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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 15 février 2017 8 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Aurore Bergé : "François Fillon n'est vraisemblablement pas le bon candidat"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:24OuverteRéponse partielle

    Pour quelle raison quittez-vous le camp des Républicains pour soutenir désormais la candidature Macron ?

  • 1:20RelanceRéponse directe

    Est-ce uniquement le projet sociétal et politique de François Fillon qui est en cause, ou est-ce que le Pénélope Gates a finalement donné le déclic à votre départ ?

  • 2:18OuverteRéponse partielle

    Comment Alain Juppé a-t-il réagi quand vous lui avez annoncé votre décision ?

  • 2:54OuverteRéponse directe

    De façon plus générale, comment est-ce qu'on a réagi au sein des Républicains depuis que vous avez annoncé votre soutien à Emmanuel Macron ?

  • 3:19OuverteRéponse directe

    Et la violence en politique, dans ces cas-là, ça ressemble à quoi ?

  • 3:43OuverteRéponse directe

    Connaissez-vous beaucoup de membres de l'UMP qui aimeraient lâcher François Fillon, mais qui n'osent pas le dire publiquement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44Invité politiqueFait
    « on a vu, il me semble, deux lignes politiques qui étaient différentes sur des enjeux essentiels, puisque c'était sur des questions de valeur. »
  • 0:57Invité politiqueFait
    « Quand on est en désaccord sur est-ce qu'il faut augmenter d'un point ou deux points la TVA, on peut en débattre. »
  • 1:01Invité politiqueFait
    « est-ce que l'IVG est un droit fondamental, est-ce qu'on doit revenir sur l'adoption plénière pour les couples de même sexe »
  • 1:08Invité politiqueFait
    « est-ce qu'en matière diplomatique il faut un rapprochement avec Poutine, est-ce que sur la Syrie on qualifie ou non les crimes de guerre à Alep »
  • 1:30PrésentateurFait
    « ou est-ce que le Pénélope Gates à Gates a finalement donné le déclic à votre départ ? »
  • 1:33Invité politiqueFait
    « Alors pour moi déjà c'est pas un Pénélope Gates, c'est un Fillon Gates »
  • 1:49Invité politiqueFait
    « François Fillon n'est vraisemblablement pas le bon candidat, et très probablement non plus pas un président souhaitable pour notre pays »
  • 2:01Invité politiqueFait
    « puisqu'il a considéré que cet argent public lui revenait, quel que puisse en être son utilisation »
  • 4:05Invité politiqueFait
    « Les parlementaires l'ont encore fait hier, même s'ils n'ont pas été entendus, évidemment, par François Fillon. »
  • 4:22Invité politiqueFait
    « François Fillon a fait de la vérité, de la probité, un étendard politique, et on voit bien que c'est quand même très mis à mal. »
  • 5:31Invité politiqueFait
    « le candidat, il est clair sur ce qu'il incarne et sur le projet qu'il a envie de défendre. »
  • 5:38Invité politiqueFait
    « C'est un candidat qui est un candidat libéral, c'est un candidat qui est pro-européen. »
  • 5:52Invité politiqueFait
    « le clivage qui a traversé la France lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne, il me paraît beaucoup plus pertinent aujourd'hui »
  • 6:34Invité politiqueChiffre
    « le temps d'antenne qui est consacré à Emmanuel Macron et au mouvement En Marche, il est quand même extrêmement faible par rapport au temps d'antenne qui est réservé aux Républicains ou même aux partis socialistes. »
  • 6:54Invité politiqueFait
    « Je pense que c'est une rengaine qui permet d'éviter de parler de ses propositions. »

Temps de parole

  • Aurore Bergé74 %
  • Présentateur26 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, Eric Delvaux, le 5-7. Et l'invité ce matin, c'est Aurore Berger, ex-soutien d'Alain Juppé, qui préfère désormais rejoindre Emmanuel Macron. Bonjour Aurore Berger. Bonjour. Pour quelle raison quittez-vous le camp des Républicains pour soutenir désormais la candidature Macron ?

0:24
Aurore Bergé

En fait, je pense qu'il y a un peu un piège dans la primaire qui voudrait qu'une fois que la primaire est conclue, et à partir du moment où elle s'est bien déroulée, d'un point de vue organisationnel notamment, on oublie ce qui s'est passé pendant la primaire, on oublie ce qu'on s'est dit pendant la primaire. Or, notamment dans le cadre de l'entre-deux-tours, entre François Fillon et Alain Juppé, on a vu, il me semble, deux lignes politiques qui étaient différentes sur des enjeux essentiels, puisque c'était sur des questions de valeur. C'est-à-dire que quand on est en désaccord sur est-ce qu'il faut augmenter d'un point ou deux points la TVA, on peut en débattre.

Quand on est en désaccord sur est-ce que l'IVG est un droit fondamental, est-ce qu'on doit revenir sur l'adoption plénière pour les couples de même sexe, est-ce qu'en matière diplomatique il faut un rapprochement avec Poutine, est-ce que sur la Syrie on qualifie ou non les crimes de guerre à Alep, là on est sur des enjeux qui sont pour moi bien plus importants, et qui dégagent deux visions de sociétés qui sont différentes.

1:20
Présentateur

Est-ce uniquement le projet sociétal et politique de François Fillon qui est en cause, ou est-ce que le Pénélope Gates à Gates a finalement donné le déclic à votre départ ?

1:30
Aurore Bergé

Alors pour moi déjà c'est pas un Pénélope Gates, c'est un Fillon Gates, parce que je pense que le traitement qui est infligé à cette femme n'est probablement pas juste, et je suis assez étonnée d'ailleurs que François Fillon puisse laisser ce traitement à l'encontre de son épouse continuer.

Non honnêtement c'est pas ça qui m'a décidé, ça a renforcé ma conviction, comme quoi François Fillon n'est vraisemblablement pas le bon candidat, et très probablement non plus pas un président souhaitable pour notre pays, vu justement la manière avec laquelle à la fois il s'est conduit, puisqu'il a considéré que cet argent public lui revenait, quel que puisse en être son utilisation, et la manière avec laquelle il se conduit à l'égard de son épouse.

2:10
Présentateur

Au moment où vous annonciez votre ralliement à Emmanuel Macron, Alain Juppé, votre ex-candidat, lui confirmait qu'il soutiendra bien la campagne chahutée de François Fillon. Comment Alain Juppé a-t-il réagi quand vous lui avez annoncé votre décision ?

2:23
Aurore Bergé

Moi je ne reviendrai pas là-dessus, il était au courant, son épouse aussi, on a fait campagne ensemble pendant près de deux ans, donc évidemment ils étaient informés. Après Alain Juppé il a fondé l'UMP, qui est devenu Les Républicains, même si je pense que ce parti a beaucoup changé. Je pense que le parti de Jacques Chirac et d'Alain Juppé en 2002, même le parti de Nicolas Sarkozy, quand il est candidat à la présidence de la République en 2007, versus aujourd'hui celui qui soutient François Fillon, pour moi ce n'est plus le même raison pour laquelle j'ai décidé de le quitter.

2:54
Présentateur

De façon plus générale, comment est-ce qu'on a réagi au sein des Républicains depuis que vous avez annoncé votre soutien à Emmanuel Macron ?

3:00
Aurore Bergé

Écoutez, j'ai eu, notamment sur les réseaux sociaux, parce que c'est toujours beaucoup plus simple sur les réseaux sociaux de réagir et beaucoup moins dans la vraie vie. Donc à la fois des réactions extrêmement violentes, venant de gens que j'ai côtoyés pendant des années, puisque ça fait 14 ans que j'étais engagée à droite, donc ce n'est pas une décision facile.

3:19
Présentateur

Et la violence en politique, dans ces cas-là, ça ressemble à quoi ?

3:23
Aurore Bergé

Ça ressemble à des tweets, beaucoup, extrêmement énervés, qui à la fois expliquent que mon soutien n'a aucun poids, mais qu'en même temps, on passe toute sa journée d'hier à en parler. Donc j'espère qu'ils ont autre chose à faire pour soutenir la candidature de François Fillon et la défendre que de m'attaquer, puisque je pense que ce n'est pas l'essentiel de cette campagne. Enfin, je l'espère pour eux.

3:43
Présentateur

Connaissez-vous beaucoup de membres de l'UMP, au reberger des membres de l'UMP, qui aimeraient lâcher François Fillon, qui voudraient que François Fillon passe son tour également, mais qui n'osent pas le dire publiquement ?

3:54
Aurore Bergé

Alors je pense que la volonté, en tout cas, de changer éventuellement de candidat de la part des Républicains, elle s'exprime de manière de plus en plus claire. Les parlementaires l'ont encore fait hier, même s'ils n'ont pas été entendus, évidemment, par François Fillon. Donc je pense que les langues se délient, tout simplement parce que les parlementaires, ils sont dans leur circonscription, notamment le week-end, et ils voient bien sur le terrain toute la difficulté que c'est de défendre une candidature qui est extrêmement changeante. C'est-à-dire que François Fillon a fait de la vérité, de la probité, un étendard politique, et on voit bien que c'est quand même très mis à mal.

Après, moi, j'ai reçu aussi hier énormément de messages de soutien et aussi de gens de ma génération. Je pense que c'est aussi un fait générationnel, la candidature d'Emmanuel Macron, et de gens qui n'étaient pas forcément à l'aise à l'idée de quitter leur famille politique, puisque ce n'est pas un choix évident. Moi, je vous dis, ça ne m'a pas pris deux minutes de me dire, est-ce que j'assume ? Est-ce que je pars ? Et est-ce que je pars pour soutenir ce candidat ? Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui préfèrent peut-être rester un petit peu planqués.

Et en tout cas, voilà, moi, je sens dans ma génération, des trentenaires, un certain nombre de gens qui ont envie de franchir le pas et de rejoindre la candidature d'Emmanuel Macron.

5:06
Présentateur

Mais de votre part, il y avait des signes déjà. En 2015, vous aviez plutôt défendu la loi Macron contre l'avis d'autres jeunes de l'UMP qui étaient plutôt contre eux. Cette loi Macron, disiez-vous à l'époque, en 2015, elle est imparfaite, c'est un fourre-tout, mais elle est utile et de bon sens. Fourre-tout, mais utile, c'est aussi ce que vous diriez de la candidature d'Emmanuel Macron aujourd'hui ?

5:28
Aurore Bergé

Non, je ne pense pas que sa candidature soit fourre-tout, parce que je pense que le candidat, il est clair sur ce qu'il incarne et sur le projet qu'il a envie de défendre. C'est un candidat qui est un candidat libéral, c'est un candidat qui est pro-européen. Donc, je pense que les lignes de clivage, elles ont changé et on ne peut pas les enfermer dans un schéma, est-ce qu'il est plus de gauche, plus de droite, l'un et l'autre.

Quand on regarde, par exemple, le clivage qui a traversé la France lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne, il me paraît beaucoup plus pertinent aujourd'hui, par exemple, pour définir des lignes de partage politique en France, entre ceux qui sont, par exemple, pour une intégration européenne plus forte et ceux qui sont plutôt souverainistes. Et clairement, il a une ligne politique, une identité politique sur ces sujets-là qui est extrêmement claire.

6:14
Présentateur

Le parti Les Républicains parle d'Emmanuel Macron comme le candidat des bobos, le candidat chouchou des médias. Quand vous étiez encore, il n'y a pas si longtemps, dans le camp des Républicains, sentiez-vous qu'effectivement, Emmanuel Macron est un candidat chouchou des médias ?

6:28
Aurore Bergé

On a dit la même chose d'Alain Juppé. Alors, je ne sais pas s'il y a des candidats qui sont chouchou des médias. Quand on regarde, par exemple, le temps d'antenne qui est consacré à Emmanuel Macron et au mouvement En Marche, il est quand même extrêmement faible par rapport au temps d'antenne qui est réservé aux Républicains ou même aux partis socialistes. Donc, honnêtement, je ne pense pas parce que je pense que les médias sont aussi assez virulents sur le projet d'Emmanuel Macron ou sur celles et ceux qui peuvent le soutenir et le rejoindre. Je pense que c'est une rengaine qui permet d'éviter de parler de ses propositions.

Peut-être parce que, sur le fond, on n'a pas trouvé de raison d'attaquer son projet.

7:04
Présentateur

Avez-vous discuté avec Emmanuel Macron de votre ralliement ?

7:07
Aurore Bergé

Alors, ça ne se passe pas comme ça. Ça peut peut-être étonner. Mais en tout cas, ce n'est pas la conception à la fois moi que j'ai de la politique ni que le mouvement En Marche, Emmanuel Macron en a. Donc, on ne négocie pas de place. On vient sur un projet et en fonction de ce qu'on peut apporter à ce projet, on est intégré ou non à l'équipe. Moi, il y a des sujets qui me sont chers sur les questions notamment d'égalité des droits et notamment de droits des femmes et que je vais continuer à défendre. Mais il n'y a pas eu de négociation pour intégrer l'équipe de campagne ou une investiture.

7:37
Présentateur

Dernière question, est-ce que vous avez toujours votre carte Les Républicains ?

7:41
Aurore Bergé

Je ne l'avais pas reprise en 2017, donc je n'aurais pas besoin de la rendre.

7:45
Présentateur

Aurore Berger, donc ex-soutien d'Alain Juppé qui préfère donc désormais rejoindre Emmanuel Macron. Merci beaucoup et bonne journée.