dire pourquoi vous y êtes, avec un pourcent. En plus, vous ne voulez pas être président de la République. Quel intérêt ?

18:03
Présentateur

À l'inverse, c'est pourquoi on n'y serait pas.

18:08
Invité

Pourquoi un parti politique, aussi petit soit-il, il ne pourrait pas participer à l'élection présidentielle ? Parce que l'élection présidentielle, l'enjeu, ce n'est pas juste... Nous, on pense que l'élection présidentielle, c'est l'occasion de discuter du pouvoir. C'est quoi cette société ? C'est quel pouvoir ? Est-ce qu'on peut avoir une société avec un pouvoir différent ? C'est quoi la démocratie ? Est-ce que la démocratie, c'est choisir un président et puis après, on attend 5 ans, une fois qu'on s'est bien fait avoir ? Ou est-ce que c'est prendre ses affaires en main ? Est-ce que c'est qu'on soit des cadres de démocratie directe ?

Donc, on a toute légitimité à être présent là et à essayer. Alors, évidemment, c'est compliqué. Et c'est même presque impossible. Mais en tout cas, on essaie de le faire. de dire, voilà, la discussion, elle peut être là. Sur ces questions-là, quelle société dans laquelle on vit ? Et qu'est-ce qui peut changer ? Est-ce que l'absence de démocratie, c'est juste un problème institutionnel ? Ou c'est aussi un problème de rapport de propriété dans le système capitaliste, de procession ? Et c'est tout ça qu'on veut discuter. Et nous, on a cette utilité-là. Alors, on sait que c'est compliqué. On sait qu'on ne nous aide pas. On sait qu'en fait, on n'était pas invité à cette élection-là.

On a forcé une invitation. C'est comme si on allait piquer le carton d'invitation à quelqu'un. Et on arrive, mais on vient quand même. Et ce n'est pas maintenant que c'est difficile qu'on va dire, on se casse. On ne peut pas faire ça. Après, la salle, ce n'est pas du tout la même chose que nous. Nous, on est une organisation politique militante. La salle, bon, je pense qu'il restera. Il restera, la salle, parce qu'il continuera à dire ce qu'il a à dire. Mais voilà, nous, on est une organisation militante. On fait une campagne militante. Et c'est vrai aussi qu'on est hyper motivé à les faire chier. Dès qu'on peut les faire chier, on va les faire chier. Il n'y aura peut-être pas de débat.

Mais dès qu'on peut prendre 5 minutes sur BFM ou sur LCI pour dire, eh bien, oui, Macron, il se fout de la gueule du monde. Et puis, ce qu'on veut, nous, vive la Corse, on lutte. Voilà, c'est ça. Et cette voie-là, elle est hyper importante. Même si c'est 10 secondes, même si c'est 7 heures sur 150, ça compte. Et on pense qu'il y a cette utilité-là. Et encore une fois, derrière, c'est le côté aussi un peu psychologique, d'une certaine manière. C'est que plus on fait entendre ces idées-là, plus on permet à des gens de s'en emparer. Et nous, on veut être utile à ça. Pas tout seul, parce qu'on sait que la gauche, elle est diverse et tout ça.

Mais nous, on veut notre petite part dans cette remobilisation populaire.

20:06
Présentateur

Justement, Philippe Poutou, avec les médias indépendants, vous avez une heure pour en parler. On va l'utiliser aussi pour parler de vos propositions, de votre programme. En vérité, on s'est aperçu en préparant cette émission qu'il n'y avait pas grand monde qui vous posait des questions de fond sur le programme. Pourtant, il se distingue très clairement des autres candidats et candidates. On en parle tout de suite.

20:26
Invité

Manif intersyndical sur les salaires, vous y étiez. Et dans votre programme, vous proposez de relever le revenu minimum à 1 800 euros net par mois, d'augmenter tous les revenus de 400 euros aussi. Est-ce que c'est la solution miracle face à la montée de l'inflation, la hausse du prix des carburants ? On ne raisonne pas comme ça. En fait, on essaie de partir du principe de ce qui ne va pas. Aujourd'hui, le SMIC tel qu'il est aujourd'hui, les revenus en général, c'est largement insuffisant pour pouvoir vivre décemment. Donc, en fait, le chiffre qu'on fixe de 1 800 euros net, là, on discute d'un SMIC, mais en réalité, on ne discute pas que d'un salaire. On discute de...

En fait, tous les revenus à minima doivent être 1 800 euros net. Et ce n'est pas un chiffre au hasard. C'est un chiffre qui correspond, en fait, à... Pas que nous, il y a des milieux associatifs, syndicalistes. En dessous de 1 800 euros net, on ne vivra pas correctement. Donc, c'est déjà de partir de ce principe-là. C'est-à-dire, en fait, on est dans une société moderne avec plein de richesses. Il n'y a aucune raison qu'il y ait des gens qui souffrent parce que... Ou pour une raison ou pour une autre. Et puis, donc, il faut un revenu minimum. Et ce revenu minimum, c'est 1 800 euros net. Financé sur les profits. Financé sur les profits.

Mais ouais, mais après, la question, elle est toujours là. C'est qu'effectivement, parce que là, c'est 1 800 euros net. Après, on peut discuter, pareil, de la retraite à 60 ans. Nous, on pense qu'il faut qu'elle revienne à 60 ans avec 37 annuités. Parce que sinon, un jeune qui commence tard, il n'a jamais la retraite à 60 ans. Donc, il faut faire le lien.

21:47
Présentateur

Je suis seul à le proposer avec Nathalie Arthaud et Jean-Luc Mélenchon. On va en parler.

21:49
Invité

La réduction du temps de travail, pour nous, c'est fondamental aussi. 3 jours ou 4 jours, enfin, 28 heures, 32 heures. Enfin, en tout cas, réduire de manière importante le temps de travail dans l'idée de répartir le travail entre toutes et tous avec ce revenu-là. Voilà. Donc ça, toutes ces revendications sociales-là, avec à côté la défense des services publics ou la reconstitution des services publics, pour nous, c'est des réponses aux urgences sociales.

Et pour vivre correctement, dans une société qui a largement les moyens de le permettre, donc on se dit qu'il faut oser de mettre, comment dire, revendiquer des choses, pas s'excuser, en fait, d'exister ou pas s'excuser, de dire, oui, j'aimerais bien avoir un peu plus. C'est pas un peu plus qu'on veut. C'est normal. On veut normal. On veut, enfin, je ne parle pas bien, mais on veut des choses qui... On veut des gens ennettent. Mais ouais, mais c'est une question de dignité. C'est une question de... On n'est pas en train de... Sinon, c'est un peu, des fois, le problème des luttes syndicales. On est tellement affaibli, tellement... Mais non, c'est pas 2% de plus qu'on veut.

C'est qu'en fait, on veut un partage équitable de la richesse dans la société, d'autant plus que cette richesse de la société, elle est quand même produite, pas par les actionnaires, pas contrairement à ce qu'on veut nous faire croire, pas par les milliardaires, elle est produite par tous ceux qui galèrent, et y compris ceux qui sont aujourd'hui au chômage. – Par rapport à ça, vous avez dit le mot oser, mais oser, c'est justement peut-être le sujet, parce que, par exemple, vous avez parlé des retraites. Emmanuel Macron, lui, il veut la retraite à 65 ans. Vous, à contrario, vous venez de le dire, vous voulez la retraite revenir à 60 ans.

– Mais durant ce quinquennat, avec plus toutes les promesses aujourd'hui que nous fait la majorité pour le prochain mandat, s'ils sont réélus, on a l'impression de faire face à de nombreuses régressions sociales, il y a des attaques de toutes parts qui se profilent. On ne respire plus dans un contexte, là où on étouffe aussi dans un contexte économique avec l'inflation, etc. Alors, justement, on a là une candidature avec la vôtre, avec peut-être aussi Nathalie Arthaud, des candidatures qui sont là pour parler, justement, vous dites le mot oser, mais ça tranche, ça tranche beaucoup, quoi.

– Oui, c'est pour ça que c'est ça, c'est oser, c'est aussi, donc, oser avoir un programme radical, un programme qui discute clairement de la redistribution des richesses et qui discute du contrôle sur l'économie, parce que là, c'est aussi pas juste rééquilibrer, comme s'il fallait prendre un petit peu sur les riches pour redonner un petit peu aux pauvres, c'est même pas ça l'idée, parce que ça serait hyper temporaire ou hyper transitoire. C'est comment on peut empêcher, justement, une inégalité à ce point-là, comment on peut empêcher une accumulation de richesses en haut, parce qu'après on peut dire, ah, ça va monter en haut, mais après ça se redistribue. – Non, justement, là-dessus…

– Non, mais c'est oser, je finis juste, c'est oser poser le problème du système tel qu'il fonctionne, pas juste les conséquences de ce système-là. Il faut qu'on discute de pourquoi ça se passe comme ça. Et le système capitaliste, mais le système capitaliste, c'est la propriété des moyens de production, des multinationales, entre les mains des ultra-riches. – D'ailleurs, on va parler des propriations. – Tant qu'on ne s'attaque pas à ça, eh bien, on va se retrouver toujours à… En fait, il va falloir toujours se battre, toujours résister, et on sait que le camp des opprimés, il n'a pas toujours les moyens de résister en permanence et de se battre en permanence.

Donc, pour éviter cette situation-là, il faut s'attaquer à la source du problème, et la source du problème, c'est la propriété capitaliste. Donc, c'est pour ça qu'on parle d'expropriation, de socialisation, y compris le système bancaire. Et il n'y a que comme ça qu'on peut réellement mettre en place une économie… – La réquisition aussi, parce que moi, quand j'ai lu votre programme, j'avais un petit peu l'impression que la réquisition, c'est un peu l'outil premier de votre politique. – Oui, oui, mais quand je dis expropriation, c'est la réquisition, effectivement, on réquisitionne, même si la loi de la réquisition, par exemple, des bâtiments vides, ce n'est pas de l'expropriation.

Mais nous, on est effectivement sur la réquisition et sur l'expropriation, c'est-à-dire, en fait, la suppression de la propriété privée capitaliste. Et c'est… Alors, après, on nous dit, c'est utopique ou machin, oui, sûrement, pour l'instant, en tout cas, ça l'est. Le capitalisme, ce n'est pas juste des pauvres, ce n'est pas juste des inégalités sociales, c'est aussi une planète qui est en train d'être détruite. Et puis, c'est un monde militarisé, parce qu'en fait, tous ceux qui dirigent et qui possèdent, c'est produire des armes, c'est vendre des armes, c'est soutenir des dictatures. Et puis derrière, les guerres économiques, c'est les guerres militaires. Donc, en fait, il y a vraiment…

Nous, on pense qu'il est vraiment d'actualité, et il est vraiment très raisonnable, même, de discuter de comment ce système-là, on le renverse. – Oui, c'est détrui. – Et notre programme, il est constitué de ça. Alors après, on a des revendications, comme vous dites, des revendications qui permettent aussi de montrer à quel niveau on devrait oser revendiquer. Mais plus on ose revendiquer, plus on met la barre haute, plus ça permet aussi de poser le problème politique de fond, qui est celui de la remise en cause du système. Et puis derrière, c'est aussi une confiance qui nous… Enfin, voilà, c'est tout ça qui…

Nous, on pense que la radicalité du programme, elle aide aussi à discuter plus clairement de comment on fait pour les obtenir. Et là, on voit assez clairement aussi que les élections, ça ne paraîtra pas le moyen le plus sûr pour changer la donne, quoi.

26:14
Locuteur

– Oui.

26:14
Invité

Et votre programme, il se distingue aussi parce que vous proposez un retour de l'État en force. Donc, un million de fonctionnaires embauchés, renforcer le service public, nationaliser les entreprises de l'énergie et du médicament, réquisitionner les banques privées. C'est ça la solution pour vous ? Plus d'États, un retour massif. – Oui, mais un État, on va dire… Alors comment on discute d'un État social ou d'un État… – Sous-tit. – Oui, c'est un État socialiste. Bon, après, si on discute de la théorie marxiste de l'État… – Un État socialiste, ce n'est pas cette politique-là.

26:41
Présentateur

Et là, c'est une politique de l'État au bout de la rue. D'un coup, il revient partout. – Oui.

26:44
Invité

Là, c'est la question de l'État, parce qu'en fait, l'État, d'un point de vue marxiste, c'est un outil entre les mains de la classe qui domine la société, de la classe des possédants, donc des capitalistes. Et en fait, dans la théorie marxiste, et qu'on nous, on maintient, enfin qu'on défend, qu'on reprend, c'est la destruction de cet État-là parce qu'il ne peut pas se modifier.

Mais c'est vrai que dans ce qu'on revendique aujourd'hui, on voit bien les politiques ultra-libérales, on voit bien l'accaparement des richesses par les plus riches et à quel point l'État sert à ce mécanisme d'éternement des richesses et de vol des richesses pour les plus riches, et donc avec le démantèlement des services publics, avec l'appauvrissement. Donc effectivement, la revendication transitoire à minima, c'est de discuter comment la puissance publique peut à nouveau servir justement d'outil de redistribution des richesses, donc de contrôle des richesses.

Mais au bout du compte, ça pose le problème du pouvoir et de reprendre le pouvoir, donc de reprendre la main sur un État comme ça, mais de transformer cet État, de manière à ce que l'économie, ce soit vraiment une société qui fonctionne avec la préoccupation de répondre aux besoins sociaux. Et donc pour ça, il faut enlever les moyens de nuire, il faut enlever le contrôle aux capitalistes. Donc c'est pour ça que c'est la remise en cause d'un État aussi. D'accord.

On doit s'attendre pour les prochaines années apparemment à de gros combats, à de grosses luttes des classes, parce qu'on voit que la plupart des candidats qui sont visiblement les mieux partis pour prendre la suite sont quand même des candidats dont le programme est assez violent. Comment vous, vous préparez la suite ? C'est quoi ? Comment vous comptez faire face en fait ?

28:11
Présentateur

En quelques mots, puis après on passera. En quelques mots ? Pas trop, alors c'est ça que ça veut dire.

28:15
Invité

Sachant que tout ce que vous dites, ça va devoir être conquis aussi d'autres luttes. Enfin là, Macron a présenté son programme, on a vu un peu les... On a bien vu... Ce que c'est à Berguilier, on a vu ce que... De toute façon, Macron, pour lui, il est sûr de gagner, il est en train de dire ce qu'il va... Il est en train de... Contrairement à ce qu'il avait fait il y a 5 ans, il est en train de nous dire ce qu'il va nous faire. Donc effectivement, c'est la retraite, même les attaques contre les droits des chômeurs, puisqu'en fait, le RSA sera conditionné à du travail effectif.

Et puis même pour le monde des enseignants, les enseignants, ils pourraient avoir peut-être une augmentation de salaire, mais à la condition de travailler plus. Mais du coup, vous comparez à une rentrée sociale ? Oui, non, mais c'est clair, c'est clair. Mais de toute façon, le problème qu'on a, c'est que le pronostic des élections, il est terrible de ce point de vue-là. Parce que soit c'est Macron qui gagne, c'est le grand favori, mais si c'est pas Macron qui gagne, c'est Le Pen. Et si c'est pas Le Pen, c'est peut-être Zemmour ou Pécresse. Et en fait, la victoire à gauche, entre guillemets, elle est la moins probable.

Donc on sait de toute façon qu'on va avoir un gouvernement ultra-libéral et réactionnaire. Parce qu'on peut dire que Macron, on est aussi dans le réactionnaire. Parce que les Darmanins, les Blanquaires, idéologiquement, on n'est pas loin des idées d'extrême droite, et même très proches des idées d'extrême droite. Donc de toute façon, on aura un gouvernement qui sera notre ennemi. Donc c'est la question du plan B, effectivement. C'est qu'aujourd'hui, on sait qu'il faut qu'on se prépare à des mouvements sociaux. Alors comment on construit ça ? Et c'est ça que je disais au début. C'est comment, dans la campagne électorale, on peut déjà poser ce problème-là.

Et c'est ce qu'on peut reprocher à Mélenchon, d'ailleurs, avec qui on partage pas mal de revendications sociales. Mais il y a un truc qu'on ne partage pas du tout. C'est faire comme si il gagne, tout est bon, mais et s'il ne gagne pas ? Et qui est malheureusement, d'une certaine manière, le plus probable. Comment on se prépare à la suite ? Comment, à partir du mois de mai, qu'est-ce qu'on fait à partir du mois de mai ? On attend 5 ans ? On attend 5 ans qu'un autre super candidat de gauche puisse éventuellement gagner ? Donc c'est pour ça que l'actualité aujourd'hui, c'est les luttes sociales, c'est le mouvement social à construire, à reconstruire.

Et c'est aussi de discuter d'un outil politique qu'on n'a pas. La gauche, elle est laminée. Elle n'est pas que divisée. Elle est complètement impuissante, complètement hors sujet ou hors concours. Donc il faut discuter de comment reconstruire la gauche et quelle gauche on voudrait. On ne voudrait pas sauver ou refaire la gauche qu'on a eue hier, qui s'est reniée tout le temps et qui a gouverné contre les populations dès qu'elle a eu le pouvoir. Nous, on voudrait une gauche radicale, anticapitaliste, féministe, internationaliste, antiraciste. Et comment la reconstruise cette gauche ? Et avec qui ? Et avec qui ? Non, mais parce que personne n'en parle.

Et ce n'est ni Mélenchon, ni Roussel, ni encore moins Jadot ou Hidalgo. Alors nous, on essaie d'en parler. Et c'est important d'en parler, c'est de se dire, alors qu'est-ce qu'on fait ? Comment on se défend demain ? Est-ce qu'on est capable d'imaginer la situation dans un mois ? Parce que les élections, c'est dans un mois. On sera dans la merde dans un mois. Donc pourquoi personne pose ce problème-là ? Qu'à un moment donné, peut-être qu'il faut discuter que faire de la politique, ça ne sera pas juste attendre 5 ans. Et c'est ça qu'on voudrait mettre sur la table.

Philippe Poutou, si la lutte des classes, elle doit s'intensifier ces prochaines années et qu'on doit s'attendre à de grosses luttes, il y a aussi peut-être de la répression policière, malheureusement, qui souvent accompagne ces luttes. Donc il va falloir aussi peut-être s'y préparer. Philippe Poutou, je vous avais reçu sur ce plateau en juin. À ce moment-là, je vous avais demandé, je vous avais posé une question si on avait besoin de continuer à déléguer la sécurité à des corps d'État, s'il n'était pas temps de penser notamment à la question de l'abolition pénale.

Vous m'aviez répondu que ce n'était pas forcément évident à formuler aujourd'hui ce sujet, mais que vous ne rejetiez pas forcément cette idée. Vous voulez d'abord apporter une réponse immédiate par rapport à une urgence face aux violences systémiques de la police, notamment dans les quartiers populaires, en commençant par désarmer. Alors comment vous allez procéder et par quel bout, quelle est la priorité ? Après, c'est sûr, il y a la vision un peu à long terme ou la revendication à long terme. Nous, on pense qu'il faut abolir la police, mais c'est dans l'idée d'une autre société où justement, il n'y a plus d'exploitation, plus d'oppression, donc plus d'ordre à maintenir.

L'ordre capitaliste ou l'ordre du dominant, c'est là où il y a besoin d'une police. C'est quand il y a une société divise en classe sociale, une société qui repose sur l'exploitation et l'oppression, il y a besoin d'une police pour maintenir cet ordre-là, cet ordre des dominants. Donc quand on est dans la perspective d'une société où il n'y a plus de classe dominante, évidemment, la fonction policière, ce n'est plus du tout la même. Donc à long terme, et d'ailleurs, ça ne se discute pas qu'à long terme, c'est qu'il y a aussi des débats sur l'abolition de la police. Comment on pourrait... Ça se travaille.

Alors nous, on travaille comme on peut avec les moyens du bord, mais on sait qu'il y a des milieux ou universitaires ou militants dans les collectifs qui posent le problème. Aux États-Unis, quand il y a eu la mort, l'assassinat de George Floyd, on a bien vu Black Lives Matter qui posait aussi ce problème de comment... Enfin, d'essayer de voir... Donc il y a ça. Alors ça, c'est à long terme. Aujourd'hui, c'est difficilement crédible, comme on fait dans les médias.

C'est pour ça qu'on a aussi des revendications qui posent aussi les problèmes de cette police-là qui est ultra-violente et qui est de plus la société est en crise, plus il y a des inégalités sociales, plus il y a des risques de contestation sociale, plus cette police va jouer son rôle de maintien de l'ordre et plus elle va être répressive. C'est ce qui se passe avec Macron. Comment vous allez faire face à cette corporation justement qui est très organisée et qui se défend, quoi ? C'est comme tout. C'est une question de rapport de force, de mobilisation.

On peut imaginer, sans discuter d'une révolution dont on ne sait pas quand c'est qu'elle va avoir lieu, on peut discuter que si le rapport de force il change dans la période qui vient, s'il y a des mobilisations permanentes, on peut imaginer qu'on peut faire avancer des revendications sur la démilitarisation de la société, c'est-à-dire, oui, désarmer la police, en tout cas les corps de police qui sont en contact avec la population. Mais je ne sais pas si vous avez vu les images en Corse. Les images en Corse, c'est intéressant parce qu'on a des manifestants qui avancent, une police qui recule.

Et là, après, on peut se dire, il y a un moment donné, peut-être que la population sera suffisamment forte et elle-même pourra se défendre contre la violence policière. Et que si... On ne s'en fait pas sur la police. On ne va pas parler de la police. C'est ça, mais c'est ça. Mais la Corse, c'est la démonstration de la réponse populaire face à la violence policière. Seulement sur la question de désarmer la police, c'est une proposition que vous avez dans votre programme. Vous l'aviez déjà énoncée en 2017 et vous aviez choqué certaines personnes. Mais c'est une proposition qui est intéressante.

On est dans un contexte où il y a une inflation de mesures sécuritaires, où on sort d'un quinquennat qui l'a démontré plus qu'aucun autre. Mais comment vous pouvez être audible ? Comment vous pouvez convaincre, en fait ? Parce que désarmer... Comment vous pouvez l'expliquer, cette proposition, aujourd'hui, par exemple ? Ce n'est pas une proposition, c'est un combat. La révolte, on verra demain. Mais quand ça va se révolter, quand ça va péter, l'armement, il ne sera pas que du côté de la police. Donc le problème qu'il y a, c'est que les droits démocratiques...

Non, mais sinon, après, on fait comme si, aujourd'hui, ne serait-ce que se battre pour défendre son niveau de vie, comme l'ont fait les Gilets jaunes, on se fait tirer à vue. Ils se sont fait tirer à vue. LBD, Grenade, d'une manière complètement injustifiable. Mais injustifiable. Personne blessée, une violence physique, une violence psychologique, quelque chose qu'on n'aurait pas imaginé en France. Et voilà, on a vu après, depuis que même... Au bon des blogs, on documente dans les quartiers populaires la manière dont la police agit depuis des années et des années, avant même le mouvement des Gilets jaunes.

Tout à fait, parce que l'État est raciste, parce que l'État est encore colonial et que l'ennemi intérieur, ça reste le monde arabe, le monde des Noirs, toutes ces populations qui sont issues des peuples... Les militarisations aussi des quartiers populaires. Oui, c'est analysé par rapport à des sociologues, comme Mathieu Rigouste. Donc, il y a effectivement... Et c'est vrai que la violence policière, elle est vieille, cette violence policière. Elle est dans les quartiers populaires. Donc, il est complètement... Aujourd'hui, on en arme, même dans les pays municipales. Il est complètement légitime. Il est complètement légitime.

Et je pense que ce n'est pas dur de convaincre, ou en tout cas de faire comprendre l'idée que la police doit être désarmée. Il y a plein de gens qui pensent que la police, elle abuse de son pouvoir, elle agit comme des cow-boys. Et effectivement, des jeunes qui meurent sous les coups de la police, ça fait quand même longtemps que ça existe en France. Et c'est les mouvements des Gilets jaunes qui ont permis peut-être de faire sortir cette violence-là, de la rendre un peu plus visible. Donc, nous, quand on dit... Nous, quand on dit il faut désarmer la police, c'est une idée très populaire. Il n'y a pas besoin de convaincre. Par contre, quel moyen on a de le rendre effectif ?

Ça, c'est autre chose. Mais ça repose sur des combats politiques qu'il faut qu'on arrive à mener. Et de montrer que, justement, cette défense de l'ordre capitaliste, il ira d'autant plus loin et qu'on va avec les lois liberticides, avec tout ce qui est aujourd'hui fait de manière à limiter la contestation, en intimidant, dès qu'on descend dans une manif, eh bien, voilà, maintenant, c'est même plus le risque de se faire gazer. C'est qu'on se fait tirer dessus. Ou derrière, c'est de la garde à vue et derrière, ça peut être quelques mois de prison. C'est hyper facile, aujourd'hui, de se retrouver en prison quand on manifeste.

Bon, donc, c'est comment on se défend par rapport à ça et ça pose le problème. Il y a sur la question de la répression des mouvements sociaux. Il y a, par exemple, basiquement, sur une commune, on enlève la police, on la remplace. Par quoi ? C'est peut-être ça aussi qu'il faudrait pouvoir réussir à expliquer aux gens, de dire, en fait, demain, on enlève la police, je ne sais pas, le mec qui tape sa femme, on en fait quoi ? Ouais, d'accord, mais là, on discute, il y a plusieurs sujets, là, on discute du désarmement de la police, on ne discute pas de l'enlever. Là, j'ai discuté que l'enlever la police... C'est moi qui ai parlé dans le... Voilà, ouais, non, mais...

36:40
Présentateur

Un policier sans armes, c'est toujours un policier, on peut se demander comme ça. C'est un peu bête, je trouve l'avocat du jambe,

36:44
Invité

un policier armé dans une manif, c'est injustifiable. Vous pouvez penser qu'à un moment donné, ça l'est, ça ne l'est pas. Donc, qu'on soit là pour le dire, c'est quand même un minimum. Qu'un policier soit armé dans un quartier populaire, c'est injustifiable. C'est ça qui fait qu'il y a des morts. Donc ça, il faut être ferme là-dessus. Il n'y a aucune raison que la police soit armée dans ces conditions-là. On ne parle pas de la chasse au terrorisme, on ne parle pas de la mafia, on ne parle pas de ça. On parle dans les manifs, dans les quartiers populaires. Donc déjà ça, arriver à faire le tri.

Ensuite, évidemment, la police, elle est utile aujourd'hui dans le cadre des violences conjugales, notamment, et pas que. Il y a des tas de violences du quotidien. Donc là, mais ce n'est pas parce que la police peut avoir un rôle utile aujourd'hui dans ces histoires-là que la police, elle est utile partout, que la BAC, elle est utile. Nous, on pense que la BAC, il faut la dissoudre. On pense que la BRAV, il faut la dissoudre. On pense que c'est... C'est ce que nous, on discute. C'est ce que nous, on discute. C'est que la police, elle a un rôle de répression. Elle a un rôle de défendre l'ordre des dominants. Après, la police, elle a... Je ne veux pas avoir ce rôle-là.

Ce que je veux dire, c'est comment on fait... Comment on a d'autres méthodes de régulation sociale ? C'était ça, ma question. Mais oui, mais une population qui s'auto-organise. L'auto-gestion, c'est les idées libertaires, c'est les idées de contestation du mouvement social ou comment, dans les quartiers, on n'en est pas là. Mais c'est ça qu'on défend, effectivement. Justement, Philippe Poutou, peut-être pour comprendre... Pour comprendre comment... Nous, on pense que les cortèges, aujourd'hui, ils doivent pouvoir s'auto-défendre. Oui, non, mais je vais finir parce qu'une question est quand même posée. Donc, après, vous pouvez en pouvoir me poser une autre. Mais tant qu'on a...

Non, mais ça, ça prend une des émissions. On n'a pas fini de traiter un sujet. Donc, je finis juste. Je veux dire, je pense que c'est pas... C'est aussi un problème politique de fond. C'est comment la population, comment dans les quartiers... Nous, on pense que dans les quartiers, par exemple, ça pourrait se poser très rapidement. Et ça se poserait même d'une certaine manière depuis longtemps. C'est comment les quartiers sont en situation d'auto-défense face même à la police. Comment... C'est-à-dire qu'on peut-être plus de services publics dans les quartiers populaires, dans les secteurs territoires. Non, mais même... Nous, on n'est pas une démocratie directe par en bas.

On remplace la police par du soin, par l'école, par l'éducation ou pas. Si la police... Dans le cadre où la police, elle joue un rôle violent, brutal, et de répression et d'attaque, d'agression d'une population dans les quartiers, notamment des jeunes. Le problème peut se poser que politiquement, comment cette jeunesse-là, comment ces quartiers-là se défendent eux-mêmes, s'organisent eux-mêmes, et puis même discutent de tous les problèmes internes. Parce que des violences internes, il peut y avoir avec les jeunes qui font du scout, qui font du bruit, où des fois, il y a des bagarres, il y a des règlements de comptes et tout ça.

En fait, est-ce que la population, à un moment donné ou à un autre, ne serait pas en capacité de traiter ces choses-là ? Y compris, donc, toutes ces questions qu'on dit d'ordre privé qui ne sont en réalité pas d'ordre privé, c'est les violences familiales. Alors, est-ce qu'on ne pourrait pas imaginer... Parce que là, on a une habitude, une société, où il y a une police qui doit s'occuper de ça.

Et on pourrait discuter aussi comment la population s'en occupe, comment des services sociaux, comment des services publics ultra présents dans tous les quartiers populaires pour justement avoir des réponses pas seulement répressives, mais aussi des réponses de comment faire en sorte que la vie sociale se passe beaucoup mieux, sans chômage, sans pauvreté. Peut-être que si l'État était un peu plus présent, notamment à travers les services publics, le soin, l'éducation, etc., il y aurait peut-être moins besoin. La question éducateur, animateur, et puis bon, en fait, ça relève d'une violence de la société, une violence avec le chômage, la précarité.

Je voudrais vous demander par rapport à ça, parce que si, très rapidement, pour passer à la question suivante, mais parce que, justement, vous me dites que vous avez mené une réflexion profonde au-delà des mesures... Non, pas assez profonde, je pense, mais bon, on mène une réflexion, oui. Au-delà des mesures de désarmement sur la question de la remise en cause, mais je parle d'un point de vue structurel de la police, est-ce que, du coup, ça signifie aussi qu'on discute de son financement ? Est-ce qu'on maintient le budget de l'État qui est réservé, justement, à la police ? Qu'est-ce qu'on en fait de ce budget ?

Ah non, mais nous, on est pour diminuer, évidemment, mais enfin, nous, on est convaincus... C'est une des grandes revendications outre-Atlantique, justement, avec Black Lives Matter et des formes de police. Oui, d'ailleurs, ils demandaient des diminutions drastiques de budget de financement des polices fédérales, des polices de ville. Des formes de police. Oui, oui, tout...

Non, mais justement, parce que c'est vrai qu'on le voit, ça fait combien d'années qu'on a les discours sécuritaires, qui étaient d'abord des discours de droite et qui sont devenus aussi des discours de gauche, et qui disaient, bon, face aux incivilités, face à la délinquance, face à tout ce qui se passe, la réponse, c'est des policiers, de la vidéosurveillance, et donc toujours plus de moyens. Et on s'aperçoit que ça n'a jamais rien réglé et que la société devient quand même de plus en plus violente. Et donc là, après, c'est la question de la réponse sociale.

Nous, on pense que, par rapport à tout ça, c'est le combat contre le chômage, c'est le combat contre la précarité, et c'est vrai que c'est l'existence ou le développement des services publics, de structures publiques dans les quartiers, un peu partout, un bureau de poste qu'il ne faut pas fermer. Je voudrais passer

41:10
Présentateur

un peu aux questions d'actu. L'actualité est très, très chargée. Il y a des sujets qu'on a vraiment envie de voir. Parce qu'il y a des questions. Ah, c'est l'enthousiasme. C'est vrai qu'il faut passer à la suite. On va passer à ça et commencer par la Corse. Vous en avez déjà plusieurs fois parlé, je sens que ça vous travaille. On est à deux semaines de tensions après l'agression en prison d'Yvan Colonna, condamné pour le meurtre du préfet Erignac. Philippe Poutou, le 13 mars, sur BFM, vous évoquiez un réflexe colonial de l'État dans ces affrontements en Corse. Dans votre programme, vous affirmez vouloir mettre fin au système colonial.

Tout simplement, est-ce que pour vous, ces événements en Corse, c'est un avatar de ce système que vous dénoncez ?

41:43
Invité

Oui, un avatar. Je ne sais pas ce que ça veut dire. Mais oui, en tout cas, nous, on pense que ça semble assez clair. Il y a une colère qui a explosé en Corse en réponse, c'est suite à l'assassinat, la tentative d'assassinat d'Yvan Colonna, qui était dans le coma, qui est entre la vie et la mort. D'ailleurs, aujourd'hui, le gouvernement, il a suspendu sa peine de prison parce que quand le pronostic vital est engagé, il y a un droit qui ne fait que. Mais on voit aussi comment le gouvernement, il flippe. Il y a une colère qui s'exprime, il y a des combats de rue, il y a des images assez spectaculaires de forces de répression qui reculent. Il y a même des palais de justice qui brûlent un peu.

Il y a des jettes corretées le molotaf, etc. Et on voit l'efficacité que ça a où derrière, le gouvernement, il se demande comment ça peut évoluer et il recule. C'est parce que ça fait peur

42:34
Présentateur

au gouvernement ?

42:35
Invité

La preuve, c'est que le gouvernement, il enlève le statut d'EPS alors qu'il aurait dû le faire depuis très longtemps. Il m'intraîne des prisonniers politiques corse. Il se fout de la gueule de la population corse en ne lui reconnaissant pas des droits parce que nous, on pense que c'est un minimum, pas que pour la Corse. Il y a aussi le Pays Basque et il y a aussi, on pourrait parler de la Bretagne ou des anciennes colonies françaises dans les Antilles, en Guyane et tout ça. Le droit à l'autodétermination des peuples, c'est fondamental. Et voilà, et là, c'est un référendum foiré volontairement pour repousser.

43:05
Présentateur

Je ne sais pas si c'est un référendum auquel les canaques, donc partisans de l'indépendance, n'ont pas participé. Oui, parce qu'un référendum,

43:10
Invité

en général, on discute de comment on organise les choses. L'État a imposé un référendum à une date qui était infaisable puisque c'était en pleine crise sanitaire où les canaques, ils avaient plein de gens qui mouraient et donc ils ont demandé. L'État a dit non, on fait le référendum. Le référendum était boycotté et du coup, résultat, c'est un report d'une discussion pour plusieurs mois ou plusieurs années sur le droit à l'autonomie des peuples canaques.

43:34
Présentateur

C'est une situation très différente de la Nouvelle-Calédonie ou pas en fait ? Très différente,

43:37
Invité

il y a des points communs. Ce n'est pas exactement la même chose, évidemment, parce que les canaques se sont fait massacrer quand même pendant des décennies. Il y avait un véritable colonialisme en Nouvelle-Calédonie, en canaqui, et la Corse, ce n'est pas tout à fait la même histoire. Mais ça se ressemble quand même parce que c'est des revendications, ce qu'on appelle les revendications nationalistes, régionalistes, ce sont des revendications finalement d'un statut. Oui, c'est un statut qui demande un droit à l'autonomie, un droit à l'autodétermination et nous, on le reconnaît. Un droit à l'indépendance. Un droit à l'indépendance.

Après, c'est jusqu'où ça va, comment ça se discute et tout ça, mais nous, on est pour ça. Et c'est vrai que là, ce qui est intéressant, c'est qu'en fait, il y a un moment donné, la colère éclate. Alors, sur le déni démocratique, sur le refus de reconnaissance de droit à la culture, enfin, bon,

44:19
Présentateur

parce que c'est là-dedans,

44:24
Invité

parce que c'est dans la tête de tout le monde, sauf que ce qu'on voit, mais c'est comme les questions sociales. Et d'ailleurs, la Corse, c'est aussi une révolte sociale parce que la spéculation immobilière, la hausse des loyers, les bas salaires, mais il y a aussi une jeunesse, et c'est elle qui est très mobilisée dans le combat corse aujourd'hui, qui souffre de la situation sociale et qui n'a pas d'avenir et qui s'est... Et donc, tout ça, ça pète maintenant. Et c'est à la fois le déni démocratique sur les questions des revendications nationalistes et en même temps, les questions sociales. Mais on s'aperçoit que c'est tout le temps comme ça.

Même nous, là, aujourd'hui, il y en a plein qui ont... Quand Macron, il dit la retraite à 65 ans, il y en a plein qui ont les boules, il y en a plein qui disent Macron... Enfin, je ne vais pas dire des gros mots, mais... La colère existe. Oui, non, mais c'est pour dire, quoi. La colère existe, mais pourquoi... À un moment donné, ça éclate. Et la Corse, ça éclate. Et bien, suite à la tentative d'assassinat d'Ivan Colonna, il y a des fois des étincelles, des déclencheurs. Les problèmes, ils sont déjà bien existants avant. Et là, ça part. Et quand ça part, de la manière dont ça part aujourd'hui en Corse, on voit l'efficacité d'une lutte radicale, l'efficacité d'une colère.

C'est que le gouvernement, le pouvoir en général, ils se demandent comment ils gèrent la situation. Et il a tendance à reculer pour calmer les choses. C'est ce que fait le gouvernement aujourd'hui. Il commence à reculer pour essayer de voir si ça peut arrêter la lutte. Et c'est des calculs... Justement, Gérald Darmanin,

45:35
Présentateur

ministre de l'Intérieur, a proposé d'évoquer l'autonomie. Si Emmanuel Macron était réélu, on sait oui, peut-être c'est pour l'indépendance. Comment vous jugez ces mots de Gérald Darmanin ?

45:46
Invité

Si Darmanin dit ça, c'est qu'il flippe. Darmanin, ils sont hostiles à l'idée d'autonomie. Sinon, ils en auraient déjà discuté, ils l'auraient planifié. Ça montre à quel point ils ont la trouille. À quel point, non seulement... Enfin, en plus, un conflit en pleine période électorale, ils ne savent pas les conséquences que ça peut avoir. Mais c'est vrai que là, on a l'impression qu'en deux semaines, ils ont obtenu plus qu'en cinq ans pour les députés corses. D'ailleurs, le mouvement nationaliste, les Simeoni et compagnie, ils sont débordés par une jeunesse qui a dit, c'est comme ça qu'on va résoudre le problème. Mais c'est vrai que c'est un coup de colère.

Et nous, ce qu'on peut espérer, c'est que cette colère-là va s'organiser et qu'ils ne vont pas lâcher parce que ce sont des formidables moyens de pression. Mais là, le moyen de pression, il n'est pas juste sur la question, encore une fois, démocratique. Elle est aussi sur ces questions sociales-là parce qu'en fait, la Corse, mais comme le Pays-Basque, c'est des zones touristiques et on voit que les zones touristiques, c'est sous contrôle des ultra-riches. Et puis aujourd'hui, il n'y a même plus la possibilité de se loger correctement ou même en Pays-Basque, il y a des luttes en ce moment.

On n'en entend pas parler, mais il y a des luttes contre la spéculation immobilière et sur le droit à des jeunes de pouvoir...

46:47
Présentateur

On est parti, l'association notamment, des choses comme ça, mais on est quand même sur un protocole de paix, une volonté de paix. Alors là, c'est moins le cas encore.

46:52
Invité

C'est des mouvements où la colère n'est pas loin. Il y a des occupations, ça n'a pas été médiatisé, de la spéculation et pour dire, nous, on veut vivre en Pays-Basque. Ils ont fait reculer, ils ont gagné en justice et ils ont réussi à repousser des problèmes. Et eux, ils revendiquent aussi le droit de vivre et d'avoir non seulement d'avoir des loyers corrects et aussi la question de l'agriculture, des jeunes agriculteurs qui veulent du terrain pour pouvoir relancer un peu la production agricole de proximité. Le droit de travailler au pays. Oui, tout à fait.

Et donc, ça se passe pour l'instant, mais en fait, ce n'est pas juste pacifique parce qu'ils occupent et c'est là où on voit que ces questions-là, elles sont posées de manière à peu près semblable dans plein d'endroits. Et c'est peut-être que la lutte corse, c'est peut-être aussi, c'est ce qu'on espère quelque part, une sorte de donner envie à d'autres et de voir comment on peut coordonner les résistances pour arriver à faire vraiment reculer pour de bon le pouvoir.

47:46
Présentateur

Philippe Poutou, on va passer, je veux parler de l'Ukraine, mais du coup, en deux mots, pour vous, l'indépendance de la Corse si vous êtes président, c'est oui.

47:53
Invité

Moi, je ne réponds pas comme ça parce que je ne veux pas dire on ne dit pas, d'abord, je, ça n'a pas de sens, président, on ne veut pas l'être, mais une société démocratique, elle reconnaîtrait le droit à l'autodétermination à la population corse, à la population basque. C'est un minimum de démocratie aujourd'hui, le faire l'inverse, ce sont des sociétés qui ne sont pas démocratiques. Donc ça...

48:13
Présentateur

Je vous propose de passer maintenant à l'Ukraine, on change un peu de territoire. Je rappelle, on est maintenant à trois semaines d'une guerre déclenchée par la Russie. Dans un communiqué publié par le NPA, votre parti évoque une agression impérialiste de la Russie, mais dans votre programme, vous pointez aussi le rôle de l'OTAN, vous demandez l'arrêt immédiat de son extension. On le voit, vous distinguez deux blocs, une Russie impérialiste, un OTAN que vous jugez aussi impérialiste. En termes de responsabilité, Philippe Poutou, vous les renvoyez dos à dos, ces deux blocs, dans cette guerre ?

48:39
Invité

La preuve que non, parce que vous l'avez dit vous-même, on a commencé par la dénonciation de l'agression de Poutine et de l'imperialisme russe, donc on ne les met pas dos à dos. Aujourd'hui, il y a un constat, c'est le premier qui tire, c'est Poutine. Il bombarde sans crainte de massacrer des populations, de provoquer des afflux de migrants, peut-être 3 millions de personnes qui fuient. Non, c'est l'agression caractérisée d'un impérialisme, celle de Poutine. Alors, entre parenthèses, ce n'est pas un gros scoop, parce que là, tout le monde s'aperçoit que Poutine, c'est un dictateur, que c'est un salopard. Enfin, c'est la Tchétchénie, c'est le Donbass, la Crimée, enfin voilà.

49:11
Présentateur

Les précédents conflits déjà.

49:13
Invité

Je tiens à préciser quand même que la communauté internationale n'était pas gênée par ce Poutine-là, parce que les Jeux Olympiques d'hiver ont eu lieu à Sochi il n'y a pas si longtemps que ça. La Coupe du monde de football a eu lieu en Russie il n'y a pas si longtemps que ça. On le voit, Total et compagnie, on fait des affaires avec les multinationales, les oligarques russes il n'y a pas si longtemps que ça. Et aujourd'hui, ils ne savent pas comment gérer, comment ils vont couper les ponts, parce qu'en fait, tout le monde est mêlé à tout ça. Donc, c'est pour ça qu'il y a l'agression caractérisée de Poutine, l'intervention militaire.

Et nous, on demande évidemment, enfin, on demande si ça a un sens, mais en tout cas, le retrait des troupes russes, l'arrêt de la guerre, nous, le parti, on est, évidemment, on pense qu'il faut, et d'ailleurs, on est pour aussi une livraison d'armes pour la population ukrainienne. C'est un peu la particularité, c'est un gros débat à gauche, parce qu'on est à la fois pacifistes, on n'est pacifistes et antimilitaristes, mais face à l'armée russe, face à la deuxième, je crois que c'est la deuxième armée du monde, la Russie, on ne peut pas dire, non, la population ukrainienne, il ne faut pas qu'elle soit soutenue militairement.

50:06
Présentateur

C'est un changement, parce que le nouveau parti anticapitaliste, c'est un parti qui revendique une forme de pacifisme.

50:10
Invité

Non, mais ce n'est pas un changement, parce que pour la Syrie, on disait pareil, pour la situation kurde, on disait pareil, on est pour, en général, les livraisons d'armes. Alors après, le problème qu'on a, c'est que qui c'est qui livre les armes, dans quelles intentions et à qui elles sont livrées ? Voilà. Et là, ça revient à ce que vous disiez, c'est qu'on est dans un monde impérialiste, inter-impérialiste. Et en fait, le problème, après, il y a eu des périodes comme la révolution espagnole où il y avait les livraisons d'armes et c'était des gouvernements de gauche ou la France qui avait livré discrètement des armes aux républicains. Donc, on savait où allaient les armes.

C'était un combat qui était plus clair. Les antifascistes contre le fascisme de Franco. Il y a des situations comme ça qui sont plus faciles.

50:50
Présentateur

C'était énormément de débats à l'époque sur France.

50:51
Invité

Et à un moment où le mouvement ouvrier ou le mouvement révolutionnaire était un peu plus costaud, aujourd'hui, on n'est pas dans cette situation-là. Donc, c'est vrai que ce n'est pas simple. Autant, on pense que c'est légitime que la population ukrainienne se défende. Donc, oui, évidemment, la question de la livraison d'armes, ça paraît une évidence. Mais ça signifie qu'on peut comparer le Front républicain en Espagne avec ceux qui défendent... Non, non, non. J'essaie d'expliquer que les problèmes politiques se posent de manière un peu différente. Mais c'est vrai que c'est de voir comment les raisonnements...

Mais là, le problème qu'on a, c'est qu'en fait, on n'a aucune confiance dans l'OTAN, aucune confiance dans Biden, dans le Royaume-Uni ou dans l'impérialisme français. Parce qu'on sait que ces impérialismes-là, ils se moquent des peuples autant que les autres. On l'a vu avec l'Afghanistan, 20 ans d'intervention militaire pour à la fin partir et en laissant les talibans prendre le pouvoir et enfermer les femmes dans leur maison. On a vu l'intervention en Irak, destruction d'un État, destruction d'un pays et l'embargo, parce que c'est la question des sanctions aussi. Les sanctions qui sont imposées, ce sont les peuples qui les subissent la plupart du temps.

Et on voit les conséquences et l'intervention française au Mali qui n'a rien réglé du tout. L'armée se retire et la situation, elle est certainement pire qu'il y a 8 ans. Donc on voit ça. Donc après, c'est difficile quand on est des organisations comme les nôtres. Alors on a des liens de solidarité avec des camarades en Russie, avec des camarades dans plusieurs pays européens. On essaie de voir comment on peut construire des solidarités, comment on peut agir politiquement. Mais on a aussi une forme d'impuissance aujourd'hui. Donc c'est toutes ces choses-là qui se discutent. Mais c'est vrai qu'on est...

C'est intéressant de discuter du monde tel qu'il est organisé, de la militarisation, de la course aux armements, de la production d'armes, des ventes d'armes. La France vend des armes à l'Arabie saoudite, elle vend des armes à l'Égypte qui servent après à réprimer leur propre peuple. Et voilà. Et en plus, comme moi, la France, elle a participé à la militarisation de la Russie. C'est terrible, ça. Donc on ne peut pas faire confiance. Mais comment on pose ces problèmes-là ? Et ça ne veut pas dire que tout ce qu'on dit, c'est archi-juste parce qu'après, ça peut évoluer en fonction d'eux. Mais c'est vrai que l'attitude qu'on a aujourd'hui, c'est ça. On dénonce l'agression de la Russie.

On pense qu'il faut que la population ukrainienne ait des moyens de se défendre militairement. Mais voilà. Après, comment ça peut évoluer ? Comment ça peut se construire ? Mais surtout, on pense que c'est une solidarité internationale des peuples. Et on en appelle, mais un peu comme dans la question sociale. Comment on prend nos affaires en main ? Comment on se défend ? Et on pense qu'il faut une mobilisation forte à l'échelle européenne contre la Russie pour déstabiliser Poutine. Mais à tous les coups, il y aura un mouvement en Russie qui va faire tomber Poutine. On ne sait pas. Parce que Poutine, peut-être qu'il fait le truc de trop et qu'il va s'effondrer. On ne sait pas.

Mais en tout cas, ça part de la population qui se bat et par-delà les frontières. Et donc, contre la guerre, contre les dictatures et ici, contre le monde impérialiste.

53:18
Présentateur

On a eu votre point de vue sur l'Ukraine. Je voulais changer de sujet. Je vais m'adresser un instant à nos spectateurs. On a une tradition d'en face aux Andés. C'est une question surprise. Malheureusement, on a un problème en régie. On ne peut pas vous diffuser la question de Léa Chamboncel. D'abord, on présente nos excuses à Léa de ne pas pouvoir diffuser cette question. Je vais vous la donner. Je vais essayer de la traduire au mieux. Léa Chamboncel est journaliste. Elle vient de publier le livre Plus de femmes en politique.

Et la question qu'elle se posait, c'est qu'elle constate que dans votre programme, il y a énormément de questions sur les questions de genre, sur les questions de féminisme et tout. Mais que de Alain Crivine à Olivier Besancenot, à vous, depuis quasiment 30 ans, voire 40 ans, c'est un homme blanc qui représente l'ALCR puis le NPA. On voulait un peu avoir votre retour là-dessus. Et pourquoi on ne réussit pas à proposer, sans vouloir vous faire offense, d'autres têtes ?

54:01
Invité

Non, mais pas d'offense du tout. Parce que moi, je n'étais pas pour... Et même l'organisation, on ne voulait pas que ce soit moi. Et le problème était posé, évidemment, que ce soit une camarade, parce qu'on est bien conscients que c'est Alain Crivine. Vous allez avoir une porte-parole,

54:11
Présentateur

sinon on fera un petit son truc.

54:12
Invité

On n'a aucun problème de ce côté-là. Mais c'est vrai qu'on ne maîtrise pas tout. On ne fait pas tout comme exactement on aimerait bien le faire. On a nos propres faiblesses aussi. Et évidemment que c'est un souci pour nous. Et on n'est pas satisfait de la situation. Mais on n'est pas satisfait de plein de choses, en fait. Il y a plein de choses qu'on fait, qu'on ne sait pas faire. Et on en est bien conscient. On est bourré de défauts de toutes ces faiblesses-là. Et ça, ça en est une, clairement. Ça en est une, clairement. On le reconnaît. Je ne vais pas dire qu'on le revendique, mais on reconnaît ça. Après, on a...

Est-ce que vous avez des dispositifs concrets, clairs, pour améliorer la représentativité des minorités dans votre parti ? Ah ben oui. La direction, il y a la parité qui est maintenue. On fait un effort partout où on peut. Après, après, ce n'est pas toujours simple parce qu'en fait, ça dépend des forces militantes comment elles sont constituées. Mais la direction est à parité. Les tribunes qu'on fait sont à parité. Enfin, dans les meetings et tout ça, voilà, on a un porte-parole à parité. Donc, finalement, on fait des efforts là-dessus. Enfin, on fait gaffe. Et c'est un souci qui est pour nous.

Mais après, on ne maîtrise pas tout dans le sens, par exemple, là, aujourd'hui, pourquoi c'est moi alors que moi, personnellement, je n'avais pas envie et que nous, le parti, on n'avait pas envie que ce soit moi. Pourquoi justement ? Mais voilà, justement, je suis en train de l'expliquer. C'est cool parce qu'en fait, on s'entend bien de ce côté-là. Donc, nous, on avait ce problème. Comment on fait aujourd'hui en sachant que ça revient à la discussion du début ? C'est qu'un parti que l'on nôtre arrivait à être candidat à la présidentielle, c'est un exploit, en fait. Ça relève d'un exploit.

C'est qu'à chaque fois, on franchit le truc, on se dit, putain, mais comment on a fait pour s'en sortir ? Donc, la loi des parrainages, donc, comment on arrive à assurer une sorte de légitimité d'une candidature anticapitaliste dans le cadre d'une gauche complètement divisée, dans le cadre où une élection donne favori Macron ou Le Pen, comment on arrive à justifier notre présence ? Et donc, dans le cadre de la crise sanitaire, on n'a pas pu faire d'âge, on n'a pas pu se retrouver, on n'a pas pu discuter tout ça physiquement, comment on fait pour s'en sortir ? Et bien, finalement, au bout du compte, on s'est dit, si on fait un visage inconnu, on n'y arrivera pas.

On n'arrivera pas au parrainage, on n'arrivera pas à rendre légitime une candidature. Mais vous étiez inconnu quand vous avez fait la bonne. Non, là, la troisième fois. Oui, mais la première fois,

56:11
Présentateur

vous avez réussi à le faire et pourtant, on ne vous connaissait pas quand vous avez pris la suite de Besan ce moment. Oui, mais alors ? Justement, vous nous étiez qu'il fallait un visage connu.

56:18
Invité

Pourquoi c'est moi ? Non, mais oui, on pourrait rediscuter. Il y avait la lutte forte, il y avait plein de choses et tout ça. Après, c'est des choix collectifs qui sont faits parce qu'on peut dire mais pourquoi c'est un mec ? Mais enfin, après, on vote et puis voilà. Mais là, non, je vous parle de ce coup-ci où ça devait changer et on n'a pas réussi à faire autrement et on essaie de faire au mieux. Mais après, voilà, oui, il y a les choses qu'on ne fait pas comme on n'arrive pas à faire tout ce qu'on aimerait bien que ce soit. Mais il n'y a pas que ça.

56:42
Présentateur

Alors, on va aller rapidement à une autre tradition, le fait de donner la parole à ceux et celles qui nous regardent. On a noté quelques questions que vient de m'amener, Irvine, que vous avez peut-être vues. Une question de Isab, tout d'abord, elle voudrait savoir en quelques mots quelle action concrète on peut faire pour faire payer les évadés fiscaux ? Dans votre programme, c'est interdire les paradis fiscaux. Concrètement, comment ? En quelques mots,

57:03
Invité

c'est la socialisation des banques. Il n'y a que ça. Il n'y a que ça. L'expropriation des banques, la socialisation des banques, tout le reste, c'est faire semblant. Il y a des fusions à toutes les banques. Oui, ce qu'on appelle un monopole public bancaire parce qu'il n'y a que ça qui peut faire que cet outil-là soit transparent. Tant qu'il est entre les mains du privé et des capitalistes, évidemment, c'est eux qui gèrent et puis il n'y aura jamais transparence. Donc la seule façon d'assurer de la transparence, d'assurer du contrôle et donc d'empêcher effectivement l'évasion fiscale et d'avoir un regard sur les flux financiers, c'est la socialisation des banques. Ça paraît évident.

Alors après, comment on le fait ? Mais c'est en tout cas la seule réponse concrète.

57:36
Présentateur

J'ai une autre question de Lelouch-Lampe-Rouche qui vous demande votre point de vue sur la souveraineté monétaire. On est un peu dans la même type de réponse. On est d'accord sur la question de la...

57:43
Invité

Oui, mais après, ça pose le problème des rapports sociaux, de qui dirige l'économie parce que la monnaie, c'est juste un outil qui est neutre et qui ne devient pas neutre quand il est aux mains et sous contrôle d'une classe sociale. Voilà, donc ça... Du coup, plus d'euros. Bon, on ne sait rien. Enfin, plus d'euros, ben oui, après, on pourrait dire une seule monnaie puis même la disparition de la monnaie. Enfin, si on discute de... Désolé, je vais un peu vite si le mauvais élève

58:05
Présentateur

est une question de nos téléspectateurs. Non, là, ça devient technique. Une question toute simple de Jordan. Est-ce que vous êtes... La légalisation du cannabis, est-ce que c'est oui ?

58:11
Invité

Ben, bien sûr. Ben, bien sûr. Largement. Largement, mais ça fait longtemps. Aujourd'hui, j'ai vu que même à droite, il y en a qui commencent à dire ben oui, il faut légaliser le cannabis. Ben, nous, ça fait bien longtemps qu'on le défend. Mais même, on est plutôt sur l'idée d'une dépénalisation de l'ensemble des drogues, de l'utilisation des drogues, de la consommation des drogues. Après, ça ne veut pas dire... Comme en l'article. Oui, mais ça ne veut pas dire qu'après, on considère que ce n'est pas dangereux ou que ça ne fait pas de mal et tout ça. Mais en tout cas, contre la répression liée à la consommation de la drogue. Et ça peut être aussi un outil qui esquinte un peu le trafic.

Et après, c'est comment on répond aussi médicalement, socialement à la question de la drogue qui fait aussi du dégât. Mais on est pour des salles de shoot, on est pour aussi une prise en charge collective dans la société, une structure publique qui se développe et qui permet de répondre et c'est vrai que ça passe, à notre avis, par une dépénalisation et une légalisation de ce qu'on pourrait appeler les drogues douces, même si ça ne s'appelle plus comme ça aujourd'hui. On ne distingue plus la drogue douce. Une dernière question

59:03
Présentateur

de nos téléspectateurs et téléspectatrices. The M. Kaon, mes excuses à lui ou elle si je touche son pseudo. Est-ce que le NPA aidera les ZAD face aux grands projets inutiles ? Je peux témoigner, on va pouvoir faire du reportage sur les ZAD. On voit des drapeaux du NPA. Quelle implication vous avez par rapport à ce projet ?

59:19
Invité

On est tout petit comme parti. J'exagère un peu, il y a des camarades qui disent arrête de dire ça. Mais bon, on n'est pas un grand parti. Dès qu'il y a un conflit de ce style-là, une ZAD, la plupart du temps, il y a des camarades du NPA. Le barrage de Sivins, Notre-Dame-des-Landes, le centre d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure, tous ces projets-là. On peut parler à Besançon aussi, à Les Jardins de VT, des combats contre des... En Rouen, il y a Les Jardins Joyeux. Alors soit on est impliqué directement, soit on est en soutien. Et c'est vrai que toutes ces... Les Jardins d'Aubervilliers, c'est ce que...

On peut peut-être souligner parce que c'est dans l'actualité, il y a une victoire quand même. Une bonne nouvelle. Oui, oui. Mais après, c'est des combats, c'est des longs combats en plus. Et donc, tous ces trucs... Voilà. Alors évidemment, c'est souvent des projets immobiliers. Ce n'est pas que des projets immobiliers parce qu'en fait, c'est souvent la défense dans un quartier, d'un espace vert ou d'un endroit où on pourrait en faire autre chose. Et on est à fond là-dedans, évidemment, parce que derrière, c'est la remise en cause justement de ce pouvoir des riches qui font ce qu'ils veulent.

Et souvent, c'est la confrontation avec les collectivités territoriales qui, elles, font n'importe quoi. Il y a des projets complètement aberrants et on en voit plein des trucs comme ça. Là, j'étais du côté de Sète, Sète Béziers, donc c'est du côté de Montpellier. Et il y a un projet d'autoroute, d'un échangeur et on est allé voir sur le terrain. On a discuté avec les associations mais des fois, on se dit mais c'est incroyable de faire des trucs comme ça, de construire une autoroute qui va intensifier les trafics routiers et souvent, les milieux associatifs, ils sont hyper bons sur l'explication des conséquences et alors là, il y a une chose qui se passe et qu'ils essaient justement de...

Il y a plein de projets autoroutiers en fait. Il y a plein de grands contournements et ils essaient de voir comment ils peuvent reconnecter toutes ces luttes-là et de manière à avoir un rapport de force plus favorable mais contre ces logiques de bétonisation et puis en fait, ce qu'ils favorisent, c'est la circulation des bagnoles et des camions et à l'opposé de ce qu'il faudrait faire par rapport à l'urgence climatique.

1:01:11
Présentateur

Philippe Poutou, on arrive doucement à la fin de cette émission. On avait une dernière question. On en a eu plein. C'était un très bel échange. Avant de se quitter, on voulait évoquer la mémoire d'un homme qui est Alain Crivine. C'est l'une des grandes figures de l'extrême-gauche français. Je le replace un peu pour nos téléspectatrices et spectateurs. Il est décédé ce samedi, 12 mars. Je rappelle qu'il fait l'une des figures de mai 68. Il a fondé la Ligue communiste révolutionnaire. On peut dire que c'est l'ancêtre du NPA. Il a été le candidat à la présidentielle pour l'extrême-gauche en 1969 et en 1974. Philippe Poutou, qu'est-ce qu'il représentait pour vous Alain Crivine ?

1:01:40
Invité

Je ne vais pas faire un grand hommage parce que c'est vrai que c'était... Mais moi, je le connais depuis 10 ans quand j'ai été candidat, depuis 2011. Et Alain Crivine, tout ce qui est dit sur lui, c'est vrai. C'est quelqu'un d'extraordinaire, d'humain, de chaleureux, de marrant. Et c'est peut-être un des premiers soutiens, même à quel point il était toujours là, à aider, à soutenir. Après, moi, j'ai du mal en parler. Je n'en parle pas beaucoup. J'ai jusqu'à présent quasiment même les sollicitations de journalistes. J'ai refusé toute réponse là-dessus parce que... Vous avez accepté de le faire.

Oui, je le fais à minima dans le sens où c'est un personnage, un militant très connu, un dirigeant, connu même internationalement. Donc, il y a tous ces hommages politiques. D'ailleurs, il y a une journée lundi, on lui rend hommage. Bon, c'est les obsèques et on fera le 30 avril un hommage à la mutualité. Bon, mais moi, ce qui se joue, c'est très personnel, c'est une affaire intime. Et même si ça fait que 10 ans que je le connaissais, c'est même plus qu'un militant. C'est pas marrant d'en parler, mais il mérite l'hommage en tout cas.

1:02:48
Présentateur

Parfait. Merci d'avoir accepté de l'évoquer. On va terminer cette émission ici. Je vais remercier d'abord Rémi Kenzo-Perez. Merci à toi. Et Léna Berkawi, merci. Je rappelle, Médias, journalistes au Bondy Blog. Merci beaucoup, Philippe Poutou, d'avoir répondu à l'invitation de Face aux Indés. J'espère que ça s'est bien passé pour vous. J'espère que ça s'est

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Invité

bien passé pour vous.

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Présentateur

Un plaisir. Merci aussi à vous tous et à vous toutes qui nous avez suivis ce soir. On vous donne rendez-vous dans les prochaines semaines pour de nouveaux rendez-vous présidentiels. Pour rappel, le premier tour, c'est le 10 avril prochain. C'est à la fois très proche, mais on a encore le temps de vous parler de plein de choses. Cette émission a été préparée par les rédactions de Street Press, du Média, de Radioparleur, du Regard, de Regard Pardon et du Bondy Blog. Il et elle sont aussi nombreuses autour de ce plateau à avoir permis cette émission. Un grand merci à elles et eux. Et bien sûr, n'hésitez pas, si ça vous a intéressé, vous likez, vous partagez autour de vous.

C'est important pour les médias indépendants, des médias qui sont garantis 100 milliardaires aux commandes. Donc n'hésitez pas à nous soutenir, à nous faire des dons. C'est comme ça que ça marche. On fait un dernier mot d'excuse à Léa Chamboncel pour le petit problème technique qui nous a empêché de diffuser sa question. Un mot d'excuse aussi à vous. On fait le maximum à chaque fois et c'est vos dons qui permettent d'aller plus loin dans la qualité. Un grand merci. A très bientôt pour un nouveau Face aux Indés. Salut !